Discussion:Dictionnaire universel d'histoire et de géographie Bouillet Chassang/transfert Wikipédia-OCR/P

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Sommaire

[modifier] P

  • P. Cette lettre, dans les abréviations, se prenait chez les Romains pour'.l-ublius, Paulus; F. K.signifiait Pridie Kalendas, la veille des Calendes; P. R. l'opulus romanus, le peuple romain; P. C, Patres conscripti, sénateurs. Devant les noms modernes, P. est pour Paul, Pierre, Philippe, etc.'; devant un nom île religieux, P. se met pour le Père....
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[modifier] PAC

  • PACA TUS DREPANIUS (Latinus), poète et orateur latin, natif de Bordeaux ou d'Agen, fut étroitement lié avec Ausone. Député à Rome en 388 pour féliciter Théodose de sa victoire sur Maxime, il prononça à cette occasion dans le sénat un panégyrique de l'empereur, qui nous est parvenu (inséré dans les Panx-girici iseteres d'Arntzenius, Amst, 1753), et qui a été trad. par Andry en 1687. Théodose le nomma proconsul en Afrique, puis intendant du domaine.
  • PACCA (Barthélémy), cardinal, doyen du sacré collège, né en 1756 à Bénévent,m. en 1844, étaitévê-que et légat de VeEetri et avait rempli plusieurs nonciatures lorsqu'il reçut de Pie VII en 1801 le chapeau de cardinal. Il devint son principal ministre en 1808, rédigea et lui fit signer la bulle d'excommunication lancée contre Napoléon en 1809, fut par suite enlevé de Rome en même temps que Pie VII, et enfermé au fort de Fénestrelle. Il rejoignit le pape à Fontainebleau en 1813, le détermina à rétracter les concessi ons qu'il venait de faire par le Concordat du 25 janvier et rentra avec lui à Rome en 1814. Bientôt après il fit rétablir l'ordre des Jésuites (1816). Il a laissé d'intéressants Mémoires, qui ont été trad. par l'abbé Ja-met, Caen, 1832; par L. Bellaguet, Paris, 1833, et par Queyras, 1843. Ses OEuvres complètes ont été publiées et trad. par Queyras en 1845.
PÀCH	— 1407 —	PACO
  • PACCANABI, prêtre tyrolien, m. vers 1802, fonda à Rome, à la fin du xvm" siècle, l'ordre des Pères de la foi, rétablissant ainsi sous un autre nom l'ordre des Jésuites, qui venait d'être aboli.
  • PACHA, nom générique sous lequel on désigne en Turquie les hauts fonctionnaires chargés de l'administration civile ou militaire des provinces ou pacha-liks. On leur donne en outre les titres particuliers de begs ou beys et de beglerbegs {bey des beys), selon qu'ils commandent un simple livah ou un eialet. On porte devant les pachas, comme insigne de leur dignité, des queues de cheval, une seule devant les uns, deux, trois devant les autres, selon le rang qu'ils occupent dansla hiérarchie. En outre, on place devant la porte de leurs maisons, suivant leur grade, un, deux ou trois globes argentés ou dorés, surmontés d'un plumet rose et blanc. — Employé seul, le mot de Pacha désigne ordinairement le grand vizir.
  • PACHALIK. V. PACHA.
  • PACHE (J. Nie.), né en 1740, m. en 1823, avait été avant la Révolution précepteur des enfants du duc de Castries, puis employé à la marine. Il se fit remarquer par un républicanisme exalté, devint en 1792 ministre de la guerre, par l'appui de Rolaûd, se vit forcé de quitter le ministère peu de mois après, et fut nommé maire de Paris (2 février 1 793). Il montra beaucoup d'animosité contre la Gironde, quitta la municipalité après la chute de Danton, et resta en prison jusqu'à celle de Robespierre. Impliqué dans l'affaire Babeuf, il publia pour se défendre 3 Mémoires apologétiques, puis se retira à Thym-le-Moutiers, près de Charleville (Ardennes), où il mourut dans l'obscurité.
  • PACHECO DE VTLLENA (don Juan), favori du roi de Castille Henri IV. T. VILLENA.
  • PACHECO (dona Maria), femme de don Juan de Pa-dilla. Après la défaite de Villalar et l'exécution de son mari, elle montra un courage héroïque et soutint un siège dans Tolède contre les troupes de Charles-Quint (1522); n'ayant plus ni munitions ni vivres, elle s'évada de la ville et alla sous un déguisement se réfugier en Portugal, où elle mourut peu après.
  • PACHECO (Franc.), peintre,né àSévilleen 1571, m. en 1654, fut le fondateur de l'école de Séville et le maître de Yelasquez. Il cultivait avec un égal succès l'histoire, le portrait et la fresque. Ses chefs-d'œuvre sont le jugement universel et un S.Michel. Il a laissé un Traite de peinture et quelques poésies.
  • PACHO (Raymond), voyageur ,ne à Nice en 1794. visita plusieurs fois l'Egypte, pénétra en 1824 dans la Marmarique et la Cyrénaïque pour y explorer les monuments que renferment ces contrées et obtint à son retour en France le grand prix de la Société de géographie de Paris. Il venait de publier son Voyage dans la Marmarique et la Cyrénaïque (Paris, 1827-"29), lorsque sa raison s'égara et il se tua (1829).
  • PACHYMËBE (George), historien byzantin, né à Nicée vers 1242, m. vers 1310, remplit les premières dignités sous Michel VIII (Paléologue), et fut chargé de diverses missions. On a de lui une Histoire d'Orient en 13 livres, qui fait suite à celles de Nicêtas et d'Acropolite, et qui va de 1258 à 1308 (publiée par 1& P. Poussines, 1666-69, avec trad. latine et notes; trad. en franc, par le présid. Cousin) ; 13 Déclamations (puM.pa'rBoissonadeenl848), une Paraphrase des OEuvres de S. Denis VArêopagite; un Traité de la Procession du S.-Esprit, et des Commentaires sur Aristote, restés manuscrits.
  • PACHYNTJMPROM., le capPassaro, formelapointe S. E. de la Sicile. Près du cap et à 22 kil. S. de Noto, était une ville de Pachynum, auj. Paehino.
  • PACIATTDI (Paul Marie), savant antiquaire, né à, Turin en 1710, m. en 1785, entra chez les Théatins, s'éleva aux premières dignités de son ordre, fut bibliothécaire du duc de Parme et membre correspondant de l'Académie des inscriptions de France. On a de lui : De Athlelurum cubistesi in palœstra Grx-coram,Rome, 1756; Desacrischristianorum balneis, ;Monumentapeloponesiaca,l7;Mémoiressw les grands maîtres de l'ordre de Malte, 1780; De li-bris eroticis antiquorum (en tête du Longus de Bodo-ni), 1786, et des Lettres au comte de Caylus, 1802.
  • PACIFICUS, archidiacre dé Vérone (776-844), est regardé, mais à tort, comme l'inventeur des horloges à roue et à ressorts. Il ne fit sans doute que perfectionner la clepsydre.
  • PACIFICUS PICENUS, frère Mineur, né dans l'ano. Picenum (Marche de Fermo), s'acquit du renom au xm° s. comme trouvère et fut salue par Frédéric II du titre de Roi des vers. Il se fit disciple de S. François et mérita par la douceur de ses mœurs l'êpithèta de Pacificus, qui a fait oublier son vrai nom. Il fut le premier provincial des frères Mineurs en France.
  • PAÔmcus (Maximus), poSte latin moderne, né à Ascoli en 1400,m. vers 1500, presque centenaire, a laissé des élégies, des éloges, des invectives, etc., publiés à Florence, 1489, m-4. On y trouve quelques poésies licencieuses, que Magliabecchi a eu soin de supprimer dans l'édition qu'il a donnée à Parme en 1691. On l'a comparé à Ovide, qu'il est loin d'égaler.
  • PACIFIQUE (L'OCEAN) , dit aussi le Grand Océan, la plus vaste partie de l'Océan, s'étend entre l'Amérique à l'O., l'Asie et l'Australie à l'E., se confond au S. avec l'Océan Glacial antarctique, et communique au N., par le détroit de Behring, avec l'Océan Glacial arctique. Ses principales divisions sont : dansla partie O., le golfe de Californie ou mer Vermeille et la mer de Panama ; dansl'E., les mers d'Okhotsk et du Japon, la mer Jaune, la mer de la Chine, la mer de Célèbes. Dans sa plus grande largeur, il peut avoir 6650 k. ; il a 9000 k. de long du N. au S. ; sa superficie équivaut env. à 171 800 000 kil. carrés. C'est dans cet Océan qu'est située la 5° partie du monde, nommée de là Océanie. Inconnue des anciens, cette mer fut aperçue en 1513parBalboa,du sommet d'une des montagnes de l'isthme de Panama; Magellan, qui la traversa le premier en 1520, lui donna le nom de Pacifique à cause de la facilité avec laquelle il se rendit de l'Amérique aux îles Malaises. S y a dans cet Océan un courant qui se dirige auJM. et à l'E. de la côte d'Asie et qui paraît coïncider avec celui de l'Océan Atlantique.
  • PACIFIQUE (le Père), de Provins, capucin, missionnaire et supérieur de son ordre en Amérique, mourutàParis en 1653, alaissé : Voyage de Perse, Paris, 1631 ; Relation ou Description des îlesSt-Chris-tophe et de la Guadeloupe, 1648.— V. PACIFICUS.
  • PACIO (Jules),Pacius, jurisconsulte, né àVicence en 1550, m. en 1635, professa le droit en Suisse, en Allemagne, en Hongrie, en France et à Padoue, et laissa entre autres écrits : De Jure maris adriatici (qui lui valut à Venise le collier de St-Marc); Corpus juris civilis; De contractibus ; In Décrétâtes libri V, etc.
  • PACÔME (S.), né dans la Thébaïde vers 292, m. en 348,fut d'abord soldat, se convertit au Christianisme, se fit disciple du pieux solitaire Palémon, puis se retira àTabena, près de Tentyra. II exerça par son exemple une si grande influence qu'à sa mort la Thébaïde comptait 5000 cénobites, dont il était le chef. On a de lui,en grec,un recueil de Préceptes,'qui a été traduit en latin par S. Jérôme, et la Règle des monastères qu'il avaitfondés. On le fête le 14mai. SaVie, écrite en grec par un anonyme, a été trad. en franc. par Arnauld d'Andilly, dans ses Pères du désert t
PADE	— 1408 —	PADO
  • PACORUS, prince parthe, fils aîné d'Orode, contribua puissammentau gain de la bataille de Carrhes sur Crassus (53 av. J.-C). L'an 40, il se ligua avec Labiénus, banni de Rome, traversa l'Euphrale et défit si complètement Décidius, lieutenant d'Antoine, que ce général, redoutant de tomber entre ses mains, préféra se donner la mort. Deux ans après, Ventidius vengea cette défaite en détruisant l'armée de Paco-rus : ce prince périt dans le combat.
  • PACORUS i, dit Fyrouss. roi parthe, fils d'Artaban, monta sur le trône vers l'an 90 de J.-C. Il vécut en paix avec l'empereur Domitien, mais fut l'ennemi de Trajan et l'allié de Décébale, roi des Daces. Il eut à combattre plusieurs révoltes de ses sujets ; il en triompha avec le secours du roi d'Arménie. Il protégea les arts et les lettres, embellit Ctésiphon, sa capitale, et mourut en 107, laissant le trône à Chosroës, son fils.
  • PACTA COJSVENTA, conventions que les diètes de Pologne rédigeaient et présentaient à la signature du roi à chaque nouvelle.éleclion. Ces Pacta Conventa, de plus en plus chargés de conditions onéreuses, limitaient étroitement la royauté et, en la rendant impuissante, préparaient la ruine de l'État.
  • PACTE DE FAMILLE. F. PAMILLE (Pacte de).
  • PACTE DE FAMINE. V. FAMINE (Pacte de).
  • PACTOLE, Pactolus, auj. le Baqoulet ou Riv de Sart, petite riv. de Lydie, sortait du mont Tmolus. passait à Sardes et tombait dans l'Hermus. Elle cnar-riait beaucoup de paillettes d'or, ce qui la fit appeler Chrysorrhoas. Suivant la Fable, elle possédait cette propriété depuis que Midas, qui transformait en or tout ce qu"E touchait, s'était baigné dans ses eaux.
  • PACUVIUS (M.), poëte tragique latin, né à Brin-des vers 220 av. J.-C., était neveu d'Ennius et ami d'Accius. Il mourut à Tarente, nonagénaire. On ne possède que quelques fragments de ses tragédies ; ils ont été recueillis par H. Kstienne, Paris, 1564, et insérés dans les div. édit. du Corpus poetarum, ainsi que dans les recueils de Bothe et de Ribbeck; ils sont traduits dans le Théâtre des latins de Levée.
  • PACUVIUS CALAWUS, sénateur de Capoue. fit déclarer sa patrie en faveur d'Annibal après la bataille de Cannes (216 av. J.-C), et reçut ce général dans sa maison. Le fils de Pacuvius, Pérolla, qui tenait pour las Romains, voulut assassiner, dans la maison même de son père, le général carthaginois ; mais Pacuvius le détourna de ce projet criminel par un beau dis-cours.qu'on trouve dans Tite-Live (tiv. XXIII,ch. n).
  • PACY, Paciacum, ch.-l. de c (Eure), sur l'Eure, à 23 kil. E. d'Evreux: 1723 hab. Jadis ville forte.
  • PADANG, v. de l'île de Sumatra, sur la côte S. O. de l'île de Sumatra, à 420 kil. N. O. de Bencoulen; 10000h. Café, camphre, poivre, benjoin, etc.; grand marché d'or. — Les Hollandais y possèdent un établissement, fondé au xvir s., que les Anglais ont occupé de 1781 à 1784 et de 1794 à 1814.
  • PADDINGTON. gros bourg d'Angleterre (Middle-sex), à l'extrémité O. de Londres, sur un canal qui s'embranche sur celui de Great-Junction; 8000 hab. Vastes entrepôts; commerce considérable.
  • PADERBOBN, v. des États prussiens (Westphalie), à 70 kil. S. de Minden, sur la Pader (affluent de fa Lippe), quiadansla ville même cinq sources (bouillantes en hiver, froides en été); 9000 hab. Evêché, cour d'appel; gymnase. Assez belle cathédrale. Brasseries, fabriques d'amidon, distilleries, etc. Aux environs est le défilé de Teutberg où périt Varus; antiquités nombreuses. — Paderborn est antérieure à Charlemagne. Ce prince y résida souvent pendant la guerre de Saxe, y créa un évêehé et y tint plusieurs diètes, notamment en 785: dans cette dernière on baptisa beaucoup de Saxons. Cette ville a fait partie de la Hanse, a joui des privilèges de viEe impériale et a eu une université, qui a été supprimée en 1819.
  • PADERBORN (Evêché de), anc Etat de l'empire d'Allemagne, dans le cerclede Westphalie, entrelaHesse, l'abbaye de Corvey, la principauté de Calenberg et la comté de la LiDoe. On v comptait; outre Paderborn, 23 villes, entre autres Salzkotten, Bftren,Lich-tenau, Brakel, Lippspring. Charlemagne fonda cet evêché en 7771 mais ce n'est qu'avec le temps que ses évêques devinrent puissants. Il fut sécularisé en 1801 etdonnéâ la Prusse en 1802. De 1807 à 1S13, il appartint au royaume français de Westphalie.
  • PADICHAH (de poh, ou pdd, défenseur, et chah, roi ou prince), titre que prend le sultan des Ottomans. — Jadis ce titre n'était accordé par la Porte, à l'étranger, qu'au roi de France; auj. il est donné également aux empereurs de Russie et ^'Autriche.
  • PADILLA (Maria de), favorite de Pierre le Cruel, roi de Castille, usa de ses charmes et de son adresse pour accroître les méfiances et les fureurs de ce prince, et eut, dît-on, une grande part au traitement odieux que subit Blanche de Bourbon. Elle eut du roi plusieurs enfants, mourut à Séville en 1361 et fut inhumée avec la même pompe qu'une reine. Pierre déclara bientôt qu'il était uni à elle par un mariage secret, fit porter ses restes dans la sépulture des rois de Castille et éleva ses enfants comme héritiers légitimes de la couronne.
  • PAMLLA (don Juan de), d'une illustre famille castillane , se déclara en 1520 pour le parti national contre Charles-Quint,organisa lagrânâe ligue des Communes à l'assemblée d'Avila, prit Tordesilfas et Val-ladolid, se rendit maître de la personne de Jeanne la Folle, promulgua des décrets en sonnom, etforça ainsi Charles-Quint à des concessions; mais il vit bientôt, par l'effet même de ces concessions, le clergé quitter la ligue et ses soldats partir. Appelé au commandement général en remplacement de don P. Giron qui avait fait défection, il ne répara la pénurie de ses finances qu'en dépouillant la cathédrale de Tolède d'une portion de ses trésors. II fut vainw et pris à Villalar (1522), et fut exécuté dès le lendemain. Sa femme, Maria de Pacheco, résista longtemps dans Tolède, mais ne put relever le parti. — V. PACHECO.
  • PADOUAN (Jean le), graveur. V. CAVINO.
  • PADOUE, Pataut'ui» en latin, Padova en italien, v.forte duroy.d'Italie,'ch.-l.deprovince,sùrie Bac-chiglioneetsuruncanalquidébouchedansiaBrenta, à 35 kil. O. de Venise; 52- 000 hab. Evêché, tribunaux ; célèbre université, fondéeen 1228 et où professèrent Galilée, Fallope, etc. Bibliothèque, jardin botanique, musée d'histoire naturelle, observatoire, etc.; académie des sciences, lettres et arts, société d'agriculture, gymnases, séminaire épiscopal. Eglise Ste-Justine, cathédrale, diteleiMme, renfermant le tombeau de Pétrarque, église St-Antùine; superbe place dite Pralo délia "Falle; palais de justice, bâtiments de l'Université, amphithéâtre, théâtre, ponts Moliiio, Ridotto, etc. Drâps.lainages, soieries, rubans, teintureries; grains, vins, huile, bétail, etc. A Padoue sont nés Tite-Live, Asconius Pèdiaous, Matttegna, Jean le Padouan, J. B. Eelzoni, etc.—Padouëfut, dit-on , fondée par Anténor après la chute de Troie. Elle dut appartenir à la confédération étrusque du nord. Conquise avec la Vénélie, elle fut florissante sous les Romains. Ses habitants passaient pour lourds; mais on louait leurs moeurs; le latin qu'on parlait à Padoue n'était pas très-pur et l'on accusait Tite-Live lui-même de pataviniti, Alaric, puis Attila saccagèrent cette ville. Relevée par Charlemagne, elle redevint florissante au moyen âge, prit part à la ligue lombarde contre Frédéric Barberousse, devint de fait république indépendante, mais fut bientôt en proie aux factions : les Macarufft et les Carrare s'y disputaient le pouvoir. Jacques Carrare fut proclamé seigneur de Padoue en 1318, et, à Une courte interruption près (1S28-1337), pendant laquelle lés Délia Seala joignirent Padoue a îeurspossessions, ses descendants régnèrent jusqu'en 1405. k cette époque, Venise s'en empara en faisant périr les derniers seigneurs de Padoue, François H et François III. Padoua passa au pouvoir de l'Autriche avec lés États lie Venise en 1797; en 1805 elle devint ch.-l. du dép. de la Bi&ata. Retournée à l'Autriche «n 1814 elle fut bom-bardée en 1848 pour avoir tenté de secouer le joug. Napoléon avait donné en 1807 le titre de duc de Pa-doue au général Arrighi. — La province de Pa-doue compte 310 000 h. et a pour villes principales, (outre Padoue), Abano, Arqua, Monselice, Este, Castelbaldo.
PAGA	— 1409 —	PAGN
  • PADUS, nom latin du PO.
  • PAËR (Ferdinand), compositeur et pianiste distingué, né à Parme en 1771, m. à Paris en 1839, fit représenter à Venise dès l'âge de 14 ans l'opéra de Circé, qui eut un grand succès, visita Padoue, Milan, Florence, Naples, Rome, Bologne, Vienne, où il composa plusieurs de ses ouvrages, et fut appelé en 1801 à Dresde par l'électeur de Saxe, qui le nomma son maître de chapelle.Emmené en France en 1807 par Napoléon, il fut tour à tour directeurdu Théâtre italien et du grand Opéra. Sous Louis XVIII, il fut en outre directeur et compositeur de la musique du roi, et professeur de composition au Conservatoire. Il fut élu en 2831 membre de l'Institut. Ses principaux ouvrages sont : la Clemenza di Tito, Cinna, Agnese, Il Principe di Tarente, Idomeneo, IlÊorto vivo, la Griselda,Sar-gine, l'Oriflamme, la Prise de Jéricho, le Maître de chapelle. Il brille surtout par la verve comique. • PJESTUM, en grec Posidonia, auj. Pesti, v. de l'Italie anc., dans la Grande-Grèce, sur la côte de la Lu-canie, à 40 k. S. E. de Naples, avait été très-florissante aux Yiie, VIe et v" s. av. J.-C, puis tomba en décadence, et finit par devenir colonie romaine. Son climat était délicieux; ses rosiers, qui fleurissaient deux fois par an, étaient surtout célèbres. Les ruines de Passtum sont encore aujourd'hui magnifiques : restes des murailles d'enceinte de la ville, d'un grand st d'un petit temple dorique périptère, d'une basilique, d'un amphithéâtre, etc.; ces ruines ont été décrites par Lagardette, Paris, 1773 et 1799, etparPaoli, Rome, 1784. — Passtum était une colonie dorienne, et avait été fondée au vm" s. av. J.-C. Les Lucamens s'en emparèrent en 430 av. J.-C. Les Sarrasins la détruisirent en 915. — Passtum donnait son nom à un golfe formé par la mer Tyrrhénienne, qui est auj. le golfe de Salerne.
  • PJETUS (c-à-d. un peu louche), surnom commun a plusieurs familles romaines, surtout à celle des yElius, des Papirius et des Cascina.
  • P/ETUS (CJECINA), trempa dans la conspiration de Soribonien contre Claude, ot fut condamné à mourir; sa femme, la célèbre Arrie, l'encouragea à se donner la mort et se tua avec lui.

PiETUS THEASEAS. V. THRASEAS.

  • PAËZ (Beremond et Ferdinand), fils du comte de Transtamare Pierre de Lima, furent successivement les amants de Thérèse, veuve de Henri de Bourgogne, 1er roi de Portugal. Cette princessemariale 1eràUrra-que, sa fille, et donna au 2esa propre main, avec le ti tre de comte de Portugal,Yers 1124. Quatre ansaprès, Alphonse Henriquez, fils de Thérèse et du roi Henri, parvenu à l'âge de dix-huit ans, battit les troupes de sa mère à San-Mamède, l'enferma dans un couvent et bannit Ferdinand Paëz, après lui avoir fait jurer de ne jamais remettre le pied en Portugal.

[modifier] PAG

  • PAGAN '(François, comte de), ingénieur et astronome,né en 1604°près d'Avignon, m. en 1665, sedis-tingua dans les guerres d'Italie, de Picardie, de Flandre. On a de lui : Traité des fortifications, Paris, l(,kb;Théorèmes géométriques ; Relationde lariviere des Amazones, 1655; Théorie des planètes, ' 657; Tables astronomiques, 1658; OEuvres posthumes, 1669. PAGANEL (P.), né en 1745 à Villeneuïe-d'Agen, m. en 1826, avait été successivement professeur au collège d'Àgen, procureur syndic à Villeneuve d'A-gen, membre de l'Assemblée législative et de la Convention, où. il vota pour la déchéance du roi et le renvoi devant les tribunaux, puis pour un sursis à l'exécution jusqu'à la paix. Nommé sous le Directoire | secrétaire général aux Relations extérieures, il dé-" ploya dans toutes ses missions autant de courage que | de désintéressement. Exilé en 1815, il m. à Bruxelles, On lui doit un Essai historique sur laRévoîulion française, 1810 (mis au pilori sous l'Empire), une Jïist. de Napoléon Bonaparte, 1815, etunetrad. des Animaux parlants de Casti, 1818. — Son fils, Camille P., né à Paris en 1797, m. en 1859, suivit d'abord le barreau, fut nommé après 1830 maître de requêtes, fut six ans député de Lot-et-Garonne, devint en 1830 secrétaire général, puis directeur au ministère de l'agriculture et du commerce, et rentra dans la vie privée en 1848. On lui doit, outre une traduction élégante de Florus, quelques ouvrages historiques estimés : Hist. de Frédérie le Grand, 1830; Hist. de Joseph II, 1843;fiist. de Scanderbeg, 1855. PAGANINI (Nicolo), célèbre violoniste, né à Gênes en 1784, d'un père musicien, mort à Nice en 1840, montra un talent précoce. Après avoir pris les leçons de Costa à Gênes, et de Paër à Parme, il fut attaché à la cour d'Élisa Baciocchi, sœur de Napoléon, et dirigea à Lucques l'orchestre de cette princesse jusqu'en 1813. Il parcourut ensuite les principales villes de l'Europe, excitant partout l'enthousiasme. Il vint à Paris en 1831. et y donna 15 concerts qui attirèrent la foule. Enrichi par son talent, cet artiste laissa une fortune de plus de 4 millions. Ce qui le distinguait, c'était moins la pureté des sons et le sentiment de l'harmonie que la force et l'adresse d'exécution : à l'aide de ses doigts, qui étaient excessivement longs, il pouvait jouer des morceaux entiers sur. une seule corde de la basse. 11 était aussi compositeur distingué, et on l'a surnommé le Beethoven de l'Italie ; ses oeuvres musicales ont été publiées par son fils à Paris en 1-852. Cet artiste singulier se faisait remarquer par la bizarrerie de son caractère presque autant que par son talent.
  • PAGASES, Pagasse, auj Volo, v. de Thessalie, sur le Golfe Pagasétique (auj. Golfe de Volo), servait de port à la ville de Phères. C'est là que, selon la Fable, fut construit le vaisseau des Argonautes dit souvent Pagasxa ratis. Apollon y avait un temple, PAGES (Franc., vicomte de), né à Toulouse en 1748, mort en 1793, visita la Louisiane (1767-71'), suivit Kerguelen aux Terres australes, servit en Amérique, et fut égorgé à St-Domingue dans une révolte des Nègres. On lui doit un Voyage autour du monde et vers les deux pôles en 1767-76, Paris, 1782 ; — Xavier Pages, né à Aurillac en 1745, mort en 1802, a publié : Tableaux historiques de la Révolution française, 1800; Hist. secrètede la Révolution, 1801 ; Vie "et aventures de J. L. de Fiesque, 1802, etc.
  • PAGES (GARNIER), né à Marseille en 1801, mort en 1841, se fit inscrire au tableau des avocats de Paris, participa à la Révolution de juillet 1830, et fut, après cette révolution, un des chefs du parti républicain. Député de l'Isère, puis de la Sarthe de 1831 à 1835, il devint l'objet de quelques poursuites après l'insurrection des 5 et 6 juin 1832 et acquit une grande popularité. — Son frère, LouisGarnier Pages, néea 1803, prit part à la Révolution de 1848. Grâce au souvenir de son aîné, il fut acclamé maire de Paris et membre du gouvernementprovisoire.il s'oceupasur-tout de finances et attacha son nom à des mesures désastreuses, qui hâtèrent la chute de la République.-PAGI (Ant.), cordelier, né en 1624 à Rogues en Provence, m. en 1690, est auteur de la Critxca his-torico-chronologica in Annales ecelesisticse card. Ba-ronii, où il rectifie année par année les erreurs de Baronius , 4 vol. in-fol., 1689-1705. — Son neveu, François P., aussi cordelier. 1654-1721, fut son collaborateur pour la Critique de Baronius, dont il publia les 3 derniers tomes, et donna une histoire abrégée des papes, Breviarium hislorico-chronologico-criticum, 4 V. in-4,1717-1747, que publia et termina son neveu Antoine, qui était aussi cordelier. -r- Un autre neveu de François, P. François, 1690-1740, né à Martigues, a donné l'Histoire de la révolution des Pays-Bas, Paris, 1727, et une Hist. de Cyrus le Jeune et de la retraite des bix-mille, 1736.
  • PAGNINI (Luc Ant.), carme, néàPistoie enl737,?m. en 1814, était chanoine a Pistoie et professa la philosophie, la rhétorique, les humanités ;à l'Université dePise. Il a traduit en vers italiens-Théocrite, Bion, Moschus, Hésiode, Anacrêon, Callimaque, Horace : cette dernière traduction obtint de l'Académie ieÛa Crusca le prix de poésie. Il composa aussi des épigrammes latines, grecques et italiennes.
PAIN — 1410 — PAIS
  • PAGO, île des Etats autrichiens (Dalmatie), dans le golfe de Quarnero', sur la côte de Croatie, au S. de l'Ile d'Arbe : 55 kil. sur 26; 5000 hab.; ch.-l. Pago, à 30 kil- N. O. de Zara. Château fort.
  • PÀGRATIDES, dynastie arménienne, qui régna sur l'Arménie et la Géorgie. F. ces noms.
  • PAHANG, v. de l'Inde transgangétique (Malacca), ch.-l. du roy. de Pahang, sur le Pahang, à 20 kil. de la mer de Chine, au N. E. de Malacca. Commerce (jadis très-grand) avec la Chine, Bantam, Batavia, le Japon. — Le roy. de Pahang est situé entre ceux de Djohore au S., de Salengore à l'O., de Tringano au N. II est arrosé par le Pahang, qui roule de l'or.
  • PAHLEN (le comte de), d'une famille noble de li-vonie, né vers 1744, mort en 1826, avait éténommé par Paul V* gouverneur militaire de St-Pétersbourg. Craignant de devenir victime des caprices de ce despote , il se mit à la tête d'une conspiration contre lui, le fit étrangler (23 mars 1801), sur son refus d'abdiquer, et proclama empereur le jeune Alexandre, fils de Paul. N'obtenant pas du nouveau souverain l'accueil qu'il avait espéré, il se retira des affaires.

[modifier] PAI

  • PAILLET (Alph.), avocat, né à Soissons en 1796, m. en 1855, débuta au barreau de sa ville natale, s'inscrivit en. 1824 au barreau de Paris, et mérita, par son caractèra et son talent, d'être élubâtonnierde l'ordre en 1839. Membre de la Chambre des Députés en 1846, il fut aussi envoyé à l'Assemblée Législative de 1849. Il s'était placé au premier rang du barreau par la solidité de son savoir, la sagacité de son jugement, la puissance de sa dialectique, la correction et la pureté de son langage» Il a publié : le Droit public français, 1822; Législation des successions, 1823; Manuel de droit français, 1837; •Manuel complémentaire des codes français, 1846.
  • PAILLOT de MONTABERT. F. HOHTABERT.
  • PAIMBOEUF, ch.-l. d'arr. (Loire-Inf.), sur la r. g. de la Loire, à 12 kil. de son embouchure, à 45 k. O. de Nantes, auquel il sert de port; 3509 hab. Son port reçoit les gros navires, mais il s'ensable chaque jour; grand mouvement-de Nantes à la mer parles gabares. Trib. de 1» inst., collège, école d'hydrographie; chantiersde construction, corderie.—Paim-bœuf fut fondé à la fin du xra° s. ; un môle de 70" de long, sur 7 de large y fut construit en 1782, pour garantir les navires des gros temps.
  • PAIMPOL, ch.-l. de cant. (Côtes-da-Nord), sur la Manche, à 39 kil. N. O. de St-Brieuo, est baigné de 3 côtés par la mer; 2116 h. Port sûr : armements pour la pêche de la morue. Eaux minérales.
  • PAIMPONT, bourg d'Ille-et-Vilaine, à 23 k. S. O. de Montfort-sur-Meu, sur lès bords d'un étang et près d'une vaste forêt; 3387 hab. Usines métallurgiques : forges, feux d'affinerie, fonderie, laminoirs. Ancienne ahbaye. On a cru retrouver dans la forêt de Paimpont la fameuse forêt de Brocéliande.
  • PAIN (Marie Joseph), chansonnier et auteur comi-que,néàParisenl773,m.enl830,obtintdenombreux succès sur le théâtre de vaudeville, et fut censeur des journaux sous la Restauration. Parmi ses vaudevilles, on se rappelle : l'Appartement à louer, 1799; Téniers, 1800; Allez voir Dominique, 1801 ; Fan-chou la vielleuse, 1803; Amour et Mystère, 1807.La çlupart ont été composés avec Bouilly et Dumersan.
  • PAINE (Thomas), publiciste anglais, né en 1737 i fhetford (Norfolk), m. en 1809, avait été succes-sivt fabricant de corsets, employé dans l'accise, sous-maltre dans une école de Londres, lorsqu'il passa en Amérique (1775). Là il écrivit en faveur de la liberté des colonies, ce qui le rendit bientôt populaire. Ilfut nommé secrétaire aux affaires étrangères et envoyé en France p'otiraêgociêï un emprunt. Ayant réussi, il fut à-son retour aux Etats-Unis comblé démarques d'honneur. II reparut à Londres «n 1791 et y publia les Droits de Thomme, écrit qui le fit traduire devant la cour du banc du TOI. Il chercha un refuge en France, y fut accueiËi avec enthousiasme, et, quoique étranger, fut envoyé à la Convention comme représentant par le dép. du Pas-de-Calais. Ayant, dans le procès de Louis XVI, voté pour le bannissement et non pour la mort, il s'attira l'animadversïon de Robespierre qui le fit rayer de la liste de la Convention et mettre en prison; il reprit sa place à l'Assemblée en 1794, mais, voyant décroître son influence, il retourna aux Etats-Unis. Outre les Droits de Phomme et le Sens commun, 1776, pamphlet où il soutenait la cause de l'indépendance des colonies américaines, on a de ImVAge de la raison, écrit déiste, hostile à toute religion (Î793), et une Dissertation sur les-premiers principes du gouvernement (1795).
  • PAIRS DE FRANCE, officiers de la couronne de France, qui formaient une espèce de conseil suprême, étaient les plus hauts dignitaires M les premiers seigneurs du royaume : on les nommait ainsi soit parce qu'ils étaient égaux entre eux '(pores) en,. pouvoir et en dignité', suit parce qu'ils étaient considérés comme les égaux du roi. On fait remonter l'origine de la pairie à Hugues Capet et avec plus de certitude à Louis le Jeune ; c'est à tort qu'on en attribue quelquefois l'institution S. Charlemagne. Philippe Auguste fixa le nombre des pairs à 12, dont 6 séculiers (les ducs de Normandie, de Bourgogne, de Guyenne, les comtes de Flandre, de Toulouse, de Champagne), et 6 ecclésiastiques (l'archevêque de Reims, les évoques de Laon, Langres, Beauvais, Châ-lons, Noyon). Plustard, on en créa beaucoup d'autres et leur nombre devint illimité. Les princes du sang étaient pairs-nés. — Les pairs furent institués pour assister le roi à son avènement, pour juger avec lui les affaires relatives aux fiefs, pour décider les différends des vassaux, pour donner des conseils dans les affaires importantes. Le I" jugement des pairs est celui qu'ils rendirent en 1203 contre Jean sans Terre, roi d'Angleterre, qui était lui-même pair de France comme duc de Normandie. A partir de 1420, les pairs firent de droit partie du parlement, et cette assemblée prenait le nom de Cour des pairs quand elle siégeait comme^tribunal. La pairie, abolie en 1789 avec les partoments, fut rétablie en. 1814 à la Restauration, et forma, avec la Chambre.des députés, un corps législatif et politique; il y eût alors des pairs héréditaires et des pairs viagers. En 1831, ïhô-rédité de la pairie fut abolie; depuis cette époque, les pairs furent nommés par le roi, à des conditions que la loi déterminait. La chambre des pairs a été supprimée en février 1848 et remplacée en 1852 par le Sénat (F. ce mot).— On doit à J. Lelabou-reur une Eist. de la Pairie en France, 1753.
    • L'Angleterre a aussi ses pairs (peers); cette dignité est inhérente à la haute noblesse (ducs, marquis, comtes, vicomtes et barons) et au haut clergé anglican ; elle est héréditaire ; cependant le souverain peut créer de nouveaux pairs. Les pairs anglais forment un corps politique que l'on nomme la Chambre des Lords ou la Chambre haute, par opposition à la Chambre des Communes.
  • PAISIEIXO (J.), célèbre compositeur, né à Ta-reate en 1741, m. en 1816, étudia sous Durante, débuta dans k composition dramatique en 1763, reçut bientôt des offres brillantes de Londres, Vienne, St-Pétersbourg, et donna la préférence à ces dernières. Après 9 ans de séjour en Russie, il résida successivement à Varsovie, à Vienne, à Rome, à-Naples, & Paris (1801-4) et enfin se fixa, à Naples, où le roi Joseph (Bonaparte) le nomma directeur du Conservatoire en 18Û6 et où il mourut. Ses opéras principaux sont la Pwpilla (le premier en date), il R& Teodoro, laUolinara. Nina, il Barbieredi Siviglia (que celui de.Rossihiafa.it .oublier), la Serva padrona (sujet déjà traité par Pergolèse), la Pansa per amore, la Fedra} Catone in Utica. On lui doit aussi beaucoup de musique d'église. Paisiello a moins de verve que Guglielmi, moins d'abondance que Ci-marosa, mais il l'emporte par l'expression.
 PALA	— 1411 —	PALA
  • PAISLEY, v. d'Ecosse (Renfrew), à 12 kil. S. O. de Glasgow, sur la White-Cart et le canal d'Ar-drossan, et sur le chemin de fer d'Ayr à Glasgow; 50 000 h. Quelques édifices : église de l'Abbaye, nouvelle église, hôtel de ville. Nombreuses écoles publiques; sociétés diverses. Mousselines, gazes, soie, linons, batistes, distilleries, fonderies, etc. — Cette ville occupe la place de l'anc station romaine de Vanduria; elle doit son origine à un prieuré de l'ordre de Cluny, qui y fut fondé en 1160, et qui fut en 1588 converti en seigneurie. Son importance manufacturière ne date que du dernier siècle.
  • PAÏTA, v. du Pérou. V. PAYTA.
  • PAIX. Pour les principaux traités de paix, V. le nom des lieux où ils ont été conclus.
    • Paix de Dieu. V. TREVE DE DIEU. —
    • Paix boiteuse. V. ST-GERMAIN et H. DE MESMES. —
    • Paix des Dames. V. CAMBRAY. — Paix fourrée, nom donné à plusieurs paix trompeuses, notamment à la réconciliation qui eut lieu à Chartres, le 9 mai 1409, entre les enfants du duc d'Orléans, récemment assassiné, et son meurtrier Jean sans Peur, duc de Bourgogne, et à la paix de Lonjumeau en 1568 entre les Catholiques et les Protestants.
  • PAIX (la), déesse allégorique, fille de Jupiter et de Thémis, compagne de Vénus et des Grâces, était une des Heures. Elle avait à Athènes une statue, qui la représentait tenant dans ses bras Plutus ou la Richesse. A Rome, l'empereur Claude lui éleva un temple magnifique, qui fut brûlé sous Commode. On lui donne pour attributs le sceptre, la branche d'olivier, la corne d'abondance, les épis, etc.
  • PAIX (le Prince de la). F. GODOY.
  • PAIXHANS (H. Joseph), général d'artillerie, né à Metz en 1783, mort en 1854, perfectionna l'artillerie de marine et de siège et donna le modèle de canons-obusiers qui s'appliquent utilement à ce double service, et qui de son nom sont appelés canons à la Paixhans. On a de lui : Considérations sur l'artillerie (1815); Nouvelle force maritime (1821); Expériences sur une nouvelle arme (1825); Force et faiblesse de la France (1830). Il fut député de la Moselle de 1830 à 1848. La ville de Metz a donné son nom à une de ses rues.
  • PAJOL (Pierre, comte), général de cavalerie, né à Besançon en 1772, mort en 1844, était fils d'un

avocat au parlement. Il s'enrôla en 1791 et fit avec distinction les guerres de la République et de l'Empire. Général de division en 1812, il commanda l'avant-garde du Ier corps dans la campagne de Russie, prit Minsk, Mojaïsk, où il eut un bras fracassé; contribua à la victoire de Dresde (1813), fut laissé pour mort à Leipsick, se distingua également en 1814 dans la campagne de France et contribua puis samment à la reprise de Montereau. Il fut mis à la retraite après le désastre de Waterloo. En 1830, il seconda de tout son pouvoir la révolution de Juillet, et dirigea au 3 août l'expédition des Parisiens sur Rambouillet, expédition qui détermina Charles X à partir pour Cherbourg. Il fut au retour nommé gouverneur de la 1" division militaire, et bientôt après fait pair de France.

