Discussion:Dictionnaire universel d'histoire et de géographie Bouillet Chassang/transfert Wikipédia-OCR/L
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[modifier] L
- L, dans les abréviations, signifiait chez les Romains : Lucius, Lsslius, Lollius, Latinus, Legio,Lex, Libra, Legatus. L. s'emploie aussi souvent, chez les modernes, pour Ludovicus, Louis, Lucien, Léon, etc.
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- LAA,v. des États autrichiens (Basse-Autriche), à 42 kil. N. de Korneuburg; 1400 hab. En 1278, Rodolphe de Habsbourg battit Ottokar de Bohême dans la plaine de Marchfeld, voisine de cette ville. Cette bataille dite de Marchfeld, lui valut la possession de l'Autriche et de la Styrie.
- LAACHERSEE, lac des Etats prussiens (Prov. Rhénane), à 23 kil. N. O. de Coblentz, a 3000 m de long sur 2600 de large; c'est le cratère d'un ancien volcan. Ruines d'une abbaye de Bénédictins, fondée en 1093 et où habita, dit-on, le fameux Lancelot du Lac
- LAALAND, lie du Danemark, dans la mer Baltique, entre celles de Falster et Langeland : 58 kil. sur 22 ; 40 000 hab. ; ch.-l., Mariboë. — Jointe à celle de Falster et à quelques autres, cette Ile forme le bailliage de Laaland, qui compte 85000 hab.
- LABADIE (J.), sectaire, né en 1610 à Bourg en Guyenne, m. en 1674 à Altona, avait d'abord été jésuite. Il prétendit avoir des visions, se donna pour un nouveau Jean-Baptiste, chargé d'annoncer la seconde venue du Messie, quitta les Jésuites, se mit à prêcher, et fit bientôt un grand nombre de prosélytes. Après une vie fort aventureuse, il abjura le Catholicisme à Montauban (1650), et fut pendant huit ans pasteur calviniste du temple de cette ville ; puis il passa à Genève, de là àMiddelbourg. Il fut condamné pour hérésie par le synode de Dordrecht et se réfugia à Altona. Jl enseignait que le baptême ne doit être donné qu'à un âge avancé ; mêlant à ses erreurs une grande licence de mœurs, il prétendait que les actions les plus impures peuvent être sanctifiées en les rapportant à Dieu. Il composa un grand nombre d'écrits bizarres : le Héraut du grand roi Jésus, Amst., 1667 , le Chant royal du roi Jésus, le Véritable exorcisme, etc.
- LA BALUE (Jean), cardinal et ministre d'état sous Louis XI, né en 1421 dans le Poitou, d'une famille d'artisans, sut, par son caractère actif et intrigant, capter les bonnes grâces de Louis XI. Il fut fait évêque d'Évreux et d'Angers, aumônier du roi, intendant des finances, et eut pendant plusieurs années toute l'autorité d'un premier ministre. Il fit abolir la Pragmatique-Sanction, malgré l'opposition du Parlement et de l'Université, ce qui lui valut le chapeau de cardinal. Il entretint en outre avec les ducs de Berri et de Bourgogne, ennemis du roi, une correspondance secrète, dans laquelle il leur livrait les secrets de l'état. Ses lettres ayant été interceptées, Louis XI voulut lui faire son procès; mais le pape s'y opposa, alléguant qu'un cardinal ne pouvait être jugé par l'autorité séculière. Louis XI le fit toutefois arrêter (1469), et il le tint, dit-on, pendant 11 ans, enfermé dans une cage de fer, que La Balue lui-même avait inventée. Rendu en 1480 à la liberté, il se retira à Rome, où il fut comblé d'honneurs et fait évêque d'Albano: on osa même l'envoyer en France comme légat à Latere (1484) ; mais il fut si mal accueilli qu'il se vit obligé de retourner en Italie; il y mourut en 1491.
- LABAN, fils de Bathuel et petit-fils de Nachor, était frère de Rébecca et père de Lia et de Rachel. Il donna successivement l'une et l'autre en mariage à Jacob.
- LABARBEN, Barbentum, vge des Bouches-du-Rhône, à 24 kil. N. O. d'Aix; 1625 hab. Ane château fort. Les Romains y eurent de nombreuses villas, sur les bords de la Touloubre. Les Templiers y fondèrent un hospice et une église.
- LABARRAQUE (A. Germain), pK^'aacien, né en 1777, à Oloron (B.-Pyrénées), m. el» Î850, fut dans sa première jeunesse employé dans la pharmacie militaire, s'établit pharmacien dans la capitale en 1805, obtint le prix proposé en 1820 par la Société d'encouragement à celui qui trouverait le moyen d'assainir l'art du boyaudier, découvrit ce moyen dans l'emploi des chlorures de calcium et de sodium (liqueur de Labarraque], livra généreusement sa découverte au public, et en fit lui-même de nombreuses applications , notamment au curage des égouts, à l'assainissement des lieux infects, à l'embaumement des corps, au pansement des plaies, au traitement de maladies réputées contagieuses, typhus, fièvre jaune, choléra, morve, etc. L'Académie des sciences lui décerna un prix Montyon (1823); l'Académie de médecine et la Société de pharmacie l'admirent dans leur sein; il fut en outre décoré et appelé au conseil de salubrité. Labarraque a exposé ses procédés dans l'Art du boyaudier (1822), et dans une brochure sur l'Emploi des chlorures (1823).
- LA BARRE (L. Fr. Joseph de), érudit, né àTournai en 1688, m. en 1738, rédigea le Journal de Verdun depuis 1727, donna une édition estimée du Spicile-gium de D'Achéry, 1723, et publia des Mémoires de Charles VI, 1730. Élu dès 1727 membre de l'Académie des inscriptions, il enrichit les mémoires de cette compagnie de savantes dissertations historiques.
- LABARRE (J. F. LEFEBVRE, chevalier de), jeune étudiant, avait à peine 19 ans lorsqu'E fut condamné, en 1766, par le tribunal d'Abbeville, à être brûlé vil pour avoir mutilé un crucifix. Le parlement de Paris, voulant user d'indulgence, lui accorda d'être décapité avant d'être jeté sur le bûcher; le Dictionnaire philosophique de Voltaire, qu'on regardait comme la source de son impiété, fut brûlé avec son corps
LABARRE (Éloi), architecte, né en 1764àOurscamps H. 64.*
LÀBB — 1014 — LABË
(Oise), mort en 1833, fit, sous Chalgrïn,Ia restauration du Luxembourg, éleva la colonne rostrale de Boulogne, et fut chargé en 1813 de construire la Bourse de Paris. Il fut admis à l'Institut en 1816.
- LABARUM (de l'assyrien labar, victoire), étendard que Constantin et ses successeurs faisaient porter devant eux à la guerre. C'était une lance traversée d'un bâton, duquel tombait un voile de pourpre où était peint le monogramme du Christ, avec sa croix. On dit que Constantin, comb.attant contre Maxence (312), avait vu apparaître dans les airs cet étendard avec ces mots : Hoc signo vinces (tu vaincras par ce drapeau), et que le lendemain il fit faire un étendard pareil, auquel il donna le nom de labarum, d'un mot qui avait été récemment introduit à Rome par les astrologues ehaidéens.
- LA BASSÉE, ch.-l. de c (Nord), à 22 kil. O. de Lille,8795 hab. Industrie variée : amidon, savon noir, huileries, distilleries, teintureries, etc. Canal de 9 kil. entre La Bassée et Bauvin; chemin de fer.
- LA BASTIDE. Ce mot qui, dans le midi de la France, signifie petite maison de campagne,est commun à plusieurs localités, notamment à 3 ch.-l.de canton : La Bastide-Clairence (B-Pyrénées), à 20 k. S. E. de Bayonne ; 1700 hab. ; mines de cuivre et de fer; —LaBaslide-Murat (Lot), àl5 kil. S. E. de Gour-don; 1460 hab.; patrie de Murât, roi de Naples; — LaBastide-de-Sérou (Ariége), à 15 kil. N. O. deFoix, 2710 hab. Forges. Aux env., ruisseaux aurifères.
LABAT(J. B. dit le P.), dominicain, né à Paris en 1663, mort en 1738, fut envoyé par son ordre à la Martinique, en 1693; devint supérieur de la mission des Antilles, et visita toutes ces tlesavecle plus grand soin. Il fut ensuite chargé d'une négociation à Rome (1706). De retour à Paris en 1716, il s'occupa de pu blier ses voyages. On a de lui : Nouveau voyageaux iles de l'Amérique, Paris, 1722;#bt«;eHeTetationde l'Afrique occidentale, d'après les Mémoires de Bruç, 1728; Voyage du chevalier Desmarchaisen Guinée, 1730; Voyage en Espagne et en Italie, 1730; Rela tion historique de l'Ethiopie occidentale, 1732; Mé moires du chevalier d'Arvieux, contenant sesvoyages en Asie, en Syrie, etc., 1735. Quoique prolixe, le P. Labat sait intéresser. La partie de ses voyages consa crée à l'histoire naturelle a peu de valeur., LA BS.TIE-NEUVE OU LA BATIE MONT-SAEÉON, Ch.-I. de c (Hles-Alpes), à 8 kil. E. de Gap ; 855 hab. Ruines romaines. LA BAUME, nom de lieu. V. BAUME et STE-BAUME.
- LA BAUME, famille ancienne de Bresse, a donné plusieurspersonnages distingués.Pierre de La Baume, évêque de Genève en 1523, fut chassé de la ville épiscopale par les Calvinistes en 1535. Son siège fut transféré à Anneci par Paul III, qui fit La Baume cardinal, li mourut archevêque de Besançon en 1544. — Auguste de La Baume, marquis de Montrevel, maréchal de France en 1703, fut envoyé contre les Ca-mïsards, qu'il battiten plusieurs occasions, maissans pouvoir les réduire. Il mourut en 1716 à 70 ans.
LA BAUME (GH1FFET de). V. GRDfEET.
- LABBE (le P.) , savant jésuite, né à Bourges en 1607, mort à Pans en 1667, professa la rhétorique, la philosophie et la théologie dans différents collèges de son ordre ; puis quitta l'enseignement pour se livrer à des travaux historiques. H a laissé 75 ouvrages dont les plus remarquables sont : Prodromus historùe sacrœ, avec un Syllabus pagorum, Paris, 1646 ; Histoire du Berri, 1647 ; le Chronologiste français , abrégé chronologique de l'histoire sacrée et profane, 1666; Concordia chronologica, technica et historica, 1654-70, 5 vol. in-fol. On lui doit encore uns Prosodie grecque, en latin; Nova Bibliolheca manuscriplorum, 1657 : Bibliotheca Bibliothecarum,
1664, et une Collection des Conciles, 18 vol. in-fol., 1672, achevée par le P. Cossart. C'est lui. qui com- mança la collection des historiens byzantins.
- LABBÉ(Charles), jurisconsulte, né àParis en 1582, m. en 1657, était avocat au parlement de Paris. On
a de lui : Observations* in synopsin Basilicorwm, Paris, 1606 ; les XXXVIH et XXXIX" livres des Basiliques, grec-latin, 1609; Glossœ verborum juris, grec-latin, 1679;'et les Coutumes de Paris, 1650.
XABDACUS, fils'deTolydore, roi de Thèbes, fut père de Laïus. Ses descendants. Laïus, Œdipe, Étéo-cle, Polyriîce.Thersandre, etc., sont appelés, de son nom, Labdacides.
- LABÉ (Louise), connue sous le nom de la Belle Cordiire, née à Lyon en 1526, morte en 1566, avait épousé Perrin, marchand cordier fort riche. Ayant reçu une éducation soignée, elle se livra à la littérature et à la poésie. Elle a laissé deslélégies, des sonnets, dont quelques-uns sont pleins de passion, et. le D^batde folie et d'amour, dialogue enprose, d'où La Fontaine a tiré sa fable de l'Amour et la Folie. La 1" édit. des OEuvres de L.Labé parut à. Lyon en, 1555; elles ont été.plusieurs lois publiées depuis, à Lyon en 1824 par Bréghot, avec notice par Cochard, et en 1845, par Boisel, avec notes de Collombet; à Lyon par Scheuring, et à Paris par Aubry (1862).
- LABEATES, peuple de la Dalmatie âne, sur les bords du lac Labeatis. avait pour v. princip. Scodra,
- LA BEAUMELLE (Laurent ANGLIVIEL de), né à Valleraugue (Gard) en 1726, de parents, protestants, fut élevé dans un collège catholique, mais, à peine ' sorti de cette maison, rentra dans le Sein de l'église protestante; alla en Danemark (1747), où il fut d'abord précepteur, puis (1751) professeur de littérature française ; passa ensuite en Prusse, et s'étant arrêté à Berlin, y vit Voltaire, qu'il eut le tort d'attaquer sans motif, mais qui se vengea cruellement. Rentré en France en 1752, laBeaumellè fut deux fois arrêté et mis à la Bastille, par l'influence de son rival, puis exilé (1757). Il revint toutefois à Paris en 1770 et obtint une place à la Bibliothèque royale. Il mourut en 1773. On a" de lui : Mémoires pour servir û l'histoire de Mme de Maintenon, suivis de Lettres de la même (Amst., 1755-56,15 vol. in-12) : il a été accusé d'avoir dérobé ces lettres à St-Cyr ; Mes Pensées, 1751, où'il traite avec une hardiesse inconvenante des questions les plus importantes de la politique dû temps; Notes sur le siècle de LouisXIV, 1753, et lettres à M. de Voltaire, 1761 ; lallentiàae avec dès notes, 1769 (rééditée paï Fréron en 177Ï sous le titre de Commentaires sur la Hemrïade). Dans ce dernier ouvrage, La Beaumellej ne se bornant pas au rôle de critique, eut lapirétention de refaire des tirades et même des chantsentiersdu poëme deJVoltaire. On a publié de lui ea 1856 une Vie de .Maupertuis. M. Mien. "Nicolas a donné une notice sur la Vie et les Écrits de LaBeaumellè, Paris, 1852.
- LABÉDOYEEE (Ch. HUCHET comte de), né à Paris en 1786, avait Servi avec distinctibji sous l'empire et était colonel du 7" de ligne en garnison a Grenoble , lorsque Napoléon revint de l'Ile d'ËIbe en 1815, Il alla au-devant de lui à-Vizille et fut le premier colonel qui se rangea sous ses drapeaux. L'Empereur le nomma en' récompense son aide de camp et bientôt après général de division et pair de France. Après le retour des Bourbons, Labédoyère fut arrêté, jugé sommairement et fusillé (19 août 1815).
- LABÉON, Labeo, surnom commune plusieurs familles romaines, exprimait Un défaut naturel, soit des taches de rousseur {laies, tache), suit des lèvres trop épaisses (labxa, lèvres).
- LABEON (Q. FABIUS), général romain, vainquit An-tiochus, roi de Syrie, l'an 188av. J.-C, et fut nommé consul en 182. Il est surtout connu par un acte de duplicité : ayant obligé Antiochus à céder la moitié de sa flotte, il fit, par une insigne fourberie, couper en deux tous les vaisseaux du roi. Labéon fut l'ami de Térence, et l'aida, dit-on, de. ses conseils. ,
- LABEOK (C. ANTISTIUS), servit sous César dans les Gaules, et n'en prit pas moins part à la conjuration formée contra lui. 11 combattit à Philigpes et se tua après la défaite (42). — Son fils, nommé comme lui, était un habile jurisconsulte, rival d'Ateius Gapito.
LA.BO — 1015 — LABO
Il refusa, selon quelques historiens, la dignité de' consul, qu'Auguste lui offrait. Il reste un seul fragment de lui, dans les Pandectes.
- LA BERGERIE (J. B. ROUGIER de), agronome, né en. 1759 à Bourgueil en Touraine, m. en 1836, a donné, entre autres ouvrages : Hist. de l'agriculture française, 1815; Hist. de l'agriculture des Gaulois, 1829; — des Grecs, 1829; — des Romains, 1834.
- LABÉRIUS (DEC. JUNIHS) , chevalier romain, auteur de^fi'mes, fut contraint par César à paraître sur la scène pour y jouer dans une de ses propres pièces. Il mourut 10 mois après le meurtre de César, l'an 43 av. J.-C. Macrobe nous a conservé le prologue de la pièce qu'il joua devant le dictateur (il y déplore avec dignité son.abaissement). Les fragments^e La-bérius ont été recueillis par H. Etienne, Paris,. 1564, et par L. F. Bêcher, Leips., 1787.
- LABIAU, v. des États prussiens (Prusse), sur la Deine, à 50 kil. N. E. de Kœnigsberg; 3650 b. Un traité y fut conclu en 1656 entre la Suède et l'électeur de Brandebourg : la Suède cédait à l'électeur la Prusse orientale et l'Ermeiand.
- LABICUM ou LAVICUM, v. du Latium, voisine de Rome, entre PrénesteetTuscuium, estauj. Colonna.
- LABIENUS (Tit.), chevalier romain, tribun du peuple l'an 63 av. J.-C, pendant le consulat de Cicéron, servit avec distinction sous César dans les Gaules, mais abandonna ce général dès qu'il eut passé le Ru-bicon, et se rangea du parti de Pompée. Il combattit à Dyrrachium et à Pharsale, suivit Caton en Afrique, puis passa en Espagne auprès des fils de Pompée, et périt à la bataille de Munda (45). — Quintus L., son fils, fut envoyé près d'Orode, roi des Par-thes, pour en obtenir des secours en faveur de Bru-tus, se retira chez ce prince après la bataille de Phi-lippes, et commanda quelque temps les Parthes contre les Romains ; il fut vaincu et pris par Ventidius r lieutenant d'Antoine.
- LA BILLARDIERE (Julien HOUTON de), botaniste, né en 1755 à Alençon, m. en 1834, fut reçu docteur en médecine en 1780 et suivit d'Entrecasteaux dans son expédition à la recherche de La Pérouse. On lui doit : Description des plantes de Syrie} Hist. des plantes de la Nouvelle-Hollande, et de la Nouvelle-Calédonie; Voyage à la recherche de La Pérouse. 11 était de l'Académie des sciences.
- LABLACUE (Louis), célèbre chanteur, né en 1794 à Naples, d'un père français, m. en 1858, débuta en 1812 à Naples, comme buflb, parcourut successivement les villes de Messine, Païenne , Milan (1817), Venise, Turin, Vienne (1824), accueilli partout avec une faveur croissante, et vint enfin se fixera Paris en 1830. Pendant plus de 25 ans il y fut sans rival aux Italiens. Lablache possédait une voix de basse d'une puissance et d'une souplesse merveilleuses. Sa science musicale, son goût parfait et en même temps la rondeur et la bonhomie de son jeu, tout contribuait à en faire un artiste consommé. Les pièces où il a été le plus applaudi sont la Sémiramide, Il Malrimonio segreto, l'Élixir d'Amore, la Ga%za ladra, Ceneren-toïa, I Puritani, Norma, etc.
- LA BLETTERIE (J. Ph. René de), oratorien, né àRennesen 1696, m. à Paris en 1772, enseigna l'histoire ecclésiastique au séminaire de St-Magloire, à Paris, puis fut nommé professeur d'éloquence au collège de France, et admis à l'Académie des Belles-Lettres en 1742. On lui doit : la Vie de l'empereur Julien, 1735 et 1746, ouvrage assez impartial; une Histoire de Jovien, avec la traduction des Césars et du Misopogon de Julien, 1748; des traductions des Annales de Taci te, 17 08, des Mœurs des Germains et de la Vie d'Agricola, 1755, et quelques Dissertations.
- LA BOÉTIE (Etienne de), écrivain du xvr siècle, né en 1530 à Sarlat (Dordogne), se fit remarquer par sa précocité : à seize ans il avait traduit plusieurs ouvrages grecs. Il fut ncmmé conseiller au parlement de Bordeaux dès l'âge de 22 ans. Il mourut }eune, en 1563. Montaigne, dont il avait gagné l'amitié, a fait son éloge dans son chapitre de l'iAmitié {Essais, 1,27), et a publié,.plusieurs de ses écrits (traductionsdes Oficonomiqttes.d'Aristote ,.de la liïes-nagerie de Xénophon, de Divers opuscules de Plu-tarque, des Vers latins et français, etc.). Son ouvraga le plus remarquable, celui qùi.lui valut l'amitié de Montaigne, c'est son Discours sur la servitude volontaire , où il s'élève avec hardiesse contre les abus du pouvoir absolu. Ses OEuvres complètes ont été publiées par L. Feugère, Paris^ 1846.
- LA BORDE (Benjamin de), né en 1734, étaitle 1" valet de chambre et le favori de Louis XV et devint fermier général après la .mort ide ce prince. Il cultiva les beaux-arts et les lettres, mit en musique plusieurs opéras de Quinault.et.de Marmontel-et fit imprimer somptueusement plusieurs ouvrages. On a de lui : Essai sur la musique ancienne et moderne; Voyage pittoresque de la France ; Histoire abrégée de M mer du Sud; Mémoires historiques sur Raoul de Coucy. Il périt en 1794, victime de la Révolution.
- LA BORDE (H. Franc., comte de), général distingué, né àDijonen 1764,m. en 1833, entra au service en 1783, commanda une division au siège de Toulon (1793), où il prit d'assaut sur .les Anglais les deux plus importantes redoutes, fit toutes les campagnes de l'Empire, se distingua surtout, en Portugal, occupa Braga, Oporto, Lisbonne, et futblesséàRoIica; commanda en Russie une division de la jeune garde et fut blessé de nouveau à Dresde. Chargé par Louis XVIII du commandement de la 10' division militaire, il fut un des premiers, après le retour.de l'Ued'Elbe, à reconnaître l'Empereur. Ilavait été fait comte dès 1809; il fut nommé par Napoléon dans les Cent-Jours chambellan et pair de France. Il fut banni.en 1815.
- LABORDE (Alex. L. Joseph, comte de), né à Paris en 1773, m. en 1.842, était.issu .d'une famille du Béarn et avait pour père. J. Joseph de Laborde, riche financier espagnol qui s'établit.en France, où. il fut anobli, et qui périt en 1794 sur l'échafaud révolu* tionnaire. Après avoir passé sa jeunesse: en Autriche. il rentra en France dès 1797,' accompagna en Espagne Lucien Bonaparte, envoyé en amhassade près de Charles IV, visita le pays en amateur éclaire des arts, publia à son retour le Voyage pittoresque, et historique de l'Espagne (1807-1820, 4 vol.. in-fol.), ouvrage magnifique qui absorba, une .grande partie de sa fortune-, fut attaché au Conseil .d'État et-chargé de plusieurs missions, eut part en 1814.à-la.capitulation de Paris comme adjudant-major de la.garde nationale, fut élu député en 1822, défendit.à la tribune les idées libérales, contribua à la révolution de 1830 et fut un instant préfet de la Seine. Attaohé depuis comme aide de. camp à la personne du roi Louis-Philippe, il était en même temps questeur de la Chambre des députés. Alexandre;de Laborde. futi,un des propagateurs de l'enseignement mutuel. IL était depuis 1813 de l'Académie des inscriptions; îLifut élu en 1832 membre de l'Académie des sciences morales. Outre des ouvrages de circonstance, on lui'doit : Itinéraire descriptif de l'Espagne, 1808-et 1827; Voyage pittoresque en Autriche, 1821; les,Monuments de la France classés i.chranologiquement, 1832-36. Son Éloge a été lu à l'Académie des inscriptions par M. Guigniaut (1861).— Sonifils,.'M. Léon de Laborde (1807-1869), s'est fait connaître par d'intéressantes recherches sur l'histoire de l'art, de la gravure, de l'imprimerie, et sur les bibliothèques. Il a publié : les Grandes habitations françaises au xvii" siècle ; Voyages dans l'Arabie Pétrie, ? 1830, — en Asie Mineure et en Syrie, 1837 ; les Ducs de Bourgogne, Études sur les lettres, les arts et l'industrie pendant le XV s., 1849-51 ; la Renaissance des arts à la cour de France, Études sur le xvi" siècle, 1850; Notice des émaux, bijoux, etc., exposés au Louvre, 1853 ; Athènes aux xv°, xvr et xvu' siècles, 1855. Il remplaça son père à la Chambre des députés et à l'Académie des inscriptions.
LABOUAN (c-à-d., en malais, port), îlot de la
LA.BR — 1016 — LABY
mer de Chine, près de la côte N. O. de l'île Bornéo, occupé momentanément par les Anglais en 1775, et définitivement en 1846. Mines de houille.
- LA BOUILLE, bg de la Seine-Inf., à 18 kil. S. O. de Rouen, sur la r. g. de la Seine, au pied d'une montagne; petit port de cabotage; service de bateaux à vapeur pour Rouen; 800 hab. Près de là, ruines d'un château dit de Robert le Diable.
- LABOUR (TERRE DE), en italien Terradi Lavoro, partie de l'ano. Campanie, prov. d'Italie, dans l'anc roy. des Deux-Siciles, au N. O., a pour bornes au N-l'Ahruzze Ult. 2', au N. E. la prov. de Sannio, à l'E. la Principauté Ult., au S. la Principauté Citer, et la prov. de Naples, au S. O. la mer Tyrrhénienne, et au N. O. l'État ecclésiastique; 140 kil. sur 65 ; 600 000 hab. ; ch.-l., Caserte; port princiç., Gaête. Ce pays consiste presque tout entier en plaines fertiles, d'où son nom, qui veut dire Terre labourable ;blé, lin, chanvre; vignes, oliviers, mûriers. — Le nom de Terre de Labour s'appliquait jadis à un territoire beaucoup plus étendu; Naples y était comprise.
- LABOURD (le), Lapurdensis traclus, partie de la Gascogne au S. O., entre la Navarre française, l'Espagne, les Maronnes et l'Atlantique; ch.-î. Bayonne (jadis Lapurdum). Autres places : St-Jean-de-Luz, Andaye, Guiche. Il est compris auj. dans le dép des Basses-Pyrénées, où il forme l'arr. tle Bayonne. Primitivement, le Labourd s'étendait de l'autre côté de la Bidassoa jusqu'à St-Sébastien.
- LABOURDONNAIS (Franc. MAHÉde), né en 1699, à St-Malo, entra fort jeune au service de la Compagnie franc, des Indes, se signala en plusieurs occa-snns, notamment à la prise de Mahê, dont le nom lui fut donné, et devint en 1734 gouverneur général des îles de France et de Bourbon. L'Ile de France était dans un état complet de détresse et d'anarchie: il eut tout à y créer, justice, police, industrie, commerce, et fit bénir son administration. Danslaguerre de 1743, entre la France et l'Angleterre, il alla au secours de Dupleix, gouverneur de l'Inde, menacé dans Pondichéry, assiégea les Anglais dans Madras, et les força à capituler (1746). Aux termes de la capitulation, Madras devait être rendu aux Anglais moyennantunerançon. Le gouverneur Dupleix refusa de ratifier cette convention, et ils'éleva à ce sujet entre La Bourdonnais et lui une collision dont les suites fu-rent fatales pour le premier. Indigné de la mauvaise foi de Dupleix, La Bourdonnais évacua Madras, et retourna en simple particulier à l'île de France, où déjà siégeait un nouveau gouverneur choisi par l'impérieux Dupleix. Rentré en France en 1748 pour répondre aux accusations portées contre lui, il fut jeté à la Bastille et y resta plusieurs années sans pouvoir faire entendre sa justification. Son innocence fu t enfin reconnue, et il fut rendu àlalibertéenl752; mais il-était ruiné. U mourut en 1763 ou 1755, après une douloureuse agonie. Il a laissé des Mémoires où ses malheurs sont fidèlement retracés (1750). L'auteur de Paul et Virginie a rendu à La Bourdonnais une éclatante justice et a immortalisé son nom. Une statue lui a été élevée à Port-Louis (île de France) en 1859. — Son petit-fils, né en 1795, m. à Londres en 1840, s'est fait un nom par son habileté au jeu d'é-cheos. Il a donné un Traité du jeu des échecs (1834), et a fondé le Palamède (1836), revue consacrée spécialement à ce jeu. Il avait publié en 1827 des Mémoires historiques sur son grand-père.
- LABRADOR (Terre de), vaste presqu'îledel'Amérique septentrionale, dans la Nouvelle-Bretagne, est bornée au N. par le détroit d'Hudson, au N. E. par l'Atlantique, au S. E. par le détroit de Belle-Ile, au S. par le Canada, à l'O. par la mer d'Hudson; 1500 kil. sur 1300. Elle dépend du gouvt de Terre-Neuve. Côte3 escarpées, rocailleuses, découpées d'un grand nombre de havres et parsemées d'une multitude d'îlots; au N., la baie d'Ungava forme un vaste enfoncement. L'intérieur est presque tout à fait inconnu et habité par des peuples sauvages fla ulupart
Esquimaux). Les Frères Moraves ont formé sur U côte E. l'établissement de Nain dans le but de civiliser les indigènes. — Le Labrador fut découvert en 1496 par Jean Cabot, qui en prit possession au nom de l'Angleterre; mais Gortereal y abordalepremier en 1501 ; ce dernier, ayant trouvé quelque fertilité sur la cote, la nomma Terra de Laborador (terre de labour), d'où par corruption le nom à& Labrador. Avant eux, le Danois Kolno ou Skolnus, avait touché ces terres, sans le savoir, dès 1478.
- LABRE (Benoît Joseph), saint personnage, né en 1748 à Ammette, près deBéthune, passa toute sa vie dans les mortifications, s'enferma à La Trappe, puis se rendit à Rome où il ne vécut que d'aumônes, qu'il obtenait sans les solliciter. Il mourut à Rome en 1783: On rapporte qu'il s'est fait des miracles sur son tombeau. Il fut béatifié en 1792 et canonisé en 1859.
- LA BRÈDE, ch.-l. de c (Gironde), à 20 kil. S. de Bordeaux; 1600 hab. Château où naquit Montesquieu; acheté en 1839 parle duc d'Orléans.
LABRIT ou LEBRET , la même cpi'Âlbret. T. ce nom.
- LABROSSE (Pierre de), Tourangeau, fut d'abord barbier de S. Louis, et devint ensuite chambellan et favori de Philippe (e Hardi. Craignant que l'ascendant de la reine Marie sur le roi ne lui fît perdre son crédit, il accusa cette princesse d'avoir empoisonné Louis, fils de Philippe, né d'un premier lit. On reconnut bientôt la calomnie, et il fut lui-même accusé de la mort du prince. Il fut arrêté et pendu en 1276.
- LABROSSE (Guy de), botaniste, médecin de Louis XIII, né à Rouen, mort en 1641, eut le premier l'idée de la création du Jardin des Plantes, donna au roi le terrain qui devint le noyau de ce jardin, et fut . nommé lui-même premier intendant de l'établissement (1626). On a de lui : Traité de la peste, 1623 ; De la nature, vertu et utilité des Plantes, et Dessin du Jardin royal de médecine,1640, in-fpl. Il était grand-oncle de Fagon.
- LA BROYE, vge* de France (Pas-de-Calais), près d'Hesdin, et à 28 kil. S, E. de Montreuil; 350 hab. Près de là était le château où se réfugia Philippe* de Valois après la bataille de Crécy, 1346.
- LA BRUGUIËRE, ch.-l. de c (Tarn), à 10 kil. S. E. de Castres; 3550 hab. Gros draps, couvertures de laine; suif, etc.
- LA BRUYERE (Jean de), écrivain français, né en 1645, à Paris (nonàDourdan, comme on l'a dit), m. en 1696, fut trésorierde France àCaen. Chargé, sur la recommandation de Bossuet, d'enseigner l'histoire au petit-fils du grand Çondé, il passa le reste de ses jours auprès de ce prince en qualité d'homme de lettres, avec une pension de mille écus. 11 fut reçu à l'Académie en 1693. Moraliste et observateur" La Bruyère s'attacha, parmi les livres des anciens, aux Caractères de Tnéophraste, qu'il traduisit du grec; mais bientôt il voulut s'exercer lui-même dans ce genre: il publia en 1688,avec la traduction de l'auteur grec, les Caractères ou.les Mœurs de ie siècle, ou-vragedans lequel il_s'élève bien au-dessusde son modèle, soit pour l'exactitude et la variété desportraits, soit pour la perfection du style. Ce livre fut lu avec avidité, non-seulement à cause de son mérite propre, mais parce que la malignité y chercha des allusions auxquelles l'auteur n'avait pas toujours pensé : on voulut mettre des noms au-dessous de eîiaque portrait. Les Caractères ont eu de nombreuses éditions; par ex. celles de Coste, 1740 ; de Beiin de Ballu, 1790; de "Walckenaer, 1845; de M. Hémardinquer, 1849; de Destailleur, 1854; de Servois, 1867; u'Asse-lineau, 1872; de Chassang, 1876. La Bruyère avait composé des Dialogues sur le Quiètismé, mais ceux qui ont été imprimés sous sou nom en 1699 sont en partie apocryphes. V. Fabre a écrit un Éloge de La Bruyère, 1810 ; M. Caboche,une thèse sur cet écrivain; E. Fournier, La Comédie de La Bruyère.
LABYNIT, roi d'Assyrie. T. BALTHAZAR.
- LABYRINTHES. On appelait ainsi chez les anciens des galeries souterraines a ramifications innombra-
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Mes, et plus tard des édifices à l'aide desquels on voulut les imiter. L'antiquité en nomme cinq, savoir: deux en Egypte, dont l'un dans l'île du lac Mœris, dit le Labyrinthe de Mendès, parce qu'on l'attribue à ce prince (il a été retrouvé par MM. îomard et Bertu, et décrit par Letronne et Lepsius) ; et l'autre, dit Labyrinthe des Boute, parce qu'il fut construit vers 660 par douze seigneurs qui régnaient alors sur l'Egypte ; le labyrinthe de Crète, près de Cnosse ou de Gortyne: il était construit dans des carrières et destiné aux sépultures de la famille royale : on l'attribuait à Dédale et on y plaçait le Minotaure (Tournefort etKockerell ont donné la description d'une grotte qu'on croit avoir été l'entrée de ce labyrinthe); le Labyrinthe de Lem-nos, qui semble avoir été une grotte à stalactites, asile mystérieux du culte des Cabires; le Labyrinthe de Clusium, en Italie, qu'on attribuait à Porœna, et ui dut être un de ces hypogées étrusques dont on a écouvert un si grand nombre de nos jours.
- LAC (Cercle du), cercle du grand-duché de Bade, borné auN.O.par celui de la Kinzig, au N. E.parle Wurtemberg, au S. E. par le lac de Constance (qui lui donne son nom), au S. par la Suisse, et à l'O. par le cercle de Treisam-et-Wiesen : 105 kil. sur 35; 200000 hab.; ch.-l., Constance.
- LACAILLE (Nie L. de), astronome, né en 1713 à Rumigny (Ardennes). m. en 1762, s'était d'abord destiné à l'état ecclésiastique. Il se lia avec J. Cassini et Maraldi, et fut dès 1739 employé à la vérification de la méridienne : il réussit à démontrer que les degrés allaient en croissant de l'équateur au pôle. Il fut nommé à 25 ans professeur de mathématiques au collège Mazarin. Lacaille entreprit la vérification des catalogues d'étoiles : après avoir décrit notre ciel avec uneexactitude admirable, il alla en 1750 au cap de Bonne-Espérance pour observer le ciel austral. A son retour, il rédigea ses observations, et se livra à de nouveaux travaux avec une ardeur qui abrégea sa vie. On a de lui: Leçons de Mathématiques,*. 1741;— de Mécanique, 1743; —d'Astronomie, 1746; Eléments d'Optique, 1750; Astronomiœ fundamenla, 1757 ; Tables solaires, 1758; Éphéméridesdepuis 1745; Cœlum australe, 1763, publié par Maraldi. Toutes ses observations offrent une telle précision que les recherches postérieures n'ont fait que les confirmer.
- LA CALPRENÈDE (GautierDE COSTES de), écrivain, né près de Sarlat vers 1610, m. en 1663, servit pendant sa jeunesse, et devint gentilhomme de la chambre du roi. 11 a composé des romans et des tragédies. Ses principaux romans sont : Cassandre, 1642, 10 vol. in-8; Cléopâtre, 1647, 12 vol.; Faramond, 1661, 7 vol. in-8 (inachevé). Ils ne manquent pas d'intérêt, mais sont d'une longueur excessive et d'une afféterie ridicule. Ses tragédies, au nombre de 7, sont toutes (à l'exception du comte d'Essex, 1639) bien inférieures à ses romans. La Calprenède eut beaucoup de vogue de son vivant, maison ne le lit plus depuis longtemps. Il n'est guère connu auj. que par quelques allusions de Boileau et par l'engouement qu'eut pour ses écrits Mme de Sévigné.
- LA CANOURGUE, ch.-l. de c (Lozère), à 15 kil. S. O. de Marvejols ; 1669 hab. Etoffes de coton.
- LA CAPELLE, ch.l. de c (Aisne), à 15 kil. N. de Vervins; 1576 hab. Grains. Prise par les Impériaux en 1536; par Turenne en 1655.
LACAPELLE-MARIVAL, ch.-l. de C (Lot), à 16 Ml. N. O. de Figeac; 1400 hab.
- LACAUNE, ch.-l. de c (Tarn), à 37kil. N. E. de Castres; 3520 hab. Siamoise, basin; bonneterie.
- LACAZE, bg de France (Tarn), à 45 kil. N. E. de Castres; 2304 hab. Basin.
- LACEDÉMON, fils de Jupiter et de Taygète, fut le 5* roi de Sparte, qui prit de lui le nom de Lacédé-mone. On le placé au xvi* siècle av. J.-C.
- LACÉDÉMONE, v. de la Grèce ancienne, la même que Sparte. Le nom de Lacédémoniens s'appliquait plus spécialement aux habitants du territoire de Sparte, et celui de Spartiates auxhabitants de la ville même.
— On nomme auj. Éparchie de Lacidémone une division administrative du royaume de Grèce, qui compte 40 000 hab., et qui a pour cb.-l. Sparte. Elle est formée d'une partie de l'ancienne Laconie.
- LACEDOGNA, Âquilonia, v. d'Italie, dans l'ane. roy. de Naples (Principauté Ultér.), à 24 kil. N. E. de Sant'-Angelo-dei-Lombardi); 600 hab. Évêché. Elle était jadis plus considérable.
- LACÉPÈDE (Etienne DE LA VILLE, comte de), naturaliste, né en 1756 à Agen, d'une famille noble, in. en 1825, s'appliqua de bonne heure aux arts et aux sciences, et se fit connaître avantageusement de Buf-fon dès l'âge de 18 ans en lui adressant d'intéressants mémoires. Venu à Paris en 1776, il hésita un instant entre la musique et les sciences naturelles. Il composa la musique de l'opéra à'Omphale et publia une Poétique de ta musique (1785); mais il céda bientôt aux conseils de Bufibn, qui le fit nommer sous-démonstrateur au Jardin du Roi, le .choisit pour continuer son Histoire naturelle, et lui laissa en mourant son héritage scientifique. Lacépède adopta, mais avec modération, les principes de la Révolution ; il fut député extraordinaire d'Agen à l'Assemblée Constituante, puis député de Paris à la Législative, membre du Conseil des Cinq-Cents, sénateur, et devint en 1803 grand chancelier de la Légion d'Honneur.' Il se montra en toute occasion dévoué à l'empereur Napoléon. Exclu de la Chambre des Pairs à la Restauration, il y fut rappelé en 1819. Il avait été nommé en 1793 professeur d'erpétologie au Muséum, et était membre de l'Institut depuis sa fondation. Ses principaux ouvrages sont : Histoire naturelle des Quadrupèdes ovipares et des Serpents, 2 vol. in-4,1788-89; — des Reptiles, in-4,1789 ;— des Poissons, 5 vol. in-4, 1789-1803 ; — des Cétacés, in-4,1804, ouvrages qui font suite à ceux de Buffon. Le style en est élégant et même pompeux; mais on leur reproche de manquer de rigueur scientifique. Ils ont été réimprimés en 1826 et suiv., 11 vol. in-8, et en 1839, 2 v. gr. in-8, compacts. Lacépède a laissé en outre une volumineuse Histoire de l Europe (Paris, 1828, 18 v. in-8), des Romans, des Mémoires ; mais ces divers ouvrages sont éclipsés par ses traités d'histoire naturelle.
- LA CERDA (Ferdinand, dit de), infant deCastille, né en 1254, fils aîné d'Alphonse X, roi de Castille et de Léon, était gendre de S. Louis. Il fut chargé de la régence pendant que son père faisait valoir ses prétentions à l'Empire. Il mourut avant son père, en 1275 : il laissait des enfants qui furent frustrés du trône par leur oncle Sanche IV. — Alphonse de La Cerda, le Deshérité, fils du préc, fit de vains efforts pour recouvrer le trône de Castille ; il se retira en France (1303), où Charles le Bel lui donna la baronnie de Lunel;il y mourutenl327.—Louis de La Cerda, dit Louis d'Espagne, fils aîné dupréc, reçut en 1341 le titre d'amiral de France : il servit sous Philippe VI de Valois contre les Anglais, auxquels il enleva Gué-rande (1342), et prit parti pour Charles deBlois contre le comte Jean de Montfort. Le pape.lui offrit en 1344, comme dédommagement des Etats dont il avait été frustré, la royauté des îles Fortunées (Canarie); mais il ne prit jamais possession de ce royaume illusoire. — Charles d'Espagne, 2° fils d'Alphonse, fut un des favoris du roi de France Jean le Bon. Il fut nommé connétable en 1350, mais il s'attira la haine du roi de Navarre, Charles le Mauvais, qui le fit assassiner (1354).— Jean d'Espagne, 3* fils du même. fut tué en 1357 par l'ordre de Pierre le Cruel, roi de Castille. — Cette famille s'éteignit au rv* siècle.
- LA CEBDA (J. L. de), jésuite, né à Tolède en 1560, m. en 1643, professa plus de 50 ans la logique, la théologie, la rhétorique et la poésie. On a de lui ua Commentaire sur Virgile; en 2 vol. in-fol.f Madrid et Lyon, 1608-17; une édition de Tertullien avec notes, Paris, 1624-30; une grammaire latine en 5 liv. (De institutione grammatica, 1613, qui pendant longtemps fut classique en Espagne); et des écrits théologiques. —Plusieurs autres écrivains espagnols
LA.GH — 1018 — LkCR
ont porté le même nom. Le plus connu est Melchior de LaCerda, jésuite, né à Cifuentès, m.enl615,qui professa pendant 30 ans à Sévilleet à Cordoue, et publia : À pparalus latini sermonis pertopographiam, chronographiam, prosopographiam, Séville, 1598; Consolalio ad Hispanos, 1621, ouvrage écrit au su-Jet de la destruction de l'invincible Armada, etc.
- LA CERDA (donaBernardaFERREiHAde), dame portugaise, née à Porto en 1S95, morte en1644, était mariée à Fern. Correa de Souza: Elle se distingua par son talent pour la poésie, et fut appelée par Philippe III à la cour d'Espagne, où elle enseigna les lettres latines aux infants. On a d'elle : Ëspana libertada, poëme en vers castillans (Lisb., 1618), des comédies et des poésies diverses.
LACETANI, peuple d'Hispanie. V. IACCETANI.
- LACHABEAUSSIÈRE (POISSON de), auteur dramatique, né en 1752 à Paris, m. en 1820, servit quelque temps.dans l'armée, puis fut nommé, en 1798, administrateur de l'Opéra. Accusé de dilapidation, il réussit à se faire absoudre. On a de lui :-l'/ntri-gante,.m6, comédie en5acteset en vers; Gulistan, opéra-comique (musique de Dalayrac) ; une foule de petites pièces, des poésies diverses et des imitations a'Anacréon, Bion, Moschus, etc., 1803.
- LACHAISE (François d'Ane, dit le Père), jésuite, né en 1624, au château d'Aix en Forez, mort en 1709, étaitpetit-neveu du P. Cotton, confesseur de Henri IV et de Louis XIII. Il professa longtemps la philosophie à Lyon, et devint provincial de son ordre. En 1675, ïjuis XIV le choisit pour confesseur, etil occupa ce poste jusqu'à sa mort, pendant 34ans. Le P. Lachaise se trouva mêlé à toutes les intrigues de la cour. Placé entre Mme de Montespan et Mme de Main-tenon, il prit parti pour cette dernière et favorisa son mariage avec Louis XIV. Dans les querelles religieuses, il eut part, à la révocation de l'édit de Nantes (1685), aux débats sur le quiétisme et à la condamnation de Fénelon, aux poursuites contre les Jansét-nistesj et fut en toute occasion dévoué auxintérêtsde. son ordre. C'était un homme médiocre, mais adroit' et insinuant, qui sut exercer un.grand ascendant sur: la conscience duroi. LeP.Lachaisealaisséun Cowsde philosophie en latin (Peripateticœ philosophie pla-cito), Lyon, 1661. Ilfut membre de l'Académie des-inscriptions. — Louis XIV avait fait bâtir pour son confesseur, àl'E. de Paris, une belle maison de campagne qui fut nommée Mont-Louis; en 1804, l'enclos qui l'entourait fut converti en un cimetière qui porte encore le nom de Père-Lachaise, etqui se trouve aujourd'hui enclavé; dans l'enceinte.de la ville.
- LA CHAISE-DIEU, Casa Dei, ch.-l. de c (Hte.-Loire), à28 kil. E. deBrioude; 1631 hab. Dentelles Une abbaye de Bénédictins y avait été fondée . 1041 par S. Robert d'Aurillac
- LA CHALOTAIS(L. Réhé DE CARADEDC de), procureur général auparlement de Bretagne, néà Rennes en. 1701, fut un ardent adversaire des Jésuites, les
E oursuivit devant le parlement de Bretagne, et pu-lia dès 1761 un Compte rendu des.constitutions des Jésuites, qui leurporta un rude coup. Peu après leur expulsion (1764), le parlement et les Ëtats de Bretagne firent une vive opposition àquelquesédits;bur-saux qui attentaient aux franchises de la. province : on accusa La Chalotais d'être l'instigateur de cette ?opposition; ilfut en conséquence arrêté avec son fils, magistrat comme lui, et enfermé àla citadelle deSt-Malo (1765). Après une longue détention, qui excita une fermentation générale, il fut exilé à Saintes ; il netput retourner à Rennes qu'au bout de 10 ans, à l'avènement de Louis XVI. Il reprit ses fonctions au parlement 4e Rennes, et mourut dans cette ville en Î785.,Outre les Constitutions des Jésuites, on a de lui un,Essai, d'éducation nationale, 1763, et des Mémoires justificatifs, qu'il publia pendant sa dér tention, 1767. Ils sont écrits avec éloquence et offrent un vif intérêt. LA CHAMBRE, ch.-l.de :.(Savoie),arr.deSi-Jean-
derMaurienne ; 900 hab. Église &axw siècle, vieille-tour perchée sur un rocher.
- LA CHAMBRE (Martin COREAU, de), médecin, d*: Louis XIII et de Louis XIV, né au Mans en 1594, m. à Paris en 1669, faisait partie du Conseil privé.et avait une.telle réputation, comme physionomiste que Louis XIV le consultait sur ses,choix. On a de lui l'Art de connaître les hommes, 1659-60; lesjCarao fsres des passions, 1640-62, ouvrage estimé (l'auteur y a inséré-une:Dissertation, sur les animaux) ; Système de l'dme, 1664, qui fut attaqué par Petit,. et divers écrits sur desrquestïons de physique ou de-physiologie. Ilétaît membre de l'Académie .des sciences et de l'Académie française. On trouve .'dans ses ouvrages une grande crédulité : il ajoutait foi aux rêveries de la chiromancie,.de l'astrologie, etc. — Un autre Lachambre, docteur de Sorbonne, 1698r 1753, a écrit sur la théologie et a laissé un Abrégé de philosophie, 1764 (posthume), ouvrage estimé.
- LA CHAPELLE-D'ANGILLON, ch.-l. de e. (Cher), sur la Petite-Saudr.e, à.31 kil. N. de Bourges, 848 h.
- LA CHAPELLE-DE-GOINGHAY, ch.-l. de c. (Saône-et-, Loire), à 10 kil. S. de Hâcon: 1952 hab.
- LA CHAPELLE-EN-VEHCORSI, ch.-l. de.c (DrÔme), à-23 kil. N. de Die; 1250.hab. Commerce de: bois.
- LA CHAPELLE-LA-REINE, ch.-l. de c (Seine-et-Mame),. à 14 kil. S. O. de Fontainebleau, 840 hab.
- LA CHAPELLE-ST-DENIS, anc village du dép. de la-Seine, au N. de Paris, fait auj. partie de la ville de: Paris et est compris dans le xvm»arrondissement.
- LACHAPELLR-SUR-ERDRE, chv-1. decant. (Loire-lnf.). à 9 kil. N. de Nantes; 2200 h.
- LA CHAPELLE (Jean.de), auteur dramatique, né-à Bourges en 1655, m., à Paris en 1723, étaitsecré-taire du.prince dé Conti, et fut ehargépar.LûuisXIV1 d'une mission,en Suissa.Il fit représenter plusieurs: tragédies.médiocres, Zalde, CTéopâtre, ïétéphonte, Ajax, quieureniquelqae sucçèsjfirâce au talent de-l'acteur Baron, et composa divers romans, entre autres les Amours de Catulle, 1680, et les Amours de.. Tibulle, 1723, où il inséra quelques mauvaises traductions des deuXipoëtés. Néanmoins, il remplaça Furetrèretà: l'Académie française;
- LA CHAPELLE {Armand BOISBELEAU de), ministre pro^ testant, né en 1676_àOziUac prèsde JonzacenSain-tonge, mort en 1746, passa sajeunesseen Angleterre, devint en:l726:pasteur'de,l'église(WaIloneà1LaHayer et fut un desrédacteurside la Bibliothèque anglaise: ou Journal littéraire,de la Grande-Bretagne; Amst., 1729 et suiv., 15yol. in-12; et de. la Bibliothèque rai~ sonnée des savants de £'.E«rop,B,.ibîd., 1728-53, 52 v. in-12. Il a.traduitle Baoillardde Steele.
- LACHAPELLE(JHme),sage-femme,néeàParisenl769v nr. en 1822,. était fille.de la.sage-femme en chef de-l'Hôtel-Dieu, Placée, erx,179ï à.latêtede la Maison, d'accouchement (Jiospicei'defaMaternité}, ellefit des cours publics qu» firenLfaire dés progrès à,son art, et foijtna un grand nombre d'élèves distinçuées.*On a d'elle Pratiquedes accouchements, 3 vol. în-ft, .1821-25, publiée parson neveu, le docteur DugèSi
LA CHARCE, famille. 7. LA TOUR DU PUS.
- LA CHARITÉ, ch.-lïeu de c. (Nièvre), à 23k. N.. O. de Nevers, 4610 h. Ancres, acier, fer-blanc,émaux,etc. Place.cédée aux; Calvinistes:en 15.70.— V. CHARITE.
- LACHARTRE, ch.-l.dec. (Sarthe), sur le Loir, à 26 kil. .S. O. .de Saint-Galais; 1580 hab.
- LA CHATEIGNERA1E, ch.4. de c. (Vendée) à 19 Y. N. de Fontenay-Ie-Comie; Ï771 hab.
- LA CHATEIGNERAIE:(François DEVIVONHE, sei-. gneur de),.né,en 152fr, fils d'André de Vivonne, grand sénéchal du Poitou, se battit en duel avec Guy de Chabot, seigneur de Jarnac:(1547). Il succomba par l'effet d'un, coup imprévu que son adversaire, lui porta traîtreusement au jarret, et qui.est depuis passé en. proverbe sous le nom de coup de.Jarnac.
- LA CRÎTRE, ch.-l. d'arr» (Indre), sur l'Indre, non loin de sasource,à34 kil. S. E-. dé Châteaurouxj 4900 h. Trib., collège. Draps,, corroieries, tanneries. Assez d»
LACH — 1019 — LÂ.CO
commerce. — Raoul le Chauve, baron de Château-roux, donna à son fils Ebbe II la seigneurie de La Châtre vers le milieu du xi* siècle : c'est de lui qu'est issue l'antique maison de La Châtre.
- LA CHÂÏRE (Claude, baron de), maréchal de France, né vers 1526, d'une famille noble du Berry, m. en 1614. Nommé par Charles IX gouverneur du Berry, il assiégea à plusieurs reprises'la petite ville de Sancerre, qu'occupaient les Protestants, et ne put la prendre qu'après un blocus de 18 mois, qui y causa une cruelle famine (1575). Il embrassa dans la suite le parti de la Ligue, et fut fait maréchal parle duc de Mayenne. Il ne reconnut Henri IV qu'en 1594, et ne fit la paix qu'en stipulant les conditions les plus avantageuses. Son titre de maréchal lui fut conservé. Il a laissé quelques écrits, entre autres le Siège de Thionville en 1558.—Son fils, Louis de L.,hérita de ses dignités et fut fait maréchal en 1616.
- LA CHATRE-NANÇAY (Edme, comte de), maître delà garde robe du roi, fut nommé en 1643 colonel général des Suisses par la faveur de la reine mère, se distingua à la bataille de Nordlingue où il fut blessé et mourut à Philipsbourg en 1645, des suites de sa blessure. On a de lui de curieux Mémoires sur la minorité de Louis XTY, qui vont jusqu'en 1643.
- LACHAUSSADE, hameau de la Nièvre, cant. de Pougues, à 13 kil. deNevers. Usines de la marine.
- tA CHAUSSÉE (P. Cl. NIVELLE de), auteur dramatique, né à Paris en 1692, m. en 1754, était neveu d'un fermier général, et jouissait d'une aisance qui lui permit de se consacrer aux lettres. Il se fit connaître en 1732 parune ÉpUre à Clio,. d'ans laquelle il combattait Làmotte, qui voulait bannir la versification de la tragédie,, et il,ne commença à travailler pour le théâtre qu'à 40 ans. II y introduisit un genre nouveau, le drame ou comédie larmoyante, et eut en ce genre un grand succès. Ses principales pièces, .toutes en vers, sont : la Fausse antipathie (1734); le Préjugé à la mode (1735)•; l'École des amis (1737) ; Uélanide (1741); Amour pour amour (1742); l'École des mères (1T45), la Gouvernante (1747). On a aussi de lui des Contes assez libres, dans le Recueil dit de ces Messieurs (avec Caylus, Duclos et autres, 1745). Ses œuvres forment 5 vol. in-12, 1762. La Chaussée est, selon Voltaire, un des premiers après ceux qui ont du génie. Il fut de l'Académie française.
- LA CHAUX DEFOND et mieux LA CHAUDE FONT (la fontaine chaude), v. de Suisse (Neufchâtel), à 13 kil. N. O. de Neufchâtel, dans une très-haute vallée du Jura ; 12 000 hab. Horlogerie; dentelles. Patrie des mécaniciens Droz et de Léop. Robert. Eaux thermales.
LACHÉSIS, une des 3 Parques. V. PARQUES.
- LA CHESNAYE (NICOLE de), écrivain du xv° siècle, vivait sous Louis XII. On a de lui la NefdeSanté, avec le gouvernement du corps humain, la condamnation des banquets, à la louange de diète et sobriété, et Traité des passions de l'âme contraires à la santé, Paris, in-4, sans date; réimprimé en 1507 et 1511.
- LA CHESNAYE-DESBOIS (AUBERT de), né dans le Maine en 1699, mortàParis en 1784, dans un hospice de vieillards, était d'abord capucin. Il quitta le cloître, se mit à la solde des abbés Desfontaines et Granet, et fit pour ces deux journalistes des articles littéraires.. On adelui plusieurs Di'cti'onwoires,engénéralmédiocres: Dictionnaire d'Agriculture, 1751; Dict. militaire, 1758; —domestique, 1762; — des mœurs et coutumes deeFrançais,nël ; — de laNoblesse, 1770.Ce dernier, le plus estimé, a été réimprimé par Magny, 1860.
- LA CHÈSE, ch.-l. de c (Côtes du Nord), à 9 kil. S. E. de Loudéac; 420 hab.
- LACHMANN (Charles),,philologue, né à Brunswick en 1793, m. en 1851, professa à l'Université de lœ-nigsberg, puis à celle de Berlin (1816). On a de lui un grand nombre ae travaux estimés,' notamment un traité des chœurs dans la tragédie grecque (enlatin), des éditions, avec notes, de l'Iliade d'Homère, de Lucrèce etde Properce,ainsi que des lnstitutes deGaïus ; un Traité sur l'origine et la signification des Niebe-
lungen et une bonne édition de! ce poème, dés éditions annotées dès chants d?Iwein et de Van d'erVo-gelweid, des Œuvres de Luther, de Eessing, etc.
- LACHMI ou LAKMI , déesse de l'Abondance chez les Hindous, épouse préférée de Vichnou, naquit des flots d'un océan lacté. Le manglier et le lotos lui sont consacrés. On la- représente ordinairement les mamelles chargées de lait, allaitant un enfant, tenant une fleur de lotos ou versant les richesses sur la terre.
- LACINTUS, brigand redoutable, ravageait les côtes de la Grande-Grèce. Il voulut dérober les bœufs d'Hercule, qui revenait d'Espagne, vainqueur de Géryon: le héros le tua, et, en mémoire de sa victoire, bâtit un temple à Junon Lacinienne, dans le golfe de Ta-rente près du cap Lacinium, auj. cap Colonne.
- LA CIOTAT, Citharista, ch.-l. de c (Bouches-du-Rhône), à 23' kil. S. E. de Marseille; 8444 hab. Bien bâtie. Port sur la Méditerranée; fort, avec phare; collège, école de navigation, chantiers de construction. Commerce de vins muscats, fruits secs, huile.
LACKNAU, v. de l'Inde. Y. LUSNOW.
- LA CLAYETTE,ch.-l. de c (Saône-et-Loire), à 18k. S. de Charolles; 1562 hab. Etoffes de coton, tanneries. Patrie du naturaliste Lamétherie.
- LACLOS (P. Ambr. CHODERLOS de), officier d'artillerie, et secrétaire du duc d'Orléans, né à Amiens en 1741, s'était rendu célèbre avant la Révolution par un roman plein d'intérêt, mais immoral, les Liaisons dangereuses (1784). Il fut un des affidés du duc d'Orléans, rédigea le Journal des amis de la Constitution, fit avec Brissot la fameuse pétition qui provoqua le rassemblement du Champ de Mars, et fut nommé en 1792 général de brigade. Jeté en prison à la mort de'son protecteur, il fut rendu à la liberté au 9 thermidor. Il servait avec distinction à l'armée d'Italie comme général d'artillerie, lorsqu'il mourut à Tarente en 1803. Laclos a laissé des Poésies fugitives pleines de grâce. On lui doit aussi des travaux estimés sur le génie militaire et d'utiles expériences sur de nouveaux projectiles.
- LACOBRIGA, v. d'Hispanie (Lusitanie), dans le Cuneus. On en voit les ruines près de Lagos.
- LACOMBE (François), d'Avignon, littérateur, né en 1733, mort vers 17.95 à Montpellier, où il était commissaire de police, a traduit de l'anglais plusieurs bons ouvrages, tels que : Lettres d'Orrery sur Swift, 1753 ; Lettre de Shaftesbury sur Venthousiasme,1762. Il a publié des Lettres choisies de la reine Christine^ 1759, auxquelles il a donné poursuite,, en 1762, des Lettres secrètes de Christine, dont il est le seul auteur.
- LACOMBE (Jacques), de Paris, laborieux compilateur, né en 1724, mort en 1811rfutavocat, puis libraire. On a de lui, entre autres ouvrages, : Abrégé chronologique de l'Histoire ancienne, 1757 ; — de l'Histoire du Nord, 1762; — de l'Histoire d'Espagne et de Portugal, 1759; Précis de l'art dramatique, 1808, en société avec Chamfort ; Dictionnaire portatif des Beaux-Arts,, 1752. Il fut un des plus actifs collaborateurs de l'Encyclopédie méthodique, à laquelle il fournit les Dictionnaires des Arts et Métiers, — des Chasses, — de l'Art oratoire, — des Amusements des Sciences, et travailla longtemps &a Mercure. — Son frère, Lacombe de Prezel, avocat, né à Paris en 1725, a donné : Dictionnaire d'Anecdotes, 1766; — d'Ico-nologie, 1756 ; — de Jurisprudence , 1763 ;. Pensées de Pope, 1766; Portraits historiques, 1768.,
- LA CONDAMINE (Ch. Marie de), voyageur, né à Paris en 1701, mort enl774, cultiva toutes lés sciences et parcourut presque toutes les.parties du monde. Choisi en 1736 avec Bouguer pour aller à l'équateur déterminer la grandeur et la figure de la terre, il parcourut dans ce voyage presque toute l'Amérique du Syd, et ne revint qu'au bout de dix ans, après des fatigues inouïes. Il publia à son retour : Voyage dant l'intérieur de VAmérique méridionale, 1745; La figure de la terre, 1749; Journal du voyage fait par ordre du roi à l'équateur, 1751. On a de lui plusieurs autres ouvrages dont quelques-uns en anglais
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et en espagnol. 11 a beaucoup écrit en faveur de l'inoculation, et a fait connaître le caoutchouc (1750). Il ' était de l'Académie des sciences, de l'Académie française, de la Société roy. de Londres, etc.
- LACONIE, Laconia, contrée de l'anc Grèce, dans le Péloponèse, à l'angle S. E., entre la mer, l'Arca-die et la Messénie: ch.-l., Sparte. Elle se divisait en 4 territoires : 1° celui de Sparte ou District politique, le long de l'Eurotas et au S. de la ville de Sparte; 2" l'Égiale, le long de la côte E.; 3" le Nome cVAmy-cles, à l'O. et près du District politique; 4° au S. les Périèces (Périoicoi), qui s'étendaient jusque dans la Messénie. La Laconie était très-montueuse peu fertile et très-pauvre; elle était arrosée par l'Eurotas.
- Dans le nouvel État de Grèce le nom de Laconie a été donné : 1" en 1833, à l'un des dix nomes en lesquels la Grèce fut d'abord partagée (ch.-l. Mistra) ; 2" en 1836, à l'un des 24 gouvts qui les remplacèrent; 3° en 1845, à une nomarchie, qui a pour ch.-l. Sparte et qui compte auj. 90 000 hab.
- LACORDAIRË (le P. J. B. Henri), célèbre prédicateur, né en 1802 à Recey-sur-Ource(Côted'Or), mort à Sorèze en 1861, était fils d'un médecin. Après avoit étudié le droit et avoir débuté au barreau de Paris, il embrassa l'état ecclésiastique à 22 ans, entra au séminaire de St-Sulpice, fut ordonné prêtre en 1827, se lia bientôt après avec l'abbé La Mennais, coopéra avec lui à la rédaction de l'Avenir, journal religieux et politique, qui fut désapprouvé par le St-Siége, ouvrit en 1835 à Notre-Dame de Paris des Conférences, d'un genre tout nouveau, qui attirèrent la foule et amenèrent d'éclatantes conversions, surtout parmi les jeunes gens, conçut alorsle projetde restaurer en France l'ordre des Frères prêcheurs, se rendit dans ce but, en 1839, à Rome, au couvent de la Minerve, où il prit l'habit et le nom de S. Dominique, reparut en 1841 à Notre-Dame, où il reprit ses conférences avec un nouveau succès, prêcha avec le même éclat dans plusieurs des grandes villes de France (Lyon, Bordeaux, Toulouse,-Nancy, Metz, Grenoble, etc.), se fit élire en 1848 représentant à l'Assemblée nationale, mais quitta bientôt cette assemblée tumultueuse, où sa voix ne pouvait être entendue, obtint du pape en 1850 que les couvents dominicains de France fussent érigés en une province particulière et en fut nommé provincial, refusa d'être réélu à l'expiration de ses fonctions (1854), et prit alors la direction du collège libre de Sorèze. Il fut admis en 1860 à l'Académie française, en remplacement de Tooqueville. Le P. Laco'rdaire a été un des orateurs les plus brillants du siècle; ses prédications, appropriées au goût et aux besoins de l'époque, produisaient beaucoup d'effet; mais elles se faisaient remarquer plutôt par l'imagination, le mouvement et l'action oratoire que par la rigueur du raisonnement ou l'enchaînement des idées; on l'a surnommé le Romantique de la chaire. En religion, sa pensée fut de réconcilier le catholicisme avec la liberté et le progrès. Outre les Conférences, qui ont été publiées à mesure qu'elles paraissaient, on a de lui une Vie de S. Dominique (1840). où l'exactitude historique n'est pas toujours observée; les Oraisons funèbres de For-bin-Janson, èvèque de Nancy; d'O' Connell et celle ds Drouot, son chef-d'œuvre. Ses OEuvres complètes avaient paru dès 1858, Paris,6v. in-8.—Sonfrèreaîné, Théodore L., né en 1801, professeur à l'Université de Liège, s'est fait avantageusement connaître comme voyageur et comme naturaliste. On estime surtout ses travaux sur l'Entomologie.
- LA COTE ST-ANDRE, ch.-l. de c. (Isère), à 32 k. S. E. de Vienne; 4105 hab. Jadis place forte. Liqueur renommée dite Eau de La Cote.