  • PAJOU (Augustin), statuaire, né à Paris en 1730, m. en 1809, remporta le grand prix, passa douze ans à Rome et fut à son retour reçu membre de l'Académie de peinture et de sculpture. Par sa manière ferme et sûre, il mérita la qualification de Restaurateur de l'art. On admire ses statues de Descartes, Bossuet, Pascal, Turenne, Démosthène, son buste de Buffon, ses groupes de Psyché abandonnée de l'Amour et de Pluton tenant Cerbère enchaîné.
  • PALADIN, nom donné dans les vieux romans de chevalerie aux compagnons de Charlemagne, et par extension à tous les chevaliers errants. Ce nom semble être dérivé de palatin (comte du palais).
  • PALJEOCASTRO, c-à-d. Vieux château, nom de lusieurs lieux de la Grèce moderne, entre autres d'un ourg de l'Ile de Négrepont, près de l'anc. Érétrie.
  • PAJLŒOPOLIS, c-à-d.Vieille ville, v. de Campa-nie, sur la côte, près du lieu où fut depuis bâtie Néa-polis (Naples), c-à-d. la Ville neuve, était d'origine grecque. En 328 av. J.-C., elle eut à soutenir contre les Romains une guerre qui fut le prélude de la 2° guerre samnite; elle fut soumise et prise en 326.
  • PAXAFOX (Jean de), prélat espagnol, né en 1600, dansl'Aragon, m. en 1659, fut évêqued'Angélopolis (Puebla de los Angelos) au Mexique, puis d'Osma (1653), mit tous ses soins à rendre moins dure la condition des Indjens et puMia dans ce but un livre plein de charité, Virtute del l'indio ; mais il fut obligé, à la suite de démêlés avec les Jésuites, de revenir en Espagne. On a de lui une Hist. de la conquête de la Chine par les Tartares, trad. par Collé, 1678, et une Hist. dusiége de Fôntarabie, 1629. Ses Œuvres corn-plètes,vubl. àMadridde 1658 à' 1671,forment7v.in-f.
  • PALAFOX (don José de), l'intrépide défenseur de Saragosse, né en 1780, d'une famille noble d'Aragon, m. en 1847, accompagna à Bayonne en 1808, comme officier des gardes, la famille royale d'Espagne, s'évada dès qu'il vit Ferdinand VII retenu prisonnier, souleva l'Aragon, fut proclamé par le peuple gouverneur de Saragosse , et organisa dans cette ville une vigoureuse résistance : après un siège de 61 jours, il força les Français à s'éloigner (14 août 1808) • mais, ceux-ci étant bientôt revenus à la charge, il eut à subir un nouveau siège plus meurtrier que le premier, dans lequel chaque rue, chaque maison fut disputée : privé de tout moyen de défense, atteint de l'épidémie, il fut enfin contraint de capituler; ce deuxième siège avait duré deux mois, du 20 décembre 1808 au 20 février 1809. Emmené captif en France, il ne rentra en Espagne qu'en 1814. Il contribua puissamment à rétablir sur le trône Ferdinand VII, qui le nomma capitaine général de l'Aragon ; mais, s'étant prononcé en 1820 pour la constitution, il fut disgracié. 11 vécut depuis dans la retraite. La reine régente Marie-Christine le fit à son avènement duc de Saragosse et grand d'Espagne.
  • PALAIS (Comte du), officier de la cour sous la 1" et la 2" race des rois de France, était le juge de tous les officiers de la maison du roi et réunissait plusieurs offices institués plus tard (bouteiller, cham-brier,échanson, connétable, etc.) Dans l'origine, le comte du palais était inférieur au maire dupalais ; son office grandit sous les Carlovingiens, quand la charge du maire eut disparu. Cette dignité fut elle-même abolie sous la 3" race.—Y. PALATINS (comtes).
  • PALAIS (le), v. et port de Belle-ÎIe-en-Mer (Morbihan) , ch.-l. de l'île, au N., à 68 kil. S. de Lorient ; 4896 h. Prise par les Anglais en 1762. — V. PALLET.
  • PALAIS-BOURBON, dit auj. Palais du Corps législatif, palais situé à Paris, entre le quai d'Orsay et la rue de Bourgogne, et en face du pont de 1& Concorde, étaif, avant la Révolution, la résidence des princes de Bourbon. Confisqué pendant la Révolution, il fut affecté, sous le Directoire, au Conseil des Anciens , sous le 1 " Empire, au Corps législatif, sous les Bourbons, à la Chambre des Députés, sous la République de 1848 à l'Assemblée nationale, et sert depuis 1852 au Corps législatif. La belle façade sur le quai est l'œuvre de Poyet (1808). La salle des séances fut reconstruite de 1828 à 1832 par M. de Joly.
  • PALAIS DE JUSTICE , vaste palais élevé dans la Cité de Paris où l'on rend aujourd'hui la justice, fut d'abord la demeure des rois de France. Il fut habité dès la fin du ix" s. par le roi Eudes; Robert le Pieux le fit rebâtir vers 1003, et ses successeurs l'occupèrent jusqu'à Charles VII, qui l'abandonna au parlement. Il a été reconstruit plusieurs fois, et en dernier lieu en 1787; il a été complètement restauré depuis peu d'années. On y remarque laSte-Chaoelle. bâtie sous S.Louis, uae galerie célèbre, appelée autrefois la Grand'Salie et auj. la Salle des Pas perdus, construite en 1622 par J. De Brosse.
 PALA — 1412 — PALA
  • PALAIS-ROYAL, beau palais de Paris, situé entre les rues St-Honoré, de Richelieu et de Valois, comprend, outre le palais proprement dit, un vaste bazar composé de riches boutiques, construites autour d'un jardin d'agrément, qui sert de promenade. Ce palais, élevé de 1629 à 1636 pour le cardinal de Richelieu par l'architecte J. Lemercier, porta d'abord le nom de Palais-Cardinal. Richelieu en fitdon à Louis XIII en 1640. Après la mort de ce roi, Anne d'Autriche vint l'habiter avec le jeune roi Louis XIV, son fils, ce qui valut à l'édifice le nom de Palais-Royal, qu'il a conservé. Louis XIV le donna en 1693 à Philippe d'Orléans, son frère. Il fut reconstruit suite à un incendie sourvenu en 1773. On commença en 1782 les bâtiments qui entourent le jardin; la galerie d'Orléans, qui complète l'enceinte, ne fut achevée qu'en 1829. Le palais a été restauré de 1860 à 1862 et augmenté d'un nouveau corps de bâtiment attenant au Théâtre-Français. Le Palais-Royal fut, après le 18 brumaire, affecté au Tribunat; en 1814, il fut rendu à la famille d'Orléans. Il est auj. la demeure du prince Napoléon.
  • PALAISEAD, Palatiolum, ch.-l. de c (Seine-et-Oise), sur l'Yvette, affluent de l'Orge, à 15 kil. S. E. de Versailles; 1912 hab. Chemin de fer. Restes d'un château, qu'habita le financier Paris. L'église renferme le tombeau du grand Arnauld. Ane marquisat.
  • PAIAMÈDE, fils de Nauplius, roid'Eubée, inventa, dit-on, les poids, les mesures, le jeu d'échecs et le jeu de dés, et ajouta à l'alphabet grec les 4 lettres I, 6, o, x- Il est le premier qui ait su ranger un bataillon et placer des sentinelles autour d'un camp, ce qui lui a fait attribuer l'invention des échecs; c'est lui qui inventa le mot d'ordre. Il alla au siège de Troie et déjoua la ruse d'Ulysse, qui feignait la folie pour ne pas s'y rendre : celui-ci, pour se venger, l'aecusa faussement d'intelligences avec les Troyens, et le fit condamner à mort et lapider. V. NAUPLIUS.
  • PALAMOS, v. forte d'Espagne (Catalogne), avec un petit port sur la Méditerranée, à. 96 kil. de Barcelone et à 27 k. S. E. de Girone. Vaste môle. Prise par les Français en 1694.
  • PALAOUAN, une des îles Philippines, entre &Q-\T lat. N. et 115°-118° long. E., a450 kil. sur 60 (c'est une des plus grandes de l'Archipel). Elle est habitée à l'intérieur par des peuplades indépendantes. Les Espagnols n'y ont qu'un petit fort ditTay-tay, au N.E. On en tire de l'or, de la cire, des écailles de tortue, de l'écume de mer,de l'ivoire, du bois de laque.
  • PALAPRAT(J. DE BIGOT), poètecomique,né àTou-louse en 1650, m. en 1721, fut capitoul de Toulouse (1675) et chef du consistoire (1684), puis vint se fixer à Pans afin d'y travailler pour le théâtre et devint secrétaire du duc de Vendôme. Uni à Brueys par une étroite amitié, il composa avec lui VAvocat patelin, le Secret révélé, le Sot, le Grondeur, le Muet, le Concert ridicule. Il fit seul quelques autres pièces d'un mérite moindre: Hercule et Omphale, laPfude. Palaprat possédait une intarissable gaieté, qu'il porta dans ses compositions. Il a donné une édit. des œuvres qui lui sont propres, Paris, 1.711, in-12. x,e recueil des OEuwes de Brueys et Palaprat a été publié en 1755 en 5 v. in-12. La liaison des deux auteurs a fourni à Etienne le sujet d'une intéressante comédie, Brueys et Palaprat, jouée au Théâtre-Français.
  • PALATIN (mont), Palatinus mons, une des sept collines principales de Rome, était très-près du Tibre, à l'E. de ce fleuve, à l'O. des monts Aventin, Esquilin, Viminai, Quirinal, et presque au centre de la ville. C'est sur le Palatin que Turent bâties la Pal-lantèe d'Evandre et la ville naissante de Romulus. Cette colline n'a pas plus de 46™ de haut.
  • PALATIN (Comte), grand officier chargé, dans les premiers temps de l'empire d'Allemagne, de la surintendance des revenus du monarque et d'une partie de sa juridiction. D'abord simples assesseurs des ducs dans les affaires criminelles, ils furent plus tard cha v-gès, dans l'intérêt du prince, de contrôler l'usage que les ducs faisaient de leur, autorité. Ils étaient dans l'origine nommés par l'empereur, mais leur office finit par être un vrai fief et devint héréditaire. Ils habitaient en gêné, al un des palais impériaux situés dans le duché où. ils avaient été envoyés, et ils en tiraient leur nom. Il y eut des comtes palatins en Lotharingie (Lorraine), en Saxe, en Bavière, en Souabe, et plus tard en Bourgogne (Franche-Comté). Celui de Lorraine était censé le plus noble de tous, parce qu'il exerçait aussi dans le duché de France : et, quand ce d'uclïé cessa, il fut encore regardé comme le premier prince d'Allemagne. Insensiblement, ce comte prit le nom de palatin du Rhin. Lors de l'extinctionde la maison de CbAlon (en 1315), à laquelle appartenait le comté palatin de Bourgogne, il ne resta en fait de maison palatine que laligpe deWit-telsbach, investie du Palatinat duRhin. Son"chef était électeur : de là son nom usuel Sélecteur-palatin. Les chefs des branches cadettes de la ligne de Wit-telsbach se nommaient comtes palatins, et on ajoutait à ce titre celui dupetit État qu'ils possédaient en propre, comme de Neubourg, de Birkenfeld, etc. Cette ligne porte auj. la couronne royale de Bavière. V. ci-après PALATINAT,
  • PALATIN, titre donné dans l'anc. royaume de Pologne au gouverneur d'un palatinat ou vayvodie. Les palatins faisaient tous partie du sénat, fis n'étaient point héréditaires, c'est le roi qui les nommait.
  • PALATIN (Grand). C'était en Hongrie le 1«des magnats : il était 1" ministre et représentant du roi, général de l'armée, chef suprême de la justice et régent en cas d'absence ou de minorité. Il était choisi par l'Assemblée nationale entre 4 candidats présentés par le roi. Les divisions du'territoire, dites cûmitats ou palatinats, étaient confiées à des palatins spéciaux.
  • PALATINAT, en allemand Pfalz, nom commun à 2 pays de l'anc empire d'Allemagne : 1» le Ht-Pala-tinal (dans le cercle de Bavière), entre la Bavière, Nuremberg, Bayreuth, Neubourg et la Bohême; il avait pour capitale Amberg ; 2" le Bas-Palatinat ou Palatinat du Rhin (dans le cercle'duHt-Rhin), sur l'une et l'autre rive du Rhin, ayant la Lorraine et l'Alsace au S., Trêves, Mayence et Liège àl'O. et au N., Bade et le Wurtemberg de l'autre côté du Rhin. Ce dernier (qui est le vrai Palatinat) avait dans sa plus grande largeur 125 kil.; sa capitale était Heidel-berg; ensuite venaient Manheim et Frankenthal. Le Palatinat du Rhin formait un électorat (tin des sept plus anciens). L'origine de cet État vient des comtes palatins qu'établissaient les empereurs dans chaque duché, pour y "représenter l'autorité impériale; de tous ces comtes palatins, deux seulement, celui de Bourgogne et celui de Lotharingie, se maintinrent puissants ; le domaine de l'un devint la Franche-Comté, celui de l'autre le Palatinat du Rhin. Celui-ci . après avoir passé de famille en famille, était possédé en 1215 pair Henri de Brunswick, fils de Henri le Lion. Ce prince, ayant pris parti contre Frédéric II, fut dépouillé de ses Etats, qui furent donnés à Louis de Bavière, de la maison des "Wittelsbach. Pendant longtemps:cette maison réunit la Bavière et le Palatinat; mais en 1294. elle forma deux lignes, la Rodolphine, issuç de Rodolphe de Bavière, à qui resta le Palatinat du Rhin, et la Ludovicienne, issue de Louis, qui eut la Bavière et. depuis 1621, le Ht-Palatinat.La ligne Rodolphine était rainée; elle existe encore auj., tandis que sa cadette s'est éteinte en 1777 ; elle réunit maintenant à peu près la Bavière (très-augmentée) et l'ancien Palatinat. — La famille de Wittelsbach, avant le partage en deux lignes, avait fourni trois électeurs palatins. Agrès le partage de 1294, la ligne Rodolphine en fournit six:'Rodolphe I, Adolphe I, Rodolphe II, Robert I, II et III (ce dernier fut empereur de 1400 a 1410). Après cette époque paraissent: 1° Louis Ui le Barbu, 2°'six électeurs de la branche électorale : Louis IV, Frédéric I, Philippe le Sincère, Louis V, Frédéric II, Othon-Henri). En 1559,1e titre électoral passa dans la ligne cadette qui réunit les possessions de l'ancienne (moins le Haut-Palatinat) ; mais cette ligne était déjà subdivisée , et c'est la branche de Simmern qui devint électorale; cette branche fournit 6 électeurs : Frédéric III, Louis VI, Frédéric IV, et trois appartenant au rameau de Heidelberg : Frédéric V, Charles - Louis, Charles; Frédéric Vest ce fameux électeur palatin, gendre de Jacques I d'Angleterre, qui fut le compétiteur de Ferdinand II au roy. de Bohême et l'un des auteurs de la guerre de Trente ans. Après Charles de Heidelberg, m. en 1685, et dont la succession amena la Guerre du Palatinat [V. ci-après), viennent Philippe-Guillaume, J.-Guillaume et Ch.-Philippe (du rejeton Neubourg-Neubourg),Charles-Théodore (du rejeton Neubourg-Sulzbach), Max.-Joseph (du rejeton Birkenfeld-Bischweiler).Enn77,Ch.-Tnéodore réunit à l'électorat palatin, acquis dès 1742, celui de Bavière : Maximilien-Joseph, duc de Deux-Ponts, lui succéda en 1799; par le traité de LunéviUe (1801), il perdit le Palatinat du Rhin; mais en 1805 il échangea son titre électoral contre celui de roi de Bavière. — La branche du Ht-Palatinat, dans l'ancienne ligne électorale, donna au Danemark le roi Christophe. Dans la subdivision de Neubourg, Philippe-Louis, comte palatin de Neubourg, joua un rôle capital lors de la querelle de Clèves et Juliers, et son petit fils, Philippe-Guillaume, fut le premier duc de Juliers-et-Berg, de la maison palatine. Au rejeton Deux-Ponts-Kleebourg appartiennent trois illustres rois de Suède, Charles X, Charles XI et Charles XII. — La dignité électorale avait étémomentanémentenlevée à la famille palatine pendant la guerrede Trente ans (de 1623 à 1648), après les batailles de Prague et de Wimpfen, et Ferdinand II fit passer ce titre à la ligne ludovicienne des Wittelsbach (à la Bavière). A la paix de West-phalie, la Bavière resta électorat, mais le Palatinat te redevint, et il y eut alors huit électeurs (au lieu de sept); l'électeur palatin, anciennement archiséné-chal de l'empire, devint alors archjtrésorier. Le Palatinat fut horriblement ravagé à deux fois différentes par Louis XIV (1674 et 1689). Il avait déjà beaucoup souffert dans la guerre de Trente ans. Le traité de LunéviUe (1801) fit passer à la France les districts du Palatinat situés sur la r. g. du Rhin : ils formèrent le dép. du Mont-Tonnerre, ch.-l., Mayence. Les traités de 1814 et 1815 restituèrent ces districts à l'Allemagne : la plus grande partie échut à la Bavière : elle forme la Bavière rhénane; le reste fut partagé entre le grand - duc de Bade, la Prusse et la Hesse-Darmstadt. La part badoise, avec les districts cédés au prince de Leiningen, est incorporée, dans le duché, au cercle du Bas-Rhin; la part de la Hesse-Darmstadt fait partie des provinces de Star-kenburg et de Hesse-Rhénane. La part bavaroise fait partie du cercle bavarois du Palatinat, autrefois cercle du Rhin ; eUe comprend une superficie de 700 000 heot., avec 600 000 hab. et apourch.-l. Spire. Enfin la part prussienne fait partie de la Province Rhénane.— Le Haut-Palatinat, avec Ratisbonne, forme aussi un cercle de la Bavière qui a une superficie de 970 000 hect. et qui compte 470 000 h.
 PALA — 1413 — PALE
  • PALATINAT (Guerre du). On donne principalement ce nom à la guerre qui éclata en 1688 à l'occasion des droits que Louis XIV fit valoir, au nom de la duchesse d'Orléans, sœur du dernier électeur palatin Charles, sur la plus grande partie du Palatinat, où la branche de Simmern, qui possédait ce domaine, s'était éteinte en 1685 II avait pour adversaire Philippe-Guillaume, prince palatin de Neubourg. Le dauphin conquit le Palatinat en moins de 2 mois. L'année suivante, 1689, le maréchal de Duras, par l'ordredeLouvois, exerça dans cette contrée d'épouvantables ravages, qui excitèrent l'indignation de l'Europe et provoquèrent contre Louis XIV une nouveUe coalition. La paix de Ryswick attira à JeanGuillaume, fils de Philippe-Guillaume, la paisible possession de ses États (1697).|
  • PALATINE (la Princesse). V. CHARLOTTE-ELISABETH, ELISABETH et GONZAGUE (Anne de).
  • PALEARIUS (Aonius), dont le vrai nom est Antonio délia Paglia, écrivain italien du xvi" s., né à Veroli près de Rome, professa le latin et le grec à Sienne, à Lucques et à Milan. Convaincu de favoriser la Réforme, il fut cité à Rome, pendu, puis brûlé, quoiqu'il eût rétracté ses erreurs (1566). On a de lui un poëme en trois chants : de Immortalitate animarum, Lyon, 1536, et quelques écrits théologiques, condamnés par le concile de Trente.
  • PALEMBANG, v. de l'Ile de Sumatra, an,c capit. d'un royaume de son nom, sur la Moussie, à 100 kil. de la mer; 30 000 hab. (dont beaucoup d'Arabes et d'Européens). Grand commerce, maisons commodes, palais de Sousouhounan, construit en briques. C'est la ville malaie la plus sûre pour les. Européens. — L'anc royaume de Palemhang, entré ceux de Menangkabou et de Jambie au N., les Lampongs au S., la mer de Chine au N. E., avait 500 kil. sur 380 et env. 100000 hab. II était depuis longtemps soumis à la domination hollandaise lorsque les Anglais s'en emparèrent en 1812, et détrônèrent le!! sultan Mahmoud-Badar ; après la restitution de Sumatra aux Hollandais, Mahmoud-Badar tenta de remonter sur son trône (1820), mais il n'eut qu'un court succès : son royaume fut donné à son fils aîné, qui se reconnut tributaire des HoUandais.
  • PALÉMON, dieu marin , favorable aux navigateurs, est le même que Mélicerte. V. ce nom.
  • PALEMON (Q. RHEHNius), grammairien latin, né à Vicence, d'un esclave, enseigna à Rome sous Tibère et Claude. On a de lui un précieux traité de Pon-deribus et Mensuris, publié à Leyde, 1587, et inséré dans les Grammalici de Putsch et de Keil.
  • VAhEUClA.,Palantia,Y. d'Espagne, ch.-l. de l'intendance de son nom, sur la r. g. du Carrion, à 190 kil. N. O. de Madrid; 12 000 h. Evêché, beUe cathédrale gothique. Lainages, couvertures; faïence, chapeaux, teintureries, tanneries. Très-ancienne cité des Ibériens, qui maintint longtemps son indépendance, et fut vainement assiégée par le consul L. Lucullus. Florissante sous les Romains et les Goths, elle fut ruinée par l'invasion arabe. Sanche, roi de Navarre, la releva vers 1032. Une université y fut établie dès 1208. — L'intendance de Palencia, une des cinq du roy. de Léon, a au S. l'intendance de Valladolid, à l'E. celle de Burgos : 148 kil. sur 70 ou 72; 180000 hab. Cuivre, fer, marbre; culture assez florissante.
  • PALENQUE, anc v. du Mexique, dans l'État de Chiapa, à 150 kil. N. E. de Chiapa. Aux environs se voient les ruines d'une ville fort ancienne, dont le vrai nom fut Culhuacan ou Buehuetlapatlan. Ces ruines, les plus grandioses du Nouveau-Monde, sont les restes de monuments antérieurs aux Aztèques et même aux Toltèques, et qui sont l'œuvre des Tzen-dals, race indigène. Elles ont été découvertes en 1787 par Antonio del Rio et Alonzo de Calderon. Elles consistent en temples, fortifications, pyramides, ponts, aqueducs, maisons, tombeaux, et contiennent nombre d'antiquités (vases, idoles, médailles, instruments de musique, bas-reliefs et statues, dont plusieurs colossales). Elles indiquent une capitale qui pouvait avoir de 20 à 30 kil. de tour, et un peuple de taille haute, svelte, bien proportionnée. On remarque une étonnante ressemblance entre plusieurs des emblèmes religieux de Palenque et ceux de l'Egypte.

PALÉOCASTRO, PALÉOPOLIS. F. PAL/EO....

  • PALÉOLOGUE, illustre maison byzantine, parvint au trône de Constantinople dans la personne de Michel VIII, en 1260, et s'y maintint en alternant ou partageant avec les Cantacuzène jusqu'à la chute de l'empire grec en 1453. Dans cet espace de 193 ans, elle donna 8 souverains à l'empire : Michel VIII, Andronic II, Andronic III, Andronic IV, Jean V, Manuel II, Jean VII, Jean VIII, Constantin XII ou Dracosès. Deux Palêologues régnaient encore à Pa-tras et Argos : Mahomet II les dépouilla, de 1453 à 1461. Enfin un Théodore Paléologue, 2* fils d'An-dronic II, ayant épousé l'héritière du comté de Montferrat, forma en 1305 dans ce pays une nouvelle maison, qui ne s'éteignit qu'en 1533 avec Jean George Paléologue II.
 PALE	— 14
  • PALÉPHATE, Palxphatus, écrivain grec, auteur d'un traité Des choses incroyables en 5 livres, vivait, selonSuidas, vers l'an472av. J.-C, sous Artaxetcès êmémon, et était natif de Paros ou de Prïène. Nous n'avons que le Ier livre de son traité; il a paru à Amsterdam, avec une trad. latine deTollius, 1649, et a été .inséré dans les Mythographigrseci deWes-termanii, Brunsw., 1843. Il a été trad. en français par G. Polier de Bottens, Lausanne, 1771, et par Van-Hulst, Bruxelles, î°38.
  • PALERME, Panormus, capit.de la Sicile et ch.-l. de l'intendance de Païenne, sur la côte N. de l'île, au pied de montagnes qui l'environnent des autres côfés et qui forment la Coquille d'or; 190 000 hab. Port, avec un môle et un château fort. Archevêché, résidence du gouverneur de la Sicile, tribunal d'appel et cour suprême de cassation; université, fondée en 1374, réorganisée en 1805, avec facultés de théologie, de philosophie et sciences, de lettres, de droit et de médecine ; bibliothèque, musée de sculpture, galerie de tableaux, collection géologique, jardin ïotaoique; lycée, séminaire de jésuites (avec bibliothèque); écoles vétérinaire, de navigation , de musique, de beaux-arts ; observatoire. Société royale des sciences , lettres et arts; société royale d'encouragement ; trois théâtres. La ville est assez bien bâtie et entourée d'une enceinte fortifiée, de 8 kil. de tour ; deux grandes rues (Cas-saro ou Toledo et la Bue Neuve), maisons à toits plats avec balcons, sept vastes places; palais royal, palais de justice, cathédrale (Ste-Rosalie), du xn" s., avec coupole moderne, églises Jésus, des Capucins, St-Joseph, l'Olivella ; grand hôpital, maison d'aliénés, citadelle. Industrie : soieries, gants, savons, essences, passementeries d'or et d'argent, chapeaux de paille, tanneries, etc. La fête de Ste Rosalie, patronne de la ville, y attire en juillet un concours immense. Aux environs, beaux châteaux royaux de la Favorita et de la Bagheria. Patrie d'Ingrassias, Gravina, Meli, etc. — Païenne était une colonie phénicienne (V. PANORHE). Conquise par les Carthaginois, elle fut prise en 254 av. J.-C. par les Romains qui y envoyèrent une colonie. En 251 av.J.-C, L. Cé-cilius Météllus battit les Carthaginois sous ses murs. Bélisaire la prit aux Goths en 534. Les Arabes s'en emparèrent en 831 et en firent leur capitale en Sicile; Robert Guiscard la leur enleva en 1072. C'est Palerme qui donna, en 1282, le signal des Vêpres siciliennes. Le roi des Deux-Siciles Ferdinand IV y résida de 1806 à 1815.EUe s'insurgea contre le roi de Naples en 1820 et 1848 et fut en 1860 des premières à ouvrir ses portes à Garibaldi. Palerme a été plusieurs fois désolée par des tremblements de terre, notamment en 1726 et 1823. — La prov. de Palerme, entre celles de Trapani à l'O., de Gir-genti et de Caltanisetta au S., de Catane et de Messine à l'E., et la Méditerranée au Kf., a 4472 kil. carr. et compte 550000 hab.
  • PALES, déesse italique, présidait aux troupeaux et aux bergers. Elle était honorée le 21 avril, jour anniversaire de la fondation de Rome; sa fête s'appelait les Palilies. Ce jour-là on purifiait les étables et on faisait tourner les troupeaux autour de l'autel de la déesse pour les préserver des maladies.
  • PALESTINE, Palsestina, nom donné par les Romains au pays situé entre la Syrie et l'Arabie (moins la Phénioie) : c'est la Judée dans sa plus grande extension. Ils la divisaient en 4 parties -. Galilée, Sa-marie, Judée, Pérée. Accrue de plusieurs districts voisins, elle fut divisée au iv° s. en3 parties: Palestine 1™, sur les deux rives du Jourdain : ch.-L, Scy-tlwpolis; — Palestine 2e, la plus septentrionale, le long de la Méditerranée îch.-I., Cêsarée ; —Pales* Une 3'ou Salutaire, formée de pays arabes auS. de la véritable Palestine et au N. de l'Arabie Pétrêe: ch.-l.,Petra.—IaPalestmecorrespondàl'anciemie Terri' de Chanaan, et son nom est probablement une corruption de celui des Philistins qui occupaient la partie S. O. de cette contrée. L'histoire de la Palestine ' se confond avec celle des Juifs jusqu'à l'époque de la dispersion de ce peuple, l'an 135 de J.-C. (F. JUIFS). Depuis la mort du Sauveur, la Palestine devînt l'objet d'une vénération religieuse et fut continuellement visitée par un grand nombre de pèlerins. Les Musulmans s'emparèrent de ce pays dès le Vu* s.; '. longtemps les califes arabes respectèrent les lieux saints; mais,au xi*s., lesTurcs, devenus maîtres de la Palestine, les profanèrent et commirent sur les pèlerins toutes sortes de violences. De là les croisades, qui mirent pour quelque temps la Palestine au pouvoir des Ghrétiens. Après la conquête, Ott créa, en 1099, un royaume de Jérusalem qui comprenait la partie de la Palestine, à l'O. du Jourdain, mais il ne dura que 88 ans : en 1187, Saladin, Soudan d'Egypte, s'empara de tout le pays, qui resta sous la domination égyptienne jusqu'au xvi« siècle; elle fat alors réunie par Séliml à l'empire turc, qui la possède encore aujourd'hui. Elle forme un pachalik ressortissant de l'eyalet de Damas, et est divisée en 9 districts : 1» El-Kods (Jérusalem et le N. de la Judée); 2° El-Malil (Hébron et le S. de la Judée) ; 3° Gaza ou le Falèstin (l'âne. Palestine propre) ; 4° Loudd (la partie O. de la Judée) ; 5" Naplouse ; 6° Aréta (Sama-rie); 7° Saphad (Galilée); 8*Belad-Schêkyf et Belad-Hauran (Trachonitide et Auranitîde) ; 9° El-Gaur oriental (Pérée propre).— La Palestine a été, dans ces dernières années, l'objet de plusieurs explorations scientifiques (MM. E. Robinson, Van de Velde, de Sauley, duc de Luynes, etc.).
 14 —	PÂLE
  • PALESTRINA, l'ancienne Prameste, v. dg l'Italie centrale (territoire romain), à 13 kil. N* E. de Frascati; 6000 hab. îvêché. Elle a été désolée en 1824 par un tremblement de terre. V. PREHESTE.
  • PALESTRINA'(J. Pierluigi), célèbre compositeur italien, surnomme le Prince de la musique, né à Palestrina en ] 529, m. en 1594 ,fut maître de chapelle de St-Jeande Latran, de Ste-Marie Majeure et de St-Pierre du Vatican. De son temps c'était l'usage de composer des messes et des motets sur des airs de chansons vulgaires, et cet indécent mélange du, profane avec le sacré avait souvent provoqué les censures de l'Église : Palestrina opéra a.cet égard une réforme complète dans la musique religieuse, et donna le premier l'exemple décomposer tout exprès pour l'église des airs appropriés à la gravité du sujet. On connaît de ce maître 13 livres de messes, 6 de motets, une foule d'hymnes, de litanies, d'offertoires. Partout on y admire la puissance d'invention, l'habileté dans l'art d'écrire pour les voix, la variété du style, une harmonie large et simple, une douceur angéiique. On estime surtout sa Messe dupape Marcel, son Stahat et son motet Popule meus. Bami a écrit sa Tie, 1828.
  • PALESTRO, bourg-de l'Italie septentrionale, près de la Sésia, sur un canal, entre Verceil et Robblo. Le 30 mai 1859, les Sardes,secondés par la 3« régir mentfrançais des zouaves, y repoussèrent avec avantage une attaque des Autrichiens.
  • PALET (WiU.), théologien et moraliste anglais, né en 1743 à Péierborough, m. en 1805, était fils d'un maître d'école du Yorkshire. 11 fut nommé en 1766 professeur de théologie à l'Université de Cambridge et s'attacha au docteur Law, évêque de Carlisle, qui le nomma son archidiacre, mais il ne put arriver à l'épiscopat parce qu'on le soupçonnait de favoriser les Dissidents. Il a laissé plusieurs ouvrages qui sont devenus classiques en Angleterre : Éléments de Morale et de Politique, Londres, 1785, trad. par Vincent, 1817 (il y fonde lamorale sur la volonté da Dieu manifestée par l'utilité générale) ; Uarx Paulinsu 1787,trad. par Levade, Nîmes, 1809 (il y prouve l'authenticité des Écritures par les seules épîtres de S. Paul); Évidence du Christianisme, 1794, trad. par Levade, 1808; Théologie naturelle, 1802, trad. par Pictet de Genève, 1615 : c'est lemeilleur de ses écrits. On a publié après sa mort un choix de ses Sermons.
 PÂLI —  1415 — PALL
  • PALFIN (J.), chirurgien belge, né à Courtray en 1649, m. à Gand en 1730, enseigna longtemps son art à Gand. Il appliqua l'anatomie à la chirurgie, inventa un procédé pour la suture des plaies des intestins, ainsi qu'un nouveau forceps dit Tire-tête de Palfin. On lui doit une Ostéologie (Gand, 1702) et une Ana-tomiedu corpshumain, écrite en hollandais (1718), et trad. en français par lui-même (Paris, 1726).
  • PALI (le), idiome savant de l'Inde transgangé-tique, dérivé du sanscrit, mais répandu dans l'empire des Bi rmans, les royaumes de Siam et de Tsiampa, est surtout employé par les partisans de Bouddha, notamment dans l'île de Ceyfan. C'est l'idiome dans lequel ont été écrits presque tous les livres sacrés des Bouddhistes. Le pâli s'écrit de gauche à droite.
  • PALIANO, bg de l'Italie centrale (territoire romain), à44 k.E. S. E. de Rome; 3000 h. Ane duché, qui appartenait à la famille Colonna ; il lui fut enlevé par un des Caraffa, neveu du pape Paul IV, ce qui amena une longue guerre ; mais, après la mort de ce pontife.il fut restitué au légitime possesseur, 1559.
  • PALIBOTHRA, grande v. de l'Inde ancienne, capit. du roy. de Sandrocottus, était chez les Prasii, près du confluent du Gange et de l'Erannoboas {Gondok ou Sone ?). Elle était environnée d'un fossé large de 600 pieds, profond de 60, et défendue par une muraille munie de 570tours et percée de64portes. Elle était encore dans toutson éclat en 605 après J.-C. : depuis elle a disparu, détruite par une invasion étrangère ou par une inondation du Gange. Rennel en a trouvé les ruines à Patelpouter près de Patna. D'An-ville la plaçait à tort plus à l'O.,près d'Allahabad, au confluent du Gange et du Jomanès (Djomnah).
  • PALICARES. Y. PALLIKARS.
  • PALI-KA-O, bg de Chine, à 12 k. S. E. de Pékin, sur le grand canal qui relie le Pey-ho à Pékin. Le 21 sept. 1860,2000 Français, commandés par le général Cousin-Montauban, y mirent en déroute une armée de 50 000 Chinois, commandés par San-Koli-Tsin. Cette victoire nous ouvrit les portes dePékin. Le vainqueur fut en récompense fait comte de Pali-ka-o.
  • PALIMES, fêtes de k déesse Paies. V. PALES.
  • PALIMPSESTE, manuscrit d'une espèce particulière. V. ce mot dans notre Dict. univ. des Sciences,
  • PALINGENIUS (Marcellus). V. MANZOLLI.
  • PALINGES, ch.-l. dec (Saône-et-Loire), à 15 kil. N. O. de Charolles, sur le canal du Centre ;2076 bab. Hauts fourneaux, poteries.
  • PALINURE (cap), Palinurum prom., cap. de l'Italie méridionale (Principauté Citer.), à 80 k. S. E. de Salerne. Il doit son nom, selon Virgile, à Palinure, pilote d'Ënée, qui s'y noya pendant son sommeil.
  • PALIQUES, Palici, frères jumeaux adorés en Sicile, étaient fils de Jupiter et d'une nymphe. Ils avaient en Sicile, au pied de l'Etna, un temple célèbre près duquel étaient deux sources d'eau sulfureuse bouillante, sur lesquelles on prêtait serment : le parjure tombait dans une des sources et s'y noyait.
  • PALISOT DE BEAUVOIS (François Joseph), naturaliste, né à Arras en 1752, m. en 1820, remplit quelque temps les fonctions de receveur des domaines en Picardie. Son emploi ayant été supprimé, il se rendit en Afrique en 1786 pour étudier la flore du Bénin, visita ensuite St-Dommgue et diverses contrées de l'Amérique, et en rapporta de précieuses collections de plantes et d'animaux. Il fut admis en 1806 à l'Institut. On a de lui : Flore d'Oware et de Bénin, 1804-21, 2 vol. in fol. ; Insectes recueillis en Afrique et en Amérique, 1805-21 ; de savantes recherches sur les Cryptogames, les Mousses, les Ly-eopodes, 1804, et une Nouvelle agrostographie, 1812.
  • PAL1SSOT DE MONTENOY (Ch.), littérateur, né en 1730 à Nancy, était fils d'un conseiller du duc de Lorraine. Il soutint à 13 ans une thèse de théologie et voulut se faire oratorien, mais il ehangea bientôt d'avis, vint à Paris à 19 ans avec deux tragédies en portefeuille, Zarès et NinusII, fit jouer l'une d'elles, mais n'obtint aucun succès; se jeta alors dans la polémique, prit parti contre les philosophes, et les attaqua sans relâche, soit dans sescomédies, dont deux, les Originaux ou le Cercle (1755) et les Philosophes (1760), firent grand bruit, soit dans des pamphlets (Petites lettres contre de grands philosophes), soit enfin dans sa Dunciade (1764) ou la Guerre des Sots, poëme imité de Pope, qu'il publia d'abord en 3 chants et qu'il porta dans la suite à 10, afin d'y faire entrer tous ses ennemis. Il se laissa oublier pendant le temps de la Révolution et mourut en 1814,!adminis-trateur de la bibliothèque Mazarine. On a de lui, outre les ouvrages ci-dessus : Mémoires pour servir à l'histoire de la littérature française, depuis François I jusqu'à nos jours; Eist. "des premiers siècles de Rome jusqu'à la république', 1806 ; le Génie de Voltaire, 1806, des éditions avec notes des œuvres de Corneille et de Voltaire, etc. Ses propres OEuvres ont été réunies en 1809, Paris, 6 vol. in-8, avec les dernières corrections de l'auteur. Palissot ne manquait ni d'esprit ni d'élégance, mais ses ouvrages, presque tous de circonstance,sont tombés dans l'oubli.
  • PALISSY (Bernard), célèbre potier de terre, né dans l'Agénois vers 1500, m. en 1589, s'appliqua dans sa jeunesse à l'arpentage et à la peinture, entreprit, à partir de 1539, de découvrir le secret de l'émail dont on se servait alors en Italie pour faire de beaux ouvrages de faïence, y réussit après seize ans d'efforts et de dépenses ruineuses (1555), et fabriqua de belles poteries qui furent recherchées par toute la France. Il étudia aussi en savant les monuments de l'antiquité, fit sur les terres, les pierres et les métaux, des observations, pleines de justesse, et donna sur ce sujet en 1575 à Paris des cours publics qui furent suivis avec empressement : il y exposa dès cette époque des idées qui ont été justifiées depuis par les découvertes des géologues. Il s'intitulait modestement ouvrier de terre et inventeur des rustiques figulines. Ses figulines, toutes en ronde bosse, sont encore recherchées ; on en voit de beaux échantillons au Louvre, à Sèvres, à l'hôtel Cluny et au musée de Limoges. Palissy avait embrassé la Réforme : il fut pour ce motif enfermé dans sa vieillesse à la Bastille, où il resta jusqu'à sa mort. On a de lui : Moyen de devenir riche (par l'agriculture) et De la nature des eaux et fontaines, des métaux, des terres, émaux, Paris, 1580, ouvrage où il fait l'histoire de ses découvertes. Ses OEuvres ont été réunies à Paris, 1777, avec notes de Faujas de St-Fond, et en 1844, par A. Cap, avec une notice sur l'auteur. Une statue lui a été érigée sur une des places d'A*gén.
  • PAXIZZI, famille sicilienne, fut au xiv" siècle l'âme d'une faction qui gouverna pendant longtemps le roi Pierre II et qui abusa du pouvoir; elle fut bannie en même temps que les Chiaramonti, avec lesquels elle était sans cesse en lutte, mais se fit rappeler sous le roi Louis, par les intrigues de la reine mère Elisabeth de Carintlîie, 1348; de là une longue guerre civile dans laquelle lesPalizzi eurent enfin le dessous; ces querelles ne finirent qu'après la paix de 1372 entre Frédéric II et Jeanne 1™ (de Naples).
  • PAT.K (détroit de), bras de mer qui sépare l'île de Ceylan de la côte de l'Inde et unit le golfe du Bengale au golfe,de Manaar, a 60 kil. de large. Il a reçu son nom d'un hollandais qui le passa le premier.
  • PALKATI et mieux BALKHACHI, grand lac d'Asie, dans la Dzoungarie, entre 44<,-46'> lat. N. et 74"-77° long. E. a 140 k. de long sur 80 de large et reçoit l'Ili.
  • PALLADE, Palladius, évêque d'Hélénopolis (en Bithynie), ne en Galatie vers 367, m. vers 430, alla vivre dans la solitude à Nitrie en Egypte, d'où il fut tiré pour être élevé à l'épiscopat. Il était l'ami de S. Jean Chrysostôme. On lui doit' une Histoire des Solitaires dite Hist. lausiaque, parce qu'elle était dédiée à un préfet romain du nom de Lausus.
 PALL	— 1416 —	PALL
  • PALLADE.ButtiiMS Taurus JEmilianus Palladius, agronome latin, que l'on fait vivre au rvs s. de J.-C. et qu'on croit fils d'Exsuperantius, préfet des Gaules, avait étudié le droit en Gaule et à Rome, puis était allé se fixer en Campanie. Il a laissé 14 livres Se Re rustica, insérés dans la collection des Rei rustiae scriptores, Leipsick, 1755, et traduits en franc, par Sahoureuxde La Bonneterie, 1775, et mieux par Ca-iiai-et-Dupaty, dans la collection Panckouke, 1843. Ce t-afté n'est, en grande partis, qu'une compilation d« Columelle, de Gargilius Martialiset des Gêoponi-ques grecs. C'est une espèce d'almanach, qui indique les travaux à faire mois par mois : sur les 14 livres, 12 sont consacrés à ces instructions mensuelles; le 1" contient des préceptes généraux, et le 14" un poème sur la greffe, écrit avec assez d'élégance.
  • PALLADINO (Jacques), dit Jacques de Téramo, né à Téramo en 1349, m. en 1417, étudia le droit à Padoue, puis reçut les ordres, devint successivement chanoine àTéramo, archidiacre d'Aversa, secrétaire des brefs et de la pénitencerie, évêque de Monopoli (1391),archevêque de Tarente.puisde Florence (1401), évêque et administrateur de Spolète (1410),enfin légat en Pologne. On a de lui une espèce de roman ascétique, intitulé Consolalto peccatorum, Augsbourg, 1472, qui a été trad. en français dès 1482 par Far-get sous le titre de Procès de' Bélial.
  • PALLADIO (André), célèbre architecte, né à Vi-cence en 1518, m. en 1580,étudia surtout Vitruveet les monuments antiques. Il orna de ses ouvrages Vi-cence, Rome, Venise, où il construisit le palais des doges, l'église de St-Georges Majeur et ceiUe du Rédempteur; restaura la belle basilique dite le Palais de la Raison à Vicence, éleva dans cette même ville le Théâtre olympique, commença le célèbre théâtre de Parme, achevé par le Bernin, bâtit dans le Vi-centin et lss Etats de Venise une foule de charmantes viUas, et publia les Monuments antiques, Rome, 1554, et un Traité d'architecture en 4 livres, Venise, 1570; trad. par Dubois, La Haye, 1726, et par Cha-puy, AI. Corréard et Alb. Lenoir sous le titre A'OEu-vre de Palladio, Paris, 1825-42, 2 vol. in-fol. Bien que venu après de grands architectes, Palladio atrouvé moyen d'être original ; son nom est demeuré à sa manière, qui consiste dans l'appropriation des belles données de l'architecture antique aux mœurs et aux convenances modernes, au moyen de modifications sobres, sages et savamment raisonnées.
  • PALLADIUM, statue de Pallas (ou Minerve), était la grande idole des Troyens. C'était une statue de bois, haute de 3 coudées, ayant le casque en tête, tenant de la main droite une pique un peu inclinée et de la gauche un grand bouclier rond qui lui cachait presque tout le corps. On la disait tombée du ciel, et on la conservait précieusement à Troie dans un temple bâti exprès, croyant que le sort de la ville y était attaché. Ulysse et Ôiomède, ayant pénétré de nuit dans Ilion, allèrent la ravir au sanctuaire même de la déesse, et alors seulement Troie put être prise. Suivant la tradition romaine, les deux héros grecs n'enlevèrent qu'un faux Palladium : le vrai fut porté par Enée en Italie, et passa par la suite à Rome, où il était gardé dans un sanctuaire connu seulement du grand prêtre et de la grande vestale : on croyait à Rome comme à Troie ; que le salut de l'empire était attaché à sa conservation.
  • PALLADIUS. f. PALLADE et PALLADIO.
  • PALLANTÉE, Pallanteum, v. d'Arcadie, à 8 k. O. de Tégée, fut bâtie par Pallas, un des fils de Lycaon. C'était la patrie d'Évandre. —Ville d'Italie, bâtie par Evandre sur les bords du Tibre, prit son nom, soit de la Pallantée d'Arcadie, soit du mont Palatin sur lequel elle fut bâtie, soit enfin, selon Virgile, du jeune Pallas, fils d'Évandre.
  • PALLANTIDES, fils de Pallas, frère d'Egée, étaient au nombre de 50. Ayant voulu enlever à Egée le royaume d'Athènes, ils furent tous tués par Thésée. fils de ce prince. Aricie était fille de l'un d'eux.
  • PALLANZA, v. de la Hte-Italie (Novare), ch.-l. d'intendance, sur le lac Majeur, à 70 kil. N. de Novare; 2500 hab. Port, chemin de fer, gymnase. Napoléon y retint prisonniers les évêques d'Italie qui avaient refuséd'accéder au concordat.—L'intendance de Pallanza, entre celles d'Ossola, ValdeSesia, et Novare, le lac Majeur et le canton, suisse du Testa, a 45 kil. sur 30 et compte 80 000 hab.
  • PALLAS, déesse des Grecs. T. MINERVE.
  • PALLAS, fils d'Évandre, roi du Latium, fut tué par Turnus, roi des Rutules. Enée lui fit de magnifiques funérailles et vengea sa mort dans le sang de Turnus. Son nom fut donné au village de Pallantée.
  • PALLAS, affranchi et favori del'empereur Claude, lui fit épouser Agrippine et adopter Néron. De concert avec Agrippine, il hâta la mort du vieux prince par le poison : s'étant dans la suite rendu odieux à Néron par son arrogance, il fut lui-même empoisonné, en 60, par ordre de l'empereur, qui confisqua ses biens; ils montaient à une valeur de 60 millions de francs.
  • PALLAS (Simon), voyageur et naturaliste, né en 1741 à Berlin, m. en 181l,iut appelé dès 1767 en Russie par Catherine II, accompagna les astronomes qui allaient en Sibérie observer le passage de Vénus sur le Soleil (1768), visita en détail la Sibérie, la Tau-ride, diverses parties de la Russie, pénétra jusqu'aux frontièresdelaChine,et revintâ St-Pétersbourg publier le résultat de ses observations (1774). Il y fut nommé historiographe de l'amirauté et membre de l'Académie. On a de lui : Elenchw xoophytorum, La Haye, 1766; Spicilegiaxoologica, 1767-1780; Voyage en diverses parties de l'empire russe, en allemand, 1771-76, trad, enfranç.parG.deLaPeyronie, 1788-95; Mémoires sur les peuples Monaols, en allemand; Observations surlaformationdesmontagnes et sur lei changements arrivés à notre globe, 1777; Lingua-rum tolius orbis vocabularia, 1788 ; Tableau physique et topographique de laTaunde, 1795, en franc.; Flora rossica et Faunarossica, 1784-8; Zoographio rosso-asiatica, 1831. Pallas rectifia les erreurs de Linné et de Buffonsur la conchyliologie, donna une idée exacte des coraux et jeta les vraies bases de la géologie ainsi que de la science des fossiles.
  • PALLAVICESI ou PALLAVICINO (Oberto), capitaine de condottieri du xnr" s., se créa une souve* raineté en Lombardie et y fut le chef du parti gibelin —SforzaP., jésuite,né à Romeen 1607, m, enl667, fait cardinal en 1657, a écrit en italien Vïïistoire dv concile de Trente, Rome, 1656-57 ; trad. en latin en 1672 et en franc, en 1844 (coll. Migne). — Fer rante P., poète satirique, né à Plaisance; en 1615, mort en 1644, était chanoine deSt-AugustmàRome. S'étant fait protestant, et ayant écrit de sanglantes satires contre Urbain VIII et les Barberini, il s'attira des colères redoutables qu'il brava pendant plusieurs années en vivant à Venise; mais, ayant eu l'imprudence de pénétrer dans le Comtat, il y eut la tête tranchée. Ses OÏÏuvres permises ont paru à Venise, 1655, et ses OEwores choisies h. Villefranche (Genève), 1666. On y rémarque le Divorce cdeste, traduit en français par Brodeau d'Oiseville, 1696.
  • PALLÈNE, auj. 'Cassandn's, la plus occid. des trois-petites péninsules qui terminent arç, S. la Chal-cidique, entre les golfes Thermaïque et Toronaique, avait pour villes principales Potidée' et Scione.
  • PALLET (le), vge de laLoire-Inf., à 20 kil. N. E. de Nantes ; 1548 hab. Patrie d'Abétard.
  • PALLIKARS, nom donné jadis à des Grecs faisant partie des milices nationales reconnues par les Turc3 et destinées à combattre les Klephtes. Leurs chefs se nommaient armatpli.
  • PALLIUM, manteau des anciens et ornement que le pape envoie aux métropolitains en signe de juridiction. F. ce mot dans notre Dict. des Sciences*
  • PALLUAtF, Paludellum, ch.-l. de cant. (Vendée), a 36 kil. N. E. des Sables d'Olonne; 627 Hab.
 PALM	— ui7 —	PARU
  • PALMA, ch.-l. des lies Baléares, dans l'île de Majorque, sur la côte S. O. ; 40 000 hab. Port, avec deux châteaux forts. Evêehé, cour d'appel, université, école de navigation, de dessin; société économique; musée d'antiquités, bibliothèques. Superbe cathédrale gothique; palais du gouverneur, hôtel de ville, bourse dite la Lonja. Vins célèbres ; soieries, lainages. Patrie de Raymond Lulle.
  • PALMA, une des Canaries, par 20° long. O. et 28° iat. N.: 600 kil. carr.; 34000 hab.; ch.-l. Sta-Cruz de Palma. Mont, élevée de 3670" au-dessus de la mer; sol volcanique; côtes fertiles, pêche abondante.
  • PALMA-CAYET. T. CAYET.
  • PALMARIA, Ilot situé dans le golfe de Gênes, au S. de Piombino. Marbre noir veine d'or, dit portoro.
  • PALMAROLA. Palmaria en latin, lie d'Italie mé-rid., dans la mer Tyrrhénienne, à l'O. de Ponza.
  • PALMAS (LAS), v. forte d'Espagne (Canaries), sur la côte E. de la Grande-Canarie, capit. de toute la prov. des Canaries, au milieu d'une délicieuse val-ée, à l'emb. de la Giniguada; 9000 hab. Évêché, cour d'appel; belle cathédrale. Climat tempéré et sain ; maïs, patates, fruits, vins, pêche, cabotage.
  • PALMAS (Golfe de), Sulcitanus sinus, golfe de la Sardaigne, sur la côte S. O.
  • PALMELLA, v. de Portugal (Estramadure), à 8 k. N. E. de Sétubal; 3000 hab. Couvent où réside le grand prieur de l'ordre de Santiago.
  • PALMELLA (don P. de SOUZA-HOLSTEIN, duc de), homme d'État portugais, né en 1786 à Turin, mort en 1850, fut nommé par Jean VI plénipotentiaire au congrès de Vienne (1814), puis ministre des affaires étrangères, prépara, après la révolution de 1820, une charte pour le Portugal, et eut la plus grande part à l'établissement du trône de dona Maria (1834), qui le chargea de former un cabinet ; forcé de quitter le pouvoir, il y rentra à la chute du ministère Cabrai (1846) et fut de nouveau placé à la tête du cabinet, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort.
  • PALMERSTON (Henri-Temple, vicomte), h. d'état anglais, né en 1784 à Broadlands (Southampton), m. en 1865; fit de brillantes études à l'Université de Cambridge, et dans sa jeunesse fut dévoué au parti tory : comme tel, il fut envoyé, dès 1806, à la chambre des communes par Newport, puis (1811-1831) par Cambridge ; il devint en 1811, sous Portland, lord de l'amirauté, et fut secrétaire de la guerre sous les ministères qui se succédèrent de 1809 à 1830. Vers cette époque, il entra dans les rangs des whigs, ce qui lui fit perdre les suffrages de Cambridge; mais il fut en 1835 renvoyé au parlement par Tiverton, où son mandat lui fut toujours renouvelé depuis. Ministre des affaires étrangères, de 1830 à 1841, sous les ministères whigs des lords Grey et Melbourne, il reprit et occupa, de 1846 à 1851, puis de 1855 à 1858 et de 1859 à 1865, ces fonctions pour lesquelles il montra une remarquable aptitude, et où il présida à toute la politique étrangère de son pays ; il fut dès lors le véritable chef du ministère. Il s'efforça de maintenir un équilibre diplomatique propre li. .assurer à l'Angleterre une influence prépondérante. Ses principaux actes en ce sens sont : le traité de la auadruple alliance (15 juillet 1840), conclu avec la Russie, l'Autriche et la Turquie; la rupture de l'entente cordiale avec la France à propos des mariages espagnols ( 1846) ; l'appui direct et indirect donné à la Révolution italienne (1859 et années suivantes); la résistance au percement de l'isthme de Suez, etc.
  • PALMES (cap des), cap situé à l'extrémité N. O. du golfe de Guinée, par 4" 81' lat. N., 10° 1' long. O.
  • PALMEZEAUX-CUBIÈRES. V. COBIÈRES.
  • PALMYRE, Tadmor en arabe, v. célèbre de la Syrie ancienne, dans une oasis, au milieu du désert qui s'étend entre Damas et l'Euphrate, à 260k. N. E. de Damas età 140 k. O.de l'Euphrate, fut ainsi nommée à cause de ses beaux palmiers, et dut à sa position un grand commerce de transit et des richesses considérables. On en attribue la fondation à Sa-lomon. Détruite par Nabuchodonosor le Grand lorsqu'il marchait sur Jérusalem, elle se releva bientôt. Sous les Séleucides, elle servit d'intermédiaire entre leurs deux capitales, SéleuCie et Antioche. Elle eut longtemps de petits princes, qui se maintinrent dans une espèce d'indépendance jusqu'au ni" s., époque à laquelle ils devinrent tri bu taires de R ome. Odénat, l'un d'eux, se rendit célèbre sous Gallienpar ses exploits contre les Perses et contre plusieurs des trente tyrans; il en fut récompensé par le titre d'Augusîe (c-à-d. d'associé à l'empire). Zénobie, sa veuve, se fit après sa mort proclamer reine d'Orient, mais elle attira ainsi sur ses Etats les armes d'Aurélien : elle succomba, et avec elle périt la principauté de Pai-myre, qui devint province romaine (272). — Les ruines de la ville de Palmyre sont encore magnifiques; elles sont situées par 34° 25' lat. N., 36° 40' long. E., à 245 kil. S. E. d'Alep, à 260 kil. N. E de Damas, et ont conservé le nom de Tadmor, on y remarque surtout les restes du temple du Soleil. Elles ne furent connues des Européens qu'en 1691 ; elles ont été éloquemment décrites par Volney.
  • PALMYRÈNE, territoire de PALMYRE.
  • PALNATOKE, corsaire danois au x« s., avait formé une espèce d'association de piraterie chevaleresque, dont le fort d'Isemsborg (dans l'île Wollin) était le ch.-lieu. Il tua en 991 Harald Blaatand. Il est le héros d'une tragédie d'Œhlensehkeger.
  • PALOMINO DE VELASCO (Antonio), peintre espagnol, néàBujalance, près de Cordoue. en 1653, m. en 1725, travailla immensément à Madrid, à l'Escu-rial, àValence, à Grenade, à Cordoue, et fut nommé en 1690 peintre de la cour. On vante surtout sa Confession de S. Pierre, à Valence, ses fresques du choeur de l'église de Cordoue, et celles du chœur des Chartreuses de Grenade. Cet artiste dessinait purement, composait avec soin et connaissait bien l'anatomie et la perspective; sa couleur est agréable et pleine d'harmonie; mais ses types et ses expressions manquent souvent de noblesse. On a de lui le Musée de peinture, Madrid, 1715-24, 3 vol. in-fol., dont le dernier contient l'histoire des peintres espagnols.
  • PALOS, v. et port d'Espagne, dans l'anc Andalousie, à 15 kil. S. de Huelva, à l'emb. duTinto dans l'Atlantique; 1000h. C'estlàque Christ.Colomb s'embarqua pour la découverte de l'Amérique (1492).
  • PALSGRAVE (Jean), grammairien anglais, né à Londres vers 1180, m. vers 1554, enseigna le français à la princesse Marie, sœur de Henri VIII. Il a publié en 1530, sous le titre d'Éclaircissement de la langue française, en anglais, une grammaire française, la plus ancienne connue, qui est utile pour l'histoire de la langue et de la littérature, parce que l'auteur choisit ses exemples dans les poètes et les écrivains des xiv° et xv° siècles. Ce livre, excessivement rare, a été réimprimé en 1852 parGénin dans les Documents inédits sur l'histoire de France.
  • PALUS HL3EOTIS, la mer d'Azov. T. MËOTIDE.

[modifier] PAM

  • PAMIERS, v. de France, ch.-l. d'arr. (Ariége), à 19 k. N. de Foix, sur l'Ariége; 7910 h. Ëvêché, suf-fragant de Toulouse, institué en 1296; trib. de 1" inst., collège. Filatures, limes, faux; fromages, bestiaux. Aux env., source minérale qui guérit les obstructions. — Cette ville, nommée primitivement Fre-delas, en latin Fredelatum ox^Fridèlacum, fut la capitale de l'ancien comté de Foix. Roger de^Foix, de retour de la 1" croisade, y bâtit vers IlOi'ûn château qu'il nomma Apamée du nom d'une ville de Syrie; de là, par corruption, le nom modernédePa-miers. L'emplacement de ce château forme auj. la promenade du Castellat, d'où l'on jouit d'une vue magnifique. Pamiers fut dévastée par la peste en 1553, prise et saccagée par le prince de Crindé en 1628.
  • PAMISUS, riv. du Péloponèse, se jetait dansle golfe de Messénie après avoir formé la limite entre laMessé-n ie et la Laconie. — Riv. de Thessalie, affl. du Pénée.
 PAMP	— IUS —	PANA
  • PAMhilCO-SOUND, golfe des États-Unis (Caroline du Nord), entre 35°-35? 40' lat. N. et W 50'-79° long. O.; 110 kil. du N. au S. 0. et 4fr de large. II est fermé du côté de l'Atlantique par trois îles longues et étroites, dont l'une projette le cap Hatteras. Il reçoit le Tar ou Pamlico-River et la Neuse.
  • PAMPAS, vastes-plaineede l'Amérique du Sud qui s'étendent surtout dans la partie mérid. du gouvt de Buenos-Ayres, depuis le Rio de la Plata jusqu'auprès des Andes, sont peuplées d'innombrablestroupeaux de chevaux et, de bœufs sauvages, dont les peaur et las cuirs font la richesse' du pays. Ces plaines sont habitées par tes Gauchos, d'origine espagnole,,qui vivent indépendants et se, livrent à la? chasse*.
  • PAaiPEL03SNE.ch.-L de canfc. (Tarn)', surla Viaur, à 30 kil. N» BL d'Alby ; 2268 nabi Mes.
  • PAMPELUNE, Pompeiopolis,, Pompela chez les LatinsT Pamplona en espagnol, v. forte d'Espagne, ch.-l.âe l'intendance de ce nom et delà capitainerie générale de Navarre, sur l'Arga, à 3.10;kil. N» E. de Madrid; 10 000 hab. Évêché, cour d'appel. Citadelle , fortifications; cathédrale,, palais; du; vice-roi de Navarre, promenade de la Taconera,; beau cirque pour les combats de taureaux-, achevé1 en 1844-, et pouvant contenir 8000 personnes ;, chemin der fër. Tissus de laine et de soie; forges, fonderie de projectiles de fer, fabr. de1 plaques en fer et en acier; commerce de vins. — Ville très-ancienne; fondée ou restaurée par Pompée, dont elle prit le nom. Elle fut prise en 778 par Gharlemagne. Longtemps capitale de toute la Navarre> elle devint, après Indivision de iBiNavarreen N. franc, et N. espagnole (1512), la capit. de la Navarre espagnole. Enlevée; aux Espagnols en 152L par André de Foix, seigneur de Les-para,frère de Lautrecrquila perdit la même année : c'est à ce siège que fut blessé Ignace'de Loyola. Les Français entrèrent encoradans Pampelune en 1808 et 1823. Elle a étésouvent prise et reprise dans les dernières guerresciviles d'Espagne;(1831-1842). — L'intendance de- Pampelune n'est autee que l'ano. Navarre. V. es nom.
  • PAMPHILE ouPAMPHYLE, peintre grec, né en Macédoine, vivait sous,Philippe, au rv°' s. av. J.-C. Il fonda l'école de Sicyone et tut le maître d'Apelle. Il exigeait que le peintre possédât la géométrie-et était lui-même: boni mathématicien.
  • PAMPHILE (S.), était magistrat à Béryte lorsqu'il embrassais Christianisme. Il remplaça Origène dans la direction de l'école d'Alexandrie et en fonda lui-même une à- Césarée de Palestine. 11 fut arrêté en! 307 comme chrétien, resta deux ans: en prison et subïtie martyre en 309. Onluidoitune bonne édition del&BiotB, un savant, commentaire sur les Â'ctes des Apôtreset une Apologie d!Origène, en 5 livres, dont il ne reste qu'une trad. latine. On le fête le 1er juin.
  • PAMPHYLIE, auj. partie O. du pachalik d'UthUt," contrée de l'Asie Mineure, au S., sur la Méditerranée, entre la Lycie à BO. et la Cilicié à l'E., était bornée au N. par laPisidie et était traversée-par le^ Taurus. La côte y forme un golfe appelé golfe de Pamphylie. Attalie, Qlbie, Side, Perge, Aspendus, Ptolèmaïs en étaient les villes principales. —La Pamphylie fut occupée , après la guerre de Troie, par' dos bandes grecques,, sous la conduite de Mopsus, d'où le pays lut d'abord appelé Mopsopia. Elle doits le nom de Pamphylie (depifc, tout, et pkylê, tribu): à la,diversiié des peuples qui l'avaient colonisée. Soumise aux Perses:,,puis:à Alexandre et aux» rois de Syrie, elle fut donnée à Eumène par les Romains après la défaite d'Antiocbîis le Grand; et leur fit retour avec le reste,duroyaume dePergame.-Cédéeenpartie par Antoine, avec*la,LyBaonie et laGalatie, au Galate Amyntan, elle, forma après, la: mort de ce dernier (24 av. J;-G.) une province impérialeiàilaquelleplus tard Claude joignit la Lycie. Lors;de la réorganisation de l'Empire par Constantin, elle- fut comprise dansle diocèse d'Asie et laipréfecture d'Qrienfe ayant Aspendus pour capitale. Elle a, depuis, subl.toutes 'les vicissitudes de FAsîe Mineure, et'est passée avec elle sous le joug des Arabes, puis des Ottomans.
  • PAMPLONA, V. de laNouT.-Grenade, eh.4. delà prov. de Pamplonï, sur la Zulia, £450 k. îî. E. de Bogota;- 3200 h. Ëvêché. Fondée en 1849. — Lapiov. de Pamplona,une des 4dudép. de Boyaca, a 235 k. id'E. à l'O. sur 125 et SO000 hab. Cacao, tabac, etc. Mines d'or, .d'atgent, de cuivre, de plomb.
  • PAN, dieu "grec, fils; de Jupiter et de Callisto, présidait aux troupeaux et aux pâturages, et passait pour l'inventeur d'à chalumeau. Ëprisde la nymphe Syrinx, il se mit 5 sa poursuite et eut la douleur de la voir se changer en roseau au moment oft il allait la saisir ; il ne fut pas plusheureux auprès de lanym-phe Echo. On figurait ce? dieu couvert d'une'pean de , bouc, ou même avec les cornes, Tes pieds et les cuisses î velues de cet animal, et tenant à la-main un bâton recourbé. On lui donne pour cortège des êtres de même forme, dits pans, egipans (c-à-d. pans-chè-vres), êtres qui diffèrent peu àesSatyres. Le Faune desLatinsressemblefort'auPan des Grecs; cependant on les distinguer C'est en Arcâdie surtout que- Pan était adoré. Ses fêtess^ynommaient Lycées;. à Rome, elles furent appelées iaperasfe. Le bas peuple en Grèce croyait que: Pan faisait des oourses nocturnes , dans les montagnes; ses apparitions subites jetaient partout l'effroi; delàlenomde terreur panique,—A l'époque de l'invasion: des idées orientales en- Grèce et à Rome, Pan devint un dieu suprême, identique à la nature ou, i l'universalité des êtres (paK.tbut). On confondait Paff ainsi envisagé avec l'Osiris des Egyptiens : de là le nom de Banopvlis donné'par les Grecs à une ville de la- Hte-Egypte où Osiris était adoré. Pan est aussi quelquefois identifié avec le dieu Mandou des: Égyptiens.
  • PAJS^Tros,,pMosoplie stoïcien, né à Rhodes vers 190 av. J.-C, florissait vers 150.11 étudia d'abord à Athènes sous Antipater de Tarse, puis vint à Rome, et y ouvrit une-école, qui fut fréquentée par les jeunes gens lesplus,distingués. P. Scipion, Hun devses disciples, voulut que kr philosophe s'établît1 dans sa propre maison,, et^l'emmena aveclui danslesdiverses missions dont il rut chargé. Plus fard, Pànaîtius retourna à Athènes pour yremplacer dans'lac chaire du Portique son .maître" Antipater : c'est dans cette ville qu'il mourut; presque nonagénaire. Ce philosophe avait composé plusieurs ouvrages fortestimés. qui ne nous sont pas parvenus7, entreautres un traité des Devoirs qui afourni- le fond des (ityTices'da-Cicé-ron; un livre des Sffcîsr,; ou'il soumettait àsa censure les-diverses doctrines philosophiques, (on en trouve

Utê de Vâme, etci II'enseignait un stoïcisme mitigé, et faisait à l'Académie e* au Lycée les concessions exigées par le bon; sens.. On peut consulter sur ce phk losophe les recherchesile l'abbé Sevin (danslesifém? de>l'Acad. des inscriptions, t. X) et une dissertation de Van Lynden, de Panœtio, Leyde, 1802.