- LACOUR(dom Didier de), bénédictin, né en 1550 près de Verdun, mort en 1623. entra jeune dans l'abbaye de Saint-Vanne, à Verdun, en fut nommé prieur en 1600, et y introduisit la réforme malgré raille obstacles. Il devint ainsi le fondateur des célèbres congrégations de St-Vanne et de St-Maur.
LA COURTINE, cn.-I.de c (Creuse),à 36 kil. S. E. d'Aubusson ; 1037 hab.
- LACRETELLE (Pierre Louis), ditL. l'aîné, littérateur, né à Metz en 1751, m. en 1824, était avocat au parlement lors de. la Révolution; il en embrassa les doctrines avec modération et siégea à l'Assemblée législative, puis au Corps législatif (1801). Sous l'Empire et la Restauration, il écrivit dans les journaux de l'opposition t notamment dans le Mercure et la minerve. Il avait remplacé La Harpe à l'Académie' française en 1802. On a donné en 1823 et années suiv. une édition de ses œuvres qui se divisent en Éloquence, Philosophie, Théâtre , Portraits, etc. La-creteile a mis en ordre la Logique, la Métaphysique et la Morale dans l'Encyclopédie méthodique.
- LACRETELLE (Charles), dit h jeune, frère du précédent, né à, Metz en 1766, m. 1855, vint jeune à. Paris où il débuta sous le patronage de son frère, rendit compte dans le Journal des Débats des travaux de l'Assemblée nationale, fut proscrit au 13 vendémiaire (an iv), puis arrêté au 18fructidor (an vi), et ne sortit de prison qu'au 18 brumaire ; fut nommé en 1800 membre du bureau de la presse et plus tard censeur; fit paraître depuis 1801 plusieurs ouvrages historiques, remarquables surtout par la netteté et l'élégance du style; fut nommé en 1809 professeur d'histoire à la Faculté de Paris et ne résigna sa chalre qu'en 1853 : son cours, qu'il fit assidûment jusqu'à l'âge le plus avancé, était un des plus suivis. Il avait été admis à l'Académie française en 1813. Adversaire du despotisme impérial, il accueillit avec empressement la Restauration: Louis XVIII l'anoblit. On a de lui : Précis historique de la Révolution française, 1801-1806, 6 vol. in-8(le,Pre*cî> de l'Assemblée Constituante, qui en forme le I" vol.,avaitétérédigépar Rabaut St-Étienne) ; Histoire de France pendant le xviir siècle, 1808, 6 vol., souvent réimprimée : c'est le plus estimé de ses écrits; Histoire de la Révolution française, 1821-1826, 8 vol.; Histoirede France depuis la Restauration, 1829-1835, 4 vol. ; Histoire du Consulat et de l'Empire, 1845-46, ouvrage publié en concurrence avec l'histoire de M. Thiers sur le même sujet, mais qui se ressent de la vieillesse de l'auteur. On lui doit encore une Histoire des Guerres de Religion, 1814-1816, 4 V. in-8.
- LACROIX DU WAINB (Fr. GRDBE de), en latin Cru-cimanus, bibliographe, lié au Mans en 1552, est au-Xeui:oV\meBibliothequêfrancaisè,'Pa,ns, 1584,m-foi., qui contient le catalogue de tous les auteurs qui avaient écrit en français jusqu'à cette époque. Elle a été réimprimée en 1777, Paris, 6 v vol. m-4 (avec le Dictionn. des écrivains franc, de Duverdier et les notes de La Monnoye, Bouhier et Falconet). Lacroix du Maine se proposait de composer sur le même plan un catalogue des ouvrages écrits dans toutes les autres langues; mais il périt en 1562, assassiné par des fanatiques qui le soupçonnaient de calvinisme.
- LACROIX (l'abbé NICOLLE de), géographe, né à Paris en 1704, m. en 1760, se consacra à l'enseignement de la géographie. On a de lui une Géographie moderne, 1747, fréquemment réimprimée et qui est restée longtemps classique. — Il ne faut pas le confondre avec un autre Lacroix, maître de langues et de géographie à Lyon, m. vers 1715, qui a composé une Géographie universelle, 1690, des ouvrages élémentaires, une Morale, 1675, une Poétique, 1675 et 1694.
- LACROIX (J.FrançoisDEGASTRIESde), laborieux compilateur du xvnr» siècle, né à Compiègne, publia sous les titres d'anecdotes anglaises, — italiennes, — arabes, — militaires, etc., 1769 et suiv., de3 recueils qui eurent la vogue. On lui doit aussi des Dictionnaires des Faits et dits mémorables 17158 ; — des Femmes célèbres, 1769; — des Cultes, 1770; —det Saints, 1772, etc., d'un usage fort commode.-
- LACROIX (Silv. Franc.), savant mathématicien, né en 1765, m. en 1843, se fit connaître dès 1787 par un travail sur les assurances maritimes, qui fut couronné par l'Académie des sciences; entra à l'Insti*
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a ti.tidès sa fondation, enseigna successivement les mathématiques à l'Ecole militaire, à l'École centrale des Quatre-Nations, à l'École polytechnique, à la Faculté des sciences, dont il devint le doyen, enfin au Collège de France (1815). On lui doit un Cours de Mathématiques (arithmétique, algèbre, géométrie, trigonométrie), publié de 1796 à 1801, ouvrage élémentaire, remarquable par la clarté de l'exposition, et dans lequel il introduisit l'usage de la méthode analytique ; un Traité du Calcul différentiel et intégral (1797 et 1810-1819), ouvrage d'un genre plus élevé, qui est le fondement de sa réputation ; un Essai sur l'enseignement des mathématiques, 1805, où l'on remarque la partie qui traite des méthodes. LACROIX (PÉTIS de). V. PÉTIS.
- LACROZE (Mathurin VETSSIERESde), orientaliste, né en 1661, à Nantes, m. en 1739, passa jeune en Amérique, dans le dessein de se livrer au commerce; de retour à Nantes, il étudia la médecine ; mais bientôt, dégoûté de ce nouvel état, il pritl'habit de bénédictin (1682).Son caractère indépendant l'empêchant de se plaire dans un cloître, il s'en échappa, se réfugia à Bâle, et embrassa la religion réformée ; il se fixa enfin à Berlin, où il devint bibliothécaire du roi de Prusse, précepteur de la princesse royale (depuis margravine de Bayreuth),etprofesseurdephilosophie au collège français. Ses principaux ouvrages sont : Yindicise veterum scriptorum contra Harduinum, Rotterdam, 1708; Histoire du Christianisme des Indes, La Haye, 1724; Histoire du Christianisme d'Ethiopie et d'Arménie, 1739; lexicon JEgyptiaco-Latinum, 1775; Thésaurus epistolicus, etc. Il a laissé en manuscrit des Dictionnaires arménien, slave, syriaque, etc.
- LACRUZ (PANTOJA de), peintre espagnol, né à Madrid en 1551, m. en 1610, était peintre de Philippe II, et fat chargé par ce prince de décorer les plafonds de l'Escurial. On estime ses portraits de Charles-Quint, de Philippe II et de Philippe III.
- LACRUZ (Juana Inès de), religieuse et poète espagnole, née en 1614 à Mexico, morte en 1695, s'enferma dans un couvent de Mexico, par1 suite d'un amour malheureux, et y partagea son temps entre les exercices de piété et la poésie. Elle a composé de nombreuses poésies, les unes sacrées, les autres profanes, publiées à Madrid enl670. Après avoir prispour modèles les classiques Garcilaso et Boscan, elle se laissa égarer par l'exemple de Gongora, et sacrifia au mauvais goût. On la surnommait la 10" Muse.
- LACRUZ Y CANO (Ramon de), poète dramatique, né en 1728, à Madrid, m. en 1795. Après avoir été avocat, secrétaire^ professeur, il se fit auteur et se consacra tout entier au théâtre. Il y fit représenter un grand nombre de petites pièces en un acte, dites saynètes, qui eurent beaucoup de succès. Son Théâtre a été publié en 1788, 10 vol. ia-8.
- LACTANCE, Firmianus Lactantius, écrivain chrétien, né Vers 250, probablement en Afrique, étudia à Sicca, en Numidie, où il eut pour maître Arnobe; fut choisi vers 290 par Dioclétien pour enseigner les lettres à Nicomédie; embrassa le Christianisme vers 300, et se voua dès lors à la défense de sa nouvelle religion. Constantin lui confia en 318 l'éducation de son fils Crispus. On croit qu'il mourut à Trêves en 325. Lactance a laissé plusieurs ouvrages, tous en latin: le plus célèbre est son traité des Institutions divines, en 7 livres, où il combat le polythéisme et la philosophie païenne. Ses autres ouvrages traitent de l'OEu-vre de Dieu,del& Colère de Dieu, delà Jfort des persécuteurs: ce dernier, longtemps ignoré, fut retrouvé seulement au xvn" siècle et publié par Baluze en 1679. On lui attribue aussi plusieurs pièces de vers, notamment un petit poème sur le Phénix. Son style, élégant et pur, l'a fait surnommer par S. Jérôme le Cicéron chrétien. Son christianisme passe pour n'être pas toujours exact. La meilleure édit. de ses Œuvres est celle de Rome, 1654-1659, 14 vol in-8. Les Institutions divines ont été traduites par Famé, 1542 et 1746; la ilort des persécuteurs par Maucroix, 1680,
et Basnage, 1687. Pfaff a retrouvé en 1712, à la bibliothèque de Turin, d'importants fragments des/nsti-tutions divines.
- LACUÉE de CESSAC (J. GEHARD, comte de), né près d'Agen, en 1752, m. en 1841, était au service quand la Révolution éclata. Député à l'Assemblée législative, il entra en 1795 au Conseil des Cinq-Cents, fut appelé au Conseil d'État après le 18 brumaire et devint ministre de la guerre en 1807. Il se fit beaucoup d'ennemis en poursuivant les dilapidations. Destitué après la campagne de Russie, il n'en demeura pas moins fidèle à l'Empereur. Il n'eut aucun emploi sous la Restauration, mais il fut appelé à la Chambre des pairs en 1831. On a de lui un Guide des officiers en campagne, 1786 et 1815, et le Dictionnaire d'Art militaire de l'Encyclopédie méthodique.
LACURNE DE STE-PALAYE. V. SAINTE-PALAYE.
[modifier] LAD
- LADA, Ilot situé sur la côte O. de l'Asie-Mineure, en face de Milet. La flotte ionienne y fut vaincue par les Perses en 498 av. J.-C. Cette défaite livra l'Ionie aux Perses. Attale y défit vers 200 av. J.-C. la flotte de Philippe V, roi de Macédoine.
LADAK. V. LÉÏ et THIEET (PETIT-).
- LADEMBOTTRG, v. forte du gr.-duché de Bade, a 10 kil. E. de Manheim, près de la r. dr. du Neckar ; 2000 hab. Brûlée par les Français en 1668 ; prise par Turenne en 1674.
- LADISLAS, nom de plusieurs rois de Hongrie. L. I succéda en 1077 à son frère Geysa, rendit tributaires les Bulgares et les Serviens, réunit la Croatie à ses États (1089), fonda la ville de Grand-Varadin, et mourut en 1095, à 54 ans, lorsqu'il se préparait à aller combattre les infidèles en Palestine. Il fut mis au rang des saints par Célestin III en 1198; on l'hon. le 27 juin. — L. II et III ne régnèrent qu'un instant (1161-62 et 1204-05):ils n'ont rien faitde remarquable. — L. IV, fils d'Etienne, lui succéda en 1272. Il aida l'empereur Rodolphe à détrôner Ottokar, roi de Bohême, et fut néanmoins abandonné par ce prince lorsqu'il eut à se défendre lui-même contre les agressions des CumansetdesTartares. Fait prisonnier par les Cumans en 1290, il fut égorgé dans sa tente, laissant à André III un royaume pauvre et mutilé. — L. V, ou Vladislas, fils de Jagellon, roi de Pologne., succéda à son père en Pologne dès 1434, fut élu roi de Hongrie en 1440, après la mort d'Albert d'Autriche, à l'exclusion du fils de ce prince. Il fut presque aussitôt attaqué par les Turcs: après quelques avantages dus à la valeur de son général, le célèbre Jean Hunyade, il fut défait et tué à la bataille de Varna, en 1444. — Le fils d'Albert d'Autriche et son légitime héritier, qui s'était réfugié en Autriche auprès de l'empereur Frédéric 111, son tuteur, fut rappelé par les Hongrois en 1453, et régna aussi sous le nom de Ladislas V. Sous lui comme sous son prédécesseur, la Hongrie, menacée par les Turcs, dut son salut à JeanHunyade. Cependant, à peine ce héros était-il mort, que Ladislas, jaloux de sa renommée, fit périr son fils aîné. Cette exécution le rendit si odieux à ses sujets qu'il fut contraint de quitter la Hongrie; il alla mourir à Prague (1457) à l'âge de 19 ans. Il eut pour successeur Matthias Corvin, 2* fils de Jean Hunyade. — L. VI ou Vladislas II, fils de Casimir IV, roi de Pologne, fut roi de Bohême (1471), et se fit reconnaître roi de Hongrie (1490), après Matthias Corvin, malgré l'opposition du roi de Pologne, Jean-Albert, son frère. Il confia la défense des frontières à Etienne Zapoly, digne successeur de Hunyade, et ne s'occupa qu'à rendre ses sujets heureux; il m. en 1516.
- LADISLAS ou LANCELOT,roi de Naples, né en 1376, succéda en 1386 à son père Charles III de Duras, sous la régence de sa mère Marguerite. Il eut à défendre sa couronne contre Louis II d'Anjou; ce ne fut qu'en 1399 qu'il se vit seul maître du royaume. Il voulut s'emparer de toute l'Italie, et même enlever la couronne impériale à Wenceslas et à Robert qui se la disputaient : il réussit à prendre Rome et les villes voisines (1408);mais il échoua en Toscane, et fut vaincu en 1411 à Rocca-Secca par Louis IL Il s'était relevé de sa défaite et menaçait encore l'Italie, lorsqu'il mourut à Naples en 1414, des suites de ses débauches. Jeanne II, sa sœur, lui succéda.
LJ.LI — 1022 — L'ATA
- LADJYN (Melik-al-Mansour-Housam-Eddyn), sultan d'Egypte, était un esclave allemand auquel le sultan Kélaoun avaitfait abjurerle Christianisme. Nommé gouverneur du château de Damas, il :se révolta, et se fît proclamer sultan; mais Kalil Aschraf, fils et successeur de Kélaoun, le fit déposer et lesondamna à mort (1290). Le cordon ayant cassé dans les mains de l'exécuteur, le sultan lui fit grâce. Ladjyn assassina dans la nuit même celui auquel il devait la vie. Forcé de fuir après ce meurtre, il reparut pendant la minorité de Naser-Mohammed, renversa le régent Ketboga et se mit à sa place en 1296. Après trois ans de règne, il fut assassiné par les émirs .révoltés (1299).
- LADOGA, lac de la Russie d'Europe, entre les gouvts de St-Pétersbourg, d'Olonetz et le grand-duché de Finlande, a 205 kil. sur 140 (c'est le plus grand de l'Europe). Tempêtes fréquentes, navigation périlleuse. Il communique avec la mer Baltique et avec les lacs Ilmen, Onega et Saïma par la Néva, la Volkhova, la Svir, et la Woxa. — Deux villages de ce nom sont sur ses bords : Nouveau-Ladoga, à 105 k. E. de St-Pétersbourg; 1700 hab.; fondée en 1704;
— Vieux-Ladoga, à 11 kil. S. de la précéd.; 50 maisons. Ce fut le premier séjour de Rurik.
- LADON, auj. le Roufia, riv. du Péloponèse, affluent de l'Àlphée, dans lequel il se jetait un peu au-dessous d'Hérée (frontières de l'Arcadie et de la Tri-phylie). — Selon la Fable, le fleuve Ladon était le père de Daphné et de Syrinx. Ce .fut avec des roseaux de ce fleuve que Pan fit sa flûte à sept tuyaux.
- LADOUCETTE (J. Ch. Franc., baron de), né en 1772 à Nancy, mort en 1848, fut successivement préfet des Htes- Alpes (où il créa la belle route du Mont-Genèvre), de la Roër, de la Moselle, rentra dans la vie privée à la chute de l'Empire, et se livra à son goût pour les lettres et l'archéologie. On lui doit : Archéologie de lions Seleucus (Mont-Saléon, Htes-Alpes), 1806; Voyage entre Meuse et Rhin, 1818; Htstoire et antiquités des Iltes-Alpes, 1830: c'est le meilleur ouvrage qui ait paru sur la statistique de ce pays. Il a aussi composé des Fables en vers (1826), imitées pour la plupart de Lessing et Pfefiel, ainsi que des romans, des nouvelles et des contes.
LADRE, corruption de Laxare. V. ce nom. L'ADVENTUREUX. V. LA MARK.
- LADVOCAT (J. B.),
compilateur, né en 1709 à Vaucouleurs, m. à Paris en 1765, fut d'abord curé a Domrémy, puis professeur d'hébreu et bibliothécaire à la Sorbonne. Il est auteur d'un Dictionnaire géographique très-répandu, fait en collaboration avec Vosgien, écrivain moins connu, sous le nom duquel l'ouvrage parut pour la 1" fois à Paris en 1747;; d'un Dictionnaire historique des grands hommes, 1752, souvent réimprimé avec suppléments, d'une Grammaire hébraïque estimée, 1755, etc. - LAEKEN, faubourg oriental de Bruxelles, où se trouve un château royal avec beau parc, bâti en 1782 sur les plans du duc de Saxe-Teschen.
- LiELIUS(C,) NEPOS, Romain célèbre par ses vertus et par son amitié avec Scipion l'Africain, accompagna ce général en Espagne et en Afrique, eutlaplus grande part à ses succès, prit Carthagène, battit Syphax et le fit prisonnier. Il fut élevé au consulat l'an 190 av. J.-C. Il admit Polybe dans son amitié et luifournitd'uliles renseignements pour son histoire.
— L^ELIOS Nepos (C.), dit le Sage fils du précéd., fut lié étroitement avec le second Africain comme son père avait élé lié avec le premier, l'accompagna au siège de Carlhage, fut à son retour envoyé en Lusitamni où il obtint quelques avantages sur Viriathe, il fut nommé consul l'an 140 av. J. -C. Ami des lettres, il protégea Pacuvius et Térence. Cicérona donné le nom de Lwlius à son dialogue sur l'Amitié, dont ce personnage est en effet le principal interlocuteur.
- LAENNEC (R. Th. H.), médecin, né en 1781 à Quimper, mort en 1856, était médecin en chef de l'hôpital Necker (1816) et professeur au Collège de France. Il s'est occupé avec succès des maladies de poitrine. Il est surtout connu par son Traité de l'Auscultation médiate ou Traité du diagnostic des maladies des poumons & au cœur, Paris, 1819, où il fit connaître le stéthoscope (instrument servant à l'auscultation), MM. Roger et Barth ont perfectionné sa méthode dans leur Traité d'auscultation, et de percussion, 1841 et 1859.
- LiENSBERG (Matthieu), auteur du fameux Almanach de Liège, accompagné de pronosticatîons pour tous les mois de l'année. On croit qu'il était chanoine de St-Barthélemi à Liège, et qu'il vivait vers 1600 ; mais on ne sait rien de certain, sur ce personnage j on ne sait même si c'est un nom réel.ou supposé. Quoi qu'il en soit, l'almanaçh qui porte son nom paraît avoir paru pour la 1» fois vers 1635. Les OÊuwes complètes de Matthieu Laensberg ont été publiées à Middelbourg en 1663, 2 vol. in-fol.
- LAËRTE, roi d'Ithaque et époux d'Anticlée, fut père d'Ulysse. Suivant d'autres, Anliclée aurait cédé aux vœux de Sisyphe peu avant son mariage et Ulysse serait le fruit de ce commerce illégitime. Laïrte éleva toutefois Ulysse comme son fils et lui laissa le-trône.
- LAËRTE. v. forte, sur les confins de la-CiMcie et de la Pamphylie, au bord delà mer,;fut la patrie de l'écrivain Diogène,dit,Za«««(£afirtj'«s), ou àeluêrte.
- LiETUS (0- -iElius), préfet du prétoire sous Commode, fit empoisonner et étrangler, en 192» cet empereur, qui avait résolu sa mort, et lui donna pour successeur Pertinax, qu'il fit massacrer au bout de 3 mois de règne. Il fut.lui-même tué, quelque temps après (193 de J.-G;), par ordre de Didïus ïùlianus, qui venait d'être proclamé empereur.
- L.ŒVINUS (P. Valerius),consul l'an 280\av.J.-C, fit la guerre à Pyrrhus et aux Tàrentins, fut vaincu à Héraclée, parce que ses troupes furent effrayées par les éléphants de Pyrrhus; mais répara, bientôt cet échec et força le roi d'Êpire'à demander la-paix, — M. VaieriusL.t propréteur en 214. commença la guerre de Macédoine,1 prit Oricum, délivra Apollonie assiégée et souleva les Etoliens eontre Philippe. Consul en 210, il acheva de soumettre la Sicile.
- LA FARE (Ch. Aug., marquis de), poëte, et militaire, né en 1644 à Valgorge (Vivarais), m.en 1712. Il servit avec la plus grande distinction, d'abord contre les Turcs dans l'armée autrichienne (1664), puis en Hollande sous Louis XIV (1672) ; mais, ayant indisposé le ministre Louvois, il fut forcé de quitter le service. Il n'est connu auj. que par ses poésies. Ami de l'épicurien Chaulieu, il s'exerça avec succès dans le même genre, que lui; on trouve dans ses vers, faciles et quelquéfois négligés, une aimable gaieté et une douce insouciance. La Fare aima Mme de Câylus et Mme de La Sablière et. en fut aimé :'il leur adressa la plus grande partie de ses poésies. Ses OEuwes poétiques sont jointes à celles de Chaulieu dans l'édition de St-Marc, 1755, in-12. Il a aussi écrit des Mémoires sur Louis XIV, qui ont paru en 1716. —H laissa un fils qui devint maréchal de France.
- LA FARB (Henri, cardinal de), de la même famille que le préc, né en 1752 à Luçon, m. en 1829, était évêque de Nancy en 1789. Député par le clergé aux Etats généraux, il s'opposa à la vente des biens du clergé, et combattit toutes les innovations. Il émigra en 1791, résida en Autriche, où il fut pendant 20 ans chargé de la correspondance des Bourbons, rentra avec eux en 1814, devint aumônier de la duchesse d'Angoulême, puis archevêque de Sens (1821), et cardinal (1823).
- LA FAYE (Ant. de), ministre protestant, né à Châteaudun vers 1540, m. de la peste à Genève en 1615, fut l'ami de Théodore de Bèze, qu'il accompagna au colloque de Montbéliard en 1589, professa la philosophie et la théologie à Genève, et eut part à la traduction française de la Bible. On a aussi de lui des traductions de l'Histoire des Juifs de Josèphe, Genève, 1560; de l'Histoire romaine de Tite-Live, Paris, 1582; Geneva liberata, 1603; De vitaet obitu Begx, 1606 (trad. en fr. en 1610 et 1681).
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- LA FAYE (J. Franc, LERIGET de), littérateur, né en 1674 à Vienne, en Dâuphiné, m. en 1731, servit quelque temps dans l'armée, et dans la diplomatie, puis se livra exclusivement aux lettres et aux arts. N'usant d'une grande fortune que pour protéger les gens de lettres, qu'il cultivait lui-même, il mérita que Voltaire dît de lui, quoique avec une grande exagération :
Il a réuni le mérite Et d'Horace et de Pollion. Il composait de jolis vers, faciles et naturels : on remarque surtout son Épîlre sur les avantages de la Rime, contre Lamotte.Il fut admis à l'Académie française en 1730. — Son frère, Élie de La Faye, 1671-1718, servit avec distinction, avança par ses recherches le génie militaire et la mécanique, inventa une Machine à élever les eaux, et fut élu membre de l'Académie des sciences en 1716.
- LA FAYETTE (Gilbert MOTIER de), d'une famille noble d'Auvergne, s'attacha au Dauphin pendant la démence de Charles VI, fut nommé par lui maréchal en 1420, battit les Anglais à Baugé (1421), contribua à délivrer Orléans, et prit une grande part à l'expulsion des ennemis de la France. Il m. en 1462.
- LA FAYETTE (Louise MOTIER de), femme célèbre par son esprit et sa beauté, était fille d'honneur d'Anne d'Autriche. Louis XIII conçut pour elle une vive passion, mais elle sut résister à la séduction et alla en 1637 s'enfermer dans le couvent de la Visitation, où elle prit le nom de sœur Angèliaue. Elle y mourut en 1665. Mme de Genlis en a fait l'héroïne d'un roman intitulé : Mlle de La Fayette.
- LA FAYETTE (Marie Madeleine PIOCHEDELAVERGNE, dame de), femme célèbre par l'amabilité de son caractère, l'enjouement de son esprit et l'amitié qui l'unit à La Rochefoucauld, née au Havre en 1634, du gouverneur de cette ville, épousa en 1655 le comte de La Fayette (frère de Mlle de La Fayette, qui précède), et mourut en 1693. Elle s'est fait un nom par ses romans, qui substituèrent aux faux sentiments et au style ampoulé des pastorales du temps le langage du cœur et de la véritable passion. Les meilleurs sont : Zai.de (1670); la Princesse de Clèves (1678); la Comtesse de Tende; la Comtesse de Montpensier. On lui doit aussi une Histoire d'Henriette d'Angleterre , Amst., 1720 ; des Mémoires historiques, qui se trouvent dans la collection Petitot, et des Lettres, encore inédites. Ses OEuvres, précédées d'une notice par Auger, ont été imprimées avec celles de Mmes de Tencin et de Fontaines, Paris, 1814, 5 vol. in-8. Mme de La Fayette réunissait chez elle l'élite des gens de lettres ; elle eut particulièrement pour amis La Fontaine, Segrais et La Rochefoucauld.
- LA FAYETTE (Gilbert MOTIER, marquis de), né en 1757 à Chavagnac, près Brioude, m. à Paris en 1834, épousa à 10 ans Mlle de Noailles. 11 s'embarqua 4 ans après sur une frégate armée à ses frais,pour aller combattre dans les rangs des Américains insurgés contre la domination anglaise, combattit à Brandy wine et à Montmouth, revint en France en 1779 pour en ramener de nouveaux secours, se distingua à la défense de la Virginie, au siège d'York-Town, et contribua puissamment à fonder la république des États-Unis. Elu en 1787 membre de l'Assemblée des notables, en 1789 député à l'Assemblée nationale, il défendit avec chaleur les idées nouvelles, et proposa le premier de faire une déclaration des droits de l'homme. Le 15 juillet 1789 il lut nommé commandant de la garde nationale . il protégea la famille royale dans les journées des 5 et 6 octobre et dispersa par la force le peuple rassemblé au Champ de Mars (17 juillet 1791) ; en 1792, il commanda avec succès une des armées destinées à repousser l'invasion étrangère;-mâis il perdit bientôt sa popularité et fut mis hors de la-loi après le 20 juin, pour avoir tenté de.faire sortir'le' rôi'de Paris. Il partit alors avec quelques amispour'un.pays neutre (20 août 1792): arrêté.danssa fuite par les Autrichiens, il fut enfermé dans la citadelle d'Qlmtttz, et y resta prisonnier jusqu'en 1797, époque ou un article spécial du traité de Campo-Formio lui rendit la liberté. Il ne prit aucune part aux affaires sous le Consulat et sous l'Empire. Membre de la Chambre des Représentants en 1814, il vota pour la déchéance de l'Empereur. Député sous la Restauration, il fit à la branche aînée des Bourbons une vive opposition, En 1825, il fit un voyage aux Etats-Unis, qui fut pour lui une ovation perpétuelle. Après les journêes de juillet 1830, il fut nommé pour la 2e fois, et par acclamation, chef des gardes nationales : dans ces fonctions, il contribua beaucoup à la'défense'de l'ordre et à l'établissement.'de la nouvelle dynastie. L'avènement de Casimir Périer aux affaires (13 mars 1831) le fit rentrer dans les rangs de l'opposition, avec la quelle il ne cessa plus de voter jusqu'à sa mort. La Fayette a été mêlé aux plus grands événements de son époque;- il a porté partout un patriotisme, un désintéressement, une noblesse d'âme incontestables; mais chez lui les qualités de l'esprit n'étaient pas au niveau de celles du cœur; il manqua plusieurs fois de prévoyance, d'adresse, de décision, et ne sut pas toujours diriger les mouvements populaires ou en assurer les résultats. La Fayette a laissé des Mémoires, qui ont été publiés par sa famille, 1837-1840, 8 vol. in-8. Son nom a été donné à un grand nombre de lieux aux États-Unis ; les principaux sont : Lafayette, dans l'Indiana, sur le "Wa-bash ; 10 000 hab., et Fayetteville, dans la Caroline du Nord; 8000 hab.
- LAFËRE, v. forte de France, ch.il. dec (Aisne), au confl. de la Serre et de l'Oise, "à 24 kil.'N. O. de Laon; 3122 hab. École d*artlllerie (fondée "en 1756), arsenalde construction, salpêtreries, scieries hydrauliques. Commerce de vins, laines, toiles. — Cette v. a soutenu un grand nombre de sièges, notamment en 1550 contre les Espagnols, qui la prirent. Henri IV s'en empara en 1596 et y construisit de nouvelles fortifications, augmentées sous Louis XIII, mais détruites sous Louis XIV,en 1690. Prise et ravagée par ? les alliés (1814), vainement assiégée par les Prussiens (1815),priseparles Allemands (1870).— 'V.'FÈRE.
- LA FERRffiRE (L. Firmin), juriste, né'en 1798 à Jonzac, m. «n 1861, fut successivement avocat à . Bordeaux, professeur de droit à Rennes, inspecteur général des Facultés de droit, conseiller d'État (1849), fut chargé en 1854 d'administrer l'Académie de Toulouse, et fit partie, à partir de 1855, de l'Académie des sciences morales. On lui doit, entre autres publications, une Histoire du-droit civil de'Rome et du Droit français (1846-61), ouvrage fort estimé, malheureusement interrompu par sa mort.
- LA FERTÉ, nom commun à une foule de lieux en France, vient du bas latin firmitas^ forteresse.
- LA'FERTÉ (H. de SENNETERRE ou ST-NECTAIRE, duc de), maréchal de France, né à Paris en 1600, m. en 1681, reçut le bâton de maréchal en 1651, après s'être distingué au siège de La Rochelle (1628), aux batailles d'Avesnes, de Rocroy, de St-Nicolas, où. il défit le comte de Ligneville (1650).Fait prisonnierà Valenciennes en 1656, il fut racheté par le Toi': de-. puis, il prit Montmédy (1657), GraveUnes'(1658), etc. Il ne se reposa qu'à la paix'des Pyrénées (1659).
- LA FERTÉ-ALEPS ou ALA1S, Firmitas Balduîni, puis Adelaîdis, ch.-l. dé cant. (Seine-et-Oise), au confl. de l'Essonne et de la Juisne, à 15 kil. N. E. d'Êtampes; 790 hab. Filatures de coton et de bourre de soie; abeilles; carrières de grès.
- LA FERTÉ-BERNARD, ch.-l. de c (Sarthe),au confl. du Mesme et de l'Huisne, à 31 kil. S. E. de Mamers; 2604 hab. Station. Eglise paroissiale du xiv* siècle; bibliothèque publique. Grande industrie
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(grosses toiles, calicots, étamines, etc.) ; commerce. A ne forteresse. Patrie du poète Rob. Garnier.
- LA FERTE-FRÊNEL, ch.-l. de c. (Orne), à 45 kil. N. E. d'Argentan; 478 h.
- LAFERTÊ-GAUCHER,ch.-l.dec(Seine-et-Marne), sur le Grand-Morin, à 15 kil. S. E. de Coulommiers ; 2119 hab. Tanneries, mégisseries; commerce de grains. Il s'y livra en 1814 un combat entre les Français et les alliés.
' LA FERTÉ-IMBATJLT (Jacques d'ÉTAMPES, marquis de), maréchal de France, né en 1590. m. en 1668, se distingua au combat des Ponts-de-Cé, en 1620, aux sièges de St-Jean-d'Angély, de Montauban (1621), et surtout au combat de Veillane (1630), où, avec sa seule compagnie, il chargea et tailla en pièces 3000 ennemis; servit dans les campagnes de Flandre,1646 48, et fut fait maréchal en 1651. H avait été quelque temps ambassadeur en Angleterre et rendit de grands services à son pays pendant son séjour à Londres.
- LA FERTË-iHBAULT (la marquise de), fille de la célèbre MmeGeoffrin, se distingua comme sa mère par son esprit, mais fut aussi opposée aux pMlosophes que sa mère leur avait été dévouée. Mariée en 1733 au petit-fils du maréchal de La Ferté, elle resta veuve a 21 ans. Elle fut chargée, sous Mme de Marans gouvernante en titre, d'une partie de l'éducation de Mmes Clotilde et Elisabeth, sœurs de Louis XIV.
- LA FERTE-MACÊ, ch.de c (Orne), à 19 kil. E. de Domfront; 6475 hab. Grande industrie : toiles de coton, rubans de fil, ouvrages de buis, teintureries.
- LA FERTÉ-MILON, v. du dép. de l'Aisne, sur l'Ourcq, à 25 kil. N. O. de Château-Thierry; 2000 hab. Beau château. Patrie de J. Racine.
- LA FERTB-ST-AUBIN, jadis la FERTË-NABERT, Firmitas Naberti, ch.-l. de c (Loiret), sur le Cos-son, à 19 kil. S. d'Orléans; 2203 hab.
LA FERTÉ-SENNETERRE. V. ST-NECTAIRE.
- LA FERTÉ-SOUS-JOUARRE, ch.-l. de c (Seine-et-Marne, à 19 kil E. de Meaux (22 par ch. de fer); 4102 hab. Pierres meulières; filature de laine. Commerce de blé, bois, charbon.
- LA FERTÉ- SCR-AMANCE, ch. -l.de o. (Hte-Marne), à 30 kil. E de Langres; 580 hab. Station.
- LA FERTÉ-SUR-AUBE, F'irmitas adAlbulam, v. de la Hte-Marne, à 32 kil. O. de Chaumont ; 1000 h. Combat entre les Français et les alliés en 1814.
- LA FERTË-SUR-GRO'SNE, v. du dép. de Saône-et-Loire, à 11 kil. S. de Ghâlons; 500 hab. Abbaye célèbre, une des 4 filles de Citeaux. V. CITEAUX.
- LAFERTÉ-VIDA3JDE, ch.-l. de c (Eure-et-Loir), à 36 kil. S. O. de Dreux; 975 hab. Château.
- LA FEUILLADE (Franc. d'AUBUSSON, vicomte de), maréchal de France, issu de la famille du grand maître d'Aubusson, fut un des plus zélés serviteurs de Louis XIV. Il fit avec distinction la campagne de Flandre (1651-54), alla, après la paix des Pyrénées, servir sous Montëcuculii contre les Turcs, avec un corps de volontaires levés à ses frais; accompagna Louis XIV en 1674 dans la conquête de la Franche-Comté; prit Salins(1674), emporta, l'épéeàlamain, le fort St-Etienne qui défendait Besançon, fut fait maréchal en 1675, gouverneur du Dauphinéenl681, etmourut en 1691. Courtisan flatteur, il avait fait ériger à ses frais, en 1686, sur la place des Victoires, à Paris, une magnifique statue de Louis XIV debout, couronné par la Victoire, et tenant à sespieds quatre esclaves enchaînés, qui représentaient autant de nations vaincues; cette statue, détruite en 1792, à été remplacée en 1821 par la statue équestre qu'on voit au. sur la même place, et qui est l'œuvre de Bosio. — Son fils, Louis de La Feuillade, fut aussi maréchal (1724), mais il était loin d'égaler son mérite. Il se laissa battre en Piémont par le prince Eugène.
- LAFFÉMAS (Barthélémy de), valet de chambre de Henri IV et contrôleur général du commerce, né en l.Viô à Beausemblant (Dauphiné), m. vers 1612, s'efforça de ranimer l'agriculture et le commerce. On a de lui : Les Trésors et richesses pour mettre l'État en
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spCenâeur, Paris, 1598; Remontrances sur Vabusdei cliarlatans, pipeurs et enchanteurs, 1601; Preuve du plant et profit des mûriers, 1603; Lettres de la feu rogne mère comme elle faisûit travailler aux manufactures; Bist. du commerce de France, 1606. — Son fils, Isaac de Laffémas, 1589-1650, ayocatau parlement, conseiller d'Etat et lieutenant civil en 1638, fut tout dévoué au cardinal de Richelieu, ainsi qu'à Mazarin. Il a laissé, comme Laubardemont, une mémoire exécrée.
- L'AFFICHARD (Thomas), auteur médiocre, né en Bretagne ea 1698, m. à Paris en 1753, a donné un grandT nombre de pièces qui furent jouées aux Français, aux Italiens, à l'Opëra-Comique, et dont plusieurs avaient été composées en société avec Panard, d'Orville et Gallet. On en arecueilli quelques-unes sous le titre de Théâtre de l'Affichard, 1746.
- LAFFITTE (Jacques), néen 1767, m. en 1844, était filsd'un pauvre charpentier de Rayonne. Il vint jeune à Paris, entra en qualifé de commis chez le banquier Perregaux, obtint la confiance de son patron, qui se l'associa, augmenta bientôt l'importance de la maison, fut nommé en 1814 gouverneur de la Banque, vint au secours del'État obéré dans les moments difficiles qui suivirent l'invasion, reçut de Napoléon, partant pour l'exil, un dépôt de plusieurs millions, qu'il conserva religieusement, fit partie en 1815 de la Chambre des Représentants,puis de celle des Députés, futréélu en 1817 par tous les collèges de Paris; vota constamment, sous la Restauration, avec l'opposition ; eut la partlaplus active à la révolution de Juillet (1830), et fut le premier à déférer au duc d'Orléans la lieutenance;du royaume, puis la cou-" ronne; accepta, au début de la révolution, le portefeuille des finances, devint président du conseil au 3 novembre 1830, et se montra favorable au Mouvement, mais fut bientôt débordé, et se vit, après le sac de l'archevêché, obligé de se retirer (3.mar&1831). Dès lors, mécontent de la marche dugouvernement, il rentra dans l'opposition pour n'en plus, sortir. J. Laffitte avait éprouvé,, soit pendant son ministère, soit depuis, des pertes immenses qui le forcèrent à liquider sa maison de banque et à vendre son hôtel: une souscription nationale racheta cet hôtel pour le lui conserver. Rendu à la vie privée, il reconstitua sa maison sous ladénomination de Banque sociale, et la vit de nouveau prospérer. Bienfaisant et généreux, J. Laffitte ouvrait sa bourse à toutes les infortunes, aidait l'industrie de ses capitaux, encourageaitles lettres et les arts : aussi jouit-il d'une immense popularité. Une de ses 3 filles épousa le prince de La Mos-kowa. Outre ses Discourset Opinions, ilavaitrédigé desMémoires, qui sont restés inédits, la publication eri ayant été retardée par des contestations judiciaires.
LAFIN. V. BIRON (Ch. de).
- LAFITAU (le Père), jésuite missionnaire, né à Bordeaux, mort en 1740, fut employé pendant plusieurs années dans les missions du Canada, Il a publié : Moeurs des sauvages américains, comparées aux mœurs des premiers temps, 1723; Histoire des découvertes et des conquêtes des Portugais danshNou-veau-Monde, 1733. — Un autre Lafitau, P. Franc., parent du précéd., 1685-1764, fut évêque de Siste-ron. Il a écrit contre les Jansénistes, et publié la Vie de Clément XI, l'Histoire delà constitution Uni-genitus, 1737, Vie etmystères delà.Ste Vierge, 1759.
- LA FLËCHE, Flexia, ch.-l. d'arr. (Sarthe), sur le Loir, à 40 kil. S. E. du Mans; 6490 hab. Beau collège, fondée en 1603 par Henri IV et donné par lui aux Jésuites; ce collège..devint en 1764 une École militaire; le PM/taéeïBî'Kfot'redeSt-Cyr y fut transporté en 1808; le titre de Prytanée, remplacé en 1815 par celui de Collège militaire, a été rétabli en 1853.Toiles, étammes, chapellerie, huile de noix, etc. — La ville tire son nom.u'une flèche qui fut placée au XIIe s. sur la tour de Sf-Tnomas. Patrie de l'astronome Picard, du mécanicien J. Sauveur.
LA FLOTTE, v. du dép. de la Charente-Inl., sur
LAFO — 1025 — LAFO
la côte N. de l'île de Ré; 2600 hab. Rade et port excellents. Distilleries, vinaigres.
- LAFON (Pierre), acteur tragique, né à La Einde en Périgord, en 1773,m.en 1846, s'engagea d'abord dans une troupe ambulante, puis vint à Paris, débuta en 1800 au Théâtre-Français par le rôle d'Achille d'iphigénie en Âulide, où il obtint le succès le plus brillant, et conserva la faveur du public jusqu'au moment où il se retira, en 1829. Lafon était doué d'une taille avantageuse, d'une belle figure, d'un organe sonore, mais il était souvent guindé, et portait à l'excès le sentiment dé la dignité théâtrale.
- LAFONT (Jos. de), auteur dramatique médiocre, né à Paris en 1686, mort en 1725, a donné au Théâtre-Français : DOTae1, ou Jupiter Crispin; le Naufrage, ou la Pompe funèbre de Crispin; l'Amour vengé; les Trois frères rivaux, et a composé plusieurs opéras.
- LA FONTAINE (Jean de), le premier des fabulistes, né en 1621 à Château-Thierry, morten 1S95, était fils d'un maître des eaux et forêts. Son enfance n'eut rien de remarquable, et ce n'est qu'à l'âge de 22 ans qu'il sentit naître en lui le goût de lap'oésie, en entendant lire une ode de Malherbe. Son'père, voulant lui donner un état, se démit de sa vCharge en sa faveur; il le maria en même temps; mais La Fontaine, d'un caractère insouciant, négligeait* sa place et son ménage pour se livrer à son goût pour le plaisir et la poésie. Quelques-uns de ses premiers essais ayant attiré l'attention de la duchesse de Bouillon, qui se trouvait à Château-Thierry, cette dame l'admit près d'elle, l'emmena à Paris et se déclara sa protectrice : elle l'appelait sonFablier. Il eut aussi pour protecteurs le surintendant Fouquet, auquel il resta fidèle dans sa disgrâce; Henriette d'Angleterre, le prince deCondéetleducdeBourgogne; cependant,-il n'obtint jamais la faveur de LouisXIV. Il eut pour amis Racine, Molière, Bernier, et fut admis dans l'intimité de Mme de La Fayette et de Mme de La Sablière. Il vécut vingt ans chez la dernière, dispensé de tous les soucis de la vie matérielle. Après la mort de cette dame, M. d'Hervart vint lui offrir de loger chez lui : <r J'y allais, » répondit le poète avec une touchante bonhomie. Dans ses dernières années, il fut ramené à la religion, qu'il avait fort négligée toute sa vie, et se décida, sur les instances de son confesseur, à supprimer quelques-uns de ses ouvrages encore inédits. Il avait été reçu à l'Académie Française en 1684. La Fontaine débuta par des Contes (16*64); ces petits poèmes, dans lesquels la morale et la décence sont trop souvent offensées, étaient pour la plupart imités de l'Arioste, de Boccace et de Machiavel. Il ne commença à publier ses fables qu'à 47 ans. Ces fables, que'fout le monde sait par cœur, forment 12 livres, dont les 6 premiers parurent en 1668 et les 6 autres de 1678 à 1684. Elles se font toutes remarquer par un ton de naïveté, de bonhomie, et en même temps de finesse qu'on ne trouve nulle autre part, ce qui a valu à leur auteur le surnom d'Inimitable. On a aussi de,lui des élégies, dont une admirable sur la disgrâce de Fouquet; quelques comédies (entre autres l'Eunuque, imité de Térence), deux opéras, trois poèmes mythologiques (Psyché, imitation d'Apulée ; Adonis, Philémon et Baucis) ; des ballades et des rondeaux. Il serait impossible d'é-numérer les éditions qu'on a données des Fables de La Fontaine. Parmi les éditions de ses OEuvres complètes, on estime celle de Walckenaër, avec commentaires, 6 vol. in-8 , 1822 et 1827. Ch. Marty-Laveaux en a donné une nouvelle en 1861, d'après les textes originaux, avec notes et lexique, 4 vol. iu-16. "Walckenaër a publié VHist. de la Vie et des ouvrages de La Fontaine, 1820 et 1824 ; Chamfort et La Harpe son Eloge; M. Taine un Essai sur les Fables de La Fontaine, 1860; et M. Saint-Marc Girar-din : La Fontaine et les fabulistes, 2 vol. in-8, 1867.
- LA FONTAINE (Auguste), romancier allemand, né à Brunswick en 1756, d'une famille de réfugiés français, mort àHalle en 1831, était fils d'un maître de
peinture. Il étudia la théologie àHelmstaedt, devint en 1786 précepteur des enïants d'un général prussien, qui le fit nommer aumônier de régiment; vint en cette qualité avec les Prussiens en Champagne (1792), puis alla se fixer à Halle, où le roi de Prusse lui donna un canonicat et où il se livra tout entier à la littérature. Il est l'un des plus féconds et dés plus aimables romanciers allemands; ses ouvrages offrent une peinture fidèle de la société et une morale pure, ce qui l'a fait surnommer le Berquin de l'Allemagne ; mais on y trouve une marche trop uniforme. Parmi ses romans on remarque : Blanche et Mina, les Systèmes demorale; Raphaël; Charles et Emma, ., - ? •-Emilie; Walther; l'Homme singulier; la Famille de * Haldén; les Tableaux de famille, etc. La plupart de' ces ouvrages ont été imités ou trad. en franc.
- LA FORCE, ch.-I. de'-c. (Dprdogne), à 11 kil. O.-,; de Bergerac; 910 nab. Érigé, en duché-pairie en 1637.
- LA FORCE (Jacques NOMI»AR nE CAUMONT, duc
de), pair et maréchal de France, né en 1558. mort en 1652, était fils de François de Caumont, qui futmas- sacré à la St-Barthélemy, et n'échappa à la mort que par une sorte de miracle. Caché dans sa famille jusqu'au moment où Henri IV se mit à la tête des 5 Protestants, il se rangea alors sous les drapeaux de F ' ce prince, se signala en plusieurs occasions et fut un des premiers à le reconnaître pour souverain. A l'avènement deLouis XlII,il sejoignitaux mécontents, mais bientôt après il rentra engrâce et fut nommé maréchal. Envoyé en Piémont, îî prit Saluées en 1630, défit les Espagnols à Carignan, à Lunéville (1634), enleva La Motte et Spire, et fit prisonnier le général autrichien Colloredo. —Son fils, Armand de La Force., fut aussi maréchal de France, et m. en 1675, à prés de 90 ans. Tous deux ont laissé des Mémoires (pub. eh 1843 par le marquis E. de La Grange, 4 vol. in-8). — Un de leurs ancêtres, né en 1391, mort en Angleterre 1446, a écrit un Voyage à Jérusalem en 1418, publié à Paris en 1858 par le marquis de La Grange. On lui doit aussi des quatrains moraux sous le titre de'Dits et enseignements', publiés par Galy.
- LA FORCE (Charlotte Rose DE CAUMONT de), petite-fille de Jacques de La For'ce^, née en 1650, morte en 1724, a laissé quelques poésies et des romans ingénieux, où l'histoire se trouve mêlée à la fiction: Histoire secrète du duc de Bourgogne , 1694; — de Marie de Bourgogne, 1712; — de Marguerite de Valois, 169G; — de Catherine de Bourbon, duchesse de Bar, avec les intrigues des règnes de Henri Illet de Henri IV,n03;GustaveWasa,U98; les Fées, contes des contes, 1692.
LA FORCE (PIGANIOL de). V. PIGANIOL. LAFORGE, médecin. V. DELAFORGE.
- LAFOSSE (Charles de), peintre, né à Paris en 1640, mort en 1716, eut pour maître Lebrun, alla se perfectionner à Rome et à Venise, et fut reçu à l'Académie de peinture en 1683. Il a peint, à Paris, le dôme des Invalides, ainsi que lès 4 pendentifs du dôme représentant les 4 évangélistes; à Versailles, la voûte de la chapelle du palais, ainsi que les plafonds des salles du Trône et de Diane. Ses plus beaux tableaux sont : le Mariage d'Adam, le Mariage de la Vierge, Moïse sauvé des eaux, l'Enlèvement de Pro-serpine. Son dessin est quelquefois lourd, mais son coloris est brillant et vigoureux.
- LAFOSSE (Ant. D'AUBIGNY de), poète dramatique, neveu du peintre Ch. de Lafosse, né à Paris en 1653, morten 1708, suivit en qualité de secrétaire le jeune marquis de Créqui, qui fut tué à la bataille de Luz-zara (1702), rapporta son cœur à Paris, et fit sur sa mort des vers qui respirent une douleur profonde. 11 fut ensuite attaché au duc d'Aumont, gouverneur du Boulonnais. On a de lui quatre tragédies : Polyxène, Thésée, Corésus et Callirhoé, Manlius Capitolinus; *. cette dernière, imitée de la Conjuration de Venise d'Otway, est la meilleure; layërsification en est pénible, maïs elle offre des beautés mâles. Les OEuvres de Lafosse ont été publiées en 2 v. in-li, 174J.
n. 85
IAGI — 1026 — U.GR
LATOSSE (Et. Guillaume et Philippe), médecins vétérinaires du xviir* siècle, père et fils, ont écrit sur leur art d'utiles ouvrages, notamment : Guide du maréchal, Paris, 1766; Coursd'Hippialrique, 1774; Dictionnaire d'hippialrique, 1785.
- LA FRANÇAISE, ch.-l. de c (Tarn-et-Garonne), à 18 kil. N. O. de Montauban; 3752 hab.
- LAFRESNAYE, ch.-l. de c (Sarthe), à 13 kil. N. O. de Mamers; 1377 hab.
- LA GACILLY, ch.-l. de c. (Morbihan), à 48 kil. N. E. de Vannes, sur l'Aff; 1355 hab.
- LA GALISSONNIERE (le marquis de), lieutenant général des armées navales, né en 1693 àRochefort, fut nommé en 1745 gouverneur général du Canada, et se concilia l'estime et l'affection de tous les habitants de cette contrée. Chargé en 1756 par Louis XV du commandement de l'escadre destinée à agir contre les Anglais dans la Méditerranée, il battit complètement l'amiral Byng devant Minorque; mais la mort l'enleva la même année.
- LA GARDE (Aat. ESCALIN DES AIHARS, baron de), iiit le capitaine Paulin, né d'une famille obscure a La Garde, en Dauphiné, vers 1498, mort en 1578, -ivait été d'abord valet de service dans un régiment. Il s'éleva par sa bonne conduite, son intelligence et son courage jusqu'aux premiers grades, servit avec un égal succès sur terre et sur mer, conclut le traité d'alliance offensive et défensive entre François I et la république de Venise contre Charles-Quint, fut envoyé comme ambassadeur à la cour de Soliman II, s'acquitta de sa mission avec beaucoup d'habileté, et fut à son retour nommé général des galères. Il se signala par sa violence à l'égard des Vaudois de Cabrières et de Mérindol. Pendant les guerres de religion, il combattit à Jarnac et à Moncontour et assista au siège de La Rochelle.
- LA GARDE-ERESNET, bg du dép. duVar, aufond du golfe Grlmaud, à 33 kil. S. O. de Draguignan; 2600 hab. On croit que ce bourg est l'ancien Fraxi-net, que les Sarrasins prirent et fortifièrent au rx° siècle, et d'où ils ravageaient la Provence (889-975).
- LA GARDIE,famille illustre de Suède, originaire de France. Pontus de La Gardie, né en Gascogne, passa au service du Danemark après avoir fait ses premières armes sous nos capitaines les plus renommés. Fait prisonnier en 1565 par les Suédois, il fut bien traité par eux, et resta au service de leur roi Eric XIV, sous lequel il parvint au grade de feld-maréchal. — Son fils, Jacques de La Gardie, 1583-1652, général des Suédois sous Charles IX, soumit une grande partie de l'empire moscovite, enseigna le métier des armes à Gustave-Adolphe, et fut un des tuteurs de la jeune reine Christine. — Magnus Gabriel de La Gardie, fils de Jacques, jouit de la plus grande faveur auprès de Christine. Cette princesse l'aurait même épousé, dit-on, sans l'opposition du chancelier Oxenstiern. Elle le nomma en 1646 son ambassadeur en France, et lui fit épouser a son retour sa cousine Euphrosine, sœur du prince Charles-Gustave (depuis Charles X) .La Gardie conserva son crédit sous le règne de Charles X, et devint même chancelier; mais sous Charles XI il tomba dans une disgrâce entière (1680); ses biens furent confisqués et il mourut dans l'indigence en 1682.11 avait conseillé en 1672 de contracter avec la France une alliance qui ne fut pas heureuse ; quelques historiens donnent ce fait comme cause de sa disgrâce. La Gardie protégeait les gens de lettres et les savants.
- LAGHOUAT ou mieux EL-AGHROUAT, V. d'Algérie, à 230 k. S. d'Alger, est le poste le plus avancé dans le sud de la province d'Alger, et comme la capitale du désert. Commerce actif. Les habitants émigrent en grand nombre à Alger, où ils exercent le métier de portefaix. Prise le 4 décembre 1852 par le général Péhssier, après un assaut meurtrier.
- LAGIDES, dynastie égyptienne, eut pour chef Ptolémée, fils de Lagus, général d'Alexandre, et régna sur l'Egypte de 323 à 30 av. J.-C F. EGYPTE.
LAGNIETJ. ch.-l. de c. (Ain), à 40 kil. N. de Bel ley; 2500 hab. Chapeaux^e paille imitant la paille d'Italie..— Cette ville appartenait à la maison de Co-ligny. Elle passa aux ducs de Nemours en 1^71.
- LAGTXY, Latiniacum,ch.-l. de c (Seine-et-Marne), sur la Marne, à 20 kil. S, 0. de Meaux; 2614 hab. Station. Commerce actif, surtout en blé et plâtre. Ane abbaye de Bénédictins, bel hospice. Ville jadis très-forte; brûlée par les Anglais. .en 1358. Elle prit parti pour les Armagnacs auxv's. S'étantrévoltéeen 1544 contre l'autorité royale au sujet d'une querelle survenue entre l'abbé de Lagny et les moines, elle fut horriblement saccagée par Jacques de Lorges.
- LAGONEGRO, v. d'Italie, dans l'anc roy. deNa-ples (Basilicate), à 17 kil. E. de Policastro ; 5000 h. Combat entre les Napolitains et les Français en 1806-
- LAGOR, ch.4, de c. (Basses-Pyrénées), à 17 kil. S. E. d'Orthès; 1360 h.
- LAGOS, Bistonis palus, baie formée sur la côte de la Turquie d'Europe (Roumélie), dansle.sandjak de Gallipoli, par22l> 45' long. E., et 41° lat. N.
- LAGOS, Laeobriga, v. forte et port de Portugal (Al-garve), ch.-l. de comarque, à 160 Ml. S. de Lisbonne ; 7000 hab. Vins, figues. Le 18 août 1759, il se livra dans les eaux de Lagos un combat naval entre le bailli de Suffrert et .l'amiral anglais Boscavên.
- LAGOS, État.de la ïligritie maritime, au fond du golfe de Guinée, entre lesËtats de Ouidda et de Bénin, a pour villes principales Lagos, dans, une île formée par un fleuve de même nom, etAbbeocuta, à laquelle on donne 50ï)00 hab. On faisait jadis dans ce pays un grand trafic d'esclaves. Les Anglais se sont fait céder la ville et le port de Lagos en 1861.
- LAGRANGE (Jbs. r/E CHANCEL de), dit lagrange-Chancel, poète dramatique, né à Antonne, près de Périgueux, en 1677, mort en 1758, se fit remarquer par sa précocité, fit une comédie à 9 ans et une tragédie à 17. Il obtint la faveur delà.princesse de Conti qui lui fit donner, une lieutenanca, puis une charge de maître des cérémonies à la cour. Il reçut des encouragements et des conseils de Racine, et fit jouer, de 1694à 1713, plusieurs tragédies qui, sans êtred'un mérite supérieur, eurent un.véritable succès. Entraîné par ses dispositions caustiques, il éprivit contre Philippe d'Orléans, alors régent, des odes qu'il intitula Philippiques, et qui n'étaient que de sanglantes satires ; il fui pour ce fait enfermé aux lies Marguerites; mais il parvint à s'échapper et se réfugia à l'étranger ; il ne put rentrer en France qu'après la mort.du duc Ses tragédies sont : Jugurtha, Oreste et Pylade, Sèliagre, Athêna'is, Ainasis, Al-ceste,, Ino, Érigone, Cassius.U a aussi.composé quelques opéras : Miduse, Cassandre, Orphée, Py-rame et Thisbè. Il a donné lui-même une édition de ses Œuvres, 1758, 5 vol. in-12. Ses Philippiques, restées longtemps manuscrites, ont été publiées d'abord en Hollande (sans date), puis à Paris en 1797 par son fils, et rééditées en 1858, avec notes historiques et littéraires, par M. de Lescure.
- LAGRANGE (N.....J, traducteur, né en 1738 à Paris, mort en 1775, était précepteur des enfants du baron d'Holbach et ami de Diderot. Onlui doit la.traduction du poème de Lucrèce De Satura reram,1768, et celle des Œuvres àjt Sênèque le philosophe, 1778 (terminée et publiée par Naigeon). Ces traductions sont remarquables par leur élégance et leur fidélité. Elles ont étâplusieurs fois réimprimées.
- LAGRANGE (Jos. Louis), mathématicien,'né en 1736 à Turin, de parents,français d'origine, rrtart à Paris en 1813, prit rang dès l'âge de 18 ans en envoyant à Euler la réponse aides questions dont ofr cherchait en vain la solution, depuis 10 ans, futdès 19 ans professeur de mathématiques à l'école d'artillerie de Turm, et fonda peu après dans cette villei avecquel-ques amis, une société savante. Il remporta 5 fois (1764 et ann. suiv.) le prix de mathématiques proposé par l'Académie des sciences de Paris. Appelé en 1766 à Berlin par le grand Frédéric, pour y remplacer Euler comme président de l'Académie, il séjourna 20 ans dans cette ville. A la mort de Frédéric, il quitta la Prusse, vint en France, où il fut fixé par les avantages que lui fit Louis XVI. Nommé depuis professeur aux Écoles normales, puis à l'École polytechnique, il fut de l'Institut dès sa fondation. Napoléon le combla de dignités, le fit entrer au Sénat, et lui donna en toute occasion les marques de son estime. Lagrange a porté l'analyse pure au plus haut point de perfection: il s'est sans cesse efforcé de la rendre indépendante de toute construction géométrique, et de découvrir les méthodes les plus générales ; c'est en suivant cette direction qu'il a trouvé sa Méthode des varia-ïi'ons,qui suffirait pour l'immortaliser. Sesprincipaux ? ouvrages, outre une foule de Mémoires dans les recueils des Académies de Turin, de Berlin et de Paris, sont : Mécanique analytique, Paris, 1787, et 1811-15; Théorie des fonctions analytiques, 1797 et 1813; Résolution des équations numériques, 1798 et 1808. Ses ouvrages sont des modèles pour la clarté de l'exposition, par l'élégance du style et des démonstrations. Parmi les applications qui lui sont dues, on estime surtout ses recherches sur les cordes vibrantes et sur la libration de la lune; sa démonstration de la variation périodique des grands axes du système so-. laire. Son Éloge a été prononcé parDelambre, Laplace et Lacépède. Le recueil de ses Mémoires a été publ. aux frais de l'État par M. Serret, 1864 et ann. suiv.
LAGR — 1027 — LAHA
- LAGRANGE (LE LIEVRE de), anc famille, connue dès le xmc siècle, a produit, entre autres personnages distingués : Jean de Lagrange, seigneur de Bougival, avocat général au parlement de Paris en 1510, qui protesta énergiquement, en 1517, contre l'abolition de la Pragmatique-Sanction et l'admission du Con-cordatdeFrançoisI;—François, marquis de Lagrange et de Fourilles", né en 1766, m. en 1833, qui servit avec distinction sous Louis XVI, sous la République et l'Empire. Placé en Espagne sous les ordres du général Dupont, il protesta contre la capitulation de Baylen. il fut fait général de division après la bataille d'Eslling, où il avait perdu un bras. En 1814, il commandait la levée en masse du dép. de Seine et Marne : ilrésistajusqu'aubout etresta près de l'Empereur jusqu'à son abdication. Il n'en fut pas moins appelé par Louis XVIII au commandement d'une compagnie de mousquetaires. — Son fils, le marquis Edouard de L,, né en 1796,auj. sénateur, aservi successivementdans l'armée et dans la diplomatie, et s'est livré avec succès à des travaux littéraires et archéologiques, qui lui ont ouvert en 1846 les portes de l'Académie des inscriptions. V. LA FORCE.
- LA GRANGE (Joseph), général, d'une autre famille que les précédents, 1763-1836, fit la campagne d'Egypte et prit partàtoutes les grandes affaires de cette guerre; commanda en 1805 une expédition contre les Antilles anglaises et s'empara de la Dominiquejfit partie de la commission chargée d'organiser le royaume de 'Westphalie; eut, en Espagne, la principale part à la victoire de Tudela; assista aux batailles de Dresde etde Leipsick et fut blessé à Champaubert. Louis-Philippe l'éleva à la pairie en 1831.
- LA GRASSE, ch.-l. de c (Aude), à 35 k. S. E. de Carcassonne, sur l'Orbiel; 1278 hab. Suif, moulins à huile, distilleries, scieries de buis, forges, etc. Ane abbaye de Bénédictins, fondée par Charlemagne.
- LAGRAVE-EN-OYSANS, ch.-l. de c (Htes-Alpes), à 35 kil. N. O. de Briancon; 1536 hab.
- LAGRENÉE (J. Fr.), peintre, né à Paris en 1724, m. à Rome en 1805, était élève de Carle Vanloo, et fut surnommé l'Albane français à cause du coloris et de la grâce de ses figures. Il fut reçu à l'Académie en 1755, passa quelques années en Russie, où Elisabeth l'avait appelé, et fut nommé en 1781 directeur de l'Académie française de peinture à Rome. Ses principaux tableaux sont : l'Enlèvement de Déjanire par Nessus, la Veuve d'un Indien, Alexandre consolant la famille de Darius. Cet artiste a de la mollesse et de la manière : après avoir été fort en vogue, il vit baisser sa réputation à mesure que le goût sévère de l'antique reprit faveur.—Son frère, J. Jacques L., m. en 1821, se fit un nom comme peintre sur verre et sur émail. Il inventa un procédé pour faire sur marbre en incrustations toutes sortes de dessins.—Anselme Lagrenée, fils de J. François, 1778-1832, cultivait aussi la peinture : il a surtout réussi à représenter les chevaux.
LA GUAYRA, v. du Venezuela. V. GUAYRA.
- LA GUERCHE, ch.-l. de c. (Ille-et-Vilaine), à 21 kil. S. de Vitré; 4547 hab. Toiles fines, toiles pour la marine, huile de noix.—Ch.-l. de c. (Cher), à 50 kil. N. E. de St-Amand; 3663 hab. Forges. — Une. autre La Guerche (Indre-et-Loire), sur la Creuse, à 33 kil. S. O. de Loches, est remarquable par l'ancien château d'Agnès Sorel. C'était une vicomte.
- LA GUICHE, ch.-l. de c. (Saône-et-Loire), à 20k. N. E. de Charolles; 879 hab.
- LA GUICHE, anc famille de Bourgogne (qu'il ne faut pas confondre avec celle de Guiche), a fourni plusieurs hommes distingués, entre autres : Pierre de La G., né en 1464, m. enl544, ambassadeur sous Charles VHIetLouis XII; —Philibert de La G., bailli de Mâcon, qui refusa d'exécuter le massacre de la St-Barthélemy (1572) : il devint grand maître de l'artillerie sous Henri III et Henri IV; il mourut à Lyon en 1607;— J. Franc.de La G., comte de La Palice, maréchal de France sous Louis XIII, qui fit les sièges de Montauban et de Montpellier; il mourut en 1632; — Bernard de La G., comte de St-Géran, petit-fils du maréchal : il eut un procès fameux au sujet de son état civil qu'on lui contestait, et le gagna en 1663. Il mourut en 1693, ne laissant qu'une fille, qui se fit rsli^isiiSB.
- LA GÙ10LE,ch.-l. de c (Aveyron), à 25 kiI.N.E. d'Espalion ; 1934 hab. Bas à l'aiguille et draps communs ; fromages estimés. Air très-pûr.
- LAGUS, père de Ptolémée Soter, fondateur du royaume grec d'Egypte, était un Macédonien obscur, dont la femme fut, dit-on, séduite par Philippe, qui la rendit mère de Ptolémée. Quoi qu'il en soit, Lagus éleva Ptolémée comme son propre fils.
[modifier] LAH
LA HAGUE OU LA EOGUE. V. HOGUE (LA).