  • PANiETOLIoar. V. ËTOLIE.
  • PA3SAMA, v. dè-l'Amérique, dans la Nôuv.-Gre-nads-, oh.-l. de rEtat de son nom, sur l'isthme de Panama et l'Océan Pacifique, au. fond d'une vaste baie*, par- 81"" 47? long; O., 8* 58' lat. N. ; 12 000 h. Evêeiié, collège. Ville-'bienbatiB, belle cathédrale, beaux couvents, hôpital.Pbrt peu sût. Commerce déchu de ce qu'il' étaitjadîs, lorsque Panama était l'entrepôt des trésors du Pérou.—II a existé de 1618 à 1670 une \"> ville de Panama, S15 k. de'la v. actuelle. Cette-ville, fondée par Bàvilà, fut incendiée en 1670 par lesfifBustiers, conduits par l'aventurier Morgan; enla relevant •on'ohoisit'Tin emplacement moins accessible. En 1824' eut lieu! S Panama un -congrès, qui-donna peu de résultats:; un autre congrès, en 1826', amena un-traité;d'alliance offensive et défensive entre diverses républiques de l'Amérique-dii S. — La- v. de Panama donne son nom à un 'des Etats fédéraux- delaNouvi-Grenade, appelé ausstl'fst/wne,borné au N par la mer des Antilles, àl'E., par le dép. de la Cauca, au S. par le grand Océan équi-noxial, et à l'Q* par le Guatemala; 700 kil. sur 230; 170000 h. Cet État a été formé en 1855.
 PÀNC	— 1419-   PAND
  • PANAMA (Isthme de), langue de terre qui joint les deux Amériques, entre la mer des Antilles au N. et l'Océan Pacifique au S., a une longueur d'env. 260 k. et n'a dans certains endroits que 60 kil. de large; l'isthme est traversé dans toute sa longueurpar les Andes. Son peu de largeur a fait songer à le couper par un canal qui unirait l'Atlantique au Pacifique. Dès à présent, un chemin de fer, ouvert en 1855 et long de 64 k. (allant d'AspinwaU, sur le golfe du Mexique, à Panama, sur le Pacifique), permet de traverser l'isthme en quelques heures. — On donne le nom de Golfe de Panama à l'enfoncement formé parjle Grand-Océan sur la côte mérid. de l'isthme de Panama, de 6° 50' à 7° 13' lat. N. et de 80° 10' à 82° 45' long. O.
  • PANARD (Ch. Fr.), vaudevilliste et chansonnier, né en 1694 à Nogent-le-Roi, près de Chartres, m. en 1765, avait composé près de 80 pièces, soit seul, soit de société avec Collé, Piron et Gallet; il publia en 1763 un volume de ses oeuvres dramatiques, qui ne contient que 5 comédies et 13 opéras-comiques. Ses OEuvres choisies, autres que ses comédies, ont été publiées par Armand Gouffé_, Paris, 1803,3 vol. in-18.
  • PANARO, Scultenna, riv. d'Italie, naît au mont Cimone,dans les Apennins, borde au S. l'anc. duché deModène, et se jette dans le Pô, parlar.dr., auprès un cours de 125 kil. Elle adonné son nom àundép. du roy. d'Italie de Napoléon, formé de la partie E. du duché de Modène et qui avait pour ch.-l. Modène.
  • PANATHÉNÉES, Panathenxa (de pân, tout, et Athéné, Minerve), grande fête athénienne, célébrée en l'honneur de Minerve, tirait son nom de ce qu'elle réunissait tous les peuples placés sous la protection de Minerve. Instituée par Erichthonius vers 1495 av. S.-G., elle reçut un nouveau lustre de Thésée, qui fit de Minerve la déesse de toute l'Attique, et de sa fête le rendez-vous et le lien commun des peuples de tous les bourgs de cette contrée. Elle fut renouvelée en 566 av. J.-C. On distingua plus tard les grandes et les petites Panathénées. Les premières se célébraient tous les 5 ans; les secondes tous les ans. On déployait dans les grandes Panathénées une magnificence extrême : la. cérémonie principale était la procession du péplum ou voile de Minerve, pro-cessionqui se rendait du Céramique à la citadelle; puis venaient les lampadadromies (courses avec des flambeaux à la main), des danses et des jeux gym-nastiques, des représentations dramatiques dans lesquelles les poètes disputaient le prix, enfin des festins publics. Le prix des vainqueurs était une simple couronne d'olivier et un vase d'huile.
  • PANA Y, une des !les Philippines, de forme trian-gulaire,par 120° 10' long. E.,U° 15'lat. N., a 160 k. sur 130; 300 000 h. Résidence d'un gouverneur espagnol. Sol très-fertile : riz, canne à sucre, poivre, etc;beau-coup de bétail, chevaux. Les habitants sont des Papous et des Bissayos, peuple très-industrieux.
  • PANCHAIE, Panchœa, partie de l'Arabie Heureuse renommée chez les anciens pour la qualité et la quantité de parfums qu'elle produisait (myrrhe, encens). On la place ordinairement dans la Sabée(à la pointe N. E. de l'Arabie, sur le golfe Persique) ; d'autres y voient une ile voisine de l'Arabie Heureuse, laquelle aurait été découverte par Ëvhémère, qui en fait un séjour enchanteur; et ils la placent dans l'Ile moderne à'Abdal-Curia, entre Socotora et le cap Guardafui, à la pointe orientale de l'Afrique, ou dans l'île de Moœria, sur la côte S. E. de l'Arabie, en face du pays d'Oman; mais les géographes les plus sérieux doutent même de son existence.
  • PANCD3.OLI (Gui), jurisconsulte, né à Reggio en 1523, m. en 1599, professa le droit à Pavie, à Turin, et publia, entre autres écrits: Commentarius in No-titiam de utriusque imperii magislratibus ; De Ma-gistratibus municipalibus ; De clarisjuris interpretibus;De rébus inventis et perdiUs, 1599. Ce dernier ouvrage, rédigé originairement en italien, fut trad. en latin par SahauthdèS! 1599 et en français par Lanoue, 1617 : c'est le plus curieux de ses écrits. Ses ÛEuwes juridiques ont été réunies à Veniseen 1584, sous le titre de Tractaiusuniuetsi juris.
  • PANCK.OUCKE (Ch. Joseph), imprimeur-libraire, né à Lille en 1736, m. en 1798, était fils d'André Joseph, libraire à Lille, connu par quelques ouvrages singuliers:VArt de désopiler la rate; Dictionnaire des Proverbes français, etc. Charles vint s'établir à Paris à 28 ans, forma uns des librairies les plus renommées de l'Europe, éleva le Mercure de Franceh un haut degré de prospérité, publia avec Beaumarchais le Voltaire de Kehl, entreprit l'Encyclopédie méthodique, et créa le Moniteur. Au milieu de ces vastes entreprises, il trouva le temps de composer lui-même plusieurs ouvrages : il traduisit Lucrèce, 1768, donna, en société avec Framery, des traductions de I'Arioste et du Tasse, rédigea une Grammaire élémentaireet mécanique à l'usage des enfants, 1795, et écrivit nombre de 'brochures de circonstance. — Son fils, Ch. L. Fleury Panckoucke, né en 1780, m. en 1844, s'estaussi distingué comme éditeur et comme auteur. Il a édité le grand Dictionnaire des sciences médicales, les Victoires et conquêtes des Français, la 2* édit. de la Description de l'Egypte, et une ample collection'des auteurs classiques latins, avectrad. franc., sous le titre de Bibliothèque latine-française (Paris, 1825-39, 178 v. in-8), qu'il compléta, de 1842 à 1850, par une 2e série en 33 v., comprenant les auteurs du 2" ordre; il a fourni lui-même à cette collection une traduction complète de ï,acite.Grandamateurd'objetsd'art,Panckouckeavait formé une riche collection renfermant des vases grecs, des antiquités égyptiennes, grecques et romaines, des tableaux, des livres rares, des curiosités de toute espèce ; il a ordonné par testamentd'enformerlOO ans après sa mort un musée communal à Meudon.
  • PANCSOVA ou PANTCHOVA, v. forte de Hongrie (Confins militaires), ch.-I. dn régiment allemand du Banat, au confluant de la Témès et du Danube, à 100 kil. S. S. O. de Temesvar et 170 S. E. de Bude; 12 000 hab. Siège d'un protopape.
  • PAND^MONIUM, nom donné par Milton à l'assemblée des démons et au lieu de leur assemblée.
  • PANDARUS, fils du troyen Lycaon et ami de Paris, était un des plus braves guerriers de l'armée de Priam. Impatient de combattre, il viola la trêve conclue entre les Troyens et les Grecs en décochant un trait sur Ménélas ; il fut bientôt après tué par Dio-mède, qu'il venait de blesser.
  • PANDATARIE, Vendotena, îlot de la mer Tyr-rhénienne, sur la côte mérid. du Latium, vis-à-vis du cap de Circé, était un des lieux d'exil sous l'empire romain. C'est là que furent relégués et que moururent Julie, fille d'Auguste, Agrippine, femme de Germanicus, et Octavie, fille de Claude.
  • PANDECTES, recueil de lois romaines. V. ce mot et l'art, DIGESTE dans notre Dict. univ. des Sciences.
  • PANDION, 1" roi d'Athènes, fils et successeur d'Ërichthonius, et père d'Ërechthée , de Progné et de Philomèle , régna de 1556 à 1525 av. J.-C, et vainquit le roi de Thèbes Labdacus. II institua en l'honneur de Jupiter des fêtes appelées de son nom Pandies. — Un autre Pandion régna sur Athènes de 1405 à 1381, et fut chassé après 24 ans de règne par les Métionides, issus d'Ërechthée. Il fut père d'Egée, qui remonta sur le trône.
  • PANDIONS , nom qui, sous diverses formes, se retrouve sur plusieurs points de l'Inde, désigne et des rois appartenant à la dynastie des Pandavas ou Pan-dous et des peuples soumis à ces rois. On trouve d'abord, d'après Strabon, un Pays de Pandion situé entre l'Indus et ses affluents, et sans doute analogue au Pays des Pandovi ou Pandoûs, que Ptolémée place entre l'Indus et l'Hydaspe; puis, dans le pays actuel des Radjepoutes, entre le Bas-Indus et les ai-fluents occidentaux du Gange, les Pandx, nation puissante, habitant 300villes, pouvant armer 150000 ommes et 600 éléphantsde guerre, et néanmoins soumise au gouvernement des femmes; enfin, au S. de l'Inde un Pays de Pandion, ayant pour capitale Mo-dura (auj. Madura, en face de Ceylan) : ce dernier royaume comprenait à l'époque d'Alexandre toute la "pointe de la presqu'île, la cote du Malabar et celle de Coromandel jusqu'au cap Calimère; mais, au temps de Ptolémée, il était réduit à l'intérieur du pays et à la côte de Coromandel jusqu'au cap Cory. PANDIT, nom indien qui correspond à celui de docteur, est ordinairement porté par les Brahmes qui se destinent à l'enseignement.
 PAN1	   — 1420 —	PANT
  • PANDJAB, PABDJNAD. F. PENDJAD, etc.
  • PANDOLFEI, dit Tête de Fer, prince lombard, de Capoue, fils et successeur de Landolfe IV, régna de 961 à 981, réunit sous sa domination, grâce à l'appui d'Othonl, les villes de Bénévent, Capoue, Salerne, Camerino, Spolète. fut en guerre avec les Grecs qui le battirent à Bovmo (juin 968) et le firent prisonnier, redevint libre en 970, essaya de se venger des attaques que les Napolitains avaient dirigées sur ses États en son absence, mais ne put prendre Naples. — Quatre autres princes du même nom et de la même maison régnèrent après lui à Capoue.
  • PANDORE, nom de la 1™ femme, selon la Fable. Elle fut modelée par Vulcain, animée par Minerve, et dotée de toutes les qualités par les autres dieux, qui chacun lui firent un don (d'oùson nom, dérivé de pan, tout; dôron, don). Jupiter, voulant punir Prométhée d'avoir dérobé le feu céleste, lui envoya Pandore pour épouse, après avoir mis entre ses mains une boîte où tous les maux étaient enfermés. Prométhée, soupçonnant un piège, refusa de recevoir Pandore et sas présents ; mais Êpiméthée, son frère, moins prudent, l'accueillit, la prit pour épouse et ouvrit la botte : aussitôt tous les maux se répandirent sur la terre ; il ne resta au fond de la boîte que l'espérance. L'invasion de tous les maux fit naître le siècle de fer. Pandore est l'Ève des Grecs.
  • PANDOSBE, v. d'Epire , au S., aux confins de la Molossideet delaThesprotie, sur uneriv. d'Achéron.
  • PANDOUR, vge de Hongrie (Pesth), à 36 kil. S. de Kolotza : ses. habitants, d'abord employés à la poursuite des voleurs, puis organisés en corps francs, ont fait donner le nom de Pandours aux divers corps francs que l'Autriche avait à sa solde.
  • PANDOUS ou PANDA VAS , cinq frères célèbres dans la mythologie indienne, qui, suivant leMahabharata, disputèrent le trône de l'Inde aux Kourous, leurs cousins, et finirent par l'emporter sur eux par la protection de Krichna. La lutte des Kourous et des Pandous a fourni nombre d'épisodes au Mahabharata.
  • PANÉAS. F, CÉSARÉE DE PALESTINE.
  • PANETEER (le Grand), officier de la couronne de France. F, ce mot au Dict. univ. des Sciences. PANÊTICS. F. PAIUETIUS.
  • PANFILI. F. INNOCENT X.
  • PANGE, v. d'Alsace-Lorraine, sur la Nied, à 12 k. S. E. de Metz; 394 hab. Beau château.
  • PANGÉE, Pangteus , auj. monts Castagnia ou Pounar-Dagh, petite chaîne de mont, de la Thrace et de la Macédoine, joint le Rhodope à l'Hémus^ et donne naissance au Nestus. On y trouvait des mines d'or et d'argent.
  • PANIN (Nikita Ivanovitcn, comte), issu des Pa-nini, illustre famille de Lucques, né à St-Péters-ourg en 1718, m. en 1783, était fils de Jean Panin, général de Pierre I". D'abord soldat dans les gardes de l'impératrice Elisabeth, il devint son chambellan, puis son écuyer, fut ambassadeur à Copenhague en 1747, à Stockholm en 1749, gouverneur du grand-duc Paul Pétro-witch de 1760 à 1773, et enfin ministre de Catherine II, quSl avait aidée à monter sur le trône. —Sonfrère.P. Panin, se distinguaàla prise de 3enderet triompha de l'insurrection de Pougatchef. PANIONIUM, nom donné à la confédération ionienne et au lieu où s'assemblaient ses députés. On y comptait 12 cités : Êphèse, Milet, Myonte (remplacée dans la suite par Smyrne), Phocée, Célopnon, Téos, Êrythres, Clazomènes, Priène,-Lébêdos, Sa-mos, Chios. Le lieu delà réunion était un temple bâti sur le mont Mycale en l'honneur de Neptune par les colonies confédérées. Ijes Ioniens y célébraient en commun des fêtes appelées Panionia, mêlées de sacrifices en l'honneur du Dieu et de jeux solennels. D'après les Marbres de Paros, l'établissement de ces jeux, destinés à. resserrer lesliens qui unissaient les villes ioniennes, remontait à l'année quiprécêdal'ère des olympiades, c.-à-d. à l'an 777 av. J.-CV.
  • PANIPOTOUPANIPET, v. de l'Inde anglaise (Pendjab), à 85 kil. N. O. de Delhi. H se livra, dans ses environs deux grandes batailles :en 1525, les Mongols y défirent les Afghans; en 1761, ceux-ci taillèrent en pièces les Mahrattes.
  • PANNAH, v. de l'Inde anglaise, dans rAuah-Abad et le district de Bundelkand, à 160 k. O. S, O. d'Al-lah-Abad. Aux environs, riches mines de diamants, qui, sous le règne d'Akbar, rapportaient 2 500 000 fr. par an,, mais qui sont en partie épuisées aujourd'hui.
  • PANNONIE, Pannoriia, auj. partie E. de l'Autriche, Esclavome, Croatie, et partie O. de la Hongrie; région de l'Europe anc., bornée au N. et à l'E. par le Danube, qui la séparait de la Germanie et de la Dacie, à l'O. parle Norique, dont la séparait le mont Cêtius, et au S. O., vers l'Italie, par les Alpes Cot-tiennes. Ce pays fut dès le n' s. divisé en deux provinces : Pannonie 1" ou Haute, et Pannonie 2° ou Bosse, séparées par VArraoona.(Raab). La 1'° était à l'O. et avait pour capitale Petoviù (auj. Petau) ; la 2", à l'E., eut pour capit. d'abord Aquincum (Vieux-Bude), ensuite Sirmivm. Au rv* s,, on retrancha de la Pannonie 2e la pays entre la Drave et la Save, auquel on donna le nom de Savie I Sirmhm en fut le ch.-l., et Aquincum redevint celui de la Pannonie 1". — Les premiers habitants de la Pannoiiie étaient Celtes d'origine. Longtemps indépendants, ils furent soumis par les rois deMacédoine Philippe et Alexandre. Auguste pénétradans cette contrée, et Tibère, après une guerre de plusieurs années, en compléta la conquête. Lors du partage de l'empire, elle fut comprise dans l'empire d'Occident et dépendit du diocèse d'Illyrie. Des Romains, elle passa aux Huns, puis aux Ostrogoths (F. ce nom). Revenue k l'Empire sous Justinien, elle fut ensuite conquise parles Lombards, puis parles Avares, et enfin comprise dans l'empire de Gharlemagne. Les Hongrois en enlevèrent une grande partie aux descendants dé ce prince.
  • PANOFEA (Théod,), savant prussien, né àBreslau en 1801, m. en 1858, était conservateur des vases peints du musée de Berlin et correspondant de l'Institut. Il s'est exclusivement occupé de oéramogra-phie et a écrit sur cette branche des antiquités un grand nombre d'ouvrages, allemands, français et italiens, qui ont avancé la science.
  • PANOPOLIS (c.-k-êui)illedePûn), primltivt Chem-mis, auj. Akmym, v. de la Hte-Egypte, sur la r. dr. du Nil, entre Ptolémaïs et Antaeopolis et vis-à-vis Crocodilopolis. Osiris, le Pan des Grecs, f était particulièrement honoré (d'où le nom grec de la ville). Le poète Nonmis y naquit.
  • PANORME, auj. Paterme, v. de Sicile, sur la côte N., fondée par les Phéniciens, fut la capït.delaSi-?cile carthaginoise, et fut prise par les Romains êtt 254 av. J.-C. Gélon y défit le Carthaginois Amilcar en 480 av. J.-C. F.PALERME. — Le nom de Panor-mus, qui veut dire port sûr, désigne aussi plusieurs ports de l'anc Grèce,en Épire, en Attique, en Achaîe.
  • PANSA (C. Vibius), consul en 43 av. J.-C, avec Hirtius, marchaavecsoncollègue contre M.Antoine, fut vaincu devant Modène et périt dans la bataille.
  • PANTALÉON (S.), était médecin, et subit, à- ce qu'on croit, la martyre à Nicomédie, sous Galère, ea 303. On l'honore le 27 juillet.
  • PANTALEON (Jacques), pape. T. URBAIN iv.
PANV — 1421 — PAPE
  • PANTELLARIE, jadis Cosyra, lie de la Méditerranée, voisine la côte d'Afrique, mais dépendante de la Sicile, a 60 k. de tour ; 7000 h. ; ch.-l. Oppidolo.Vol-can éteint, vallées très-fertiles. Cette île, jadis puissante par sa marine, a appartenu aux Phéniciens et aux Carthaginois. Elle sert auj.de prison d'Etat.
  • PANTÈNK (S.), stoïcien, se convertit au Christianisme et devint en 179 le chef de l'école chrétienne d'Alexandrie. Le patriarche Démétrius, l'ayant institué apôtre des nations orientales,- il passa dans l'Inde et y séjourna plusieurs années; puis il revint à Alexandrie où il vivait encore en216. Il est compté parmi les docteurs de l'Église : il eut, entre autres disciples , S. Clément d'Alexandrie. On l'hon. le 7 juillet.
  • PANTIIÉE, femme d'Abradate, roi de laSusiane, tomba au pouvoir de Cyrus, qui l'épargna et la traita avec respect. Abradate, par reconnaissance, servit dans les rangs des Perses contre les Lydiens : il pé-ritàla bat. de Thymbrée (548av. J.-C.),etPanthée, ne voulant pas lui survivre, s'immola sur son corps.
  • PANTHÉISTES (de pan, tout, et théos, dieu), philosophes qui réduisent tous les êtres à un seul, Dieu. V. ce mot dans notre Dict. univ. des Sciences.
  • PANTHÉON, célèbre édifice de Rome, construit sous Auguste aux frais d'Agrippa, dans le champ de Mars, et terminé l'an 25 av. J.-C. Bien que consacré originairement à Jupiter Vindicator, il fut ensuite destiné à recevoir les statues de tous les dieux (pan, théos). Il fut restauré par Adrien, après avoir été en partie détruit par la foudre. Dépouillé par les barbares de toutes ses richesses, il courait risque d'être ruiné complètement, lorsque le pape Boni-face IV l'obtint de l'empereur Phocas et le sauva en le consacrant à Ste-Marie aux Martyrs (61C). Ce temple existe encore (place de la Minerve); on l'appelle vulgairement Ste-Marie de la Rotonde. Le Panthéon est remarquable surtout par son dôme, qui a 44™ de diamètre; mais cette mesure étant aussi celle delà hauteur de l'édifice, le tout paraît lourd et écrasé.
  • PANTHEON FRANÇAIS (le), l'un des plus magnifiques monuments de Paris, s'élève au haut de la montagne Ste-Geneviève ; il est construit en forme de croix grecque, est précédé d'un vaste portique orné de 22 colonnes corinthiennes, et est surmonté d'un immense dôme qui se termine par une élégante lanterne. — Ordonné en 1757 par Louis XV par suite d'un vœu qu'il avait fait à Metz pendant sa maladie , et destiné à remplacer l'antique église de Ste-Geneviève, qui menaçait ruine, l'édifice fut commencé en 1758, sur les plans et sous la direction de l'architecte Soufflot, et terminé en 1790. L'Assemblée nationale, changeant sa destination, décréta en 1791 qu'il serait consacré à recevoir les restes des grands hommes : il prit alors le nom de Panthéon et reçut cette inscription : Aux grands hommes la patrie reconnaissante. Rendu au culte en 1821, il reprit le nom de Ste-Geneviève. Le titre de Panthéon lui fut donné de nouveau après 1830; un décret du 22 mars 1852 l'a définitivement

estitué au culte et consacré à la patronne de Paris.

  • PANTICAPÉE, Panticapaeum, auj. Kertch, v. de la Tauride, sur le Bosphore Cimmérien, était d'origine milésienne. Elle jouit pendant UQ temps de l'indépendance, mais finit par devenir sujette des rois du Bosphore, qui en firent leur capitale. C'est là que mourut Mithridate et que régna Pharnace.
  • PANTIN,ch.-l. de c (Seine), près du canal de l'Ourcq et presque contigu à l'enceinte actuelle de Paris, au M. E.; 4842 h. Aux env., carrières de moellons et de pierres à plâtre; dépôt d'immondices, équarrissage. PANTOMIMES, comédiens qui représentent des drames uniquement par gestes.sans s'aider du discours. V. ce mot dans notre Dict. univ. des Sciences. PANVIN OU'PANVINIO (Onuphre), savant, né à Vérone en 1529, m. en 1568, fut ermite de St.-Augustin, professeur de théologie à Florence (1554), attaché à la bibliothèque du Vatican sous le pape Marcel II, et lnissa beaucoup d'ouvrages d'histoire et d'antiquités, entre autres : Èpitome romanorum pontijicum usque ad Paulum IV, Venise, 1567 ; Fasti et triumphiRomanorum, 1557; De Sibyllis et carminibus sibylli-nis, 1567 ; De ludis circensibus, 1600.
  • PANYASIS, ancien poète grec d'Halicarnasse, auteur d'un çoëme(auj. perdu)surlesl2travauxd'Hercule, vivait au commencement du Ve s. av. J.-C. et était oncle d'Hérodote. Il fut mis à mort par Lygda-mis, usurpateur du pouvoir dans sa patrie, auquel il faisait opposition. Le poëme de Panyasis est perdu; il n'en reste que quelques fragments recueillis par Tschirner, Breslau, 1842. On doit à Funcke une dissertation de Panyasidis vita ac poesi, Bonn, 1837. PANZER (Wolfgang), ministre luthérien, né à Sulzbach en 1729, m. en 1805, était pasteur à Nuremberg. Savant bibliographe, il a laissé, entre autres ouvrages, Annales typographici ab artis inventée origine, Nuremb., 1793-1803,11 vol. in-4.
  • PAOLA ou PAULE, v. de l'Italie mérid. (Calabre Citer.), près de la merTyrrhénienne, à 23k.N. O.de Cosenza; 6000 hab. Couvent de Minimes. Patrie de S. François de Paule.
  • PAOLI (Hyacinthe), généralcorse, dirigea de 1734 à 1739 l'insurrection de ses compatriotes contre les . Génois. Près de succomber, il offrit la Corse au Saint-Siège, puisa l'Espagne, qui la refusèrent. Alors il remit le pouvoir entre les mains du baron Théodore de Neuhof (V. ce mot). Après la chute de cet aventurier, il combattit contre les Français pour l'Indépendance, mais il fut vaincu par le maréchal de Mail-lebois, et se retira à Naples, où il mourut vers 1756. PAOLI (Pascal), général.corsé, fils du préc, né en 1726 àMorosaglia, près de Bastia, suivit à Naples son père exilé, y fut élevé dans la haine du nom génois, rentra en Corse vers 1753, fut proclamé chef de l'île en 1755, soutint avec courage la lutte contre les Génois, et finit par leur enlever tout l'intérieur de l'île. Prenant alors le rôle de législateur, il réorganisa la justice, perfectionnâtes monnaies, les poids et les mesures, l'instruction, l'agriculture, le commerce, réprima ou combattit l'abus de la vendetta et invita J. J. Rousseau à venir l'éclairer dans ses travaux de réorganisation. Quand Gênes eut cédé la Corse à la France (1768), il protesta et tenta> mais en vain, de résister à la nouveEe puissance : vaincu par le comte de Vaux, il trouva un refuge en Angleterre. Rappelé de l'exil en 4790 par l'Assemblée nationale, il reçut avec le titre de lieutenant général le commandement militaire de son pays,.mais il ne tarda pas à rompre avec la Convention (1793). Il n'en fut pas moins élu par ses compatriotes généralissime et président d'une consulta qui se réunit, à Corte. Mis hors la loi par la Convention, il expulsa de l'île tous les Français et offrit la Corse au cabinet de St-James, qui accepta l'offre, mais qui donna la vice-royauté de l'île à un autre que lui. Il se retira néan> moins en Angleterre (1796); c'est dans ce pays qu'il mourut, en 1807. Il laissa par son testament des sommes considérables pour fonder dans sa patrie des écoles, qui sont aujourd'hui florissantes. Y. CORTE. PAPA, Araxus prom., cap de Grèce, sur la côte N. O. de la Morée, à l'entrée du golfe de Patras. *
  • PAPE, chef visible de l'Eglise, vicaire de Jésus-Christ et successeur de S. Pierre. On le nomme aussi Souverain pontife, Saint-Père, Très-Saint-Père ; en s'adressantà lui, on dit Votre Sainietéill se nomme lui-môme, depuis Grégoire le Grand, Serviteur des serviteurs de Dieu. — Il réside à Rome. Il a joui, du vme siècle à 1870, d'un pouvoir spirituel et d'un pouvoir temporel. Comme chef spirituel, il a la souveraine autorité sur l'Eglise catholique romaine, fait observer les canons ou règlements, assemble les conciles, nomme les cardinaux, institue les évêques, établit, autorise ou supprime à volonté les ordres religieux, veille au maintien du dogme et de la discipline, approuve ou censure les doctrines, publie dans ce but des bulles, des brefs, des encycliques; il prononce les canonisations, lance ou lève les excommunications, accorde les grandes dispenses, distribue les indulgences, signe les concordats, etc. Comme prince temporel, il gouvernait avec un pouvoir absolu la ville de Rome et les États de l'Église ; il entretient encore près de plusieurs cours des légats ou nonces, qui représentent à la fois son double pouvoir. Lepape porte une iripletiare, symbole de son îriple pouvoir comme chef de l'Église, évoque de Rome, et souverain temporel des Etats romains, sur lesquels il maintientses droits contre le roid'Italie;il tient à la main une clef d'or et une clef d'argent, iru'on nomme les clefs de S. Pierre: c'est le symbole du pouvoir qui luiaété donné de lieretde délier. Il est élu par les cardinaux dansleoonclave.etestchoisi parmi eux : Mection est suivie del'eœaÛaMon., dans laquelle le nouveau pape, placé sur son siège pontifical, est porté sur les épaules à l'église St-Pierre. Après l'exaltation a lieu le couronnement du pape. Lenomdepaj?B,dugrecpajî>aj,,qui signifie père et aïeul, se donnaitautrefoisà tous les évoques; ce n'est que depuis Grégoire VII (1073) qu'il a été appliqué exclusivement au souverain pontife. La suite des papes remonte sans interruption jusqu'à S. Pierre, qui avait été choisi par Jésus-Christ lui-même pour lui succéder, et qui fonda le siège de Rome. La suprématie de ce siège fut reconnue dès l'origine : l'histoire nous montre dès les premiers siècles Rome exerçant son autorité sur les autres Églises et celles-ci recourant à elle pour les points en litige. Quand la capitale de l'empire eut été transférée à Constanti-nople, les évêques de cette ville obtinrent du concile de Constantinople (380) le 1" rang dans l'Église après l'évêque de Rome, avec quelque autorité sur les autres églises d'Orient; mais, élevant de plusenplus leurs prétentions, ils finirent par s'attribuer une au-toritéegale à celle des papes, ce qui amena le Schisme (VOrierit [Y. ce mot). — Dans les 1™» siècles.les papes ne possédaient qu'un pouvoir spirituel, et ils obéissaient aux empereurs ou aux princes qui les représentaient en Italie. Constantin les dota richement, mais il ne leur fit point cette célèbre donation que l'on a quelquefois alléguée; ce n'est que du vin" s. que date leur pouvoir temporel. Il naquit vers 726, il la suite de l'expulsion du duc grec de Rome. Quelques années plus tard, Pépin le Bref (755) et Char-lêmagne (775), après avoir abattu les Lombards, donnèrent aux papes une partie des États conquis (l'exarchat de Ravenne, la Pentapole, puis le Pé-rugin et le duché de Spolète), et en firent ainsi une puissance terrestre. La donation faite au St-Siége par la grande-comtesse Mathilde du territoire appelé depuis Patrimoine de St-Pierre (Y. ce nom) accrut encore leur pouvoir temporel (1077). Au moyen âge les papes jouent un rôle de plus en plus important : ils civilisent les peuples, propagent la religion, prêchent ou encouragent les Croisades; arbitres de 1 Europe, ils sont les médiateurs des princes dans leurs différends et poursuivent jusque sur le trône le crime ou l'infamie ; mais souvent aussi, outre-passant les bornes de la puissance spirituelle, ils vontjusqu'àdé-poser les souverains, à délier les sujets du serment de fidélité et à lancer l'interdit sur les royaumes; ce qui donne lieu à des luttes longues et sanglantes. C'est surtout avec l'Empire et la France qu'eurent lieu ces querelles, qui mirent l'Europe en feu (V. INVESTITURES, GUELFES, GIBELINS, GRÉGOIRE YH, BONIFACE VHI, HENRI iv et v, empereurs, PHILIPPE LE BEL, etc.).—En 1309, le pape ClémentV va se fixera Avignon, et ses successeurs continuent à y Tésider jusqu'à Grégoire XI, qui retourne à Rome en 1377 ; pendant tout ce temps, ils sont sous l'influence des rois de France. A la mort de Grégoire XI, éclate le grand Schisme d'Occident qui dura 71 ans (1378-1449), et pendant lequel on vit régner simultanément deux séries de pontifes qui résidaient les uns à Rome, les autres à Avignon ou ailleurs, etqui s'ana-thématisaient réciproquement.Vers le même temps, les papes voient leur puissance attaquée par divers novateurs qui prétendent réformer l'Eglise .Wiclef, Jean Huss, Jérôme de Prague, ouvrent la voie «dès le xiv" et le xv* siècles; am sert»,; Luther, Z'wingle, Calvin les suivent et trouvent de nombreux partijapes dans les affaires temporelles a été de plus -en plus rare, et leur puissance de plus en plus limitée; ils virent même en France leur autorité soumise à certaines restrictions : déjà h. Pragmatique sanction. àel%38, sous Charles YII,araii eu ce but; quelque temps suspendue par Louis XI» elle fut remplacée sous François I par le Concordat da 1516;en. 1682, «necêlè-bre Décoration du chrgide Fratiee, formulée par l'organe de Bossuet, posa.des limites de l'autorité spirituelle et de l'autorité temporelle (F. BG£ÏSB GALLICANE) ; enfin les relations de la France avec l'Église romaine furent fixées en. 1801 par le Concordat — Pour l'histoire des variations du pouvoir temporel des papes, F. ROMAINS (États).
    • Le mode d'élection des papes a subi diverses modifications. Primitivement, l'élection était faite conjointement par le clergé et le peuple de Rome; bientôt le cleigé y obtint la principale part. Longtemps le choix dut être confirmé par le prince ^souvent même les empereurs. d'Allemagne s'arrogèrent le droit de nommer les papes par eux-mêmes. L'empereur Henri H, en 1014, rétablit la liberté d'élection. A partir de 1060, le droit d'élire fui réservé aux seuls cardinaux; enfin GrégoireX, en 1274,ordonna, pour abréger les délais, que l'élection se m en wncîave. Le pape peut être choisi dans toutes les nations catholiques , et en effet on a vu jusqu'au XYI* S. des papes de diverses nations : 14français, 7 allemands, 12 espagnols, 2 savoîsjens, 1 «biglais, 1 portugais, 1 hollandais;, mais,l'immense majorité des souverains pontifes appartient à l'Italie., etdepuil le xvrs. il n'a été élu que des papes italiens. Une fois élus, les papes changent ordinairement de nom : Adrien III, élu en 844, est le 1er qui ait donné cet exemple.
    • Liste dvronologique des papes. .

S. Pierre, 34 S. Jules I, 33. S. Lin, 168 S. Libère, 352 S. Clet ou Anaclet, 78 Félix H, 355 S. Clément I, SI S. Libère, de nouv., 358 S. Évariste, 100 S. Damase, 366 S. Alexandre, 109 Drain, anti-pape, -° S. Sixte I, 119 S. Sirice, 384 S. Télespnore, 127 S. Anastase, 398 S. Hygin, 139 S. Innocent I, 402 S. Pie I, 142 S. Zozime, 417 S. Anicet, 157 S. Boniface I, 418 S. Soter, 168 S. CêlestinI, 422 S. Éleuthére,  ? 177 S. Sixte III, 432 S. Victor I, 193 S. Léon I, leGrand, 440 S. Zéphirin,, 202 S. Hilaire, 461 S. Calixtel, 519 S. Simplice, 468 S. Urbain L, 223 S. Félix III, 483 S. Pontien, 230 S. Gélase, 492 S. Anthère, 235 S. Anastase II, 496 S. Fabien, 236 Symmaque, 498 S. Corneille, 251 Laurent, anti-pape, = Novatien,anti-pape, 251 Hormisdas, 514 S. Lucel, 262 JeanI, 523 S. Etienne I, 253 Félix IV, 526 S. Sixte H, 257 Boniface II, - 530 S. Denys, 259 Jean II, dit Mercure, 533 S. Félix I, , 269 AgapetI, 535 S. Eutychien, 275 Silvire, 536 S. Caîus, ' 283 Vigile, 537 S. MarceHin, 296 Pelage I, 555 Yacance du St-Siége, Jean III, 560

  • 304*308 Benoit I, Bonose, 574

S. Marcel, 308 Pelage II, 578 S. Eusèbe, 310 S.Gréeoirel.Ze Gr«nd,590 S. Melchiade, 811 Sabimen, 604 S. Sylvestre I, 314 Boniface ni, 607 S. Marc, 336 Boniface IV, . SOS S. Dieudonné, 615 Boniface V, 618 Honoré I, 625-638 Séverin, 640 Jean iy, 640 Théodore, 642 S. Martin I, 649 S. Eugène I, 654 Vitalien, 657 Adéodat, 672 Donus ou Domnus I 676 Agathon, 678 S. Léon II, 682 Benoit II, 684 Jean V, 685 Pierre et Théodore

anti-papes, 3) Conon, 686 SergiusI, 687 Théodore et Pascal

anli-papes, » Jean VI, 701 Jean VII, 705 Sisinnius, 708 Constantin, 708 S. Grégoire II, 715 Grégoire III, 731 Zacharie, 741 Etienne, élu, mais

non consacré, 752 Etienne II, 752 S. Paul I, 757 Théophylaete, Con stantin, Philippe,

anti-papes, 7> Etienne III, 768 Constantin, anti-p., » Adrien I, 772 S. Léonin, 795 Etienne IV, 816 S. Pascal I, 817 Eugène II, 824 Zizime, anti-pape, •a Valentin, 827 Grégoire IV, 827 Sergius II, 844 Léon IV, 847 Benoît III, 855 Anastase, anti-pape 30 S. Nicolas I, 858 Adrien II, 867 Jean VIII, 872 Marin ou Martin II, 882 Adrien III, 884 Etienne V, 885 Formose, 891 Sergius, anti-pape, 11 Boniface VI, 898 Etienne VI, 896 Romain, 897 Théodore II, 898 Jean IX, 898 Benoît IV, 900 Léon V, 903 Christophe, 903 Sergius III, 904 Anastase III. 911 Landon, 913 JeanX, 914 Léon VI, 928 Etienne VII, 929 Jean XI, 931 Léon VII, 936 Etienne VIII, 939 Martin m, 942 Agapet II, 946 Jean XII, 956 Léon VIII, 963

Benoît V, 964 Jean XIII, 965 Benoît yi, 972 Boniface VII (Fran- con)., anti-papa, z> Donus ou Domnus H, 974 Benoit VII, 975 Jean XIV, 983 Boniface VH den.OMJ.985 Jean XV (non sacré), 985 Jean XVI, 986 Grégoire V, 996

Jean XVI lis, anti-p. 997

Sylvestre II, 999 Jean XVII, 1003 Jean XVIII, 1003 Sergius IV, 1009 Benoît VIII (Léon, anti-pape), 1012 Jean XIX, 1024 Benoît IX, 1033-48 Sylvestre et JeanXX, anti-papes, -» 1044 1046 1048 1049 1055 1057 Grégoire VI, Clément H, Damase II, S. Léon IX, Victor II, Etienne IX,

Benoît X, anti-p.,    »

Nicolas H, ' 1058 Alexandre II, 1061

HonorélI, anti-p.,   »

Grégoire VII, 1073

Clément III, anti-p. 1080

Victor in, 1086 Urbain II, 1088 Pascal II, 1099 Albert et Théodoric 1118 , anti-papes,  »Gélase II, 1119 1124 1130 Maurice Bourdin, anti-pape, Calixte II, HonorélI,

Calixte III ,anti-p., Innocent II,

1143 1144 1145 1153 1154 1159 Anaclet et Victor, anti-papes, CélestinH, Luce II, Eugène III, Anastase IV, Adrien IV, Alexandre III, 1181 1185 1187 1187 1191 1198 1216 1227 1241 1243 1254 1261 1265 1271 1276 1276 1276 1277 1281 1285 Victor IV,PasealIH, Calixte, Innocent, anti-papes, Luce III, Urbain III, Grégoire VIII, Clément III, CélestinlII, Innocent III, Honoré III, Grégoire IX, CéiestinlV, Innocent IV, Alexandre IV, Urbain IV, Clément IV, Grégoire X, Innocent V, Adrien V, Jean XXI, Nicolas III, Martin IV, Honoré IV,

1288 1294 1294 1303 1305 1316 Nicolas IV, Célfistin V, Boniface VUJ, S. Benoît XI,

  • A Avignon ,: Clément V, Jean XXII, Pierre de Corbière,

1334 1342 1352 1362 137,0

  • anti-pape, Benoît XII, Clément VI, Innocent VI, Urbain V, Grégoire XI

(àRome à partir de 1377) Urbain VI (à Home), 1378 Clément ( VII ) , à . Avignon, 1378-94 Boniface IX, d.Jtom«,1389 Benoît (XIH), à Avi gnon, 1394-1424 Innocent VII, à R., 1404 Grégoire XII, 1406 Alexandre V, 1409 Jean XXHI, 1410 MartinV, 1417 Clément (VUI), an-ti-p.,<LiTOgBon,1424-29 EugèneIV,dS.,1431-1447

Félix V,àBdle, 1439-49 Nicolas V, à Rome, 1449

1455 1458 1464 1471 1484 1492 1503 1503 Calixte III, Pie II, Paul U, Sixte IV, Innocent VIII. Alexandre VI, Pie III, Jules II

Léon X, Adrien VL, Clément VU, PaulHI, Jules UI, Marcel H, Paul IV, Pie IV, PieV, Grégoire XIII, Sixte V. Urbain VII, Grégoire XIV, Innocent IX, Clément Vin, Léon XI, Paul V, Grégoire XV, Urbain VIU, Innocent X, Alexandre VII, Clément IX, Clément X, ' Innocent XI, Alexandre VUI, Innocent XII, ÇlëmentXI, Innocent XIHj Benoît XHI, Glément XII, Benoît XIV, Clément XIII, Clément XIV, Pie VI, Pie VII, Léon XII, Pie VIII,' Grégoire XVI, Pie IX.

1513 1522 1523 1534 1550 1555 1555 1559 1565 1572 1585 1590 1590 1591 1592 1605 1605 1621 1623 1644 1655 1667 1670 1676 1689 1691 1700 1721 1324 1730 1240 1,7,58 1769 1775 1800 1823 1829 1831 1846

    • Mas-Latrie a donné la Chronologie historique des Papes, Paris, 1838; Artaud.de Montor;l'Bist. des souverains pontifes, 1847; F, Duchesne, l'Bist. des Papes, 1853 ; Ranke, YBist. de la Papauté, 1837 {en allem., trad. parHaiber), etJ. Miley, l'Bist. des États du pape (en angl., trad. par Ouin-LaoroiXj 1851).
PAl'E — 1423 — PAPH
  • PAPE (Gui-), jurisconsulte. V. GUI-PAPE.
  • PAPEBROECK. (Dan.), savant jésuite, né en 3628 à Anvers, mort en 1714, fut un des plus laborieux coDaborateurs de Bollandus dans là rédaction des Acta Sanctorum. Les Carmes lui cherchèrent querelle pour avoir nié que leur ordre remontât jusqu'au prophète Élie, mais le pape lui donna raison. Il a publié avec divers collaborateurs les saints des mois de mars, avril, mai et juin. Il se distingue autant par sa critique que par son érudition.
  • PAPEITI, port de l'île deTaïti, ch.-l. des possessions françaises dans l'Océanie, est situé sur la côte N. de l'îleet vers l'O. On y a construit un arsenal, deux quais d'abattage , et deux cales de balage. Grand commerce d'huile de baleine.
  • PAPESSE (La) JEANNE. V. JEANNE.
  • V&PELAGON1E,Paphlagonia,a.u]. livahs âeKas-tamouni et de Kiangari, région maritime de l'Asie-Mineure, entre laBithynie à l'O. et le Pont à l'E., bornée au N. par le Pont-Euxin, au S. par la Gala-tie, avait pour capitale Amastris, et pour villes principales Gangra et Sinope. Elle produisait des chevaux et des mulets estimés. —Les Paphlagoniens secoururent Troie contre les Grecs, sous la conduite de P ylémène, ce qui fit donner au pays le nom de Py-Ixmenia. La Paphlagonie ne fut jamais comprise que nominalement dans la monarchie médo-persane. Alexandre l'entama à peine ; sous ses successeurs., elle devint un royaume particulier. Parmi ses rois on distingue Morzès, qui régnait en 179 sv. J.-C; Pylémène I, vers 131 ; Pylémènell, qui mourut vers 121, léguant ses Etatsau père deMithridafeleGrand. Ce pays devint dès lors un sujet de guerre entre les
  • PAPI — 1424 — PAPI

rois de Pont et ceux de Bitbynie. Ces derniers appelèrent les Romains à leur secours. Philémon, fils de Nicomède, rétabli par eux et mis en possession de la plus grande partie de la Paphlagome, leur légua ses États, 63 av. J.-C. Les Romains les réunirent alors à la province de Pont. La Paphlagonie fit partie, sous Dioclêtien, du diocèsede Pont.et devint,après Héraclius, un des thèmes de l'Orient.

  • PAPHNUCE(S.),évêquedelaHte-Thébaïdeaurv*s., souffrit pour la foi sous Galérius et Maximin, assista au concile de Nicée, et soutint la cause de S. Atha-nase au concile de Tyr. On le fête le 11 septembre.
  • PAPHOS, nom commun à deux villes de l'île de Cypre, l'Ane. Paphos et la Nouv. Paphos. La 1" était sur la côte S. O. de l'île, et devait son origine à des Syriens ou Phéniciens, conduits par Cinyras. C'est sur le rivage voisin de cette ville qu'on faisait naître Vénus, sortie de l'écume de la mer. Cette déesse, ou plutôt Astaroth ou Astarté, déesse phénicienne, y était adorée sous la forme d'un bloc conique noir, qu'on présume avoir été un aérolithe. On y célébrait en l'honneur de Vénus des fêtes qui attiraient un grand concours; son temple,célèbre danstoute laGrèce,ren-' dait des oracles ; le grand prêtre de ce temple était le premier après le roi. Ravagée par un tremblement de terre, la ville fut relevée par Auguste, et prit de là le nom à'Augusta ou de Sebaste. Pococke a trouvé sur l'emplacement de cette ville, qui est auj. le village de Kouklia, beaucoup de ruines.— La 2°, auj. Bafa, à 15 kil. N. O. de la précéd., avait un bon port et un beau temple. Ou en attribuait la fondation à l'Arcadien Agapènor, qui l'aurait bâtie en revenant de Troie.—Les deux villes n'avaient qu'un seulgouverne-ment, sous l'autorité desCinyrades.Comme les autres villes de l'île, Paphos conserva ses rois sous les Perses et sous Alexandre, à la condition de payer tribut. Après les guerres des successeurs d'Alexandre, elle resta aux Ptolémées; elle passa*aveo le reste de l'île sous la domination romaine en 59 av. J.-C—C'est à Paphos que S. Paul convertit SergiusPaulus. Cependant le Christianisme ne fut établi dans l'île qu'au w* s. Alors le temple de Vénus fut renversé et un évêchê érigé à Paphos même.
  • PAPIA, nom latin de PAVIE.
  • PAMAS (S.), disciple de S. Jean l'Ëvangéliste, fut évêque d'Hiéraple en Phrygie, et mourut vers 156. Il avait compose, en grec, une Explication dudiscours du Seigneur, dot< il n'existe que des fragments, où l'on trouve cependant des renseignements précieux. Il passe pour avoir répandu le premier les idées des Millénaires. On le fête le 12 février. — Un autre Pa-pias, grammairien latin du xi"s., rédigea vers 1053 un Vocabularium latinum, Milan, 1476, in-f., précieux monument de l'époque.
  • PAPILLON (Almague),poête,né à Dijon en 1487 ,m. en 1559, fut, Comme Clément Marot, valet de chambre de François J, et suivit le roi dans sa captivité en Espagne. On a de lui : le Nouvel Amour ; Victoire et triomphe d'Argent contre le dieu, d'Amour; Victoire et triomphe d'Honneur et d'Amour contre Ar-ent. — Marcde P., seigneur de Lasphrise,né à Am-oise en 1555, in. vers 1509, servit longtemps etavec distinction, puis se retira pour cultiver les lettres. On a de lui : Amoursde'ïhéophile, Amours deNoémi, laNouvelleincvnnue (imitéede Boccace), desélégies, des poésies chrétiennes et autres, qui ne manquent pas de verve et d'imagination.
  • PAPILLON (Philibert), chanoine de Dijon, 1666-1738, est auteur de la Bibliothèque des auteurs de Bourgogne, 1742-45, 2 vol. in-fol., ouvrage estimé.
  • PAPILLON (Jean), né à Rouen en 1639, m. à Paris eu 1710, s'est distingué dans la gravure sur bois, ainsi que Jean et Nicolas, ses deux fils, J. Baptiste et J. B. Michel, ses neveux. — Jean Papillon, dit le Jeune, son fils aîné, inventa le trusquin. J. B., son neveu, est auteur d'un Traité historique et pratique de la gravure en bois, Paris, 1766.
  • PAPIN (Denis), célèbre physicien, né à Biois en

1647, m. vers 1714, exerça d'abord la médecine à Paris, puis s'occupa avec succès de physique et de mécanique. Forcé de s'expatrier comme protestant, il se rendit en Angleterre, où il se lia avec Boyle, qui l'associa à ses belles expériences sur la nature de l'air et le fit nommer membre de la Société royale deLon-dres(1680). En 1687, il alla en Allemagne pour occuper la chaire de mathématiques à l'Université de Marbourg. Il fut nommé en 1699 correspondant de l'Académie des sciences de Paris. E a laissé,oûtre un grand nombre de lettres et de Mémoires disséminés dans le Journal des Savants, les Transactions philosophiques et lesJ.cto eruditorum, divers ouvrages fort remarquables, entre autres la Manière d'amollir les os, Paris, 1682, où il décrit une nouvelle machinede son invention, le Digesteur, dit vulgairement Marmite de Papin, vase hermétiquement fermé,dont nos autoclaves ne sont qu'un perfectionnement; et un traité qui fait époque, intitulé : Nouvelle manière d'élever l'eau par la force de la vapeur, Cassel, 1707. Il est le premier qui ait connu toute la puissance de la vapeur et le parti qu'on en pouvait tirer pour les machines; il a clairement décrit le moyen de faire le vide dans le corps de pompe en condensant la vapeur par le refroidissement; enfin il a conçu l'idée de la navigation à vapeur : il fit construire d'après ce principe un bateau sur la Fulde en 1707. Arago a donné une intéressante Notice sur b. Papin. Blois lui a é-rigé une statue. — Isaao Papin, son cousin, 1657-1709, théologien protestant, eut avec son coreligion-naireJurieu de grandes disputes, à la suite desquelles il passa en Angleterre, puis en Allemagne. Las de ces querelles, il rentra en France et abjura entre les mains de Bossuet, 1690. Ses OEuvres forment 3 vol. in-12, Paris, 1723. On y remarque des Essais sur la Providence et la Grâce..

  • PAPINIEN,JSî»t'Kttsi>apiom'M«,le premier jurisconsulte de l'antiquité, né en Phénicie vers 142,fut avocat du fisc sous Marc-Aurèle, puis préfet du prétoire sous Septime-Sévère. Il défenditeourageusement Géta contre Caracalla, et eut la tête tranchée par ordre de celui-ci. pour avoir refusé de faire l'apologie du fratricide dont ce prince s'était souillé (212). Il avait composé, entre autres ouvrages, 37 liv. de Questions, dissertations sur des points de droit; 19 liv. de Réponses, consultations sur des cas particuliers; 2 liv. de Définitions, maximes générales de droit. Ces écrits formèrent dans les écoles romaines la base du haut enseignement. Papinien jouissait d'une telle autorité que ses décisions faisaient loi, et qu'en cas ,de partage, son opinion devait prévaloir : malheureusement, il ne reste de sesouvragesqùe des fragments, qu'on trouve pour la plupart dans les Pandectes. Cujas les a réunis et commentés.
  • PAPHUUS, nom de deux familles romaines, l'une patricienne, l'autre plébéienne :1a 1™ se divisait en 7 ranches : les Crassus, les Mugillanus, les Atratinus, lesCursor, les Maso, les Prœtextatus et les(Paîtus ; dans la2*on connaîtsurtout les Carbon.
  • PAPIRIUS(P.) SEXTUS, patricien et jurisconsulte,fut chargé, sous le règne de Tarquin le Superbe, de recueillir les lois rendues par- les 6 premiers rois de Rome. Son travail fut appelé Code Papirieh.
  • PAPIRIUS (L.) CURSOR, maître de la cavalerie en 340 av.J.-C, consul en 325,319,318,314,312, dictateur en 323 et 308, se signala contre les Samnites, les Sabins et les Prénestins; introduisit dans son armée la discipline la plus sévère, répara la honte des Fourches Caudines en reprenant Lucérie (320), et s'acquit le renom du plus habile général des Romains. Sa sévérité en matière de discipline était telle qu'en 323 il condamna à mort Fabius Rullianus, son maître de cavalerie, pour avoir livré bataille malgré sa défense : il fallut les prières du peuple entier pour soustraire Fabius à l'effet de cette sentence, bien qu'il eût été victorieux. —L. Papirius Cursor, son fils, consul en 293 et 272 av. J.-G.,remporta sur. les Samnites en 293 la victoire d'Aquilonie, et les battit encore, ainsi que les Lucaniens et les Brutiens, en 271. — C. Papi-rius Maso, consul en 230av. J.-C, réduisit en provinces romaines la Sardaigne et la Corse, déjà soumises depuis 237, mais sans cesse eu révolte. N'ayant pu obtenir d'entrer en triomphe à Rome, il alla faire la cérémonie triomphale sur le mont Albain, exemple qui depuis fut suivi fréquemment.
 PÀQU	-   1425 — PARA
  • PAPIRIUS CARBO, tribun du peuple. V. CARBON.
  • PAPISTES, nom injurieux que donnent aux Catholiques les partisans de la religion réformée.
  • PAPOUASIE, dite aussi Terre des Papous et Nouv.-Guinée, grande île de l'Océanie centrale, à l'E. des Moluques et au N. de l'Australie, dont elle est séparée par le détroit de Torrès, est beaucoup plus longue que large : elle s'étend de 128° à 140° de long. E., dans une longueur de près de 2000 k., mais ne va que de 0,9' à 10° lat. S.L'intérieur est inconnu, et les côtes explorées en partie seulement. Les habitants, en partie malais,.en partie d'une race particulière de nègres, ont les membres grêles, mais sont moins laids que d'autres nègres océaniens, ils sont assez adroits navigateurs. Ce sont les seuls nègres du monde maritime qui aient des temples et des idoles. Dans les montagnes, dont la principale, le mont Ar-fak, atteint 4300™, sont les Arfakis ou Endamènes, les plus barbares de l'île, qui pourtant se partagent entre l'agriculture et la chasse. Les Chinois visitent la côte N. O. de la Papouasie pour en tirer de l'écaillé de tortue, des peaux d'oiseaux de paradis, des esclaves, de la poudre d'or et du sagou. — On attribue la découverte de la Papouasie au Portugais Antonio Abreu, 1511. Saavedra en 1527, Schouten en 1616, Tasman en 1643, Dampier en 1700, Bougainville en 1768, Cook en 1770, d'Entrecasteaux enl792, Duperrey enl823j Dumont-d'Urvilleen 1827 et 1838, en ont visité quelques parties. Les Hollandais comprennent la Papouasie occid. dans leur gouvt des Moluques; ils avaient élevé en 1828 sur la côte S. O., dans la baie du Triton, le fort du Bus, mais ils l'ont abandonné.
  • PAPPE.XHEIM, v. de Bavière, sur l'Altmnhl. à SOkil. S. de Nuremberg, 2400 h. Pierre lithograpni-.;ue. Titre d'un comté. —Les comtes de Pappeniielm portaient le titre de maréchaux de l'empire. Un membre de cette famille, God. Henri, comte de P., zélé catholique, fut un des généraux les plus distingués des Impériaux dans la guerre de Trente ans. Il fut tué à Lutzen en 1632, n'ayant que 38 ans.  ;
  • PAPPUS, mathématicien d'Alexandrie, qui vivait vers la fin du IVe siècle de J.-C, a laissé sous le titre de Collections mathématiques, en grec, un recueil qui ne nous est pas parvenu dans son entier; néanmoins ce qui nous en reste est précieux tant par les démonstrations qu'il contient que par les fragments qu'il nous a conservés d'auteurs perdus. Il a été publié à Pesaro, 1588, in-fol., avec une trad. lat. de Commandino, et à Bologne, 1660, in-fol., avec des augmentations. Il en a été trouvé de nouveaux fragments par Wallis et par H. J. Eisenmann, qui les ont publiés à Paris, 1824. On a aussi un abrégé latin d'une Géographie de Pappus, dont l'original est perdu.
  • PAQUE(la), du mot hébreu paschah, c-à-d. passage, fête des Juifs et des Chrétiens. Elle fut instituée par Moïse en mémoire de la sortie d'Egypte et du passage de la mer Rouge; elle durait 7 jours, du 15 au 22 du mois de Nisan. La cérémonie principale consistait, dans chaque famille, à manger avec du pain sans levain unagneauou unchevreaude l'année; on teignait les portes du sang de la victime, pour rappeler le passage de l'ange exterminateursur lespre-miers-nés des Egyptiens. On devait aussi venir sacrifier au temple pendant le temps de la Pàque; une foule d'Israélites se rendaient à Jérusalem dans ce but. Cette époque de l'année était chez les Juifs un temps de réjouissances; on délivrait à cette occasion un condamné à mort. — Chez les Chrétiens, laPdquese -.élèbre en mémoire de la résurrection de J.-C. Dans l'église primitive, on disputa beaucoup sur l'époque à laquelle il fallait placer cette fête : les uns la mettaient le même jour que les Juifs; les autres, si elle tombait un autre jour que le dimanche, la reportaient au dimanche suivant. Le concile de Nicée décréta ér 325 que la fête serait mobile et aurait lieu chaque année le 1" dimanche après la 1" pleine lune qui suivrait l'équinoxe du printemps. Elle tombe au piJS tôt le 18 mars et au plus tard le 25 avril.
  • PAQUE (île de), Ile de la Polynésie. V. VAI-HOO.
  • PÂQUES FLEURIES, nom donné vulgairement au dimanche des Rameaux, qui commence la quinzaine de Pâques, à cause des palmes qu'on y porta.
  • PARA ou BELEM, v. forte et port du Brésil, ch.-l. de la prov. de son nom, sur le Para ou Tocantins,à 2500 kil. N. N. O. de Rio-Janeiro, par 1" 28'lat. S., et 50" 50' 51" long. O. ; 26 000 hab. Ëvêché, collège des Jésuites. On remarque la cathédrale et le palais du gouvernement. Riz, cacao, coton, épices, etc.— La prov. de Para, la plus septentr. du Brésil, est si -tuée entre les Guyanes et le Venezuela au N., l'Atlantique au N. E., les républiques de laNouv.-Gre-nade et de l'Equateur à l'O., les prov. brésiliennes de Mato-Grosso au S., de Goyas et de Maranhao à l'E.; 1520 kil. du N. au S., sur 3500 de l'O. à l'E.; env. 210 000 hab., dont lûffOOO indigènes. Sol généralement plat, sauf au S., arrosé (par l'Amazone et ses grands affluents de droite) et très-fertile, mais peu cultivé; climat très-chaud; forêts immenses. On y trouve toutes les productions du Brésil.
  • PARA DU PHANJAS (l'abbé Franc.), né en 1724 au château de Phanjas (Htes-Alpes), m. à' Paris en 1797, entra chez les Jésuites d'Embrun, enseigna dans divers collèges de l'ordre, notamment à Besançon, où il fit un cours de philosophie qui attira de nombreux auditeurs. Il publia dans cette ville en 1767 des éléments de métaphysique sous le titre de Théorie des êtres insensibles (remaaïés en 1779, 3 v. in-8),ouvrage remarquable par la méthode, l'élévation des pensées et la clarté du style; il donna peu après divers traités sur les sciences physiques et mathématiques, qu'il réunit sous le titre de Théorie des êtres sensibles, 1774. En outre, il prit rang parmi les plus sages défenseurs de la religion par ses Principes de la saine philosophie concilies avec ceux de ta Religion, 1774, et par son Tableau historique de la Religion, 1784.
  • PARABÈRE (Marie Madeleine de LA VIEUVILLE, marquise de), maîtresse du Régent, née en 1698 ou 1699, avait épousé en 1713 le marquis de Parabère, déjà fort âgé, qui la laissa veuve dès 1716. Après avoir longtemps captivé le cœur de Philippe, elle se retira tout à coup de la cour et du monde. Elle mourut au château de Sécherelles en 1723.
  • PARACATU, riv. du Brésil (Minas Geraes), coule à l'E. N. E., et tombe dans le San-Francisco après un cours de 400 kil. Elle donne son nom à une co-marque du Brésil, qui a pour ch.-l. Paraeatu-do-Principe, ville située à 600 k. N. O. d'Ouro-Preto. Exploitation d'or et de diamant.
  • PARACELS, archipel peu connu de la mer de Chine, près des côtes de la Cochinchine, à 200 k. S. E. d'Haï-nan. Côtes dangereuses.
  • PARACELSE (Auréole Théopbraste BOMBAST DE HOHENHEIM, dit), médecin et alchimiste, né en 1493, à Einsiedeln ( canton de Schwitz ), voyagea longtemps dans toute l'Europe , sa fit de la réputation par de belles cures, s'établit à Bâle en 1527, y fut nommé professeur de médecine et attira d'abord beaucoup d'élèves, tant parce qu'il faisait son cours en langue vulgaire que par l'éclat et l'emphase de sa parole. Il prétendait faire révolution en médecine et dans la science; rejetait l'autorité d'Hippocrate, de Galien, d'Avicenne ; opposait aux quatre éléments d'Aristote les trois principes des mixtes (sel, soufre, mercure), admis par B. Valentin; établissait une harmonie mystérieuse entre le sel, le corps humain ei la terre; entre le mercure, l'âme et l'eau; entre le soufre, l'esprit et l'air; il prétendait posséder la panacée universelle, et avoir trouvé le secret de prolonger la vie ; il croyait, ajoute-t-on, à la magie, à l'astrologie et expliquait les maladies par l'influence des astres. Mais il laissa bientôt apercevoir le vide de ses déclamations, et perdit à la rois ses malades et son auditoire. Prenant alors le métier de médecin ambulant, il promena sa science de ville en ville jusqu'à Salzbourg, où il mourut dans la misère en 1541. Malgré ses erreurs, Paracelse a rendu des services à la médecine : il a introduit dans la pratique l'emploi des composés chimiques et a donné d'excellentes notions sur un grand nombre de médicaments, particulièrement sur l'opium, le mercure, le soufre, l'antimoine, l'arsenic; mais ses extravagances, son charlatanisme, ses prétentions thaumaturgiques ont ieté une ombra fâcheuse sur son caractère comme sur son mérite. Ses OEuvres complètes (en latin) forment 3 vol. in-fol., Genève, 1658. On lui a attribué plusieurs ouvrages apocryphes, qui ont beaucoup nui à sa réputation. On peut consulter sur ce singulier personnage Paracelse et l'Alchimie au XVI' siècle de H. Franck, 1853, et les Études sur Paracelse, du Dr Cruveiihier, 1857.

l'AUA. - 1426 — PARA.

  • PARACLET (le),c-à-d. en grec le Consolateur, nom spécialement affecté au Saint-Esprit.
  • PARACLET (le), vge de l'anc Champagne Jauj. dans l'Aube), à 7 kil. S. E. de Nogent-sur-Seine : c'est là que se retira Abélard pour y trouver quelque repos; il y fonda en 1123 un monastère dont Héloïse fut la l" abbesse. Il le nomma Paraclel (consolateur) en mémoire des consolations que lui procura l'attachement de ses disciples, qui vinrent le trouver jusque dans °ette solitude. Le tombeau d'Abélard et d'Héloïse.qui s'y trouvaitjadis, a été transféré depuis au Musée des Petits-Augustins à Paris et plus tard au cimetière du Père-Lachaise, où on le voit encore.
  • PARADIS TERRESTRE. V. ÉDEN.
  • PARiETONIUM, auj. Al-Baretsmn. V. et port de Libye, à l'O. d'Alexandrie, sur la côte de la Mar-marique. C'était un des principaux sièges du culte d'Isis. Sous l'empire, elle fut comprise dans l'Egypte.
  • PARAGUA, deux riv. de l'Amérique duSud : l'une, dans le Venezuela, coule au N. E., puis au N. et a l'E., et tombe dans le Caroni àBarceloneta,après un cours de 900 kil. ; l'autre, dans le Brésil (Mato-Grosso), se perd dans le Guapore: cours, 700 kil.
  • PARAGCASSU, riv. du Brésil (Bahia), sort delà Sierra das Aimas et s'unit à l'Atlantiaue dans la baie de Tous-les-Saints ; 500 kil.
  • PARAGUAY (le), grande riv. de l'Amérique du Sud, sort des Sept lacs au centre de la prov. brésilienne de Mato-Grosso, traverse le lac de Xarayes, sépare le Paraguay (auquel il donne sort nom)"de divers États Argentins, reçoit le Porrudos, le Pilco-mayo et le Rio-Grande ou Vermejo, et topabe dans le Parana un peu au N. de Corrientes., après un cours d'env. 1800 kil. Sa largeur varie de 200 à 450 k. Ce fleuve a des crues périodiques. Depuis 1858, la navigation du fleuve est ouverte à toutes les nations.
  • PARAGUAY (République du), État de l'Amérique du Sud, au N. des Provinces-Unies du Rio de la Plata, à l'O. et au S. du Brésil, a pour bornes à l'E. et au S. le Parana, à l'O. le Paraguay; 900 kil. duN. au S., sur 265 de l'E. à l'O. ; env. 1 000 000 d'h. (Espagnols, Payaguas, Guaranis et Nègres); capii, l'Assomption. Climat brûlant; sol montagneux auN. et à l'E., plat dans le reste du pays, arrosé par le Paraguay et le Parana, entrecoupé de marais, de vastes forêts, et de belles plaines, où croissent ia canne à sucre, le riz, le maïs , les patates, le coton, un tabac excellent, le maté ou yerba, dit thé du Paraguay, et de précieuses plant83 médicinales (salsepareille, rhubarbe, quinquina, copaïer). Les forêts possèdent de beaux bois de construction, mais sont remplies de tigres, jaguars, couguars, ours noirs, tapirs, serpents à sonnettes, etc. Les moustiques et la chauve-souris vampire y sont en grand nombre. Riches gisements de fer oligiste. Le gouvernement est despotique : le chef, après avoir d'abord porté le titre de dictateur (sous Francia), a depuis reçu celui de président. Le Catholicisme est la seule religion. — Le Paraguay a été découvert en 1526 par Sébastien Cabot, et conquis en 1536 par l'Espagnol Alvaro Nunez, qui y exerça d'horribles cruautés. Les Jésuites y établirent en 1556, sur la r, dr. du Parana, au S. O. de l'Assomption, de célèbres missions, qui formaient uns sorte d'État théocratique indépendant, quoique rattaché à la vice-royauté de la Plata : ils convertirent en grande partie les Guaranis et les déterminèrent à se livrer à l'agriculture ; ils s'y maintinrent jusqu'au moment où. leur ordre fut expulsé des États espagnols, en 1767. En 1750, l'Espagne céda le pays" aux Portugais en échange de la colonie du Sl-Sacremejit; toutefois le Portugal ne put y faire goûter sadomination, et en 1777 le Paraguay fut restitué à l'Espagne, Ce pays se rendit indépendant en 1811; bientôt après; Francia s'y mît en possession du pouvoir, d'abord avec le titre de consul (1813), puis avec celui de dictateur (1814). H a su s'y maintenir jusqu'à sa mort, arrivée en 1840, eta fait tourner son despotisme au profit de l'industrie du pays, n ferma le Paraguay a tous les étrangers. Après sa mort, les communications ont été rétablies par Lcpez (1844), qui soutint contre le Brésil une lutte acharnée et désastreuse à la suite de laquelle il fut renversé (1868).. On doit à M. A. de Mersay l'-ffistoire physique, économique etpMliqke_ au Paraguay et desétablissements desJésuites, Paris, 1860. "PAUAHIBA, ville du Brésil, ch.-l. de laprov. de Parahiba, sur un fleuve de même nom. à .16 kil. de son embouch. dans l'Aflanfique, à 2300 kil. N. E. de Rio-de-Janeiro; 3000 hab. — La prov. de P. est sur l'Atlantique, entre celles de Rio-Grande-do-Norte au N. et de Pemamboue. au S.; 270000 hab. Pays montagneux; SOI fertile» climat tenipéré.
  • PARAÏJENNE (Galère), galère sacrée que les Athéniens expédiaient tous les ans à Délos, chargée d'offrandes pour Apollon et Diane. Ce voyage? s'appelait théorie, et ceux qui portaient les offrandes, ûéores. Pendant l'absence du navire, on ne pouvait mettre à mort aucun condamné ï c'est par ce motif qu'il s'écoula un moisentrela condamnation de Socrate et sa mort.
  • PARALIPOMÈNÉS (c-à-d. Choses omises), .titre de deux livres A". l'Ancien Testament, vulgairement attribués à Esdras, et où se -trouvent deçdétails qui avaient été omis dans les quatre livres des Bois. Le 1*» contient l'histoire abrégée du peuple hébreu depuis la création jusqu'à la mort de David; le 2" va jusqu'auretour de la captivité, 536 av. J.-C.
  • PARAMARIBO, capit. de la Guyane hollandaise, sur la r. g. du Surinam et à 9 k. de l'Atlantique; 25 000 hab. Port sûr et commode ; ville grande et belle, fondée en 1673, désolée en 1820 par un incendie, mais bientôt réparée. Séjour délicieux.
  • PARAMATTA, v. et port d'Australie (Nouv.-Gal-les du Sud), à l'entrée de 1a rade de Port-Jackson, à 31 k. O. N. 0. de Sidney; 10000 h. Observatoire.
  • PARANA (le), grande riv. de l'Amérique du S., a sa source près de Sao-îoao-del-Rey, dans la prov. brésilienne de Minas-Geraës, qu'il sépare du Paraguay, reçoit à gauche l'Iguassu,,le Paranapanema, la Tiete, la Mogy et la Riv. Verte, à droite l'Xricima, le Purdo, le Paranahiba, forme la cataracte de Guayra, s'unit au Paraguay près de Corrientes, puis se confond avec l'Uruguay pour former le Rio de la Plata. Cours, 1600 kil. Un. traité du 10 juillet 1853 entre la France et la Confédération Argentine a jrendu libre la navigation du Parana..—.Ce fleuve donne son nom à une province du Brésil, formée en 1855 des plaines immenses qu'il traverse et de.la partie.de la prov. de St-Paul qu'on nomme Ghimp de Coritiba. On y distingué les etaMissements.de Rio-Negro, de Supe-raguy et de Tneresa (sur le Rio-Joahy).
  • PARAFA, nouvelle capitale de laRépubL Argentine, est située sur le Parana, danslaprov. d'Eatre-Rios, dont elle est aussi la capitale ; 15 000 hab.
  • PARANAHIBA, ri v, du Brésil (Goyaz), naît par 11' lat. S., 49" long, O., coule au S. O. et se Joint au Rio-Grande pour former le Parana; cours, 900 kil. — Autre riv. du Brésil, sépare les prov. de Piauhy et de Maranhao, arrose dans celle de Piauhy une ville de Paranahiba (10 000 h.), et se jette dans l'Atlantique à 23 kil. au S. de cette ville, après un cours d'env. 1600 kil.
 PàKD —  1427 — PARF
  • PARASANGE, mesure itinéraire des anciens. V. ce mot dans notre Dict. univ. des Sciences.
  • PARASOU-RAHA, brahme aux mœurs guerrières, fils du brahme Djamadagni et de Renouka, fut élevé par Siva, abattit une des défenses de Ganeça (dieu qu'on représente avec une tête d'éléphant), vengea la mort de son père et de sa mère sur les fils de Va-cichtha, autre brahme, auteur de leur mort, et chassa d'Aiodhia (Aoude) et de l'Inde entière les chattryas ou guerriers, assurant ainsi la prééminence aux brahmes ; mais, n'ayant trouvé chez ceux-ci qu'ingratitude, il s'exila sur les Ghattes et fit sortir des ondes la longue côte de Malabar, dont il défendit l'entrée aux brahmes en les maudissant; enfin, il rentra dans le sein de la divinité, d'où il ne sortit qu'au temps de Rama, comme 7° incarnation de Vichnou. PARAY-LE-MONLAL, Pareium Moniale, ch.-l. de •cant. (Saône-et-Loire), dans une fertile vallée, sur le canal du centre, à 12 kil. O. de Charolles; 3396 hab. Ancien prieuré de Bénédictins, fondé en 973; église gothique du xia siècle. Pèlerinages très-suivis, surtout en 1872 et 1873.
  • PARCHIM, v. du Mecklembourg-Sclrwérin, sur la r. dr. de l'Elde, à 40 kil. S. E. deSchwérin; 6000 b.