- LAHARPE (J. Franc, de), polygraphe, né à Paris, en 1739, m. en 1803, était fils d'un gentilhomme du pays de Vaud, capitaine au service de la France. Orphelin à 9 ans, il fut recueilli au collège d'Har-court. Après avoir fait de brûlantes études, il débuta par des Héroïdes, genre alors en honneur, puis s'essaya dans la tragédie : il fit représenter en 1763 War-loick, qui lui valut les encouragements de Voltaire. Il donna dans les années suivantes des pièces de genres divers et de mérite fort inégal : Mélanie, drame composé en 1770; lesBarmécides (1778); Coriolan (1781) ; Philoctète (1783); Virginie (1186). En même temps, il remportait dans les concours académiques plusieurs prix d'éloquence et de poésie; c'est pour ces cocicours qu'il composa ses Éloges de Fénelon(llt\), de Racine (1772), de Catinat (1775]. Peu favorisé de la fortune malgré ses triomphes, il entreprit par besoin la publication d'un Abrégé de l'histoire des voyages de Prévost (24 vol. in-8,1780, etc.). En 1786, il se chargea de faire à l'établissement qu'on venait de fonder sous le nom de Lycée (appelé depuis l'Athénée) un cours de littérature; il y obtint le plus grand succès; ses jugements firent autorité, et il mérita par son goût exquis le beau surnom de Quintilien français. Elève des philosophes, Laharpe embrassa d'abord avec ardeur les doctrines de la Révolution; mais ayant été, malgré ses démonstrations de patriotisme, emprisonné en 1794, il changea tout à coup d'opinion, se convertit, attaqua avec violence les philosophes et les révolutionnaires, et ne voulut plus consacrer sa plume qu'à des sujets religieux. H fut proscrit au 18 fructidor, mais il échappa.à la déportation en se cachant. En 1801, il publia une Correspondance littéraire, qu'il avait entretenue de 1774 à 1791 avec le grand-duc de Russie (depuis Paul I),
LÀHA — 1028 — LAHO
et se fit par cette publication de nombreux ennemis. Le principal titre de Laharpe est son Cours de lilté-ralure professé au Lycée (16vol. in-8,1799-1805, souvent réimprimé). On reproche cependant à cet ouvrage d'être superficiel dans la partie qui traite des anciens ; de n'être pas toujours impartial dans la partie moderne, enfin de manquer tout à fait de proportion. St-Surin a rassemblé les œuvres purement littéraires de Laharpe (16 vol. in-8,1821, etc.); elles comprennent son théâtre, ses poésies (êpîtres, odes, discours, contes, parmi lesquels on remarque TanguetFélime), ses éloges, des mélanges, des traductions de Suétone, de Lucain, de Camoëns, du Tasse, et sa correspondance. Il faut y joindre ses Commentaire* sur Racine et sur Voltaire.
- LAHARPE (Amédée Emmanuel), général suisse au service de la France, né en 1754, dans le pays de Vaud. Proscrit par l'aristocratie bernoise, dont il s'était montré l'adversaire, il se réfugia en France au moment de la Révolution, se distingua au siège de Toulon, à l'armée d'Italie, fut fait général de division en 1795 et contribua par son courage et ses habiles manœuvres aux victoires de Loano, de Mon-tenotte, de Millesimo, de Dégo. Il venait de franchir îe Pô et marchait contre les Autrichiens, en 1796, à la tête do l'avant-garde, lorsqu'il fut tué par méprise, dans une attaque de nuit, par ses propres soldats, entre Lodi et Crémone.
LAHARPE (le colonel Fréd. César), né àRolle, dans le pays de Vaud, en 1754, mort en 1838, exerça d'abord la profession d'avocat à Berne. Il quitta de bonne heure son pays, parce qu'il le voyait avec peine soumis à la domination de Berne, et se rendit à St-Péters-bourg en 1782 pour y faire une éducation particulière ; il y devint précepteur des grands-ducs Alexandre et Constantin, dont il sut gagner l'affection et auxquels il inspira des sentiments de philanthropie. Impliqué dans des menées politiques, il fut, sur la plainte du gouvernement bernois, éloigné de Russie en 1795. Il vint alors s'établir à Genève, concourut en 1798 à la révolution de la Suisse, fut élu membre du sénat, et devint bientôt après un des directeurs de la république helvétique. Renversé presque aussitôt par un coup d'Etat, il fut obligé de s'expatrier de nouveau (1800) et se fixa en France. Il réussit en 1814, par la protection de l'empereur Alexandre, à rendre le pays de Vaud indépendant du canton de Berne. LA HAYE, S'gravenhaag enhoïl., HagaComitum en latin mod., capitale du roy. des Pays-Bas et de la prov. de Hollande mérid.. près de la mer, à 45 k. S. O. d'Amsterdam; 80 000 hab. C'est une des plus belles villes de l'Europe. Nombreux canaux, places bien plantées, rues superbes (parmi lesquelles la Prinzen-gracht) ; beaux édifices, tels que le palais du roi, celui des Etats-Généraux, la Bourse, etc. Cour suprême de justice. Plusieurs établissements de sciences et d'arts, académie de peinture. Industrie assez développée. Patrie do Jean Second, Ruysch, Huyghens. Très-près de cette ville on voit le Bosch (ou le bois), ainsi qu'une maison de plaisance du roi de Hollande, et au S. E. le château de Ryswyk, où fut conclue la paix* de 1697. — La Haye n'était au ix° s. qu'un rendez-vous de chasse. En 1250, Guillaume II de Hollande y fit bâtir un palais; au xvi° s. elle devint le siège du gouvernement. Elle perdit le titre de capitale en 1806, lors de la création du roy. de Hollande par Napoléon, qui transféra le siège du gouvernement à Amsterdam ; elle l'a repris depuis 1814. Divers traités furent conclus à La Haye : en 1630, entre la France et la Hollande ; en 1658, entre ces deux puissances et l'Angleterre; en 1701, entre l'Empire, l'An-tleterre, la Hollande et la Prusse contre Louis XIV. lie fut prise par les Français en 1795. LA HAYE-DESCARTES, v. de France (Indre-et-Loire), ch.-l. de c à 26 k. S. O. de Loches; 1532 hab. Patrie le Descartes (auquel on y a érigé une statue en 1849). Jadis baronnie, qui appartint à la maison de Rohan et qui passa à celle de Montbazon en 1588.
LA HAYE DU PUITS, ch,-l. de c. (Manche), à 27 kil. N. de Coutances ; 1487 hab. Jadis ch.-l. de marquisat.
- LAHAYE-PESHEL, ch.-l. dec (Manche), à 11 kil. N. d'Avranches; 938 hab.
- LAHIRE (El, VIGNOL|S, dit), l'un des plus vaillants capitainesdeCharlesVII.névers 1390, sesignalacon-tre les Bourguignons dès 1418 au siège de Coucy, combattit à côté de Jeanne d'Arc au siège d'Orléans, fit des prodiges de valeur à Jargeau et à Patay (1429) et s'approcha de Rouen en 1431 pour tenter de délivrer l'héroïne qui allait être condamnée au feu, mais il tomba lui-même au pouvoir des Anglais. A peine échappé de leurs mains, il reprit plusieurs Mlles et châteaux. Il mourut de ses blessures à Montauban en 1443. Lahire ternit sa réputation par sa cruauté et sa cupidité. Du reste, il fut un de ceux qui excitèrent le plus Charles VII à repousser les Anglais : ce prince, faisant les apprêts d'une fête pour Agnès Sorel, demanda, dit-on, à Lahire ce qu'il en pensait: «Je pense, sire, répondit celui-ci, qu'on ne peut perdre plus gaiement son royaume. » La hire est un vieux mot bourguignon qui exprimait le grognement d'un chien en colère ; ce surnom lui fut donné à cause de la brusquerie de son caractère. — Dans le jeu de cartes, le nom de Lahire désigne le valet de coeur.
- LAHIRE (Laurent ds), peintre et graveur, élève de Vouet, né à Paris en 1606, m. en 1656, fut reçu à l'Académie de peinture en 1648. Ses meilleures oeuvres sont : l'Apparition du Christ aux trois Maries, Nicolas V visitant le tombeau de S. François d'Assise. On a de lui une histoire de S. Etienne, dont les dessins sont conservés au musée du Louvre. Il a gravé plusieurs de ses propres compositions, la Conversion de S. Paul, le Repos de laSte Famille en Egypte, etc.
- LAHIRE (Phil. de), mathématicien, fils du préo., né à Paris enl640, mort en 1718, était à la fois géomètre, mécanicien, astronome, hydrographe. Il professa l'astronomie et les mathématiques au collège de France, fut reçu à l'Académie des sciences en 1678, coopéra à la carte de France, et exécuta des nivellements pour amener des eaux à Versailles. Ses principaux ouvrages sont : Traité des sections coniques, 1685; Tabulxaslronomicm, 1702; mécanique, 1675; l'École des Arpenteurs. 1689.
- LAHN, rivière d'Allemagne, naît en Westphalie, traverse la Hesse, le Nassau, passe à Marburg, Giessen, Wetzlar, "Weilburg, Limbourg, Nassau, Niederlahnstein, et tombe dans le Rhin,, après un cours de 150 kil.
LA HOGUE. Y. HOGUE (LA).
- LAHORE, v. de l'Indoustan, capit. de la prov. de Lahore, sur le Ravi, à 2500 kil. N, O. de Calcutta; env. 95 000 hab. Cette ville a été très-florissante, mais est aujourd'hui en décadence. Fabriq. d'armes de guerre, et d'étoffes de coton. Aux environs se voient le mausolée de Géangir et celui de sa femme Nour-djihan. — On Croit que c'est l'aoc. Sagala, fondée au temps d'Alexandre; elle fut longtemps la capitale de tout l'empire mongol ; après de nombreuses: vicissitudes, elle tomba en 1788 au pouvoir des Seikhs. Les Anglais l'ont occupée en 1846.
- LAHORE (Roy. de), nom donné, tantôt aux possessions des Seikhs occidentaux, comprenant la prov. de Lahore, le Cachemire, une partie de l'Afghanistan et le Moultan, tantôt à ces possessions diminuées du Moultan, et de tous les pays à l'O. duSind ; quelquefois même à la prov. de Lahore.
- LAHORE (prov. de), contrée de l'Indoustan, bornée par le Cachemire au N., le Thibet à. l'E., le Kaboul à l'O. etleMoultan auS. ; 156000 kil. carr.; 10000000 d'hab. Villes principales : Amrétsyr et Lahore. On y distingue : le Pendjab au S. et le Knuhistan indien au N. Rivières considérables : lé Sind qui y reçoit à droite le Kaboul grossi de la Kama ; à gauche le • Pandjnad, formé parla réunion de 5 rivières, d'où vient au pays le nom dePéndjab. Température cnauda et sèche; sol fertile, surtout dans le Pendjab, rocailleux dans le Kouhistan.'Blé, tabac, coton, sucre,
LAIS — 1029 — LAKA
bois et fruits d'Europe. Pâturages nombreux. Ce beau pays a été dévasté et dépeuplé par les'guerres. — Le Lahore faisait jadis partie des Etats du roi Porus, qui combattit Alexandre. Tour à tour indépendant ou soumis aux empereurs afghans ou mongols, ou même aux souverains du Kaboul, il fut au XVIII* siècle partagé entre un grand nombre de principautés indépendantes possédées par les Seikhs. De nos jours, un chef habile, Runjet-Sing, aidé par le général français Allard, parvint à étendre sa suprématie sur les pays environnants dont il forma le Roy. de Lahore, mais après sa mort (1840), et surtout après le meurtre de Shere-Sing, son fils (1843), ce pays a été le théâtre de révolutions perpétuelles. Les An glais, profitant du désordre, l'envahirent sous un vain prétexte (1845), vainquirent les Seikhs à la bataille de Mondky, et firent signer à la régente, dans Amretsyr (mars 1846), un traité qui cédait à la Com pagnie des Indes le territoire compris entre le Beyah et le Sutledje, et constituait un nouveau royaume (entre le Sind ou Indus et le Ravy) en faveur de Goulab-Sing, sujet révolté. Peu après, la reine se vit contrainte à abdiquer entre les mains des Anglais, qui se sont définitivement emparés du pays en 1849. LA HOUSSAYE. Y. AMELOT.
- LAHSA (le), dit aussi Bahreïn ou Hadjar, vaste région de l'Arabie, s'étend au N. O. du pays dfOman, le long du golfePersique et est partagée en plusieurs petits Etats indépendants, dont la population est évaluée à 150 000 individus; les habitants des côtes vivent de pêche et surtout de piraterie. Lieux princip., Fouf, Ras-el-Khyma,El-Katif etEl-Koueït. Beaucoup d'Iles sur les côtes, notamment le groupe de Bahreïn.
— Ville de l'empire chinois. Y. LHASSA.
[modifier] LAI
LAIGLE, ville de France. Y. AIGLE (L'). LAIGNES, ch.-l. de c (Côte-d'Or), à 17 kil. O. de Châtillon-sur-Seine, sur la riv. de Laignes; 1428 h. LAINÉ (J. H. Joachim HOSTEIN, vicomte), avocat de Bordeaux, né en 1767, m. en 1835, mtnomméen 1808 député de la Gironde au Corps Législatif, y déploya une indépendance rare alors, encourut la colère de Napoléon pour avoir, dans un Rapport célèbre (28 déc 1813), parlé de paix et de liberté, obtint la plus grande faveur au retour des Bourbons, devint E réfet de la Gironde, député, président de la Cham-re, puis ministre de l'Intérieur (1816), lutta contre le parti ultra-royaliste et provoqua l'ordonnance du 5 sept. 1816 qui dissolvait la Chambre introuvable; mais se vit bientôt dépasser et dut quitter le ministère dès 1818. Il fut nommé pair en 1823, et fait vicomte. 11 ne cessa pas néanmoins de se montrer le défenseur des principes conservateurs; c'est de lui qu'est ce mot célèbre : Les rois s'en vont. Comme orateur, Lainé était chaleureux et brillant, mais visait trop a l'effet. Il avait été admis à l'Académie en 1816.
- LAINEZ (Jacques), jésuite, né en 15L2, en Castille, m. à Rome en 1565, fut un des premiers à s'associer à Ignace de Loyola, rédigea de concert avec lui les fameuses constitutions des Jésuites, lui succéda en 1558 comme général de l'ordre, assista au colloque de Poissy et au concile de Trente, et se montra en toute occasion dévoué à la cour de Rome. Aussi modeste que vertueux, il refusa le cardinalat.
- LAIRESSE (Gérard de), peintre et graveur, né à Liège en 1640, mort en 1711, a été surnommé le Poussin de la Belgique. Il habita successivement Liège, Bois-le-Duc, Utrecht, Amsterdam et donna, entre autres beaux tableaux, Antiochus et Stratonice. Devenu aveugle par excès de travail, il composa néanmoins des ouvrages estimés sur la peinture.
- LAÏS, courtisane grecque, célèbre par son esprit et sa beauté, née à Hyccara en Sicile, vers 420 av. J.-C, se fixa à Corinthe, attira auprès d'elle tout ce que la Grèce renfermait d'illustre, et fut la maîtresse d'Alcibiade. Le philosophe Xénocrate sut cependant résister à ses séductions. On dit qu'ayant quitté Corinthe pour suivre en Thessalie un jeune homme dont elle était éprise, les femmes de cette contrée, jalouses de sa beauté, l'assassinèrent (380). Les Corinthiens lui érigèrent un monument. — Une autre Laïs, qui passait pour être fille de la 1" et d'Alcibiade, fut également célèbre par sa beauté. Cette courtisane ayant demandé à Démosthène un prix trop élevé, l'orateur lui répondit : «Je n'achète pas si cher un repentir. »
LAÏS, chanteur. Y. LAYS.
- LAISSAC, ch.-l. de c (Aveyron), à 46 kil. N. O. de Millau ; 1205 hab. Poterie.
- LAÏUS, roi de Thèbes, fils de Labdacus, était encore au berceau à la mort de son père. Lycus, son oncle, puis Amphion, meurtrier de Lycus, usurpèrent la couronne; mais, après leur mort, il fut placé sur le trône. Il épousa Jocaste et en eut Œdipe. Craignant, d'après un oracle, de périr de la main de son fils, il le fit exposer sur le mont Cithéron. Mais l'enfant fut sauvé, et Laïus fut dans la suite tué par ce filssans en être connu, à la suite d'une rixe qui s'engagea entre eux dans un chemin étroit. V.œMPE.
- LAJARD (Aug. P.), dernier ministre de la guerre de Louis XVI, né à Montpellier en 1757, m. en 1837, entra au service dès 1773. Il fut chargé en 1789 par Lafayette d'organiser la garde nationale de Paris, devint en 1792 adjudant général de l'armée, reçut bientôt après le portefeuille de la guerre, défendit Louis XVI au péril de sa vie le 20 juin et le 10 août, quitta le ministère après cette dernière journée et fut obligé de se réfugier en Angleterre. Rentré en Franc» après le 18 brumaire, il devint membre du Corps législatif. Sous l'Empire il rentra dans la vie privée.
- LAJARD (J. B.), parent du préc et neveu du chimiste Chaptal, né à Lyon en 1783, m. en 1858, fut secrétaire d'ambassade en Perse sous l'Empire, receveur particulier sous la Restauration, et fut admis à l'Acad. des inscriptions en 1830. U a surtout consacré ses travaux au culte mithriaque et les a résumés dans ses Recherches sur le culte public et les mystères de ilithra, Paris, 1847, 3 vol. in-4, avec atlas. Il a en outre coopéré à VHistoire littéraire de la France commencée par lès Bénédictins, et a publié l'Histoire d'Arménie de Jean Catholicos, préparée par St-Martin.
- LA JARRIE, Ch.-l. de c (Charente-lnf.). à 12 k. E. de La Rochelle; 1110 hab.
- LA JAUNAYE, lieu du dép. de laLoire-Inféi-., à 20 kil. S. O. de Nantes. C'est là qu'eut lieu la 1" pacification de la Vendée, conclue le 17 février 1795 entre les commissaires de la Convention et le chef royaliste Charette.
- LA JAVIE, ch.-l. de c (Basses-Alpes), surlaBléone, à 22 kil. N. E. de Digne; 400 hab.
- LA JONQUIËRE (Jacques DE TAKFANEL,marquis de), marin, né en 1680, d'une famille ancienne, au château des Graisses près d'Alby, m. en 1750, accompagna Duguay-Trouin à la prise de Rio-Janeiro (1711), commanda la flotte française au combat de Finistère (16 mai 1747), où avec six vaisseaux il lutta' contre 17 vaisseaux anglais, et fut en récompense nommé gouverneur du Canada. Il m. à Québec en 1750. — Clément de LaJ., neveu du précéd., né en 1706, m. en 1795, prit une part glorieuse à toutes nos guerres maritimes sous Louis XV et Louis XVI et se distingua surtout, sous les ordres de son oncle, au combat naval de Finistère (1747).
- LAKANAL (Joseph), conventionnel, né en 1762 à Serres (Ariége), mort en 1845, était engagé dans les ordres et professait la philosophie à Moulins au moment de la Révolution. Député à la Convention par le département de l'Ariége, il devint président du Comité d'instruction publique et se consacra tout entier aux intérêts de la science et des lettres : il fit conserver le Jardin duRoi, qui fut transformé en Muséum d'histoire naturelle (1793), et eut une grande part à la création des Ecoles normales (1794), des Écoles centrales, de l'Institut et du Bureau des Longitudes. Entré en 1795 au Conseil des Cinq-Cents, il fut en 1797 nommé commissaire du Directoire, et remplit d'importantes missions dans les départements récemment réunis. Après le 18 brumaire (1799), il occupa une modeste chaire à l'École centrale de la rue St-Antoine (lycée Charlemagne). Il quitta la France en 1815, se réfugia aux Etats-Unis, et y fut élu président de l'Université de la Louisiane ; mais'il résigna ses fonctions pour se faire planteur dans l'Alabama. Il rentra en France en 1837, et prit place à l'Académie des sciences morales, dont il avait fait partie dès la création. Il a laissé un Exposé sommaire de ses travaux, Paris, 1838. Il avait rédigé des Mémoires qui ont disparu à sa mort. M. Mignet a lu à l'Institut en 1857 une Notice sur sa vie et ses travaux.
LALE — 1030 — LALL
[modifier] LAL
- LALAIN OULALAING, v. de France (Nord), à 6 kil. N. E. de Douai, sur la Scarpe, 1800 h. Ane. duché.
- LALAIN (Jacques de), surnommé le Bon Chevalier, né vers 1422 dans le château de Lalain en Flandre, d'une famille noble, excellait par son adresse dans les exercices du corps et par sa courtoisie. Il accompagna comme écuyer le duo de Clèves à la cour du duo de Bourgogne, et fut longtemps l'ornement de cette cour; puis il alla faire le coup de lance en Espagne, en Portugal, en Angleterre, etc. Pour couronner ses prouesses, il soutint un pas à la Fontaine des Pleurs, près de St-Laurent-lès-Challon, contre tous les nobles qui se présentèrent. Lalain se signala contre les Gantois révoltés, sous les murs d'Oude-narde, à la bataille de Rupelmonde, et tint mettre le siège devant le fort de Poucques ; il y fut tué en 1453. Oxi a une Chronique de Jacques de Lalain (Bruxelles, 1634, et Paris, 1842, dans le Panthéon litt.) : elle a été attribuée à tort à G. Châtelain : c'est l'œuvre de Lefehvre de St-Remy. Jean d'Ennetières a composé un DoSme en 16 chants intitulé : Le chevalier sans reproche J. de Lalain, Tournay ,1633.
LALAND, île de Danemark. V. LAALAND.
- LA1ANDE (Michel Richard de), musicien, né à Paris en 164T, m. en 1726, était un des meilleurs organistes de la capitale. 11 fut attaché à la personne du roi Louis XIV, qui le combla de faveurs, et le nomma surintendant de sa musique et chevalier de St-Michel. Lalande s'est surtout exercé dans la musique sacrée : il a laissé 60 motets avec chœurs pour la chapelle de Versailles. Il a écrit aussi la musique de Mélicerte, pastorale de Molière, et celle du ballet des Éléments dont Louis XIV avait écrit les paroles.
- LALANDE (Jos. Jérôme LE FRANÇAIS de), astronome, né en 1732 à Bourg en Bresse, m. en 1807, étudia sous Messier et Lemonnier, fut chargé en 1751 d'aller à Berlin pour y faire des observations sur la distance delà lune a la terre, fut reçu à l'Académie des sciences en 1753, devint en 1762 professeur d'astronomie au collège de France, et remplit cette chaire pendant 46 ans avec le plus grand succès. Plein d'amour pour la science, il forma un grand nombre d'élèves : il prenait en pension à très-bas prix ou même gratuitement les jeunes gens qui donnaient quelque espérance. Ses travaux avaient déjà rendu son nom populaire; mais, entraîné par un fol amour de la célébrité, il chercha aussi hors de la science les moyens de faire parler de lui, et se singularisa soit par des goûts bizarres (il mangeait, dit-on-, des araignées, des chenilles), soit par des opinions impies, et se fit gloire d'être athée. On a de lui, outre une foule de Mémoires dans le recueil de l'Académie, L'Eistoire de la comète de 1759; la Connaissance des temps, espèce d'almanach astronomique qu'il publia pendant 16 ans, 1760-75; Traité d'astronomie; 1764, plusieurs fois réimprimé; Mémoire sur le passage de Ténus observé le Zjuin 1769; Réflexions sur les éclipses du soleil, 1778; Abrégé de navigation, historique, astronomique, etc., 1793; l'Astronomie des dames, 1795 ; Histoire céleste française, 1801 ; Bibliographie astronomique, 1802 ; Tablesde Logarithmes à 5 décimales, 1802, et le Dictionnaire d'Astronomie de V&ncypîopé-die méthodique. Il fonda par testament une médaille en faveur du meilleur mémoire ' d'astronomie.
- LALBENQUE, ch.-l. de o. (Lot), à 18 kil. S. E. de Cahors;2100hab.
LALETANI, peuple d'HispantetTarraconaise),au
N. E., sur la côte; ville principale Bar.cino (Barcelone).
- LALINDE, ch.-I. de c (Dordogne), à 24 kil. E. de Bergerac, 2138hab.
- LALLAMAGHRNIA,poste militaire français de la prov. d'Oran, dans la subdivision de Tlemcen, sur la Tafna, à 38 kil. S. de Djemma-Ghazouat, près de la frontière du Maroc. Occupé en 1844. Il y fut signé eu 1845 un traité de délimitation avec le Maroc.
- LALLEMAND (le général) ,né h Metz, était général d'artillerie lors du retour de Napoléon (1815). Il se prononça en sa faveur et combattit à Waterloo avec le grade de général de division. Condamné à mort par contumace à la rentrée des Bourbons, il passa en Amérique ettentadefonderunétablissementau Texas sous la dénomination de Champ d'asile (1818). La colonie n'ayant pas prospéré, il alla se fixer aux Etats-Unis. Il rentra en France après 1830, fut créé pair en 1833 et m. en 1839 à 65 Ans.
- LALLEMAND (le docteur), né à Metz en 1790, m. en 1854, servit d'abord dans la chirurgie militaire, devint, en 1819, professeur de clinique chirurgicale à la Faculté de Montpellier, puis chirurgien en chef de l'hôpital de cette ville, vint dans ses dernières.années se fixer à Paris, et fut élu membre de l'Académie des sciences (1845). H légua.à cette compagnie 5ÔÛ00fr. pour fonder un concours sur l'anatomie du cerveau. C'était un praticien des plus habiles et un bon écrivain. On lui doit de savantes recherches sur l'Encéphale et sur les Maladies génito-urinaires.
- LALLEMANT (Rich. CONTERAY), imprimeur, né en 1726 à Rouen, a donné de bonnes éditions des classiques. Il fut éçhevin, puis maire de Rouen, et mourut dans cette ville en 1807. Parmi les ouvrages dont il a été l'éditeur, on connaît surtout le Petit apparat royal ou Nom. Dictionnaire universel, français-latin, 1760, souvent réimprimé, revu et augmenté en 1818 par Boravilliers.
- LALLY (Thomas Arthur, comte de), baron de Tol-lendal en Irlande, né à Romans (Dauphiné) en 1702, d'une famille irlandaise qui avait suivi Jacques II en France, entra dès l'âge de 8 ans dans un régiment commandé pat son père, se signala dans plusieurs combats, décida la victoire à Fontenoy (17415), et fut fait brigadier sur le champ de bataille. En 1766, il fut nommé gouverneur des.possessions françaises dans l'Inde ; il chassa en peu de temps les Anglais des côtes de Coromandel; mais il échoua devant Madras, fut lui-même assiégé dans Pondiohëry, et contraint de se rendre : sans vivres, sans argent, il avait résisté plusieurs mois, avec une garnison.de 700 hoînmes, à une armée de terrs de 22 000 hoînmes et à une flotte de 14 vaisseaux de ligne (1761). Cependant il fut accusé d'avoir trahi les intérêts du roi dans l'Inde, fut enfermé à la Bastille lorsqu'il venàitpour se justifier, et se vit, au bout de 18 mois de détention, condamné à mort sans avoir pu se défendre. Ù subit le supplice le 9 mai 1766. Voltaire publia un éloquent factum en sa faveur. En 1778, àla sollicitation de son fils, Louis XVI fit reviser ce jugement,: l'arrêt fut cassé à l'unanimité (1781), et la mémoire du condamné réhabilitée.
- LALLY-TOLLENBAL (Gérard, .marquis de), fils du précéd., né à Paris en 1751, m. en 1830, se fit d'abord connaître par ses efforts pour obtenir la réhabilitation de son père. Il fut nommé député de la noblesse de Paris aux Etats généraux, te montra partisan éclairé des réformes, se prononça pour la monarchie avec deux chambres et pour le veto ; quitta l'Assemblée après les journées des 5 et 6 octobre (1789), se retira à Coppet où il publia, sous le nom de Q. Capitolinus, quelques écrits de circonstance; rentra en France en 1792 dans l'intention de combattre les Jacobins, fut arrêté après le 10 août et conduit à l'Abbaye, s'échappa par miracle, se réfugia en Angleterre, d'où il écrivit à la Convention pour obtenir l'honneur de défendre Louis XVI; revint à Paris sous le Consulat, mais resta éloigné des affaires jusqu'à la Restauration, et fut alors créé pair de France (1815). Dévoué à la monarchie, il terita, mais
LAMA — 1031 — LAMA.
sans succès, de pïévenir ses fautes et siégea avec l'opposition libérale. On a de Lally : Mémoires pour la réhabilitation de son père; Lettres à Edmond Burke, 1791 ; Plaidoyer pour Louis XVI, 1795; un Essai sur la vie de Strafford et une tragédie de Straf-ford (1795), qui ne fut pas représentée. Il avait été admis en 1816 à l'Académie française.
LA LOUBÈRE (Simon de), né à Toulouse en 1642, n. en 1729, fut secrétaire d'ambassade en Suisse, ?envoyé extraordinaire à Siam (1687) ; reçut une mission secrète pour l'Espagne, fut arrêté à Madrid comme suspect, mais bientôt relâché, se retira peu après dans sa ville natale, et y restaura les Jeux Floraux. On a de lui, outre quelques poésies médiocres, une Relation de son Voyage à Siam, 1691. Il futad-mis à l'Académie française en 1693.
- LA LOUPE, ch.-l. de c (Eure-et-Loir), à 23 kil. N. E. de Nogent-le-Rotrou; 1350 hab. Bonneterie, tricots de laine. Station du chemin de fer de l'Ouest. Restes d'un château fort du xrV siècle.
LA LUZERNE (César Guill. de), cardinal, né à Paris en 1738, d'une famille noble de Normandie, m. en 1821, fut nommé en 1770 évèque de Langres, fit partie de l'Assemblée des notables et de l'Assemblée constituante, se retira dans son diocèse après les journées des 5 et 6 octobre 1789, émigra en 1791, revint à Paris en 1814, et fut fait cardinal en 1817. On a de lui, outre ses instructions pastorales, des Dissertations estimées sur la Liberté; — la Loi naturelle ; — la Spiritualité de l'âme ; — l'Existence de Dieu (1808) ; des Considérations sur la Morale (1811); les Oraisons funèbres de Charles-Emmanuel, roi de Sardaigne (1773), de Louis XV (1774), etc. Ses OEu-vres ont été publiées à Paris et à Lyon en 1842, 10 v. in-8, et réimprimées à Montrouge en 1856, 6 v. in-8.
[modifier] LAM
- LAMA, nom des prêtres chez les Thibétains et les Mongols bouddhistes. Ils sont soumis à un chef appelé Grand Lama ou Dala'i-Lama (V. ce nom). On appelle Lamisme la religion qu'ils professent, et qui n'est qu'une des formes du bouddhisme.
- LAMA, ch.-l. de c (Corse), à 40 kil. S. de Bastia; 445 hab. Huile d'olives estimée.
- LAMACHUS, général athénien, commandait avec Alcibiade et Nicias la malheureuse expédition de Sicile, 415 av. J.-C. Il périt en 414, sous les murs de Syracuse, en combattant le général ennemi Calli-crate, qui l'avait défié à un combat singulier : il tua son adversaire en mourant lui-même.
- LA MAILLERAYE , village de la Seine-Inf., dépendant de la commune de Guerbaville, sur la r. g. de la Seine, près de la forêt de Brotonne, à 19 kil. S. d'Yvetot; 2074 hab. Petit port de cabotage, chantiers de construction navale; église desxiv etxv" siècles. Ane seigneurie, érigée enmarquisat en 1698. LAMALLE. V. DELAMALLE et DUREAU DE LAMALLE. LAMALOU ou LA MALOU, vge de l'arr. de Béziers (Hérault). Eaux alcalines, bicarbonatées, sodiques, ferrugineuses.
- LA MAR ou COBIIA (Bolivie). V. COBIIA. LA MARCHE, ch.-l. de c (Vosges), à 36 kil. S. de Neufchâteau; 1687 h. Fers, huile de grains. Institut de la Trinité. Patrie du maréchal Victor.
- LA MARCHE (Olivier de), chroniqueur, né en 1426 à La Marche en Bourgogne (à 26 k. S. E. de Dijon), m. en 1502, vécut à la cour des'ducs de Bourgogne et s'attira la haine de LouisXI pour avoir fait échouer son projet d'enlever le comte de Charolais (Ch. le Téméraire). Ce prince, devenu duc de Bourgogne, le nomma capitaine de ses gardes et le,récompensa largement. Ol. de La Marche fut pris par les Suisses à la bataille de Nancy : dès qu'il eut recouvré la liberté, il rejoignit en Flandre Marie de Bourgogne. On a de lui des Mémoires qui vont de 1435 à 1492 (Lyon, 1562, Bruxelles, 1616, et dans le Panthéon litt., Paris, 1842), et qui sont précieux pour l'histoire du temps, et quelques ouvrages en vers, tels que le Chevalier délibéré (Paris, 1488, réimp. enÏ838); le Triomphe des dames d'honneur, et un Imité des Duels, Paris, 1586.
- LA MARCHE , géographe. V. DELAMARCHE. LA MARK (Comté de), ancien état de l'empire d'Allemagne, dans le cercle de 'Wéstphalre, entre le duché de Berg au S., le duché de Clèves à l'O., le duché de Westphalieàl'E, le comté deReçklingshausert et l'évêché de Milnster auN., tirait son nom d'un château situé près de Hamm et avait Hamm pour capitale. Il était divisé en 4 quartiers (Hamm, Hœrde, . Altena, Wetter). En 1806, ce comté fut compris dans le dép. français de la Roër; en 1814, il fut concédé à la Prusse ;* il forme auj. la plus grande partie de la régence d'Arensberg, dans la prov. de 'Westphalie.
- LA MARK (les comtes de)-, maison noble et ancienne , issue de la maison de Berg par les comtes d'Altena, est connue dans l'histoire depuis le xrne s. Engilbert, fils d'Alphonse IV, comte d'Altena, mort ?en 1251, fut le 1" comte de La Marck. Cette maison acquit, outre le comté de La Marck, de vastes domaines, tels que ceux de Clèves, de Berg et Juliers, et donna naissance à un grand nombre de branches :. les ducs de Clèves et de Nevers, les seigneurs d'A-remberg, de Sedan, de Fleuranges, de Lumain, etc. Au milieu du xvi" siècle, elle, devint maîtresse du duché de Bouillon, que le mariage de Charlotte de La Marck avec H. de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, fit passer à la maison de La Tour en 1591. Elle s'éteignit en 1610, et le partage de sa succession donna naissance à de longues querelles. V. JULIERS. Cette maison a fourni à la France plusieurs généraux distingués, nous citerons :
- LA MARCK (Guillaume de), chef de la branche des barons de Lumain, né vers 1446. Use signala par son courage danslestroubles des Pays-Bas, mais E mérita par sa férocité le nom de' Sanglier des Ardennes. Chassé de Liège pour un meurtre, il se vengea en faisant périr l'évêque de cette tille, Louis de Bourbon, qui l'avait élevé. Il se réfugia auprès de Louis XI, fit révolter les Liégeois de concert avec ce prince, ravagea le Brabant, et réussit à mettre son frère Robert en possession delachâtellenie de Bouillon; mais il finit par tomber entre les mains de l'archiduc Maxi-milien, qui lui fit trancher la tête, en 1485.
- LA MARCK (Robert II, comte de), neveu dupréc, né vers 1460, mort en 1535, possédait une partie du Liégeois, le duché de Bouillon, la principauté de Sedan. Il servit le roi Louis XII et assista à la bat. de Novare, où il sauva la vieà ses deux fils (1513). Pendant les guerres de Charles-Quint et de François I, il prit successivement parti pour la Francè«et pour l'Autriche; il fut chassé de ses Etats par Charles-Quint, mais François I le fit rétablir par le traité de Madrid. Il avait épousé Catherine de Croy, fille du comte de Chimay. Brantôme lui a consacré un article dans les Vies des Capitaines français.
- LA MARCK (Evrard de), cardinal, évêque de Liège, frère du préc, connu sous le nom de cardinal de Bouillon, fut pourvu par Louis XII de l'évêché de Chartres, et reçut toutes sortes de bienfaits de François I ; il le trahit pourtantpour Charles-Quint en 1518, et concourut puissamment à faire élire empereur ce dernier en 1519. Il fut nommé en récompense archevêque de Valence, et reçut le chapeau de cardinal en 1520; il aida ensuite Charles-Quint à dépouiller son propre frère Robert, et mourut en 1538, à Liège, dont il possédait l'évêché.
- LA MARCK (Robert III de), seigneur" de Fleuranges, dit VAdventureux, né à Sedan vers 1490, était fils de Robert II qui lui sauva la vie à la bataUle de Novare en 1513. Il s'était déjà distingué par la défense de Vérone contre les Vénitiens (1510), et avait puissamment contribué à la prise de la Mirandole (1512). Il suivit François I en Italie, commanda l'avant-garde à Marignan (1515), et fut fait prisonnier avec le roi à Pavie (1525). Nommé maréchal de France pendant sa captivité, il fut à son retour chargé de la défenss dePéronne et repoussa les Impériaux (1536). Il mourut l'année suivante. Il écrivit, pendant sa captivité des Mémoires intéressants qui s'étendent de 1418 à 152!. Us ont été publiés en 1753 et reproduits dans la collection des Mém. de l'hist. de France.
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- LA MARCK (Robert de), connu aussi sous le nom de maréchal de Bouillon, fils du préc, né vers 1520, fut fait maréchal de France en 1547, puis duc et commandant militaire'de la Bourgogne, de la Champagne PI de la Brie, enfin lieutenant général de la Normandie. En 1552, il reprit aux Impériaux Metz, lechâ-leau de Bouillon et toutes les places de son ancien duché qui avaient été usurpées par Charles-Quint. A la défense d'Hesdin en 1553, il fut fait prisonnier et conduit en Flandre, où il mourut en 1556.
- LA MARCK (Raymond de). Y. AREMBERG.
- LAMARCK (J. B. P. Antoine DE MONET, chevalier de), naturaliste, né en 1744 à Bazantin (Somme), m. en 1829, servit quelque temps sous le maréchal de Broglie, puis abandonna les armes pour les sciences. Il se fit connaître avantageusement de Buffon, qui le protégea ; fut admis en 1779 àl'Académie des sciences; voyagea pour le Muséum en Hollande, en Allemagne et en Hongrie, devint en 1794 professeur de zoologie à cet établissement et conserva cette chaire jusqu'à sa mort. Ses principaux ouvrages sont : la Flore française, 1778, où il expose une méthode nouvelle d'analyse botanique dite dichotomique (divisant par deux) ; la Philosophie zoologique, 1809 ; Ilist. naturelle des animaux sans vertèbres, 7 v. in-8, 1815-22, ouvrage capital, rempli de vues profondes, et les articles de botanique dans l'Encyclopédie méthodique. Devenu aveugle de bonne heure, il n'en continua pas moins ses travaux, aidé dans ses recherches par le savant Latreille. Lamarck a professé sur la philosophie des sciences des opinions nardies : il croyait que les êtres les plus compliqués procèdent des êtres les plus simples par des transformations graduelles.
- LAMARE (Nie. de), d'abord procureur, puis commissaire au Chàleletde Paris, né en 1639 à Noisy-le-Grand (Seine), m. en 1723, fut chargé par Lamoi-gnon de faire des recherches sur les règlements de police du royaume, dans le but de préparer un Code uniforme, fit paraître dès 1705 une partie de son travail, mais le refondit bientôt pour le compléter, et le publia de nouveau de 1722 à 1738, sous le titre de Traité de la Police, Paris, 4 vol. in-fol. (le IV vol. fut donné par son ami Leclerc du Brillet). Ce n'était encore laque la moitié de cet important ouvrage: le reste était conservé manuscrit à la bibliothèque impériale, lorsque M.Haussmann, préfet de la Seine, entreprit d'en achever la publication (1862).
- JLAMARQUE (Maximilien), général français, né à St-Sever (Landes) en 1770. m. en 1832, se signala dans les guerres de la Révolution et fut nommé général de brigade après la bataille de Hohenlinden (1801). En Italie, il prit GaSte (1806), et le fort Caprée, que l'on regardait comme inexpugnable (1808). Il se signala encore à Laybach, à Wagram, en Russie: en Espagne, et dans la campagne de France pendant l'invasion (1814). Député du dép. des Landes sous la Restauration, il fit toujours partie de l'opposition et acquit une grande popularité; son convoi fut accompagné d'une foule immense, et devint l'occasion de graves désordres (V. Journées des 5 et 6 JUIN). Il a publié quelques écrits de circonstance et a laissé des Souvenirs, Mémoires et Lettres, publiés par sa famille en 1835-3G, 3 v. in-8.
- LA MARTMÈRE (A. BRUZEN de), compilateur et géographe, né à Dieppe en 1683, mort en 1749, était neveu de l'hébraïsant Richard Simon. Il fut nommé en 1709 secrétaire français à la cour du duc de Mecklembourg, puis se fixa à La Haye, où il fit imprimer plusieurs ouvrages qui lui valurent le titre de 1"' géographe du roi d'Espagne et une pension du i oi des Deux-Siciles. Il est auteur d'un grand Dictionnaire géographique, historique et critique, La Haye, 3726-1730, 10 vol. in-fol., et Paris, 1768, 6 vol. in-fol., qu'on peut encore consulter utilement. 11 a en outre publié : Origine et progrès de la géographie, 1722; Bist. de la Pologne sous Âugustell.1733; — de Frêd. Guillaume, roi de Prusse, 1741 ; at a édité la Géographie de Cluvier, 1729, le.s Lettres de Richard Simon,*l13ù, etc.—V. MARTIN (Claude;.
- LA MASTRE,ch.-l. de c. (Ardèche),à 28 kil. S. O. de Tournon ; 2502 hab.
- LAMB (Ch.) .écrivain, né à Londres en 1775, m. en 1,834, occupait un emploi dans les bureaux de la Compagnie des Indes, et donnait en même temps des articles à divers recueil littéraires. Critique, essatjisl et poste, il porta partout dans ses écrits ce genre de gaieté que les Anglais appellent humour. Parmi ses ouvrages, onestimesurtoutRosamîma'Grat/., la Vieille aveugle Marguerite, les Contes tirés de Shakspeare, la tragédie de John Wo.odwûl, et les Essais d/Élia, morceaux qu'il avait fait paraître dans les principaux Magazines. Ses OEuvres complètes-ont été publiées à Londres, 1842, avec une JJgtice par Taîfourd. Ses Contes de Shakspeare ont été trad. par Borghers, 1847.
- LAMBACH, Ooilabis, Lambdcum, v. d'Autriche, à 14 kil. S. O.de Wels; 3100 hab. Abbaye de Bénédictins, bibliothèque, etc. Eglise dé la Trinité. Commerce de sel.— Jadis titje d'un comté. Les Français y défirent les Russes en 1805 ; elle fut incendiée en Î809.
- LAMBALLE, ch.-l. de c (Côtes-du-Nord), à 20 k S. E. de St-Brieuc; 4014 hab. Collège. Commerce de grains, toiles, fil, chanvre, cuirs; étalons. Cette ville existait dès le temps de César : c'était alors le ch.-l. des Âmbialites. Elle devint en 13l7lech.-l. du duché de Penthièvre, et soutint en 1591 un siège où périt Fr. de Lanoue. Patrie du D*Jobert, de l'Institut.
- LAMBALLE (Marie Thérèse DE SAVOIE-CARIGNAN, princesse de), princesse aussi remarquable par sa beauté que par ses vertus, née à Turin en 1748, épousa Louis de Bourbon-Penthièvre, prince de Lamballe, et resta veuve à 19 ans. Elle devint en 1774 surintendante de la maison de la reine Marie-Antoinette, et fut constamment l'amie de cette princesse; elle partagea sa captivitéau Temple. Transférée peu après à la Force, eEe fut une des déplorables victimes des, massacres de septembre (1792). Son corps fut Insulté' et mis en lambeaux, et sa tête portée au bout d'une piquesous les croisées dutemple. Onapublié, comme rédigés d'après des notes de cette princesse, dés Mémoires relatifs à la famille royale de FrancetPzrist 1826. — Vie de Mme de Lamballe, par Lescure,
- LAMBECIUS (PierreLAMBECK, en latin), bibliographe, né en 1628 à Hambourg, m. àVienne eq 1680, fut d'abord professeur d'histoire et recteur de l'École illustre à Hambourg. Ayant abjuré le Luthéranisme, il alla se fixer à Vienne où il fut nommé historiographe et bibliothécaire de l'empire. On a de lui: : Origines hamburgenses, Hambourg, 1652; Prodromus historiée litterarias, 1659, Commmtarii de biblio-theca Cxsarxa Vindobonensi, Vienne, 1665-1679, 8 vol in-fol., ouvrage important, continué agrès sa mort par Nesseïius; une édition d.a George Codinus, Paris, 1655, et des commentaires sur Aulu-Gelle.
- LAMBERT (S.), évêquede Maëstricht en 668, conseiller de Childéric H, rpi d'Austrasie, se vit après la mort de ce prince dépouillé par Ebroïn de son évêché et de ses fonctions, puis fut rendu à son diocèse et fit un grand nombre de conversions. Il fut assassiné à Liège en 708 par Dodon,. beau-frère de Pépin d'Héristal. On éleva une chapelle au lieu où il avait été frappé, et plus tard S. Hubert y transporta le siège de l'évêché. On le fête le 17 septembre.
- LAMBERT_, roi d'Italie, fut associé au pouvoir on 891 par Gui de Spolète, son père; régna seul de 894 à 898 ; eut pour compétiteurs Bêrenger et Arnoul, avec lesquels il fut sans cesse en guerre, et périt à, la chasse dans la forêt de Marengo.
- LAMBERT. fils d'Adalbert II, duc de Toscane, régna à Spolète des 917, et en Toscane de 929 à, 931. Il avait contribué à élever sur le trône d'Italie Hugues de Provence, son frère utérin; mais celui-ci, De le payant que d'ingratitude, prétendit que Lambert était bâtard et n'avait aucun droit au duché de Toscane. Lambert en appelaaii jugement de Dieu et soutint par un combat judiciaire la légitimité de sa naissance : il en sortit victorieux ; mais Hugues parvint à s'emparer de sa personne et lui fit crever les yeux.
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- LAMEER'T, chroniqueur allemand, natif d'Aschaf-fenbourg, étaitbénédictin. Il visita Jérusalemen 1058 et mourut à Saalfeld en 1100. On lui doit une Histoire universelle, qui va depuis le commencement du inonde jusqu'à l'an 1050, suivie d'une Histoire de rAllemagne (depuis 1Ç50 jusqu'à 1077). Cette chronique fut découverte et publiée par Mélanchthon, Tubingue, 1525, et rééditée par Krause, Halle, 1797, et par Fréd. Hesse, dans les Monumenta Germanim de Pertz, t. VIL
- LAMBERT-LI-CORS (c-à-d. le court au le petit), poète français du xn° siècle, que l'on fait naître à Château-dun, àChâtellerault, à Nantes, et, avec plus de probabilité, à Dinan, fut d'abord clerc, mais se maria plus tard. Il commença le célèbre roman A'Alexandre le Grand, qui fut continué par Alexandre de Ber-nay. Cette épopée romane a été publiée pour 1" fois en France, par F. Le Court de la Villethassetz et Eugène' Talbot, avec introduction, notes et glossaire, Paris et Dinan, 1861 ,in-12.
- LAMBERT (J.), général anglais, l'un des plus ardents ennemis de Charles I, était avocat avant que la Révolution éclatât. Il prit les armes et se distingua à Marston-moor et à Naseby. C'est sur sa proposition que Cromwellfut nommé protecteur. Après la mort de celui-ci, il conçut le projet de lui succéder dans le protectorat : il se mit, dans ce but, à la tête des mécontents et soutint d'abord le rump-parlement, puis il le cassa et marcha contre Monk; mais il fut pris et condamné à mort. On lui fit grâce de la vie, et il fut relégué à Guernesey, où il mourut en 1692.
- LAMBERT (Michel), musicien, né vers 1610, à Vi-vonne près de Poitiers, mort à Paris en 1696, jouissait sous Louis XIV d'une haute réputation. Il se vit dans sa vieillesse éclipsé parLulli, son gendre. On a de lui des Motets, des Leçons pour Ténèbres, etc. Le recueil de ses OEuvres a été gravé en 1666. C'est ce Lambert que Boileau nomme dans sa 3" satire.
- LAMBERT (Thérèse DE MARGUENAT DECOURCELLES, marquise de), née à Paris en 1647, morte en 1733, était fille d'un maître des Comptes. Elle composa, pour l'éducation de ses enfants, deux ouvrages qui sont fort estimés : Avis d'une mère à son fils et Avis d'une mère à sa fille. On a aussi de cette dame des Traités de la Vieillesse et de l'Amitié, des Réflexions sur les femmes, sur le goût, sur les richesses, etc. Elle n'écrivait pas pour le public, et ses ouvrages n'ont été connus que par l'indiscrétion de ses amis. Ses QEwOTM-Qnt-étéJ'éumesen 1748, et réimprimées-en 1843, avec un Essai sur sa Vie, par Mme Colet. La marquise de Lambert était belle-fille de Bachau-mont (l'auteur des Mémoires) ; elle réunissait chez elle une société choisie de gens de lettres et avait nour amis Fontenelle, Lamotte et Sacy.
- LAMBERT (l'abbé'CI. Fr.), jésuite, compilateur fé-a cond, né à Dôle vers 1700, m. en 1765 à Paris, se mit aux gages des libraires, et publia de 1739 à 1764 16 ouvrages, entre autres : Observations curieuses sur les mœurs, les coutumes, les arts et les sciences des différents peuples de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amé-ique, 17J.49; Histoire générale, civile, naturelle, politique et religieuse de tous les peuples, 1750; Hist. littéraire du règne de Louis XIV, 1751.
- LAMBERT (J.îHenri), savant universel, né en 1728, à Mulhouse, m. en 1777, était fils d'un pauvre tailleur. Après avoir suivi une école gratuite, il étudia seul, apprit sans maître, outre les langues anciennes ei modernes, presque toutes les sciences, la physique, la mécanique, l'astronomie, la philosophie, et s'exerça même dans la poésie et l'éloquence. Il fut d'abord précepteur chez le comte de Salis à Coire (1748-175S), puis professeur à l'Académie électorale de Munich, fut appelé à Berlin par Frédéric le Grand et devint en 1764 membre de l'Académie de cette ville. Il se distingua surtout dans les mathématiques et la métaphysique. Lambert a prouvé l'incommensurabilité du rapport de la circonfére'nce'au diamètre, a perfectionné les méthodes géodésiques, la théorie des comètes et a trouvé en astronomie un théorème fort simple, qui porte son nom. Outre une quantité innombrable de mémoires, on a de lui : en physique et en mathématiques, la Route de la lumière, 1759; la Perspective libre, 1759; Photomelria, de gradibus luminis, 1760; Lettres cosmologiques (en ail.), 1761 ; Échelles logarithmiques, 1761; Hygométrie, 1770; Pyrométrie, 1779; — en philosophie. Novum orga-num ou Nouvelle Logique, en ail., 1763; Architec-tonique, en ail., 1771 (il y explique les idées premières de chaque science). Lambert fut au nombre des amis de Kant.
- LAMRESC, ch.-l. de c (Bouches-du-RbOne), à 21 kil. N. O. d'Aix, 3425 hab. Belle église; vaste hôtel de ville, hôpital; fabrique de soude et tuileries; commerce d'huiles." Jadis titre de principauté.
- LAMBESC (Ch. Eugène DE LORRAINE , duc d'El-beuf, prince de), né en 1751, m. en 1825, était parent de la reine Marie-Antoinette.Ill'accompagnaen France et devint colonel-propriétaire du régiment royal-allemand. Il fit chargeï le peuple aux Tuileries le 13 juillet 1789. Mis en accusation pour ce fait, il fut acquitté au Châtelet. Il émigra, servit dans les armées autrichiennes, et devint feld-maréchal, 1796. 11 ne quitta point Vienne à la Restauration.
- LAMBESSA, Lambassis, v. d'Algérie (Constantine),
à 11 kil. S. E. de Batna. Ruines romaines; temples, cirque, portiques, etc. Les Romains y envoyaient leurs détenus politiques. A leur imitation, le gouvt français y établit une colonie pénale en 1850.
- LÂMBETH, v. d'Angleterre (Surrey), attenante à Londres, était jadis une cité à part; elle forme aujourd'hui l'extrémité O. de Londres, sur la r. dr. de la Tamise; 154 611 hab. Palais de Lambeth (résidence de l'archevêque de Cantorbéry): établissements de bienfaisance, etc. Belle église St-George.
- LAMBEZELLEC, v. du dép. du Finistère, à 5 kil. N. de Brest ; 12 373 hab. Chapeaux vernis, ris de haubans; huileries, minoteries. Auxenv., granit.
- LAMBIN (Denis), commentateur français, né vers 1516 à Montreuil-sur-Mer(Picardie), m. en 1572, enseigna le grec au collège de France. On lui doit des Commentaires sur Lucrèce; — sur Cicéron; — sur Plaute ; — sur Horace; des Traductions latines de la Politique et de la Morale d'Aristote, de quelques harangues d'Eschine et de Démosthène, etc. H était lent dans son travail : c'est de là, dit-on, qu'est venu le mot lambiner, qui est resté dans la langue. -
- LAMBRECHTS (Ch, Joseph Matthieu), magistrat, né en 1753, à St-Tron (Belgique), mort en 1823, fut professeur de droit à Louvain. Après la réunion de sa patrie à la France, il occupa plusieurs emplois importants; en 1797, il succéda à Merlin de Douai comme ministre de la justice. Elu sénateur après le 18 brumaire, il n'en refusa pas moins son vote à l'érection du trône impérial. En 1814, il rédigea dans le sénat l'acte de déchéance de l'Empereur. Il légua 12 000 fr. de rente pour la fondation d'un hospice, réservé aux aveugles protestants, qu'on refusait d'admettre aux Quinze-Vingts.
- LAMECH, patriarche hébreu, descendant de Caîn, vivait avant le déluge. Il épousa deux femmes, Ada et Sella. Il eut de la 1" Jabel, le plus ancien des pasteurs nomades, et Jubal, inventeur des instruments de musique; de la 2*, Tubalcaîn, le premier qui ait forgé le fer, et Noéma qui inventa le tissage de la toile. — Un autre Lamech, fils de Mathusalem, fut père de Noé, et vécut 777 ans (de 4090 à 3313). '
- LAMEGO, Lama, v. de Portugal (Beïra), à 129 kil. N. E. de Colmbre; 10 000 hab. Evêché. Vieux château fort; anc cathédrale, il s'assembla en 1144, à Lamégo, des Cortès qui posèrent les bases de la constitution portugaise lors de l'élection d'Alphonse I au trône de Portugal. En 1828 don Miguel y assembla les Etats DOUT se faire proclamer roi.
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- LA MEILLEUAIE, vge de France (Loire-Inf.), à 18 k. S. de Châteaubriant; 1600 h. Couvent de Trappistes, fondé en 1145 par des religieux de Citeaux.
- LA JIEILLERAIE (Ch. ns LA PORTE, duc de), pair et maréchal de France, né en 1602, mort en 1664, était cousin germain du cardinal de Richelieu. Dans les guerres du Piémont, il se signala à l'attaque du Pas-de-Suze, 1629, et au combat de Carignan, 1630. Nommé grand maître de l'artillerie, il servit en cette qualité dans les guerres de Bourgogne et des Pays-Bas, et reçut en 1639,.des mains de Louis XIII, sur la brèche même de Hesdin, le bâton de maréchal. Il prit sur les Espagnols, en 1641, Aire, La Bassée et Bapaume ; conquit en 1642 presque tout le Roussil-lon; s'empara en Italie, en 1646, de Porto-Longone et de Piombino. En 1648, après la conclusion de la paix, il fut nommé surintendant des finances; mais il ne réussit pas dans ce nouveau poste, et l'abandonna en 1649. Le duc de La Meilleraie était considéré comme le meilleur général du temps pour les sièges. —Son fils, Armand de La M. .épousa en 1661 une nièce de Mazarin et prit le titre de duc Mazarin.
- LAMENNAIS (Félicité ROBERT, abbé de), né en 1782 à St-Malo, m. en 1854, était fils d'un armateur. Il fut élevé dans des sentiments de piété qu'il ne tarda pas à perdre après la mort de sa mère, s'instruisit sans maître, puisant au hasard dans une vaste bibliothèque laissée à sa disposition, fut ramené aux croyances religieuses par son frère aîné, l'abbé J. M. de Lamennais {V. ci-après), fit sa première communion à22 ans, se décida à entrer dans l'église et fut ordonné prêtre en 1816. Il avait dès 1808 rédigé avec son frère des Réflexions sur l'état de l'Église en France, ouvrage anonyme, qui fut supprimé par la police impériale ; en 1812, il avait, dans un écrit sur l'Institution des évêques, combattu les doctrines gallicanes et attaqué violemment l'Université. De 1817 à 1823, il fit paraître l'Essai sur l'indifférence en matière de religion (4 vol. in-8), ouvrage éloquent, mais paradoxal, qui fit une sensation immense : déniant toute autorité à la raison individuelle, il n'admettait d'autre critérium de la vérité que le consentement universel, et prétendait ramener l'homme à la foi par le scepticisme ; en outre, il prescrivait une obéissance absolue au chef de l'Eglise, subordonnant en tout le pouvoir civil au pouvoir pontifical. Cet ouvrage souleva de nombreuses objections : l'auteur y répondit dans sa Défense de l'Eisai sur l'indifférence (1824). Vers la même époque, il s'associait à une entreprise de librairie catholique et il éditait, sous le titre de Bibliothèque des dames chrétiennes, une collection d'écrits ascétiques, qu'il enrichissait de préfaces et de notes ; en outre, il écrivait dans le Conservateur, dans la Quotidienne, dans le Drapeau blanc, et autres feuilles ultra-royalistes. En 1825, il publia la Religion considérée dans l'ordre politique et civil, où il attaquait violemment la célèbre déclaration de 1682, ce qui lui attira une condamnation en police correctionnelle. Il n'en poursuivit pas moins ses attaques dans son livre Des progrès de la Révolution et de la Guerre contre l'Église (1829), qui fut censuré par l'archevêque de Paris (M. de Quélen). Converti à la cause démocratique après 1830, Lamennais fonda l'Avenir, journal dans lequel il prétendait régénérer l'Église en faisant servir le Catholicisme à l'affranchissement des peuples, et où il réclamait la séparation complète du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel; ces doctrines exagérées furent condamnéesparlepape même, dans une Lettre encyclique (1832). Répudiant dès lors toutes ses anciennes croyances, Lamennais fait paraître une série de publications où il attaque à la fois l'Église et la monarchie : les Paroles d'un croyant (1834), pamphlet des plus violents rédigé sous une forme mystique; Affaires de Rome (1836), le livre du peuple (1837), l'Esclavage moderne (1839), le Pays et le gouvernement (1840), écrit qui lui valut un an de détention; Une voix de prison (1841), Amschaspands et Darvands (1843), satire de la société actuelle sous le"voile d'une allégorie persane; il donne une traduction des Évangiles, avec des Ré-flexions conçues au point de vi}e des idées radicales (1845) ; enfin il publie, sous le titre à'Ésquisse d'um philosophie (1841-1846,4 vol. in-8), un grand ouvrage de métaphysique, qui offre un mélange.confus d'idées platoniciennes et alexandrines avec des idées chrétiennes, et où il nie formellement plusieurs des dogmes fondamentaux de la religion. En 1848, Lamennais joua un instant un rôle politique : lié avec les plus fougueux démagogues, il fonda le Peuple constituant, et prit part à la rédaction de la Réforme. Il fut à la même époque_élu membre de l'Assemblée constituante, mais il n'y exerça aucune influence. Il mourut oublié, et fut enterri, d'après son désir, sans appareil et sans le concours du clergé. Homme d'un caractère difficile, esprit orgueilleux, absolu et porté aux extrêmes, Lamennais fut entraîné par sa nature impatiente de toute opposition et par une dialectique audacieuse à des conclusions excessives et tomba dans de nombreuses contradictions. Son style se ressent des exagérations de sa pensée': il a de l'ampleur et une certaine magnificence qui rappelle tantôt la manière de Bossuet, tantôt celle de J. J. Rousseau, mais il est le plus souvent déclamatoire et tendu. — Ses OEuvres complètes ont été publiées en 12 vol., 1836 et suiv., et en 10 vol., 1844 et années suiv. M. Forgues a publié ses OEuvres posthumes, 3 vol. in-8, 1855-56; : contenant une trad. de ]&Divme comédie, sa. Correspond., des Vis-attss. crit. et des Pensées-, M. Biaise ses OEuvres inédites, 1866, 2 v. In-8. E. Robinet a donné une Notice biographique sur L., et Madrole l'Histoire secrète du parti et de l'apostasie de Lamennais.
Son frère aîné, l'abbé Jean Marie ROBERT deL., né en 1778, m. en 1860, fut foute sa vie un saint prêtre. Il fonda à Ploërmel la Congrégation des Frères de St-Joseph, appelés vulgairement Frères de Lamennais, et à St-Brieuc celle des Filles de la Providence, qui toutes deux se consacrent à l'éducation du peuple. Il a laissé quelques écrits, dont les plus importants ont été composés en commua avec son frère. LAMENTES (LE), V. de la Martinique, côte S. 0., à35 kil. N. E. de Fort-Royal; 10000 hab. Environs fertiles, mais malsains. Nombreuses sucreries. — Bourg de la Guadeloupe, dans la Grande-Terre, sur une baie de Lamentin, à 8 kil. N. E. de Pointre-à-Pitre; 4000 h.
- LA MÉSANGÈRE (Pierre de), oratorien, professeur de belles-lettres à La Flèche, né en 1761, m. à Paris en 1831, vécut de sa plume pendant la Révolution. Il a publié : Géographie de la France, 1791 ; Bibliothèque des Enfants, 1794; Dictionnaire des proverbes français, 1821. Quoique prêtre, il rédigea depuis 1799"le Journal dés Dames et des Modes.
- LAMETH, nom de trois frères d'une famille noble de Picardie qui ont joué un rôle dans la Révolution et qui se sont tous distingués par leur amour pour une sage liberté. L'aîné; Théodore deL., 1756-1854, le moins connu des trois, servit dans la Guêtre d'Amérique, fut élu en 1790 par le dép. du Jura administrateur, et en 1791 député à l'Assemblée législative, défendit énergiquement la nouvelle constitution et la royauté, fut proscrit en 1792, se réfugia en Suisse, rentra en France après le 18 brumaire, fut député de la Somme pendant les Cent-Jours (1815) et passa le reste de sa vie dans la retraite. — Charles deL., 1757-1832, servit aussi en Amérique, fut en 1789 député de l'Artoisaux États généraux, vota un des premiers, pour l'abolition de » noblesse et la liberté de la presse; mais s'opposa aux violences qu'on voulait exercer contre le TOI : il faisait partie du club des Feuillants. En 1792, il commandait une division à l'armée du Nord; mais après le 10 août, il se vit obligé, commenoble, d'abandonner son commandement et de s'expatrier. ÏI reprit du service sous l'Empire, fut député sous la Restauration, siégea au côté gauche et fit partie des 221 en 1830. —Alexandre da L., né en 1760, m. en 1829, servit en Amérique comme ses deux frères, fut député en 1789 aux Etats généraux par la noblesse de Péronne, s'y montra un des plus éloquents avocats de la liberté, mais sut aussi défendre la prérogative royale, et eut à ce sujet des luttes fréquentes avec Miflbeau. En 1792 il servait sous La Fayette : il émigra avec lui et partagea sa captivité. Sous l'Empire et la Restauration ,-il administra comme préfet plusieurs départements. Membre de la Chambre des Députés en 1819 et en 1828, il resta toujours fidèle aux principes constitutionnels. On a de luiuaeHistoire delà Constituante et plusieurs brochures politiques.
LAMI — 1035 — LAMO
- LA MÉTHERIE (J. Claude de), naturaliste et physicien, né à La Clayette, dans le Maçonnais, en 1743, m. à Paris en 1817, se fit d'abord connaître parquel-ques recherches sur l'air, rédigea depuis 1785 le Journal de Physique, et fut nommé en 1800 adjoint à la chaire d'histoire naturelle du Collège de France, On a de lui: Essai sur la Philosophie naturelle, 1778 ; Vues physiologiques, 1781 ;Essaisur l'air pur, il 85; Théorie de la Terre, 1791; De l'Homme considéré moralement, 1802; Considérations sur les êtres organisés, 1804; Sur la nature des êtres existants, 1805; Leçons de Minéralogie, 1812. Il soutenait que le mouvement est essentiel à la matière; que tous les êtres ont été formés par une sorte de cristallisation ; que l'homme n'est qu'un singe perfectionné, etc.