Trib. d'appel. Siège des Etats des deux Mecklembourg.

  • PARCQ (le), ch.-l. de c (Pas-de-Calais), à22k. de St-Pol; 771 hab.
  • PARDAILLAN. V. ANTIN (duc d'). PARDESSUS (J. Marie), jurisconsulte et historien, néàBloisen 1772, m. en 1853, était fils d'un avocat. Il débuta au barreau deBlois, où il prit la place de son père, emprisonné sous la Terreur; devint maire de sa ville natale enl805, député au Corps législatif en 1807, et fit partie des différentes assemblées politiques qui se succédèrent jusqu'en 1830. Il avait gagné au concours, en 1810, la chaire de droit commercial de la Faculté de Paris; il fut nommé dès 1816 conseiller à la Cour de cassation, mais il donna sa démission en 1830par dévouementpour ladynastie déchue. Il était depuis 1828 membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, et président du conseil de perfectionnement de l'Ecole des chartes. Outre plusieurs ouvrages de jurisprudence (Traité des servitudes, 1806; Traité du contrat et des lettres de change, 1809; Éléments de jurisprudence commerciale, 1811; Cours de droit commercial, 1814), on lui doit de vastes travaux d'érudition : Collection des lois maritimes antérieures an xvrn0 s., 1828-1845; Origine du droi' coutumier en France, 1839 ; la loi salique, avec notes et explications, 1843; Us et coutumes delà mer dans l'antiquité et au moyen %e, 1847 ; Organisation judiciaire depuis Hugues Capet jusqu'à Louis XII, servant de préface au XXIe vol. du Recueil des ordonnances des rois de France; la continuation de la Table chronologique desdiplômes, deBréquigny, etc. Partout il se distingue par la netteté de l'exposition, la sagacité de la critique et la sûreté du jugement. M. Naudet a lu à l'Académie des inscriptions en 1855 une Notice historique sur Pardessus*
  • PARDIES (le P.), géomètre, né en 1636 à Pau, d'un conseiller au parlement, m. en 1673, entra chez les Jésuites et enseigna avec distinction les mathématiques au collège Louis le Grand. Il avait embrassé le système de Descartes, ce qui lui suscita des difficultés avec ses supérieurs. Ses ouvrages sont : Ho-rologium thaumanticum dwplea;;Paris,l 662 ; De motu et natura cometarum, 1665; Du mouvement local, 1670; Éléments de géométrie, 1671 ; De la Connaissance des bêtes,.1672; la Statique ou la Science des forces mouvantes, 1673; et un Atlas céleste, publié en 1674 sous le titre de Globi cœlestis in tabulasre-dacti descrivtio latino-gallica.
  • PARDO (EL) , v. d'Espagne (Nouv. Castille), sur la r. g. du Mançanarès, dans la forêt d'el Pardo, à 14 k. N. O.de Madrid; 1000 h. Beau château royal, construit par Charles-Quint, réédifié par Philippe II et Charles III. Un traité y fut signé en 1778 avoc le Portugal.
  • PARÉ (Ambroise), le père de la chirurgie française, né en 1517 à Laval ou à Bourg-Hersent près de Laval, m. en 1590, étudia l'anatomie à Paris, suivit en Italie comme chirurgien le général René de Monte-jean, revint prendre .ses degrés à Paris, fut nommé, en 1552 chirurgien de Henri II, et garda ce poste sous ses trois successeurs. Paré appuya la chirurgie, sur l'anatomie; c'était le premier opérateur de son temps; dans les amputations, il substitua la ligature des artères à la cautérisation par le fer rouge. Aussi pieux que modeste, il disait, en racontant ses cures : a Je le pansay, Dieu le guarist. » Il a laissé divers ouvrages, tous écrits en français, qui ont été réunis en 1 vol. in-fol., Paris, 1561 et 1585, et dont la meilleure édition a> été publiée par le Dr'Malgai-gne en 1840, 3 v. gr. in-8. Le plus estimé est laifo-nière de traiter les plaies faites par arquebuses, etc., 1545. Ambr. Paré était protestant: Brantôme raconte qu'à la St-Barthélemy, Charles IX le sauva lui-même en le cachant dans sa chambre. On a récemment contesté ce fait, mais sans preuve suffisante; on a même nié qu'il ait professé le Calvinisme.
  • PARÈDES (GARCIA DE), gén. espagnol. Y. GARCIA.
  • PAREJA (J. de), peintre,né à Sévillean 1606, m. en 1670, était d'abord esclave du fameux Vélasquez. II suivit son maître en Italie et en revint avec lui. En le voyant travailler, il conçut un goût très-vif pour son art, s'exerça secrètement au dessin et à la peinture et fit d'étonnants progrès. Il fut affranchi à la demande de Philippe IV, qui l'avait surpris peignant. Il n'en resta pas moins toujours attaché à Vélasquez, dont il devint le meilleur élève. Son chef-d'œuvre est la Vocation de S. Matthieu (à Aranjuez).
  • PARENNIN(le P. Dominique), Jésuite, né en 1665 àBussey près de Pontarlier, in. àPékinen 1741, alla comme missionnaire en Chine en 1698 et y resta jusqu'à sa mort. II jouissait d'un grand crédit auprès de l'empereur Kang-hi. Il a laissé des cartes de l'empire chinois (dans la Chine de Duhalde), et une intéressante Correspondance avec Mairan, publiée en 1759.
  • PARENTIS-EN-BORN, ch.-l. de c (Landes), à 74 k. N. E. de Mont-de-Marsan; 2049 hab.
  • PARENZO, Farentium. v. et port des Ëtats-.autri-chiens (Illyrie), sur l'Adriatique, à 65 k.S. de Trieste ; 3000 h. Ëvêché, cathédr. qui offre de belles mosaïques.
  • PARESSEUSE (mer), Mare Pigrum, nom donné par les anciens à la mer Baltique parce qu'elle gèlo souvent sur ses bords et que ses eaux sont comme engourdies par le froid.
  • PARÉTACÈNE, contrée de l'empire des Perses, entre la Perside et la Médie, n'était guère qu'un immense désert lié à ceux de la Médie et de la Carma-nie : Aspadane à l'E., Ecbatane des Mages au N. E. en étaient les villes principales. C'est auj. la partie S. de l'Irak-Adjémi, dans le royaume de Perse.
  • PABEUS (Phil. W^NGLER, dit), philologue, fils de David Pareus, professeur de théologie protestante à Heidelberg, était né en 1576 à Hemsbach (près de Worms), et mourut vers 1648. Il étudia sous Théodore de Bèze, enseigna les humanités à Neuhausen. puis fut recteur des écoles de Neustadt et de Hanau. On lui doit, outre une édition de Plante, avec commentaires (1610), d'excellents travaux sur cet au-eur : Lexicon Plautinum 1614; ÂnalectaPlautina. If 17; ElectaPlautina, 1620.—-Son fils, D'anielP., né veis 1605 à Neuhausen, professait les humanités à Kaiserslautern et fut tué a la prise de cette ville par les Impériaux, enl635.IlaéditéJfMiî&. Quintilien, Bérodien, Lucrèce, Ééliodore, a donne un Lexicon Luaetianum,16Zl, ainsi que plusieurs ouvrages d'histoire, et a publié, sous le titre de Mellificium atticum. un recueil de sentences tirées des auteurs grecs.
  • PARFAICT (François et Claude, dit les Frères), nés à Paris, le 1" en 1698, le 2° en 1701, ont donné ensemble l'Histoire générale du Théâtre Français, Paris, 1734-39, 15 v. in-12, ouvrage précieux, malgré quelques inexactitudes ; il renferme une Table chronologique des principaux ouvrages dramatigy.es qui ont été représentés en France depuis 1380 jusqwen 1721, table reproduite et continuée jusqu'en 1842 par M. Hippolyte Lucas à la suite de son Histoire philosophique et littéraire du Théâtre Français. On doit de plus à l'alné des deux frères : HUt. de l'ancien Théâtre Italien, 1753; Hist. de l'Opéra (restéemanuscrite) ; Hist. des Théâtres de Paris, 1756-67, 7 v. in-12, et quelques pièces de théâtre.
 PARI	— 1428 —	PARI
  • PARFAIT (S.), martyr, né à Cordoue vers 800, assista les Chrétiens opprimés par les Mahométans, et excita ainsi la fureur de ces derniers, qui le mirent à mort en 850. On l'honore le 18 avril.
  • PARGA, Y. forte de la Turquie d'Europe (Albanie), dans le sandjak de Delvino, à 80 kil. S. O. de Janina, vis-à»vis de l'île de Corfou ; 4000 hab. Citadelle bâtie sur un rocher. Les Parganiotes étaient restés libres depuis 4 siècles : assiégés en 1814 par Ali-Pacha, ils appelèrent les Anglais à leur secours et demandèrent à être réunis àla République des Iles Ioniennes; mais ceux-ci livrèrent la ville à Ali-Pacha. Les habitants indignés quittèrent tous leur pays plutôt que de vivre sous la domination turque, 1819.
  • PARIA (Golfe de), vasteenfoncementde la merdes Antilles, entre la côte N.E. du Venezuela et l'île angl. de la Trinité, a 150 k. sur 60 et reçoit plusieurs bras de l'Orénoque. C'est un abri assuré pour les navires.
  • PARIAS, dits aussi Chandalas, nom donné parles Hindous aux individusqui se sont fait chasser de leur caste pour avoir violé les lois religieuses ou civiles. Ils forment une classe à part, universellement méprisée, et qui est comme le rebut de toutes les castes. Les Parias ne peuvent habiter l'intérieur des villes, se baigner dans les eaux du Gange, ni exercer aucune profession un peu relevée ; leur contact est regardé comme une souillure. Cas. Delavigne a décrit de la manière la plus touchante leur triste condition dans le Paria.
  • PARIMË (Sierra), chaîne de montagnes du Venezuela, dans la partie S. O. du cWevant dép. colombien de l'Orénoque, donne naissance à l'Orénoque et auRio-Parlma, affluent du Rio-Negro.
  • PARINI (l'abbé Jos.), poète italien, né en 1729 à Bosizio (Milanais), m. en 1799, fut d'abord oopiste.puis entra au séminaire. S'étant fixé à Milan, il y acquit d'abord un nom comme critique (1756). Il s'annonça comme poète en 1763 par la publication du Matin à la ville, que suivirent les trois autres parties du jour, le Midi, le Soir et la Nuit, dans lesquelles il décrit avec une ironie délicate la vie des jeunes seigneurs italiens. Il fut mis par le comte Firmian, gouverneur du pays, à la tête d'une feuille périodique, puis occupa une chaire de belles-lettres àla Canobbiana de Milan. Outre ses Quatre parties du jour à la ville, on a de lui des Odes estimées. On a donné à Milan ses OEuvres complètes, 1801-4, 6 vol. in-8. Ses poèmes, où une philosophie sérieuse se trouve associée à la poésie la plus élevée, sont écrits en vers libres, les plus difficiles dans la poésie italienne. Les Quatre parties du jour ont été trad. par l'abbé Desprades, 177G, et mises en vers français par Raymond, 1826.
  • PARIS, Lutetia et Parish en latin, capitale de la France et ch.-l. du dép. de la Seine, sur la Seine, qui la coupe en deux parties inégales dont la plus forte est au N., et qui y forme deux îles, la Cité etl'île St-Louis (l'île Louviers a été récemment jointe à la r. dr.), par 48° 50' 14" lat. N., et 0° long, (le méridien de l'Observatoire de Paris sert de point de départ jour la détermination des longitudes ; il est à 20° 30' long. E. de l'Ile de Fer, par laquelle on faisait autrefois passer le l" méridien, et à 2* 20' long. E. de celui de Greenwich). La ville est entourée d'une enceinte fortitlée, qui u'a pas moins de 34 kil. de développement; elle compte 1 643 917 âmes de population municipale, ou 1 696141 en y comprenant la garnison et la population mobile : on n'en comptait en 1800 que 547 756. Paris est k résidence du souverain, du Sénat et du Corps législatif, des ministères, de toutes les grandes administrations centrales, de la Cour de Cassation, de la Cour des Comptes, du Conseil d'Etat, etc. Elle est en outre le siège d'un archevêché (son siège épiscopal, quiremonte au m* siècle, n'a eu que le titre d'évêché jusqu'enl622), d'une Cour d'appel et d'un trib. de 1" inst., d'une Académie universitaire et le ch.-l. de la 1™ division militaire. Paris est divisé en 20 arrondissements: 1» le Louvre, 2° la Bourse, 3° le Temple, 4° l'Hôtel de Ville, 5° le Panthéon, 6° le Luxembourg, 7° le Palais-Bourbon, 8° l'Elysêe,9° l'Opéra, 10° l'Enclos St-Laurent, 11° Popincourt, 12* Reuilly, 13° les Gobelins, 14° l'Observatoire, 15° Vau-girard, 16° Passy, 17°Ies Batignolles, 18° les buttes Montmartre, 19° les buttes Chaumont,20° Mênilmon-tant ; chaque arrondissement est administré par un maire et subdivisé en 4 quartiers, ce qui donne en tout 80 quartiers (avant 1860, il n'y avait que 12 arrondissements et 48 quartiers). On y compte près de 3000 voies publiques de toute espèce (boulevards, avenues, places, quais, rues, passages, cités, etc). Cette ville est le point dedépart de toutes les grandes routes,. des principales lignes de chemins de fer (chemins de Rouen, du Nord, de Strasbourg ou de l'Est, de Lyon, d'Orléans, de l'Ouest) et do plusieurs lignes secondaires (St-Germain, Sceaux, Auteuil, Vincen-nes). Deux lignes de quais plantés bordent les deux côtés de la rivière dans toute leur étendue; la ville esten outre entourêede deux ceintures de boulevards, qui offrent d'immenses promenades. Les rues, surtout dans les anciens quartiers, sont en général étroites, et les maisons élevées. Les parties les plus populeuses, mais aussi les plus pauvres, sont les anc quartiers de St-Marceau, de St-Antome, de la Cité; les quartiers Montmartre, St-Denis, de la Bourse, du Palais-Royal sont les plus commerçants; ceux delà place Vendôme, delà Chaussée-d'Antin, de la Madeleine, sont en général la résidence des riches et des banquiersj au faubourg St-Germain réside surtout l'aristocratie; le quartier St-Jacques, dit Quartier latin, est occupé par les écoles et les étudiants.
    • On remarque : parmi les places, celles de la Concorde ou de LouisXV, qui s'étend entre les Champs-Elysées et les Tuileries et où se trouve l'obélisque de Luxor; du Carrousel, entre les Tuileries et le nou-veauLouvre, la place Vendôme, ornée d'une colonne fondue sous l'Empire avec les canons pris à l'ennemi et surmontée de La. statue de Napoléon ; la place du Châtelet, avec une statue de la Victoire et deux théâtres se faisant face, le Théâtre lyrique à l'E., le Cirque à l'O.; la place Royale, avec une statua équestre de Louis XIII ; la place des Victoires, avec une statue équestre de Louis XIV; la place de la Bastille, avec une colonne érigée en mémoire de la révolution de 1830; la place de la barrière du Trône, celles de St-Sulpice, de l'Odéon, de St-Miohel, du Palais-Bourbon; — parmi les rues, celles de Rivoli qui se prolonge des Champs Êlysées àla rue St-Antoineetqui dans sa plus grande partie est ornée de portiques; de Castiglione, de la Paix, de la Chaussée d'Antin, Royale, Tronchet, Vivienne, Richelieu, St-Louis au Marais, Rambuteau, etc., remarquables pour leur beauté; les rues St-Denis, St-Martin,St-Honoré, remarquables par leur étendue et le mouvement commercial ; —parmi les passages, ceux de l'Opéra, de Choiseul, Vivienne, ColBert, des Panoramas, Jouffroy Véro-Dodat, du Saumon ; — parmi les ponts, ceux d'Austerlitz, d'Iéna, du Carrousel, Louis XV, de l'Aima, deSolfsrino, des Arts, des Invalides, le pont Royal, le pont du Carrousel, le pont Neuf, le pont St-Michel, récemment reconstruit, le pontdeBercy; —parmi les promenades, les jardins des Tuileries, du Luxembourg, des Plantes, la place Royale, les Boulevards, notamment ceux du Nord (boulevards Montmartre, des Italiens, de la Madeleine, qui scDt les plus fréquentés), .es nouveaux boulevards Males-herbes, du prince Eugène, Magenta, de Monceaux, Sébastopol (s'étendant du N. au S. sur les deux rives de la Seine), St-Germain, Richard-Lenoir (sur l'emplacement du canal St-Martin); l'avenue des Champs-Elysées, le bois de Boulogne, converti en jardin anglais et annexé à Paris; de nembreux squares (des Innocents, Louvois, du Temple, de Ste-Clo-tilde, de la Tour St-Jacques, St-Martin); —parmi les édifices, les Tuileries, résidence du souveraia, le palais du Louvre, achevé et relié à celui des Tuileries par Napoléon III, le Palais-Royal (dont les galeries louées au commerce forment un magnifique bazar), le palais du Luxembourg, auj. palais du Sénat, le Palais-Bourbon, où siège le Corps législatif, le Panthéon ou Ste-Geneviève, le Val-de-Grâce, l'Hptel des Invalides, l'École militaire, la Bourse, la Banque, le Garde-Meuble, la Monnaie, le Timbre, l'Hôtel de ville (agrandi et embelli de 1839 à 1841), le Palais de justice, l'hôtel du quai d'Orsay où siègent la cour des Comptes et le Conseil d'État ; l'hôtel de la Légion d'Honneur, les hôtels des divers ministères, des diverses ambassades, et beaucoup de superbes maisons particulières qui pourraient passer pour des palais ; les arcs de triomphe de l'Étoile et du Carrousel, les portes St-Denis et St-Martin; puis, en fait de constructions industrielles, le Grenier d'Abondance, l'Entrepôt général des vins, la Halle au Blé, que couvre une coupole en fer. Les plus belles églises sont Notre-Dame (la cathédrale), Ste-Geneviève, St-Sul-pice, St-Eustache, St-Roch, St-Etienne, St-Germain l'Auxerrois, St-Germain des Prés, St-Paul, la Madeleine, Notre-Dame de Lorette, St-Vincent de Paul, Ste-CIotilde, St-Eugène, St-André, St-Augustin, la Ste-Chapelle; l'Oratoire et la Visitation (temples protestants), l'Église russe, la Synagogue. — Les principaux théâtres sont : le Grand Opéra (boulevard des Capucines), l'Opéra Italien (auj. salle Ventadour), le Théâtre-Français, l'Odéon (2° Théâtre - Français), l'Op.éra-Comique, le Théâtre Lyrique, la Porte-St-Mar-tin, le Gymnase, le Vaudeville, les Variétés, le Palais-Royal, le Cirque. —Parmi les hôpitaux ou hospices, les uns admettent toute espèce de malades (l'Hôtel-Dieu, la Charité, la Pitié, l'hôpital Lariboi-sière, Baujon, l'hospice Cochin), d'autres sont spéciaux (l'hôpital St-Louis, la Maternité, la Salpêtrière, les Quinze-Vingts,l'hospice des Enfants, le Val-de-Grâce, les Ménages, etc.). — Parmi les marchés, il faut citer les Halles centrales, qui ont remplacé l'anc marché des Innocents, puis ceux de St-Germain, de la Madeleine, St-Honoré, St-Martin, des Blancs-Manteaux, Maubert, etc.—Les principaux cimetières sont ceux du Père-Lachaise ou de l'Est, de Montmartre ou du Nord, de Montparnasse ou du Sud, ornés d'un grand nombre de monuments. Sous la partie mérid. de Paris s'étendent de vastes et antiques catacombes où ont été déposés, lors de la Révolution, les ossements provenant des anciens cimetières intérieurs (celui des Innocents, etc.). En outre, d'immenses égouts ont été construits sous toute la ville et comptent presque autant de rues que la ville même. Paris tire l'énorme quantité d'eau dont il a besoin, non-seulement de la Seine, mais aussi du canal de l'Ourcq, des puits artésiens de GreneEe et de Passy et de l'aqueduc d'Arcueil; un aqueduc gigantesque, commencé en 1863, doit y amener les eaux de la Dhuys et de la Somme-Soude. On trouve à Paris des établissements d'instruction de tous genres : facultés de sciences, de lettres, de théologie, de droit, de médecine, qui forment l'Université la plus fréquentée peut-être du monde entier; le haut enseignement y a de plus le Collège de France, le Muséum d'histoire naturelle et une foule d'écoles spéciales : école polytechnique, école normale supérieure, écoles de pharmacie, des ponts et chaussées, des mines, de commerce, des beaux-arts, de musique et de déclamation dite Conservatoire, des langues orientales et d'archéologie, des chartes, des arts et manufactures et un Athénée; des cours applicables à l'industrie et ouverts à tous se font au Conservatoire des arts et métiers. On y compte 5 lycées : Louis le Grand, Napoléon (Henri IV), St-Louis, Bonaparte (Bourbon), Charlemagne, deux collèges municipaux (Rollin et Chaptal), 1 collège particulier (Stanislas),etnombre d'institutions privées. Il faut Î' joindre plusieurs séminalres, dont le principal est egrand séminalrede St-Sulpice, une école des hautes études ecclésiastiques ; un très-grand nombre d'écoles primaires, les unes laïques, les autres tenues par des Frères, une école primaire supérieure, fondée par la ville (l'école Turgot), les écoles des jeunes aveugles, des sourds-muets, etc. Parmi les bibliothèques «t autres établissements scientifiques, on remarque.. la Bibliothèque impériale (là plus riche du monde), celles de, Ste-Geneviève. de r Arsenal, Mazarine, del'In-stitut, dtf la Ville, de l'Université (ou delaSorbonne), du Muséum d'histoire naturelle ; les collectionsdu Muséum (ménagerie, jardin botanique, collections de zoologie, de minéralogie, de géologie),l'Observatoire; les Musées de peinture,sculpture, naval, des.antiqui-tés (tous au Louvre) ; le Musée du Luxembourg, l'Arsenal, le Musée d'artillerie, le Dépôt de la guerre, le Dépôt général des cartes et plans de la marine, les plans en relief des places de guerre, le Cabinet de minéralogie (à la Monnaie), le Conservatoire des arts et métiers, le Cabinet d'anatomie (à l'École de médecine) , la Galerie d'architecture (à l'Institut), le musée de Cluny, etc. Paris possède un grand nombre de sociétés savantes : d'abord l'Institut, composé de cinq classes (Académie française, Ac des sciences, Ac des inscriptions et belles-lettres^ Ac des beaux-arts, Ac des Sciences morales); puis l'Académie da médecine, les Soc d'encouragement, philomathique, linnéenne, géologique, asiatique, de statistique universelle, de géographie, d'histoire defFrance, de médecine, de pharmacie, d'agriculture, des proçrès agricoles, d'acclimatation, de l'industrie française, des amis des sciences, etc. On y publie plus de 300 journaux ou recueils périodiques. — L'industrie de Paris est immense et variée. Elle embrasse les tissus de toute espèce (fil, coton, soie, laines), la joaillerie, bijouterie, vraie et fausse, orfèvrerie, coutellerie de luxe; les ornements en tout genre, les bronzes, porcelaines, papiers peints, verrerie, ébénisterie, tabletterie, passementerie, ganterie, bonneterie, quincaillerie, carosserie, sellerie, peausserie, tapisserie (manufactures des GobeUns et de la Savonnerie); articles de mode et de goût, fleurs articielles, éventails, ombrelles et parapluies, bimbeloterie, communément désignés sous le nom d'articles de Paris; produits chimiques ; instruments de physique, mathématiques, astronomie; horlogerie, imprimerie et librairie, gravures, lithographies; pianos et autres instruments de musique, etc. Les revenus de la ville dépassent 100 millions, et excèdent le budget d'un grand nombre d'États importants.
    • Histoire. Paris portait originairement le nom de Lutèce, Lutetia, nom que l'on dérive du celtique Loutouhézi, habitation au milieu des eaux. Ce n'était au temps de César qu'un bourg qui se bornait à la Cité et qui était joint aux deux rives par deux ponts; elle était la capitale des Parisii. Attaqués l'an 52 av. J.-C. par Labiénus, lieutenant de César , ses habitants se défendirent avec courage; néanmoins, la place fut prise et rangée parmi les villes tributaires (Veciigales). Dans le premier siècle de l'Empire la ville reçut le titre de Cité et s'étendit un peu sur la rive gauche de la Seine : A la fin du in* s., Constance Chloré fit bâtir sur cette rive le palais dont les ruines portent auj. le nom de Thermes. C'est là que résidait Julien, pendant qu'il com-mandalt dans les Gaules (335-360J; c'est là qu'il fut proclamé empereur. Le Christianisme fut apporté à Lutèce vers 250 par S. Denys qui en fut le 1er évoque et qui, suivant la tradition, y mourut martyr, avec S. Rustique et S. Éleuthère. Quand Attila ravagea la Gaule et menaça Paris f451\. Ste Geneviève réussit par ses prières à détourner le conquérant barbare : en mémoire de ce service la sainte devint la patronne de Paris. Clovis, après la bataille de Sois-sons, entra dans Paris sans coup férir (486); 20 ans après il l'environna de murs et en fit sa capitale. A sa mort (511), Paris donna son nom à l'un des quatre royaumes francs qui se formèrent de son héritage; ce royaume échut à Childebert I, l'aîné de ses fils. Les quatre royaumes, qui avaient été réunis en 558 par Clotairel, s'étant de nouveau divisés à sa mort, en 561, Paris sembla assez important pour que dans le partage on stipulât qu'il appartiendrait en commun aux quatre frères. Dès 567 pourtant, sitôt que le roi de Paris Caribert I eut cessé de vivre, Chilperic s'empara de la ville par surprise. Sous les derniers Mérovingiens, Paris devint la capitale de la Neustrie; sous Charlemagne, elle ne fut plus que le ch.-l. d'un comté; sous Charles le Chauve, le comté de Paris devint partie intégrante et principale du duché de France ; les ancêtres de Hugues Capet, depuis Eudes, fils aine de Robert le Fort, furent à la fois ducs de France et comtes de Paris. Au rz* s., Paris fut souvent menacé ou ravagé par les Normands (841, 845, 855, 861); en 885, il subit un siège de 13 mois ; mais l'évêque Gos-linetle comte Eudes le défendirent vaillamment; en ce même temps, d'horribles famines (surtout en 850, 855, 868, 873, 896, 899, 940) décimèrent la population. La prépondérance et la prospérité de Paris datent surtout de l'avènement de Hugues Capet, dernier comte de Paris : il habitait le Palais de la Cité (auj. Palais-de Justice). Sous Philippe I fut instituée la prévôté de Paris; sous Louis VI, les écoles de Paris commencèrent à devenir célèbres, grâce sutout à l'enseignement de Pierre Lombard et d'A-bélard; sous Louis VII la ville s'accrut considérablement et Notre-Dame fut commencée. Philippe-Auguste fit paver les rues principales, bâtit la Halle, le vieux Louvre, et éleva, pour défendre la ville, une enceinte fortifiée (1190). Dès 1200 fut fondée l'Université de Paris, la première qu'il y ait eu en Europe; elle compta jusqu'à 20 000 élèves. Louis IX enrichit Paris de nombreux monuments, notamment de la Ste-Chapelle et des Quinze-Vingts. Sous Phi-lippele Bel, le parlement fut établi à Paris, en 1302 ; la même année y vit réunirlespremiers États généraux. Èh 1306 éclata dans Paris, contre ce même prince, une insurrection causée par l'excès Jdes impôts et l'altération de la monnale : le roi fut assiégé dans le palais du Temple, où il s'était réfugié. Après la défaite de Poitiers et pendant la captivité du roi Jean (1358), Marcel, prôvùt des marchands, se rendit maître dans Paris : il allait livrer la ville à Charles le Mauvals, quand il fut assassiné par Maillard. En 1382 éclata la sédition des Maillotins, qui fut punie cruellement par Charles VI. Quand commença la guerre civile des Armagnacs et des Bourguignons, Paris fut déchiré par ces deux factions (1411-18),jusqu'à ce qu'il tomba aux mains du roi d'Angleterre (1420), que le traité de Troyes venaltde déclarer héritier présomptif du trône de France : c'est à cette époque que se place le mouvement des Càbochiens et la trahison de Perrinet-Leclerc, qui introduisit les Anglais dans Paris. La ville ne fut reconquise sur les Anglais qu'en 1436. Paris jouit ensuite de 100 ans de tranquillité. Dans ce laps de temps, François I fait abattre le vieux Louvre et le reconstruit' sur un nouveau plan ; Jacques d'Amboise élève l'hôtel de Clu-ny; le Collège de France, l'imprimerie royale sont fondés. Après la défaite de Pavie, l'administration de Paris éleva autour de la ville tonte une enceinte d'ouvrages avancés , et, lorsqu'en 1544 l'armée de Charles-Quint marcha sur Paris, le duc du Guise fit entourer de remparts les faubourgs du N. E. et du S. Les supplices des Calvinistes ordonnés en 1534 par François I, puis la St-Barthélemy en 1572 , et peu après les troubles de la Ligue rouvrirent pour Paris la carrière des désastres : c'est à Paris qu'eut lieu la journée des Barricades, qui força Henri III à fuir de la capitale (1588), et que se tinrent les Etats de la Ligue (1593). Deux fois Paris fut assiégé par Henri IV (1589 et 1593) ; la ville résista longtemps pt supporta héroïquement toutes les horreurs„de la famine; enfin, réduite aux abois, elle ouvrit ses portes au roi, qui venalt de se convertir. Henri IV continua le Louvre et les Tuileries, commencées par Catherine de Mé-dicis, acheva l'hôtel de ville, commencé en 1553, et le pont Neuf, dontHenriHIavaitposéla première pierre en 1578; fit construire.les hôpitaux de la Charité et de S't-Louis, ainsi que la rue et la place Da'uphine, la place Royale, et les quais de l'Arsenal, de l'Horloge, et des Orfèvres. Sous Louis XIII, en 1,622, Paris, qui avait été jusque là un simple évêché suffra-gant de la métropole de Sens, fut érigé en archevêché. Richelieu fit bâtir le Palals-Cardinal (depuis Palais-Royal), et Marie de Médicis le Luxembourg; la Sorbonne fut rebâtie par les soins de Richelieu; le pontau Change, le pont Marie, et celui delà Tournelle furent construits sur la Seine; on édifia les églises de St-Roch et de St-Louis en l'Ile, les hôpitaux de la Pitié et des Incurables. Sous le même règne, Paris s'était tellement agrandi, surtout sur la rive droite, qu'il devint nécessalre de lui donner une nouvelle enceinte : nos boulevards actuels du Nord (Bonne-Nouvelle, Poissonnière, Montmartre, des Italiens, etc.), faisaient partie de cette enceinte. Pendant la minorité de'Louis XIV, Paris fut le principal théâtre des troubles de la Fronde : la capitale eut une nouvelle journée des Barricades et vit livrer bataille dans ses faubourgs. Louis XIYtransféraàVersailles le siège de la cour et du gouyeme,meot, qui ne fut rétabli à Paris qu'en 1789. Cependant Paris ne cessa as.pendantcette période, de s'agrandir etde s'em-ellir. Sous Louis XIV, Le Nôtre traça le jardin des Tuileries: les Champs-Elysées furent ouverts et plantés ; on bâtit le pont Royal, on ouvrit les places du Carrousel, Vendôme, des Victoires; des arcs de, triomphe s'élevèrent aux Portes St-Denis et St-Mârtin; on vit construire l'Hôtel des Invalides, le Palais des Quatre-Nations (auj. de l'Institut), la colonnade du Louvre, les Gobelins. Sons Louis.XV, s'élevèrent l'Ecole militalre, l'Ecole de droit, ïe.Garde-Meuble (auj. Ministère de la Marine), les églises Ste-Geneviève, St-Sulpice, St-Philippe du Roule; le Palais-Bourbon, l'Ecole de médecine, l'Hôtel des Monnaies, la place £oMisXV(auj. de la Concorde); l'enceinte de Paris fut encore reculée et comprit le faubourg du Roule, le quartier de la Chaussée-d'Àntin, les faubourgs St-Germain et St-Honoré} en même temps les anciens boulevards, qui étaient de véritables remparts, furent abaissés et plantés pour servir de promenade. On doit à Louis XVI le. Conservatoire de Musique, les Écoles des ponts et chaussées et des mines, le pont Louis XVI (auj. de la Concorde), l'Odéon, lo Théâtre-Français, l'Opéra (auj. théâtre de la. Porte-> St-Martin), le3 Italiens (auj. Opéra-Comique), l'hô-pitalBeaujon.En 1786, les fermiers généraux bâtirent autour de Paris le mur d'octroi, qui exista presque sans changement jusqu'en 1860. Dans la Révolution, Paris fut de nouveau le théâtre des discordes civiles et des plus graves évènements : la prise de la Bastille (14 juillet 1789), les journées des 5 et6 octobre, la fédération du champ de Mars.(14juiEet 1790), les funestes journées du 20 juin, du 10 août, du 21 janvier, du 31 mal, du 13 vendémiaire an IV, du 18 fructidor an V, etc., se passèrent dans son sein. Pendant ces temps orageux, la ville fut presque constamment sous la domination de la Commune et des clubs des Jacobins et des Cordeliers/Sous le Consulat et l'Empire, un calme profond règne dans Paris jusqu'en 1812, époque de }a conspiration de Mallet. Napoléon avait conçu de vastes projets poui l'embellissement de Paris, mals il ne put en réaliser qu'une partie : il commença l'Are de triomphe Js l'Etoile, érigea celui du Carrousel, ainsi que la colonne de la place Vendôme, entreprit l'achèvement du Louvre, et la construction du palais de l&Bourse, fit construire les ponts d'Austerlitz et d'Iéna, ouvrit' un grand nombre de rues nouvelles, parmi lesquelles la rue de Rivoli, la rue Napoléon (auj. de la Paix), les ruesCastiglione.duMont-Thabor, des Pyramides, Tronchet ; fit bâtir huit marchés, l'Entrepôt des vins, les Greniers de réserve, les abattoirs, les cimetières de l'Est et du Nord; débarrassa les ponts et les rives de la Seine des files de maisons qui masquaient la vue de la rivière et les remplaça par des. quais magnifiques, fit creuser le canal'de l'Ourcq et commença les canaux St-Martin et St-Denis. En 1814, la capitale est occupée par les alliés, après une glorieuse tentative de défense et la perte de la bataille dite de Paris (30 mars). L'emp. Napoléon y rentre bientôt 20 mars 1815), mais Cent jours après, la défaite de Waterloo y ramène l'ennemi, suivi de Louis XVIII (3 juillet 1815). Paris fut le théâtre de la révolution de 1830, qui porta au trône Louis-Philippe, duc d'Orléans; de celle de 1848, qui le renversa; des journées de juin 1848 (F. Journées de JUIN); du coup d'État du 2 décembre 1851; de la révolution du 4 septembre 1870, qui rétablit la République; de 131 jours d'investissement et d'un mois de bombardement par l'armée allemande (19 septembre 1870-28 janvier 1871) ; de l'insurreetion du 18 mars 1871 et du gouvernement de la Commune (Y. ce mot). — La Restauration y construisit plusieurs églises nouvelles; Louis-Philippe s'occupa surtout d'achever et de réparer les anciens édifices : la Madeleine, l'Arc de triomphe de l'Étoile, l'Hôtel de ville, le Palais de justice, Notre-Dame, la Ste-Chapelle. Paris lui doit en outre le Palais du Conseil d'Etat, le Musée des Thermes et de l'Hôtel Cluny, les ponts Louis-Philippe etdu Carrousel; la reconstruction et la plantation des quais-St-Paul, de la Grève, Lepelle-tier, de Gèvres, de la Mégisserie, et de l'Ecole; les galeries de minéralogie et les serres du Jardin des Plantes; la colonne de Juillet, le tombeau de Napoléon, destiné à recevoir les restes de l'Empereur solennellement rapportés de Ste-Hélène en 1840 ; l'Eglise Ste-Clotilde, la restauration de Notre-Dame; la bibliothèque Sle-Geneviève, le puits de Grenelle et un grand nombre de fontaines, le percement de plusieurs rues nouvelles, entre autres celles d'Alger, de Rambuteau, de la Bourse, du Havre, enfin les fortifications de Paris, immense travail, exécuté de 1841 à 1846. Sous Napoléon III ont été exécutés de vastes travaux d'ensemble qui ont eu pour but à la fois d'assainir, d'embellir et d'agrandir la capitale et qui l'ont entièrement métamorphosée : d'immenses boulevards ont été ouverts dans tous les sens (en voir plus haut la nomenclature), la belle rue de Rivoli a été prolongée et triplée, et grand nombre de rues nouvelles ouvertes, le Louvre a été achevé et complété, les Halles centrales ont été construites, les places du Louvre, du Palais-Royal, de l'Hôtel-de-Ville agrandies et rebâties sur un plan régulier, le canal St-Martin a été couvert et converti en un magnifique boulevard (boul. Richard-Lenoir) ; enfin les limites de Paris ont été une dernière fois reculées et portées jusqu'à l'enceinte fortifiée (1860)- Paris engloba alors les communes de Passy, Auteuil, Batignol-îes, Montmartre, La Chapelle, La Villette, Belleville, Charonne, Bercy, Vaugirard, Grenelle, en totalité, et en grande partie celles de Neuilly, Clichy, St-Ouen, Aubervilliers, Pantin, Prés-St-Gervais, St-Mandé, Bagnolet, Ivry, Gentilly, Montrouge, Vanves et Issy. Par l'effet de cette extension, Paris est, avec Londres, la plus grande ville de l'Europe, et, grâce aux améliorations de toute espèce qui viennent d'y être exécutées, elle en est incontestablement la plus belle.
    • A Paris ont eu lieu plusieurs conciles (360, 615, 820,829,1050,1053,1104,1310,1395,1398,1408, etc.). Les Etats généraux y furent assemblés en 1302,1303, 1317,1355,1356,1359,1369,1413, 1420,1558, 1604, 1789. — Nombre de traités ont été signés dans cette ville, notamment en 1229, sous S. Louis : fin de la uuerre des Albigeois, cession de la plus grande partie du comté de Toulouse à la couronne de France; en 1303 : Philippe le Bel rend l'Aquitaine au roi d'Angleterre Edouard III, à la condition d'hommage; en 1635 : ligue défensive et offensive de la France avec la Hollande contre l'Espagne; en 1763, entre la France, l'Espagne et l'Angleterre, pour mettre fin à la guerre de Sept ans : la France cède à l'Angleterre le Canada, l'Acadie, le Cap-Breton; l'Angleterre restitue à la France la Guadeloupe, la Martinique , Marig-Galante, etc. ; l'Espagne obtient la Louisiane et la restitution de Cuba et cède la Floride aux Anglais; en 1783, entre- la France, l'Angleterre, l'Espagne et les États-Unis d'Amérique : l'Angleterre reconnaît l'indépendance des Etats-Unis; la France et l'Espagne recouvrent les possessions qui leur avaient été enlevées pendant la guerre ; en 1801 : signature du Concordat avec le pape; en 1814, le 30 mai : ce traité faisait rentrer la France dans ses limites de 1792 et lui rendait ses colonies, moins l'île de France, Ste-LucieetTabago; en 1815,le30novem-bre : la France se vit enlever Philippeville, Marien-bourg, le duché de Bouillon, Sarreîouis, Saarbruck, les deux rives de la Sarre, le pays situé au N. de la Lauter et une partie du pays de Gex, dut consentir à la destruction des fortifications d'Hunïngue, payer aux Alliés une indemnité de 700 millions, et subir l'occupation d'une armée ennemie pendant 3 ans; en 1856, le 30 mars : ce traité, qui mit fin à la guerre d'Orient, admit l'Empire Ottoman dans le concert européen, mit son intégrité sous la garantie collective des puissances, interdit à la Russie toute immixtion dans les affaires intérieures de la Turquie, lui enleva -une partie de la Bessarabie, ouvrit la Mer Noire au commerce de toutes les nations, affranchit la navigation du Danube et assura aux provinces moldo-valaques une administration indépendante.
    • Parmi le grand nombre des hommes illustres nés à Paris, on peut citer : dans les »ettres, Molière, Régnard, Boileau, Quinault, J. B. Rousseau, Ar-nauld, Malebranche, Rollin. Voltaire, Lebrun, La Harpe, Marivaux, Favart, Beaumarchais, Scribe, Béranger; dans les sciences, a*Alembert, Bailly, Lavoisier,Fourcroy, Darcet; dans les arts, Perrault, Mansard, J. Goujon, Pigalle, David, Gros, De la Roche, les Vernet, Halévy, Lekain, Talma, Vestris; dans l'armée, Condé, Catinat, Eugène de Savoie.
    • On peut consulter sur la description et l'histoire de l'ancien Paris les écrits de Sauvai, Piganiol de Laforce, Félibien, Lebeuf, Jaillot, Béguillet, St-Viçtor, Dulaure, Legrand, Meindre, Lavallée. On doit aux frères Lazare un Dictionnaire des rues de Paris, et à M. Ad. Joanne Paris illustré (1863), description exacte et complète du Paris actuel.
  • PARI — 1431 — PARÏ
  • PARIS (Comtes de). Ce titre fut créé au vin8 siècle par Charlemagne. Robert le Fort, en épousant Adélaïde, veuve de Conrad, comte de Paris, fit passer ce titre dans sa famille avec le duché de France (861). H le transmit à son fils Eudes, qui fut couronné roi de France en 887. Ce titre fut porté par divers membres de cette famille jusqu'à l'avènement de Hugues Capet, arrière-petit-fils de Robert le Fort, qui réunit à la couronne le comté de Paris en même temps que le duché de France (987).—Le titre decomte de PariSj éteint depuis huit siècles, a été rétabli par le roi Louis-Philippe en faveur de son petit-fils, Louis-Philippe-Albert (fils desonfilsaîné),né en 1838.
  • PARIS, dit aussi Alexandre, fils de Priamet d'Hé-cube, célèbre par sa beauté et sa lâcheté. Sur l'ordre de Priam, il fut exposé en naissant, parce que sa mère avait rêvé qu'elle portait enson sein un flambeau qui mettrait en cendres l'Europe et l'Asie; mais il fut sauvé par les soins d'Hécube et confié à des bergers du mont Ida, parmi lesquels il passa sa jeunesse. Choisi pour juge entre Minerve, Junon et Vénus dans le célèbre différend qui s'était élevé entre ces déesses au sujet de leur beauté, il adjugea la pomme d'or à cette dernière. Etant dans la suite rentré dans le palais paternel, il fut envoyé en Grèce pour rede-mander Hésione, qu'avait enlevée Hercule, mais, au lieu d'accomplir cette mission, il ravit lui-même la belle Hélène, femme de Ménélas, roi de Sparte, qui l'avait accueilli à sa cour, et par cet enlèvement il alluma ta guerre de Troie. Pendant la guerre, il offrit de se battre en combat singulier avec Ménélas, mais il prit honteusement la fuite devant oe héros. Il tua Achille par trahison, et fut lui même blessé à mort par Pyrrhus ou par Philoctète. Il fut recueilli et secouru à ses derniers moments par la bergère Œnone, qu'il avait aimée et épousée dans sa jeunesse, mais qu'il avait depuis trahie et délaissée.
PARI	— 1432 —	PÂRK
  • PARIS (Mathieu), chroniqueur anglais, de l'ordre des Bénédictins, né vers 1197, mort vers 1259, prit l'habit religieux au monastère de St-Alban (Lincoln) ot en devint l'historiographe. Il fut chargé de réformer plusieurs monastères de Norvège, et jouit de la faveur du roi d'Angleterre Henri III, qui lui confia plusieurs missions délicates en France. On a de lui : Historia major Anglix, qui va de 1066 à 1X59, et qui a été publiée par Mathieu Parker, archevêque de Cantorbéry, Londres, 1571, etparWats, 1640: c'est une des sources les plus importantespourcette partie de l'histoire. Elle a été trad. par Huillard-Bréholles, Paris, 1840-41, 9 vol. in-8, avec une introduction par M. de Luynes. Mathieu Paris avait rédigé lui-même un abrège de sa chronique sous le titre dMïtstoria minor ; cet ouvrage est resté médit. Il a écrit en outre la Vie des deux Offa,ceû.eo\e S. Edmond, etla. biographie des 23 abbés de St-Alban.
  • PARIS (François de), célèbre diacre janséniste, né à Chatillon (Seine), en 1690, m. en 1727, était fils d'un conseiller au parlement. Il embrassa avec ardeur le jansénisme, en appela de la bulle Unigeni-lus, et refusa une cure pour ne pas signer le formulaire. Fixé dans le faubourg St-Marceau, il se consacra à l'instruction du peuple et aux oeuvres de charité; ayant ainsi consumé sa fortune, il se mit à fabriquer des bas pour vivre. Il abrégea ses jours par des autérités excessives et mourut en odeur de sainteté. du moins aux yeux de ses partisans. Il fut enterre au cimetière St-Médard. On prétendit qu'il s'opérait des miracles sur sa tombe. L'enthousiasme, l'imagination s'en mêlèrent et donnèrent naissance à des cures extraordinaires, ainsi qu'aux scènes extravagantes et scandaleuses des Convulsionkaires ; enfin le gouvernement fit fermer le cimetière (1732). L'épi-gramme suivante fut alors affichée par un plaisant :