- LA METTRIE (Julien OFPROY de), médecin et philosophe, né en 1709 à St-Malo, m. à Berlin en 1751, alla étudier la médecine à Leyde sous Boërhaave, et fut à son retour, en 1742, nommé médecin des gardes françaises. Il publia peu après l'Histoire naturelle de l'âme, La Haye (1745), où il prêchait ouvertement le matérialisme, ce qui lui fit perdre sa place. Il se réfugia à Leyde, écrivît des libelles contre les médecins ses confrères, et publia en 1748 VHomme-Machine, où il attaquait les croyances les plus sacrées. Chassé deHollande pour ce nouvel écrit, il trouva un asile en Prusse auprès de Frédéric II et fut même admis dans l'intimité de ce prince, qui le fit entrer dans son académie. Lamettrie ne manquait ni d'esprit, ni d'imagination; mais ses idées étaient tellement étranges et incohérentes qu'il passait, auprès de ses amis même, pour avoir le cerveau dérangé. Il publia en Prusse l'Homme-Plante, Pots-dam, 1748; Origine des animaux, Berlin, 1750; Vénus métaphysique, ou de l'Origine de l'Ame, 1751, ouvrages conçus dans le même esprit que l'Êomme-Machine. Frédéric II a écrit un Éloge de Lamettrie.
- LAMI (dom François), bénédictin, né en 1636 à Montreau près de Chartres, m. à l'abbaye de St-Denis en 1711, alaissé, entre autres ouvrages estimés, la Connaissance de soi-même, 1694-8 et 1700; la Connaissance et l'Amour de Dieu; le Nouvel athéisme renversé, Réfutationde Spinoso,1696; l'Incrédule ramené à la religion, 1710, et quelques traités mystiques. Il possédait au plus haut degré le talent de la conversation et ne réussissait pas moins dans la discussion : il entretint une vive polémique sur divers points de théologie avec Bossuet, Nicole, Arnauld, et eut avec Malebranche et Leibnitz une correspondance sur l'Amour désintéressé, qui a été imprimée en 1699.
- LAMI (Bernard), oratorien, né au Mans en 1640, m. à Rouen en 1715, enseigna les belles lettres à Vendôme, puis la philosophie à Angers, s'attira des querelles avec le clergé d'Angers par son attachement à la philosophie de Descartes, devint grand vicaire à Grenoble, séjourna quelque temps au séminaire de St-Magloire a Paris, puis se retira à Rouen en 1689. On a de lui : Réflexions sur l'Art poétique; l'Art de parler, ouvrage bien écrit; Apparatus bliblicus; des traités de mathématiques et des ouvrages de théologie, dont quelques-uns excitèrent de vives disputes, entre autres son Harmonia quatuor evangelistarum, 1689.
- LAMI (Jean), littérateur italien, né en 1697, à Santa-Croee, près de Pise, m. en 1770, enseigna l'histoire ecclésiastique à Florence, et eut de vifs démêlés avec les Jésuites. Il rédigea, de 1740 à. 1770, les Nouvelles littéraires, journal estimé qui paraissait à Florence, et publia entre autres ouvrages Delicias eruditorum, recueil d'opuscules inédits et intéressants (1736-69).
- LAMIA, auj. Zeitoun,v. deThessalie(Phthiotide), à 6 kil. du Sperohius et près de son emb., a donné son nom à la Guerre Lamiaque qui s'alluma entre la Macédoine et la Grèce après la mort d'Alexandre (323). Cette guerre, qui ne dura qu'un an, fut entreprise contre Antipater, d'après les instigations de.Dé-mosthène et d'Hypéride, qui poussaient les Grecs à secouer le joug de la Macédoine. Léosthène, général des Grecs, défit d'abord Antipater et le força à s'enfermer dans Lamia, où il l'assiégea. Mais la mort imprévue de Léosthène, et l'arrivée de Léonat, facilitèrent l'évasion d'Antipater, qui bientôt reprit l'offensive et remporta la victoire décisive de Cranon, l'an 322. Le vainqueur imposa aux Athéniens une constitution aristocratique et une garnison macédonienne. Cette guerre entraîna la mort d'Hypéride et de Démosthène. —Auj. Lamia est ch.-l. d'une éparchie de la Phthiotide.
- LAMIAQUE (guerre). V. LAHIE.
- LAMIA (L. ^Elius), consùLsous Auguste (l'an 2 de J.-C.) et gouverneur de Syrie;, puis préfet de Rome sous Tibère. Horace lui a adressé deux de ses odes.
- LAMIES, spectres horribles que les anciens représentaient avec un visage defemme, et qu'on disait enlever les enfants à leur mère.pour les dévorer, ou se cacher dans les buissons pour attaquer les passants.
- LAMOIGNON,
famille ancienne du Nivernais, s'est surtout distinguée dans la magistrature aux xvrx8 et xvHr' siècles. Elle tire son noin du fief de Lamoignon, situé dans un faubourg de Donzy (Nièvre). LAMOIGNON (Guillaume de),1" président au parlement de Paris, célèbre par son savoir et ses vertus^ né à Paris en 1617, m. en 1677, était fils d'un président à mortier. Il fut successivement conseiller au parlement (1635), maître des requêtes (1644), 1" président (1658). Louis XIV, en lui apprenant sa nomination, lui dit : <n Si j'avais connu un plus homme de bien, un plus digne sujet, je l'aurais choisi.» Lamoignon ne voulut pas présider la commission qui devait juger le surintendant Fouquet, avec lequel il était brouillé. On a de lui un ouvrage connu sous le titre d'Arrêtés de Lamoignon (publié en 1702) ; il y ébauche un vaste plan qu'il avait conçu pour la reforme de la législation : cet ouvrage prouve une connaissance profonde de la jurisprudence.Lamoignon fut l'ami et le protecteur des gens de lettres : il était surtout lié avec Boileau ; c'est & sa demande que ce poète composa le Lutrin. —Son fils aîné, Chrétien-François de L.,1654-1709, fut nommé président à mortier en 1690. Il avait hérité de ses vertus, et aimait comme lui à s'entourer d'hommes de lettres. Il fut lié avec Bourdaloue, Boileau , Racine et Regnard. C'est à lui qu'est adressée la 6" épître de Boileau. Il était de l'Académie des inscriptions.LAMOIGNON DE BAVILLE (Nicolas),5° fils du 1er président Guillaume, 1648-1724, exerça d'abord avec succès la profession d'avocat ; devint conseiller au parlement en 1670, maître des requêtes en 1675, puis suivit la carrière administrative, et fut nommé intendant du Languedoc. Il déploya contre les Protestants, lors de la révocation'de l'édit de Nantes, un zèle ardent ; on l'a même accusé de cruauté. Cependant il se montre sous un aspect tout diffèrent dans les Mémoires pour servir à l'histoire du Languedoc, qu'il composa par ordre du roi pour l'instruction du duc de Bourgogne (1698), et où il déclare que la violence ne peut qu'être funeste au Christianisme. Ces Mémoires n'ont été imprimés qu'en 1734.LAMOIGNON (Guill. II), seigneur de Malesherbes, petit-fils de Guillaume I par son fils aîné Chrétien François, fut chancelier de 1750 à 1768. Après avoir longtemps résisté aux intrigues de Maupeou, qui voulait le supplanter, il fat enfin obligé de se démettre de sa charge, qui fut aussitôt confiée à son adversaire (1768). Il s'attira la haine des philosophes en retirant le privilège de l'Encyclopédie. — 11 eut pour fils l'illustre Malesherbes. 7. MALESHERBES.
LA.MO — 1036 — LAMO
LAMOIGNON (Chrétien François), arrière-petit-fils de Guillaume 1,1735-89, fut président au parlement de Paris, partagea l'exil de cette cour en 1772, ob-:int en 1787 les sceaux en remplacement de Miro-raesnil, travailla avec le ministre Loménie de Brienne à rédiger les édits du timbre et de la subvention territoriale, que le parlement refusa d'enregistrer; donna sa démission en 1788, et mourut en 1789.La famille des Lamoignon s'est éteinte en la personne de Christian de Lamoignon, fils du préc, pair de Francs sous la Restauration, mort en 1827.LA MONNOYE (Bernard de), littérateur ,né en 1641 à Dijon, m. en 1728,suivit d'abord le barreau, puis se livraaux lettres, et devint membre del'Acad. française (1713). La Monnoye fut à la fois poète, critique et philologue. On estime surtoutses IVoè'ls, écrits dans le patois bourguignon, et qui, publies pour la 1" fois en 1700, ont eu de nombreuses éditions, parmi lesquelles on remarque celles de 1720, de 1817 et de 1842. On lui doit aussi le Menagiana. M. Mignarda donné en 1856 une iVoticesur La Monnoye et ses Noëls.LAMORAL. Y. EGMONT.LAMORICDÏRE (Christ. Louis Léon Juchault de), général francajs, ne à Nantes en 1806, m. en 1865; fut élève deï'Ecole polytechnique, entra au service dans le génie; fut envoyé en Algérie dès 1830, et de bonne heure s'y signala par son intelligence et sa bravoure; fut compris dans le corps des zouaves dès sa création, et chargé; de la direction du premier bureau arabe; conquft de bonne heure par des actions d'éclat le grade de général (1843) ; se distingua particulièrement au siège de Constantine, où il fut grièvement blessé (1837), à Mouzaïa (1840), à la bataille de l'isly (1844), et réduisit Abd-el-Kader à se rendre au due d'Aumale (1847). Nommé en 1846 député de la Sarthe, il fit partie de l'opposition dynastique ; représentant du peuple en 1848, il s'unit à la fraction modérée du parti démocratique; il combattit l'insurrection de Juin, et, comme ministre delà guerre, suivit la fortune du généralCavaignac A la Législative, il défendit la Constitution républicaine et fut un des adversaires les plus décidés de la politique du Président : il fut arrêté au 2 décembre 1851 et conduit à la frontière; il ne rentra en France qu'en 1857. Lors de l'entrée des Piémontais dans les États pontificaux, il commanda les troupes du pape, qui furent défaites à Castelfidardo, et, assiégé dans AncÔne, fut forcé de capituler (1860).LA MOTHE (Hte-Marne). V. LA MOTTE.LA MOTHE-ACHARD, ch.-l. de c (Vendée), sur l'Auzance, à 18 k. N. E. des Sables-d'OIonne ; 738 h.LA MOTHE-FÉNELON, vge du dép. du Lot, à 18 kil. N. de Gourdon ; 800 hab. Berceau des Fènelon.LA MOTHE-FOUQUÉ (Frédéric, baron de), né à Brandebourg, en 1777, m. en 1843, était issu d'une famille calviniste de Normandie qui avait quitté la France à cause de sa religion. Il avait pour père Henri de la Mothe-Fouqué (1698-1774), général au service du grand Frédéric, auteur de curieux Mémoires, publiés à Berlin en 1788. Après avoir servi lui-même pendant 20 ans dans l'armée prussienne, il se livra tout entier aux lettres. Il est un des représentants de l'école romantique allemande.
LA MOTHE-HOUDANCOURT (Philippe de), général français sous Louis XIII, né en 1605, m. en 1657, commanda les troupes françaises en Catalogne, 1641, battit plusieurs fois les Espagnols, et fut nommé maréchal de France, duc de Cardone, et vice-roi de la Catalogne. Vaincu devant Lérida, 1644, il fut accusé de trahison et déféré au parlement de Gwmoble. On reconnut son innocence (1648), et il fut rappelé en Catalogne, où il se distingua par sa défense de Barcelone. LA MOTHE-LE-VAYER. F. LE VAYER. LA MOTHE-SAINT-HÉRAYE, ch.-l. de c, sur la Sèvre-Niortaise. à 15 kil. N. de Melie; 2619 hab. Ëtoffes de laine, tanneries. Grains et bestiaux. Etoffes communes ; moulins à farine. Magnifique château, qui appartint à Murât, puis au maréchal Lobau. Aux env., source purgative de Grelet. ' •
LA MOTTE, v. ruinée de France (Hte-Marne), dans l'anc Lorraine, arr. de Chaumont, près d!Outremé-court. Située au sommet d'un rocher escarpé, elle passa longtemps pour imprenable; cependant elle fut prise en 1634, sur le duc de Lorraine, par le maréchal de La Force, après un siège de 5 .mois, où l'on fit pour la 1™ fois usage de la bombe. Rendue en 1641, elle fut reprise en 1645 par Villeroi et rasée.LA MOTTE (Ant, BOUDARD de), littérateur, né à Paris en 1672, m, en 1731, était fils d'un chapelier, et étudia chez les Jésuites. Il débuta par des opéras qui eurent du succès (surtout Issê, pastorale,_ Ama-dis de Grèce, et le Triomphe des Arts), et prit rang dans ce genre auprès de Quinault; il travailla aussi pour le Théâtre-Français, donna, soit seul, soit avec Boindin, quelques comédies (le Magnifique et 1'^-mant difficile, etc.), et fit représenter 4 tragédies, dont une seule, Inès de Castro (1723), est restée à la scène. Il s'exerça également avec quelque succès dans l'églogue, dans la fable, dans l'ode, dans le genre anacréontique, et composa plusieurs écrits en prose destinés pour laplupart à débattre des questions de critique littéraire. Lamotte donna lieu à une polémique très-vive par ses paradoxes contre les anciens : rabaissant le mérite d'Homère, il eut la bi-. zarre idée de vouloir corriger l'Iliade; il traduisit ce " poëme en vers, en le réduisant à 12 chants; il s'attira par là une violente querelle avec Mme Dacier. Quoiqu'il dût sa réputation à ses poèmes, il attaqua aussi la poésie comme contraire au naturel et imposant à l'auteur une gêne inutile. Il prétendit même que la tragédie gagnerait à être affranchie delà rime, et pour le prouver, ilcomposa lui-même un Œdipe en prose. Sa prose, bien que sans chaleur et sans coloris, est élégante et facile; elle est moins dure et plus naturelle que ses vers. Lamotte était de l'Académie française depuis 1710; il remplissait en outre les fonctions" de censeur dramatique. Cet écrivain était devenu aveugle vers l'âge de 40 ans, et il était perclus : ces infirmités ne nuisirent ni à ses travaux ni à son humeur : il se fit toujours remarquer par son urbanité. Ses OEuvres complètes forment 10 vol. in-12, 1754. La meilleure édition de ses Fables est celle de 1719, in-4, avec fig. de Coypel et de C Gillon. M. B. Jullien a publié en 1859 les Paradoxes littéraires de Lamotte, in-8.LA MOTTE (Jeanne DE VALOIS, cpmtesse de), intrigante qui figura dans l'affaire du collier. Connaissant la ridicule passion du çardinalde Rohan pour lareine Marie-Antoinette, elle suggéra au prélat d'acheter pour la princesse un collier de diamants du prix de 1 600000 fr., se fit livrer le bijou, en faisant croire au cardinal qu'elle lui procurerait une entrevue avec la reine (1785), et en vendit à Londres les diamants détachés. Convaincue d'imposture et d'escroquerie, elle fut condamnée à faire amende honorable, à être fouettée et marquée, etfut enfermée à la Saïpétrière. Elle trouva moyen de s'évader (1787) et se sauva en Angleterre où elle fit imprimer un libelle contre la reine. Elle mourut en 1791. Cette femme se rattachait à la famille royale des Valois par un fils naturel d Henri II. Son nom de famille était de Luz de St-RemyLA MOTTE-BECVRON, ch.-l. de c (Loir-et-Cher), sur le Beuvron, dans l'anc Sologne, à 40 kil. N. E de Romorantin; 1002 hab. Station.LAMOTTE-CHALANÇON, ch.-l. de c. (Drôme), à 24 kil. S. de Die; 1040 hab.LA MOTTE-DU-CAIRE, ch.-l. de c (Basses-Alpes), à 26 kil. N. de Sisteron; 659 hab.LA MOTTE-LES-BAINS, vge du dép. de l'Isère, à 30 kil. S. de Grenoble. Eaux thermales salines et bro-murées. Etablissement-dé bains.LA MOTTE-PIQUET (Touss. Guill.,comte de),bravs marin, né à Rennes en 1720, m, en 1791, fit 28 campagnes, de 1737 à 1783, se signala surtout àla bataille d'Ouessant (1778) et au combat de Fort-Royal (1779), captura en 178126 vaisseaux de l'escadre de G.Rodney, et fut nommé lieutenant général des armées navales.
LANA — 1037 — LANC
LAMOTTE-SERVOLEX, cb.-l. dec. (Savoie), arr. de Chambéry; 4000 bab. Jolie petite ville, située dans une plaine fertile.LAMOURETTE (l'abbé), né en 1742 à Frévent (Pas-de-Calais), était vicaire général à Arras et s'était fait connaîtreparquelques écrits philosophiques lorsqu'é-clata la Révolution de 1789. Lié avec Mirabeau, il fut nommé évêque constitutionnel de Rhône-et-Loire (Lyon) et élu en 1791 député à l'Assemblée législative. II y porta un esprit de concorde et de paix qui se manifesta surtout après la journée du 20 juin 1792 : il y avait alors scission entre les membres de l'Assemblée; Lamourette les exhorta à se réconcilier : persuadés par son discours ils s'embrassèrent les uns les autres ; mais cette réconciliation ne dura pas deux jours, et elle fut bientôt ridiculisée sous le nom de Baiser-Lamourelle. Ce député, trop modéré pour ces temps, périt sur l'échafaud en 1794. Il a laissé plusieurs écrits religieux et philosophiques, entre autres des Prônes civiques, 1790-91.LAMOUROUX (J. V. Félix), naturaliste,né en 1779 à Agen, mort en 1825, professa l'histoire naturelle à Caen, donna à cette ville de précieuses collections, et fournit de savants articles au Dictionnaire classique d'histoire naturelle. On lui doit : Dissertation sur plusieurs espèces de fucus, 1805; Essai sur les tha-lassophytes, 1813; Histoire des polypiers coralligènes, 1816; Exposition des genres de l'ordre des polypiers, 1821 ; Coursélem. de géographiephysique, 1822, etc.LAMPADOPHORLES, fêtes célébrées à Athènes et dans lesquelles les concurrents parcouraient en courant une distance de 6 stades, tenant à la main un flambeau ou une torche allumée : celui qui touchait le but sans qu'elle s'éteignit recevait un prix; dans le cas contraire, il passait la torche à un autre et se retirait. Ces courses avaient lieu 3foispar an : aux fêtes de Minerve, de Vulcain et de Prométhée.LAMPEDOUSA, en lat. Lopadusa, lie de la Méditerranée , près de la côte E. de l'État de Tunis ; 35 kil. de tour. Bon mouillage. Les îlots du Lampion et de Linosa en dépendent. Elle appartient au roy. d'Italie. Occupée quelque temps par les Anglais, cette Ile fut recouvrée par le roi de Naples en 1843. Elle sert auj. de lieu de déportation pour les condamnés politiques.
LAMPOURDAN ou LABOURD. V. LABOURB.
LAMPRIDE, Mlius Lampridius, historien latin qui vivait sous Dioclétien et Constance Chlore, a écrit les Vies de Commode, d'Héliogabale, d'Alexandre Sévère, etc. Ce qui reste de Lampride se trouve dans les Historiée augustx scriptores (Leyde, 1761), et a été trad. en franc, par de Moulines (Berlin, 1783), par Laas d'Aguen (dans la collection Panckouke, 2e sér., 1847), et par T. Baudement (dans la collection Nisard). Saumaise, Vossius et Fabricius croient que Lampride et Spartien ne sont qu'un seul et même personnage. Cet historien passe pour véridique, mais il manque de critique et de goût.LAMPSAQUE, Lampsacus, auj. Tcherdak ou Lam-psaki, v. deMysie, surlaPropontide, à l'entrée de l'Hellespont, avait pour dieu national Priape, et était renommée par ses vins. Patrie du philosophe Anaxi-mène, qui la sauva de la fureur d'Alexandre, et du géographe Straton.LAMURE, ch.-l. de c (Isère), à 38 kil. S. de Grenoble ; 3294 hab. Anthracite. Jadis v. forte.LAMURE, ch.-l. de c (Rhône), à 22 kil. N. O. de Villefranche; 1215 hab.LAN, nom des principales divisions territoriales de la Suède, signifie gouvernement ou préfecture.LANARK, v. d'Ecosse, ch.-l. du comté de Lanark, à 49 kil. O. d'Edimbourg, non loin des chutes de la Clyde; 8000 hab. Elle était jadis fortifiée. Kennet III ? tint le 1" parlement d'Ecosse, en 978. —A 2 kil. S. e voit le village de New-Lanark, remarquable oar
ses filatures de coton, fondées et organisées par D, Dale (1784), et où Robert Owen fit depuis ses essais d'organisation sociale; 2000 hab. — Le comté de L., dit aussi Clydesdale, c.-k-d. val de la Clyde, entre ceux d'Ayr et de Renfrew à l'O., de Dumbarton, Stir-ling, Edimbourg, Linlithgow au N., de Peebles àl'E., de Dumfries au S., a 88 kil. sur 53 et 430000 hab. Outre Lanark, il renferme Glasgow, Hamilton et Douglas. Montagnes, vallées et plaines fertiles ; mines de howlle. Industrie très-active.
LANCASTERou LANCASTRE, Longevicum, v. d'Angleterre, ch.-l. du comté de Lancastre, à 384 kil. N. O. de Londres, et à l'emb. de la Lane, dans la mer d'Islande ; 25 000 hab. Eglise gothique, ancien château fort, construit pour Jean de Gand, et qui sert auj. de prison, hôtel de ville, bibliothèque. Industrie assez active (chapeaux, corderie, toile à voiles, chantiers de construction); commerce encore important, mais déchu depuis l'accroissement de Liverpool. Aux environs, canal de Lancastre. — Cette ville est fort ancienne ; elle était la résidence habituelle des ducs de Lancastre. Elle souffrit pendantla guerre desDeux-Roses; mais elle s'est relevée depuis. — Le comté de Lancastre ou Lancashire, entre ceux de Cumberland et de Westmoreland au N., d'York à l'E.. de Chester au S., et la mer d'Irlande à l'O., a 110 kil. sur 44 et 1 800000 hab. Outrelav.de Lancaster, il renferme celles de Manchester, Liverpool, Preston, Bolton, Oldham, etc. Nombreuses rivières, deux lacs, sources thermales. Sol très-varié. Grains, légumesetpommes de terre;minesdefer,plomb,cuivre,houille excellente, alun, etc.; gros bétail, gibier. Industrie et commerce extrêmement actifs. Ce comté futérigé en souveraineté indépendante par Edouard III pour son 3° fils, Jean de Gand. Il fut réuni àla couronne sous Edouard IV. Le titre de duc de Lancastre, créé pour Jean de Gand, appartient, depuis Henri IV, au souverain de l'Angleterre.LANCASTER, nom commun à plusieurs v. des Etats-Unis, dont la principale est le ch.-l. d'un comté de même nom de la Pensylvanie, à 105 kil. O. de Philadelphie; 15 000 hab. (laplupart Allemands); industrie et commerce; banques, collèges, etc.LANCASTER (détroit de BARROW-ET-), détroit du Grand-Océan boréal, unit la mer Polaire à la mer de Baffin, par 15° 16' lat. N. et 86" 10' long.O.LANCASTER ou LANCASTRE (maison de), maison royale d'Angleterre, célèbre par sa rivalité avec la maison d'York, descendait d'Edouard III et portait dans son écu une Rose rouge. Edouard avait eu 4 fils : 1" Edouard, prince de Galles, qui mourut avant son père, en laissant un fils, Richard, qui régna sous le nom de Richard II (1377-99): 2° Lionel, duc de Cla-rence, qui laissa une fille, Philippine, mariée au duc de Mortimer; 3° Jean de Gand , duc de Lancastre; 4° Edmond de Langley, duc d'York, chef de la maison d'York. Henri, fils de Jean de Gand, détrôn'a Richard II, et monta sur le trône à sa place, au préjudice de la 2e branche (1399). Il régna sous le nom de Henri IV, et transmit le trône à son fils Henri V et à son petit-fils Henri VI. Sous ce dernier, Richard d'York prétendit avoir des droits au trône en vertu de l'alliance contractée par son père, Richard d'York, avec Anne de Mortimer, arr.-p.-fille de Lionel, duc de Clarence, et légitime héritière du trône après la mort de Richard II. De là une guerre sanglante, dite la guerre des Deux-Roses (V. ce mot), par suite de laquelle la maison de Lancastre fut renversée (1461), et remplacée par la maison d'York, qui compta trois rois : Edouard IV, Edouard V et Richard III. Sous ce dernier une nouvelle révolution renversa la maison d'York (1485), et porta sur le trône Henri Tudor de Richemont, qui se rattachait aux Lancastre par les femmes, et qui régna sous le nom de Henri VII. Ce prince épousa l'héritière de la maison d'York, et, confondant ainsi en sa personne les droits des deux maisons, mit fin à la guerre civile.
LANCASTER (James), aventurier anglais,, partit la
LANC — 1038— LAJND
1" fois de Plymouth en 1591, avec 3 vaisseaux armés par des marchands de Londres, accomplit plusieurs expéditions dans lesquelles il parcourut la mer des Indes, les lies de la Sonde (où il fit un traité d'alliance avec le roi d'Achem), et l'Atlantique ; prit 39 vaisseaux portugais, s'empara de Fernambouo dans le Brésil, revint chargé d'un riche butin, et mourut vers 1620. Le récit de ses voyages se trouve dans le III'vol. du recueild'Hakluyt et dans le I" de celui de Purchas. On a donné son nom à un détroit.
LANCASTER (Joseph), fondateur des faite dites à la Lancastre, né en 1778 à Southwark, m. à New-York en 1838, était maître d'école à Londres dèsl798 et appliquait avec succès la méthode d'enseignement mutuel, lorsqu'André Bell, qui avait vu pratiquer cette méthode dans l'Inde, vint lui disputerj'honneur de l'invention. Lancaster, desservi par te clergé anglican parce qu'il était quaker, vit déserter son école et fut obligé, en 1816, de passer en Amérique, où il eut à lutter contre la misère. Il avait publié en 1803 unécritquiaététrad.parleduc de La Rochefoucauld-Liancourt, sous le titre de Système anglais d'instruction, Paris, 1815.
LANCASTRE. F. LANCASTER.
LANCELOT (dom Claude), religieux de Port-Royal, né à Paris en 1615, entra à Port-Royal en 1638, fut un des principaux fondateurs des Petites écoles de Ptirl-Royal, au faubourg St-Jacques, y fut chargé de l'enseignement de la grammaire, et composa pour ses élèves plusieurs excellents ouvrages. E partagea les persécutions dont les religieux de Port-Royal furent l'objet à cause de. leur attachement au jansénisme et fut chassé avec eux de son monastère en 1660. Après avoir été précepteur du duc de Chevreuse et de deux princes de Conti, il se retira en 1673 à l'abbaye de St-Cyran, fut relégué en 1680 chez les Bénédictins de Quimperlé et y mourut en 1695. On a de lui : Nouv. méthode pour apprendre la langue latine (connue sous le nom de Grammaire latine de Port-Royal), 1644; A'ouu. méthode pour apprendre lalanguegrec-que (dite Grammaire grecque de Porl-Royaty, 1655; le Jardin des racines grecques, 1657 (fait avec Sacy) ; Grammaire italienne, 1660; — espagnole, 1660; Grammaire générale et raisonnée, 1660 (rédigée d'après les idées d'Arnauld), réimprimée en 1756 avec des notes de Duclos, et en 1803 par Petitot; une traduction de Phèdre, 1646; la Chronologie sacrée de la Bible de Sacy, etc. — Un autre dom Lancelot (Charles), 1711-1778*, atrad.Longi», 1775.—Un 3° Lancelot, Antoine, 1675-1740, membre de l'Acad. des inscriptions, a fait un Abrégé de l'Hist. «nie. de Cl. Delisle et a trad. les Amours de Daphnis et Chloé, 1731. Il avait rédigé un savant traité de la Géographie historique de la Gaule, qui est resté manuscrit.
LAHCELOT, roi de Naples. Y. LADISLAS.
LANCELOT DU LAC , héros d'un roman célèbre au moyen âge, qui fait suite au roman du St-Gréal et qui, écrit primitivement en latin par un anonyme, fut traduit au xu° siècle en langue romane par Gautier Mapes, chevalier du roi. Ce paladin était fils de Ban, roi de Brucie, et fut élevé par la fée Viviane, la dame du Lac II fut un des 12 chevaliers de la Table Ronde, conçut une vive passion pour la bejle Genièvre, femme du roi Arthur, et s'attira toutes sortes de malheurs pour avoir dédaigné la fée Morgane. Chrestien de Troyes a tiré de ce roman l'idée de son poëme de Lancelot de la Charette.LANCEROTE, une des îles Canaries, au N. E. de iortaventura : 53 kil. sur 22; 16 000 hab,; ch.-l., ïeguise. Sol volcanique, terrible éruption en 1730.LANCIANO, Anxanum, v. d'Italie (AhruzzeCit.), à 20 kil. S. I. de Chieti; 13 000 hab. Archevêché; belle cathédrale ; pont de Dioclétien. Vins muscats.LANCISI (J. Marie), savant italien, né à Rome en 1654, m. enl720, étudia avec un égal succès la médecine, la chimie, la botanique et la géométrie; fut médecin de l'hôpital du St-Esprit à Rome, professeur d'anatomie au collège de la Sapience (1684), médecin des papes Innocent XI et Clément XI. Il a publie des écrits estimés sur la médecine et l'histoire naturelle (rassemblés à Genève, 1718, 2 vol. in-4), et a légué à l'hôpital du St-Esprit une bibliothèque de 20 000 vol., à la condition qu'elle serait putlique.LANCRET (Nie), peintre de genre, né en 1690, m. en 1743, fut reçu à l'Académie en 1719 sous le titre de Peintre des fêtes galantes. Il cultivais genre un peu maniéré de Watteau, mais y déploya un talent réel, qui lui valut une grande vogue et fait encore aujourd'hui estimer ses tableaux.LANDAFF, bg de 1% principauté de Galles (Gla-morgan), à 4 kil. N. O.„de Cardiff, sur le Taff; 1200 hab. Ane évêché, cathédrale en ruines.LANDAIS (Pierre), grand trésorier de Bretagne, né à Vitré vers 1440, était fils d'un tailleur de. Vitré et n'était d'abord lui-même qu'un, simple ouvrier. Il devint valet de garde-robe du duc de Bretagne François II, se fit remarquer de son maître "par ses talents, et fut rapidement élevé aux honneurs. Il administra le pays pendant 25 ans et rendit d'émi-nents services: il signa des traités de cojnmerce avec l'Angleterre,, le Portugal, les villes hanséati-ques, l'Espagne, établit des manufactures de soieries, de tapisseries, noua des relations commerciales étendues jusque dans le Levant -t fit exécuter d'immenses constructions militaires, notamment au château de Nantes et sur plusieurs autres points de la province ; mais il eut bientôt pour ennemis les seigneurs bretons, jaloux de son crédit. Il se défit de quelques-uns et fitmourir en prison le chancelier Chauvir.; ambassadeur du duc en Francs, qui était à leur tête ; mais le duc, voyant se.s sujets prêts à se révolter, fut obligé de le sacrifier. Il fut Evré à des jugés, qui le ôondam-nèrent, comme coupabîede concussion et demeurtre, à être pendu : l'arrêt fut exécuté en 1485. Le véritable crime de Landais, aux yeux des seigneurs bretons , était d'avoir voulu préparer la réunion de la Bretagne à la France par le mariage du duc d'Orléans avec Anne, héritière de Bretagne. M. L. de Carné lui a consacré îjiie intéressante monographie dans la. Revue des Deux-Mondes (déc. 1860).LANDAK, v. de l'Ile de Bornéo, à 100 k. N. E. de Pontiana, ch.-l. d'un petit roy. tributaire des Hollandais. Mines de diamants et d'or.LANDAMMAN (pour land amtmann, bailli du pays), titre que prenait en Suisse le 1" magistrat des cantons d'Uri, Sehwitz, Unterwalden, Glaris, Zug, Appenzell, St-Gall, Thurgovie, Tèssin,Vaud, ainsi que le président de la.diète helvétique. Ce titre a été généralement remplacé par celui de président.LANDAU, v. de Bavière, sur la Queich, à 26 kil. S. O. de Spire; 6800 hab. Ville très-forte; citadelle construite par Vauban. Jadis y. impériale.,Prise et reprise sous Louis XIV. Cédée à la France en 1680 (le traité de Bade lui en confirma la possession en 1714); assiégée vamement en 1793 et 1795 ; enlevée à la France en 1815. C'est auj. une forteresse fédérale.LANDES, bg de Belgique (Liège), à 37 kil. N. O. de Liège et à 33 de Huy; 1200 hab. Pépin le Vieux dit de Landen, tige de la maison d'Héristal, y avait un palais et y mourut en 640. Eglise. Ste-fiertrude. C'est près de là que fut livrée en 1693 la célèbre bataille de Nerwinde.LANDENOLFEI, prince de Capoue de 884 à 887, avait été nommé, évêque de Càpouë en 879, bien qu'il fût marié et que le siège fût déjà occupé par un prince de sa famille. De là dés guerres civiles, que le pape Jean VIII termina en partageant le diocèse et l'autorité épiscopale entre les deux concurrents. Quand il fut parvenu à la principauté (par la mort.de son frère Pandolfe),. il renonça à l'état ecclésiastique ; mais il fut bientôt détrôné par son parent Atenolfe. — L. n, prince de Bénévent et de Capoue, succéda à son frère Landolfe VI en 982, et fut assassiné en 993 par son frère Landolfe VII, qui lui succéda.LANDERNEAU, ch.-l. de c (Finistère), à 22 kil. N. E. de Brest, sur l'Êlorn, qui a son ®mk dans la rade de Brest; 6387 hab. Collège, hospices. Papier, toile; miel estimé, poisson sec Prise en 1374 par le duc de Bretagne Jean IV.
LAND — 1039 — LA.NF
LANDES, Syrtieus ager, anc pays de France, jadis compris dans la Gascogne, à l'E. du pays des Marennes, et à l'O. de la Cbalosse et du Marsan, sur l'une et l'autre rive de l'Adour. Il se divisait en quatre vicomtes, Dax, Tartas, Aorte ou Ortevielle et Al-bret (depuis duché). Il forme actuellement une partie du dép. des Landes. — Souvent on donne le nom de Landes à toute la lisière sablonneuse qui s'étend entre Bayonne et Bordeaux. Longtemps stérile, cette contrée a pu être fertilisée depuis que les dunes, mobiles jusque-là, ont été fixées par des plantations de pins (V. BREMONTIER). — Les habitants des Landes, étant dans la nécessité de traverser des sables et des marais, sont presque toujours montés sur des échasses.LANDES (dép. des), dép. maritime, entre ceux de la Gironde au N., des Basses-Pyrénées au S., du Gers et de Lot-et-Garonne à l'E. : 9093 kil. carr. ; 309 832 h. ; ch.-l., Mont-de-Marsan. 11 est formé du pays des Landes (en Gascogne) et de portions de la Chalosse, du Cendomais, de la Guyenne et du Béarn. Fer, marbre, grès, pierres de taille, pierres meulières, lithographiques, terre-à porcelaine, pouzzolane, bitume, tourbe, etc. Le pays, couvert de landes et de bruyères au N. et à l'O. de l'Adour, est cependant assez fertile au S. et à l'E. de cette rivière : grains, bons vins, safran , etc. ; chevaux, porcs dits de bois (à chair fine), volaille, gibier. Industrie : exploitation des pins maritimes, des sapins et chênes-liégesqui couvrent les landes ; hauts fourneaux, verreries, tanneries; toiles ; jambons. — Ce dép. se divise en 3 arrond. (Mont-de-Marsan , Dax , St-Sever), 28 cantons et 333 communes; il appartient à la 13e div. militaire, ressortit à la cour impér. de Pau et forme le diocèse d'Aire.LANDGRAVE (de l'ail, land, terre, pays, etgraff, comte), nom donné originairement à des comtes qui rendaient la justice au nom de l'empereur, puis à des princes souverains. En 1130, Louis III, possesseur de la Thuringe, prit le premier le titre de landgrave comme synonyme de souverain, exemple qui fut suivi par Thierry, comte de Basse-Alsace (1137), par Albert de Habsbourg, comte de Haute-Alsace (1186), et par plusieurs autres. Auj. il n'y a de landgraves que les princes de la maison de Hesse.LANDIT, foire célèbre qui s'ouvrait jadis à Paris et à St-Denis le 1er lundi après le 11 juin, jour de la St-Barnabé. Cette foire est fort ancienne : on la fait remonter au temps de Charlemagne, qui l'aurait instituée d'abord à Aix-la-Chapelle, d'où elle aurait été transférée à St-Denis; elle fut régularisée en 1109. L'évêque de Paris en faisait l'ouverture avec solennité , et le recteur de l'Université s'y rendait en grande pompe, avec les régents et les écoliers des collèges de Paris : il venait lever un droit sur tout le parchemin exposé en vente, et faire la provision des collèges. Dès le commencement du xvie s., l'évêque et le recteur cessèrent d'aller ouvrir le Landit ; mais, jusqu'à la Révolution, les éeoliers continuèrent de s'y rendre en partie de plaisir : le Landit n'était plus pour eux qu'un congé. On fait dériver le mot Landi ou Landit du latin locus indictus, c-à-d. lieu indiqué, prescrit. Auj. le Landit n'existe plus que comme foire aux moutons : cette foire dure du U au 19 juin.LANDIVISIAU,eh.-l. de c (Finistère), à 23 kil. S. O. de Morlaix; 3304 hab. Toiles, tanneries.LANDIVY, ch.-l. de c (Mayenne), à 40 Ml. N. O. de Mayenne; 2104 hab. Bestiaux et toiles.LANDOLFE, nom de.plusieurs princes lombards qui régnèrent à Capoue ou à Bénévent de 846 à 1077. L. I, prince de Capoue, se révolta en 840 contre le prince de Bénévent, et forma à Capoue une principauté indépendante. — L. III réunit en 910 les duchés de Capoue et de Bénévent, et conquit la Pouille sur les Grecs. — L. VIII régna sur Capoue dès 1050, fut chassé de cette ville par les Normands en 1062, eî ne régna plus depuis que sur Bénévent. IÏ m. en 1077 : il fut le dernier des princes lombards de Bénévent.LANDON (C. P.), peintre et littérateur, conservateur des tableaux du Musée _duLouvre, né vers 1760, mort en 1826, a laissé, outre quelques tableaux estimés, plusieurs ouvrages utiles : Annales du, Musée et de l'École moderne des Beaux-Arts, Paris, 1801-17, 29 v. in-8; Vies et OEuvres des peintres les plus célèbres, 1803-17, 22 v. in-4; Description historique de Paris et de ses édifices, avec un Précis historique parLegrand, 1806-9, 12 vol. in-8; Galerie des hommes les plus célèbres, contenant des portraits au trait et des notices, 1805-8,13 vol* in-12; Recueil des ouvrages de peinture et de sculpture qui ont concouru pour les prix décennaux, 1816, in-8.LANDRECIES, ch.-l. de c (Nord), sur la Sambre, à 19 kil. O. d'Avesnes; 3720 hab. Place forte. Station du ch. de fer du Nord. Genièvre, chandelles, bouteilles; dépôt de charbon de Charleroi et d'ardoises de Fumay. — François I la prit en 1543 sur les Impériaux. Cédée à la France en 1659, elle fut fortifiée par Vauban. Elle resta au prince Eugène en 1712; fut prise par les Autrichiens en 1794, mais reprise la même année par les Français.LANDRI ou LANDRY, seigneur de la cour de Chil-péric, roi de Neustrie, était l'amant de la reine Fré-dégonde, et tua Chilpéric à l'instigation de cette criminelle princesse (584). Maire du palais en Neustrie pendantla minorité de Clotaire II, fils de Chilpéric, il défendit ce prince contre son cousin Childebert, roi d'Austrasie, qu'il battit en 593.LANDRI (S.), évêque de Paris sous Clovis II, signala sa bienfaisance dans la famine de 651, et fonda l'Hôtel-Dieu. On le fête le 10 juin.LANDRIANO, vge d'Italie (Vénétie), à 15 kil. N. E. de Pavie; 2000h.Les Impériaux, commandés par Antoine de Lève, y vainquirent les Français en 1529.LANDSBERG.v. desEtatsprussiens(Brandebourg), à 79 kil. N. E. de Francfort, sur la "Wartha; 13 000 hab. Maison de détention, hospice d'aliénés. Papier, drap, lainages, cotonnades. Navigation active.LANDSBERG, murée de Bavière, sur le Lech, à 50 kil. S. O. de Munich; 3000 hab. Jadis collège de Jésuites. Prise par les Français en 1646 et en 1800.LAND'S-END (c-à-d. fin de la terre), Boleriwm prom., cap d'Angleterre (Cornouailles), forme l'extrémité S. O. de l'Angleterre.LANDSER, jadis Lands-Ehre, c-à-d. honneur du pays, bgd'Alsace-Lorraine.àlikil. N. E. d'Altkirch; 512 hab. Jadis ch.-l. d'une seigneurie qui appartenait à la maison de Habsbourg.LANDSHUT, v. murée de Bavière (Hte-Bavière), à 60 kil. N. E. de Munich; 10000 hab. Château dit le Bâtiment-Neuf; église de St-Martin dont le clocher a 152°'; université longtemps célèbre (transférée en 1826 à Munich); biblioth., amphithéâtre, laboratoire chimique. Aux env., château de Trausnitz. Les Français ont pris Landshut en 1796, 1800, 1805 et 1809.LANDSHUT.V. des États prussiens (Silésie), au.confluent du Bober et du Zieder, à 45 kil. O. de Reichen-bach ; 4500 hab. Trib. Fondée en 1249. Laudon y battit en 1760 Frédéric II, prit et pilla la ville.LANDSKRONA, v. de Suède, à 33 kil. N. de Mal-mœ, sur le Sund; 4000 hab. Citadelle, port excellent ; station de la marine suédoise. Gants, savon, etc. Souvent prise et reprise parlesDanois et les Suédois; elle appartient aux derniers, depuis 1677.LANDSTURM et LANDWEHR, milices allemandes. V. ces mots au Dict. unie, des Sciences.LANFRANC, archevêque de Cantorbéry, né à Pavie en 1005, enseigna le droit à Bologne, à Pavie, puis à Avranches, et entra en 1042 dans l'abbaye du Bec, dont il fit bientôt une des, écoles les plus célèbres pour les lettres et les études théologiques. Devenu conseiller intime du duc de Normandie Guillaume le Bâtard, il en obtint l'abbaye de St-Étienne de Caeïi, et fut promu à l'archevêché de Cantorbéry lorsque ce prince eut fait la conquête de l'Angleterre. Laufrans
LANG — 1040 — LÂNG
contribua puissamment à répandre le goût des études dans ce pays encore barbare, bâtit des églises fonda, et dota des hôpitaux, et tint plusieurs conciles. Après la mort de Guillaume I, il couronna son fils Guillaume le Roux, alors âgé de 13 ans, et éclaira le jeune prince de ses conseils. Il mourut en 1089, universellement respecté. Lanfranc eut de vives disputes avec Bérenger sur la transsubstantiation. Ses OEuvres ont été publiées par dom Lucd'Achéry, Paris, 1648, et par Giles, Londres, 1848. M. Charma a donné une Notice sur Lanfranc, Paris, 1850.
LANFRANC, chirurgien de Milan, né vers 1250, s'expatria par suite des querelles des Guelfes et des Gibelins, vint à Paris vers 1295, y pratiqua la chirurgie avec le plus grand succès, et releva cet art, longtemps abandonné aux barbiers. Un collyre qu'il prescrivait contre les ulcérations de la gorge a gardé son nom. On a de lui Chirurgia magna et pana, Ven., 1490.LANFRANC (Jean), peintre italien, élève des Carra-che, né à Parme en 1581, mort en 1647, excellait à peindre les coupoles : ses peintures ont un grand relief. Le Musée du Louvre possède 4 de ses tableaux : Agardansle désert,SaintPierre, Saint Paulet Saint Augustin. Il a gravé à l'eau forte la Bible de Raphaël.LANGE (Jean), jurisconsulte et philologue, de Frey-stadt, dans le duché de Teschen, 1503-67, a traduit en latinNiciphore CallisteetS. Justin. — JosephL., de Kaisersberg (Hte-Alsace), professeur à Fribourg en Brisgau , m. en 1630, a publié divers recueils de sentences et pensées : Adagia, Strasb., 1596 ; Flori-legium, 1598; Polyanthea, 1600; Anthologia, 1615. Il a aussi donné des éditions de ifartt'al, Juvenal et Perse. — Laurent L., Suédois au service de la Russie, fit par ordre du czar plusieurs voyages à Pékin de 1715 à 1736, et en donna d'intéressantes relations.LANGEAC, ch.-l. de c (Hte-Loire), à 28 kil. S. E. deBrioude; 3214 hab. Houille, antimoine, pierres meulières, etc. Beau pont sur l'Allier.LANGEAIS, Alingania, Lingiacum, ch.-l. de c (Indre-et-Loire), à 20 kil. N. E. de Chinon, près de la.Loire; 1705 hab. Station du ch. de fer de Tours à Nantes; Vieux château bâti en 992, restauré au xin" s, par Pierre De Brosse. Toiles, tuileries, melons renommés. C'est dans cette ville que furent mariés Charles VIII et Anne de Bretagne (1491). La terre de Langeais appartint aux maisons d'Effiat et Du Bellay.LANGEBECK (Jacques), savant danois, né à Skiold-borg (Jutland) en 1710, m, en 1775, était membre des Académies roy. de Suède et de Copenhague, garde des archives du royaume, conseiller de justice et conseiller d'État. Il entreprit une Collection des iirivains danois du moyen âge, en latin, et en dsnna les 3 premiers vol, 1772-75; elle a été portée après lui à 9 volumes, 1776-1839.LANGFXAND (c-à-d. longue terre), île du Danemark, entre celles de Seeland, Laaland et Fyen; 50 kil. sur 10; 12 000 hab.; ch.-l. Rudkiœbing.LANGENBOURG, v. du roy. de Wurtemberg (Iaxt), à 22 kil. N. E. de Hall; 900 h. Résidence des princes de Hohenlohe-Langenbourg.LANGENSALZA, v. des Etats prussiens (Saxe), à 26 kil. N. O. d'Erfurt, sur la Salza; 9000 h. Soc d'agriculture, établissement d'instruction; soieries, lainage, etc.; grains, eau-de-vie; commerce de transit avecLubeck, Hambourg, Brème. —Les Prussiens y défirent en 1760 les Français et les Saxons.
LANGEY. V. LANGEAIS 'et DU BELLAT. LANGHJS. V. LANGE.
LANGLÉ (Franc. Marie), compositeur, né en 1741 à Monaco, d'une famille française, mort en 1807, fut l'élève de Léo (à Naples), vint à Paris en 1764, se fit remarquer par des morceaux composés pour les concerts spirituels, devint en 1784 professeur à l'Ecole royale de chant et de déclamation, forma des élèves distingués, entre autres Dalayrac, et fit la musique de plusieurs opéras, dont le plus connu est Corisan-dre, 1791. On lui doit un Traité d'Harmonie, 1797, et un Traité de la Fugue, 1805. — Son fils, Ferdinand Langlé, né en 1798, s'est fait connaître comme un de nos plus spirituels auteurs dramatiques.LANGLÈS (L. Matthieu), orientaliste, né en 1763, mort en 1824, étudia profondément la plupart des langues de l'Orient, devint professeur de persan et de malais à l'école spéciale des langues, à Paris, et conservateur des manuscrits orientaux de la Bibliothèque royale. Il a traduit les Instituts politiques et militaires de Tamerlan, 1787.; des Fables et.Cot.lcs indiens, 1790; a publié le Dictionnaire tartare et français qu'avait rédigé le P. Amiot, 1790, les ilfo-num'ents de l'Indostan, 1821, et une foule d'autres savants ouvrages sur les langues orientales. ~
LANGLEY (Edmond de). V. TORK. LANGLOIS (Eustâche Hyacinthe), peintre, dessinateur, graveur et antiquaire, élève de David, né en ( T77 au Pont-de4'Arche, m. en 1837, s'occupa ave* passion de l'archéologie. On a de lui : Monuments, sites et costumes'delà Normandie; La Calli-raphie des manuscrits du moyen âge; Description istorique des maisons de "Rouen; Mémoire sur la peinture sur verre; Notice sur le tombeau desÉnervés et sur l'abbaye deJumiêges; l'Abbaye de St-Wandrille; Essai sur les Danses des morts (posthume). — Jér. Martin Langlois, peintre d'histoire, membre de l'Institut, né à Paris en 1779, m. en 1838, a laissé: Cas-sandre au pied de la statue de Minerve, 1817; Alexandre cédant Campaspe à Âfelles, 1817; Diane et En-dymion, etc. — Un 3" peintre du nom de Langlois, Jean Charles, anc colonel d'état-major, né en 1789, s'est illustré comme peintre de batailles, a perfectionné les panoramas et a exécuté en ce genre les Batailles de la Mosliowa, d'Eylau, des Pyramides, • le Combat de Navarin, etc., qui ont attiré la foule.
LANGLOIS (Sim. Alex.), orientaliste, né à Paris en 1788, m. en 1854, parcourut les divers degrés de l'enseignement public, et devint inspecteur de l'Académie de Paris. Profondément versé dans l'étude du sanscrit, il fut élu en 1835 membre de l'Académie des inscriptions. On a de lui : Monuments littéraires de l'Inde, 1827, où l'on trouve un tableau de la littérature sanscrite; Chefs-d'œuvre du théâtre indien, trad. de l'anglais de Wilson, 1828; le Rig-Yéda ou le Livre des hymnes, trad. du sanscrit, 1849-52.
LANGOBARDI, peuple ancien. V. LOMBARDS.
LANGOGNE, ch.-l. de c. (Lozère), près des sources de l'Allier et à 49 kil. N. E. de Mende ; 2387 h. Petit séminaire. Martinets à cuivre.LANGON, Alingo, ch.-l. de c (Gironde), à 14 k. N. de Bazas; 2854 h. Charmante position. Bons vins, dits de Grave. Pont suspendu sur la Garonne.LANGRES, Andomatunum, puis Lingones, ch.-l. d'arr. (Hte Marne), à 35 kil. S. E. de Chaumont, sur une montagne, près de la Marne ; 7848 hab. Ëvêché. Trib. de 1™ instance;' collège, séminaire. Citadelle très-forte ; enceinte fortifiée. Cathédrale, belle promenade de Blanche-Fontaine : bibliothèque ; coutellerie renommée, vinaigres, bougies. Commerce de meules d'émouleur et de pelleteries. Patrie de Sabi-nuset d'Ëponine, de Barbierd'Aucour, de Diderot, du poète comique Roger, de St-Allais.-^-Langres est une v. très-ancienne. Capit. des Lingones, elle devint florissante sous les Romains. Prise et brûlée parles Vandales (407), puis par Attila (551), elle fit ensuite partie du roy. de Bourgogne et devint ch.-l. d'un comté particulier. Hugues III, duc de Bourgogne, la donna à Gautier, son oncle, évêque de Langres, en faveur duquel elle fut érigée en duché-pairie par Louis VII ; elle obtint une charte de communs en 1153. Elle se déclara contre la Ligue au xvr» siècle et fut occupée par les alliés en 1814. Ses fortifications, qui datent de 1362, ont été plusieurs fois ruinées et relevées. Elles ont été rétablies en dernier lieu en 1842_.LANGSIDE, vge d'Ecosse (ReDfrew), à 3 k. S. de Glasgow. Les troupes de Marie-Stuart y furent défaites par le comte de Murray (1568). C'est après cette bat. que Marie s'embarqua pour l'Angleterre..
LANGTON (Etienne), prélat anglais, étudia à l'U»
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mversité de Paris, et devint chancelier, cardinal et archevêque de Cantorbéry (1207) ; il se déclara contre Jean sans Terre, et se joignit à la noblesse pour obtenir de lui la Grande-Charte (1215). Il mourut en 1228. On a de lui une Histoire de la translation du corps de Thomas de Cantorbéry, Bruxelles, 1683.
LANGUEDOC, Occitania, anc grand-gouvt de la France, le plus vaste après celui de Guyenne-et-Gas-cogne, avait pour bornes : au N. le Forez, le Lyonnais et l'Auvergne; au S. le Roussillon et le comté de Foix ; au S. E. la Méditerranée, à l'E. le Rhône qui le séparait de la Provence et du Dauphiné ; à l'O., le Rouergue avec le Quercy, l'Armagnac, le Com-minges et le Conserans ; capit. Toulouse. On distinguait : l°le Languedoc propre, qui se subdivisait lui-même en Bas-Languedoc (diocèses d'Uzès, de Nîmes, d'Alais , de Montpellier) ; Ht-Languedoc (diocèses de Toulouse, Comminges languedocien, Lauraguais, Sault, Carcassez, Rasez); Littoral (diocèses d'Agde, de Béziers, de Narbonne) ; 2" les provinces annexes : Vivarais, Vélay, Gévaudan, Albigeois et Quercy languedocien. Ce pays forme aujourd'hui les dépts de l'Ardèehe, de l'Aude, du Gard, de la Hte-Garonne, de l'Hérault, de la Hte-Loire, de la Lozère et du Tarn. Il est traversé par une chaîne de montagnes à peu près parallèles au cours du Rhône et aux côtes de la Méditerranée, qui comprend les Cévennes et les monts du Vivarais ; il est arrosé par une partie de la Loire, du Rhône et de la Garonne, par l'Ardèehe, l'Ouvèze, le Gard, l'Allier, le Lot, le Tarn, l'Aude, l'Orb, l'Hérault. Climat varié suivant les hauteurs, chaud et délicieux en approchant de la mer. Grande fertilité, plantes du midi dans les lieux bas, pâturages et belles forêts dans les montagnes; vignobles excellents (Frontignan, Lunel, etc.) ; eaux-de-vie renommées. — Le Languedoc correspond en grande partie à la Narbonnaise lre des Romains (V. NARBON-NAISE), appelée plus tard Septimanie (V. ce nom). Les Visigoths, qui s'en emparèrent au v* siècle, lui donnèrent le nom de Gothie. Dans le vin" siècle les Sarrasins l'occupèrent un instant ; mais ils en furent chassés par Charles Martel, Pépin et Charlemagne. Le Languedoc forma dès lors sous la domination des Francs le duché de Septimanie, qui devint bientôt indépendant; il se confondit au Xe s. avec le comté de Toulouse (V. TOULOUSE). A la suite de la croisade contre les Albigeois, Amaury de Montfort, à qui le comté avait été dévolu, le céda au roi de France Louis VIII, et cette cession fut confirmée en 1229 par un traité entre Raymond VII et S. Louis. Ce dernier mit son frère Alphonse en possession du Languedoc; mais Alphonse étant mort sans enfants, la province fut réunie à la couronne par Philippe le Hardi (1271). C'est surtout à partir de cette époque que l'on désigna cette province sous le nom de Languedoc, nom qui s'étendait d'abord à tous les pays où l'on parlait la langue d'oc (ou langue toulousaine) par opposition aux pays situés au nord de cette contrée et où l'on parlait la langue d'oïl (ces deux mots oc et où sont les deux manières dont s'exprimait le mot oui dans les deux langues). L'Histoire générale du Languedoc a été écrite par dom Vaissette et dom Bourotte, 1730-35.
LANGUEDOC (Canal du). V. MIDI (Canal du). LANGUE D'OÏL. V. la fin de l'art. LANGUEDOC.
LANGUET (Hubert), diplomate et publi ciste, né en 1518 à Vitteaux (Bourgogne), m. en 1581, passa de bonne heure en Allemagne, s'y lia avec Camera-riuset Mélanchthon et embrassa la Réforme. L'électeur de Saxe l'employa dans plusieurs négociations et l'envoya en France. Il se trouvait à Paris à l'époque de la St-Barthélemy, et sauva plusieurs victimes au péril de sa vie. On a de lui un traité devenu célèbre à cause de la hardiesse des idées : Vindicix contra tyrannos, publié sous le nom de JuniusBru-tus, 1579 (trad par François Etienne, sous ce titre: De lapuissance légitimedu prince, Bâle, 1581): il y discute les cas où l'insurrection devient légitime.
M. H. Chevreul a publié 3. Languet, étude sur le XVIe siècle, Paris, 1856.
LANGUET DE GERGY(J. B. Joseph), curé de St-Sul-pice, né à Dijon en 1675, m. à Paris en 1750, obtint sa cure en 1714 et fît achever l'église de St-Sulpice dont la construction, commencée en 1646 par le curé Olier (V. ce nom), avait été interrompue pendant plus de 50 ans. Il réussit à rassembler les fonds nécessaires à cette grande entreprise, en stimulant le zèle de ses riches paroissiens et en employant même quelquefois d'ingénieux subterfuges. Les constructions furent achevées en 1745. Languet se fit chérir par son inépuisable charité et par ses bonnes œuvres.—Son frère, J. Joseph L., 1677-1753, évêque de Soissons (1715), puis de Sens (1730), prit une part fort active aux que< relies religieuses de l'époque, et fut grand adversaire des Jansénistes. On a de lui, entre autres écrits une Vie de Marie Alacoque. Il était de l'Académie fran« çaise; Buffon, qui lui succéda, ne dit pas un-mot de lui dans son discours de réception.LANJUINAIS (J. Denis), député et pair de France, né à Rennes en 1753, mort à Paris en 1827, fut reçu avocat par dispense d'âge à 18 ans, obtint au concours la chaire de droit ecclésiastique à Rennes à 21 ans, fut élu en 1789 député du Tiers aux États généraux , prit une part active aux délibérations de l'assemblée, et travailla surtout à la rédaction de la constitution civile du clergé; cependant il parla contre le décret qui déclarait tous les biens du clergé biens nationaux. Porté à 5a Convention en 1792, il y lutta courageusement contre le* Jacobins, s'éleva avec force contre les massacres de septembre, et réclama pour Louis XVI, lors du procès du roi, les garanties dues à tout accusé. Il fut lui-même décrété •d'accusation et mis en état d'arrestation ; mais parvint à s'échapper et se réfugia à Rennes, où il resta caché 18 mois. Rappelé à la Convention en 1795, il en fut nommé président. En l'an iv, il fut porté au Conseil des Anciens par 73 départements; par une singulière vicissitude, il ne fut pas renommé l'année suivante. Il fut appelé au Sénat en 1800, s'y prononça contre le consulat à vie, et n'en fut pas moins créé plus tard comte de l'empire. En 1814, il adhéra à la déchéance de Napoléon, et fut nommé pair par LouisXVIII. Lanjuinaisse montra constamment l'adversaire des privilèges et le défenseur des libertés publiques. Dans les affaires ecclésiastiques, dont il s'occupa surtout, il porta l'esprit janséniste dont il était imbu. Ses Œuvres complètes forment 4 vol. in-8, Paris, 1832. Ses Constitutions de la nation française (1819) étaient l'ouvrage le plus complet qui eût paru jusque-là sur notre droit constitutionnel.— Son second fils, Victor (1801-1872) fut ministre de l'agriculture sous la présidence de L. Napoléon (juin-octobre 1849), puis député au Corps législatif.LANMEUR, ch.-l. de c (Finistère), à 16 kil. N. E. de Morlaix ; 2693 hab. Commerce de gjains.LANNEAU (P. A. Victor de), célèbre instituteur,' né en 1758, à Bard, près de Semur (Côte-d'Or), d'une famille noble de Bourgogne, mort en 1830, entra dans la congrégation des Théatins, fut principal du collège de Tulle, puis vicaire épiscopal à Autun (1791), devint maire de cette ville, fut élu en 1794 député suppléant à l'Assemblée législative, vint alors se fixer à Paris, remplit quelque temps les fonctions de sous-directeur au Prytanée (auj. lycée Louis-le-Grand), et fonda en 1798, dans les bâtiments alors abandonnés de l'ancien collège Sainte-Barbe, une institution qui devint bientôt et qui est encore aujourd'hui la plus florissante de la capitale. Inquiété sous la Restauration parce qu'il s'était marié (quoiqu'il ne l'eût fait qu'avec autorisation du pape), il se vit obligé de mettre son établissement sous un nom emprunté. Lanneau avait su à la fois se faire chérir et respecter de ses élèves. Les Barbistes ont, après sa mort, formé entre eux une association qui a pour but de continuer son œuvre en faisant prospérer la maison qu'il a fondée. Il a laissé quelques ouvrages classiques
H. fift
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et uns intéressante Correspondance, dont une partie a été publiée par un de ses fils, M. Eugène de Lan-neau (Paris, 1851, in-8). M. L. Quicherat a publié une Notice sur V. de Lanneau.
LANNEMEZAN, ch.-l. de c (Htes-Pyrénêes), à 26 k. N. E. de Bagnère de Bigorre. près de la source du Gers, 1369 hab.LANNES (Jean), duc de Montebello, l'un des plus intrépides généraux français, né en 1789 à Lectoure (Gers), était fils d'un simple garçon d'écurie, et apprit d'abord l'état de teinturier.'ll s'enrôla en 1792 comme volontaire, obtint par son courage un avancement rapide, fut nommé colonel dès 1795,se signala surtout en Italie, où il servit sous Bonaparte, fut fait général de brigade en 1797, et eut une part brillante à la prise de Mantoue et à la bataille d'Arcole. Il accompagna Bonaparte en Egypte, revint avec lui et le seconda au 18 brumaire. Envoyé denouveauen Italie en 1800, il se couvrit de gloire à Montebello, et quelques jours après contribua puissamment à la victoire de Marengo. Napoléon, dès qu'il fut sur le trône, le créa maréchal de l'Empire et duc de Montebello. Dans la campagne d'Allemagne (1805-1806), Lannes commanda l'avant-garde et rendit les plus grands services dans les batailles d'Austerlitz, d'iéna, d'Eylau, de Friedland; mais il fut blesse mortellement à celle d'Essling (22 mai 1809), et expira peu de jours après, après avoir été amputé des deux jambes. Son corps fut transporté au Panthéon. Son courage bouillant l'avait fait surnommer Lannes ÏAjax, le Roland moderne. Lectoure lui a élevé une statue. Le maréchal Lannes a laissé deux fils : Napoléon L., duc de Montebello (1801-1874), créé pair de France par Louis XVIII en 1815, et qui fut successivement ambassadeur en Suisse, à Naples et à St-Pétersbourg. ministre des affaires étrangères (1839) et de la marine (1847) ; et Gustave L., né en 1804, général de division et aide de camp de Louis-Napoléon pendant sa présidence et depuis l'Empire.LANNILIS, ch.-l. de c (Finistère), à25 kil. N. de Brest; 3094. Poteries de terre.LANNION, Alauna, ch.-l. d'arr. (Côtes-du-Nord), sur le Guer, près de son emb. dans la Manche, et à "5 k. N. O. de Saint-Brieuc; 6213 h. Collège. Grains, bestiaux et chevaux. Eaux minérales.LANNOY, Âlnetum, ch.-l. de c (Nord), à 12 k. E. de Lille; 1600 hab. Jadis ville forte; souvent prise et reprise. A la France depuis 1667.LANNOY (Cli. de), d'une des plus illustres maison? de Flandre, né vers 1470, se distingua au service de l'Autriche sous les règnes de Maximilien I et de Charles-Quint; fut^iommégouverneurdeTournay en 1521, vice-roi de Naples en 1522, eut le commandement général des armées impériales après la mort de Prosper Colonna, en 1523, et s'immortalisa à la journée de Pavie. où François I fut vaincu et faitpri-sonnier (1525) : le roi ne voulut rendre son épée qu'à lui. Lannoy mourut à Gaëte en 1527. — Son fils, Ferdinand de "Lannoy, 1610-79, fut à la fois un militaire et un savant distingué : on lui doit de bonnes cartes de la Bourgogne et de la Franche-Comté ; on lui attribue l'invention des pièces de montagnes.LA NOUAILLE, ch.-l. de c (Dordogne), à 50kil. S. E. de Nontron ; 604 hab. Forges.LA NOUE (François de), dit Bras de fer, fameux capitaine calviniste', né en Bretagne en 1531, fit d'abord la guerre en Italie et dans les Pays-Bas. Quand lesguerresde religion eurent commencé en France, il se mit à la tête d'un parti de Calvinistes, prit Orléans et Saumur en 1567, et fut chargé du commandement de LaRochelle. Ayant tenté d'amener les Ro-chelois à rester en paix avec la cour (1572), il devint suspect à 3es coreligionnaires, et se vit obligé de passer dans le camp du duc d'Anjou; il préserva ce princed'un complot formé contre lui par le duc d'A-lençon. Mais il se réconcilia bientôt avec le parti réformé, fit de La Rochelle une place redoutable, servit Henri III et le roi de Navarre, réunis contre la Ligue,
et battit le duo d'Aumale. Envoyé par Henri IV avec le titre de lieutenant général contre le duc de Mer-cœur en Bretagne, il fut blessé mortellement au siège de Lamballe en 1591. OE a de La Noue âes Discours politiques et militairesr Bâle, 1587, in-4: des Mémoires, qui renferment des faits intéressants, et qui se trouvent dans les collections Petitot etMichaud; et des Remarques sur l'Histoire de Guichardin, en marge de la traduction française de Chomedey, Paris, 1568. Ses Lettres ont été publiées par M Kerwyn de Volkerbeke, Gand, 1854.— Son fils, Odet de La Nous, servit sous Henri IV; c'est à lui que Henri dit un jour : <t La Noue, il faut payer ses.dettes, je paye bien les miennes ; J> et en même temps ce bon roi lui remit de riches pierreries.