De par le roi défense à Dieu De laire miracle en ce lieu. La Vie du diacre Pdris a été écrite par le P. Boyer, 1731. Carré de Montgeron a recueilli les récits des prodiges qui s'étaient opérés sur son tombeau.

  • PARIS, garde du corps du comte d'Artois, puis garde constitutionnel de Louis XVI, tua le conventionnel LepelletierSt-Fargeau, représentant quiavait voté la mort du roi, et se brûla la cervelle au moment où il allait être arrêté (1793).
  • PARIS-DUVERNEY (Joseph), célèbre financier, né en 1684 à Moirans en Dauphiné, où son père était aubergiste, m. en 1770. Par d'habiles combinaisons, il acquit, ainsi que ses trois frères, Ant. Paris, Paris la Montagne, J. Pâris-Montmartel, une des fortunes les plus considérables du temps. Il fut chargé de diriger de concert avec ses frères le fameux visa par lequel la dette de l'Etat, à la mort de Louis XIV, fut réduite de 2 062 000000 à 1653000000 et accomplit plusieurs autres opérations financières. Confident du duc de Bourbon, et surtout de la marquise de Prie, qui partageait avec lui les produits de la feuille, des bénéfices, il eut pendant quelque temps le plus grand pouvoir (1723-26). Il fit rendre l'ordonnance sur l'abolition de la mendicité (1724) et proposa à Louis XV le mariage avec Marie Leozinska; mais, d'un autre côté, il conseilla au duc de Bourbon l'impôt du 50" et le rétablissement du droit de joyeux avènement, mesures qui le rendirent odieux. Mis à la Bastille par le cardmalFleuryenl726, il sortit bientôt de prison, et continua à être consulté par la cour : il avait surtout la confiance de la marquise de Pompadour. C'est lui qui conseilla, en 1751, l'établissement de l'École militaire de Paris : il en fut le 1"intendant,avecle titre de conseillerd'JEtat,etmourut dans ce poste.—Son frère, P,-Montmartel, garde du trésor en 1730, puis banquier de la cour, fut fait comte de Sampigny et marquis de Brunoy.
  • PARISET (Etienne), médecin littérateur, né en 1770 à Grand, près de Neufchâteau (Vosges), mort en 1847 , était fils d'un pauvre cloutier. Il ne commença que tard à faire des études, et il réussit tellement qu'il fut envoyé aux frais de la ville de Nantes à l'École de santé de Paris. Forcé d'interrompre ses études médicales faute de ressources, il se fit précepteur, et ne put prendre le grade de docteur en médecine qu'à 36 ans. 11 professa à l'Athénée de Paris des cours d'anatomie et de physiologie qui lui firent une réputation auprès des gens du monde et devint en peu de temps membre du conseil de salubrité, du conseil général des prisons, médecin de Bicêtre, médecin en chef de la Salpêtrière, membre et secrétaire perpétuel de l'Académie de médecine (1822) enfin membre libre de l'Académie des sciences. Chargé d'aller étudier sur les lieux l'épidémie de Cadix (1819), puis la fièvre jaune de Barcelone (1821), il se signala par son dévouement et faillit devenir victime du fléau. 11 n'en partit pas moins en 1828 pour l'Egypte, afin d'observer la peste dans son principal foyer. A son retour, il se prononça pour la contagion, ce qui l'engagea dans de vives et pénibles disputes avec les adversaires de cette opinion. On a de lui une Hist. médicale de la fièvre jaune, 1823; un Mémoire sur les causes de la peste, 1837; des traductions de quelques écrits d'fitppo-crate, un grand nombre d'articles dans lesjournaux et les recueils scientifiques; mais son principal titre, ce sont les Éloges des membres de l'Académie de médecine, qu'il prononça en qualité de secrétaire perpétuel. Son style , trop académique peut-être ,* est constamment clair, élégant et quelquefois énergique. Ces Éloges ont été publiés par J. B. Baillière, 1845 et 1850. L'Éloge de Pariset lui-même a été pro-ndncé par le docteur B. F. Dubois (d'Amiens) à l'Académie de médecine.
  • PARISII, petit peuple de la Gaule, dans la Lyonnaise 4°, sur les deux rives delà Sequana (Seine), avait pour oh.-l. Parisii ou Jjutetta, auj. Paris.
  • PARISIS, anc petit pays de_France, dans la partie centrale de l'Ile-de-France, au N. de Paris. La petite ville de Louvres en était le ch.-l. Il est auj. compris dans les dép. de Seine-et-Oise et de la Seine
  • PARISOT, dit le Père Norbert. V. NORBERT.
  • PARISOT DE LA VALETTE. V. LA VALETTE.
  • PARISOT (Valentin), littérateur, ué en 1800 à Vendôme, m. en 1801, entra fort jeune àl'Ëcole normale, fut reçu avec distinction agrégé d'histoire et docteur ès-lettres, enseigna l'histoire dans les collèges de Bourges et de Versailles, puis la littérature;étrangère dans les Facultés de Rennes, de Grenoble et de Douai. Pourvu de la plus heureuse mémoire et plein d'érudition, il a écrit dans les genres les plus divers. Il a donné plusieurs éditions et traductions d'auteurs grecs et latins, a eu une grande part à la traduction de Pline, d'Ajasson de Grandsagne, a fourni nombre d'excellents articles à la Biographie universelle et rédigé seul le grand Dictionnaire mythologique joint à ce recueil (1832-33, 3 v. in-8), a compose une savante thèse DePorphyrii vita et ra-dole (1845), a publié, dans les Notices et extraits des Manuscrits, l'édition princeps du XXXVlt° livre de Nicéphore Grégoras,avec traduction française et commentaire (1852), a traduit en français une partie du Ramayana (1853) et rédigé pour L'Encyclopédie populaire et autres recueils des résumés ôVàistoire, de littérature et de morale aussi exacts que substantiels.
  • PARKER (Mathieu), un des plus ardents partisans
 PARL	— 1433 —	PARM

de la Réforme, né en U04àNorwich, m. en 1575, était le protégé de Cranmer. Il devint chapelain d'Anne de Boleyn, de Henri VIII, puis vice chancelier de l'Université de Cambridge (1545), et accrut encore sa faveur sous Edouard VI. Destitué et banni sous Marie, il fut rappelé par Elisabeth, et nommé archevêque de Cantorbéry (1559). Il seconda la reine dans tous ses projets et se rendit odieux non-seulement aux Catholiques, mais même aux Réformés, en assujettissant les ministres anglicans à certaines pratiques contre lesquelles plusieurs protestèrent. Parker a donné des édit. des historiens Mathieu de Westminster, Mathieu Paris et Thomas Walsingham, ainsi que de la Fie d'Alfred d'Asser, et a rédigé la préface de la Bible anglaise dite Bible des évêques, 1568.

  • PARLEMENT (du mot barbare parliamentum, colloque, pourparler), nom que l'on donnait dans l'ancien régime à des cours souveraines instituées pour administrer la justice en dernier ressort au nom du roi. Il en existait plusieurs qui résidaient dans les principales villes du royaume.
  • Le Parlement de Paris, leplusancien et le plus important de tous, n'était dans le principe qu'une cour de justice ambulatoire, qui suivait partout les rois pour rendre la justice en leur nom; Philippe le Bel le rendit sédentaire à Paris par une ordonnance du 23 mars 1302. 11 ne se réunissait d'abord que 2 fois l'an; mais à partir de 1380 il devint permanent. La cour des pairs y fut adjointe en 1420. — Le parlement de Paris recevait, ainsi que tous les autres parlements, les appels des tribunaux inférieurs , et prononçait sans appel; en outre, il connaissait des affaires où les pairs, les évêques, les chapitres, les communautés, les bailliages et les sénéchaussées étaient en cause; il devait juger les officiers-de la couronne et les maréchaux de France qui auraient prévariqué; enfin il enregistrait les lois, édits et ordonnances. Ce parlement, dont les attributions étaient d'abord toutes judiciaires, s'arrogea peu à peu des pouvoirs politiques. Souvent il refusa d'enregistrer des lois qui lui paraissaient injustes, ou bien il adressa aux rois, avant de remplir la formalité de l'engistrement, de hardies remontrances, qui devinrent l'occasion de luttes assez vives ; les rois mettaient un terme à la résistance en se transportant en personne dans le parlement et ordonnant de faire devant eux l'enregistrement : c'est ce qu'on appelait Ht de justice. Plusieurs fois aussi le parlement fut exilé; enfla, LouisXV, irrité de l'opposition de cette compagnie, la cassa en 1771, par le conseil du chancelier Mau-peou, et installa à sa place, sous le nom de Conseil du roi, un nouveau corps judiciaire auquel on donna, par dérision, le surnom de Parlement Èaupeou; mais Louis XVI, dès son avènement, rétablit l'aucien parlement (1774). Le parlement de Paris fut supprimé, avec tous les autres, par l'Assemblée Constituante J sept. 1790). Ce parlement embrassait dans son ressort, outre Paris et l'Ile-de-France, la Picardie, la Champagne, la Brie, le Perche, la Beauce, le Maine, laTouraine, l'Orléanais, la Sologne, le Berry, le Nivernais, l'Anjou, le Poitou, l'Aunis, le Rochelois, l'An-goumois , la Marche , le Bourbonnais , l'Auvergne, le Forez, le Lyonnais, le Beaujolais, le Maçonnais et l'Auxerrois. Il avait tenu depuis sa création des registres connus sous le nom d'Olim, qui sont au nombre Cas plus précieux monuments de notre histoire et qui n'ont été publiés que de nos jours (F. OLIM).
    • Les parlements autres que celui de Paris, au nombre de 13, furent institués aux lieux et dans l'ordre suivant : Toulouse, 1302; Grenoble, 1451; Bordeaux, 1462; Dijon, 1477; Rouen,1499 et 1515; Aix, 1501; Rennes, 1553;Pau, 1620; Metz, 1633; Besancon (d'abord à Dôle), 1676; Trévoux, 1696; Douay, 1713 (d'abord à Tournay) ; Nancy, 1775.
  • Tout parlement se composait d'une Grand'cham-bre, de Chambres d'enquêtes et de Chambres de requêtes. La Grand'chambre du Parlement de Paris était, composée d'un 1" président, de 9 présidents à mortier (ainsi appelés de la forme du bonnet qu'ils portaient),de 23 conseillers-laïques, de 12 conseîllers-clercs, indépendamment des conseillers d'honneur. Lo costume consistait dans une grande robe, écarlate pour les présidents, noire fourrée de vair ou d'hermine pour les simples conseillers, un bonnetou mortier de velours à galons d'or pour les présidents, et un bonnet de drap noir pour les conseillers. Les conseillers furent d'abord désignés par le roi, puis (à partir de 1401 ) élus par le parlement même ; Louis XII, pressé d'argent, commença, en 1512, à vendre quelques offices; François I établit en règle générale la vénalité des charges, et cet abus subsista jusqu'à la Révolution. On doit à M. de Bastard de l'Ëstang. un Essaihistorique surles Parlements de France, 1858; à M. Demaze, l'Hist, du Parlement de Paris, 1860, à M. Delacuisine, le Parlement de Bourgogne, 1858, etc. Dans plusieurs pays, notamment en Angleterre, on désigne collectivement sous le nom de Parlement les deux assemblées qui partagent avec le roi le pouvoir législatif (V. CHAMBRE DESLORDS, DES COMMUNES).

Le parlement anglais fut institué par la Grande-charte, arrachée au roi Jean en 1215. Il ne se composait d'abord que des députés du clergé et de la noblesse ; les Communes n'y furent introduites que sous Henri III, en 1265, parle comte de Leicester, et elles ne furent définitivement constituées que sous ËdouardI. Le Parlement anglais siège à Westminster.

  • PARLEMENT (LONG-), nom donné en Angleterre, à cause de sa longue durée, au dernier parlement convoqué par le roi Charles I. Assemblé en 1640, ce parlement dura plus de 20 ans. II déclara en 1642 la guerreau roi. Après 8 années d'existence au milieu des troubles et des guerres civiles, il fut purgé par Pride, sur l'ordre de Cromwell, de tous les membres qui s'opposaient à sa politique et réduit à 80 membres (1648). Le Parlement ainsi mutilé se montra d'abord docile à Cromwell: il décida que Cbarlesl serait jugé et prit plusieurs mesures énergiques; mais il ne tarda pas à porter ombrage au Protecteur, qui le chassa honteusement de la salle de ses séances le 20 avril 1653. Il ne fut rappelé qu'en 1659 et fut alors nommé par dérision le Parlement-Croupion (Rump-Parliament).; mais il ne tarda pas à se dissoudre lui-même (1660). PARLEMENT IMPERIAL. On nomma ainsi après l'union de l'Irlande à l'Ang'eterre le parlement de l'Empire britannique, qui réunissait les représentants des 3 royaumes d'Angleterre, d'Ecosse et de l'Irlande.
  • PARME, Parma, Julia Augusla, v. d'Italie, anc capit. du duché de Parme, sur la Parma, par 44"48' lat. N. et 7° 59' long. E. ; 42 000 h. Évêché, cour civile et criminelle; université, fondée en 1423, supprimée en 1432, rétablie en 1854, et comprenant des facultés de théologie, de droit, de médecine, de physique, de philosophie et littérature; écoles des beaux-arts, de chant, de sourds-muets; bibliothèque, collection d'estampes, galerie de tableaux, musée d'antiquités, jardin botanique. La ville est grande et belle, entourée de murs, et défendue par une citadelle. On y remarque : la cathédrale ou Dôme, du xic s., avec une belle fresque de l'Assomption par le Corrège et un magnifique baptistère en marbre ; l'église de la Madonna de la.Steccata, où sont les tombeaux des Farnèses; celles de St-Louis et de St-Jean l'Ëvangéliste, avec une belle tour et une coupole peinte par le Corrège; le palais Farnèse et un immense théâtre. Aux environs, beau pont du Taro. Ma-nuf.destabacs; porcelaine, sojeri.es, draps,chapeaux, etc. Les laines de Parme étaient renommées chez les anciens. Patrie de Mazzuoli ditle Parmesan.— Ville très-ancienne : elle fut fondée par les Etrusques, devint colonie romaine en 184 av. J.-C. et fut comprise dans la Gaule Cispadane ; sous Auguste, elle reçut le nom de Julia Augusta. Au moyen âge, elle fut tour à tour guelfe et gibeline, tour à tour indépendante et soumise à de petits tyrans ou aux villes voisines, jusqu'au moment où elle tomba au pouvoir des papes et, par suite. a>ux mains de la maison de Far-nèse.quienfit sa capitale (Kl'art.suiv.).—LesFran-çais battirent les Impériaux près de Parme en 1734. Parme devint en 1802 le ch.-t. du dép. du Tare Napoléon I donna à Cambacérès le titre de duc de Parme.
 PARM	— 1434 —	PARM
  • PARME-PLAISANCE-ET-GUASTALLA (Duché de), partie de l'anc Gaule cispadane et de la Ligurie; ancien Etat de l'Italie sept., entre la Lombardie au N. E., la Toscane au S., le Modénais àl'E., le Piémont auN.O.: env. 80 kil. en tout sens ; 510 000 hab. ; ch.-l., Parme. Riv. : la Parma et le Taro. Cuivre, fer, sel, etc.; blé, maïs, bétail; fromage estimé dit parmesan, quoique le véritable parmesan se fasse aux environs de Lodi ; magnaneries, soieries. — Cette contrée fut soumise jar les Romains vers 184 av. J.-C, avec le reste de & Gaule cisalpine. A la chute de l'empire, elle reconquit pour quelque temps son indépendance, puis tomba au pouvoir des Lombards, auxquels Charle-magne l'enleva pour la donner aux papes. Pendant les guerres des papes et des empereurs, elle s'érigea en république. A.la chute des Hohenstaufen, elle se trouvait sous la domination des Correggio (1303); déchirée par des dissensions intestines, elle se donna à Jean de Bohême (1330), lequel la vendit aux Rossi ; mais ceux-ci ne purent s'y maintenir, et Martino délia Scala en devint maître en 1335. Il la donna comme fief en 1341 à ses oncles les seigneurs de Correggio, qui recouvrèrent ainsi la puissance dont ils avaient été dépouillés. Mais dès 1344 Azzon, l'un d'eux, vendit ses États à Obizzo HI d'Esté, lequel les revendit en 1346 à Lucchino Visconti, seigneur de Milan. Dans tous ces revirements, Plaisance suivit le sort de Parme. Le Parmesan et ie Placentin restèrent ainsi prov. milanaises jusqu'aux guerres des Français en Italie. Au congrès de Mantoue, Jules II, en rendant le duché de Milan aux Sforce, en fit détacher Parme et Plaisance en faveur du St-Siége (1511). François I, en renouvelant la conquête du Milanais en 1515, annexa de nouveau les deux pays au Milanais. La paix de 1530, entre Charles-Quint et Clément VII, les rendit au pape; mais peu après (1545), PauIIII les céda comme fiefs à son fils naturel, Pierre Louis Farnèse : le fils de celui-ci, Octave, qui lui succéda dès 1547, mais ne fut reconnu par Philippe II qu'en 1556, devint le chef de la dynastie des Farnèse (V. FARNESE). En 1731, l'héritière de cette maison, Elisabeth Farnèse, femme du roi d'Espagne Philippe V, fit donner le duché à son fils, don Carlos; mais, ce prince étant devenu en 1735 roi des Deux-Sioiles, le double duché fut alors attribuéàl'Autriche. Après la guerre de la succession d'Autriche, la paix d'Aix-la-Chapelle(1748) le donna au2° fils d'Elisabeth Farnèse, l'infant don Philippe. Ferdinand, fils de ce Philippe, régnajusqu'en 1802 à Parme. Après sa mort, ses Etats furent réunis à la France, et formèrent le dép. du Taro, qui eut pour ch.-l. Parme; mais en même temps son fils, Louis, fut fait roi a'Étrurie. En 1814, ce pays redevint duché souverain et fut donné, avec le duché de Guastalla, à l'archiduchesse Marie-Louise, épouse de Napoléon, qui y régnajusqu'en 1847. A sa mort, il revint (moins Guastalla) à Charles-Louis, duc de Lucquss, issu des ducs de Parme. Ce prince, chassé'de ses Etats en 1849 par une insurrection, abdiqua en faveur de son fils Charles III, qui périt assassiné en 1854. Le fils aîné de ce dernier, Robert,né en 1848, fut alors proclamé duc sous la régence de sa mère, Louise-Marie-Thérèse de Bourbon, fille du duc de Berry, morte en 1864; il fut renversé en 1860, et le duché fut annexé au royaume d'Italie, dont il forme auj. une province.

Octave,1547 Alexandre,1586 Reinucce 1,1592 Odoard,1622 Reinucce II,1646 Fcancois.1694 Antoine,1727 Ducs de Parme et Plaisance. Pierre L. Farnèse, Ï545 Don Carlos de Bourbon, dit Charles I, 1731 Don Philippe, 1748 Ferdinand, 1765 louis I, roi d'Ëtrurie, 1802 Louis II, 1803-1807 Marie-Loivse, duc de Parme, etc., 1814 Charles III, 1849 Charl.-Louis,Ch.II, 1847 Robert I, 1854-1860

  • PARME (Alexandre FARNESE, duc do), général de Philippe II. V, FARNESE.
  • PARME(donPhilippe, due de), 4" fils de Philippe V, roi d'Espagne, né en 1720, m. en 1765. Le traité d'Aix-la-Chapelle, qui termina enl748 la guerre de la succession d'Autriche, lui donna les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla, Son administration,fut paisible et heureuse. Il avait épousé Elisabeth, fille de Louis XV, roi de France. Il eut pour successeur son fils Ferdinand.
  • PARME (Ferdinand, infant et duo de), fils du préc et petit-fils de Louis XV parsamère, né en 1751, fut élevé par Kéralio et Condillac (qui rédigea pour lui son Cours d'études). II succéda a son père en 1765 et laissa presque tout le pouvoir au marquis de Félino. Il expulsa les Jésuites (1768), eut des démêlés avec la France pendant les guerres d'Italie (1796) , et mourut en 1802, au moment d'être dépossédé. Ses Etats, sous le nom de dép. du Taro, augmentèrent la république française, et son fils, Louis de Parme, reçut en echange'la Toscane: avec le titre de roi d'Étrurie.
  • PARMÊNEDE, philosophe grec, de l'école éléati-que, né à Élée, dans la Grande-Grèce, vers 535 av. J.-C, selon les uns, ei 519 selon d'autres, fut dans sa première jeunesse disciple de Xénophane, exerça les premières magistratures dans sa patrie, donna de sages Ioi|à ses concitoyens, puis se retira des affaires pour se livrer à la méditation. A 65 ans, il fit avec Zenon d'Ëlée, son disciple, un voyage à Athènes pour y enseigner la philosophie. Il mourut, dans un âge avancé. Parménida professa comme Xénophane la doctrine de l'unité absolue, mais il donna une forme plus rigoureuse à.cesystème. Distinguant deux ordres de connaissances, celles qui sont fondées sur la raison et celles que donne l'apparence, il prétendit que,seion la raison, ilu'existe qu'un être unique, immuable, infini; qua la diversitét le changement, la pluralité sont impossibles; mais îlavouaït que, selon l'apparence, il faudrait admettre tout le contraire. En raisonnant d'après les sens, il expliquait tout par deux principes : le ciel ou le chaud, la terre ou le froid. Il avait exposé son système dans un poème intitulé : Se laNature, dont il reste quelques fragments recueillis par Amédée Peyron, Leips., 1810, par Brandis dans ses Commentationes eleaticat, Altona, 1813, etparKarstendans ses Philos, grxcérelicmim, Amst.,1835. Platon a donné le nom de Purménide à un dialogue où il met ce philosophe en scène. Pro-clus nous a laissé un Commentaire du Parmênide.
  • PARMÉNION, général de Philippe et d'Alexandre, contribua au gain des batailles du Graniqûe et d'Issus, conquit Damas et la Syrie, et fut d'avis qu'Alexandre, après ces sueccès, acceptât les brillantes propositions de Darius, qui offrait au roi de Macédoine la main d'une de ses filles et l'Asie jusqu'à l'Euphrate : a J'accepterais , disait Parménion, si j'étais Alexandre. —Et moi aussi, répondit Alexandre, si j'étais Parménion. *> Après la bataille d'Aiv beEes, Parménion fut nommé gouverneur de la Mé-die; mais bientôt Alexandre, jaloux de son pouvoir, feignit de le croire traître et le fit mettre à mort, après avoir déjà livré'au supplice son fils Philotas, impliqué dans la conspiration de Dymnus (329).
  • PARMENTEER (Augustin, baron), agronome, ne en 1737 à Montdidier, m. en 1813, fut d'abord pharmacien, à l'année de Hanovre. Fait prisonnier et réduit pendant sa captivité à se nourrir de pommes de terre, il reconnut tous les avantages de ce légume, . introduit en Europe dès lexv0 siècle, mais, repousse en France par d'injustes préventions, etfl finit par triompher du préjugé. Pharmacien en chef de l'hôtel des Invalides, puis inspecteur général du service de santé, il réorganisale service pharmaceutique des ar-mées.llperfectionnalàboulangerie,fitadopferlamou-ture économique, qui donne un seizième"de farine J en sus, et décida le gouvernement à créer une école de boulangerie. Il fit le premier du sirop de raisin. fi fut élu membre de l'Institut en 1796. On lui doit un grand nombre d'ouvrages utiles : Examen chimique de la pomme de terre; le Parfait boulanger, traité complet de la fabrication et iu commerce du pain ; Méthode facile de conserver les grains et les farines ; Économie rurale et domestique; Code pharmaceutique ; l'Art de faire les eaux-de-vie et vinaigres.
 PARO	— 1435 —	PARU
  • PARMESAN (MAZZUOLI, dit le). V. MAZZUOLI.
  • PARNASSE, Parnassus, auj. Liakoura, montagne de Phocide, au N. O. de l'Hélicon, entre Amphisse et Trachine, était très-haute (2460") : de sa cime on voyait Corinthe. Delphes occupait la pente S. O. de la montagne. La Fable faisait du Parnasse la résidence d'Apollon et des Muses; c'est là qu'on plaçait la fontaine Castalie. — On étend quelquefois ïe nom de Parnasse à toute la chaîne qui, partant de l'Œta, se dirige du N. O. au S. E., et se termine près d'Anti-cyra sur le golfe de Corinthe. —Les orages sont fréquents sur le Parnasse : l'histoire a conservé le souvenir de deux terribles ouragans qui détruisirent une partie de l'armée de Xerxès et de celle des Gaulois.
  • PARNEIX (Thomas), poète irlandais, né à Dublin en 1679, m. en 1717, reçut les ordres et posséda plusieurs bénéfices dans l'église anglicane. Il était lié avec Pope et d'autres grands écrivains de l'Angleterre. On a de lui : l'Ermite, poème facile et élégant, son chef-d'œuvre ; le Conte des Fées; une Églogue sur la santé; Hésiode ou la Naissance de la femme; une Vie d'Homère, en tête de la traduction de l'IXi&de de Pope, et quelques opuscules en prose. Pope à donné un choix de ses poésies, 1726.
  • PARNÈS,auj. Oaas, mont, de Grèce, sur la frontière de l'Attique et de la Béotie, continuait le Cithé-ron, et se prolongeait à l'E. jusqu'à Rhamnonte, sur la mer d'Eubée. Son principal sommet a 1413™.
  • PAJRNY (Ëvariste DESFORGES, chevalier de),poète français, né en 1753 àl'île Bourbon (Réunion), m. en 1814. Il se destina d'abord à l'Eglise et voulut même se faire trappiste; mais cette ferveur se dissipa bientôt. Il embrassa l'état militaire, devint capitaine de dragons, et accompagna comme aide de camp le gouverneur général des Indes à Pondichéry ; mais il quitta le service dès 1786 et se retira à Feuillancourt près de Marly. Dans un voyage à l'île Bourbon en 1773, il s'était épris d'une jeune créole, Esther de Baïf, qui lui inspira ses premiers chants : il la célébra sous le nom à'Eléonore. Ruiné par la Révolution, qu'il avait cependant accueillie, il obtint un modeste emploi daDs les bureaux de l'Instruction publique (1795), puis dans ceux des Droits réunis. En 1813 Napoléon lui assura une pension de 3000 fr. ; mais il en jouit bienpeu de temps. Il avait été admis à l'Institut dès 1803. On a de lui : 1° des Élégies, dont le 1er recueil parut en 1778; 2° des Lettres mêlées de vers, 3° des Chansons madécasses, 4e'lesFleurs, 5° Jamsel, 6°la Journée champêtre, VIsnel et Asléga, 8° les Scandinaves, 9° Goddam, 10° les Voyagesde Céline, ll»des Poésies mêlées, et plusieurs poèmes anti-religieux, condamnés par tous les amis de la morale et de la religion. Parny a surtout réussi dans les genres élé-giaque et erotique : ses vers, pleins de naturel, de grâce, d'élégance et dê"sentiment, lui ont mérité d'être surnommé le Tibulle français. Ses OEuvres complètes ont été réunies en 1824 à Bruxelles; Tissot a publié en 1826 ses OEuvres inédites. Ses OEuvres choisies ont été publ. en 1827 par Boissonade, en 1831 par Bérenger, en 1861 par M. Pons.
  • PAROPAMISE (mont), Faropamisus, dit aussi ar les Grecs le Caucase des Indes, auj. VIndou-Koh, aute chaîne de montagnes qui séparait l'Inde de la Bactriane. V. HINMIU-KOH. — On a étendu ce nom à une région de l'Asie anc qui était couverte par ces montagnes, et qui s'étendait entre la Bactriane au N., l'Inde à l'E., l'Asie et la Drangiane à l'O. et l'Ara-«MOsieauS.; elle n'avait que peu de villes : Ortospane et plus tard Alexandrie-la-Paropamisienne en étaient les principales. C'est auj. le Kaboul et le Kandahar.
  • PAROS, île de l'Archipel, une des Cyclades, à l'O.' de Naxos, vis-à-vis d'Oliaros, par 47° 3' lat. N., 22* 51' long. E. ; elle a 19 kil. sur 15, 64 k. de tour et env. 3000 hab. Sa ville principale, nommée aussi Paros (auj. Parikia)! donnalejour au poète Archilo-que. Son marbre était célèbre,1 surtout celui du mont Marpesse, au S. de l'île. — D'abord occupée par les Phéniciens, puis peuplée par des Cretois et par des Arcadiens, Paros était soumise aux Naxiens lorsque Darius la soumit. Inutilement assiégée par Miltiade, elle fut forcée après la bataille de Salamine de reconnaître la suprématie d'Athènes. Après avoir appartenu successivement aux Macédoniens, aux Lagides, à Mithridate, elle fut incorporée par Pompée à la république romaine, 74 av. J.-C, et fit ensuite partie de l'Empire grec. Comprise après la 4e croisade dans le duché de l'Archipel, elle appartint tour à tour aux Sanudo,auxSommerive, auxVenieri. Au-xvr s.,elle fut soumise aux Turcs-Ottomans par Barberoussev amiral de Soliman. Elle se souleva contre les Turcs en 1821, et fut comprise à la paix dans le royaume de Grèce : elle dépend de l'Ëparchie de Naxos.
  • PAROS (MARBRES DE), dits aussi MARBRES d'AHUNDEL