LANOUE (Jean SAUVE, dit), acteur et auteur, né à Meaux en 1701, mort en 1761, débuta dans la tragédie à Fontainebleau en 1742, fut reçu au Théâtre-Français ;_ fit représenter en 1746, pour le mariage du dauphin, Ziluca, comédie-ballet, qui réussit, obtint la place de répétiteur des spectacles des petits appartements et la direction du théâtre du duc d'Orléans à St-Cloud. On a de lui, outre Zélisca, les Deux Bals, 1734; le Retour de Mars, pièce de circonstance, 1735; Mahomet 11, tragédie, 1739; la Coquette corrigée, comédie. 1755 : c'est le meilleur de ses ouvrages. Ses OEuwes ont été publiées à Paris, 1765.
LANSDOWNE(G.GBAÏ*VILI,E. vicomtede), F.GRAN VILLE. '
LANSLEBOURG, eh,-l. de c(Savoie),arr. deSt-Jean deMaurienne; 1600 hab. C'est là que commence l'ascension au Mont-Cenis.LANSQUENETS (de l'allemand lands-kneçkt, serviteur de la terre). On appelait ainsi dans l'origine les , valets d'armée qui accompagnaient les retires ou cavaliers allemands ;ces hommes formèrent dans la suite des bandes de soldats mercenaires, presque tous allemands. Maximilien I les organisa en corps réguliers. Charles VIII et Louis XII ont presque toujours eu des lansquenets dans leurs'armées. Ils disparurent après la formation de3 armées permanentes ; cependant Henri IV en avait encore à Ivry, en 1590.LANTA, ch.-l. de c. (Hte-Garonne), à 22 kil, N. de Villefranche ; 1710 hab.LANTARA (Sim. Mathurin), peintre français, né en 1729 au village d'Oncy (Seme-et-Oise), ayait reçu de la nature un grand talent; mais son goût pour la
Ê aresse et la débauche l'empêcha de le porter aussi aut qu'il l'aurait pu : il vécut dans l'indigence, passant la plus grande partie de son temps au cabaret, et mourut à l'hôpital de la Charité à Paris en 1778, âgé de moins de 50 ans. Il peignait le paysage, et excellait surtout à représenter les différentes heures du jour : sous ce rapport il rappelle Claude Lorrain. Ses œuvres les plus connues sont : la Rencontre fâcheuse, le Pêcheur amoureux, l'Heureux baigneur, la Nappe d'eau, etc. Sa Biographie a été écrite par B. de La Chavignerie, 1852.
LANTIER (Et. Fr,), écrivain, né en 1734 à Marseille, m. en 1826, servit dans la cavalerie, puis quitta les armes pour les lettres, et passa la plus grande partie de sa vie à Paris dans.la société des gens de lettres et des femmes d'esprit. On a de lui quelques comédies (le Flatteur et l'Impatient, 1778), ainsi que de jolis contes en vers et en prose ; mais il est surtout connu par son Voyage i'Ânténor en Grèce et en Asie, 1798, 3 vol. in-8, souvent réimprimé. Ce rorhan, qui l'a fait justement surnommer VAnacharsis des boudoirs, est une espèce de supplément à l'ouvrage de Barthélémy, mais il est lien inférieur; l'auteur y a traité surtout de la partie galante ot licencieuse des
! mœurs grecques. Il a paru à Paris en 1836jme édit. i compacte des OËuvres as Lantier, gr. in-8. K% col. I LANUVIUM,auj. Cwita diLavigna, v. dur Latium,
à 24 kil. S. de Rome, à droite de la voie Appienne. Junon Sospita y était particulièrement adorée. Ses habitants reçurent des Romains le droit de crté,maisils gardèrent en même temps leurs coutumes du temps de CiceTon, us nommaient encore un dictateur. Patrie d'Antonin le Pieux.
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LANVOLLON. ch.-l. de c (Côtes-du-Nord), à 24 kil. N. O. de St-Brieuc; 1094 h.LANZI (l'abbé Louis), savant jésuite italien, né en 1732 à Monte-del-Olmo, près de Macerata, mort à Florence en 1810, était conservateur de la galerie de cette ville. C'est un des plus grands archéologues et des plus habiles philologues de l'Italie. On lui doit le Cabinet étrusque de Florence, qu'il disposa dans un ordre admirable, et 28 ouvrages estimés, dont les principaux sont : Saggio di lingua etrusca, e di altre antiche d'Italia, Rome, 1789; De' vasi antichi dipenti, chiamati etruschi, Florence, 1806; Storia pittorica délia Italia, 1795 (4° édit-, 1815), trad. en fr. en 1824 ; Sculptura degli antichi, 1824 (2e éd.), avec la Vie de l'auteur, par Inghirami. Ses Opère pos-tume ontété publiées par Boni, Florence, 1817.LAOCOON, fils de Priametd'Hécube, était grand prêtre d'Apollon. La veille de la ruine de Troie, il s'opposa à ce que le cheval de bois construit par les Grecs fût introduit dans les murs, et le frappa d'un javelot. Le jour même, tandis qu'il faisait un sacrifice, il fut étouffé avec ses deux fils, Antiphatès et Thymbréus, par deux énormes serpents. Cette fin tragique passa pour une vengeance de Minerve. La mort affreuse de Laocoon a fourni à Virgile le sujet d'undes plus beaux passages ieV Enéide (livre II, 201-227) ; c'est aussi le sujet d'un des plus beaux groupes que nous ait légués l'antiquité. Ce groupe avait été commandé par Titus auxtroissculpteurs, Agésandre, Polydoreet Athénodore : il a été retrouvé h- Rome en 1506, dans les bains de Titus. Il est auj. au Vatican.LAODAMIE, fille d'Acaste et d'Astydamie, avait épousé Protésilas, qui fut tué au siège de Troie. Dans sa douleur, elle fit faire une statue qui lui ressemblait, et dont elle ne voulut plus se séparer. Cette statue lui ayant été enlevée pour être livrée aux flammes, elle se brûla elle-même dans le bûcher.LAODICE, femme d'Antiochus, un des lieutenants de Philippe, fut mère de SéleucusNicator, roi de Syrie après lamortd'Alexandre. —Sœuret femme d'Antiochus Théos, dont elle eut Séleucus Callinicus et Antiochus Hiérax. Elle fut répudiée en faveur de Bérénice, princesse égyptienne. Reprise bientôt après par ce prince, elle fit périr et son époux et sa rivale pour assurer la couronne à son fils Séleucus. Ptolé-méeÉvergète, roi d'Egypte, la fitmourir,240 av. J.-C.LAODICÉE, Laodicea, nom commun à plusieurs v. de l'Asie ancienne, qui le prirent de diverses princesses du nom de Laodice, leurs fondatrices ou leurs bienfaitrices. La principale, Laodicea ad Ly-cum, d'abord Diospolis, puis Hhoas, auj. Eski-His-sar, était en Phrygie, au S. O., sur le Lycus, à sa jonction avec le Méandre ; elle était célèbre par ses laines et son commerce. Fondée par Laodice, sœur d'Antiochus Théos, elle fut renversée par un tremblement de terre l'an 65 de J.-C. Rebâtie par Marc-Aurèle, elle devint le ch.-l. de la Grande-Phrygie sous Constantin. Il s'y tint un concile en 362. Elle fut prise par les Turcs en 1255 et ruinée par Tamerlan en 1402.— Les plus connues, après celle-ci, furent : 1° L. Combusta, auj. Lodik, en Lycaonie, sur un lac au N. O. d'Iconium, dans un terrain volcanique; — 2° Laodicea ad-mare, auj. Latakieh, en Syrie (rfé-leucide), près du mont Bélus et de la mer; "ins exquis; ruines magnifiques. Fondée en l'honneur de Laodice, mère de Séleucus Nicator; — 3° L. Scabiosa ou ad Libanum, auj. Jouschia, dans la Syrie méridionale, entre le Liban et Héliopolis; ch.-l. d'un canton qui prenait de cette ville le nom de Laodicène.LAOMÉDON, roi de Troie, fils d'Ilus et père de Priam et d'Hésione, n'est célèbre que par sa mauvaise foi. Neptune et Apollon, chassés du ciel, l'avaient aidé à relever les murs de sa ville; mais l'ouvrage terminé, Laomédon leur refusa le salaire convenu. Apollon se vengea de cette perfidie par la peste, et iSentune Bar une inondation. L'oracle consulté répondit que les dieux ne pouvaient être apaisés qu'en exposant Hésione à un monstre marin.Hercule promit de tuer le monstre, à condition que Laomédon lui accorderait 12de ses plus beaux chevaux; mais après la victoire d'Hercule, Laomédon se rétracta encore. Alors le héros indigné fit le siégede Troie, la prit et tua le roi avec tous ses fils, à l'exception de Priam, qu'il mit sur le trône à sa place.LAON, Bibrax ou Lugdunum Clavatum, Laudu-num au moyen âge, ch.-l. du dép. de l'Aisne, à 131 kil. N. E. de Paris par la route de Soissons, à 176 k. par le ch. de fer, sur le sommet d'une montagne; 8114 hab. Ville murée, avec 6 faubourgs; citadelle importante. Cathédrale du xir3 siècle. Tribunal, collège; bibliothèque, dépôt de mendicité. Quelque industrie et commerce : grains, cuirs, légumes; artichauts renommés. Patrie deMéchain et de Sérurier, — Jadis évêché. Résidence et dernière possession des Carlovingiens : Louis d'Outre-mer y fut couronné en 936 ; il y fut enfermé en 944 par Hugues le Grand. Laon eut dès 1128 une charte de commune, qui fut supprimée en 1332. Ville plusieurs fois assiégée par les Armagnacs et les Bourguignons, livrée aux Anglais en 1419 par le duo de Bourgogne, prise par Henri IV en 1594. Combat entre Napoléon et Blûcher lés 9 et 10 mars 1814. Prise de Laon par les Allemands, explosion de la citadelle (6 sept. 1870).LAONNAIS, pays de l'Iûe-de-France, au N.1 E. Villes: Laon, Crépy-en-Laonnais, Corbigny, Coucy, N.-Dame-de-Liesse. Auj. partie du dép. de l'Aisne.LAOS, v. de l'Italie anc, sur la côte de Lucanie, à l'emb. de la petite riv. de Laos dans le golfe de Laos (auj. golfe de Policastro).LAOS (Roy. de), ancien roy. de l'Inde transgangé-tique, entre 15" et 19° lat. N., borné par leTonquin et la Cochinchine à l'E., par le pays de Siam à l'O., est auj. divisé entre 3 grandes monarchies : les Birmans, l'An-nam et le Siam. Le laos birman, entre le Birma et le Salouen, est le plus important : il a pour ch.-l. Leng. Le Laos siamois, très-peu connu, comprend le roy. de Zimé et le N. de celui des Lan-jans (ch.-l. Zimé, Langione). Le Laos annamilique se décompose en royaume du Petit-Laos, ch.-l., Hannieh; roy. de Tieng, ch.-l. Tierig-may, et roy. des Lanjans méridionaux, ch.-I. Sandapoura.LAO-TSEU, philosophe chinois, un peu antérieur à Confucius, vivait vers 600 av. J.-C. Il enseignait la métempsycose, et prétendait comme Pythagore se rappeler les différents corps d'hommes et de bêtes dans lesquels son âme avait successivement habité. Il est l'auteur d'un livre célèbre que les Chinois mettent au nombre de leurs livres sacrés, Tao-le-King (la raison primordiale), et le fondateur d'une secte nommée Tao-Tsée, rivale de celle de Confucius, et qui compte, dit-on, cent millions d'adeptes (F. TAO). Le Tao-te-King a été traduit en français par M. Stanislas Julien, Paris, 1842. M. Abel'Rémusat avait-déjà traduit un des principauxlivres de cette secte, le Livre des récompenses et des peines, Paris, 1816. Le même auteur a aussi donné, des Mémoires sur la vie et les opinions de Lao-Tseu, 1823.LA PACAUDIÈRE, ch.-l. dec (Loire), à 24 kil.N. O. de Roanne; 2642 hab.LA PALICE ou LA PALISSE, Palacia, ch.-I. d'arr. (Allier), sur la Bèbre, à 51 kil. S. E. de Moulins (à 59 kil. par ch.de fer) ; 2665 hab. Vieux château. Commerce de chanvre, toiles, etc. Cette ville a donné son nom aux sires de La Palice.LA PALICE (Jacques DE CHABANNES, seigneur de), maréchal de Fiance, gouverneur du Bourbonnais, de l'Auvergne, du Forez, du Beaujolais, du Lyonnais, suivit Charles VIII à la conquête de Naples, prit part aux diverses expéditions de Louis XII en Italie, se signala surtout dans la campagne de 1512 contre les confédérés de la Ste Ligue; fut pour beaucoup dans le gain de la bataille de Ravenne; évacua les provinces vénitiennes en bon ordre, laissant des garnisons à Peschiera, Legnago, Bergame, Brescia,.
LAPl — 1044 — LÂPO
Crémone ; fut pris en 1513 à la 2* bataille de Guine-gate, mais eut le bonheur de s'échapper; se trouva en 1515 à la prise de Villefranche et à la bataille de Marignan, en 1522 à la journée de la Bicoque; secourut Fontarabie, fit lever le siège de Marseille, et périt glorieusement en 1525 à la bataiUedePavie, livrée contre son avis. LA. PALICE (LA GUICHE, COmte^de). V. LA GUICHE.
LA PAUSE (J. DE PLANTAVIT de), savant, né en 1576, dans le Gévaudan, d'une famille protestante, mort en 1651, abjura de bonne heure, reçut les ordres, fut employé par Paul V dans ses relations avec Venise, devint aumônier de Marie de Médicis, puis d'Elisabeth de France ; fut nommé évêque de Lo-dève, prit une part très-active à la révolte de Gaston et de Montmorency, mais échappa à la mort et se renferma depuis ce temps dans les travaux littéraires. On lui doit un grand Dictionnaire hébréo-chaldaïco-rabbiniquo, 1644-45, 3 vol. in-fol.
LA PAZ. V. PAZ et AYACUCHO.
LA PÉROUSE ou LA PEYROUSE (J. Fr. GALAUP de), navigateur, né en 1741 à AIbi, devint en 1780 capitaine de vaisseau après plusieurs campagnes. Envoyé en 1782 en Amérique pour détruire les établissements anglais de la baie d'Hudson, il réussit dans cette mission périlleuse. Il fut en 1785 chargé par Louis XVI d'un voyage de découverte : il partit de Brest avec les frégates la Boussole et l'Astrolabe; déjà il avait visité les côtes de la Tartarie, du Japon et delaNouv.-Hollande, lorsqu'en 1788 on cessa entièrement d'avoir de ses nouvelles. On fit, mais en vain, plusieurs voyages dans le but de rechercher ses traces, et on désespérait de les découvrir, lorsqu'en 1827 le hasard fit rencontrer par le capitaine anglais Dillon les débris de ses vaisseaux dans une des Iles Vanikoro. En 1828, Dumont d'Urville, en visitant les lieux, acquit la certitude que La Pérouse avait péri sur les récifs qui entourent l'île Vanikoro. La relation du voyage de La Pérouse, par Milet de Mureau, a été publiée en 1797, 4,vol. in-4.LA PEROUSE (Gabriel ROCHON de), général français, fut mis en 1733 à la tête de l'expédition destinée à soutenir les droits de Stanislas au trône de Pologne : il tenta de délivrer ce prince, assiégé par les Russes dans Dantzick, ffe craignit pas d'attaquer avec 1500 hommes une armée de 40 000, et réussit à enlever la 1" ligne des retranchements; mais accablé par le nombre, il fut forcé de battre en retraite. C'est dans cette attaque que périt Plélo (J. ce nom). 11 se retrancha dans un Slot, y soutint un siège d'un mois, et obtint la capitulation la plus honorable. M. en 1737.LA PEYRONIB (Fr. GIGOT de), chirurgien, né à Montpellier en 1678, mort en 1747, fut nommé premier chirurgien du roi (Louis XV) en 1736, suivit ce prince en Flandre et réforma de nombreux abus dans le service de santé militaire. Il était membre libre de l'Académie des sciences et fit établir en 1731 l'Académie de chirurgie. 11 convertit son château de Marigny en une espèce d'hospice et légua sa fortune presque tout entière aux établissements qu'il avait fondés. On a de lui, entre autres écrits, des Recherches sur le siège de l'âme (il la place dans le corps calleux), dans les mémoires de l'Académie des sciences, 1741.LA PIANA, ch.-l. de c (Corse), à 50 kil. N. d'A-jaccio; 1164 hab.
LAPIDEI ÇAMPI. 7. CRAU (LA).
LAPIE (Pierre), cartographe, né à Mézières en 1771, m. en 1850, fut admis dès 1794 dans le corps des ingénieurs géographes, fit en cette qualité plu-•neurs campagnes, s'éleva jusqu'au grade de colonel d'état-major, devint en 1814 directeur du cabinet topographique du roi, fut, dès 1818, chargé de la direction topographique de la nouvelle Carte de France, et eut la plus grande part à l'exécution de ce magnifique monument. II a publié un JUlas classique (1812), qui s'améliora dans plusieurs éditions successives, et unifias universel de Géographie ancienne et moderne (1828), l'un des meilleurs que nous possédions.
On lui doit encore de bonnes cartes spéciales des îles britanniques,, de la Russie, de l'Europe centrale, de la Turquie d'Europe et de l'Egypte, enfin celles des prov. à'Alger, A'uran, de Constantine (dresséesau ministère de la guerre).
LAPITHES, anc peuple de Thessalie, habitait la Perrhébie, sur les bords du Pênée, et eut pour rois Ixion, Cénée et Pirithoûs. Après une rixe célèbre, ils expulsèrent les Centaures, qui avaient insulté leur roi Pirithoûs le jour de ses noces. Dans la suite, les Centaures, revenus en force, finirent par les expulser à leur tour, et les forcèrent à se réfugier, les uns à Pholoé, en Arcadie, les autres au cap Malée (à l'extrémité du Péloponèse). Les Lapithes étaient comme les Centaures d'habiles cavaliers: on.leur attribue l'invention du mors.LAPLACE (P. Simon, marquis de), profond géomètre, né en 1749 à Beaumont-en-Auge (Calvados), m. en 1827, fut dès l'âge de 19 ans professeur de mathématiques dans une école militaire, obtint de bonne heure par de savants mémoires la protection de d'A-lembert et du président Saron, devint en 1784 examinateur de l'école d'artillerie, fut professeur aux écoles normales et membre de l'Institut dès sa fondation. Après le 18 brumaire, il fut un instant ministre de l'intérieur ; il entra au sénat dès 1799, devint président de ce corps, fut créé pair a la Restauration et conserva cette dignité jusqu'à sa mort. Laplace eut la gloire de compléter l'œuvre da Newton en levant lesdiffîcultés que présentait encore l'explication du système du monde par la gravitation universelle; en outre, il popularisa ce système par des écrits aussi élégants que profonds, et mérita comme écrivain d'être admis à l'Académie française. Ses ouvrages principaux sont: Théorie du ?mouvement et de la figure elliptique desplanètes, 1784; Exposition du système du monde, 1796, souvent réimprimée, notamment en.1824, avecunPréos de l'histoire de l'astronomie; Mécanique céleste, 1799-1825, 5 toi. in-4, ouvrage hors ligne, qui est son chef-d'œuvre {Théorie analytique des probabilités, 1812; Essai philosophique sur les probabilités, 1814; et de nombreux ifeVnoiYes. Ses OEuvres ont été réimprimées aux frais de l'État en 1843, 7 vol. in-4. Son Éloge a été prononcé à l'Institut par Fourier.LAPLACE (P. Ant.de), écrivain, né à Calaisenl707, m. en 1793, se fit conaître par des traductions de l'anglais et obtint en 1762 le privilège du Mercure de France, qu'il rie conserva que 2 ans. Il a doïmé, sous le titre de Théâtre anglais (1745-48, 8 voI.Jn-12) la première traduction française des chefs-d'œuvre de la scène anglaise, et a fait représenter une Venise sauvée, imitée d'Otway, 1747. On a encore de lui des romans, un Recueil d'Épitaphes, etc.LAPLAGE (Franc. Marie Joseph de), humaniste, né en 1757 à Arras, m. en 1823, fut avant la Révolution professeur d'humanitésjt Louis-le-Grand, et remplaça Guéroult comme professeur d'éloquence à la Faculté des lettres en 1810. Ilapublié en commun avec Noël plusieurs ouvrages utiles aux progrès des études, entre autres : Conciones poelicx; leçons de littérature française, latine,grecque;Manuelâu,rhétorïcien,eto.LÂPLACETTE (Jean de), le Nicole des Prolestants, né en 1639 à Pontae (Béarn), m. en 1718, fut pasteur de l'église d'Orthez, s'expatria après la révocation de l'édit de Nantes, et devint pasteur à Copenhague. On a de lui de Nouveaux Essais de morale, Amst., 1692.LAPLEATJ, ch.-l. de c (Corrèze), à 45 kil. E. de Tulle; 960 hab.LA PLUME, ch.-l. dec (Lot-et-Garonne), 113 k. S. d'Agen; 1735 hab.
LAPO OU,LAPK>. V, ARHOLTO et GIOTTINO.
LAPONIE, Lappland en suédois, contrée d'Europe, de toutes la plus septentrionale, par 64°-71° 20' lat. N., et par 12"-40° long. E,, se divise aujourd'hui en laponie suédoise à l'O. (68 600 hab. ; lieu principal, Wardehuus), et Laponie russe (1200 familles). La Laponie russe forme elle-même 2 cercles, Kola et Kémi, l'un compris dans le gouvt d'Arkhangel, l'autre annexé au grand-duché de Finlande. — La Lapo-nie, située au delà du cercle polaire, est glacée pendant 9 mois de l'année, mais elle éprouve en été des chaleurs excessives : à Wardehuus, on a un jour de six semaines et une nuit d'égale durée. La végétation est peu variée ; cependant les mousses, les lichens, divers arbustes à baies y procurent une nourriture tolérable ; on cultive quelques céréales. Le renne est la grande ressource des habitants du pays. Les Lapons appartiennent à la race finnoise, mais ils forment une espèce particulière : leur taille ne dépasse guère 1™,35; ils sont d'un caractère égoïste, avares, défiants, perfides et très-peu civilisés. On les distingue en pasteurs et pêcheurs : ces derniers sont très-misérables et fort abrutis. Tous commercent en fourrures, poissons secs, fromage de renne, jouets d'enfants, etc. — Avant 1814 on distinguait trois La-ponies : la L. norvégienne ou danoise, laL. suédoise et la L. russe. La délimitation des deux premières fut cause d'une guerre au commencement duxvn" siècle entre Christian IV et Charles IX.
LA PO — 1045 — LARA
LA POPELINIÈRE (Lancelot voism de), noble du Bas-Poitou, né vers 1540,'m. en 1608, était protestant et joua un rôle dans les guerres civiles religieuses. Il tailla en pièces les Catholiques dans l'île de Ré (1574), et rédigea la protestation contre les états de Blois en 1576. On a de lui : Vraie et entière histoire des derniers troubles (depuis 1562), Cologne, 1571; Hist. de France de 1550 à 1577, La Rochelle, 1581; Hist. de la conquête du pays de Bresse et de la Savoie, 1601. Ces ouvrages se distinguent par une modération qui rendit l'auteur suspect à*ses coreligionnaires. Il abjura en effet peu avant sa mort. — Financier. V. LA POUPLINIÈRE.LA PORTE (Pierre de), porte-manteau d'Anne d'Autriche, fut longtemps (1621-37) l'intermédiaire secret des relations de cette reine avec l'Espagne, avec la gouvernante des Pays-Bas et la duchesse de Che-vreuse. Il subit la question et fut mis à la Bastille par ordre de Richelieu, sans faire aucun aveu, et fut exilé à Saumur (1G38-43). De retour à la cour, il fut nommé valet de chambre de Louis XIV, et fut quelque temps en faveur auprès de la reine Anne; mais il déplut par sa franchise, et fut éloigné en 1653. Il mourut en 1680 à 77 ans. On a de lui des Mémoires, Genève, 1756 (réimpr. dans la Collectionde Petitot et Monmerqué).LA PORTE (l'abbé Joseph de), compilateur, né à Béfort en 1713, m. en 1779, adonné: Observations sur la littérature moderne, 1749 etsuiv. 9 v. in-12; Calendrier historique et chronologique des théâtres de Paris, 1751-78, 28 vol. in-24; le Portefeuille d'un homme dégoût, 1770, 3 vol. in-12; le Voyageur français, 1765-95, 42vol. in-12(il n'en a rédigé que les 26 premiers) ; l'Esprit de l'Encyclopédie, 1768, 5 vol. in-12. Assez judicieux dans les observations, il est, comme écrivain, plat et diffus.LA PORTE (Arnaud de), né en 1737, fut nomméin-tendant général de la marine en 1783, passa en Espagne en 1789, au début de la Révolution, mais fut rappelé par Louis XVI, qui le nomma intendant de la liste civile en 1790. Dépositaire et confident des correspondances les plus délicates, il refusa de rien révéler devant l'Assemblée constituante après l'arrestation du roi à Varennes, fut mis en accusation après le 10 août, et périt sur l'écbafaud en 1792.LA PORTE DU THEIL (Gabr. de), né à Paris en 1742, m. en 1815, abandonna le service militaire pour les lettres, publia en 17 70 une traduction de VOreste d'Euripide qui le fit admettre à l'Académie des inscriptions; donna en 1775 une trad. des Hymnes de Calli-maque ;f ut envoyé l'année suiv. en Italie comme membre du Comité des chartes établi pour la recherche des monuments historiques, rapporta de ce pays 17 ou 18 000 pièces (impr. dans les Recherches des chartes, actes et diplômes relatifs à l'histoire de France, 179i. 3 vol. in-fol.), et fut nommé l'un des conservateurs de la Bibliothèque nationale. II a donné beaucoup de Mémoires dans les-recueils de l'Académie des inscriptions, et a publié avec Rochefort une nouvelle édition du Théâtre des Grecs de Brumoy (sa traduction d'Eschyle est le plus bel ornement de ce recueil). II travailla aussi, avec Gosselin et Coray, à la traduction de Strabon (V. ce mot). II avait traduit Pétrone sans rien retrancher des obcénités de cet auteur; mais, sur les conseils d'un ami, il brûla soc ouvrage déjà imprimé.
LA PORTE DE LA MEILLERAYE. V. LA MEILLERAYE.
LAPO.STOLLE (Alex.), physicien, né à Maubeuge en 1749, m. en 1831, professeur de physique et de chimie à Amiens, inventa, sous le nom de paragrêle, un moyen d'empêcher la formation de la grêle.LA POUPLIND3RE (Alex, LE RICHE de), financier bel-esprit, né à Paris en 1691, m. en 1762, fit grand bruit en son temps par son faste et par la protection qu'il accordait aux beaux-arts et aux lettres. Ses flatteurs l'appelaient le Pollion français. On a de lui Daïra, histoire orientale, et les Mœurs du siècle, ouvrages immoraux, qui ne furent tirés qu'à un très-petit nombre d'exemplaires.— V. LA POPELINIÈRE.LA POUTROYE, v. d'Alsace-Lorraine, à 17 kil. N. O. de Colmar; 2380 h. Teintureries.LAPURDUM (du cantabre lapur, piraterie), v. delà Novempopulanie, chez les Tarbelli, est auj. Bayonne. Son nom se retrouve dans celui de Lampourdart.LAQUEDIVES (îles), archipel de la mer des Indes, sur la côte O. de l'Inde en deçà du Gange, et au N. des Maldives, entre 10°-14° 30"' lat. N. et 69° 50'-72" long. E. On y compte 19 îles principales, entre autres Ameni, Kalpeny, Kittanet Chittac, et une foule d'îlots; env. 10 000 h., qui sont musulmans et qui se reconnaissent vassaux de l'Angleterre. Bétel, arek, corail. — Découvertes par Vasco de Gama en 1499.LA QUINTINIE (J. de), agronome, né en 1626 à Chabanais (Angoumois), m. en 1688, avait d'abord été avocat. Il voyagea en Italie, où il fit désuétudes profondes sur l'agriculture et le jardinage ; puis fut choisi par Louis XIV pour planter les jardins potagers du palais de Versailles. Cet habile horticulteur a beaucoup perfectionné la taille des arbres fruitiers. On a de lui : Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, avec un Traité sur les orangers, 1690.
[modifier] LAR
LAR, v. de Perse (Farsistan), ch.-l. du Laristan, à 290 kil. S. E. de Chyraz; 12 000 hab. Étoffes de soie, armes h feu. Bazars, jadis les plus beaux de la Perse, mais en ruine aujourd'hui. — Lar, jadis très-florissante, était la capit. d'un royaume qui s'étendait depuis les lies Bahreïn jusqu'à celle d'Ormuz; Chah-Abbas, roi de Perse, s'en empara.LARA, v. de la Vieille-Castille (Burgos), surl'Ar-lanza, à 26 kil. S. S. E. de Burgos, près de Salas de los Infantes; 1500 hab. Ancien comté.LARA (maison de), illustre maison de Castille, issue des comtes de Castille, a pour fondateur Fernand Gonzalez, comte de Castille et de Lara, m. en 970, qui lui-même descendait par son père de Ramire I, roi des Asturies et de Galice (842-850), et par sa mère d'anciens seigneurs de Lara. Fernand avait pour frère GonzalèsGuslios, seigneur de Salas et de Lara, qui fut père des sept infants de Lara (V. ci-après). Après le massacre des sept infants, Gonzalez, fils aîné de Fernand, continua la maison de Lara. Suivant une autre tradition, Mudarra, 8° fils de Gonzalez Gustios, aurait été l'héritier du nom de Lara et l'aurait transmis à ses descendants. Quoi qu'il en soit, en 1130, la branche des Lara se subdivisa en 2 rameaux : le 1",: dont la tige futManrique de Lara, prit le titre de vicomtes de Narbonne; le 2e, dont la tige fut PerezdeLara, conservaletitrede comtes de Lara: ce rameau s'éteignit dans la 2° moitié du xiV siècle. Les seigneurs de cette dernière branche jouèrent un grand rôle dans les guerres civiles qui désolèrent la Castille sous Alphonse X, Sanche IV, Ferdinand IV et Alphonse XI; souvent ils disputèrent la couronne à ces princes, et ils furent presque toujours en guerre avec les maisons de Castro et de Haro, qui manifestaient les mêmes prétentions. V. URRAQUE.
LARD — 1046 — LiRE
LARA (les sept infants de). Une chronique espagnole donne ce nom à sept jeunes seigneurs, fils de Gonzalez Gustios, seigneur de Lara et de Salas, frère de Ferdinand Gonzalez, comte de Castille. Un différend étant survenu entre Gonzalez Gustios et Ruy Yé-lasquez, sire de Bilaren, son beau-frère, ce dernier, pour se venger, livra Gonzalez à Almanzor, gouverneur de Cordoue pour Hescham III, qui le retint en prison; puis il attira les sept infantsdans une embuscade , près du pic de Moncayo. où ils périrent tous, après des prodiges de valeur. Mais Gonzalez, dans sa prison, avait séduit Zaïde, fille d'Almanzor, et en avait eu un 8" fils, Mudarra. Celui-ci, devenu grand, vengea la mort de ses frères dans le sang de Ruy Vélasquez. On place la mort des infants de Lara vers 993. Cette légende a fourni à Lope Véga le sujet d'un drame, souvent imité; elle a été trad. par Ferd. Denis, dans ses Chroniques chevaleresques d'Espagne, 1839, et mise sur la scène par Mallefille, 1836.LARACHE, El Araich (c.-à-d. le jardin de plaisance), Lixaou Lixus, v. marit. du Maroc. (Fez), sur l'Atlantique, à 133 kil. N. O. de Fez; 4000 hab. Port àl'emb. du Loukos, interdit aux Européens; château fort, mosquées. Commerce médiocre, environs charmants : quelques auteurs y ont placé le jardin des Hespérides. — Larache fut bombardée par les Français en 1765.LARAGNE, ch.-l. de c (Htes-Alpes), sur le Buech, à 44 kil. S. O. de Gap; 963 h.LAlïCHE, ch.-l. de c (Corrèze), sur la Vézère, à 10 kil. S. O. de Brives; 900 h.LARCHER (P. H.), érudit, né à Dijon en 1726, m. à Paris en 1812, donna d'abord plusieurs traductions de l'anglais, entre autres celle du Martinus Scrible-r«s-de Pope (1755): puis se consacra à la littérature grecque. Il fut admis à l'Académie des inscriptions en 1778, et nommé en 1809 prof, de littérature grecque à la Faculté de Paris; mais dispensé à cause de son âge de remplir ces fonctions. On lui doit une traduction complète d'Hérodote, accompagnée d'un savant commentaire. Cet ouvrage, publié en 1786, reparut en 1802 avec des additions et des corrections; il est estimé pour la fidélité, mais mal écrit généralement. Larcher eut de vifs démêlés avec Voltaire à l'occasion d'un Supplément à la Philosophie de l'histoire, qu'il avait publié en 1767 pour réfuter les erreurs contenues dans la Philosoph ie de l'histoire de Voltaire.1ARDNER (Nathaniel), ministre dissident anglais, 1684-1768, a laissé un grand nombre d'écrits théologiques, qui ont été rassemblés à Londres en 1788, avec une Vie de l'auteur, par Kippis (11 v. in-8). On y distingue : Crédibilité de l'histoire évangélique et Témoignage des Juifs et des Païens, ouvrages estimables , destinés à établir la vérité du Christianisme.LARDNER (le Dr), né à Dublin en 1793, m. à Paris en 1859, professa les sciencesavec succès au collège de la Trinité à Dublin (1817-27), puis à l'Université de Londres (1828-40) et s'attacha à vulgariser les connaissances scientifiques. Dès 1827, il publiait un Cours populaire de la navigation à vapeur; en 1828, il conçut le plan d'une vaste encyclopédie populaire, collection de traités séparés sur toutes les branches de connaissances humaines : cet ouvrage, qu'il rédigea avec la collaboration des plus illustres savants de l'Angleterre, parut à Londres de 1830 à 1844 en 135 vol. in-12, sous le titre de Lardner's Cabinet Cyclopsedia; il y fournit, pour sa part, un grand nombre de traités. Condamné en 1840 pour adultère, il quitta Londres, parcourut l'Amérique, et donna dans les principales villes des lectures, qui furent suivies avec empressement et qui l'enrichirent. En 1845, il vint s'établir à Paris : il y passa le reste de sa vie, s'occupant à rédiger sur les différentes branches des sciences des Manuels ou traités élémentaires, aussi intéressants qu'utiles. En 1853, il commença, sous le titre de Muséum of science and art, une' nouvelle série de petits traités, à un penny chacun, sur les applications de la science, qui eurent une très-grande vogue. Ses ouvrages les plus importants sont le Kailway's Eco-nomy et un Manuel de Physique et à'Astronomie.LA RENAUDIE (G. DE BARRY, seigneur de), dit LaForest, gentilhomme périgourdin, embrassa le Calvinisme, parcourut le midi de la France, lés Pays-Bas, l'Allemagne, pour susciter des fauteurs à son Earti, et fut mis à la tête de la conjuration; d'Am-oise par Condé, qui voulait cacher la participation qu'il y prenait lui-même;- mais il Fut trahi paï d'Ave-nelle, son ami, et périt d'un coup de feu, au moment où il commençait l'exécution de l'entreprise (I7mars 1560). San cadavre fut pendu sur te pont d'Ambôise.LA RÉOLE, Régula, ch.-l. d'arr. (Gironde), à 67 kil. S. E. de Bordeaux, sur la Garonne ; 4134 h. Trib. de lroinst., collège; Ane abbaye,fondée en970 et dite la Règle (d'où par corruption le nom de la ville) ; ruines du château des Quatre-Sceurs. Coutellerie, vinaigre, tanneries7 Commerce de vins, jau-de-vie, grains et bétail. Patrie des frères Fauchej. Place de guerre des Protestants pendant les guerresxle religion. Le parlement deBordgaux y fut souvent transféré.LARES (de l'étrusque Lars, seigneur), dieux ou génies domestiques des Romains, chargés de protéger chaque maison et chaque famille. Selon quelques mythographes, c'étaient des divinités particulières, qu'on faisait naître de Mercure et de la nymphe Lara, fille du fleuve Almo; mais, selon l'opinion la plus probable, c'étaient, non des dieux ptarticuliers, mais quelques-unes des divinités de l'Olympe, que chacun se choisissait à son gré. Les statues desDieux Lares étaient fort petites; on les plaçait au coin du foyer; les riches les conservaient dans un oratoire spécial, appelé lararium; on mettait près d'elles un chien, symbole d'attachement et de fidélité. Lés Lares se transmettaient daçs chaque famille de génération en génération; aussi les appelait-on dimx paternels. Outre les lares domestiques, il y avait aussi des Lares publics, les uns urbaine, exposés dans des niches, aux carrefours des villes; les autres viales, placés à l'embranchement des grands chemins, et figurés comme des termes. On offrait aux Lares des.fruits, du lait, les prémices desinoissons. —On identifie souvent les Lares avec les Mânes des ancêtres deïhaque familie ; on les confond aussi avec les Pénates; ce-pendantles Pénates paraissent plutôt chargés de dispenser les richesses, et les Lares de les conserver.LA RETOILLÈRE-LEPEAUX (Louis Marie)', né en 1753, à Mïmtaigu (Vendée), m. en. 1824, quitta le barreau pour les sciences,et professa la botanique a, Angers. Député à l'Assemblée Constituante, puis à la Convention, il se montra patriote et ami des; Girondins. 11 fit formuler, en réponse au manifeste de Brunswick, le décret de Propagande armée, déploya, le 11 mars 1793, en face de Danton, une vigueur qui retarda de quelques jouis la chute des Girondins, et n'échappa que par miracle à la proscription. Reparaissant après le 9 thermidor, il combattit les Terroristes , fut envoyé au Conseil des Anciens, et prit part à la rédaction de la constitution de l'an III. Élu membre du Directoire dès sa création (1795), il fit partie de la majorité qui fit le coup d'État du 18 fructidor; il donna sa démission au 30 prairial. LaRéveil-lère-Lepeaux avait imaginé une espèce de .religion nouvelle, dont le déisme faisait le fond, et qu'il appelait Théophilanthropie; ce projet fut mis un instant à exécution en 1797,. mais il eut peu desuccès ; le nouveau culte tomba bientôt sous les coups du ridicule. L. était membre de l'Institut (classe des sciences morales et politiques). II a laissé des Mémoire, qui sont encore inédits,LA REYNIE (Gabr. Nicolas de), le premier lieutenant de police, né à Limoges enl625,d'une famille de robe, mort en 1709, avait été président du présidial de Bordeaux, puis maître des requêtes au conseil d'Ë-tat. Lorsque Louis XIV créa, en 1667, la charge de lieutenant général de police de Paris, La Reynie fut
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Bayard, Spartacus, étaient ses plus beaux rôles. H resta sans rival jusqu'à l'apparition de Talma, qui as tarda pas à l'éclipser. Il se retira alors de la scène, ouvrit un cours de déclamation, puis suivit à Naples comme lecteur Joseph Bonaparte, élevé au trôno (1806). Il avait acquis à Montlignon, près de.Montmorency, un beau domaine, où il passa ses dernières années et où il créa le joli hameau Larive. On a de lui des Réflexions sur l'art théâtral, 1801, et un excellent Cours de déclamation, 1804 et 1810.
LARIVE (Ch. Gaspard de), physicien et chimiste suisse, né en 1770 à Genève, m. en 1834, compléta ses études scientifiques à Edimbourg, s'y fit recevoir médecin, fut, à son retour, nommé médecin des aliénés et professeur de chimie pharmaceutique à Genève, et devint recteur de l'Académie de cette ville. Il prenait en même temps part au gouvernement et fut élu en 1817 1" syndic. G. de Larive fit connaître à la Suisse les progrès faits à l'étranger et avança lui-même plusieurs parties de la science, surtout l'élec-tro-magnétisme. — Son fils, Auguste de L., professeur de physique à Genève et correspondant de l'Institut de France, né en 1790, fut formé par lui et le dépassa. Il est surtout connu par un excellent Traité de l'Électricité théoriqne et appliquée, 3 vol. in-8, 1854-56, et par sa Théorie de la pil{ de Voila, (1835). ? LARIVEY (Pierre de), poète dramatique, né à Troyes vers 1550, nortvers 1612. On a de lui un recueil intitulé Comédies facétieuses de Larivey, Champenois, Paris, 'b~"), et Troyes, 1611. On y trouve le Laquais (imité de L. Dolce); la Veuve; les Esprits; le Morfondu; le Jaloux et les Écoliers; la Constance; les Tromperies et le Fidèle, comédies écrites d'un style naturel, mais souvent trivial. Molière et Re-gnard ont daigné faire des emprunts à Larivey .Viollet-le-Duc a réimpr. ses comédies dans son Ancien Théâtre Français, Paris, 1855 (t. V. et VI). Larivey avait traduit les Nuits facétieuses de Straparole, 1585.
LA RIVIÈRE (J. BUREAU de). V. BUREAU.
LA RIVIERE (Roch LE BAiLtTF, sieur de), médecin. et astrologue du xvic siècle, né à Falaise, mort à Paris en 1605, était 1" médecin de Henri IV, et fut chargé de tirer l'horoscope de Louis XIII. On adelui: Signification de la comète apparue en Occident, Rennes, 1557; le Démostérion ou Extraits tirés de Pa-racelse, 1578; Conformité de l'ancienne et moderne médecine, d'Hippocrate à Paracelse, 1592.LARNACA ou LARNICA, Citium, v. de l'tle de Chypre, à 31 kil. S. E. de Nicosie, sur la côte S. ; 5000 hab. Port à peu près franc Evêché grec, consuls européens. Cotons, soies, vins, salines. Près de la ville sont le cap Chiti et les ruines de l'anc. Citium.LA ROCHE, ch.-l.dec (Hte-Savoie), arr. deBonr neville, à 20 kil. S. E. de Genève, sur la r. g. du Fo-ron, au pied d'un rocher qui lui a fait donner son nom ; 3200 hab. Tour du xir» siècle.LA ROCHE, vge de France (Yonne), arr. et c de Joigny, sur l'Yonne et sur le chemin de fer de Lyon. Embranchement du chemin d'Auxerre; port sur le canal de Bourgogne.LA ROCHE, v. de Belgique (Luxembourg belge), à 50 kil. S. de Liège; 1200 hab. Autrefois fortifiée; prise par Louis XIV en 1680.LA ROCHE (P. L. LEFEBVRE de), littérateur, né en Normandie vers 1740, m. en 1806,avait été bénédictin , puis curé de Grémonville au pays de Caux. Il vint se fixer à Paris, s'y lia avec Helvétius, qui lui légua ses papiers, et donna une belle édition des OEu-vres d'Helvétius, Paris, 1795, 14 vol. in-18, ainsi qu'une édition de Montesquieu, 1795, 12 vol. in-18, ' avec des Notes d'Helvétius sur l'Esprit des lois.LA ROCHE (Sophie GUTTERMANN, dame), romancière allemande, née en 1730, m. en 1807, était fille d'un médecin de Kaufbeuren (Souabe). Elle se fit de bonne heure remarquer par l'étendue de ses connaissances et la sûreté de son goût, et fut liée avec les littérateurs les plus distingués, notamment avec Wieland. Elle épousa un conseiller de l'électeur de Mayence,
dès l'origine investi de ces fonctions : il les exerça ' jusqu'à sa mort. Il prit de sages mesures pour garan- ? tir la santé publique et la salubrité de la capitale, fit j éclairer les rues la nuit, réorganisa le guet, etc. C'est ; lui qui présida la Chambre ardente, établie en 1680 pour la recherche des empoisonneurs. LARGENTIËRE. V. ARGENTIERE (V).
LARGILLIÈRE (Nie), peintre, né à Paris en 1656, m. en 1746. j»près avoir étudié à Anvers, il passa en Angleterre où il eut du succès à la cour, et se fixa enfin à Paris. Il devint membre, puis chancelier de l'Académie de peinture. Il excellait dans le portrait et mérita d'être appelé le Yan-Dyck français. On citait de lui, outre un grand nombre de portraits : le Repas donné (en 1687) par la ville de Paris à Lewis XIV; le Mariage du duc de Bourgogne, 1697, qui furent détruits dans la Révolution.LARI-BENDER ou LAHORA-BENDER, V. de l'Inde (Sindhy), à 130 kil. S. O. de Haïderabad, surlar.dr. du Sind, à 40 kil. de son embouchure. Jadis grand commerce, aujourd'hui transféré à Koratchi.LA RIBOISIËRE (J. BASTON, comte de), général d'artillerie, né en 1759 à Fougères (IlIe-et-Vilaine), d'une famille noble de Bretagne, m. en 1812, fit avec gloire les campagnes de la République et de l'Empire, contribua à la victoire d'Austerlitz en brisant à coups de canon la glace d'un étang sur lequel marchaient les Russes, commanda, comme général de division, l'artillerie de la garde à Eylau, à Dantzick, à Fried-land, à Lobau, à Wagram, fut nommé en 1811 inspecteur général de l'artillerie, prépara par ses bonnes dispositions la victoire de la Moskowa, mais perdit dans cette bataille son 2° fils et fut bientôt après atteint d'un mal qui le conduisit au tombeau. — Son fils aîné, Ch. de la R., né en 1788, l'accompagna dans ses campagnes, fut chambellan sous l'Empire, député d'Ille-et-Vilaine de 1829 à 1835, pair en 1835, et fut nommé sénateur en 1852. — La femme de ce dernier, née Roy, légua en mourant les sommes nécessaires pour fonder un hôpital à Paris (c'est auj. l'hôpital La Riboisière).LARINO, Larinum, v. de l'ancroy. de Naples (San-nio), à 32 k. N. E. de Campo-Basso; 4000 h. Evêché.LAKIO (dép. du), l'un des dép. du roy. d'Italie sous Napoléon I, tirait son nom du Larius lacus (lac de Côme), qui s'y trouvait, et avait pour ch.-l. Côme.LARISSE, Larissa, auj. lénicheher, v. de Thessa-lie, dans la Pélasgiotide, surlePénée, fut fondée par les Pélasges et devint la capitale du roy. d'Achille. C'est là que Persée tua son grand-père Acrisius. Philippe, père d'Alexandre, y résida quelque temps. Elle fut prise en 302 av. J.-C. par Démétrius Poliorcète et en 192 par Antiochus III. Philippe V y signa en 197 la trêve honteuse qui suivit la bataille de Cy-noscéphales. Pompée s'y réfugia après la défaite de Pharsale. — La ville actuelle de Larisse est encore une ville riche et florissante ; elle compte 28 000 hab. Elle est le ch.-l. d'un eyalet de Turquie, qui s'étend entre la Roumilie au N., l'Albanie à l'O., le roy. de Grèce au S. et l'Archipel àl'E., et qui répond à l'anc. Tliessalie. Archevêché grec ; grand commerce, surtout en vin. Cette ville souffrit beaucoup pendant les dernières guerres entre les Grecs et les Turcs.LARISTAN, prov. de Perse, située au S. E. du Farsistan, dont elle est souvent considérée comme faisant partie, est bornée au S. et à l'O. par le golfe Persique; 450 kil. sur 16P; ch.-l., Lar. Climat très-chaud,eau rare. La côte est habitée par des Arabes, dont lesche'khs sont indépendants et pirates. F. LAR.
LARIUS LACUS, nom anc du lac de COME.
LARIVE (J. MAUDCIT de), acteur tragique, né en 1749 à La Rochelle, m. en 1827, reçut les leçons de Mlle Clairon, doubla quelque temps Lekain, le remplaça en 1778 et obtint de brillants succès, qu'il dut à la fois à un physique avantageux, à un bel organe, aune profonde connaissance de l'art, mais qu'il compromit quelquefois par un débit emphatique et des cris forcés. Achille, Oreste, Coriotan, Tancrède,
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nommé Frank Lichtenfels, qui transforma son nom en celui de LaRoche. On a d'elle un assez grand nombre de romans écrits en allemand -.Mlle de Sternheim, 1771, 2 vol. in-8 (trad. par Mme de La Fite, 1773); Contes moraux; les Caprices de l'Amour et de l'Amitié, 1773; les Soirées de Mélusine, 1806, etc.
LAROCHE (Benj.), traducteur, 1797-1852, débuta sous la Restauration par des pamphlets politiques, gui le rirent condamner à 6 ans de prison et 6000 fr. d'amende, se réfugia en Angleterre, y acquit une connaissance approfondie de la langue du pays, tout en enseignant le français, et se voua, depuis son retour (1827), à faire passer dans notre langue les auteurs qui avaient le plus de vogue en Angleterre et aux États-Unis. Il traduisit lord Byron, W. Scott, W. Irving, Cooper, Bulwer, Dickens, et balança en ce genre le succès de M. De Fauconpret. En 1848, il retourna à la politique et rédigea la Tribune du peuple.
LAROCHE-ABEILLE. 7. LA. ROCHE-L'ABEILLE.
LA ROCHE-AYMON (Ch. Antoine de), cardinal, né en 1697 à Mainsat, près d'Aubusson, d'une ancienne famille, mort en 1777. fut successivement évêque de Tarbes, archevêque de Toulouse (1740), puis de Narbonne (1Ï52), archevêque de Reims (1762), mi-niscre de la feuille des bénéfices, et enfin cardinal, en 1771. Il dut toutes ces faveurs à son caractère souple et à son esprit conciliant.LA ROCHE-BERNARD, ch.-l. de c (Morbihan), sur la r. g, de la Vilaine, à 50 kil. S. E. de Vannes; 1251 hab. Magnifique pont suspendu sur la Vilaine, construit en 1839. Blé, bois, miel. Jadis titre d'une karonnie qui fut érigée en duché-pairie en 1663.LA ROCHE-CANILLAC, ch.-l. de c (Corrèze), à Î5k. S. £. de Tulle; 574 h.LA ROCHE-CHALAIS, bourg de la Dordogne, sur laDronne, à 92 k. S. O. de Riberac; 1100 h. Station,LA ROCHE-DERREEN, ch. -1. de c (Côtes-du-Nord), k 16 kil. E. de Lannion; 1555 hab. Jadis ville forte et plusieurs fois assiégée. Charles de Blois fut fait prisonnier sous ses murs en 1347.LA ROCHEFOUCAULD, ch.-l. de c (Charente), sur la Tardouère, à 21 kil. N. E. d'Angoulême; 2115 hab. Collège. Tanneries, fils; bestiaux. Château qui date du rvr* siècle, avec une tour beaucoup plus ancienne. Baronnie connue dès le xi° siècle sous le nom de La Roche, nom auquel s'ajouta celui de Foucauld, prénom du second de ses barons; elle fut érigée en comté en 1515, et en duché-pairie en 1622.LA ROCHEFOUCAULD ( maison de ), illustre famille de France, d'une antique noblesse, commence à être connue dès le xi° siècle, sous le règne du roi Robert. Elle a produit un grand nombre de personnages distingués. — L'un d'eux, François, comte de La Rochefoucauld, eut l'honneur de tenir le roi François I sur les fonts de baptême et de lui donner son prénom (1494) : depuis, l'atné de la famille a toujours porté le nom de François.LA ROCHEFOUCAULD (Franc. de), cardinal, né à Paris en 1558, mort en 1645, fit un voyage à Rome, fut à son retour nommé évêque de Clermont> en 1585, refusa de reconnaître Henri IV jusqu'à sa conver-soin, fut nommé cardinal en 1607, à cause du zèle qu'il avait mis à faire recevoir en France les actes du concile de Trente, fut transféré en 1613 au siège de Sealis, et devint en 1622 président du Conseil d'État. Il se démit de ses fonctions en 1624 pour s'occuper tout entier de la réforme des ordres religieux, et fonda la congrégation de Ste-Geneviève, dite aussi Congrégation de France.LA. JIOCJHEEOUCAULD (François, duc de), d'abord connu sous le nom de prince de Marsillac, né à Paris en 1613, m. en 1680, se signala en diverses occasions par son courage, mais se fit surtout remarquer par sa profonde connaissance des hommes et par son esprit d'intrigue. Epris de la duchesse de Lon-gueviue, il entra, pour lui plaire, dans le parti des Frondeurs: il reçut au combat de la porte St-Antoine on coup de feu qui lui fit perdre momentanément la
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vue. Rentré an grâce, il fut fait par Louis XIV chevalier de l'ordre du roi (1661), puis gouverneur du Poitou. Il passa sa vieillesse dans l'intimité de Mmes de La Fayette et de Sévîgnê. Il refusa d'entrer à l'Académie française, parce qu'il redoutait de parler en public. Il a laissé de curieux Mémoires sur le règne d'Anne d'Autriche, qui furent publiés malgré lui en 1662, et qu'il s'empressa de désavouer (réimprimés en 1817 par Renouard sur le texte authentique), et le célèbre livre des Maximes, imprimé pour lai" fois en 1665 sous le titre de Réflexions et sentences, ou Maximes morales, et .souvent réimpr., notamment en 1678 et en 1853 (avec notes de Gratet-Duplessis). Ce petit ouvrage a fait sa réputation, tant à cause de la perfection du style que pour la hardiesse des paradoxes : il y prétend que l'amour-propre, ou l'amour de soi, est le seulmobile de toutes les actions humaines. Égoïste, ambitieux, intrigant, libertin, La Rochefoucauldu'aque trop souvent appliquéses maximes. Ses OEuv. complètes ont été publ. en 1825 et 1844. Ed. de Barthélemyadonné en 1863 des O&tu. «ladites. ' LA ROCHEFOUCAULD (L. Alex. de), protecteur éclairé des sciences et des lettres, né en 1735, fut membre de l'Assemblée des notables et des États généraux de 1789, fit partie de la minorité de la noblesse qui se réunit au Tiers état, se montra partisan modéré de la Révolution, et n'en fut pas moins victime des Ja-cobins.Il fut arrêté et massacré à Gîsors le 14 sept. 1792.
LA ROCHEFOUCAULD-LIANGOURT (Franc. Alex. Fréd., duc de),cousin du préc, né en 1747, m. en 1827, fut grand maître de la garde-robe sous Louis XV et Louis XVI. Député aux États généraux par la noblesse de Clermont en Beauvoisis (1789),il se montra dévoué au roi, et en même temps zélé pour les intérêts du peuple. Il eut part au rappel de Necker après la prise de la Bastille, défendit le roi après sa fuite à Varennes, et fut un des membres les plus actifs du club des Feuillants. Nommé commandant militaire de Rouen après la clôture de l'assemblée, il offrit un asile à Louis XVI, qui le refusa, et fut destitué après le 10 août (1792). Il se rendit alors en Angleterre, et,quelque temps après aux États-Unis. Rentre en France après le 18 brumaire, il s'occupa d'entreprises philanthropiques, fonda des manufactures, créa dans sa propriété de Liancourt une école d'arts et métiers, y fit faire les premiers essais de la vaccine, et contribua de tout son pouvoir à propager cette découverte, ainsi que l'enseignement mutuel. Appelé à la Chambre des Pairs en 1814, il continua à y professer des.idées libérales : aussi fut-il disgracié par Charles X et écarté même de divers postes purement philanthropiques, qu'il remplissait gratuitement.Connu longtemps sous le seul nom de Liaacourt, il avait pris le titre dé duc de La Rochefoucauld après la mort de son cousin, Louis Alexandre. On lui doit, entre autres ouvrages : Des prisons de Philadelphie, 1796 ; Voyage dans les États- Unis, 1800. Sa vie aété écrite par le comte Frédéric G-aëtan de La Rochefoucauld, 1827. Une statue lui a été érigée à Liancourt en 1861.LA RocHEFOOCAuLD-DùUDEAuviLtE (Ambroise de), 1765-1841,-devaitlenom.deDoudeouw'Meàsafemme, héritière de la terre de Doudeauville en Boulonnais. Major au 2" régiment de chasseurs en 1789, il émi-gra, mais sans porter les armes contre la France; il rentra sous le Consulat, mais sans accepter de fonctions publiques, se fixa dans sa terre de Montmirail où il répandit d innombrables bienfaits, fut èliimem-bre,_ puis président du conseil générai de la Marne, devint en 1814 pair de France, en 1815 président du conseil de perfectionnement de l'École polytechnique, en 1821 directeur des postes, en 1824 ministre de la maison du roi; se démit en 1827 pour ne pas concourir à.ladissolutiqn de la carde nationale, et sut toujours concilier ce qu'il devait à sa patrie avec l'affection qu'ilportaitauxBourbons.Ërainemmentchari-table, il coopéra à une foule de bonnes œuvres : société philanthropique, société pour l'instruction élémentaire, société des prisons, conseil des hospices, eus.
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Pendant son ministère, il introduisit les moutons à longue laine, perfectionna l'éducation des vers à soie, encouragea l'Institut agronomique de GrignoD, et créa le musée des antiquités égyptiennes. Il a laissé de courts Mémoires, qui ont été publiés en 1861-62 par son fils, avec une introduction par M. F. Claude. Sa femme, descendante de Louvois, a fondé l'hospice Larochefoucauld à Paris.— Son fils, M. Sos-thène de La R.-Doudeauviile, né en 1785, intendant des Menus-Plaisirs sous Charles X, signala son administration par quelques réformes et prescrivit aux danseuses un costume plus modeste. Il a publié des Pensées, qui brillent par l'esprit, des Esquisses et Portraits, et des Mémoires (1837 et 1862), précieux surtout pour l'histoire de la Restauration.
LA ROCHE-GUILHEM (Mlle de), romancière du xvne siècle, morte en 1710, était protestante, et quitta Paris pour se retirer en Hollande lors de la révocation de l'édit de Nantes. Elle a écrit des romans dans le genre de ceux de Mlle de Scudéry : Astérie ou Tamerlan, 1675; Histoire des guerres civiles de Grenade, 1683; le Grand Scanderberg, 1688; Histoire des Favorites, etc.LA ROCHE-GUYON, petite v. de France (Seine-et-Oise), à 17 kil. N. 6. de Mantes, sur la Seine; 900 h. Jadis ville forte; haute tour. La ville est bâtie au pied d'un rocher. Nitrières naturelles. Titre de duché-pairie, créé en 1621 en faveur de François de Silly, puis rétabli en 1643 en faveur de Roger Du Plessis, seigneur de Liancourt.LA ROCHEJACQUELEIN (Henri DU VERGER, comte de), chef vendéen, né en 1772 au château de LaDur-bellière près de Châtillon-sur-Sèvre, était fils du marquis de La Rochejacquelein, colonel de cavalerie, qui émigra. Il faisait partie en 1792 de la garde constitutionnelle de Louis XVI : après le 10 août, il se retira dans la terre de Clisson, près de son ami Les-cure. Les Vendéens lui ayant offert le commandement de leurs troupes (1793), ïll'accepta, courut rejoindre Bonchamp etd'Elbée, se signala à la bataille de Fon-tenay (24 mai 1793), entra le 9 juin dans Saumur, préserva les Vendéens d'une déroute complète à Lu-çon, vainquit à Chantonnay, et prit part à l'affaire désastreuse de Chollet. Proclamé général en chef après la mort de Lescure, bien qu'à peine âgé de 22 ans, il donna les preuves d'un talent supérieur, battit deux fois les troupes républicaines aux environs d'Antrain, occupa Laval, La Flèche, Le Mans; forcé dans cette dernière ville, il passa la Loire, et se retrancha dans la forêt de Vézin. Il fut tué au combat de Nouailléprès de Chollet (4 mars 1794). On a retenu sa harangue à ses soldats lorsqu'ils lui déférèrent le commandement : « Si je recule, tuez-moi; si j'avance, suivez-moi ; si je meurs, vengez-moi. »LA ROCÏÏEJACQUELEIN (Louis , marquis de), frère puîné du précéd., né en 1777, à St-Aubin de Beau-Ligne (Poitou), m. en 1815, émigra avec sa famille, rentra en France en 1801, fut un des premiers à reconnaître les Bourbons en 1814, suivit Louis XVIII à Gand, revint par mer en Vendée où il essaya en vain d'organiser une insurrection pendant les Cent Jours, et périt au combat des Mathes, près des Sables d'Olonne, le 4 juin 1815. — Sa femme, M.-L. Victoire, fille du marquis de Donnissan, née à Versailles, en 1772, m. à Orléans en 1857, avait épousé en premières noces le marquis de Lescure. Elle prit part avec une rare intrépidité a tous les événements ne la Vendée. Elle a laissé des Mémoires, Bordeaux, 1815. — Le marquis Henri de La Rochejacquelein, fils de Louis, né en 1805, pair sous la Restauration, député en 1842 , membre de l'Assemblée nationale en 1848, s'est rallié à la politique de l'emp. Napoléon III et a été créé sénateur en 1852 ; mort en 1867.LA ROCHE-L'ABEILLE, bg de la Hte-Vienne, à 8 k. N. de St-Yrieix; 1450 h. Carrière de serpentine. Coli-gny à la tête des Calvinistes y défit en 1569 une armée italienne venue au secours des Catholiques : Henri de Béarn (H. IV) fit ses !"• armes dans ce combat.
LA ROCHELLE, Santonum portuc, Rupella, v.
et port de France, ch.-l. du dép. de la Charente-lnf., au fond d'un golfe de l'Atlantique, à 470 kil. S. O. de Paris; 14 857 hab. Évêché, suffragant de Bordeaux, église consistoriale calviniste. Place forte. Chambre ettrib. de commerce; lycée; académie de lettres, sciences et arts; bibliothèque, jardin botanique, cabinet d'hist. [naturelle. Place d'armes, hôtel de ville, palais de justice, hôtel des monnaies, bourse, arsenal; vastes bassins , chantiers de construction. Bains de mer. Raffineries de sucre; minoterie, toile à voiles, goudron, salines; armements pour la pêche delà morue. Eaux-de-vie, sel, denrées coloniales, fromages, beurre, grains, huiles, sardines, morues, bois du Nord, etc. Patrie de Guiton, Tallemant des Réaux, Réaumur, Nicolas Venette, Billaud-Varennes, Duperré. — La Rochelle appartint d'abord aux seigneurs de Mauléon, auxquels elle fut enlevée par Guillaume, dernier duc d'Aquitaine et comte de Poitou ; elle devint dans la suite la capitale de l'Aunis. Louis VIII l'enleva en 1224 aux Anglais, auxquels le traité de Brétigny la restitua ; elle se rendit à Duguesclin en 1372. Le Calvinisme y parut dès l'an 1534; en 1557, elle devint le boulevard des Calvinistes. Elle fut assiégée^en 1572 et 1573 par le duc d'Anjou (Henri III),.et vigôureusement défendue par le brave Lanoue, qui obtinf une capitulation "favorable. Le cardinal de Richelieu la prit en 1628, après un siège célèbre qui dura treize mois (V. SUITON) , et en fermant le port par une digue gigantesque. Louis XIV fit relever ses fortifications. Les Anglais tentèrent inutilement une descente à La s Rochelle en 1757. — On nomma sous la Restauration Conspiration de La Rochellele complot qui, en 1822, coûta la vie au sergent Bories IV. ce nom) et à ses trois compagnons.
LA ROCHE-POSAY, bg de France (Vienne), à 24 k. S. E. de Chatelleràult ; au confluent;de la Gar-tempe et de'la Creuse^ 1500 hab. Eaux minérales.
LA ROCHE-SUR-YON.T. NAPOLÉON-VENDÉE. .
LA ROCHETTE , ch.-l. de c (Savoie), arrond. de Chambéry; 1200 nab. Ane château fort, pris et rasé sous Louis XIII (1630).LAROMANA (marquis de), général espagnol, né à Palma en 1761, eut part aux campagnes de 1792 et 1794 contre les Français, parut se rallier à la France après la paix de Bâlê et fut même envoyé par l'Es- '» • pagne en 1807 à la tête d'un corps d'armée pour seconder Napoléon en Allemagne; mais, après la nomination de Joseph au trône d'Espagne (1808), il négocia avec les Anglais et se fit.ramener avec son corps d'armée en Espagne. Il obtint quelques succès contre les troupes françaises, et il allait se joindre à Wellington, quand if mourut en 1811. Il a laissé des Mémoires, Paris, 1825.
LA ROMANÉE OU LA ROMANÉE-CONTI, bg du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Beaune, près de Vosne et sur la côte de Nuits; Vins rouges très-estimés. •
LAROMIGUIÈRE (Pierre de), professeur de philosophie, né en 1756 à Levinhac-le-Haut, prèsd'As-prières (Rouergue), mort en 1837, entra dans la congrégation de la Doctrine, enseigna les humanités, puis la philosophie dans différents collèges de son ordre , notamment au collège de l'Esquile à Toulouse (1784) ; vint à Paris en 1795 pour suivre les leçons des Écoles normales, se lia étroitemem avec Garât, fut associé de l'Institut dès sa fondation, entra au tribunat, mais renonça bientôt aux fonctions politiques pour se livrer tout entier à ses études, enseigna quelque temps au Prytanée (lycée de Louis-le-Grand), et fut nommé en 1811 professeur de philosophie à la Faculté des Lettres de Paris. Il obtint dans ses cours un grand succès, qu'il devait à la clarté de son style et à la grâce de sa parole; cependant il quitta sa chaire au bout de deux ans. II fut nommé bibliothécaire de l'Université. On a de Laro-miguière : Éléments de Métaphysique, 1793; Paradoxes de Condillac (1805), et Leçons de Philosophie sur les principes de l'intelligence ou sur les causes et les origines des idées (2 vol. in-8, 1815-17, souvent réimprimés). S'éloignant de Condillac, dont il avait d'abord été le disciple pur, Laromiguière nie que tout se réduise dans l'homme à la sensation : outre la sensiblité, il admet l'activité, qui est mise enjeu par le sentiment; il distingue 4 manières de sentir : sensation, sentiment de l'action des facultés de l'âme, sentiment de rapport, sentiment moral, et montre comment l'activité, s'appliquant à ces sentiments, en tire toutes nos idées. M. Mignet a lu à l'Acad. des Sciences morales une Notice historique sur Laromiguière, 1856. MM. V. Cousin etSaphary ont apprécié sa doctrine en sens divers.
LARR — 1050 — MSA.
LA ROQUE , ch.-l. de c (Lot-et-Garonne), à 18 k. N.E. d'Agen; 1380 hab.LA ROQUE (André de), héraldiste, né en 1597 à Corneilles, près de Caen, mort en 1687, s'est fait un nom par se3 ouvrages sur les généalogies et le blason. Il a laissé : Histoire générale des maisons nobles de Normandie, Caen, 1654 (inachevé); Histoire généalogique de la maison d'Harcourt, Paris, 1662; Traité du blason, 1673; le Blason de la maison royale de Bourbon, 1626, etc.LA. ROQUE (Jean de), littérateur, né à Marseille en 1661, mort à Paris en 1745, voyagea dans le Levant, et publia : Voyage de l'Arabie Heureuse de 1708 à 1713, Paris, 1716; Voyagedans laPalestine, 1717; Voyage de Syrie, 1722, etc. On lui doit aussi la publication des Voyages de d'Arvieux. — Son frère, Ant. de La Roque, 1672-1744, obtint en 1721 le privilège du Mercure de France, et en publia 321 vol.LA ROQUEBROU, ch.-l. de c (Cantal), à 25 k. O. d'Aurillac ; 1365 hab.LA ROTHIËRE , vge du dép. de l'Aube, à 20 kil. N. O. de Bar-sur-Aube ; 200 hab. Combat acharné entre Napoléon et les alliés, 31 janv. 1814.LARREY (Isaac de), historien, né à Lintot, près de Bolbeo, en 1638, de parents calvinistes, fut obligé de sortir de France à cause de sa croyance et passa en Hollande, où il obtint le titre d'historiographe des États-Généraux. L'électeur de Brandebourg l'appela ensuite à Berlin, où il mourut en 1719. On a de lui : Histoire d'Auguste, Rotterd. (Berlin), 1690; l'Héritière de Guyenne ou Hist. d'Ëléonore, 1691 ; Hist. d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande, 1707-13, ouvrage qu'on accuse de partialité et qui fut mis à l'Index ; Hist. de France sous Louis XIV, 1713-16, peu estimée.LARREY (J. Dominique), chirurgien militaire, né en 1766 àBaudéan (Htes-Pyrénées), mort à Lyon en 1842, se forma sous Desault et Sabatier, fut chirurgien en chef à 28 ans, fit en cette qualité les campagnes d'Italie, d'Orient, d'Allemagne , d'Espagne, de Russie; donna le premier l'exemple d'enlever les blessés sous le feu de l'ennemi, et fut lui-même atteint plusieurs fois, notamment à St-Jean d'Acre et à Waterloo, où il tomba entre les mains de l'ennemi ; fut à la pair nommé chirurgien en chef de la garde royale , malgré son culte bien connu pour l'Empereur, puis chirurgien en chef des Invalides et de l'hôpital du Gros-Caillou; alla en 1841 inspecter les hôpitaux de l'Algérie, mais excéda ses forces dans ce service et mourut au retour. Il avait été nommé dès 1797 professeur au Val-de-Grâce ; membre de l'InBtitut d'Egypte et de l'Académie de Médecine dès leur fondation, il fut en 1829 admis à l'Institut de France. On lui doit les ambulances tétantes (1793), qui permirent de donner aux blessés des secours immédiats, et qui le firent justement surnommer la Providence du soldat. Napoléon ne l'appelait que le vertueux Larrey : en 1809, après Wagram, il l'avait fait baron : il lui légua 100 000 fr. par son testament. Auteur d'innovations importantes (amputation immédiate, désarticulation de la cuisse, débndement des plaies d'armes à feu, appareils inamovibles pour fractures), Larrey a aussi laissé des écrits qui feront vivre son nom : Relation historique et chirurgicale de l'expédition d'Orient, 1803; Mémoires de médecine et chirurgie, 1812-31 ; Clinique chirurgicale, 1829-36. Pariset a prononcé son Eloge à l'Acad, da Médecine (1845). Une statue en bronze, œuvre de David (d'Angers), lui a été érigée au Val-de-Grâce.— Son fils, Hippolyte Larrey, né en 1808, a suivi avec honneur la même carrière : il est inspecteur général du service de santé et membre de l'Académie de Médecine.
LARRONS (îles des). Y. MARIANNES.
LARROQUE (Matthieu de), ministre protestant, né en 1619 à Layrac, près d'Âgen.mort en 1684, était pasteur de l'église de Rouen. C'était un homnie plein d'érudition et de jugement. Il soutint une controverse avec Bossuet. On a de lui : Histoire dû l'Eucharistie, Amsl., 1669; Réponse au livre de È. de Mcaux (Bossuet) sur la Communion, 1683; Nouveau, traité de la Régale, 1685. — Son fils, Daniel de L., 1660-1731, abjura après la révocation de l'èdit ds Nantes. Il se fit mettre en prison pour avoir imputé à l'impéritie des ministres la famine de 1693. On a de lui une Vie de Mizeray, Amst., 1720.LARS, mot qui signifiait roi, seigneur, chez les Étrusques. V. PORSENA et TOLUMNIUS.LARTIUS FLAVUS (T.), consull'an501 av. J.-C, fut fait dictateur l'an 499; il est le premier.qui ait été revêtu de cette charge. Il vainquit les Fidénates, prit leur ville et se démit aussitôt du pouvoir.LA RUE (le P. Ch. de), jésuite, né à Paris en 1643, m. en 1725, prêcha avec succès dans les provinces, à Paris et devant la cour, et fut employé à la conversion des Calvinistes des Cévennes. ll,a composé des vers latins estimés (Carminumlibri iF.Paris, 1668),2 tragédies latines (Lysimachus, Cyrus), et une tragédie en vers français (Sylla)i des Panégyriques, dçs Oraisons funèbres (celles du ducde Bourgogne et du maréchal de Boufflers); desfermons de morale, dont les plus remarquables sont ; le Pécheur mourant, le Pécheur mort et le sermonjur les Calamités publiques. On dit que VAndrîenne et l'Homme à bonnfis fortunes, comédies données sous le nom de Baron, sont du P. de La Rue. On lu^dgit aussi des éditiojis estimées de Virgile et d'Horâcë, avec paraphrase et commentaires (dans la collection Ad usum Delphini).LA RUE (Gervais, abbé de), archéologue, né à,Caen en 1751, m. en 1835, se livra de bonne heure à des recherchés sur nos antiquités nationales. Prêtre insermenté, il se réfugia en Angleterre pendant la Terreur, explora les archives de la Tour de Londres et y découvrit une foule de poèmes et romans du. moyen âge dont l'existence n'était pas même soupçonnée. De retour en France, il fut nommé professeur dJhis-toireà la Faculté des lettres de Caen(1808) etcorres-pondantdel'Institut(1815). On adelui : Mémoiresur les bardes armoricains, 1815; Essais sur laviïïede Caen ; Recherches sur la tapisserie dite de te reine Mathilde, 1824; Essais sur tes bardes, les jongleurs et les trouvères normands, 1834.LARUNS, ch.-l. de c. (B.-Pyrénées), à 30 kil. S. E. d'OIoron; 1650 h. Usines; marbres; eaux minérales.
LARVES. V. LEMURES. ,
LA SABLIÈRE (Marguerite HUSSEIN,_ dame de), dame distinguée par son esprit et sa bienfaisance, morte en 1693, fut un des ornements du xvu« siècle. Elle savait la physique,"l'astronomie, les mathématiques, et possédait plusieurs langues. La meilleure société se rassemblait chez elle; elle s'est immortalisée par la protection qu'elle accorda au voyageur Bernier (qui fit pour elle son Abrégé de Gassendi), et par l'hospitalité qu'elle donna à La Fontaine. Elle inspira à La Fare une vive passion, qui fut partagée et que le poète a chantée dans ses vers. Elle avait épousé Ant. de Rambouillet deLaSablière(1GJJ4-79), fils d'un riche financier, financier lui-même et régisseur des domaines du roi. C'était un hommejt'esprit et un ami du plaisir : il composa de jolis madrigaux, publiés en 1680 par son fils, et réimprimés en 1825, dans les Petits classiques français de Ch. Nojiier.
LA SALE (Ant. de), vieux romancier, né éS 1398,
LASC — 1051 — LASC
m. vers 1462, visita l'Italie, fut secrétaire de Louis III, i comte de Provence, et acheva sa carrière à la cour de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. On a de lui : l'Histoire et plaisante chronique du petit Jehan de Saintré et de la dame des Belles Cousines, Paris, 1517 et 1724 (rajeunie par le comte de Tressan) ; les Cent nouvelles îtouuelles(altribuéesàtortàLouisXI), 1450-60; et les Quinte joies du mariage :ces 2 derniers ouvrages ont été réimprimés en 1858 dans la coliect. Jannet. Il a aussi écrit: Chronique et généalogie des comtes d'Anjou de la maison de France, Paris, 1517, in-fol. Génin lui attribue l'Avocat patelin.
LA SALLE, ch.-I. de c (Gard), à 30 kil. N. E. de Le Vigan; 2477 hab. Filature de soies, bonneterie.LASALLE (Robert CAVELIER de), né à Rouen vers 1640, alla chercher fortune au Canada vers 1670, entreprit de découvrir l'embouchure du Mississipi, et obtint, à cet effet, du marquis deSeignelay une commission très-étendue. Il descendit le fleuve en partant du Canada, et, après avoir surmonté des obstacles de tous genres., il en découvrit l'embouchure dans le golfe du Mexique, 1682. Il prit possession au nom de la France d'une grande partie de la Louisiane, mais il fut assassiné, en 1687, dans le Texas, par trois de ses compagnons. On a publié, d'après les papiers d'un de ses compagnons, le journal de sonVoyage, 1723.LASALLE (le P. de), instituteur des Frères des Écoles chrétiennes, né à Reims en 1651, m. en 1719, était fils d'un conseiller au présidialde cette ville. Il entra dans l'état ecclésiastique, et fut pourvu d'un canoni-catde l'église de Reims. II commença en 1681 às'oc-cuper de la fondation des Ecoles chrétiennes, eut à lutter contre toutes sortes de difficultés, réussit néanmoins à les faire adopter à Reims, à Rouen, à Paris et dans les principales villes de France. Il avait établi lesiége dunouvel ordre dans la maison de St-Ton à Rouen, d'où ses religieux sont souvent appelés Frères Saint-Yon. On a de J. B. Lasalle les Devoirs du chrétien et la Civilité chrétienne, ouvrages encore classiques; des Méditations sur les évangiles, réimprimées par le F. Philippe, Versailles, 1858; lesDouge Vertus d'un bon maître d'école, etc. Sa Vie a été écrite parBellin, Rouen,1733; par Salvan, Toulouse, 1852; parL. Ayma, Paris, 1855.LASALLE (Ant.), écrivain, né en 1754, m. en 1829, était fils naturel d'un Montmorency et fut destiné d'abord à l'état ecclésiastique, mais il finit par entrer dans la marine. De 1771 à 1778, il visita Terre-Neuve, les îles de l'Amérique, les Indes orientales et la Chine. De retour en France, il publia quelques ouvrages d'une philosophie originale : le Désordre régulier, 1786; la Balance naturelle, 1788; la. Mécanique morale, 178|9, et fit paraître de 1800 à 1803 une trad. des OEuvres de Bacon, Dijon, 15 vol. in-8. La Révolution , en le privant d'une pension qui formait son unique revenu, l'avait réduit au dernier degré de dé-nûment, et il finit ses jours à l'Hôtel-Dieu. Lasalle possédait de vastes connaissances et une singulière vivacité de conception ; mais ilse jeta dans des hypothèses aventureuses, voisines de l'athéisme. Sa traduction de Bacon n'est ni complète ni fidèle.LASALLE (Ant. Ch. Louis COLLINET, comte de), général de cavalerie, né à Metz en 1775, était déjà officier lorsqu'éclata la Révolution. Il entra comme simple soldat dans un régiment, se signala par sa bravoure en Italie, en Egypte, en Allemagne; fut fait général de brigade à Austerlitz, et périt àWagram (1809), après avoir été nommé général de division.LA SALVETAT D'ANGLES, ch.-l. de c (Hérault), à 23 kil. N. O. de St-Pons, près de l'Agout; 4035 h. Laines, beurre estimé.LA SALVETAT PEYRALES, ch.-l. de c. (Aveyron), à 50 kil. S. O. de Rodez; 3157 hab.LA SAULSAIE, école régionale d'agriculture (Ain), dans la commune de Montluel, est située au milieu des étangs de la Dombes, à 5 kil. E. de Trévoux.LASCARIS, maison grecque du Bas-Empire, a fourni à l'empire grec de Nicée plusieurs souverains et a
i produit des savants distingués. La plus grande illustration de cette famille date de l'avènement de Théodore Lascaris. II existait encore au dernier siècle, dans le comté de Nice, des Lascaris, issus d'une fille de Jean Lascaris Ducas (empereur de Nicée en 1259 et 1260), qui avait été donnée en mariage à un comte de Vintimille à la fin du xiii" siècle.
LASCARIS (Théodore), empereur de Nicée, était gendre de l'empereur Alexis l'Ange. Après la prise de Constantinople par les Croisés (1204), il alla former dans l'Asie-Mineure un nouvel Etat qui comprenait laBithynie, laLydie, laPhrygie, et dont Nicée devint la capitale. Il eut à combattre à la fois Alexis, son beau-père, et le sultan d'Iconium, mais il sut se délivrer de ses ennemis, et se maintint sur le trône jusqu'à sa mort(1222). Il avait épousé en3e noces une fille de Pierre de Courtenay, empereur nommé de Constantinople. — Il eut pour successeurs son gendre-, Jean DucasVatace (V.jEANin), et son petit-fils Théodore Lascaris, dit le Jeune, qui régna de 1255 à 1259. Celui-ci, qui était sujet à des attaques d'épilep-sie, tomba dans une mélancolie noire qui lui fit commettre d'horribles cruautés et qui abrégea ses jours. — Il laissa un fils, âgé de 6 ans, Jean, qui porta quelques instants le vain titre d'empereur, mais qui en fut bientôt dépouillé par Michel Paléologue (1260).LASCARIS (Constantin), un des savants grecs qui contribuèrent à la renaissance des lettres en Europe, issu de la même famille que les précédents, vint de Constantinople en Italie après la chute de l'Empire (1454), enseigna le grec à Milan où l'avait appelé François Sforze, puis à Rome, où il se lia avec Bes-sarion, à Naples où l'avait appelé le roi Ferdinand, et mourut à Messine en 1493. Il a laissé une Grammaire grecque, écrite en gTec, Milan, 1476; c'est le premier livre qui ait été imprimé en caractèresgrecs.LASCARIS (Jean), dit Rhyndacenus, parce qu'il était né près du Rhyndacus en Phrygie, né vers 1445, m. en 1535, vintde bonne heure en Europe, fut d'abord accueilli à Florence par Laurent de Médicis, qui l'envoya en Grèce à la recherche des manuscrits; puis fut appelé en France par Charles VIII, et jouit d'un grand crédit auprès de Louis XII et de François I, qui le chargèrent d'une ambassade à Venise ; il eut aurei pour protecteur Léon X. Il enseigna le grec à Budé, à Danès, et ne dédaigna pas de corriger les ' épreuves de plusieurs ouvrages grecs (Callimaque, Florence, 1492; l'Anthologie, 1494, etc.). Il a laissé des épigrammes, des discours, etc. M. Villemain a publié Lascaris,ou les Grecsau.XVsiècle,Pa.ris,l825.LASCARS, nom donné aux indigènes des îies de la mer des Indes et de celle de la Chine employés comme matelots à bord des navires européens.LAS CASAS (Barthélemi de), évêque de Chiapaau Mexique, de l'ordre des Dominicains, né à Sévilleen 1474, m. à Madrid en 1566, s'est rendu immortel par son humanité et son zèle infatigable en faveur des malheureux Indiens qu'opprimaient ses compatriotes. Embarqué avec Christ. Colomb, i) accompagna dans leurs expéditions les premiers conquérants de l'Amérique, répara autant qu'il le put les maux de la guerre, et ne revint en Espagne qu'après avoir passé 50 ans dans le Nouveau-Monde (1551). On ade ce pieux évêque plusieurs ouvrages, tous dictés par une ardente charité ; le principal est : Brevissima re* lacion de la destruccion de las lndias, Séville, 1552 (trad. par J. de Miggrode sous le titre de Tyrannie-et cruautés des Espagnols, 1679) : c'est une_ réponse à Sépulvéda qui soutenait qu'on doit exterminer quiconque refuse d'embrasser la religion chrétienne. On lui a reproché, mais à tort, d'avoir conseillé la traite ' des nègres afin de faire épargner ses chèrs Indiens.LAS CASES (Dieudonné, comtede), un des compagnons d'exil de Napoléon, né en 1766 au château de Las Cases, près de Revel (Hte-Garonne), mort en 1842, se disait issu de k famille de l'évèque de Chiapa. Lieutenant de vaisseau en 1789, il émigra et-fit partie de l'armée de Condé et de l'expédition de Quiberon, mais il rentra en France après le 18 brumaire. Ilypu-hlia en 1803, sous le pseudonyme de Le Sage, naAt-las historique, chronologique et géographique (gr. in-fol.), qui obtint un grand succès. Quand les Anglais menacèrent Flessingue, il s'enrôla comme volontaire pour les repousser (1809), et fut dès lors remarqué par Napoléon, qui bientôt se l'attacha comme chambellan, le fit entrer au Conseil d'État et le chargea de plusieurs missions de confiance. Il refusa en 1814 d'adhérer à la déchéance de l'Empereur, reprit son service auprès de lui en 1815, l'accompagna a Ste-Hélène, et resta 18 mois auprès de l'illustre prisonnier, vivant dans son intimité et recueillant ses paroles dans un journal, qui parut depuis sous le titre de Mémorial de Ste-Hélène (1822-24,8 vol. in-8), et qui eut une grande vogue. Devenu suspect à Hudson-Lowe, il fut déporté au capde Bonne-Espérance, puis transféré en Europe, mais retenu comme prisonnier : il ne put revoir sa patrie qu'aprèslamort de Napoléon. Élu député de la Seine après 1830, il siégea dans l'opposition. — Son fils, Emmanuel, 1800-54, servit de secrétaire à Napoléon à Ste-Hélène, accompagna en 1840 le prince de Joinville, charge de rapporter en France les restes de l'Empereur, et publia en 1841 : Journal écrit à bord de la Belle-Poule. Il fut élu en 1831 député du Finistère, et appelé en 1852 au Sénat.
LASS — 1052 — LAST
LASCY (Pierre, comte de), général au service de la Russie, né en 1678 en Irlande, mort en 1751, avait d'abord servi en France, en Autriche et en Pologne. Il se distingua sous Pierre le Grand à Pultawa (1709), ravagea la Finlande (1721), prit Azov sur les Turcs et fut fait maréchal et gouverneur de Livonie. — Son fils, Maurice de L. (1725-1801), prit de bonne heure du service en Autriche, se distingua à Breslau (1757), à Hochkirch (1758), fut nommé feld-maréchal par Marie-Thérèse, entra au conseil aulique et jouit de la confiance de Joseph II. Il réforma le système de fortifications adopté en Autriche.
LA SERNA DE sANTANnea. V. SANTANDBR.
LA SERRE (J. PUGET de), écrivain médiocre, né en 1600 à Toulouse, mort en 1665, vint de bonne heure à Paris et fut bibliothécaire du duc d'Orléans. puis conseiller d'Etat et historiographe de France, il écrivit dans tous les genres: histoire, théâtre, morale , philosophie, et produisit un nombre prodigieux de volumes. Il fit représenter plusieurs tragédies en prose, dont quelques-unes (Thomas Morus, 1641 ; le Soc de Cartilage ; Chimène, etc.) eurent un succès momentané. Laserre n'est plus guère connu que par les sarcasmes de Boileau : dans le Chapelain décoiffé, le satirique feint que Laserre, irrité contre Chapelain, qui ne l'avait pas fait pensionner par le roi, lui cherche querelle et lui arrache sa perruque.LA SERRE (J. L. Ignace de), sieur de Langlade, poète dramatique, né à Cahors en 1662, m. à Paris en 1756, se fit poète après avoir perdu au jeu 25 000 livres de rente. Il a donné à l'Opéra Polyxène, 1706; Diomède, 1710; Polydore, 1720; Scanderberg, 1719, et aux Français une tragédie a'Artaccare, 1718. On a aussi de lui des Mémoires pour servir à l'histoire de Molière et de ses ouvrages. Il vécut dans un commerce intime avec Mlle de Lussan. V. ce nom.LA SOUTERRAINE, ch.-l. de c (Creuse), à 40 k. N. O. de Guéret, dans une vallée profonde; 3780 hab. Cours d'eau souterrain qui a fait donner son nom à la ville. Commerce de chanvre, fil, etc.
LASPHRISE(PAPILLON de), poète. V. PAPILLON. LASSA, v. du Thibet. V. L'HASSA.
LASSAIGNE (J. L.), chimiste, né à Paris en 18Û0, m. en 1859, se forma sous Vauquelin, remplaça Du-long comme professeur de chimie à l'École vétérinaire d'Alfort (1824), professa en même temps à l'École de commerce, et fut à partir de 1845 expert chimiste près les tribunaux de Paris. On lui doit plusieurs découvertes (celle de la cathartine dans le séné, de la Delphine dans le staphisaigre, de l'acide pyrocilrique, etc.), et d'utiles applications de la science ( notamment l'emploi du chromate de plomb dans la fabricatïon des toiles peintes), qui lui valurent de nombreuses récompenses de la part des sociétés savantes. Il a donné un Traité de Chimie, 1829, un Dictionnaire des Réactifs, 1839, et ua Traité de Matière médicale et de Pharmacie vétérinaire, 1841.LASSAY, ch.-l. de c. (Mayenne), à 20 kil. N. fi;. de Mayenne; 2280 hab. Bestiaux, volailles; fil, laine. Château construit au ix" s. Ane marquisat, appartenant ajx Madaillan de_Lesparre. M. Paulin Paris a publié le Marquis de Lassay et l'hôtel Lassay auXrfl's.LASSEUBE, ch.-l. dec (Basses-Pyrénées), sur la Baïse, à 14 kil. N. E. d'Oloron;2702 hab.LASSIGNY, ch.-I. de c (Oise, à 24 kil. N. de Com-piègne; 803 hab.LASSUS (Roland ou ORLANDO di LASSO) , célèbre musicien belge, dont le véritable nom est Roland de Lattre, né à Monsen 1520, m. à Munich en 1595, partit de bonne heure pour l'Italie, fut dès 1541 maître de chapelle à St-Jean de Latran à RomB, parcourut l'Europe, admiré partout,et se fixa en 1557 à Munich, où il fut nommé maître de chapelle du duc de Bavière. L'empereur Màximilien l'anoblit; Charles IX voulut en vain l'attirer en France. Lassus fut surnommé de son temps le prince des musiciens; il réussissait également dans la musique profane et dans la musique religieuse, et fut dans ce dernier genre le rival de Palestrina, Il améliora le contre-point, introduisit le 1" dans le, chant des passages chromatiques et réduisit le nombre des lignes de la mesure. Ses productions, messes, psaumes, hymnes, motets, chansons, madrigaux, etc., s'élèvent à plus de 2000. Un choix en fut publié par son fils sous le titre de Magnum opus musicum,Munich, 1604,7 vol. in-fol. Des statues lui ont été élevées à Mons et à Munich.LASSUS (Pierre), habile praticien, né à P~àris en 1741, m. en 1807, fut successivement chirurgien de Mesdames, filles de LouisXV, chirurgien consultant de Napoléon, professeur d'histoire de la médecine légale , puis de pathologie externe à la Faculté de Paris et membre de l'Institut. On a de lui, outre des traductions de l'anglais : Traité élémentaire de Médecine opératoire,11%; Pathologie chirurgicale,1806.LASSUS (J. B. Ant.), architecte, né à Paris en 1807, m. en 1857, est un de ceux qui ont le plus contribué à remettre enhonneur le genre gothique. Il a dirigé, de concert avec M, Viollet-le-Duc, la restauration de la Ste-Chapelle, de St-Germain l'Auxerrois et de Notre-Dame de Paris, et a construit les nouvelles églises de Belleville et de la Chapelle St-Denis. Outre de nombreux dessins de monuments, des projets de restauration et de restitution d'édifices détruits, on lui doit la Monographie de la cathédrale de Chartres, 1843, gr. in-f. II a donné un grand nombre d'articles aux Annales archéologiques.LASTEYRIE (Ch. Philibert, comte de), né' en 1759 àBrives (Corrèze), m. en 1849, s'adonna de bonne heure à l'étude de l'économie rurale, visita dans ce but presque toutes les contrées de l'Europe, contribua puissamment à importer les mérinos en France (1795) ; alla dès 1812 à Munich pour y étudier auprès de Senefelder l'art tout nouveau de la lithographie, et créa lui-même à Paris les premiers établissements de ce genre. Allié de Lafayette, il fut comme lui un des plus zélés soutiens des idées libérales, prit une part active à la propagation de l'enseignenïent mu« tuel et à la création de la Société d'encouragement, et fonda le Journal des connaissances usuelles et pratiques, qu'il dirigea lui-même pendant plusieurs années. Il avait formé un riche cabinet contenant tous les objets relatifs à l'économie rurale, ainsi que tous les ouvrages sur cette matière. Il a écrit sur diverses parties de l'agronomie, notamment sur les Bêtes à laine d'Espagne (1799, 1802), sur la Culture du Cotonnier (1808) et de l'indigotier (1811); a donné, sous le titre à'Histoire naturelle du Mouton, du Che~ val, du Chien, du Chameau, du Bœuf, du Cochonfiia.,
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un grand nombre de petits traités d'une utilité pratique; et a publié une précieuse Collection des machines, instruments, etc., employés dans l'économie rurale, 1820-25. — Son fils, Ferd. deL., né en 1810, membre de 5a Chambre des Députés, puis de l'Assemblée nationale, membre libre de l'Académie des inscriptions, a donné une savante Histoire de la peinture sur verre, 1837-56, in-fol.
LASTTC (J. BONPAR de), grand maître de l'ordre de St-Jean de Jérusalem, élu en 1437, soutint deux fois dans Rhodes les attaques du sultan d'Egypte (1440-44), et força l'ennemi à lever le siège et à fuir honteusement malgré la supériorité de ses forces.LA SUZE, ch.-l. de c (Sarthe), sur la Sarthe, à 23 kil. S. O. du Mans; 2268 hab. Ane comté.Ruines d'un château qui appartint au fameux Gilles de Laval.LA SUZE (Henriette de COLIGNY, comtesse de), femme célèbre par son esprit, sa beauté, ses malheurs, née en 1618, m. en 1673, était petite-fille de l'amiral de Coligny. Veuve d'un Ecossais nommé Th. Hamilton, elle épousa en 2* noces le comte de La Suze (de l'illustre maison des comtes de Champagne) : elle fut très-malheureuse avec son second époux, obtint à force d'argent la cassation de son mariage et finit par être à peu près ruinée. Élevée dans la religion protestante, elle se convertit. Longtemps fea maison réunit les gens d'esprit et fut comme une succursale de l'hôtel de Rambouillet. On vantait fort ses vers : auj. ils sont oubliés. On a sous son nom un Recueil d'œu-vres galantes en prose et en vers, Paris, 1684, 4 vol. in-12; mais la plupart des pièces qu'il renferme ont été écrites ou retouchées par Pellisson ou par d'autres. Cependant on ne lui conteste pas ses Élégies, qui sont les meilleures de ses poésies.LATAK1EH, Laodicea ad mare, v. de Syrie (Tripoli), cb.-l. de livah, sur la Méditerranée, à 133 k. N. de Tripoli ; 7000 hab. Jolie ville ; jadis le meilleur port de la Syrie : beaucoup de ruines. Bvêché grec, consulats européens. Aux environs, ecton et tabac très-recherchés.—Fondée sur les ruines del'ancienne Ramitha par Séleucus Nicator, qui la nomma Laodicée en l'honneur de sa mère Laodice. Florissante sous les Romains, cette ville fut ravagée au moyen âge, par les Tartares, les Mongols et les Turcs. Deux tremblements de terre (1796 et 1822) achevèrent sa ruine.LATAKIEHOULADIK, Laodicea combusta, v. de Turquie d'Asie (Caramanie), à 44 k. N. O. de Konieh; 500 h. Ruines nombreuses.
LATERANUS. V. SEXTIUS LATERANUS.
LA TESTEDEBUCH, ch.-l. dec (Gironde),à50k. S. O. de Bordeaux, sur le bassin d'Arcachon;3877 h. Petitport, chemin de fer pour Bordeaux; monument en l'honneur de l'ingénieur Brémontier. Commerce d'huîtres. Jadis ch.-l. du captalat de Buch. V. BUCH.LATHAM (John), naturaliste, né en 1740 à El-tliam (Kent), m. en 1837, était fils d'un chirurgien et exerça lui-même avec succès;mais il consacra tous ses loisirs à l'ornithologie. On a de lui : Index orni-thologicus, Londres, 1790, 2 v. in-4, et A gênerai history ofBirds, 11 vol. in-4, Winchester, 1821-28.LA THAUMASSD2RE ( Gaspard THAUMAS de ) , avocat à Paris, né à Bourges 1650, m. en 1712, était très-versé dans la connaissance de l'ancien droit français. Il a donné des éditions des Assises de Jérusalem, des Coutumes du Beauvoisis par Beaumanoir et des Coutumes de Berry et de Loms,et a rédigé un Traité du frane-alleu deBerry ,1667, in-f.,et une Histoire du Berry et du diocèse de Bourges, 1689, in-f.LA THORILLIÈRE (LENOIR de), comédien de la troupe de Molière, puis de l'hôtel de Bourgogne, jouait les rôles de rois et de paysans. Il étaitné gentilhomme et avait été capitaine de cavalerie. Il mourut en!679. —Son fils, Pierre de La Th., 1656-1731, fut élève de Molière et joua les valets et les comiques avec succès pendant plus de 47 ans. Il créa une foule de rôles, depuis Hector, dans le Joueur, en 1696, jusqu'à Pasquin, dans les Fils ingrats, en 1728.
LATHYRE (Ptolémée). V. PTOLEMEEVH.
LATICLAVE, latus clavus, e.-à-d. large bande, bande de pourpre qui, chez les Romains, ornait la tunique des consuls et des patriciens. Ce mot désignait aussi cette tunique elle-même.LATEL(le cardinalde), prélat français, né aux lies Ste-Margueriteenl761,m. en 1839, refusa de prêter serment à la constitution civile du clergé (1791), émigra, devint aumônier et confesseur du comte d'Artois dans l'exil, fut nommé en 1816 évêque d'A-myclée (in partibus), en 1817 évêque de Chartres, en 1824 archevêque de Reims, en 1826 cardinal. On attribue en grande partie à son influence le rappel des Jésuites et les fatales ordonnances de juillet 1830.LATIMER (Hugues), évêque de Worcester, l'un des premiers auteurs du schisme d'Angleterre, était né dans le comté de Leicester en 1472. Il déclama d'abord avec force contre Mélanchthon et ses innovations; mais bientôt, de catholique zélé, il devint protestant fanatique. Accusé d'avoir tenu des discours offensants sur le roi Henri VIII, il fut enfermé à la Tour (1541). L'avènement d'Edouard VI (1547) lui rendit la liberté ; mais sous'le règne de la reine catholique Marie, il fut condamné, avec son ami Ridley, à être brûlé vif, à cause de ses attaques contre le Catholicisme, et fut exécuté à Oxford en 1555.LATIN (EMPIRE). On donne ce nom à l'empire formé en 1204 par les Croisés français et vénitiens pen
dant la 4" croisade, lorsqu'ils eurent pris Constantinople et renversé Alexis V (Ducas Murtzuphle). Cet em pire. ainsi nommé parce que tous les Croisés étaient de race latine, dura peu. Dès 1261, Michel Paléologue rentra dans Constantinople et reconstitua l'empire grec. Voici les noms des empereurs latins :
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Baudouin I, comte de Flandre, 1204Henri, 1206Pierre de Courtenay, 1216Robert de Courtenay, 1219Baudouin II, 1228-1261Jean de Brienne, tuteur de Baudouin II, est empereur de 1231 à 1237
LATINE (EGLISE), nom sous lequel on désigne souvent l'Église romaine ou d'Occident par opposition à l'Église grecque ou d'Orient, parce que dans l'origine elle ne comprenait que les peuples de race latine. On l'appelle aussi Église catholique, c-à-d. universelle, parce qu'en effet elle comprend les Catholiques du monde entier, sans distinction de langues.
— Les conciles de Lyon (1274) et de Florence (1439) travaillèrent, mais inutilement, à la réunion des Grecs et des Latins.
LATINS, Latini, habitants du Latium. V. LATIUM.
— Au moyen âge, surtout au temps des croisades, on étendit le nom de Latins à tous les peuples de l'Europe dont le pays avait fait partie de l'ancien empire romain d'Occident ; on les nommait ainsi par opposition aux peuples de l'empire grec ou d'Orient.
LATINUS, anc roi d'Italie, était, selon Virgile, fils de Faune et de Marica, et régnait vers 1300 av. J.-C. sur le pays qu'on a, de son nom, appelé Latium. Il accueillit iÉnée dans ses Etats, et, malgré l'opposition d'Amate sou épouse, lui donna sa fille Lavinie, que le prince troyen épousa après avoir tué son rival, Turnus, roi des Rutules. Selon d'autres, Latinus serait fils d'Ulysse ou de Télémaque et de Circé. On le fait périr dans un combat contre Mézence.LATITUDES AIRES, secte qui était surtout répandue, dans les xvr^et xvir» siècles, en Hollande, en Allemagne, en Angleterre, et qui compte encore des partisans. Afin d'éviter les polémiques religieuses et leursJfunestes conséquences, ils revendiquaient la plus grande latitude dans l'interprétation de la Bible, Cudworth, Burnet, Clarke, Chillingworth, etc., professaient cette doctrine. Jurieu les a combattus dans sa Religion des Lalitudinaires, 1696.LATIUM, contrée de l'Italie anc, le long de la mer Inférieure, entre l'Étrurieet la Campanie. On y distinguait : l° le Tieux-Latium ou Latium propre, au S.; villes principales : Albe, Préneste, Pedum, Ti-
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bur, Algide, Frégelle, etc., qui formaient une confé-1 dération (les Herninues et Rome, quoique classés géographiquement dans le Vieux-Latium, ne lui appartenaient pas) ; 2" le Nouveatt-Latium, au S. ; peuples principaux : les Ëques, les Volsques, les Rutu-les, les Ausones ou Aurunces; villes : Anagnie.Suessa-Pometia.Vélitres, Antium, Anxur, Ardée, Suessa-Au-runca. Ce dernier pays ne faisait pas primitivement partie du Latium ;il ne prit ce nom que lorsqu'il eut été conquis par les Romains. La soumission du Latium fut commencée par les Romains dès Romulus. En 664 av. J.-C., les Romains subjuguèrent Albe. SousTarquin le Superbe, la confédération latine, sauf Sabies, reconnut la supériori-té de Rome. Révoltée en 498, elle fut battue en 496. Les Èques et les Volsques se soumirent en 367; ils reprirent les armes en 345 et 338, mais furent enfin écrasés en 314. Le Latium fut couvert par les Romains de colonies et de muni-ciçes. On nomma droit latin l'ensemble de divers privilèges qui étaient un acheminement au'droit de cité, et qui tenaient le milieu entre ce droit et le droit italique. On dérive le nom de Latium soit de Latinus, un des rois du pays, soit de latere (être caché), parce que, dit-on, Saturne, chassé du ciel, serait venu se cacher dans ce pays. M. E. Desjardins a donné La Topographie duLatium, Paris, 1854, in-4, avec cartes. LATMOS, montagne d'Asie-Mineure, sur les confins de l'Ionie et de la Carie, près de la côte, entre Milet et Héraclée , était célèbre dans la mythologie par les visites que Diane venait y faire au berger En-dymion. Cette montagne donna son nom à une ville de Latmos et au golfe Latmique.
LATOFAO ou LEUCOFAO, lieu que l'on place soit à Liffol-Le-Petit (Hte-Marne),soità Laffaux, entre Sois-sons et Laon, soit même près de Moret (Seine-et-Marne), fut le théâtre de deux batailles gagnées, l'une par Frédégonde sur Brunehaut en 696, l'autre parÉbroïn, maire du palais, sur Pépin d'Héristalet Martin, chefs des Austrasiens, en 680.
LATOM1ES, Lalomix, c-à.-d. carrières, anc carrières de Sicile, aux environs de Syracuse, devinrent ensuite des prisons. On a prétendu que Denys le Tyran y avait fait ménager des tuyaux souterrains qui conduisaient à une chambre de son palais la voix des prisonniers : c'est ce qu'on appelait l'Oreille de Denys; mais ce conte a été démenti par l'observation des lieux. Philoxène fut enfermé aux Latomies. LATONE, en grec Lêlo, fille du Titan Cœus et de Phœbé, sa sœur, fut aimée de Jupiter. Junon, par jalousie, força la Terre à lui promettre de ne donner aucune retraite à Latone; mais Neptune, touché de compassion, fit sortir du fond de la mer l'ile de Délos, où Latone se réfugia; elle y mit au monde Diane et Apollon, fruits de ses amours avec Jupiter. On jour que, persécutée par Junon, elle se reposait en Carie au milieu de la campagne, des paysans auxquels elle demandait de l'eau la raillèrent amèrement; Latone, irritée, les fit changer en grenouilles par Jupiter (V. aussi NIOBE). Après sa mort elle fut mise au rang des divinités. Les femmes en couche l'imploraient dans leurs douleurs. Latone paraît être la même que la déesse Bouto des Égyptiens.
LATOPOL1S, c-à-d. ville de Latone, nom donné par les Grecs à plusieurs villes d'Egypte qui étaient consacrées à Bouto, déesse qu'ils identifiaient avec leur Latone. La plus importante était en Thébaïde, au S. d'Hermonthis : c'est auj. Esneh.LATOUCI1K (H. de), écrivain,né en 1785 à La Châtre, m. en 1851, occupait sous l'Empire, dans les Droits réunis, un emploi qu'il perdit à la Restauration, et se livra dès lors tout entier aux lettres. Il avait débuté par de jolies pièces : les Projets de Sagesse (1811), le Tour défaveur (1818), comédies en vers ; mais, forcé de vivre de sa plume, il se mit à composer des écrits de circonstance qui nuisirent à sa réputation. Il rédigea à partir de 1825 le Mercure du XIX s., et après 1830 le Figaro, où i! se mon-tia souvent agi essif et violent. Il publiait en même temps des romans ; eu 1827, il fit paraître la Correspondance de Clément XIV.et de Carlo Bertina%tà (Arlequin), œuvre toute fictive, qui fut remarqués. Il a aussi composé des poésies qui Brillent par l'idée plus que par l'expression. Chargé d'examiner les œuvres jusque-là inédites d'A» Chénier. il en reconnut aus-sitôtla valeur, et la fit ressortir dans l'édition qu'il en donna en 1819; son nom restera attaché à cette espèce de résurrection, littéraire. — V. GUIMON» BII L. LA TOUCHE-TREYILLÉ (L.LEVASSOR de), marin, né à Rochefort en 1745, Jntra dans la marine à 13 ans, fut nommé capitaiile de vaisseau en 1780, et soutint en 1781 sur Vllermione, de concert avec VAs-trée, que commandait La Pérouse, un combatde plusieurs heures contre 4 frégates et 2 corvettes anglaises. En 1789, il fut député aux Etats généraux et fit partie de l'Assemblée constituante. En 1799, il commanda la flottille réunie â Boulogne, qu'attaquàî fois en vain l'amiral Neslon(1801); en 1804, il fut fait vice-amiral, mais il mourut la même année à Toulon. LA TOUR, nom de plusieurs familles nobles, dont la plus connue est lamaison de La Tour d'Auvergne, qui tire son nom d'une petite ville de l'ane. Auvergne (F. ci-après LA TOUR D'AUVERGNE). Les seigneurs de La Tour, connus depuisle xii* s., devinrent comtes d'Auvergne à la fin du xiv* (1389), par le mariage de_ Bertrand de La Tour, 4* du nom, avec Marie, héritière des comtés d'Auvergne et de Boulogne. Cette maison a formé plusieurs branches, entre autres celles des Turenne, des Bouillon j des barons, de Murât.
Le nom de La Tour a encore été porté : 1° par une famille du Dauphiné (V. LA. TOUR DO PIN); —» 2" par une famille de Lombardie, plus connue sous le nom de Délia Torre, qui prétend descendre de Charlema-gne par Eriprand de La Tour, chevalier français qui vivait au xi° s. et quia longtemps fourni des podestats à Milan (V. TORRE) ; — 3° par une famille princière d'Allemagne, connue sopsle nom de La Tout et Taxis {Thwn ur«i Tassis),_à laquelle l'Allemagne doit l'établissement des postes,'et qui en eut longtemps le monopole. Cette famille, qui se prétend issue de la précéd., a pour chef un certain Ladmoral, qui vivait au xjve s. à Bergâme, L'arrière-petit-fils de Lad-moral, Roger de LaTour et Taxis, aurait organisé les 1"» postes dans le Tyrol. L'emp. MaximilieaM°n>ma son fils François mattre général des postes en 1516. LATOUR (Maurice Quentin de), peintre célèbre, né à St-Quentin en 1704, m. en 1788, peignait au pastel et réussissait surtout dans le portrait.. Mme Pompadour et tous les seigneurs de la cour voulurent être peints par lui. Il fut reçu à l'Académie de peinture en 1746. Il créa une école gratuite de peinture à St-Quentin, et fonda un prix de 500 fr. pour le meilleur tableau de perspective. La ville de St-Quentm lui a érigé une statue inaugurée en 1856.
LA TOUR (BAILLET, comte de), général autrichien, né au. château de LaTour (Luxembourg), vers 1748, m. en 1806, devint de bonne heure colonel d'un régiment de dragons qui porta son nom, puis général-major , se trouva à la bataille de Jemmapes en 1792, contribua aux succès du prince de Cobourg ett Belgique, obtint quelque avantage àWattigmes,. fut nommé feld-zeugmeister en 1796, mais ne sut ni empêcher Moreau de passer le Rhin, ni profiter da la retraite de ce général. Il n'en fut pas moins.nommé président du conseil auJique de guerre.LA TOUR (Ch, OASNARB^ baron de), physicien, né à Paris en 1777, mort, en 1859, entra à l'École polytechnique dès la fondation, passa de là à l'Ecole des ingénieurs géographes, fut quelque temps attaché sous Napoléon I" au Conseil d'Etat, quitta ces fonctions pour se livrer tout entier à la science, et fut admis à l'Institut en 1851. Oh lui doit d'importants travaux sur la mécanique, la chimie,; la physique et particulièrement sur l'acoustique, ainsi que plusieurs inventions ingénieuses; une sorte de vis d'Archimède deslin.ee & porter les gaz soûs un liquide et qu'il appela cagnardel (1809), le canon-pompe, machine à vapeur qui élève l'eau sans piston, la pompe à tige filiforme, le peson chronométrique, la sirène, instrument destiné à mesurer les vibrations de l'air qui constituent un son donné (1819), une machine pour étudier le vol des oiseaux, etc. On estime aussi ses recherches sur la production de la voix humaine.
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LA TOUR D'AUVERGNE, ch.-l. de c (Puy-de-Dôme), à 55 kil. O. d'Issoire ; 2068 h. Ane château qui fut le berceau des La Tour d'Auvergne.LA TOUR D'AUVERGNE (Henri et Frédéric Maurice de), ducs de Bouillon. 7. BOUILLON.LA TOUR D'AUVERGNE (ThéophilecoRRETde), le premier grenadier de France, né en 1743 à Carhaix, était issu d'un bâtard de l'illustre maison des La Tour d'Auvergne. Il entra dans les mousquetaires noirs en 1767, fut nommé la même année sous-lieutenant au régiment d'Angoumois, se distingua au siège de Manon (1782), fut nommé capitaine en 1784, fit avec ce grade la campagne de 1792 à l'armée des Alpes, et y commanda un corps de grenadiers qu'on avait surnommé la Colonne infernale. Il était l'idole du soldat en même temps que la terreur des ennemis. Sans ambition, il ne voulut jamais accepter d'avancement : il refusa le grade de colonel (1793), et plus tard le titre de membre du Corps législatif. Il s'était retiré du service après la paix de Bâle (1795) et se livrait à des travaux littéraires, lorsqu'il apprit que le dernier fils de son ami Le Brigant était enlevé par la conscription; il s'offrit pour le remplacer, servit à l'armée d'Helvétie comme simple grenadier et combattit à Zurich (1799); envoyé l'année suivante à l'armée du Rhin, il fut tué à Oberhausen, près de Neu-bourg (28 juin 1800). Son cœur fut confié à la garde de la compagnie qu'il avait adoptée, et jusqu'en 1814 son nom resta sur les contrôles; a tous les appels, un des grenadiers répondait : Mort au champ d'honneur. Peu avant sa mort, le premier consul lui avait décerné un sabre d'honneur, avec le titre de Premier grenadier des armées de la République. Un arrêté des consuls avaitdécidéqu'un monumentlui seraitélevé : mais ce monument n'a été exécuté qu'enl841, à Carhaix. La Tour d'Auvergne possédait presque toutes les langues de l'Europe. On lui doit, entre autres ouvrages, de savantes Recherches sur la langue, l'origine et les antiquités des Bretons, Bayonne, 1792, réimpr. en 1801 sous le titre d'Origines gauloises.LA TOUR DE FRANCE, ch.-i. de c (Pyrénées-Orientales), sur l'Agly, à 26 kil. N. O. de Perpignan; 1241 hab. Vins, eaux-de-vie.LA TOUR DU PIN, ch.-l. d'arr. (Isère), sur la Bourbre, à 58 kil. N. O. de Grenoble; 2537 hab. La ville doit son nom au château de La Tour, bâti sur une éminencevoisine (pen en celtique signifiait émi-nence). Elle a elle-même donné son nom à une famille noble du Dauphiné, qui devint en 1281 souveraine du Dauphiné par le mariage de Humbert de La Tour avec Anne, héritière du Dauphiné. Cette maison aformé les branches des La Tour du Pin-Gouvernet, La Tour du Pin-Montauban, La Charce et Chambly.LA TOUR DU PIN-GOUVERNET (René de), un des chefs du parti calviniste dans le Dauphiné, né en 1543 à Gouvernet en Dauphiné, mort en 1619, se signala en Savoie par des actes de bravoure dignes des temps de la chevalerie' fut nommé maréchal de camp et conseiller privé par Henri IV, et eut le commandement du Bas-Dauphiné. C'est de lui et de Jacques, son frère, que sortent les branches de la famille La Tour du Pin qui existent encore.LA TOUR DU PIN-OOUVERNET (Jean Fréd.), ministre de la guerre sous Louis XVI, né à Grenoble en 1727, avait brillé dans la guerre de Sept ans et était en 1789 lieutenant général, commandant du Poitou et de la Saintonge, lorsqu'il fut député à l'Assemblée nationale par la nodesse du Poitou. Il embrassa les idées nouvelles et fut néanmoins appelé par LouisXVI au ministère; mais il se vit obligé de se retirer en 1790. Appelé en témoignage dans le procès de la reine, Il exprima hautement son respect pour l'infortunée princesse ; cette marque courageuse de sympathie causa son arrestation et sa condamnation à mort (1794).LA TOUR DU PIN-MONTAUBAN (Hector), fils puîné de René de La Tour du Pin-Gouvernet, et dernier chef des protestants du Dauphiné ; se soumit en 1626, et reçut le brevet de maréchal'de camp avec le gouvernement de Montélimarivqui resta dans sa famille jusqu'en 1789. —René, fils aîné d'Hector, 1620-1687, fut envoyé en 1664 au secours de l'Em-
E ereur d'Allemagne contre les Turcs et se signala à la ataille de St-Gothard. Il contribua depuis à la conquête de la Franche-Comté et de la Hollande par Louis XIV et commanda en chef la Franche-Comté.
LA TOUR DU PIN DE LA CHARCE {Philis), fille de Pierre III, marquis de La Charce, et arrière-petite-fille de René de LaTourdu Pin-Montauban, se mit à la tête des vassaux de sonpère en 1692 et repoussa du Dauphiné les troupes du duc de Savoie. Elle mourut àNyons en 1703. — René François André, vi-; comte de La Charce, brigadier, se distingua en vingt combats, notamment à Weissembourg-et à Lawfeld, où il fut blessé (1747). Il épousa l'héritière de la maison de Chambly, et devint chef de la branche LaTour-Chambly, à kquelle appartiennent le comte René Charles François, colonel, qui périt sur l'écha-faud en 1794, et le vicomte Henri de La Tour du Pio.-Chambly, né en 1783, auteur de Caractères et Réflexions morales, remarquables par le style et par la pensée, et d'écrits agronomiques.LA TOUR-MAUBOURG (Marie Vict. DE FAT, marquis de), lieutenant général, 1756-1850, d'une anc. famille du Vivarais qui tire son nom de La Tour en Velay, émigra en 1792, ne rentra en France qu'après le 18 brumaire, fit partie de l'expédition d'Egypte , combattit en Allemagne, en Espagne, en Russie; fit une belle retraite à Mojaïsk (1812); se couvrit de gloire à Dresde et à Leipsick où il perdit la cuisse (1813), fut appelé à la Chambre des Pairs par Louis XVIII et fait marquis, fut peu après nommé ambassadeur en Angleterre, puis chargé, en 1819, du portefeuille de la guerre et en 1822 du gouvt des Invalides. Il se démit en 1830, alla rejoindre les Bourbons dans l'exil et fut nommé en 1835 gouverneur du duc de Bordeaux, mais il ne put accepter, à cause de son grand âge. — Son frère, le général Charles César de L., 1758-1831, député à l'Assemblée constituante, fut un des premiers à sacrifier ses privilèges,, fut un des commissaires chargés de ramener le roi après son arrestation à Varennes, accompagna Lafayette en qualité de maréchal de camp à l'armée du Centre, quitta la France aveclui, partagea sa captivité et ne.. recouvra laliberté qu'en 1797. Député, puissénateur sous l'Empire, il ne fut élevé à la pairie qu'en 1819.LATRAN (palais de), palais bâti à Rome par un certain Lateranus Plautius , que Néron fit mourir pour s'emparer de ses biens. Ce palais fut donné par l'empereur Constantin au pape Melchiade et servit de résidence à ses successeurs jusqu'à leur départ pour Avignon (1308). Grégoire XI, à son retour en 1377, alla occuper le Vatican. — Près de ce palais, Constantin fit construire en 324 la basilique de St-Jean de Latran, la 1'° église patriarcale de l'Occident. Il s'y tint 12 conciles, dont 4 œcuméniques. Le ls^de ceux-ci eut lieu en 1123, sous Calixte II (V. INVESTITURES); le 2° sous Innocent II, en H39 : on y condamna Arnaud de Brescia; le 3e sous Alexandre III, en 1179 : on y régla l'élection des papes;, le 4° en 1215, sous Innocent III : on y excommunia les Manichéens , les Vaudois et les Albigeois. Le concile tenu à Latran en 1512 abolit la Pragmatique sanction. Le 12* et dernier eut lieu eu 1725.LA TRAPPE (NOTRE-DAME de), abbaye de l'ordre de Cîteaux, célèbre par la sévérité de sa règle, fut fondée en 1140 par Rotrou, comte du Perche, à 12 kil. N. de Mortagne (dans le.dép. actuel de l'Orne). Cet ordre, qui s'elait relâché, fut réformé en 1662. par l'abbé de Rancé, qui y établit l'étroite obser*
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vance de Ctteaux. Les Trappistes observentunsilence absolu, partagent leur temps entre la prière et le travail manuel, se nourrissent de pain grossier et de légumes cuits à l'eau, et ne sont vêtus que d'une robe de bure, qui est blanche pour les religieux et brune pour les frères convers. Ils doivent avoir toujours devant lès yeux l'image de la mort : à cet effet il y a dans leur cimetière une fosse toujours ouverte, prête à les recevoir, qu'ils visitent chaque jour. Cette abbaye fut supprimée à. la Révolution ; les religieux se réfugièrent successivement en Suisse, en Italie, en Allemagne, et jusqu'en Russie, vivant toujours réunis, et continuant à observer la règle de leur institut. Ils purent rentrer en 1815, et occupèrent de nouveau leur ancien couvent, qui fut restauré par M. de Lestrange. Depuis ils ont formé d'autres établissements en France : à La Meilleraye (Loire-Inférieure), près de Montélimart (Drôme), à Staouélien Algérie, etc. Il en existe aussi en Angle-l orre et en Belgique. M. Gaillardin a donné l'Histoire des Trappistes, Paris, 1844.
LATREILLE (P. André), naturaliste, né à Brives en 1762, m. à Paris en 1833, se consacra à l'étude de l'entomologie, fit faire de grands progrès à cette branche de la science, fut admis à l'Académie des sciences en 1814 et nommé en 1820 professeur au Muséum d'histoire naturelle. On a de lui : Histoire naturelle des Crustacés et des Insectes, 1802; Hist. naturelle des Fourmis, 1802; Gênera Crustaceorum et Insectorum, 1808-09; Cours d'Entomologie, 1831. C'est lui qui a composé la partie entomologique du Règne animal de Cuvier.LA TREMBLADE, ch.-l. de cant. (Charente-In-fér.), port sur la Seuldre, près de sonembouch., à " k. S. S. O. de Marennes; 2758 hab. Huîtres vertes. ICaux-de-vie. Bains de mer fréquentés.LA TRÉMOILLE, LA TREMOUILLE OU LATRIHOUILLE, ch.-l. de c (Vienne), à 13 kil. N. E. de Montmoril-lon ; 2000 h. Berceau de la maison de la Trémoille.LA TRÉMOILLE ou LA THEMOUILLE (Maison de), famille illustre du Poitou, tire son origine de Pierre, seigneur de La Trémoille, qui vivait vers 1040., sous Henri I. Elleacquit un grand nombre de fiefs etîbrma plusieurs branches : celle des princes de Talmont, des comtes d'Olonne, de Joigny, des ducs de Noirmou-tiers, des vicomtes de Thouars, etc. Par suite du mariage de l'un d'eux avec l'héritière des rois de Naples (T. ci-après François de la Tr.), les La Trémoille avaient des prétentions sur ce trône.LA.TREMOILLK (Gui de), le Vaillant, servit avec gloire sous Charles V et Charles VI, défendit Troyes contre les Anglais (1380), et reçut des mains de Charles VI, en 1383, l'oriflamme de France. Il alla en Hongrie combattre les Turcs, et fut fait prisonnier à la batailla de Nicopolis (1396); il mourut en 1398, pendant qu'il revenait en France. Il ne s'était pas moins signalé dans les tournois et les fêtes galantes que dans les combats.LA TREMOILLE (Georges), fils du précéd., fut fait grand maître des eaux et forêts en 1413, tomba entre les mains des Anglais à la bataille d'Azincourt (1415), devint ministre de Charles VII en 1427, sur la présentation du connétable de Richemont, mais ne tarda pas à le supplanter, et le fit exiler. Le connétable s'en vengea 6 ans après en faisant enlever La Trémoille, à Chinon, et il ne le relâcha que sur forte rançon. Il avait épousé la veuve du sire de Giac, qu'il avait aidé à assassiner. Il mourut en 1446.LA TREMOILLE (Louis II, sire de), vicomtedeThouars, prince de Talmont, né en 1460, gagna pour Charles VIII la bataille de St-Aubin (1488), commanda à la journée de Fornoue (1495) ; fut nommé lieutenant général du Poitou et de l'Angoumois; conquit le du-ohé de Milan en 1500 pour Louis XII, manqua la conquête du royaume de Naples, plutôt par suite des lausses directions données par la cour que par sa laute (1503) ; eut une grande part a la victoire d'Agna-Jel (1509) ; perdit la bataille de Novare (1513), se releva la même année par sa belle défense de la JBour-gogne, fut un des héros JleMarignan (1515), défendit la Picardie presque sans troupes (1522 et 2*3), et périt glorieusement à Pavie (1525). Il avait pour devise une roue avec cés.mots : Sanssortir de l'ornière. On l'avait nommé le Chevalier sans reproche.LA TREMOILLE (Franc, de), petit-fils du précédent, 1501-41, épousaen 1521 Annede Laval, fille du comte Gui de Laval, qui lui-même avait épousé Charlotte d'Aragon, princesse de Tarente, issue de Frédéric, dernier roi de Naples de la maison d'Aragon, dïtrôné en 1501 et réfugie en France. Par suite de ce mariage, les La Trémoille ont élevé des prétentions sur la trône de Naples ; ils ont essayé de faire reconnaître leurs droits aux congrès de Munster, de Nimègue et de Ryswik, mais sans y réussir.LA TREMOILLE (H. Ch. de), prince de Tarente, né à Thouars en 1620, m. en 1672, était calviniste. Il servit d'abord en Hollande sous le prince d'Orange, prit parti contre Mazarin pendant la Fronde, fut arrêté et détenu à Amiens, puis relégué dans le Poitou, alla en 1663 servir en Hollande contre l'évêque de Munster, revint en France peu après et abjura lé Calvinisme. On a de lui des Mémoires, publiés en 1767.LA TRONQTJIERE, ch.-l. de c. (Lot), à 28 kil. N, de Figeac; 476 hab.L'ATTAIGNANT (l'abbé de), poète jovial, né à Paris en 1697, m. en 1779, fut chanoine de Reims et conseiller au parlement de Paris. Il s'attacha à la poésie légère et se fit un nom par sa facilité! composer et à chanter des couplets. Cet abbé chansonnier se retira sur la fin de sesjourschezlesPeres.de la Doctrine. Ses Poésies ont paru de soii vivant en 4 vol. in-12, 1757; on a donné après sa mort ses Chansons et ses OEuwes posthumes, Millevoye a publié BU 181C un Choix de ses poésies.LATUDE (H. MAZERS de), né en 1725 dans.le Languedoc, fut renfermé à la Bastille sous Louis XV, à l'âge de 24 ans, pour avoir donné a Mme de Pompa-dour avis d'un faux comp.ot formé contre sa vie dans l'espérance d'obtenir ainsi sa protection. 11 resta prisonnier pendant 35 ans. Plusieurs fois il tenta de s'échapper; mais ses tentatives ne firent qu'irriter l'autorité et augmenter les rigueurs dont il était victime. Une recouvra la liberté qu'en 1784. Il mourut à Paris en 1805, On a de lui des Mémoires intéressants sur sa captivité, 1791 et 1793.LATJBACH, v.dugrand-duchédeHesse-Darmstadt, ch.-l. de la seigneurie de Solms-Laubach, à 25 kil. S. E. deGiessen;2100h.LAUBARDÉMONT (Jacq. Martin de), conseiller d'Etat sous Louis XIII, fût l'agent dévoué et impitoyable du cardinal de Richelieu. C'est de lui que se servit le ministre pour perdre le curé Urbain Grandier, ainsi que Cinq-Mars et de Thou; il n'épargna pour parvenir à ses fins ni le mensonge rûThypocrisie. Plus tard, il fut aussi un des persécuteurs de Port-Royal. — Il laissa un fils qui, après s'être livré à toutes sortes de désordres, entra dans une bande de voleurs et fut tué en attaquant un. carrosse (1651).LAUD (Guill.), archevêque de Cantorbéry, fils d'un marchand de draps,'né en 1573 à Reading (Berks), jouit de la plus grande autorité sous Charles I, et devint premier ministre après la mort de Buckingham (1628). Il forma Igpîojet de réunir les 3 royaumes sous une même.réligion, dont il aurait été le chef, et rédigea dans ce but une liturgie qu'il voulait faire adopter par toutes les sectes dissidentes. Il provoqua parla une violente' opposition, surtout de la part des Presbytériens écossais, 'et excita une haine universelle. Lors de la guerre civile, il fut arrêté par ordre du Parlement, en 1640., et fut exécuté 5 ans après comme coupable de trahison. Il subit la mort avec courage, et fut regardé.par ses partisans comme un martyr. On a de lui : Ofjicium qùotidiamm, 1650; des Semions, 1651, ete.LAUDER, v. d'Ecosse (Berwick), sur laLauder, à 36 kil. S. E. d'Edimbourg; 2200 hab. Le parlement d'Ecosse s'y est souvent réuni. Robert Cochrane, fa-favori de Jacques III, y fut pendu par la noblesse.
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LAUDER (W.), critique écossais, attira sur lui l'attention en 1747, en accusant Milton de plagiat. Il s'avisa d'interpoler divers auteurs en y insérant des vers du Paradis perdu, puis il prétendit que Milton leur avait fait des emprunts. Cette ruse, qui avait d'abord assez bien réussi, ne tarda pas à être déjouée par le Dr Douglas, et Lauder fut contraint de signer un aveu de sa fraude. Il quitta l'Angleterre, et alla se faire maître d'école aux Barbades.LAUDERDALE (J., duc de), l'un des commissaires chargés par les Covenan taires de traiter avec Charles ï, finit, après la malheureuse issue des conférences, par se ranger sous l'étendard royal. Après l'exécution du roi, il rentra à main armée en Angleterre avec Charles II, fut pris à Worcester et jeté dans une prison oùil demeura9ans. Nommé premierministre en 1670, il resta deux ans aux affaires. Il mourut en 1682.LAUDON (baronde), généralissime des armées autrichiennes, né en 1716 en Livonie, fit ses premières armes dans les troupes russes, passa au service de l'Autriche en 1740, et y devint le plus ferme soutien de Marie-Thérèse. En 1757, créé général-major, il vainquit Frédéric à Domstadt ; en 1758, il eut la plus grande part à la victoire remportée par Daun à Hoch-kirch. En 1759, il battit de nouveau Frédéric à Cu-nersdorf, et en 1760 à Landshut; mais, cette même année, il perdit la bat. de Liegnitz. En 1788, sous Joseph II, Laudon repoussa les Turcs, qui s'étaient avancés jusqu'au cœur de l'empire, et s'empara de Belgrade. Il fut en récompense nommé généralissime. Il mourut peu après, en 1790.
LAUDON, v. du dép. du Gard, à 8 kil. S. E. de Bagnols; 2289 hab. Vins estimés. LAUDUNUM, nom latin moderne de LAON. LAUENBOURG, Leoburgum, v. de Prusse, ch.-l. du duché de Lâuenbourg, à 60 k. E. de Hambourg, sur l'Elbe: 3600 hab. Raffinerie de sucre, savon, etc. Traité par lequel le Hanovre fut cédé à la France en 1803. Combat entre l's Prussiens et les Français en 1813. —Le duché de Lâuenbourg, entre le Holstein àl'O. et au N. Ô., le Mecklembourg au N. et à l'E., le Hanovre au S. et le territoire de Hambourg au S. O., a 53 k. sur 40 et 50000 h. Ce pays était jadis habité par les Wendes Polabes; il fut conquis par le duc Henri le Lion, possédé ensuite par la maison de Saxe et cédé au Hanovre en 1689: conquis par les Français en 1803, il fut comprisenl810dansledép. des Bouches-de-l'Elbe. En 1815, il fut attribué au Hanovre, qui le céda à la Prusse, et celle-ci au Danemark (1816). Après la guerre de 1864, et par suite de la convention de Gastein avec l'Autriche (20 août 1865), le Lâuenbourg a fait retour à la Prusse. LAUFELD, v. de Bavière. V. LAWFELD. LAUFEN, vge de Suisse (Zurich), à 5 kil. S. O. de Schaffouse, sur la riv. g. du Rhin, qui y forme une chute de près de 25 m : c'est la plus belle cataracte de l'Europe.
LAUFEN, v. de Bavière, à 102 kil. S. E. de Munich; 4700 hab. Château, chantiers de construction ; brasseries, etc. Navigation active.—-' V. LAUFFEN.LAUFENBOURG, Gannodurum, vge de Suisse (Ar-govie), sur le Rhin, à 35 k. E. de Bâle; 800 h. Cascade du Rhin, dite le Petit Laufen; pont qui communique à la ville badoise de Klein-Laufenbourg.LAUFFEN, v. duroy. de Wurtemberg (Neckar),au confluent du Neckar et de la Zaber, à 9 kil. S. O. de Heilbronn ; 3500 hab. Beau pont. Ulric de Wurtemberg y battit les Impériaux en 1534.LAUGIER (l'abbé M. Ant.), littérateur, né à Ma-nosque en 1713, m. en 1769, a donné : une Histoire de Venise, Paris, 1759-68, 12 vol. in-12; une Hist. de la paix de Belgrade (en 1739), Paris, 1763, etc.LAUGIER (André), chimiste et pharmacien, né à Parisen 1770, m. en 1832, eutpour maîtreFourcroy, son parent, fut directeur de l'école de pharmacie et professeur de chimie au Muséum d'histoire naturelle.
On a de lui des Leçons de chimie générale qui résument son cours, 2 vol. in-8, et des Mémoires. Ses recherches analytiques sur les minéraux et autres substances sont remarquables par leur exactitude.
LAUINGEN, v. de Bavière (Souabe), à 40 kil. N. O. d'Augsbourg ; 3600 hab. Patrie d'Albert le Grand.LAUJON (P.), poète, né à Paris en 1727, m. en 1811, fut secrétaire du comte de Clermont, puis du prince de Condé, et jouit auprès d'eux d'une douce aisance. Il a donné de 1746 à 1806 bon nombre de vaudevilles et d'opéras, mais il réussit surtout dans la chanson et dans la poésie badine. On a de lui un recueil intitulé : A-propos de société, 1771. Ses OEu-vres ont été publiées en 1811, 4 vol. in-8.LAUMONT (monts), petite chaîne qui commence dans le dép. du Doubs à 3 kil. E. de Besançon, suit quelque temps le cours du Doubs et se termine dans le dép. du Ht-Rh;.n, à4 kil. dePorentruy.
LAUNAY. Y. DELAUNAY et STAAL (Mme de).
LAUNCESTON, v. d'Angleterre, ch.-l. du comté de Cornouailles, à 295 kil. S. O. de Londres; 6800 h. Belle église, deux portes gothiques (restes des murailles de la ville), ruines d'un château fort.LAUNCESTON, v. de Diéménie, sur la Ramer, à 40 k. S. E. de Georges-town, 6000 hab. Port franc (depuis 1845). Commerce actif avec l'Australie.LAUNOY (Jean de), docteur de Sorbonne, né en 1603 à Valderic près de Coutances, m. en 1678, visita Rome dans sa jeunesse (1634), et passa le reste de sa vie à Paris, écrivant sur des sujets de théologie ou d'histoire, et portant partout une inépuisable érudition. Il était particulièrement lié avec le cardinal d'Estrées. L'indépendance de ses opinions lui suscita quelques difficultés. Ayant refusé de souscrire à la condamnationd'Arnauld,.il fut exclu de la Sorbonne. Parmi ses nombreux ouvrages on remarque : Regia in matrimonium potestas, 1674 ^Tradition de ïÉglise sur laprédestination et la grâce, 1702 : De varia Aris-totelis in Academia parisina fortuna; De schohs seu a Carolo magno seu post Carolum instaurais, 1672. Appliquant une critique sévère à l'histoire ecclésiastique, il attaqua un grand nombre de légendes, ce qui le fit surnommer plaisamment le Dénicheur de saints; mais souvent il se laissa entraîner au paradoxe : aussi la plupart de ses écrits sont-ils condamnés à Rome. Ses OEuvres ont été recueillies par l'abbé Grauet, Genève, 1731-33, 10 vol. in-f.LAUPEN, v. de Suisse (Berne), à 18 kil. S. O. de Berne, 800 hab. Les Bernois, commandés par Rodolphe d'Eriach, y vainquirent les Autrichiens en 1339.LAURAGUAIS, Lauracensis ager! anc petit pays de France, avec titre de comté, était situé entre l'Albigeois et le Ht-Languedoc, faisait partie du Bas-Languedoc et avait pour ch.-l. Castelnaudary. Il est aujourd'hui compris dans les départements de la Hte-Garonne et de l'Aude. — Le Lauraguais appartint successivement aux comtes de Carcassonne, à ceux de Barcelone, aux rois d'Aragon, aux vicomtes de Béziers; il fut cédé à Louis IX en 1258; Louis XI le donna en 1478 à Bertrand de La Tour d'Auvergne; Catherine de Médicis en hérita en même temps que du comté d'Auvergne ; sa fille le transmit à Louis XIII. Au XVIII0 siècle, ce comté passa dans les mains des Villars-Brancas.LAURAGUAIS (L. L. Félicité, duc de BBANCAS, comte de), issu de la famille des ducs de Villars-Brancas, né à Parisen 1733, m. en 1824, cultiva les lettres et les sciences, et sut dépenser honorablement une grande fortune. Accomplissant un vœu formé par Voltaire, il fit supprimer âses frais les banquettes qui étaient placées sur la scène au Théâtre-Français. Il eut part avec Lavoisier à la découverte de la nature du diamant, perfectionna la fabrication de la porcelaine et fut admis à l'Académie des sciences ; il contribua àpropager l'inoculation. A la Restauration il fut élevé à la pairie. Il a laissé quelques pièces de théâtre (Clytemnestre, Jocaste, etc.), qui ne furent pas représentées, et des brocbures ae cireou-
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stance. Ce grand seigneur était renommé pour son esprit et ses bons mots.
1AURE, dite la Belle Laure, femme célèbre pour sa beauté, et immortalisée par Pétrarque, était fille d'Audibert de Noves, seigneur provençal, et avait épousé en 1325 Hugues de Sade, magistrat municipal d'Avignon. Elle avait 20 ans lorsque le poëte la vit pour la première fois à Avignon en 1327 : il conçut pour elle un amour qui resta toujours sans espoir , mais qu'il ne cessa de chanter, même après la mort de celle qui l'avait inspiré. Laure fut enlevée en 1348 par la peste noire. Elle avait eu 11 enfants. Il existe d'elle beaucoup de portraits, mais l'authenticité en est douteuse.LAURÉAT (poëte), Laureatus. On a donné ce nom dans différents pays, notamment en Italie, en Allemagne, en Angleterre, à des poètes qui recevaient, soit des princes, soit de corps savants, la couronne de laurier comme signe de leur supériorité. En Italie, le plus ancien et le plus solennel couronnement de ce genre est celui de Pétrarque, qui eut lieu à Rome en 1341, le jourde Pâques. Le Tasse allait aussi être couronné lorsqu'il mourut. — En Allemagne, Maximilien I établit en 1504, à Vienne, un collège poétique pour décerner la couronne; mais les juges accordèrent le titre de poète lauréat à un si grand nombre de poètes médiocres que ce titre perdit tout son prix. — En Angleterre, le roi nomme le poëte lauréat. Ce poëte est chargé de célébrer tous les ans par deux odes l'anniversaire de la naissance du souverain et le nouvel an. 11 reçoit un traitement annuel. John Kay, au XVe siècle, est le premier poète lauréat connu; on cite plus tard Gower et Chaucer, puis Skel-ton, sous Henri VIII ; Spenser sous Elisabeth. Après la mort de Spenser, ce titre a passé successivement à Samuel-Daniel, 1598; Ben Jonson,1619;W.Davenant, 1632; J. Dryden, 1670; Suadwel, 1688; Nahum Tate, 1692; NieRowe, 1715; Laurence Eusden, 1718;Col-ley-Cibber, 1730; Whitehead, 1757; Th. Warton, 1785; J.-H. Pye, 1790; Rob. Southey, 1813; Th. Campbell, 1843 ; Wordsworth, 1844 ; Tennyson, 1850. LAURENT (S.), martyr, né à Rome dans le m" siècle, était chef des diacres et trésorier de l'Église sous le pape S. Sixte II, lorsque l'empereur Valérien publia un édit contre les prêtres chrétiens, en 259. Arrêté 3 jours après le martyre de S. Sixte, Laurent refusa de remettre le trésor dont il était le gardien, et le distribua immédiatement aux pauvres. Mis sous la garde d'un officier nommé Hippolyte, il le convertit et le baptisa avec toute sa famille. Laurent eut le corps déchiré à coups de fouet, et fut attaché ensuite à un gril de fer sous lequel étaient des char-boas ardents. Il souffrit cet affreux supplice avec une constance admirable, bravant même ses bourreaux et demandant qu'on le retournât sur le gril. Une église, St-Laurent hors des murs, a été bâtie à Rome sur l'emplacement de son martyre; le palais de l'Es-curial, en Espagne, a été construit en son honneur; Lesueur a peint son supplice. On l'honore le 10 août. LAURENT JUSTINIEN (S.), 1" patriarche de Venise, né en 1380, d'une anc famille, fut successivement général de l'ordre des chanoines réguliers de Saint-George inMga, évêque de Venise en 1433, patriarche en 1451, et mourut en 1465. L'Église l'hon. le 5 sept. Il a laissé quelques écrits théologiques et ascétiques en latin, publiés à Venise, 1751, et réimp. à Montrouge en 1861. On y remarque l'Agonie triomphante.LAUKEHT (Aug.), chimiste, né en 1807 à La Folie près de Langres, fut nommé en 1838 professeur à la Faculté de Bordeaux, en 1848 essayeur à la Monnaie. Il s'occupa surtout de la chimie organique et tenta, de concert avec Gerhardt, de renouveler cette artie de la- science en substituant au dualisme quS tait admis la théorie des équivalents (V. GERHARDT). Il fut en 3845 correspondant de l'Académie des sciences. Outre un grand nombre de Mémoires, il a laissé une Méthode de chimie, publiée après sa mort, en 1854, par M. Nicklès : c'est l'exposé de son système.LAURENTE, Laurentum, auj. Paterno, ville du Latium, à 16 kil. S. de Rome, sur le bord déjà msr Tyrrhéniënne. Jadis capit. du royaume de Létinus. Pline le Jeune y avait une villa.LAURENTIENNE (Bibliothèque), bibliothèque fondée à Rome par Léon X, est ainsi nommée, soit de Laurent de Mêdici3, père de Léon X, soit 4a Laurent Parmenio, qui enfutle premier bibliothécaire.
LAUKENTIUS LYBUS. F. LYMS. LAURIA (Roger de), t. LORIA. LAURlACUM, V. de Korique, auj. Lorch.
LAURICOCHA, lac du Pérou, par 78" 50' long. O., 1C° 30° lat. S,: 13 kil. sur 5; il donne naissance à la Tunguragua. Sur ses bords est une v. de. même nom, qui compte 6000 bab. Mine d'argent.LAURIËRE, ch.-l. dec. (Hte-Vienne), à 36 k. N. E. de Limoges ; 1425 hab. Station. Papeterie.LAURIËRE (Jacob de), avocat au parlement de Paris, 1659-1728, s'adonna à la recherche des anciennes lois et coutumes. On a de lui : Bibliothèque des coutumes de France', 1699 ; Coutumes de la prévôté de Paris; Glossaire du droit français, 1704 et 1717 ; Ordonnances des rois de la, 3° race, 1723 (continué par Secousse), etc.
LAURISHEIM. Y. LORSCH.
LAURISTON (Alex. Bernard LAW, marqrïis de), né à Pondichéry en 1768, m. en 1828, était petit-fils du financier Lavf. Il entra dans l'artillerie en 1793, fut nommé général de brigade en 1800, commanda en 1804 l'armée embarquée sur l'escadre de Villeneuve, puis servit en AHemagna et en Italie; s'empara de la république de Raguse, se distingua à l'attaque de Castel-Nuovo(18û7), suivit Bonaparte en Espagne et en Hongrie, et prit une part active aux victoires de Raab et de wag_fam. En 1811, il fut nommé ambassadeur en Russie, où il restajusqu'à la rupture de cette puissance aveu la France. Lors de la retraite de Russie (1812), il commanda l'arrière-garde , organisa à Magdebourg le 5* corps, combattit à Lutzen et â Bautzen, fut fait prisonnier à Leipsick, et rendu après la paix. Après la Restauration, il obtint la faveur de Louis XVJ.II, fut fait pair de France (1815), ministre de la maison du roi (1820), maréchal de France, et eut un commandement dans la guerre d'Espagne (1823).LAURÏUM , auj. Legrano, v.de la Grèce-anc, à l'extrémité S, de l'AtUque, près de la mer, au pied du m. Laurius, où l'on exploitait des mines d'argent.LAUSANNE, Imisonium, v. de Suisse, ch.-l. du canton de Vaud, à 51 kil. N. E. de Genève, sur un plateau du Jorat, près de la rive sept, dît lac de Genève (le village d'Ouchy lui sert déport); 18000 hab. Station du chemin de fer d'ïverdua. Evêché, dont le titulaire réside à Fribourg. Cathédrale ; château, bôtel de ville, pont, théâtre, pénitencier, etc. Académie enseignante, fondée en 1537; sociétés diverses, bibliothèque, musée, etc. Assez d'industrie, affaires de banque. Patrie de Crousaz. —Lausanne fut dans l'antiquité une station romaine: eue porta le titre d'ê vêché jusqu'à la Rètonnation : l'évê-que était prince de l'Empire. Prise par les Bernois en 1536, elle fut réunie à leur canton avec tout le pays de Vaud. En 1798 les Français l'affranchirent de la domination bernoise et en firentlech.-l. d'un canton, qui futappelé canton du Léman, puis canton de Vaud.LAUS POMPEIA, auj. Lodi Vecùhio, v. do l'Italie anc (Gaule Cisalpine), au N. E. de Mediolanum, fut fondée par les Boii et colonisée par Pompeius Strabo, père du grand Pompée.LAUSUS, fils de Mèzence, roi des Tyrrhéniens, fut tué par Ënêe au moment où il venait de sauver la vie à son père. Le récit de sa mort est un des plus beaux épisodes de l'Enéide (chant IX, fin.)LAUTER (la), riv. qui- forme la limite entre la. basse Alsace et le Palatinat (Bavière rhénane), naît près et àl'O. de Deux-Ponts, coule au S. I., baigne-Wissembourg, Lauterbourg, et tembe dansie Rhin sous Neubourg ; cours, 65 kil..
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LAUTERBOUR6, v. d'Alsace-Lorraine, à 25 kil. S. E. de Wissembourg, sur la Lauter; 2094 hab. — Jadis ch.-l. d'un comté qui resta indépendant jusqu'en 1254, puis fut donné à l'église de Spire. Prise par les Impériaux, 1744, parles Prussiens, 1793, etla même année par les Français, qui forcèrent les fameuses lignes de Lauterbourg à Wissembourg.LAUTREC, ch.-l. de c (Tarn), à 16 kil. N. O. de Castres; 3310 hab. Jadis titre de vicomte.LAUTREC (OdetDEFoix, vicomte de), maréchal de France, né vers 1485, suivit Louis XII dans son expédition d'Italie et se signala en 1512 à la bataille de Ravenne, où il fut laissé pour mort. Nommé par François I lieutenant général en Italie (1515), il soumit une partie du duché de Milan, mais il se fit détester par sa cruauté, et fut chassé du duché (1521). Ayant essayé d'y rentrer l'année suivante, il fut battu à laBicoque, etsevitobligéd'évacuerl'Italie.En 1525, il tenta vainement de détourner François I d'attaquer les Espagnols à Pavie ; il n'en combattit pas moins vaillamment près de lui. Deux ans après, il s'empara d'Alexandrie et de Pavie, et abandonna cette dernière ville au pillage, pour venger l'affront que les armes françaises y avaient éprouvé. Il mourut d'une maladie" contagieuse pendant le siège de Naples (1528).LAUZERTE, cb.-l. de c (Tarn-et-Garonnne), à 26 k.N.deMoissao, sur un rocher; 3147 h. Grains, vins, bestiaux. Ane. château, servant de prison.LAUZÈS, ch.-l. dec(Lot),à22kil.N.E.deCahors; 451 h. Bureau d'enregistrement.LAUZET (LE), ch.-l. de c (B.-Alpes), à25kil. N. 0. de Barcelonette ; 956 hab.LAUZUN, ch.-l. dec (Lot-et-Garonne),surleDrot, à 30 kil. N.E.deMarmande; 1300 hab. Ane baronnie, érigée en comté (1570), puis en duché-pairie (1692).LAUZUN (Ant. NOMPAR DE CAUMONT, comte, puis duc de), né en Gascogne en 1633, mort en 1723, fut pendant quelque temps le favori de Louis XIV. Le roi, qui l'avait déjà nommé gouverneur du Berry, maréchal de camp et colonel général des dragons, voulait encore lui donner la charge de grand maître de l'artillerie (1669); mais le favori ayant eu l'indiscrétion de se vanter de cette promesse, Louis la révoqua et donna la place à un autre. Lauzun irrité s'oublia jusqu'à briser son épée devant le roi, jurant qu'il ne servirait plus sous un prince sans'foi. Il fut mis pour cette incartade à la Bastille; mais il en sortit peu de jours après et fut nommé capitaine des gardes. L'année suivante, peu s'en fallut qu'il n'épousât Mlle de Montpensier, petite-fille de Henri IV : une intrigue de cour fit manquer ce mariage; cependant, selon quelques-uns, il se fit secrètement (Y. MONTPEN-SIER). Pour le consoler, Louis XIV le nomma maréchal et lui confia le commandement de l'armée qui l'accompagnait en Flandre (1671); mais Lauzun, ayant offensé Mme de Montespan, alors toute-puissante , se vit tout à coup disgracier : il fut jeté dans la prison de Pignerol où il resta 5 ans, il passa 4 autres années en exil à Angers, et ne revint à Paris que grâce aux sollicitations de Mlle de Montpensier. Se trouvant à Londres en 1688, il fut chargé par Jacques II de conduire en France la reine d'Angleterre et le prince de Galles. Il eut alors de nouveau accès à la cour, mais sans recouvrer son ancienne faveur; il fut néanmoins élevé à la dignité de duc en 1692. En 1695, 2ans après la mort de Mlle de Montpensier, il épousa Mlle de Durfort, fille du maréchal de Lorges.
LAUZUN (Armand de Biron, duc de). V. BISON.
LA VACQUERJLE (J. de), magistrat, natif d'Arras, se fit remarquer de Louis XI par la vigueur avec laquelle il refusa, en 1476, de remettre Arras à ceux qui venaient l'en sommer de sa part. Ce monarque le fit en 1481 premier président du parlement de Paris. La Vacquerie ne montra pas moins d'énergie dans ce nouveau poste. Il fit rejeter par les magistrats des édits de Louis XI qui établissaient des taxes nouvelles et qui lui paraissaient contraires à la justice, et il obligea leroiàrévoquer ces édits. Il fit des représentations non moins fortes sous la régence d'Anna de Bêaujeu. Il mourut vers 1497.LAVAL, Vallis Guidonis, ch.-l. du dép. de la Mayenne, sur la Mayenne, à 284 k. O. S. O. de Paris par Alençon (300 kil. par ch. de fer); 17 975 h. Ëvêché, depuis 1855; trïb. de 1" inst. et de commerce; lycée. Ville haute, ancienne et mal bâtie; v. basse, neuve et élégante; vieux château des comtes de Laval, auj. prison ; églises de St-Vénérand et des Cordeliers. Halle aux toiles ; magnifioue pont-viaduc pour le chemin de fer. Biblioth.,sûciétéd'agriculture. Industrie : toiles et coutils, basins, calicot, linge damassé, etc. L'industrie des coutils y fut apportée eu 1298 par Béatrice de Gaure, qui y est encore en honneur. Patrie d'Ambroise Paré (on y voit sa statue). — Bâtie sous le règne de Charles le Chauve; ch.-l. d'une baronnie qui fut érigée en comté en 1429. Emme de Laval, héritière de ce comté, porta dès le xiie s. cette seigneurie en dot dans la maison de Montmorency; en 1521, François de La Trémoille l'acquit par mariage. Cette ville a beaucoup souffert pendant les guerres de la Vendée.
LAVAL (MAGNAC-). 7. MASNAC.
LAVAL (maison de), famille noble, dont l'origine remonte au ix= siècle. Le titre de seigneur de Laval, après avoir passé par mariage dans diverses maisons, resta, à partir du xne siècle, dans celle des Montmorency {Y. ci-dessus). Cette nouvelle maison forma un grand nombre de branches, celle des Laval-Montmo-rency, des Chateaubriand, des seigneurs de Retz, de Çhâtillon, de Loué, de Pesay, de La Faigne, d'Attichy, etc.LAVAL (Gilles de), dit le maréchal de Retg, maréchal de France, né en 1404 à Machecoul ,sesignalaparsa bravoure dans les guerres du règne de Charles VII, notamment au siège d'Orléans. Cependant il doit à ses crimes une bien autre célébrité. Mis en jugement comme coupable envers l'autorité de Jean VI, duc-de Bretagne, on reconnut dans le cours de la procédure que, pendant plusieurs années, il avait commis des actions infâmes et des meurtres horribles sur de jeunes garçons et sur de jeunes filles qu'il entretenait, dans lé" but de les faire servir à ses honteux plaisirs pu de les sacrifier à d'atroces superstitions. Il fut pendu et brûlé (1440) à Nantes. On l'avait surnommé la Barbe-Bleue. — V. MONTMORENCY (LAVAL).LA VALETTE, ch.-l. de c. (Charente), à 22 kil. S;E. d'Angoulême; 931 hab. Duché-pairie créé en 1622 par le duc d'Êpernon.LA VALETTE G. PARISOT de), grand maître de l'ordre de Malte, né en 1494, d'une anc famille qui avait donné descapitouls a Toulouse, fut élu en 1557. Il s'était signalé par sa bravoure en plusieurs occasions, et, dès qu'il fut au pouvoir, il fit avec succès des courses contre les infidèles. Il fut même sur le point de s'emparer de Tripoli. Soliman II, pour venger ses pertes, dirigea sur l'île de Malte 40 000 hommes et 200 vaisseaux que commandait le fameuxDra-gut (1565). Ces forces assiégèrent l'île 4 mois de suite et ne réussirent qu'à détruire le fort St-Elme. Après cette glorieuse défense, legrandmaître fit construire sur l'emplacement du fort détruit la Cité-Yalette. Il mourut en 1568.
LA VALETTE (J. L. DE NOSARET de), plus COnBU SOUS le nom de duc d'Êpernon. Y. EPERNON.
LA VALETTE (Bernard DE NOGARET, duc de), filsdu duc d'Epernon,néàAngoulêmeenl592, m. en 1661 ,_ fut envoyé contre les Espagnols qui avaient envahi le Labourd , 1636 ; puis contre les insurgés de la Guyenne dits les Croquants; joua un rôle équivoque au siège de Fontarabie, siège qu'il parait avoir fait échouer par jalousie à l'égard de Côndé (1638), rallia pourtant après cet échec l'armée française et la reconduisit à Bayonne; mais n'en fut pas moins accusé du désastre : il se réfugia en Angleterre, et fut condamné à mort par coutumace, 1639. A la mort de Louie XIII, La Valette revint, obtint la cassation du jugement et fut fait gouverneur de la Guyenne, puis
de la Bourgogne, où il se fit haïr.-—Son frère, Louis de Nogaret, dit le Cardinal de La Valette, archevêque de Toulouse, se montra toujours le servile adhérent de Richelieu , et fut surnommé, par allusion à son nom, le cardinal-valet. C'est lui qui releva le courage de Richelieu lors de la fameuse journée des Dupes. Il commanda les troupes françaises en Allemagne, 1635 et 1637, et en Savoie, 1638 et 1639, mais fit preuve de très-médiocres talents, il venait pourtant de prendre Chivas et de battre les Espagnols, quand il mourut à Rivoli, 1639. Ses Mémoires, rédigés par Jacq. Talon, ont été publiés en 1772.
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LA VALETTE (le P. Ant.), jésuite, était depuis 1747 supérieur des missions de la Martinique, lorsqu'il s'associa avec un juif de la Dominique pour faire le commerce exclusif de ces îles. Les habitants, ruinés par ce monopole, portèrent plainte, et le P. La Valette fut rappelé en 1753. Il trouva néanmoins moyen de se faire envoyer de nouveau aux Antilles comme visiteur général et préfet apostolique, et recommença ses opérations commerciales. Des vaisseaux qu'il avait équipés étant tombés aux mains des Anglais, il se déclara en faillite et fit banqueroute de trois millions. Le Parlement, saisi de l'affaire, le condamna comme coupable de banqueroute frauduleuse, 1761. Cette fâcheuse affaire fournit des armes contre la Société , qui 16 mois après fut bannie.LE VALETTE (Marie CHAMANS, comte de), né à Paris en 1769, d'une famille de commerçants, m. en 1830, se distingua dans les campagnes"d'Italie; fut choisi pour aide de camp par le général Bonaparte, auquel il resta dévoué; l'accompagna eu Egypte, en Allemagne, en Prusse; fut fait comte de l'Empire, et s'allia à la famille impériale en épousant une demoiselle Beauharnais, nièce de l'impératrice. Il était directeur des postes en 1814. Destitué par les Bourbons, il seconda de tout son pouvoir le retour de Napoléon. Accusé pour cette conduite après les Cent-jours, et condamné à mort, il allait être exécuté lorsque Mme de La Valette parvint à le sauver en s'introduisant dans sa prison et en changeant de vêtements avec lui ; trois officiers anglais (MM. Hut-chinson, Wilson et Bruce), qui avaient favorisé l'évasion, le conduisirent hors de France ; il se réfugia en Bavière, auprès d'Eugénie de Beauharnais. La Valette obtint en 1822 la permission de rentrer dans son pays ; maïs l'émotion et le chagrin avaient égaré la raison de sa femme. On a publié en 1831 Mémoires et souvenirs du comte de La Valette.LA VALLIÈRE (Louise Françoise DE LA BAUME LE BLANC de), née en 1644 en Touraine, d'une famille originaire du Bourbonnais, perdit son père de bonne heure et fut placée comme fille d'honneur auprès de la duchesse d'Orléans ( Henriette d'Angleterre). Après avoir résisté aux offres du surintendant Fouquet, elle se laissa séduire par Louis XIV, pour lequel elle ressentait une vive admiration, qui se changea bientôt en amour véritable : elle devint sa maîtresse en 1661. Cette liaison, qui avait d'abord été tenue secrète, fut rendue publique en 1663 ; le roi donna à sa maîtresse de vastes domaines, et érigea pour elle la terre de La Vallière en duché (1667). Du reste, Mlle de La Vallière n'usa de son influence que pour faire le bien. Pieuse, mais faible, elle rougissait elle-même de ses fautes, et deux fois elle se réfugia dans le couvent des Carmélites de Chaillot (1670-71); mais Louis XIV l'en fit enlever et la ramena à la cour. Néanmoins, elle se vit au bout de quelques années négligée pour Mme de Montespan, et, après avoir subi pendant un assez long temps le partage de Louis entre elle et sa rivale, elle se retira définitivement, en 1674, aux Carmélites du faubourg St-Jacques et y prit le voile en 1675, sous le nom de Sœur Louise de la Miséricorde. Elle y mourut en 1710, après avoir passé ses dernières années dans les exercices de la plus austère piété. Elle a laissé des Lettres, publiées en 1767, et d'édifiantes Réflexions sur la miséricorde de Dieu (publiées dès 1860, et rééditées en 1854 par Romain Cornut et en 1860 par Pierre Clément.— Deux de ses eifants, Mlle de Blois (mariée au prince de Conti)",et le comte de Vermandois (mort en 1683), furent légitimés.
LA VALLIÈRE (LoUÏS César LA BAUME LE BLANC, duC de), petit-neveu delà pjéeéd., 1708-80, grand fauconnier de la couronne, s'est acquis un nom comme bibliophile par la magnifique bibliothèque qu'il avait formée à son château de Montrouge, et dont le catalogue seul forme 9 vo|. 5n-8, Paris, 1783-8.8. Cette bibliothèque, achetée en 1788 par le comte d'Artois, a été réunie depuis à celle de 1 Arsenal. Avec lui s'éteignit le nom de La Vallière.
LAVARDAC, ch.-l. de c (Lot-et-Garonne), sur la Baïse, à 6 kil. N. O. de Nérae; 1107 hab.LAVARDIN (Jean DEBEAUMANOIB, dit le maréchal de), né dans le Maine en 1551, mort en 1614 à Paris. fut élevé dans la religion protestante .auprès d'Henri de Navarre (depuis IV),.- et combattit dans l'armée des Huguenots au siège dé Poitiers, en 1569 ; il embrassa la religion catholique après la Sî-Barthé-lemy, où avait péri son père. Il quitta Henri en 1578 pour s'attacher à Catherine de Medicis, et commanda en 1587, sous le duo de Joyeuse, à la bataille de Coutras, où, malgré tous ses efforts, les Catholiques furent défaits. En 1589, il suivit le parti de la Ligue. En 1595, il composa avec Henri IY, qui acheta sa fidélité par les titres de gouverneur du Maine et de maréchal de France. Lavardin se trouvait dans le carrosse d'Henri IV quand ce prince fut assassiné.LAVARDIN (H. G. DE BEAUMANOIR de), fui envoyé par Louis XIV en ambassade à Rome (1687) au moment où le roi avait avec le pape Innocent XI de vifs démêlés au sujet des franchises. Il entra dans Rome, malgré les défenses du Saint-Père. Celui-ci l'excommunia. Louis XIV se préparait à, venger son ambassadeur quand Innocent mourut.LAVATER ( J. Gaspar), écrivain suisse, né à Zurich en 1741, entra dans l'état ecclésiastique, et devint premier pasteur de l'église St-Pierre a Zurich. Tout en remplissant consciencieusement les devoirs de son état, il cultiva les lettres et produisit un nombre prodigieux d'ouvrages, soit en ptôse, soit en vers, la plupart sur des sujets de morale ou de piété. Dès l'âge de 25 ans, Lavater commença à rechercher les rapports des traits du visage avec le caractère et les sentiments de l'âme; il continua ces recherches tout le temps de sa vie, et fut ainsi le créateur d'une sciencenouvelle, la Physioghomonie, à laquelle son nom est resté attaché. Lorsque la Suisse ressentit le contre-coup de la révolution française, Lavater se déclara le partisan des idées libérales; mais, à la suite de vives représentations qu'il avait adressées au Directoire, il fut déporté à Bâle. Rappelé bientôt dans sa patrie, il y périt en.1801, des suites d'une blessure que lui fit un soldat èda reprise de Zurich. Lavater unissait à une piété exaltée une éloquence douce et persuasive.: on lui reproche seulement une grande crédulité et un penchant extrême pour le mysticisme. Quoique protestant et ministre du culte Réformé, il manifesta toujours un secret penchant pour le Catholicisme. De tous les ouvrages de Lavater, le plus important ce sont ses Essais physioqnomoniques, publiés en allemand (1775-78, 4 vol. in-4), et en français sous ce titre : l'Art de connaître les hommes par la physionomie (1781-1803, 4 vol. in-4, et 1805-9,10 vol. in-8). H. Bacha-rach en a donne une trad. abrégée, Paris, 1841. gr. in-8. Ses lettres à l'impératrice de Russie (femme de Paul I) sur l'État de l'âme après la mort ont paru àLeipsick, 1858, in-4. Parmi ses œuvres poétiques, on remarque les Cantiques sacrés et les Chants suisses, devenus populaires.LA VAUGUYON (Ant. Paul Jacq. DE QÇELEN, duo de), lieutenant général, né à Tonneins en 1706, m. en 1772, se distingua aux sièges de Maastricht, d'Oudenarde, d'Anvers; aux batailles de Fonténoy, Raucoux, Lawfeld ; et fut précepteur des quatre petits-fils de Louis XV. —Son fils, Paul Franc., 1746-1828, fut ambassadeur en Hollande et en Espagne (1776-90), et ministre du comte de Provence (1795-97). il rentra en France en 1805 et devint pair à la Restauration. — Un des fils de celui-ci, Paul, comte de la Vauguyon, 1777-1839, combattit à Austerlitz, devint aide de camp de Murat et général de division.
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LAVAUR, Vera ou Vora, ch.-l. d'arr. (Tarn), sur l'Agout, à 40 kil. S. O. d'Alby; 7077 hab. Ancien érvêché (créé en 1318). Trib. de 1™ inst, collège, bi-blioth. Éducation en grand de vers à soie ; soieries. Célèbre dans la guerre des Albigeois par le massacre que Simon deMontfort fit de ses habitants, en 1121.LA VEAUX (J. Ch. THIBAULT de), bomme de lettres, né à Troyes en 1749, m. à Paris en 1827, fut d'abord mattre de langue française à Bâle, à Stuttgard, à Berlin; revint en France à la Révolution, travailla, à plusieurs journaux républicains, notamment au Journal de la Montagne, et fut nommé sous l'Empire inspecteur desprisons et hospices de la Seine, fonctions qu'il perdit à la Restauration. On a de lui, outre des traductions de l'allemand : Cours de langue et de littérature française, Berlin, 1784; Nouveau dictionnaire de la langue française, Paris, 1820, 2 v. in-4; Dictionnaire des difficuftés de là langue, 1822,2 vol. in-8, le meilleur de ses ouvrages; Dictionnaire sy-nonymique de la langue française, 1826.LAVEDAN (le), vallée de France (Htes-Pyrénées), dans l'arr. d'Argelès, a environ 50 k. de long. Villes principales : Lourdes et Campan.LAVELANET, ch.-l. de c (Ariége), à 27 kil. E. de Koix, sur la Touire, qui se jette près de là dans un gouffre; 2707 h. Aux env. château de Montségur.LAVENTIE, ch.-l. dec (Pas-de-Calais), à 20 kil, N. E. de Béthune ; 4297 hab.LAVERNE, Laverna, déesse des voleurs et des fourbes chez les Romains.LA VERPILLIÈRE, Ch.-L de c. (Isère), à 23 kil. K. E. de Vienne ; 1212 hab. Anc château.LAVICOMTERIE (Louis de), homme de lettres, né en 1732, m. en 1809, adopta avec ardeur les principes de la Révolution, fut député à la Convention, vota la mort du roi, fut membre du Comité de sûreté générale, se prononça au 9 thermidor contre Robespierre, et vécut depuis obscur, remplissant un emploi dans la régie du timbre. On a de lui : le Code de la Nature, 1788; les Crimes des rois de France, 1791 et 1833; le Peuple et ses rois, 1791; les Crimes des papes, 1792; Crimes des empereurs ; Crimes des reines, etc., ouvrages empreints de l'esprit du temps.LAVICUM, v. du Latium. V. LABICUM.LA VIEUVILLE (Charles, marquis de), né à Paris vers 1582, m. en 1653, fut surintendant des finances en 1623, se fitdes ennemis par un caractère présomptueux, fut enfermé au château d'Amboise en 1624, s'enfuit à l'étranger, rentra en France en 1628, y conspira contre Richelieu, dut s'enfuir à Bruxelles en 1631, ne revint que sous Mazarin, et'obtint,en 1649, avec la direction des finances, le titre de duc et pair.LA VILLE DIEU, ch. -1. de c (Vienne), à 15 k. S. de Poitiers ; 425 hab. — Y. VILLEMEU.
LA VILLE DE MIRMONT (Alex, de), poëte dramatique, néà Versailles en 1783, mort en 1845,futchef de division à l'Intérieur, puis inspecteur des prisons, et consacra ses loisirs aux lettres. On a de lui plusieurs comédies en vers, entre autres le Folliculaire (1820), qui obtint un grand succès auprès du public, mais que critiquèrent amèrement certains journalistes, qui s'y croyaient attaqués ; une Journée d'élection (1822), dont la censure défendit la représentation ; leB.oman(1825),lesi'ntri9ants:cette dernière, reçue dès 1826, ne put être représentée qu'en 1831 ; et une tiagédie, Charles VI, représentée en 1826, qui le fit, mais à tort, accuser de plagiat à cause delà ressemblance du sujet avec la Démence de Charles VI de Le-mercier. Ses OEuvres ont paru en 1845, 4 vol. in-8. LA VILLE HEURNOIS (BERTHELOT de) , ancien
maître des requêtes sous Louis XVI, agent secret des Bourbons pendantlaRévolution, ourdit en 1796avec l'abbé Brotier et de Presles une conspiration contre le gouvt républicain, fut découvert en 1797, et déporté à Sinnamary, où il mourut 2 ans après.
LA VILLETTE, anc commune dudép. delà Seine, contiguê au mur de Paris, à l'extrémité du faubourg St-Martin, comptait en 1860 plus de 30000 hab. Elle est auj. comprise dans Paris. Le canal de l'Ouniq y forme un beau bassin, où prennent naissance les canaux St-Martin et St-Denis. Chapellerie; savons, suif, bière, etc. ; machines à vapeur, entreprises de vidaDges; entrepôt d'huile, eaux de vie, etc.
LAVIN1E, fille de Latin us, roi des Latins, et d'A-mate, était fiancée à Turnus, roi des Rutules, lors-qu'Énée arriva en Italie. Énée obtint sa main de son père et l'épousa après avoir tué Turnus. Il bâtit en son honneur la ville de Lavinium. Après la mort d'Ê-née, Lavinie, craignant pour sa vie, alla se cacher dans des forêts, où elle accoucha d'un fils qu'elle nomma Sylvius. Le peuple força Ascagne, fils et successeur d'Ênée, à la rappeler et à lui cédor Lavinium. LAVINIUM, auj. Patrica, v. du Latium, au S. de Rome et près de Laurente, fut bâtie, dit-on, par Énée, qui lui donna le nom de sa femme Lavinie. Elle fournit la colonie qui fonda Albe. Détruite au ix° s. par «s Sarrasins. LAVIT-DE-LOMAGNE, ch.-l. de cant. (Tarn-et- ' Garonne), à 18 kil. S. O. de Castel-Sarrasin-,1013 h. LAVOISIER (Ant. Laurent), grand chimiste, né à Par.s en 1743, fils d'un commerçant aisé, fut entraîné par Je goût le plus vif vers l'étude des sciences naturelles, <*t mérita dès l'âge de 25 ans d'être admis à l'Académie nés sciences (1768).'Peu de mois après il obtint une place de fermier général : il sut concilier ses recherches scientifiques avec les devoirs de sa place. Il démontra en 1775 que la calcination des métaux et en général la combustion des corps est le produit de l'union de l\air respirable (oxygène) avec ces corps, et opéra par cette découverte une révolution en chimie; il reconnut en 1784 la composition de l'eau, et la prouva par des expériences directes. De concert avec Guyton de Morveau, il créa pour la chimie une nouvelle nomenclature qui devait changer la face de la science (1787). En même temps il faisait des applications utiles de ses connaissances, améliorait la fabrication de la poudre, perfectionnait l'agriculture, coopérait à l'établissement de nouvelles mesures, etc. Malgré tant de titres à la reconnaissance publique, il fut traduit en 1793 devant le tribunal révolutionnaire, par le seul motif qu'il appartenait au corps des fermiers généraux, fut condamné et exécuté le 8 mai 1794. Il avait commencé d'importants travaux quejsamortalaissés interrompus; il demanda en vain un délai de quelques jours pour achever des expériences utiles à l'humanité. On a de lui unTraité élémentaire de Chimie-, 1789, et desMêrn. de Physique et de Chimie, 1805. Ses OEuvres complètes ont été publiées aux frais de l'État, 1860-64. LAVOULTE, Ch.-l. de c. (Ardèche), à 20 kil. N. E. de Privas, sur le Rhône (r. dr.); 2663 hab. Église calviniste. Beau port sur le Rhône (1862). Culture de la vigne et du mûrier. Hauts fourneaux, fonderie.de boulets. Grand château, jadis aux ducs de Ventadour.
LAVOUTE-CHILHAC, ch.-l. de c. (Hte-Loire), à 25 kil. S. deBrioude, sur l'Allier ; 683 hab.
LA VRILLIERE (L. PHELIPPEAUX, marquis de), né en 1672, m. en 1725, était ministre delà maison de Louis XIV et chargé des affaires de la religion protestante. Il fut seul conservé par le duc d'Orléans et reçut le titre de secrétaire de. la Régence. Il fut remplacé en 1718 par son fils St-Florentin. Le comte de Maurepas était son gendre.—Le nom de La Vrillière est resté à une rue de Paris où était l'hôtel appartenant à la famille : l'hôtel est auj. la Banque de France.
LAW (John), fameux financier, né à Edimbourg en 1671, était fils d'un riche orfèvre. Il ne se fit d'abord remarquer que par son habileté au jeu et ses aventures galantes, et fut forcé de quitter son pays par suite d'un duel. Après avoir parcouru divers Etats de l'Europe, proposant partoutdes plans de finances, il vint enfin en France où il sut gagner la confiance du Régent. Il fit adopter à ce prince un système financier au moyen duquel il prétendait rembourser les dettes de l'État. En 1716, il fut autorisé à ouvrir une banque d'escompte, à laquelle on adjoignit bientôt une Compagnie qui eut le privilège du commerce avec le Mississipi, la Chine et les Indes, la propriété du Sénégal, lafabricationdesmonnaies,etc.;en-fin, cette banque privée fut érigée en Banque royale (1718), et Lavf fut lui-même nommé contrôleur général. La banque de Law créa un nombre prodigieux d'actions, e.témit une énorme quantité de billets, qui n'étaient nullement en proportion avec les valeurs réelles qu'elle possédait. Pendant plusieurs années les actions furent en grande faveur : on se les disputait avec fureur dans la rue Quincampoix, principal centre de l'agio, et elles furent portées jusqu'à 40 fois leur valeur primitive; mais bientôt l'illusion cessa, on mit plus d'empressement encore à s'en défaire qu'on n'en avait mis à les acheter, et une foule de familles furent ruinées. Devenu l'objet de l'exécration générale, poursuivi par le parlement, Law fut forcé de sortir de France en 1721. Après avoir erré en dif-férentspays, il mourutà Venise en 1729, dans un état voisin de l'indigence. Law avait publié en 1705-, en anglais, de remarquables Considérations sur le numéraire et le commerce. Ses Œuvres ont été rassemblées à Paris et traduites enl790,etparE. Daire, Paris, 1843,1 vol. in-8. M. Thiers a donné une lucide exposition du système de Law dans l'Encyclopédie progressive, 1826. M. Levasseur a publié des Èecherches historiques sur le système de Law, 1854, in-8.
LAÏA — 1062 — LAZA
LAWFELD, vge de Belgique (Limbourg belge), à 6 kil. O. de Maëstricht. Les Français, que commandait le maréchal de Saxe, y battirent le duc de Cumberland en 1747. Il s'y livra en 1794 un autre combat où les Français furent encore vainqueurs.LAWRENCE, v. des États-Unis (Massachusets), sur le Merrimack, à 36 k. N. E. de Boston ; 14 000 h. Manufactures d'étoffes de laine et coton, fonderies ; ateliers de construction.LAWRENCE (P. Thomas), habile peintre de portraits, né à Bristol en 1769, m. en 1830, était fils d'un maître d'auberge. Elève de Reynolds, il fut nommé en 1792 peintre du roi (George III), et devint, après West, président de l'Académie de peinture (1820). Il fit les portraits de la plupart des princes de l'Europe et de presque toutes les notabilités de l'époque, et acquit une immense fortune. Ses portraits sont pleins de grâce et d'éclat; la ressemblance en est frappante et la physionomie spirituellement saisie;mais le dessin est trop souvent incorrect et maniéré.LAXENBOURGr, bourg et château d'Autriche, à 16 kil. S. de Vienne, sur la SohwKohat; 800 hab Résidence d'été de l'empereur. Un traité y fut signé entre l'Autriche et l'Espagne en 1725.LAY, riv. de France (Vendée), prend sa source à 20 kil. de Fontenay-le-Comte, devient navigable à Mareuil, et tombe dans l'anse de l'Aiguillon, vis-à-vis de l'île de Rè, après un cours de 105 kil.LAYA (J. L.); littérateur, né à Paris en 1761, d'une famille originaire d'Espagne, mort en 1833, fit représenter en 1789 J. Calas, en 1790, les Dangers de l'opinion, drame en vers qui eut du succès, et en 1793, l'Ami des lois. Cette dernière pièce, jouée avec un grand succès peu de jours avant le supplice de Louis XVI, était une protestation énergique contre le régicide; aussi l'auteur fut-il jeté dans uns prison, d'où il ne sortit qu'au 9 thermidor. Sous l'Empire, il fut professeur au lycée Napoléon, puis à la Faculté des lettres, il entra à l'Académie française en 1817. Ses Œuvres ont été publiées en 1833, 5 volumes in-8. — Sa veuve, remariée à M. Aohille Comte, a publié de bons ouvrages d'éducation et de plies pièces de théâtre. — Ses deux fils (Alexandre et Léon) ont cultivé les lettres : le premier a écrit sur le dt*ûit et la politique notamment; le second (1810-18Î2) a donné plusieurs pièces, dont la meilleure est Le Duc Job (1859).LAYBACH, Mmonia chez lesaneiens, Ldbacum, au moyen âge, v. murée dgs_Etats autrichiens, capit. de l'Illyrie et de la Càrniole. à 98 kil. N.-E. de Trieste; 20000 n.Evêché; château fort, qui sert auj.de prison; lycée, gymnase, séminaire, école normale, observatoire, bibliothèque; société d'agriculture, et des arts. Produits chimiques; faïence, soieries et rubans de soie, etc. Grand commerce avec l'Italie, la Croatie, la Bavière. — Laybach existait dès le temps des Romains : elle fut agrandie par les Francs au u.' siècle, appartintsuccessiveinent aux Slaves, aux ducs de Bavière, à des seigneurs particuliers, et finit par se donner à l'Autriche. Laybach fut prise en 1797 par Bernadotte, et en 1809 par Macdonald. Il s'y tint en 1820-21 un congrès qui avait pour objet la destruction du régime constitutionnel établi dans le roy. de Na-ples à la suite de l'insurrection de 1820. — Le gvt de L., formé des anciens duchés de Camiole et de Ca-rinthie, est borné au N. par l'archiduehé d'Autriche, à l'O. par le Tyrol, la Vénëtie et le gvt de Trieste, au S. par laCroatie, à l'E. parlaStyrie, et est divise en 5cercles: Laybach,Neustadt, Adélsberg, Klagenfurt et Villach ; 900 000 hab.—Le cercle de L., entre ceux de Klagenfurt et de "Villach au N., la Styrieà l'E., le cercle de Neustadt au S., celui d'Adèlsberg et le gouvt de Trieste à l'O., compte 165 00O h.LAYEN (Principauté de la), anc. Etat de l'empire d'Allemagne, dont les possesseurs résidaient à Ahren-fels sur le Rhin, comprenait, outre le château de Layen, le comté de Hohengerôldseck, le château de Waal près d'Augsbourg, et quelques seigneuries dans les districts du Rhin, et de la Moselle. En 1806, les princes de la Layen furent compris parmi les membres de la Confédération du Rhin, et placés dans le collège des princes; mais en 1815 ils ne furent pas ad-rois dans la Confédération germanique; la principauté fut médiatisée et incorporée au gr.-duché de Bade.LAYS (François), habile chanteur, né en 1758, à La Barthe, près de Bagnères (Htes-Pyrénées), m. en 1831, débuta à l'.Opéra de Paris en 1779, et fit pendant 40 ans les délices du public. Il réussissait surtout dans les rôles du marchand de la Caravane, du consul dans Trajan, de Cinna dans la Vestale, Il fut professeur au Conservatoire et à l'école de chant, Lays avait la plus belle voix de-baryton qu'on eût entendue jusque-là.LAZARE (S.), frère de Marie et de Marthe, demeurait à Béthanîe et était aimé dé Jésus-Christ. Il m. peu après sa conversion: : Jésus le.ressuscita 4 jours après sa mort, quoique son corps commençât déjà à se corrompre dans le sépulcre (S. Jean, ch. xi). On le fête la 2 septembre et le 17 décembre.LAZARE, pauvre couvert d'ulcères, implorait en vain la pitié d'un mauvais riche ; mais, après la mort de tous deux, Lazare alla dans le ciel et le riche dans l'enfer, où à son tour il implora vainement la secours de Lazare. On ne sait si ce Lazare,dont l'histoire est racontée par S. Lue (ch. xvi). est un pauvre véritable ou un personnage purement symbolique.LAZARE (Hospitaliers de St-), ordre religieux et militaire, fut établi par les Croisés à Jérusalem dèslll9, et confirmé par le pape en 1255.11 avait eupourmisk-sion spéciale de soigner les lépreux; c'est de son nom que se sont formés le mot ladre, pouf dire lépreux, et celui de lazaret. L'ordre tirait son nom du mendiant Lazare, sous le patronage duquel il s'était placé. Introduit en France sous Louis VII, cet ordre perdit son importance à mesure que la lèpre disparut; il fut réuni en Italie à l'ordre de Malte (1490), en Savoie à celui deSt-Maurice (1572), en France à celui de St-Michel (1693). — Les chevaliers de St-Lazara étaient au nombre de 100 ; ils, pouvaient se marier et posséder des peDSions sur toutes sortes de bénéfices.
LEBÂ. _ 1063 — LEBE
L'insigne était une croix à 8 pointes, émaillée de pourpre et de vert alternativement, bordée d'or, anglée de 4 fleurs de lis d'or, et portant au centre, d'un côté l'image de la Vierge, de l'autre celle des. Lazare.
LAZARISTES, congrégation fondée en 1625 par S. Vincent de Paul et approuvée par le pape Urbain VIII en 1632, fut ainsi nommée parce qu'à Paris l'ordre fut établi dans une maison qui avait appartenu à l'ordre de St-Lazare. Elle est connue aussi sous le nom de Prêtres de la Mission. Les Lazaristes vont en mission dans les pays étrangers pour y répandre le Christianisme, et se livrent à l'éducation des jeunes clercs ; ils sont encore aujourd'hui chargés de l'enseignement ecclésiastique dans plusieurs diocèses.LAZIQUE, La%ica, auj. pays des Lesghiz, portion de la Colchide, entre le Phase au N. et l'Arménie au S., est hérissée de montagnes. Les Perses et les Grecs se disputèrent vivement la possession de ce pays sous Justinien.LAZZARONI, nom donné à la populace de Naples. V. ce mot au Dict. univ. des Sciences.
LÉANDRE, amant de Héro. V. SERO.
LEANDRE (S.), archevêque de Séville, né à Cartha-gène vers 540, m. en 596, était frère de S. Isidore. Il convertit plusieurs princes visigoths, qui étaient ariens, ce qui le fit exiler par le roi Léovigilde ; cependant il fut bientôt rappelé et même chargé d'instruire dans la foi catholique l'héritier du trône, Ré-carède. On le fête le 27 février et le 13 mars. On lui attribue la liturgie mozarabique.
LÉARQCE, fils d'Athamas. T.. ATHAKAS.
LÉBADÉE, Lebadea, auj. Livadie, v. de Béotie, au S. O., près de Chéronée et de l'Hélicon. Près de là était le bois de Trop-honius, célèbre par ses oracles. — V. LIVADIE.LE BAILLEUL, vge du dép. de l'Orne, à 9 kil. N. d'Argentau; 900 hab. Berceau de la famille des Bailleul ou Baliol, qui régna en Ecosse.LE BAILLT (Ant. François), fabuliste, né à Caen en 1756, m. à Paris en 1832, fréquenta d'abord le barreau , mais l'abandonna pour les lettres. On a de lui : des Fables estimées pour leur élégance et leur bonhomie, Paris, 1784; des opéras, Corisandre, 1792; le Choix d'Alcide, 1811; OEnone, 1812; Diane et Fndy-mion, 1814; des poésies fugitives, et quelques petits poèmes, entre autres le Gouvernement des animaux ou l'Ours réformateur, 1816.LEBARBIER (J. J. Franc.), peintre, né en 1738 à Rouen, m. à Paris en 1826, alla en 1776 lever en Suisse des vues et dessins pour les Tableaux topographiques de la Suisse du baron de Zurlauben, et séjourna 4 ans à Rome, où il recueillit une foule de beaux dessins. On doit à cet artiste, outre une quantité prodigieuse de vignettes, plusieurs tableaux : le Siège de Beauvais, qui lui valut le titre de citoyen de Beauvais; le Siège de Nancy (à l'hôtel de ville de Nancy) ; Jupiter sur le mont Ida; Aristomène; l'Apothéose de S. Louis; S. Louis prenant l'oriflamme : Sully aux pieds de Henri IV.LEBAS (Jacq. Phil.), graveur de Paris, 1707-83, a reproduit les plus belles toiles de Berghem,Wou-vermans,Van Ostade,Téniers,Vernet, et aaussi gravé d'après lui-même. On cite de lui l'Enfant prodigue et David Teniers et sa famille. Il fut admis à l'Académie en 1743 et nommé en 1782 graveur du roi.LEBAS (Phil.), conventionnel, compatriote et ami de Robespierre, né en 1766 à Frévent (Pas-de-Calais), était d'abord avocat àSt-Pol. Nommé commissaire de la Convention aux armées de Sambre-et-Meuse et du Rhin, il y rendit d'importants services (1793-94). Ami de Rob espierre, il le défendit au 9 "thermidor, et se tua quand il vit sa cause perdue.LEBAS (Philippe), fils du précéd., né à Paris en 1794, m. en 1860, s'est fait un nom comme helléniste et comme archéologue. Il servit dans la marine, puis dans l'armée de terre jusqu'en 1814. En 1820, il fut chargé de l'éducation du prince L. Napoléon (Napoléon III). Rentré en France en 1828,
il devint professeur au collège St-Louis, maître de confér. a l'École normale, bibliothéc. de la Sor-bonne. Il fut admis à l'Académie des inscriptions en 1838. On a de lui un Voyage archéologique en Grèce et en Asie Mineure (1847 et ann. suiv.,in-fol.), une édition, avec traduction, de Nicetas Éugenia-nus, 1841, etc. Il a dirigé la publication du Dictionnaire encyclopédique de VHist. de France (12 vol. in-8, av. pi.), et traduit (avecAnsart) l'Atlas historique de Kruse.
LE BAS (L.-Hipp.), architecte, membre de l'Institut, né en 1782, m. en 1873; a fait le monument de Maiesherbes, au Palais de justice, l'église de N.-D. de Loretto, etc. C'est lui qui a présidé à l'érection de l'obélisque de Louqsor, à Paris.LE BATTEUX (l'abbé), né à Ailend'huy, près de Reims, en 1713, mort en 1780, professa les humanités à Reims, puis à Paris, dans les collèges de Lisieux et de Navarre, et fut nommé professeur de philosophie grecque et latine au Collège de France. Il avait été reçu en 1754 à l'Académie des inscriptions, et en 1761 à l'Académie française. Ses principaux ouvrages sont : les Beaux-Arts réduits a un seul principe (l'imitation de la nature), 1746; Cours de Belles-lettres ou Principes de littérature, 1774, ouvrage encore estimé; une Traduction d'Horace, 1750; la Morale d'Épicure, 1758; les Quatre poétiques (d'Aris-tote, Horace,Vida, Boileau), 1771; OcellusLucanus et Timée deLocres, trad. du grec, 1768; Histoires des Causes premières, 1779; De l'arrangement des mots, traduit de Denys d'Halicarnasse, 1788. Il dirigea la publication des Cours d'études à l'usage des écoles militaires, 1776 et ann. suiv., 48 v. in-12.LEBÉ (Guill.), graveur et fondeur de caractères, né àTroyesen 1525, m. à Paris en 1598, fut chargé par François I de perfectionner les caractères orientaux de H. Estienne, et par Philippe II de fondre les caractères de la belle Bible polyglotte d'Anvers. — Son fils, Guillaume II, soutint sa réputation. Il créa en 1604 un gros caractère arabe qui existe encore à l'Imprimerie impériale.LEBEAU (Ch.), humaniste et historien, né à Paris en 1701, mort en 1778, fut successivement professeur de rhétorique aux collèges d'Harcourt, du Pies-sis, et des Grassins, professeur d'éloquence au Collège de France (1752); entra en 1748 à l'Académie des inscriptions et devint en 1755 secrétaire de cette académie. On a de lui une Histoire du Bas-Empire depuis Constantin, 22 vol. in-8, ann. 1757 et suiv., ouvrage bien écrit et consciencieusement rédigé, qui n'a pas été apprécié à sa juste valeur, mais qu'il était difficile de rendre intéressant (cette histoire fut terminée par Ameilhon). Lebeau écrivait parfaitement la langue latine, et excellait surtout à faire les vers latins. On a imprimé ses œuvres latines en 1782 sous la titre de Carmina et orationes. Il compléta et publia l'Anti-Lucrèce du cardinal de Polignao (1747). Il a fourni à l'Académie des inscriptions d'excellents mémoires, notamment sur la Légion romaine, et a rédigé les Éloges des académiciens morts pendant qu'il était secrétaire.LÉBÉDAH ou LEBDA, v. d'Afrique, autrefois Lep-tis. V. ce nom.LEBEDOS, v. d'Asie-Mineure, dansl'Ionie, sur la mer Egée, au N. de Colophon. Lysimaque la détruisit et en transféra les habitants à Éphèse.LEBEUF (l'abbé J.), chanoine d'Auxerre. 1687-1760, membre de l'Académie des inscriptions, a rendu de grands services à l'histoire nationale pai ses savantes et exactes recherches. Ses ouvrages les plus importants sont : Discours sur l'état des sciences dans la monarchie française sous Charlemagne, Paris , 1734; Recueil de divers écrits pour servir d'éclaircissements à l'hist. de France , 1738; Hist d'Auxerre, 1743 ; Hist. de la ville et du diocèse de Paris. Quelques-uns de ses écrits, devenus introuvables, ont été réimpr. en 1843, 2 vol. in-8, par J. Pichon. M. H. Cocheris a donné une nouv. édition de VHis-
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toire du diocèse de Paris, en la continuant jusqu'à nos jours, 10 v. in-8, 1861 et ann. suiv.
LEBLANC (Franc.), gentilhomme dauphinois, m. à Versailles en 1G98, était un savant numismate. Il a laissé : Dissertation sur quelques monnaiesde Charle-magne, Louis le Débonnaire, Lothaire et ses successeurs, frappées à Rome, 1689, in-4; Traité historique des monnaies de France, 1690, in-4, ouvrage capital.LEBLANC DE GUILLET (Ant.), littérateur médiocre, né à Marseille en 1730, mort en 1799. On a de lui : des tragédies, entre autres Manco-Capac (1763), qui n'est connue auj. que par ce vers ridicule :
Crois-tu de ce forfait Manco-Capac capable? une comédie, l'Heureux événement, 1772, qui eut peu de succès ; un roman intitulé les Mémoires du comte de Guine, 1761, et une traduction en vers de Lucrèce, 1788-91. Il fut nommé membre de l'Institut en 1798.
LEBLANC (Nie), l'inventeur de la soude artificielle, né en 1753 à Issoudun, était chirurgien de la maison d'Orléans. En 1787, il découvrit le procédé, encore suivi actuellement, pour extraire la soude du sel marin. Il avait monté en 1791 une usine, avait pris un brevet d'invention pour l'exploitation de sa découverte et s'était associé à cet effet le duc d'Orléans lorsqu'à la suite des événements de la Révolution il vit mettre le séquestre sur sa fabrique; peu après il fut obligé d'autoriser la publication de son procédé. Ruiné par cette divulgation, il fit d'inutiles efforts pour obtenir une juste indemnité et se tua dans un accès de désespoir (1806). Dizé, qui avait été son collaborateur, lui disputa, mais'sans droit, le mérite de son invention.LEBLOND (J. Christophe), peintre en miniature, né à Francfort en 1670, m. en 1741, inventa l'art d'imiter la peinture par la gravure, en imprimaut l'une sur l'autre trois couleurs, le rouge, le jaune et le bleu, qui, par leurs combinaisons, produisaient des nuances plus nombreuses.LEBON (Joseph), conventionnel, né à Arras en 1765, était curé de Neuville, près d'Arras, lorsque la Révolution éclata. Déjà il s était fait remarquer par son fanatisme religieux; il ne fut plus connu, depuis 1789, que par son fanatisme révolutionnaire. Député à la Convention en 1792, il se 'signala par ses violences. Envoyé en 1793, en qualité de commissaire, dans le Pas-de-Calais, il établit dans Arras le régime de la Terreur et institua un tribunal qui, en quelques mois, fit tomber une foule de têtes. Après le 9 thermidor, il fut accusé par les habitants de Cambrai, condamné à mort, et exécuté (6 oct. 1795). Son fils, E. Lebon, a tenté de le réhabiliter dans le livre intitulé : J. Lebon dans sa vie privée et dans sa vie politique, 1861.LEBON (Philippe), l'inventeur de l'éclairage au gaz, < nçut des 1785 l'idée de faire servir à l'éclairage '"•?! gaz produits par la combustion du bois. II an-nniça sa découverte à l'Institut en 1799, prit un luevet en 1800 pour ses Thermolampes (appareils ilestinés à la fois au chauffage et à l'éclairage), et en fit en 1801 un premier essai au Havre, mais il fut mal accueilli du public, et, après plusieurs autres tentatives également infructueuses, il alla por-v?r sa découverte en Angleterre où elle réussit.LEBOSSU (le P. René), chanoine de Ste-Gene-viôve, 1631-80, enseigna les humanités et composa entre autres écrits un Traité du Poème épique, 1675, qui était estimé de Boileau, mais qui a été vivement critiqué par Voltaire pour sa rigueur toute scolastique. On a aussi de lui un Parallèle de la philosophie d'Aristote et de Descarlts, 1674.
LEBRET, V. de France. V. AI.BI.IIT.
LEBRIGANT (Jacq.),avocat,néàPuntneux (Côtes-du-Nord) en 1720, m. en 1804, faisait dériver toutes les langues du celtique. Il a publié : Dissertation sur une nation celte nommée Brigantes, 1762; Éléments de la langue des Celtes-Gomérites ou Bretons, 1779; ia Langue primitive conservée, 1787. Il était l'ami
du célèbre La Tour d'Auvergne, qui s'enrôla à 50 ans pour sauver son plus jeune fils de la conscription : il avait eu 22 enfants, et tous ses fils étaient mo.rts aux armées quand le dernier fut appelé.
LEBRIXA oa LEBRIJA, Nebnssa, v. d'Espagne (Sé-ville), à 42 kil. S, O. de Séville ; 7000 hab. Forges, poteries; huile excellente. Patrie d'Antoine de Le-brixa (F. ANTOINE), et de Juan Diaz de Solis.,LEBRUN (Charl.), peintre célèbre, né à Paris en 1619, mort en 1690, étudia d'abord sous Vouet, puis alla à Rome, où il eut pour'maître le Poussin. De retour à Paris (1648), Fbuquet lui confia les.peintures de son château de Vaux, et Louis XIV l'accueillit avec faveur sur la présentation de Mazarin. II fut en 1662 nommé peintre du roi, et directeur de l'Académie de peinture. Sans rival en Francs après la mort de Lesueur, il devint l'arbitre du goût et comme le dictateur des beaux-arts : c'est lui qui porta Louis XIV à fonder l'école française à Rome. Mais à la mort de Colbert, qui l'avait'toujours protégé, Lebrun se vit préférer Mignard; le chagrin que lui causa cette disgrâce abrégea sa vie. Ses principaux tableaux sont : la série des Batailles d'Alexandre, la Défaite de Maxence, le Christ aux An-ges (à Notre-Dame), la Madeleine, la ViergeapprS-tant le repas de l'EnfantJésus. C'est lui qui a exécuté les peintures de la grande galerie de Versailles. On trouve dans ses tableaux de la noblesse et une grande richesse de composition, mais la couleur en estlourde et le dessin généralement mou; on lui reproche de l'affectation et de la monotonie. Lebrun a écrit : Conférences sur l'expression des différents caractères des passions, 1667; Traité de la physionomie, où Rapport de la physionomie humaine avec celle des animaux, in-fol., avec pi. Ses plus beaux tableaux ont été gravés par Édelinck, Audran3 Séb. Leclerc, Pi-cart. Il en a lui-même gravé plusieurs.LEBRUN (Ponce Denis ECOBCHARD-), poète lyrique qui se surnomma lui-même Lebrun-Pindare, né à Pa ris en 1729, mort en 1807, fut élevé par les soins dt prince de Conti, au service duquel était son père devint secrétaire des commandements du prince, e-put en même temps se livrer à son goût pour la pûé sie. Alâmortdu prince de Conti, iifut quelque temp-dans l'indigence, mais le ministre Galonné lui fit ob tenir une pension de 20 000 livres. II fut nommé mem bre de l'Institut dès la fondation. Versatile dans se1 opinions, il chanta successivement et avec la ,même verve Louis XVI, la République et l'Empire, et reçu' indistinctement les bienfaits de tous les gouvernements. Enclin à la satire, il lança des épigramme; contre presque tous ses contemporains et se Bt un* foule d'ennemis. D'un caractère difficile, il ne put vivre avec sa femme, qui se sépara de lui après'14an. de mariage. Lebrun a. excellé dans le genre lyrique; on estime surtout son Ode sur le désastre de Lûponm (1755), une Ode à Voltaire en faveur d'une petite-nièce de Corneille, une Ode nationale sur kiproje' d'une descente en Angleterre. Gïngùené, son ami, publié ses œuvres en 4 vol. in-8, Paris, 1811J outre ses Odes, on y trouve des Élégies, des Épitres, de; Épigrammes, des Fables, des Veillées du Parnasse, imitations de Virgile et d'Ovide, et un poëme ;sur U Nature. On a donné en 1821 ses QEuvres choisies, 2 vol. in-8. Le talent lyrique de Lebrun est grand, mais incomplet; son stylejest noble et fort, mais tan tôt déclamatoire, tantôtsèc et décharné ; ses épigram mes sont peut-être supérieures à ses odes. "LEBRUN (Ch. Franc.), duc de Plaisance, né m 173' à St-Sauveur, près de Coutances, mort en 1824, fu d'abord secrétaire de Maupeou, partagea la disgrâc de ce ministre, et consacra ses loisirs à des travaux littéraires. Député aux États généraux, ilsejlistin-gua par ses travaux sur les finances; il présida lé directoire de Seine-et-Oisé, fut incarcéré pendant la Terreur, recouvra la liberté au 9 thermidor, fut élu membre du Conseil des Cinq-Cents et se fit remîàrquer dans cette assemblée par ses talents administratifs.
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Après le 18 brumaire, auquel il avait contribué, il fut nommé 2" consul. Dans ce poste, il s'occupa exclusivement de finances et créa la Cour des Comptes. Napoléon, devenu empereur, le nomma duc de Plaisance et architrésorier. En 1806, Lebrun alla organiser l'État de Gênes en départements français; en 1810, il fut nommé administrateur général dé la Hollande après l'abdication du roi Louis Bonaparte. En 1814, il refusa de signer l'acte de déchéance, mais il adhéra bientôt après au rappel des Bourbons, et fut un instant grand mattre de l'Université. Il fut élevé en 1819 à la pairie. On a de lui des traductions en prose de la Jérusalem délivrée, 1774; de l'Iliade, 1776 (refondue en 1809), de l'Odyssée, 1819 : ces traductions, plus élégantes que fidèles, se lisent avec plaisir. Lebrun était de l'Académie des inscriptions depuis 1803. Une statue lui a été élevée à Coutances en 1847. LEBRUN. 7. TONDU et VIGEE (Mme).
LE CAMUS (Antoine), littérateur, né à Paris en 1722, mort en 1762, a publié : Médecine de l'esprit, Paris, 1753;Âbdekeroul'Artde conserverla beauté, 1756; Amphitheatrum medicum, poema, 1745; les Amours de Daphnis et Chloé, traduits de Longus, 1757. —Son frère, N. Le Camus de Mezières, 1721-1789, architecte distingué, a donné les dessins de la Halle au blé de Paris et a publié quelques écrits sur son art, entre autres le Génie de l'Architecture, 1780.
LSCAPËNE (ROMAIN), empereur. Y. ROMAIN. LE CARON (L.), jurisconsulte. V. CHARONDAS.
LE CAT (Claude Nie), chirurgien, né en 1700 à Blérancourt (Aisne), m. à Rouen en 1768, devint chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu de Rouen, et membre associé de l'Académie royale de chirurgie. Il établit à Rouen des cours publics d'anatomie qui eurent le plus grand succès, et fonda l'Académie de cette ville en 1744. Il introduisit en France, en la perfectionnant, la méthode de Cheselden pour la taille de la pierre. On a de lui : Lettres sur l'opération de la taille, 1749; De l'existence, &e la nature du fluide des nerfs, 1765; De la couleur de la peau humaine, 1765; Traité des sens, 1740; Des sensations et des passions en général, 1766. Cedernier traité est le plus recherché de ses ouvrages, mais il renferme beaucoup d'hypothèses hasardées. Ses écrits les plus importants ont été réunis sous le titre &'OEuvresphysiologiques, Paris, 1767, 3 vol. in-8.LECCE, Alelium ou Lupia, v. forte d'Italie, dans l'anc roy. de Naples, ch.-l. de la Terre d'Otrante, à 90 kil. S. S. E. de Tarente: 17 000 hab. Évèché. Citadelle, quelques édifices remarquables. École royale créée par Ferdinand IV. Cette ville fut, dit-on, fondée par le Cretois Idoménée. Prise par les Normands au xne siècle et donnée en apanage au bâtard Tancrède.LECCO, Leucum, v. murée de Lombardie, suc le bras S. E. du lac de Côme, à 24 kil. E. de Côme; 2500 hab. Filatures de soie, ustensiles de cuivre.LECH (le), Licus, riv. d'Allemagne, sort de la forêt de Bregenz en Tyrol, entre en Bavière, reçoit la Vils et la "Wertach et grossit le Danube riv. dr. au N. O. de Neubourg, après un cours de 250 kil. Othon I battit les Hongrois sur ses bords en 955 (V. LECHFELD) ; Tilly périt en 1632 en cherchant à barrer le passage du Lech à Gustave Adolphe.LE CHAPELIER (Gui), l'un des membres les plus distingués de l'Assemblée constituante, né à Rennes «MI 1754, acquit de la réputation au barreau de cette ville, fut nommé membre de l'Assemblée nationale en 1789, et fit longtemps partie du Comité de constitution. Il fit décréter l'établissement des gardes nationales, l'égalité dans les successions, l'abolition de la noblesse, rédigea la loi sur la propriété littéraire, et eut la plus grande part à l'organisation de la Cour de cassation et de l'ordre judiciaire. Après la session il s'était retiré en Angleterre, mais, étant revenu à la nouvelle du décret qui séquestrait les biens des absents, il fut arrêté pendant la Terreur et condamné à mort par le tribunal révolutionnaire en 1794.11 avait concouru avec Condorcet, de 1790 à 1792, à la ré-
daction de la Bibliothèque d'un homme public, écrit périodique, 28 vol. in-8.
LÉCHÉE, LecHeum, ane. port de Corinthe, sur le golfe du même nom. On en voit encore le'bassin.LECHFELD, vaste plaine de Bavière, arrosée par le Lech, et dans laquelle se trouve Augsbourg. Pépin y défit en 743 les Bavarois et les Saxons; Charlema-gne y battit les Huns en 794 : les Hongrois y vainquirent les Francs et les Bavarois en 910 ; les Allemands commandés par Othon I y battirent les Hongrois en955.LECK, bras du Rhin, se forme à Durstède près de. Wick, dans la province d'Utrecht; baigne Culem-bourg, Nieuwport; donne naissance à l'¥ssel, et se joint à la Meuse à Krimpen. On croit que le Leck a été ouvert ou du moins élargi par Civilis.
LECKHES,peuple slave. V. POLENIEKS et POLONAIS-
LECLERC (Perrinet), bourgeois de Paris, n'ayant pu obtenir justice des chefs des Armagnacs, qui l'avaient maltraité, déroba à son père, alorsquartenier delà ville, les clefs de la porte St-Germain des Prés et introduisit les Bourguignons dans Paris (1418). Il fut trouvé mort quelques jours après, frappé, à. ce qu'on prétend, par la propre main de son père.LECLERC (Michel), avocat et membre de l'Académie française,né en 1622à Albi,. mort en 1691, composa une tragédie à'Iphigénie, qu'il ne craignit pas de faire jouer après celle de Racine (1676). Il n'est guère connu aujourd'hui que par l'épigramme de Racine :
Entre Leclerc et son ami Coras, etc.
LECLERC (Sébastien), dessinateur et graveur, né à Metz en 1637, mort en 1714, était d'abord ingénieur-géographe. S'étant livré avec succès à la gravure , il obtintla protection de Colbert qui lui procura une chaire de dessin à l'école des Gobelins, chaire qu'il occupa pendant près de 30 ans. Son œuvre monte à près de 4000 pièces : on y remarque les Batailles d'Alexandre (d'après Lebrun); les ^Conquêtes de Louis XIV; làs Médailles de'France. ??
XECLERC (Jean), célèbre critique, né à Genève en 1657 d'une famille de réfugiés français, mort en 1736, , fut pasteur des Remontrants d'Amsterdam, puis pro-, fesseur de philosophie, de belles-lettres et d'hébreu. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages, entre autres des Lettres théologiques, sous le pseudonyme de Li-berius a Sancto Amore, Irenopolis (Saumur), 1679; Harmonia evangelica, gr.-lat., Amst., 1699 ; une traduction française du Nouveau Testament, Amst. 1703 ; Parrhasiàna, 1699; Arscrilica, 1712-30; Opéra philosophica, 1722; Bibliothèque universelle et histo~ rique, 1686-93, 26 vol. in-12, en société avec Lacroze; Bibliothèque choisie, 1703-13, 28 vol.; Bibliothèque ancienne et moderne, 1714-1730, 29 vol. Ces trois Bi-bliothèques sont des revues littéraires fort estimées; elles renferment de bons extraits des principaux ou vrages qui paraissaient en Europe. On lui doit aussi des éd. de Tite-Live, d'Érasme, une Vie du cardinal de Richelieu, 1694, etc. Leclerc avait en religion et en philosophie des opinions hardies : il inclinait au socinianisme; il eut de vives disputes avec les théologiens et les métaphysiciens de son temps, entre autres avec Bayle dont il était le rival. En philosophie, il adopta et propagea les principes de Locke. Sa Vie a été écrite en latin par VanderHœven, Amst., 1843. — Son frère . Daniel L., médecin distingué de Genève, 1652-1728, a composé, entre autres ouvrages, une Histoire de la médecine, Genève, 1696 et 1723, et a coopéré à la Bibliothèque anatomique de Man-get, 1688-99.
LECLERC (le général Victor Emmanuel), né en 1772 à Pontoise, était fils d'un marchand de farines. Il s'engagea comme volontaire en 1791, fut fait capitaine au siège de Toulon en 1793, s'y lia avec Bonaparte, le suivit en Italie, fut promu au grade de général de brigade après s'être distingué au mont Ce-nis, sur le Mincio, à Rivoli, et obtint la main d'une soeur de Bonaparte, Pauline (depuis princesse Bor-ghèse), en 1797. Au 18 brumaire, ce général assura
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le succès du coup d'État en expulsant de la salle des séances, avec un peloton de grenadiers, les opposants du Conseil des Cinq-cents. En 1802, il commanda l'expédition destinée à faire rentrer St-Domingue sous ta domination française. Il remporta quelques avantages sur le général noir Toussaint-Louverture; mais au bout de peude mois son armée fut décimée parles maladies, et il succomba lui-mêmeàlafin de l'année.
LECLERC DB BUFFON, LECLERC DE SEPTCHÊNES, etc. V. BUFFON. SEPTCHÊNES, etc.LECLERCQ (Théodore), né à Paris en 1777, mort en 1851, occupa quelque temps un emploi de receveur des droits réunis, mais donna sa démission pour se livrer à ses goûts littéraires. Après avoir joué par amusement des proverbes dramatiques, il se mit à en composer lui-même : il déploya dans cette espèce de comédie en miniature une finesse d'observation, une délicatessedepensée et un bonheur d'expression qui leplacentbien au-dessus de Carmontelle, le créateur du genre. Il n'avait voulu travaillerque pour les salons: le rapide succès de ses Proverbes l'obligea à les livrer au public. On 1" recueil fut publièen 1823 en2 vol. ; il en parut 6 autres jusqu'en 1833 : on y remarque la Manie des Proverbes, qui en est comme l'introduction générale, le Mariage manqué, Tous les comédiens ne sont pas au théâtre, VHumoriste, le Château de cartes, le Jour et le lendemain., le iletour du baron. Les auteurs dramatiques lui ont fait, et souvent sans l'avouer, de nombreux emprunts.LECLÈRE (Achille), architecte deParis.1785-1853, remporta le grand prix en 1808, signala son séjour à Rome par un essai de restauration du Panthéon d'A-grippa, se voua principalement, après son retour, à l'enseignement de son art, forma un grand nombre d'élèves distingués, et fut admis à l'Académie des beaux-arts en 1831. Il se distinguait par un goût pur et par une connaissance approfondie des saines doctrines classiques. On lui doit, outre d'importants travaux de construction et de restauration, le monument élevé à Bonchamps à St-Florent et ie tombeau de Cas. Périer au Père-La-Chaise. Un prix de 1000 fr. a été fond* en son nom par sa sœur pour être décerné à celui qui a obtenu le 2e grand prix d'architecture.
L'ÉCLUSE nom géographique. Y. ECLUSE (1').
LÉCLUSE (Ch. de), Clusius, savant botaniste, né à Arras en 1526, mort en 1609, fut reçu docteur à, Montpellier: parcourut la France, l'Espagne, l'Angleterre, l'Allemagne, recherchant partoutlesplantes rares; se fixa pendant 14 ans à Vienne, sur l'invitation de Maximilienll, qui le nomma directeur de ses jardins; fut nommé en 1589 professeur de botanique à l'Académie de Leyde, et conserva cette chaire jusqu'à sa mort. On a de lui : Rariorum stirpium per Hispaniasabservatarumhistoria, Anvers, 1576; Èa-riorumstirpium per Pannoniam, Austriam, etc., observ. historia, 1583, ouvrages qu'il refondit dans le suivant: Uariorum plantarum historia, 1611 (on y trouve une des plus anciennes descriptions connues de la pomme de terre); Exoticorum libri X, 1605, et la trad. lat. de l'ouvr. portugais de Hortus sur les plantes médicinales des Indes. Un genre de la famille des Guttifères a été nommé Clusia en son honneur.LECLUSB (FLEURY de), helléniste , né en 1774 à Paris, mort en 1845, professa les belles-lettres à la Flèche et à St-Cyr, puisobtint la chaire de littérature grecque à la Facultéde Toulouse, dont il devint doyen. Il possédait une vinglàme de langues. On a de lui un Manuel de la langue grecque, 1801 et 1820; le Té-lémaque polyglotte (en 12 langues), 1812; unZeit-que français. grec et latin, 1822; un Résumé de Vhist. de la littérature grecque, 1837, et plusieurs autres ouvrages de linguistique, notamment unDic-lionn. basque, espagnol et français, resté manuscrit.LECODtTE-MJYRAVEAU (Matthieu) , né vers 1750, était homme de loi à St-Maixenten 1789. Il se prononça en laveur de la Révolution, fut nommé administrateur des Deux-Sèvres en 1790, puis député à l'Assemblée législative et à la Convention; dénonça
Matât comme auteur des massacres de septembre, et embrassa le parti des Girondins. Il fut appelé au Conseil des Cinq-Cents en 1799, s'opposa à la mise en accusation desdirecteurs Merlin, LaKéreillère-Lépeaux et Rewbell, entra au tribunat après le 18 bra'maiie, et fut envoyé par le premier consul pour négocier une pacification en Yendée. Inquiété sous la Restauration, il se retiraàBruxelleR, où il mourut en 1825.
LECOESTRE (Laurent), dit de Versailles, né en 1750, était marchand de toiles à Versailles lorsqu'é-clata la Révolution. Il en adopta les principes avec ardeur, fut nommé commandant en second de la garde nationale de Versailles, président du djparte-ment, député à l'Assemblée législative, puis à la Convention : il ne se fit remarquer que par ses perpétuelles dénonciations, poursuivant également les Girondins et les Terroristes. Il s'opposa à l'établissement de l'Empire, et mourut en exil (1805).LECOMTE (le P. L.), jésuite, né à-Bordeaux, vers 1655, mort en 1723, fut un des missionnaires mathématiciens envoyés à.laChmeeix 1685, resta & ans dans cet empire, en parcourut une grande partie et y fit de nombreuses observations astronomiques. Pour amener plus facilement les Chinois au Christianisme, il tolérait plusieurs des cérémonies établies chez eux; cette tolérance fut condamnée par des missionnaires moins relâchés, ce qui donna lieu à uns vive polémique. 11 publia à son retour, pour se justifier, des Mémoires sur l'état présent de la Chine, 1696jetune * lettre sur les cérémonies de la Chine, 1700, mais ces écrits furent condamnés à Rome.
LECONTE (NoM). V. OONTI (Noël).
LECOQ (Robert), né à. Montdidier, d'abord avocat du roi au parlement de Paris, puis èvêque de Laon en 1351, fut, avec Etienne Marcel, le chefdumou-vement démocratique qui éclata pendant les Etats généraux de Paris en 1357. Il se retira, dans son évêché après la mort du prévôt, et, pour ne point être arrêté par le Dauphin, s'enfuit à, Melun auprès du roi de Navarre, qui lui donna l'évêché de Calahorra.LECOURBE (Cl. J.), général, né à Lonsrle-Saul-nier en 1760, était chef de demi-brigade à la bataille de Fleurus, et résista avec 3 bataillons à 10JDQ0 Autrichiens. Enl799,dansïacampagnedeSuissècontre les Russes, il se montra tacticien consommé. Ami de Moreau, il se déclara pour lui lors delà mise en jugement de ce général, et fut digraciê. Dans les Cent jours il reprit du service, commanda un corps d'armée dans le B.-Rhin, livra plusieurs combats à l'archiduc Ferdinand, et malgré l'infériorité de ses forces, se maintint dans un camp retranché sous Bô-fort. Il mourut de maladie dans cette ville ênl815. Une statue luia été élevée à Lons-le-Saulnierien 1856.LECOtrVREUR (Adrienne), grande tragédienne, née en 1692 à Damery, près 4'Epernay, était fille d'un chapelier. Elle fut reçue en 1717 au Théâtre-Français, pour les premiers rôles tragiques et comiques. Elle réussit médiocrement dans la comédie ; mais dans la tragédie, elle ne cessa, pendant 13 ans, d'exciter les applaudissementsdu public Elle excellait dans les rôles de Jocasle, à,'Athaliel de Rqmne, et surtout de Phèdre. Son débit était simple et noble ; elle était d'une taille peu élevée j mais sa démarche avait, ainsi que les traits de son visage, une expression imposante; on a dit d'elle que c'était une reine parmi des comédiens. Elle fut aimée de V<aire et de Maurice de Saxo. Elle mourut de la poitrine en 1730 : on attribua sa mort au poison que lui aurait donnéune rivale. CettemorttragîqueainspitéâM.Le-gouvé le beau drame à'Adrienne. Lecouwew (1849).LECXISTERNES, festins sacrés,, offerts âuxdieux chez les Romains. T. ce mot au Dict, univ..des Sciences.IxECTOURE, lactora, ch.4. d'arr. (Gers),.près du Gers, à 36 k. N. d'Aueh; 5998hab.Trib.deI"inst., collège. Manuf. de ras, bures, serges, etc. Commerce de blé, bestiaux, etc. Vue superbe du haut de la promenade du Bastion. Fontaine antique deDiane. Patrie de Roquelaure et-du maréchal Lanues (auaual
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une statue y a été élevée). Ancien évêehé.—Ville très-ancienne, jadis capitale des Lactorates, florissante sous les empereurs romains. Elle était au x" s. la capitale de la vicomte de Lomagne. Elle passa en 1312 aux comtes d'Armagnac Jean V d'Armagnac y fut assiégé par Charles VII (1455), puis par Louis XI (1473). Montluc l'enleva aux Protestants en 1562. Henri IV la leur rendit comme place de sûreté. Le duc de Montmorency fut enfermé au château de Lectoure après sa défaite à Castelnaudary'(1632). LECZINSKI. V. STANISLAS et MABIE.
LEDA, fille de Thestius, roi d'Ëtolie, et femme de Tyndare, roi de Sparte, fut aimée de Jupiter qui la séduisit sous la forme d'un cygne. Elle accoucha de deux œufs : de l'un sortirent Pollux et Hélène, de l'autre Castor et Clytemnestre. Les deuxpremiers nés furent regardés comme issus du sang de Jupiter , et les deux autres comme les enfants de Tyndare.LEDAIN (Olivier), ou le Diable, favori de Louis XI, né en Flandre, fut d'abord valet de chambre et barbier du roi. Il gagna la confiance de Louis XI par une grande affectation de dévouement, fut anobli (1477), fait comte de Meulan et gouverneur de St-Quentin. Il se rendit ridicule par son faste et son orgueil, et abusa de son pouvoir pour commettre toutes sortes d'injustices. Après la mort de Louis XI il fut jugé par le parlement et pendu en 1484.LEDÉIST DE BOTIEOCX, écrivain, né vers 1750 à Dzel (Côtes du Nord), m. en 1823, fut député aux Etats généraux en 1789, servit quelque temps sous La Fayette, fut proscrit avec les Girondins et s'unit alors aux insurgés royalistes. Après la pacification de la Vendée, il vécut dans la retraite. On a de lui, entre autres écrits, une traduction estimée des Commentaires de César, Paris, 1809, 5 V. in-8, avec planches, et des recherches sur les Celtes, 1817.LEDERLIN (J. Henri), philologue, né en 1672 à Strasbourg, mort en 1737, enseigna les langues grecque et hébraïque dans sa ville natale et y devint chanoine de St-Thomas. Il a donné des éditions estimées de l'Onomasticon de Pollux, Amst., 1706, de l'Iliade, 1707, des Idiotismes grecs de Viger, Strasb., 1708, des Èistorix variée à'Élien, 1713.LEDIGNAN, ch.-l. de c (Gard), à 17 kil. S. d'A-lais; 697 h.LEDRAN (H. Franc.), chirurgien, né à Paris en 1685, m. en 1770, fut démonstrateur d'anatomie à l'hôpital de la Charité, chirurgien-consultant des armées, et membre de l'Académie de chirurgie. On lui doit l'invention et le perfectionnement de divers instruments de chirurgie. Il a laissé : Parallèle des différentes manières de tirer la pierre hors de la vessie , 1730, où il se déclare partisan du grand appareil: un Traité des opérations de chirurgie, 1741 ; des Réflexions pratiques sur les plaies d'armes à feu, 1737.LEDRU (Philippe), physicien, connu sous le nom de Cornus, né en 1731 à Paris, mort en 1807, fut nommé par Louis XV professeur de mathématiques et de physique des enfants de France, et obtint un brevet pour fabriquer les instruments de physique et convertir le fer en acier. Alliant l'amusement à la science, il montra le premier en France la phantas-magorie, et se fit une renommée populaire par ses séances de physique expérimentale. Il appliquait avec succès l'électricité aux maladies nerveuses.—Le célèbre Ledru-Rollin, né en 1808, est son petit-fils.LEDUCHAT (J.), avocat, né à Metz en 1658, m. en 1735, était calviniste. Après la révocation de l'édit de Nantes, il se retira à Berlin, où il fut nommé assesseur, puis conseiller à la justice supérieure française. Il a donné des éditions estimées, avec Commentaires, des œuvres de Rabelais, 1711, delà Satire Menippée, de plusieurs écrits de d'Aubigné, de l'Apologie pour Hérodote de H. Estienne, etc. For-mey a publié en 1738, sous le titre de Ducatiana, un recueil de Remarques tirées des mss. de Leduchat.LES (Nathaniel), poète dramatique anglais, né vers 1655, mort vers 1692, était fils d'un ministre angli-
can. II se fit acteur, puis auteur, vécut dans la misère et se livra à des excès qui altérèrent sa raison et le firent enfermer à Bedlam. On a de lui plusieurs pièces assez estimées: Néron, Théodose, la.Force de l'Amour, les Reines Rivales; il a aussi fait deux tragédies en commun avec Dryden. Ses œuvres forment 3 vol. in-8, Londres, 1734.
LEE (Sophie), damé anglaise, née à Londres en 1750, morte en 1824, a composei: the Chapterof accidents (le Chapitre des accidents), comédie représentée avec succès à Londres en 1780; the Recess, 1784, roman; Almeyda, tragédie, 1796; les Contes de Cantovbéry, 1798 (avec sa sœur Hariett Lee); la Vie d'un amant, roman, 1803, etc.— Une autre Lee, Anna, de Manchester, m. en 1781, joua quelque. temps un rôle comme prophétesse et grande-prêtresse de la secte des Shakers (Secoueurs).LEEDS, Ledesia, v. importante de l'Angleterre (York), à 36 kil. S. O. d'York, sur l'Aire et le canal de Leeds àLiverpool, et sur le chemin de fer North-Central ; 100 000 hab. Belles places et squares, beaux édifices. Nombreuses manuiï de draps d'une mesure spéciale, dits draps de Leeds1; grand entrepôt du commerce des laines et draps; filatures, tisseranderies, couvertures, tapis; toiles, indiennes, faïence; fonderies pour machines à vapeur. — Leeds était jadis une place forte. Son château servit de prison à Richard II en 1399.LEERDAM, v. du roy. des Pays-Bas (Hollande mé-rid.), à 12 kil. N. 0. de Gorcum; 2000 hab. Près de là est le vge d'Acquoi, où naquit Jansénius.LEEUWARDEN, v. du roy. des Pays-Bas, ch.-l. de la Frise, à 125 kil. N. E. d'Amsterdam; 25 000 h. Nombreux canaux, tour de l'église d'Oldenhoven, anc chancellerie, anc hôtel des stathouders de la Frise; église renfermant leurs tombeaux; arsenal; hôtel de ville, etc. Savon, chicorée-café; poterie, moulins divers, etc. Commerce de blé, beurre, laines : foires pour les chevaux et le bétail. — Importante seulement depuis le m's. Patrie de Lennep. ?LEEuwiN (Terre de), ou de la Lionne, portion de la côte S. O. de l'Australie. Découverte en 1622.LEFEBVRE ou LEFÈVRE d'ÊTAPLES, Faber Sta-pulensis, né vers 1455 à Étaples (Pas-de-Calais), m. en 1537, donna la 1™ version française de la Bible. D. publia d'abord le Nouveau Testament, Paris, 1523, puis la Bible entière, Anvers, 1528-30, et composa des Commentaires sur les Évangiles et les Épîtres. Ces utiles travaux lui suscitèrent cependant quelques difficultés, et il ne s'en tira que par la protection de François I, qui l'estimait tellement qu'il lui confia l'éducation de son 3" fils, Charles. On a de lui des commentaires sur presque tous les ouvrages d'Aris-tote; des éditions avec commentaires de Denys l'A-réopagite (1498), de Boèce (1503), de S. Jean Da-mascène (1507), etc.LEFEBVRE (TANNEGUI), Tanaquillus Faber, philologue, né à Caenen 1615, m. en 1672, se fit de bonne heure connaître avantageusement de Richelieu qui lui donna l'inspection de l'imprimerie du Louvre, avec une pension de 2000 liv. Après la mort de Richelieu, il embrassa le Protestantisme, et fut nommé professeur à l'Académie réformée de Saumur. Il eut pour fille la célèbre Mme Dacier. Lefebvre a donné des éditions estimées de Longin, Phèdre, Térence, Lucrèce, Élien, Anacréon, Sapho, Aristophane, a traduit'en français plusieurs des écrits de Platon, de Xénophon, de Plutarque, et a rédigé les Vies des poètes grecs, 1665.LEFEBVRE (Nicolas), chimiste, l'un des premiers membres de l'Académie des sciences, fondée en 1666, enseignait là chimie au jardin des Plantes de Paris, lorsque Charles II l'appela en Angleterre, et lui confia le laboratoire de St-James, établi lors de la création de la Société royale de Londres. On lui doit un Traité de chimie (1660), qui résume la science de l'époque et qui a été souvent réimprimé. II.admettait 5 éléments (l'eau, l'esprit, l'huile, le sel et la terre),
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«t croyait à un esprit universel, auquel il faisait jouer à peu près le rôle de notre oxygène. Ilmourut en 1674.
LEFEBVRE (le général), duc de Dantzick,né àRouf-fach (Ht-Rhin) en 1755, m. en 1820, était fils d'un meunier. Simple sergent aux gardes françaises en 1789, il devint général de division dès 1791. Use signala a Fleuras, au passage du Rhin (1795), aux batailles d'Altenkirchen (1796) et de Stokach (1799). Sincèrement attaché à Bonaparte, il lui fut du plus grand secoursle lendemain du 18 brumaire : il entra avec ses grenadiers dans la salle du Conseil des Cinq-Cents ; il était alors commandant de la 17" division militaire dont Paris faisait partie. Il fut fait maréchal en 1804. En 1807 il s'empara de Dantzick, qui était réputée imprenable, ce qui lui valut le titre de duc de Dantzick. Il fit également les campagnes d'Espagne, d'Autriche, de France. Lefebvre joignait à la plus grande intrépidité un coup d'œilprompt et juste, ainsi qu'une expérience consommée. II possédait en outre tes vertus du citoyen, modestie, simplicité de mœurs, désintéressement.LEFEBVRE-DESNOUETTES (Ch.), général de cavalerie, né en 1773 à Paris, se distingua à Marengo, à Au-sterlitz, fut fait général de division en 1808, tomba au pouvoir des Anglais 'en Espagne, mais réussit à s'échapper de leurs mains, reçut en 1808 le commandement des chasseurs de la garde, fit à leur tête les campagnes de Russie, d'Allemagne, de France, fut blessé en 1814 à Brienne, escorta Napoléon après l'abdication de Fontainebleau, s'empressa de se joindre à lui à son retour de l'île d'Elbe, combattit à Fleurus et à Waterloo, fut condamné à mort par contumace au retour des Bourbons, se réfugia en Amérique et périt en 1822 dans un naufrage, en tentant de rentrer en France. Napoléon l'avait fait comte ; il le porta sur son testament pour 150 000.LEFBBVRE-GINEAU (Louis), physicien, né en 1754 à Authe (Ardennes), m. en 1829, fut nommé en 1786 professeur de mécanique au Collège dé France, devint dans la suite inspecteur général de l'Université, et fut membre de l'Institut dès sa création. Lors de l'établissement des nouvelles mesures, il fut chargé de fixer l'unité de poids. Membre du Corps législatif, puis de la Chambre des députés, il se montra toujours libéral : aussi perdit-il sa chaire en 1824. On lui doit une édition estimée des Infiniment petits de L'Hôpital, 1780.
LEFEBVRE DE SAINT-MARC. V. ST-MARC. LEFEBVRE DE ST-REMY. V. ST-REMY. LEFEBVRE DE VILLEBRUNE. V. VILLEBRUNE.
LEFORT (François), général et amiral au service de la Russie, né à Genève en 1656, servit d'abord en France, quitta ce pays par suite d'une affaire d'honneur, et passa en Russie sous le czar Fédor Alexie-witch. Capitaine à la mort de ce prince, il contribua puissamment à faire proclamer Pierre j : dès ce moment il devint le conseiller intime et lé confident du czar, qui le nomma général de ses troupes, amiral de ses armées, vice-roi de Novogorod. Lefort inspira a Pierre I de grands projets de réforme, l'accompagna dans ses voyages, l'aida à civiliser les Russes, créa une marine, une armée,.dans laquelle il introduisit la discipline allemande, battit les Turcs et organisa un système de finances. Il mourut en 1699 à Moscou. Pierrel, en apprenantsa mort, s'écria : aHé-ias ! je perds le meilleur de mes amis. »
LEFRANC DE POMPIGNAN. Y. POMPIGNAN.
LEGALLOIS (J. César), médecin, né en 1770 àCher-rueix, près de Dol (Ille-et-Vilaine), se fit recevoir ilocteur en 1801, et se plaça au premier rang des physiologistes par ses Expériences sur le principe de la vie, des mouvements du cœur, et sur le siège de ce principe (il le place dans un point déterminé de la moelle allongée), Paris, 1812. Il était depuis un an médecin de Bicêtre lorsqu'il mourut en 1814.LÉGANÈS, bourg d'Espagne (Nouv. Castille), à 11 k. S. O. de Madrid; 2000 hab. Titre de marquisat.
LÉGANÈS (le marquis de), général espagnol, fut
chargé par l'empereur Ferdinand, à la mort du duc de Savoie Victor Amédée.(1637), de s'opposer à ce que la duchesse Christine de France fût reconnue régente. Il assiégea Turin .en 1639, et fut forcé de lever le siège; mais, plus heureux en Espajfls, il força le comte d'Harcourtà lever le siège de Lèrida (1646'). LEGAT, Legatus, c.-à-d. envoyé. Sous la république romaine" on donnaitce n_om à divers magistrats civils et militaires : aux ambassadeurs ou envoyés du Sénat; aux lieutenants des consuls, proconsuls ou prêteurs, chargés de commander.un corps d'armée ou d'administrer une province ; aux chefs des légions, etc. Sous l'Empire romain, on appela Légats les délégués de l'empereur : leurs attributions pouvaient être civiles, militaires, judiciaires ej administratives. S'ils étaient membres delà cour impériale, ils prenaient le titre de missi a latere.-.— Dans les pays catholiques, on appelle Légat un envoyé du pape chargé de le représenter. ~LesLégats a latere sont des cardinaux envoyés extraordinairement avec des pouvoirs très-étenaus près de princes étrangers, ou dans des provinces de l'Etat ecclésiastique. Ceux qui sont envoyésldans les divers pays avec des pouvoirs ordinaires s'appellent nonces..— On donne le nom ieLigats nés, legati nati, aux vicaires perpétuels qui représentent le pape dans les royaumes éloignés de Rome : tels étaient en France les archevêques d'Arles et de Reims, en Angleterre celui de Cantorbéry.
LÉGATIONS et DELEGATIONS, noms donnés dans plusieurs Etats d'Italie aux principales divisions territoriales. V. ROMAINS (États).LÉGÉ, ch.-l. de c (Loire-mf.), à 40 kil. S. de Nantes : 3593 hab.LEGENDRÉ (L.), historien, né à Rouen en 1655, m. en 1733, chanoine de la cathédrale de Paris, a écrit : Nouvelle histoire de France jusqu'à la mort de Louis XIII, Paris, 1718; Mœurs et coutumes des Français, 1712; Yieducardinalà'4-mboise)\TÎ!k.On lui doit les fonds avec lesquels furent fondés les poix du concours général des collèges de Paris.LEGENDRE (Gilbert Ch.), marquis de St-Aubin, né à Paris en 1688, m. en 1746, est auteur d'un ouvrage estimé intitulé : Traité de l'opinion ou Mémoires pour servir à l'histoiréZde l'esprit humain, publié en 1733. Il a aussi écrit sur les antiquités de la France.LEGENDRE (L.); conventionnel, né à Paris en 1755, m. en 1797, était boucher lorsque la Révolution éclata. Fougueux démagogue, il prit part à tous les mouvements populaires de cette époque, marcha sur les Tuileries au 20 juin 1792 et présenta à Louis XVI la bonnet rouge. Lié avec Danton, Marat, Camille Desmoulins , il fut avec eux un des fondateurs du club des Cordeliers. Nommé représentant de Paris à la Convention, il s'y fit remarquer par la violence et la grossièreté de son langage : son éloquence, sauvage l'avalt fait surnommer le Paysan du Danubet.T)\iïesi9 sa conduite fut très-équivoque.: il abandonna Danton et Camille Desmoulins à la vengeance de Robespierre, puis, trahissant celui-ci, fut un de ses plus ardents adversaires au 9 thermidor, et ferma lui-même le club des Jacobins. II entra, au. Conseil des Cinq-Cents sous le Directoire, et parla tour à tour contre les ex-conventionnels et contre les émigrés^Jl mourut en léguant son corps à l'École de chirurgie.LEGENDRE (Adr. Marie), géomètre, membre de l'Académie des sciences, né à Toulouse en 1752, m. à Paris en 1833, fit avec Cassini et Méchain dès observations pour lier les méridiens de Paris et de Green-wich, et consacra toute sa vie.à l'enseignement (il était professeur à l'École militaire) ou aux_trava»x scientifiques. Il fut nommé-en 1808 conseiller de l'Université. On a de lui : Éléments de géométrie, 1794, ouvrage classique, très-souvent réimprimé; la Théorie des nombres, 1798; Nouvelle méthodepour la détermination de l'orbite des comètes, 1805; Exercices du calcul intégral, 1811-19- H perfectionna la théorie des transcendantes elliptiqices, et publia sur ce sujet un savant mémoire (1794).
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LÉGER (S:), Leodegarius, évêque d'Autun, né vers 616, fut appelé en 656 à la cour parla reine de Neus-trie, Sle Bathilde, pendant la minorité de son fils, Clotaire III, et la servit utilement de ses conseils. A la mort de Clotaire (669), il fit élire Childéric II, au détriment de Thierry III, que soutenait Ebroïn, et devint le ministre de Childéric. Calomnié près du roi; il fut disgracié (673) et enfermé au couvent de Luxeuil. Thierry, successeur de Childéric, le rendit à son diocèse, mais à peine était-il rentré dans Autun que cette ville fut assiégée par Ëbroïn ; le saint évêque, pour éloigner les maux d'un siège, se livra à son ennemi, qui lui fit crever les yeux (676), puis trancher la tête (678). L'Eglise le considère comme martyr et l'honore le 24 avril et le 2 octobre. Dom Pitra a écrit l'Histoire de S. Léger, Paris, 1846.
LÉGION, corps de la milice romaine. Y. ce mot au Dict. univ. des Sciences.LÉGION FULMINANTE OU MÉL1TÈNE, L. THÉBÉENNE. V. MÉLITËNE et THÉBÉENNE.LEGION D'HONNEUR, ordre de chevalerie institué le 19 mai 1802 par Bonaparte, alors 1er consul, pour récompenser les services militaires et civils. Le nombre des membres de la Légion d'honneur fut d'abord limité. Il ne formait que 15 cohortes, composées chacune de 7 grands officiers, 20 commandants, 30 officiers et 350 légionnaires, ce qui faisait un total de 6512 membres; mais ce nombre fut considérablement augmenté dans la suite, et il finit par devenir illimité. La décoration consiste en une étoile à cinq rayons émaillés de blanc, dont le centre, entouré d'une couronne de chêne et de laurier, présente d'un côté la figure de Napoléon, avec cette légende (depuis 1804) : Napoléon, empereur des Français, et de l'autre, un aigle tenant la foudre, avec cette devise : Honneur et patrie ; l'étoile est suspendue à un ruban moiré rouge. Louis XVIII, par une ordonnance du 9 juillet 1814, maintint l'institution; mais la figure de Napoléon fut remplacée par celle d'Henri IV, avec cette exergue : Henri IV, roi de France et de Navarre ; à l'aigle impériale on substitua 3 fleurs de lis. Deux ordonnances du 23 et du 25 août 1830 apportèrent de nouvelles modifications à la décoration : Les 3 fleurs de lis furent remplacées par deux drapeaux tricolores. Depuis 1848 la croix a été rétablie dans sa forme primitive. L'ordre a été réorganisé par le décret du 16 mars 1852. — L'étoile des chevaliers est en argent; les officiers la portent en or avec une rosette ; les commandeurs la portent en sautoir; les grands officiers ont la croix d'officier avec une plaque en argent sur le côté droitde l'habit; les grand-croix ont la plaque à gauche avec un large ruban qui se porte en écharpe et auquel la croix est suspendue. — Une maison d'éducation avait été décrétée par Napoléon I" en 1805 pour les filles des membres de la Légion d'honneur. Cette maison, établie d'abord à Éeouen, fut ensuite transférée à St-Denis (1809). Depuis, il a été créé deux succursales de cette maison, l'une aux Loges, près de St-Germain, l'autre à Paris, rue Barbette : cette dernière a été récemment transportée à Ecouen.LEGNAGO ou PORTO-LEGNAGO , v. forte de Véné-tie, sur'l'Adige, à 35 kil. S. E. de Vérone; 10000 h. — Prise par les Français en 1796.LEGNANO, v. de Lbmbardie, surl'Olona, à 24 k. N. O. de Milan; 3000 h. Vict. des Milanais sur l'emp. Frédéric Barberousse, 1176.LEGOBIEN (Ch.), jésuite, né à St-Malo en 1652, mort en 1708, fut employé à Paris par son ordre en qualité de secrétaire, puis de procureur des missions de ia Chine. On a de lui : Lettres sur les progrès de lareligion à la Chine, Paris, 1697; Histoire de l'édit de l'empereur de la Chine en faveur de la religion chrétienne, 1698; Éclaircissements sur les honneurs que les Chinois rendent à Confucius et aux morts, 1698; Lettres de quelques missionnaires de la Compagnie de Jésus écrites de la Chine et des Indes orientales, 1702 : le succès de ce dernier ouvrage
donna l'idée du recueil des Lettres édifiantes. dont le P. Legobien publia les 8 premiers volumes.
LEGONIDEC (J. F.), savant linguiste, né en 1775, au Conquet, près de Brest (Finistère), mort en 1838, occupait un emploi dans l'administration forestière. Il se livra avec ardeur à l'étude de l'ancien breton, et contribua à la formation de l'Académie celtique. On lui doit une Grammaire celto-bretonne, Paris, 1807, et un Dict. breton-français, 1821, réimpr. à St-Brieuc en 1861, par Troudel Une statue lui a été élevée par souscription au Conquet.
LEGOUVÉ (J. B.), poète, né à Paris en 1764, m. en 1812, était fils d'un avocat distingué. Il débuta par des tragédies (la Mort d'Abel, 1792, imitée de Gessner et de Klopstock ; Épicharis et Néron, 1793; Étéocle, 1799; la Mort deHenrilY, 1806), qui pour la plupart manquent de force; il réussit beaucoup mieux dans la poésie didactique. On a de lui en ce genre : la Sépulture, les Souvenirs, la Mélancolie, 1798; le Mérite des femmes, 1801, poèmes remarquables par le charme de la diction et par une sensibilité exquise ; le dernier est le plus estimé. Legouvé fut reçu à l'Institut en 1798, et suppléa pendant quelques années Delille au Collège de France. Ses oeuvres ont été publiées en 3 vol. in-8, Paris, 1826. — Son fils, Ernest Legouvé, né en 1807, s'est fait un nom comme auteur dramatique. Il est l'auteur de Louise de Lignerolles, 1838, d'Adrienne Lecouvreur, 1.849, de Médée, etc., et a été reçu à l'Acad. française en 1855. LEGRAND (Jacques), Jacobus Magnus, religieux augustin, né a Toulouse vers 1350, m. vers 1422, professa la philosophie à Padoue, puis vint à Paris et se fit une grande réputation par ses prédications. Sous Charles VI, il osa blâmer publiquement en chaire les désordres de la reine Isabeau, 1405, et fut un des chefs des mécontents..On a de lui le Livre des bonnes mœurs, un des plus anciens ouvrages écrits dans la langue vulgaire, imprimé en 1478; etleSo-phologium, 1475, recueil de pensées morales extraites de divers auteurs, dont il a donné lui-même une traduction, VArchilage Sophie, restée manuscrite. LEGRAND (Ant.), religieux franciscain du xvir* siècle, né à Douai, adopta la philosophie cartésienne et publia pour la propager : Institutio philosophie secundum principia R. Descartes, Londres , 1672, ce qui lui mérita le titre i'Abréviateur de Descartès. LEGRAND (M. Ant.), acteur et auteur dramatique, né à Paris en 1673, mort en 1728, a composé un grand nombre de petites pièces dont l'à-propos fit presque tout le mérite : l'Aveugle clairvoyant; le Galant coureur; le Roi de Cocagne; Cartouche, jouée pendant le procès de ce fameux voleur. Oh a imprimé son Théâtre, 1731-70, 4 vol. in-12.
LEGRAND D'AUSSY (P. J. B.), jésuite, né en 1737 à Amiens, mort à Paris en 1800, professa la rhétorique à Caen, vint à Paris après la dissolution de son ordre, se livra à des recherches littéraires avec Ste-Palaye, et fut nommé en 17.95 membre de l'Institut et conservateur des manuscrits delà Bibliothèque nationale. 11 a publié en 1779 et 1781 des Fabliaux ou contes des XII" et xuie siècles, tirés des manuscrits, réimpr. avec augmentations par Renouard, 1829. On a aussi de lui une Histoire de la vie privée des Français, 1782, réimpr. par Roquefort, 1815; et une fie d'Apollonius de Tyane, 1808.LEGRAS (Mme), née Louise DE MARILLAC, épouse d'Ant. Legras, secrétaire de Marie de Médicis, était nièce du garde des sceaux et du maréchal de ce nom. Restée veuve à34ans (1625), elle se consacra au service des malades et des enfants trouvés et fonda en 1633, de concert avec Vincent de Paul, la belle institution des Sœurs de la Charité : elle en fut la première supérieure. Elle mourut à Paris en 1662.LEGRAVEREND (Emmanuel), jurisconsulte, né à Rennes en 1776, m. en 1827, était chef de la division des affaires criminelles au ministère de la justice. On a de lui : Traité de la législation criminelle en France, 1816 (continuée jusqu'en 1830 par Duver-
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gier) ; Des Lacunes de la législation politique et criminelle, 1824, ouvrage rempli de vues sages.
LEGRIS-DUVAL (René), prêtre, né en 1765 à Lan-derneau, mort en 1819, était neveu du jésuite. Quer-bœuf. II resta en France pendant la Terreur, se livrant aux bonnes œuvres, s'offrit à la Commune pour assister Louis XVI après sa condamnation à mort, forma plusieurs associations charitables et philanthropiques sous la République et l'Empire, et refusa l'épiscopat, qui lui fut offert sous la Restauration. Il travailla activement à la conservation des congrégations religieuses et au rétablissement des Jésuites. On a de lui : le Mentor chrétien, 1797, et des Sermons, publiés en 1820, 2 vol. in-12.LEGROS (Pierre), sculpteur, né à Paris en 1656, m. en 1719, passa presque toute sa vie en Italie. Ses œuvres se fout remarquer par la grâce et par une exécution délicate; mais il subit l'influence du mauvais goût qui commençait à s'introduire dans l'art. Ses meilleurs ouvrages sont : la statue de S. Dominique, à St-Pierre de Rome ; le Mausolée de Pie IV, à Ste-Marie-Majeure ; S. Ignace et trois anges, groupe en argent dans l'église de Jésus; le tombeau du cardinal Aldobrandini, à St-Pierre-ès-Liens; S. 27w>-rnas,S.Bar(7^îeinî/,aSt-JeandeLatran; Ste Thérèse, aux Carmélites de Turin; le Silence, aux Tuileries.
LÉGUÉ (le). F. ST-BRIEUC. '
LEGUEVBX, ch.-L de c (Hte-Garonne), à 18 kil. O. de Toulouse; 974 hab.LE! ou LADAK , capitale du Petit-Thibet, dans la vallée de l'Indus, à 300 kil. N. B. de Cachemire ; 10 000 hab. Commerce de châles et de poil de chèvres.LEIBNITZ (Godefroi Guillaume, baron de), savant universel, né en 1646 à Leipsick,fils d'un professeur de morale à l'Université de cette ville, se distingua de bonne heure par son aptitude aux sciences; fut reçu docteur en droit à 20 ans, et se fit connaître dès l'âge de 22 ans par une Nouvelle méthode pour Vélude du Droit (1668), et par quelques pamphlets politiques. Le baron de Boinebourg, chancelier de l'électeur de Mayence, l'attacha au service de l'électeur, et le fit conseiller de la chancellerie (1669). Tout en remplissant les fonctions de sa place, Leibnitz se livrait avec ardeur à l'étude des sciences ; il rédigea en 1070 la Théorie du Mouvement concret et celle du Mouvement abstrait. Cnargé d'accompagner à Parist en qualité de gouverneur, le fils de Boinebourg, il resta quatre ans dans cette ville (1672-76), s'occupant surtout de mathématiques et fréquentant les plus grands géomètres: ils'y rencontra avecHuy-ghens. Il communiqua à l'Académie des sciences plusieurs découvertes importantes, entre autres celle il une Nouvelle machine arithmétique; l'Académie l'admit dans son sein en 1675. Vers la même époque ii visita l'Angleterre où il reçut l'accueil le plus flatteur, et fut nommé membre" de la société royale de Londres. L'électeur de Mayence étant mort, le duc de Brunswick-Hanovre s'empressa de l'attacher àson service, et le nomma son bibliothécaire en lui donnant le titre de conseiller aulique. Leibnitz vint en conséquence se fixer à Hanovre (1676), où le duo l'employa dans plusieurs négociations. Onlevitalors faire marcher de front et avec un égal succès la po-litique, les mathématiques, la philosophie. En 1683 il fonda à Leipsiok le fameux recueil intitulé Acta eruditorum; l'année suivante il publia dans ce journal la plus importante de ses découvertes, celle du calcul différentiel, dont il avait conçu la première idée pendant son séjour à Paris, dès" 1675. En 1687 il entreprit, à la prière du duc, une histoire de la maison de Brunswick : il parcourut à cette occasion l'Allemagne et l'Italie, recueillant une foule de documents précieux, qui lui fournirent la matière de plusieurs collections importantes (Codex juris gen-lium diplomalicus, 2 vol. in-4, 1698; Scriptores re-rum Brunsvicensium, 3 vol. in-fol., 1707-11) ; malheureusement il ne put achever l'histoire du Brunswick. En même temps il entretenait correspondance
avec les savants de l'Europe, «t il travaillait avec Pélisson et Bossuet à réunir les cultes catholique et réformé; n'ayant pu réussir dans cette entreprise, il espéra pouvoir au moins concilier les diverses sectes protestantes, mais il n'obtînt pas plus de succès. En 1700 Leibnitz détermina le roi de Prusse, à fonder une académie à Berlin : il en fut nommé président perpétuel ; il tenta inutilement de former des établissements du même genre à Dresde et à Vienne. En 1710, il publia ses Essais de Théodicée, dans le but de repousser les attaques de Bayle contre la Providence. Il se vit à la fin de sa carrière recherché par le Czar Pierre le Grand, qu'il détermina à fonder une académie à St-Pétersbourg; par l'empereur Charles VI, qui le créa baron et lut fit une pension; et par Louis XIV, qui tâcha>mais vainement, de le fixer en France. Il mourut à Hanovre en 1716, a 70 ans. Leibnitz fut à la fois jurisconsulte, publiciste', théologien, physicien, géologue, mathématicien et historien; mais c'est surtout comme mathématicien et comme philosophe qu'il est aujourd'hui célèhire. Il fit en mathématiques de grandes découvertes; mais, par une singulière fatalité, il se trouve que la plupart de ces découvertes se présentaient en même temps à d'autres savants ; c'est ainsi que Newton lui disputa la priorité de l'invention du calcul différentiel. En philosophie, Leibnitz introduisiti'éclectisme; il chercha à concilier Platon et Aristote, Descartes etLocke; il imagina aussi un système nouveau : selon lui, tout est composé de monades, substances simples, capables d'action et de perception : l'âme est une monade qui a conscience d'elle-même. Dans l'homme, l'âme et le corps n'agissent point l'un sur l'autre, mais il existe entre ces deux substances une harmonie si parfaite, que chacune, tout en ne faisant que se développer selon les lois qui lui sont propres, éprouve des modifications qui correspondent exactement aux modifications de l'autre : c'est ce que Leibnitz'appelle harmonie préétablie. Dans sa Théodicée il professe l'optimisme, enseignant qu'entre tous les mondes possibles, Dieu a choisi le meilleur, ce qui ne veut pas dire celui dans lequel il n'y a aucun mal, mais celui dans lequel il y a la plus grande somme de biens, même au prix de quelques maux partiels. En psychologie, il combattit l'empirisme de Locke et admit des idées innées : à la maxime de l'école, Ni-hû est in inlelleclu_ quin mius fuerit in sensu, il ajouta cette restriction sublime ; nisi ipse tntellec-tus. Il attribuait une grande influence aux langues, et voulait créer pour l'usage de toutes les sciences une caractéristique ou écriture universelle. Ses opinions, si neuves pour la plupart, l'engagèreirt dans de vives disputes avec Bayle, Arnauid, Fôiicher, Clarke, etc. Ses OEuvres, longtemps éparses," ont été recueillies en 1768 par Dutens, Genève, 6 vol. in-4. Pour compléter cette édition, il faut y joindre, outre les collectionshistoriques déjà citées, son Com-mercium epistolieum, correspondance mathématique et philosophique avec Bernouilli, Genève, 1745, 2 vol. m-4; un vol. d'OEuvres philosophiques, publiées par Raspe, Amsterdam, 1765, in-4 (on y trouve les Nouveaux essais sur l'Entendement humain, où l'auteur critique le traité de Locke sur le même sujet); et une foule de pièces imprimées à diverses époques en Allemagne ou «n France depuis Dutens : le Systema theologicum, écrit en 1690, mais publié seulement en 1819 par Ëmery, et d'une manfere plus complète par l'abbé Lacroix, avec une traductronfran-caise d'A. de Broglie, Par., 1846 ; lés écrits allemands publiés par Guhrauer à Berlin, 1830-40, 2 vol. hv 8, et les Nouvelles Lettres et Opuscules publiés par M.Foucher du Careil, Paris, 1854et 1857. Erdman a donné à Berlin une édition compacte des OEuvres philosophiques, 1840, 1 vol. grand in-8 à % colonnes. M. F. de Careil a entrepris une collection complète des OEuvres de L>, en 25 v. in-8, 1860 etann. BUiv. On doit à l'abbé Émery l'Esprit de Ribnilz, 1772, et à M. Janet sc-s OEuvres philosophiques; a
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M. Nourrisson la Philosophie de Leibnitz, 1860, ouvrage couronné par l'Académie des sciences morales, et à Guhrauersa Vie (en ail.), Breslau, 1842.
LEICESTER, Ratas Coritanorum, v. d'Angleterre, ch.-l. du comté de Leicester, sur la Soar (r. g.) et le chemin de fer Central, à 142 kil. N. O. de Londres; 62 000 hab. Beaucoup de jolies constructions modernes; belle promenade ; filatures de laine, bonneterie de laine. Élève de chevaux et de moutons. Jadis capitale des Corilani; importante sousl'heptar-chie anglo-saxonne ; très-peuplée lors de la conquête normande. Ruines romaines et saxonnes ; restes d'une abbaye où mourut Wolsey en 1530.—Le comté de Leicester, entre ceux de Derby, de Nottingham, de Lincoln, de Rutland, de Warwick, de Northam-pton et de Stafford, a 65 kil. sur 35; 220000 hab. L'Union-Canal le traverse. Sol argileux, pâturages, gros bétail en quantité, peu de grains, haricots excellents. Grande industrie.
LEICESTER (comtes de). V. DUDLEY (Robert), MONTFORT, SIDNEY.
LEIGH, v. d'Angleterre (Lancastre), à 17kil.O.de Manchester, avec laquelle elle communique par un embranchement du canal de Bridgewater; 32 000 h. Manufactures importantes de coton.LEIGNÉ-SUR-US3EAU, ch.-l. de c (Vienne), à 12 kil. N. O. de Châtellerault; 356 hab.LEINE, riv. d'Allemagne, prend sa source au mont Dûn dans le Hartz (Saxe prussienne), entre dans le royaume de Hanovre, arrose Gœttingue,devient navigable près de Hanovre, et tombe dans l'Aller après un cours de 250 kil.
LEININGEN. Y. LINANGE.
LEINSTER ou LAGENIE, une des 4grandes divisions de l'Irlande, au S. E., est bornée au N. par l'Ulster, àl'E. par la mer d'Irlande, au S. par le canal St-George, et à l'O. par le Munster et le Connaught : 250 k. sur 100; 1 900 000 h. ; ch.-l. Dublin. La partie S. (ancien royaume de Leinster) porte auj. le titre de duché et donne le titre de duc à la famille Fitzgerald.LEIPSICK ou LEIPZIG, Lipsia, v. importante du roy. de Saxe, ch.-l. d'un cercle de même nom, au confluent de l'Elster blanc, de la Parde et de la Pleisse, a 100 kil. N. O. de Dresde; 70009 hab. (Luthériens). Université célèbre, fondée en 1409. Monuments remarquables : château de Pleissenbourg, avec observatoire, églises St-Nicolas et St-Thomas, hôtel de ville, bourse, bâtiment de l'Université, etc. Leipsickpossède 5 bibliothèques, unjardinbotanique, des sociétés savantes et de bienfaisance, et divers établissements d'instruction. Plusieurs chemins de fer. Commerce actif, principalement celui de la librairie; il s'y tient trois foires célèbres (1" janvier, 3* lundi après Pâques, dimanche après la St-Michel; la 2* est particulièrement consacrée à la librairie). Nombreuses imprimeries. Toiles cirées, étoffes de soie et de velours. Kœstner, Teller, Fabricius, Thomasius, Leibnitz, etc., sont nés à Leipsick. — Cette ville est assez ancienne ; elle tire son nom d'un mot slave qui veut dire tilleul. Les Suédois remportèrent aux environs sur les Impériaux 2 victoires signalées (6 sept. 1631 et 2nov. 1642). Les Prussiens la prirent en 1745, et Ferdinand de Brunswick en 1756; Davoust s'en empara en 1806, après la bataille d'Iéna. Du 18 au 19 octobre 1813, se livra sous ses murs la célèbre bataille de Leipsick, connue en Allemagne sous le nom de bataille des Nations (Tœlkerschlacht), dans laquelle les Français, trahis par les Saxons et accablés par le nombre, furent obligés de battre en retraite devant l'armée des alliés, après une résistance acharnée.—Le cercle de Leipsick, situé au N. O., entre les États prussiens au N. et àl'O., les cercles de Zwickau au S., de Dresde à l'O., a 380 270 hect. de superficie et une population de 455000 âmes.LEIRIA, v. murée de Portugal (Estramadure), à 115 kil. N. E. de Lisbonne; 3000 hab. Ëvêché. Château fort, palais du roi Denis. Grande manufacture de cristaux. Alphonse Henriquez enleva cette ville aux Maures; mais ceux-ci la reprirent bientôt, et
elle ne retomba au pouvoir de_s Chrétiens qu'an XIII0 s., sous Sanche I. Patrie du'poëte R. Lobo.
LEITH, jadis Inverleith, v. et portd'Ëoosse (Edimbourg), à 2 kil. N. E. d'Edimbourg, à l'embouchure du Leith dans le Forth ; 32 000 hab. C'est en. quelque sorte le port d'Edimbourg. Quelques beaux édifices (église neuve, bourse, douane, collège, docks, etc.).Toile àvoiles, corderies, verreries, forges, tréfileries, chantiers deoonstruction.Grand commerce extérieur. Leith s'agrandit tous les jours, et ne tardera pas à rejoindre Edimbourg. — Brûlée par les Anglais en 1544; prise parles Français en 1551.LEITHA, riv. des États Autrichiens, naît dans l'ar-chiduché d'Autriche, à 9 k. S. de Neustadt, entre dans la Hongrie à Neusiedel, s'unit à un bras du Danube près de Wieselbourg, et tombe dans le Danube à Raab. Forme la division de l'Autriche-Hongrie.LEITMERITZ, v. de Bohême, ch.-l. de cercle, à 53 kil. N. O. de Prague, sur l'Elbe; 5000 hab. Évêché, gymnase impérial. Commerce actif : grains, vins, fruits. Pêche de saumons.— Le cercle, dit le Paradis de la Bohême, a 98 kil. sur 35 et compte 300 000 h. . LEITRIM, comtéd'lrlande, auN. O., dansleCon-naught, entre ceux deFermanagh àl'E., deDonegal au N., de Longford au S. E., de Roscommon et de Sligo àl'O. : 90k. sur 22-, 150000 hab.; ch.-l., Car-rick-on-Shannon. Sol varié; vallées fertiles, mais agriculture arriérée.LEJAY (Guy Michel), né à Paris en 1588, m. en 1674, fut d'abord avocat au parlement de Paris, puis embrassa l'état ecclésiastique. Il est l'éditeur d'une célèbre Bible polyglotte en 7 langues (hébraïque, samaritaine, chaldéenne, syriaque, grecque, latine, arabe) et en 10 vol. in-fol.; illacommeuçaen 1628et ne put l'achever qu'en 1645. Cette entreprise consuma toute sa fortune. L'exécution typographique en est fort belle, mais on y trouve beaucoup de fautes,LEJAY (Gabriel), jésuite, né à Paris vers 1657, m. en 1734, professa la rhétorique avec succès au collège Louis-le-Grand, et compta Voltaire au nombre de ses élèves. On a de lui une traduction des Antiquités romaines de Denys d'Halicarnasse, avec notes, Paris, 1723 ; et Bibliotheca rhetorum, prœcepta et exernpla complectens quss tam ad oratoriam facultatem quam ad poeticam pertinent, 1725, 2 vol. in-4, ouvrage classique, réédité parAmar, 1809-13, 3 vol. in-8.LE JEUNE (Jean), prêtre de l'Oratoire, fils d'un conseiller au parlement de Dôle, né en 1592 à Poligny, m. en 1672, s'attachait dans ses sermons à détruire les abus et les vices plutôt qu'à discuter les questions de dogme. Il perdit la vue en 1635 ; mais cet accident ne lui fit pas suspendre ses travaux apostoliques. Ses Sermons, dont Massillon faisait grand cas, ont été publiés à Toulouse, 1662 et ann. suiv., en 10 v. in-8, et réimprimés à Lyon sous ce titre : le missionnaire de l'Oratoire, 1825-27, 15 vol. in-8.LEKAIN (H. L.), acteur tragique, né en 1728, m. en 1778, était fils d'un orfèvre de Paris. Il manifesta de bonne heure un goût prononcé pour le théâtre, obtint la protection de Voltaire, débuta à la Comédie-Française en 1750, et fut fort applaudi dès la première représentation. Les rôles qu'il affectionnait étaient ceuxd'Omte, de Néron, de Gengis-khan et de Mahomet. Lekain était d'une taille courte et un peu pesante ; il avait une figure commune et la voix voilée; mais par l'art et l'étude il corrigea ou fit oublier ces défauts de la nature : sa démarche devint imposante et grave, ses traits et sa voix purent exprimer toutes les passions; animé d'une sensibilité profonde, il s'identifiait avec ses personnages. Lekain avait une connaissance parfaite de son art; on lui doit plusieurs réformes importantes, entre autres celle du costume : jusqu'à lui on représentait les personnages antiques avec les habits du jour. Son fils a publié ses Mémoires, suivis d'une Correspondance de Voltaire, Gar-rick, Colardeau, etc., 1801.LELAROUREUR (Jean), historien, né à Montmorency en 1628, m. en 1675, était prieur de Juvignô
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et aumônier du roi. Il est auteur de : Tombeaux des personnes illustres, avec leurs éloges, Paris, 1642; Histoire et relation d'un voyage de la reine de Pologne, 1648; Histoire du maréchal de Guébriant, 1656. On lui doit une édition des Mémoires de Michel deCastelnau, 1659, 3 vol. in-fol.; l'Histoire du roi CtiarlesVl, traduite du latin du religieux de St-Denis sur un ms. du temps, 1663, 2 vol. in-f.; l'Uistoirede ta pairie etdu parlement de Paris, Londres, 1740.— Son frère aine, Louis. 1615-79, est auteur de divers poèmes médiocres, entre autres : les Victoires du duc d'Enghien, 1647; Charlemagne, 1664 et 1687, etc.
LÉLAND (John), théologien anglais, né en 1691 à Wigan (Lancastre), mort en 1766, était ministre presbytérien à Dublin. Il combattit dans des écrits pleins"de logique les incrédules de son temps, Tin-dal, Morgan, Dodwell, Bolingbroke ; publia en 1754 une Revue des écrivains déistes de l'Angleterre, et donna en 1760 un traité des Avantages et de la nécessité delà révélation chrétienne, son chef-d'œuvre.LELAND (Thomas), né à Dublin en 1722, mort en 1785, a publié : Histoire de Philippe, père d'Alexandre, Dublin, 1758; Histoire d'Irlande depuis l'invasion de Henri II, 1773, et a traduit en anglais Démosthène, 1756-70, 3 vol. in-4.LELÉGES, un des peuples primitifs delà Grèce, paraît être une tribu de Pélasges. Ils partirent, dit-on, de la Carie, passèrent en Crète, de là dans le S. du Péloponèse, puis se répandirent en Mégaride, en Ëtolie, en Eubée et en Asie-Mineure, aux environs d'Adramytte. — Le l" roi de Lacédémone fut un Lé-lex (vers 1740 av. J.-C.) ; un autre Lélesc régna à Mé-garevers 1580. Ces princes paraissent n'être que des personnifications du peuple lélége. *LELEWEL (Joachim), historien polonais, né à Varsovie en 1786, mort à Paris en 1861, enseigna l'histoire à Vilna et à Varsovie, et acquit, par ses leçons sur l'histoire nationale, une popularité qui le fit destituer et exiler (1826). Il contribua par ses discours et ses écrits à faire éclater en Pologne la révolution de 1830, fut, en 1831, membre du gouvernement national et ministre de l'instruction publique, se réfugia en France après le triomphe des Russes, et y l'ut nommé président du comité de l'émigration ; mais il compromit le gouvernement français par des proclamations hostiles à la Russie et fut forcé de se retirer pendant quelques années à Bruxelles. Lelewel a publié un grand nombre d'ouvrages, la plupart relatifs à l'histoire nationale : Monuments de la langue et de la constitution de Pologne, 1824; Histoire de Pologne, 1829, dont il a donné en 1844 une édition française; Ilist. de la Pologne sous Stanislas-Auguste, 1831; Hisl. de la Lilhitnnie et de la Petite-Russie jusqu'à leur réunion àlal'ologne, 1839; la Pologne au moyen âge, 1846-51. Il s'occupa aussi avec succès de numismatique et de géographie historique : on estime surtout sa Géographie du Moyen Age (1852).
LKLKX. V. LELEGES et SPARTE. LELLÈ