ou d'oxFORD, suite de tables chronologiques dressées par ordre du gouvernement d'Athènes et gravées sur des marbres, contenaient les principaux évènements-de la Grèce dans un espace de 1319 ans, depuis l'avé-, nement de Cécrops jusqu'à l'archontat de Diognète (1582-263 av. J.-C). La fin de ce précieux monument manque à partir de l'an 354. Trouvés au commencement du xvii" s., dans l'île de Paros par un agent du savant Peiresc, ces marbres furent cédés en 1627 par Peiresc au comte d'Arundel, et furent depuis déposés dans la bibliothèque d'Oxford. Us ont été publiés et traduits en latin par Prideaux (1676), reproduits par Lenglet-Dufresnoy dans ses Tablettes chronologiques, et réimprimés, avec commentaires, dans les Fragm. historié, grsec, de Didot, 1848.

  • PAROY (J. Ph. Guy LEGENTIL, marquis de), né en 1750, m. en 1822, avait été colonel avant la Révolution. Il cultiva avec quelque succès la peinture et la gravure et inventa le procédé de stéréotypage, que l'on emploie encore aujourd'hui (le moulage au plâtre) et qu'il a décrit dans son Précis sur la sté-réotypie, 1822. On lui doit aussi un vernis à faïence-mêlé de poudre d'or qui produit un bel effet.
  • PARPAILLOTS, nom donné aux Calvinistes au xvne siècle, vient, dit-on, d'un certain Jean Perrin, seigneur de Parpaille, magistrat protestant d'Avignon, qui fut décapité en 1602 à cause de sa religion.
  • PARQUES (les), divinités des Enfers chargées de filer la vie des hommes, étaient au nombre de trois, Clotho, Lachésis, Atropos: Clotho préside à la naissance et tient le fuseau, Lachésis le tourne et file, Atropos coupe le fil. C'est ce qu'exprime ce vers latin :

Clotho colum retinet, Lachésis net, et Atropos occat. On faisait naître les Parques de l'Érèbe et de la Nuit, ou de Jupiter et de Thémis, et on les disait sœurs-des Furies; on les figurait sous les traits de vieilles femmes tristes et laides. -»-V. NJORNES.

  • PARR (Catherine), 6° femme de Henri VIII, née en 1509, était veuve du baron Latimer lorsqu'elle épousa le roi, en 1543. Zélée luthérienne, elle courut risque de la vie pour avoir défendu ses opinions auprès du , monarque, qui n'admettait de théologie orthodoxe que la sienne, et il lui fallut toute son adresse pour lui donner le change. Trente-quatre jours après la mort de Henri (1547), elle se remaria avec l'amiral Thomas Seymour. Elle mouruO'année suivante.
  • PARR (Thomas), centenaire^Qu'ïomté de Shrop, se remaria à 120 ans, et vécut 152 ans (1482-1634).
  • PARRHASIUS, célèbre peintre grec, rivalde Zeu-xis, né à Ephèse vers 420 av. J.-C, composa.entre autres chefs-d'œuvre, un tableau allégorique représentant le Peuple d'Athènes et Mêlêagreet Atalante que Tibère paya plus de 600 000 sesterces. On l'accusait de sacrifier l'expression morale à l'illusion matérielle.
 PARS	— 1436 —	PART.
  • PARRHASIUS (Aulus Janus), dont le vrai nom est Jean Parisio, philologue, né à Cosenza en 1470, m. en 1533, enseigna les lettres à Milan, à Rome, à Vi-cence, et fonda dans sa ville natale l'académie Co-sentine. H. Etienne a publié ses OEuvres, Paris, 1567. On y trouve des notes sur Piaule, Cicéron, Claudien, une dissertation curieuse De septenario dierum numéro, des lettres et quelques écrits théologiques, entachés d'hérésie et condamnés à Rome.—J. Le-clercq a publié sous le pseudonyme de Th. Parrhasius un recueil de critique intitulé Parrhasiana.
  • PARROCEL, famille d'artistes français estimés.— Jos. P., de Bngnoles, 1648-1704, peignit beaucoup de batailles, notamment le Passage du Rhin par Louis XIV (au Louvre), et devint membre de l'Acadé-raiede peinture :son coloris est chaud et brillant, sa touche pieinede verve; mais ses couleurssontaltérées. Il se distingua aussi comme graveur : il a laissé 48 bonnes gravures à l'eau-forte représentantdes sujets tirés de la vie du Christ. — Ch. P., 1688-1753, fils et élève du préc, fit quelques campagnes pour apprendre à connaître les batailles, devint professeur à l'Académie de peinture, et fut choisi pour peindre les conquêtes de Louis XV. Il a laissé aussi des gravures. Quoique ayant moins de verve que son père, il lui est .supérieur par la vérité des compositions et la solidité de la couleur.—Ignace et Pierre P., neveux de Joseph, morts le 1" en 1722, le 2° en 1739, se distinguèrent également comme peintres. Le premier peignit les batailles du prince Eugène. Le 2e peignit pour l'hôtel de Noaiiles l'Histoire de Tobie en 16 taweaux ; on cite comme son chef-d'œuvre un Enfant Jésus couronnant la Vierge. Il se distingue par la grâce du dessin, par une exécution ferme et harmonieuse et par une bonne couleur.
  • PARRY (Sir "W.), navigateur anglais, né à Bath en 1790, m. en 1856, servit dans la marine royale et parvint au grade de contre-amiral. U s'est illustré par 4 périlleux voyages au pôle nord. Dans le 1er, en 1819, il atteignit le 70° degré de lat. N. et le 110e de long. O,, ce qui lui valut un prix de 1000 livres sterling (25 000 fr.) ; dans le 2°, qu'il exécuta de 1821 à 1823 sur l'Hécla et la Fury, il reconnut la presqu'île Melville; dans le 3«, il parcourut l'espace qui s'étend entre le cap de Glace et le fleuve Mackensie ; enfin, en 1826, il s'avança par terre jusqu'à 84° lat. N. Il a publié lui-même ses Quatre expéditions au pôle Nord, Londres, 1833.
  • PARSDQRF, vge de Bavière (Isar), à 11 kil. N. O. d'Ebersberg.Il y fut conclu une trêve entre la France et l'Autriche le 15 juillet 1800.
  • PARSEVAL-GRANDMAISON (Aug.), poète, né à Paris en 1759, d'une famille de financiers, m. en 1834, suivit Bonaparte en Egypte et fit partie de l'Institut du Caire. Il fit paraître en 1804 les Amours épiques, poème en 6 chants, qui offre la traduction en vers des épisodes composés sur l'amour parles plus grands poètes, et qui lui valut un siège à l'Académie française. Il travailla ensuite pendant 20 ans à un grand po§me héroïque de Philippe-Auguste, qui parut en 1825 , en 12 chants. Cet ouvrage, rempli de beautés du premier ordre et écrit d'un style élégant, pèche par le manque d'action et d'intérêt.
  • PARSEVAL-DESGHENES (Alex.), amiral, né à Paris en 1790, m. en 1860, assista en 1805 à la bataille de Tra-falgar et survécut presque seul à la destruction duBu-centaure. Il prit une part glorieuse à. presque toutes les expéditions qui eurent lieu depuis, notamment au siège d'Alger (1830, à la prise de Bougie (1833), de l'île Martin-Garcia, à l'assaut de St-Jean-d'Ùlloa, où. il enleva par esoalade le fort St-Jacques (1838) ; fut nommé contre-amiral en 1840, commanda en 1854 l'escadre française de la Baltique et concourut puissamment à la prise deBomarsund. Il fut à son retour élevé à la dignité d'amiral.
  • PARSIS OU GUËBRES. F. GUËBRES.
  • PARSONS (Robert), jésuite anglais, né en 1547, m. en 1610, avait d'abord été protestant. Il entra chez les Jésuites à Rome, revint en 1579 en Angleterre pour y occuper le poste de supérieur des missions catholiques, fut chargé par le pape de missions secrètes, tant en Angleterre qu'en Espagne, et, de retour à Rome, y dirigea pendant 23 ans le collège anglais. Il fut soupçonné d'avoir eu part à la conspiration des poudres, mais rien ne fut prouvé. On a de lui : De persecutione anglicana, Bologne, 1681 ; De sacris alienisnon adeundis, St-Omer, 1607 ; Des trois conversions de l'Angleterre, 1603; Relation de la conférence de Fontainebleau, 1600, etc.
  • PARTHENAY,ch.-l.d'arr. (D-Sèvres), sur le Tnoue, à 55 kil. N. N.E. de Niort, et à390 k. S. O. de Paris; 5057 hab. Trib. de 1" instance, collège, école normale primaire. Restes d'un château fort et de l'église romane de N"-De de La Coudra; salle de spectacle. Fabr. de draps dits pinchinas et calmouk; tanneries. Commerce de blé et bestiaux. Patrie d'Anne et Catherine de Parthenay, de François Delaporte, aïeul du cardinal de Richelieu, et de Dufouilloux.—Jadis seigneurie, réunie à la couronne en 1422; anc.capit. du petit pays de Gâtine dans le H.-Poitou. *
  • PARTHENAY (Famille de), maisonissue,ace qu'on croit, de celle de Lusignan, se partageait en deux branches, dont la cadette, qui est la plus célèbre, portait le nom de L'Archevêque en mémoire d'un de ses membres, Josselinde P., mort archevêque de Bordeaux en 1086.— Jean L'ARCHEVEQUE de P,, prince de Soubise, né en 1512, m. en 1566, embrassa le Protestantisme à la cour.de Ferrare, où sa mère avait suivi Renée de France, fille de Louis XII, remplaça le baron des Adrets comme chef des protestants à Lyon, et y soutint un siège contre le duc de Nemours, Il fut le dernier descendant mâle de la famille.— Anne de Parthenay, sa sœur, mariée à Ant, de Pons, comte de Marennes futun des principaux ornements de la cour de Renée de France, fille de Louis XII, et duchesse de Ferrare : elle avait étudié le latin et le grec, et était excellente musicienne. Elle avait embrassé le Calvinisme, et montra beaucoup de zèle pour la nouvelle religion.—Catherine de Parthenay, nlle de Jean de P. etnièce delà précéd., née en 1554, morte en 1631, contribua aussi activement à la propagation du Calvi nisme. Elle épousa le baron de Pont--Kuellénec, auquel elle intenta un scandaleux procès en séparation, puis le vicomte René de Rohan, dont elle eut le célèÊre due de Rohan, A l'âge de 74 ans, elle déploya un grand courage au siège dé La Rochelle : prise parles Catholiques, elle refusa, dit-on, d'être' comprise dans la capitulation et mourut prisonnière. On a d'elle plusieurs élégies, et une tragédie intitulée Judith et Holopherne.
  • PARTHÉND3NS. On nomma ainsi de jeunes Lacé-démoniens nés, pendant lai™ guerre de. Messénie, du commerce des jeunes femmes de Sparte ivarlhe-noi) avec des jeunes geas qui avaient quitté le camp momentanément, pour empêcher que l'État ne pérît faute de citoyens. Méprisés par leurs compatriotes, les Parthéniens conspirèrent avec les Ilotes : ils furent découverts et forcés_de quitter Sparte. Ils allèrent, sous la conduite de Phalante, s'établir sur la côte orientaledél'ItalieetybâtirentTareiite(7Û7av.J.-C.).
  • PARTHÉNIUS, poète grec de Nicée, fut fait prisonnier pendant la guerre contre Mithridate, amené esclave à Rome vers l'an 65 av. J.-C, et y obtint la liberté par ses talents. Il fut imité par Ovide et Virgile, et très-goûté de Tibère. Nous n'avons de lui qu'un petit écrit en prose sur les Afîmiam du Amants, publié avec une traduction latine de Corna-rius, àBâle, 1531, par Hëyne.àGœttingue, 1798, par Passovf, à Leïps., 1824, parHirschig, et dans la collection Didot, 1856. Il a été trad. en français en 1743.
  • PARTHÉNOBf, le plus beau temple de l'anc Athènes, était dédié à. Minerve (Parlhénos, la Vierge) ,et enfermé dans l'enceinte de VAcropo le ou citadelle. C'était un édifice dorique, tout entouré de colonnes (8 de face sur 17 de côté). Tout le temple était en marbre blanc pentélique, et mesurait 100 pieds grecs dé long (70*) Sa frise était partagée en 92 métopes, représentant, dans autant de bas-reliefs, diverses scènes de combat des Athéniens et des Centaures.— Il fut élevé, du temps de Pisistrate, par les architectes Ic-tinuset Callicrate. Détruit par les Perses, il fut rétabli plus"beau par Périclès; Phidias donna le dessin des sculptures et en exécuta lui-même une partie : c'est pour le Parthénon qu'il fit la statue de Minerve en ivoire et or, son chef-d'œuvre. Ce temple subsistait encore entier en 1676 : les Chrétiens t'avaient converti en église, puis les Turcs en mosquée. Il fut presque détruit en 1687, dans un bombardement d'Athènes par les Vénitiens. Il n'en subsiste auj. qu'une vingtaine de colonnes avec leurs architraves et quelques parties des murs. Beaucoup de sculptures, surtout des métopes, en ont été enlevées en différents temps; plusieurs sont à Londres au British-Museum, ou à Paris, au musée du Louvre.
PART	— 1437 —	PASC
  • PARTHÉNOPE, sirène qui devint éprise d'Ulysse. Dédaignée de ce prince, elle se précipita dans la mer, près du lieu où depuis fut bâtie la ville de Na-ples, qui dans l'origine porta le nom de Parthénope.
  • PARTHÉNOPÉE, fils de Méléagre et d'Atalante, eut part à la première guerre contre Thèbes, et fut un des sept chefs qui périrent devant cette ville.
  • PARTHÉNOPÉENNE (République), nom donné à l'Etat formé par les Français de la partie continentale de l'anc royaume dé Naples pendant le court espace de temps qui s'écoula depuis l'entrée de Cham-pionnet à Naples,_ le 23 janvier 1799, jusqu'à lare-prise de cette capitale par le cardinal Ruffo, le 15 mai de la même année. La République parthéno-péenne n'eut jamais qu'un gouvernement provisoire de 25 membres, à la tête duquel furent placés successivement Championnet et Macdonald. Ce dernier, reconnaissant l'impossibilité de garder le pays en feu, ne songea qu'à opérer sa retraite sans désastre.
  • PARTHENOPOLIS, nom latinisé de Magdébourg.
  • PABTHES (Empire des), vaste empire de la Haute-Asie, fondé l'an 255 av. J.-C. par le Parthe Arsace aux dépens de l'empire des Séieucides, ne comprit d'abord que la Parthiène, mais embrassa ensuite toute la Hte-Asie médo-persane à l'E. de l'Euphrate et à l'O. de l'empire de Bactriane. Les limites de cet Etat varièrent beaucoup : la Mésopotamie, la Baby-lonie, la Médie, l'Atropatène, la Susiane, la Perside, l'Hyrcanie, la Parétacène , les deux Carmanies en firent partie. — Les Parthes, peuple dont le nom veut dire bannis en langue scythe, et qu'on suppose composé d'exilés de la Scythie, furent successivement compris dans l'empire médo-persan, dans celui d'Alexandre, et dans celui des Séleucides. Arsace, chef d'une des tribus parthes, s'assujettit les autres tribus, secoua le joug des Séleucides en 255 av. J.-C, et jeta ainsi les bases de l'empire des Parthes, qui s'agrandit successivement. Après la chute des Séleucides, 64 av. J.-C, les Parthes devinrentli-mitrophes des Romains, dont ils n'étaient séparés que par l'Euphrate, et il y eut alors entre les deux peuples des guerres fréquentes. Crassus, en 54 av. J.-C, Antoine en 36, firent contre eux des expéditions malheureuses; cependant Auguste obtint qu'ils lui rendissent les aigles enlevées aux armées romaines. L'an 114 de J.-C, Trajan fit contre eux une campagne glorieuse et les repoussa jusqu'au Tigre, Sous Lucius Vérus, sous Septime-Sévère et Caracalla, les Parthes subirent de nouvelles pertes qui les affaiblirent ; enfin leur empire s'écroula en 226 et fut remplacé par celui des Sassanides. — Les Parthes étaient renommés comme cavaliers et comme archers; c'est dans leur fuite qu'ils étaient le plus redoutables : ils attiraient l'ennemi sur leurs traces et lui décochaient des flèches en s'éloignant : ils étaient presque invulnérables, une armure de mailles de fer couvrant presque entièrement le cheval et le cavalier. Leur gouvernement était monarchique et héréditaire, mais une aristocratie puissante tenait les rois en échec Les armées étaient commandées par un généralissime appelé Su-réna, qui avait en réalité tout le pouvoir. La religion des Parthes était celle de Zoroastre, mais fortement altérée par des superstitions étrangères.
  • Voici la série des rois parthes, dits Arsacides, dont I

la chronologie est d'ailleurs fort douteuse. Arsace, av. J.-C. 255 Orodes H,; « U Tiridate ou Arsace II, 254 Vononès I, 15 Artaban I ou Arsa- Artaban III, 18 ce III, 216 Tiridate, 36 Phriapatius, 196 Artaban, rétabli, 36 Phraate I, 182 ou 178 Vardane, 44 Mithridate I, 164 Gotarzès, 47 Phraate II, 139 Vononès II, 50 Artaban II, 127 Vologèsel, 50 Mithridate II, 124 Pacorus 1, 90 Mriaskirès, 90 Chosroës, 107 Sinatrokès, 77 Vologèse II, 121 Phraate III, 70 Vologèse III, 150 Mithridate III, 61 Ardavan, 192 Orodes I, 53 Pacorus II, 207 Phraate IV, 37 Vologèse IV, 209 Phraatace,ap.J'.'-C.4ou9 Artaban IV, 216-226

  • PARTHIE ou PARTHIÈNE , auj. partie du Kho-raçan et du Kouhistan, région de l'anc. Asie, entre le Taurus et l'Hyrcanie au N., la Carmanie déserte au S., l'Arie à l'E., la Médie à l'O., avait pour ville principale Hecatompylos. C'était un pays sauvage, sans eau, en partie formé de steppes arides, en par- . tie montueux, surtout au N., vers la frontière de l'Hyrcanie. Ses habitants, grossiers et braves, étaient parfaits cavaliers ( V. PARTHES). Ils semblent avoir vécu en petites bandes et sous le régime delà tribu, comme les habitants actuels des khanatsduTurkestan. — Outre la partie propre, qui était le noyau de l'empire des Parthes. on désignait aussi par ce nom la totalité de l'empire : elle était alors bornée à l'O. par l'Euphrate, à l'E. par l'Indus, au N. par la mer Caspienne, au S. par la mer Erythrée. Rhagès, Ecbatane etCté-siphon en furent tour à tour la capitale.
  • PARUTA (Paul), homme d'Etat et écrivain, né à Venise en 1540, mort en 1598, fut historiographe de Venise, sénateur, membre de l'administration, gouverneur de Brescia, ambassadeur, et procurateur de St-Marc Il a laissé, entre autres écrits, une Histoire de Venise (en italien), de 1513 à 1552, qui révèle une profonde connaissance des affaires et des faits, un Traité de la perfection de la vie politique, 1579 (traduit en français), et des Discours politiques où il combat Machiavel. On doit à M. A. Mé-zières une Étude sur P. Paruta, 1853. —Phil. Parafa, de Palerme, secrétaire du sénat de Païenne, né vers 1600, mort en 1629, était un habile antiquaire et a beaucoup écrit. Son principal ouvrage est la Description métallique de la Sicile, Palerme, 1612, in-fol., ouvrage qui a été continué à Rome par L. Agostini, mais dont le texte n'a jamais paru.
  • PARVATI, la même que BHAVANI. Y. ce mot.
  • PARYSATIS, reine de Perse, sœur et femme de Darius II, favorisa la révolte de son fils Cyrus le Jeune contre Artaxerxe Mnémon, frère aîné de ce prince. Après la bataille de Cunaxa (401), elle empoisonna la ieine Statira, sa bru, et fit périr misérablement les ennemis de Cyrus.
  • PAS, ch.-l. de cant. (Pas-de-Calais), à 27 k. S. O. d'Arras; 906 h. Filature de coton, velours de coton, tanneries, huiles.—PASDEFEUQDIERES.F.FEUQUIERES.
  • PASARGADE, Pasargada, auj. Fasa ou Pasa, v. de l'Asie anc, une des résidences des anciens rois de Perse, sur les confins de-la Perside et de la Carmanie, au S. E. de Persépdlis. C'est là qu'avait lieu le couronnement des rois de Perse et qu'était leur sépulture. Pasargade avait été, dit-on, fondée par Cyrus au lieu même où il vainquit Astyage. Le nom de Pasargade signifiait Camp des Perses ou, selon un orientaliste moderne, Trésor des Perses. — On appelait Pasargades la plus noble tribu des Perses, à laquelle appartenait la famille des Achéménides.
  • PASCAL I (S.)., Paschalius, pape de 817 à 824,né à Rome, avait été directeur du monastère de St-Etienne. Il reçut en don de Louis le Débonnaire la Corse et la Sa'rdaigne, couronna Lothaire empereur en 823, et ouvrit à Rome un refuge pour les Grecs que la persécution des Iconoclastes réduisait à quitter *3rient. On le fête le 17 mai.
PASC	— 1438 — .	l'ÀS-D
  • PASCAL n, Bat'ni'eri.pape de 1099a1118, néàBleda près de Viterbe, était d'abord moine de Cluny. ïl soutint d'abord contre l'emp. Henri IV son fils Henri (V), puis il se brouilla avec ce prince, qui avait violé ses engagements, et refusa de le couronner. C'est sous son règne que s'ouvrit, en 1115, la succession de la comtesse Mathilde, qui lui fut disputée par l'empereur. Forcé par lafaotion impériale de fuiràBénévent en 1117, il ne rentra à Rome que pour y mourir. _
  • PASCAL m, Gui de Crème, anti-pape, était cardinal lorsque le pape Adrien IV le chargea d'une négociation auprès de l'empereur Frédéric Barberousse : il se laissa séduire par ce prince et se fit nommer Ïiape par lui, en opposition avec Alexandre III, après a mort de l'anti-pape Victor IV (1164). Il mourut misérablement 6 ans après.
  • PASCAL (Biaise), célèbre écrivain et géomètre fran-çaiSj né à Clermont-Ferrand en 1623, était fils d'un président à, la cour des aides de Clermont. Il montra dès sa 1™ enfance les plus étonnantes dispositions. Son père, qui s'était chargé lui-même du soin de son éducation, et qui était venu s'établir à Paris dans ce but, réunissait chez lui des savants : le jeune Pascal, en les entendant, conçut bientôt une vive passion pour les sciences. Comme son père; dans la crainte de le fatiguer, différait de l'appliquer à la géométrie, il résolut d'étudier cette science par lui seul et parvint, sans le secours d'aucun livre, à trouver la démonstration des 32 premières propositions d'Euclide : ilu'avait alors que 12 ans. Dèscemoment, on ne mit plus d'obstacles aune vocation aussi manifeste, et Pascal marqua chacun de ses pas par quelque découverte. Il composa à 16 ans un traité des Sections coniques, inventa à 18 ans une machine arithmétique qui exécutait les calculs les plus compliqués, trouva en 1654 le Triangle arithmétique, moyen ingénieux et facile de résoudre un grand nombre de problèmes; posa vers le même temps les bases du calcul des probabilités, et donna en 1658 la théorie delà cycloïde ou roulette, que nul n'avait pu trouver jusque-là. En physique, il compléta les recherches barométriques de ToriceÙi,publiaen 1647 ses Expériences touchant le vide, fit exécuter peu après la célèbre expérience du Puy-de-Dôme, qu'il répéta à Paris sur la tour St-Jacques la Boucherie, et qui mit hors de doute la pesanteur de l'air, composa un traité de l'Équilibre des liqueurs (publié après sa mort), qui fit faire un grand pas à l'hydrostatique, fit plusieurs applications usuelles de la mécanique; inventa la brouette ou chaise a. deux roues nommée vinaigrette, le haquet, et, selon quelques-uns, la presse hydraulique. Il imagina en outre vers la fin de sa vie une entreprise de voitures de trans-ort en commun, réalisée de nos jours sous le nom 'omnibus. Pascal s'était étroitement lié avec les chefs du parti janséniste et il allait souvent les visiter à Port-Royal ; il embrassa chaudement leur cause. A propos d'une censure que la Sorbonne se proposait de faire d'un écrit d'Arnauld, il publia en 1656 et 57 les fameuses Lettres de Louis de Montalte à unprovincial de ses amis et aux RR.PP. Jésuites, connues sous le nom de Provinciales : il y discutait avec éloquence les questions théologiques qu'on débattait alors et y combattait la morale relâchée des Jésuites, tantôt avec une verve comique, tantôt avec une vigueur de dialectique et une élévation de style inconnues jusque-là, mais souvent aussi avec la passion qu'engendre l'esprit de parti. Ces lettres furent censurées a Rome et même condamnées en France par l'autorité civile; mais, si l'on doit contester quelques-unes des assertions qu'elles contiennent, on ne peut nier leur valeur littéraire ; elles sont le modèle du pamphlet. Dans les dernières.années de,sa vie, Pascal méditait un grand ouvrage où il devait rassembler toutes les preuves de la religion, mais il ne put l'achever ; on n'en a que des fragments détachés, qui ont été rassemblés dans le recueil intitulé les Pensées. Ces deuxouvrages ont suffipour placer Pascal au premier rang des écrivains : ils ont puissamment contribué à fixer la prose française et leur publication forme comme une nouvelle ère dans notre littérature. Pascal avait été dès l'enfance d'une: santé débile : il passa la plus grande partie de sa vîg dans les souffrances; il fut frappé en 1647 d'une espèce de paralysie qui lui ôta presque l'usage des jambes; en 1654, il faillit périr près du pont de Neuilly.les chevaux de sa voiture s'êtant emportés; depuis ce moment, il croyait, dit-on, voir sans cesse un précipice à ses côtés. Après cet évènement, il ne vécut plus que dans la retraite, se livrant à tous lesexercices d'une piété exaltée. Il mourut en 1662, à 39 ans. Bos-sut a donné une édition complète des OÉuvres de Pascal, Paris, 1779, 5 vol. in-8 (réimpriméeen 1819). On a cent fois imprimé à part les Provinciales et les Pensées. Les Provinciales, réunies pour la 1" fois en 1657, furent réimprimées en 1684 a Cologne par Nicole , sous le pseudonyme des "Wendrock, avec une traduction latine; elles furent en outre traduites en espagnol et en italien. Les Pensées, publiées d'abord en 1670, le furent de nouveau en 1687, ayec la Vie de l'auteur par Mme Périer (née Gilberte Pascal), sa sœur aînée ; elles furent réimprimées en 1776, avec des notes de Voltaire et un Éloge par Condorcet, en 1779 par Bossut, avec quelques additions ; mais elles avaient été altérées parles premiers éditeurs : M.Cou-sin signala ces altérations en 1842. et sur ses indications M. Pr. Faugère donna dés 1844 une édition plus exacte, d'après les manuscrits autographes. M. Havet en a publié en 1852 une édition, critique, avec un excellent Commentaire. MM. Faugère et Bordas-Demoulin ont écrit des Éloges de Pascal, qui ont été couronnés par l'Académie Française en 1842. L'abbé Maynard a publié en 1850:Pascal, sa vie.et son caractère, ses écrits et son génie, et s. donné en.1851 une édition des Provinciales, avec leur réfutation.—Une-sœur cadette de Pascal, Jacqueline, 1625-61, embrassa commeluiaveoardeur la cause du Jansénisme, etse fit religieuse à Port-Royal en 1652, D'un esprit prô* coce comme son frère, elle, fut aussi digne de lui par le talent et le caractère, Ors a d'elle des lettres remarquables, quelques vers, et divers opuscules, qui ont été recueillis: par M. Cousin, dans l'ouvrage intitulé : Jacqueline Pascal, 1849.
  • PASCEŒ0S (George), professeur de morale et de théologie à Kiel, né h Dantzick en 1661, mort en 1707. On a de lui : Tractatus denovis inventis, quorum accuratiori culiui facem prœtulit antiqmtas, Leipsick, 1700, ouvrage savant et recherché ; De fictis rébuspuilicis, 1705 ; J)e variis modis moralia trac-tandi, 1707.
  • PAS-DE-CALAIS , Frelum. Gallicum, détroit qui un it la Manche à la mer du Nord et sépare la Francs de l'Angleterre, tire son nom de la ville de Calais. Sa largeur entre Calais et Douvres n'est que de 34 k.
  • PAS-DE-CALAIS (dèp. du), dôp. maritime de la France, sur la Manche et le Pas-de-Calais, entre les dép. du Nord au N. E. et de la Somme au S. O. : 6635 kil. carrés; 724338 hab.j ch.-l., Arras. Il est formé de l'anc Artois et d'une partie de la Picardie (Calaisis, Boulonnais et partie N. du Ponthieu). Petites mont, au centre; du reste, sol plat. Il est arrosé par la Lys, la Scarpe, l'Aa, la Liane, la Can-che"; l'Authie et par les canaux de St-Omer à Calais, de Neuf-Fossé, d'Ardres, de La Marok et de La Bassée. Marbre, faux marbre, grès à paver, pierres à fusil; houille, tourbe, terre de pipe et à potier, etc. Sol fertile, bonne culture; peu de bois, beaucoup de pâturages; tous les genres de céréales, légumes, fruits à cidre, graines oléagineuses. Beau bétail, chevaux estimés, porcs, volailles. Grande in-dustrie: huiles de colza et de d'œillette, sucre de / betterave ; draps, toiles, cotonnades, dentelles, bonneterie; papier, verre, faïence; bière, eau-de-vie, etc. — Ce dép. a 6 arr. (Arras, Boulogne, Montreuil, St-Omer, Béthune, St-Pol); il appartient à la 3* division militaire, dépend de la cour impériale de Douai et a un évêché à Arras.
PASQ	— 1439 —	PASS
  • PASIPHAÉ, fille d'Apollon et de la nymphe Per-séis, fut épousée par Minos, dont elle eut un fils, An-drogée, et deux filles, Ariadne et Phèdre. Selon la. "Fable, elle eut avec un beau taureau blanc un commerce monstrueux d'où provint le Minotaure.
  • PASITANO, v. d'Italie (Principauté Citer.), voisine d'Amalfi et à 28 k. S. O. de Salerne; 4000 hab. Patrie de Flavio Gioja, inventeur de la boussole.
  • PASITIGRIS, nom donné par les anciens aux deux bouches les plus orientales de l'Euphrate.

PAS&ÉWITCH (Jean Federowiteh), général russe; 1782-1856, s'était signalé dans les campagnes contre les Turcs et les Français lorsqu'il fut chargé, en 1826, par l'empereur Nicolas, de diriger la guerre contre la Perse : il conquit rapidement l'Arménie persane, en prit d'assaut la capitale, Érivan (13 octobre 1827), ce qui lui valut le titre de comte Erivanski, et signa la paix avantageuse de Tourkmantchaï. Il marcha en 1828 contre la Turquie, prit Kars, Akhaltsiké, Erze-roum (29 juillet 1829), et contraignit la Porte à signer le traité d'Andrinople : il reçut en récompense le bâton de feld-maréchal. Dirigé en 1831 contre la Pologne, il réussit, après des combats sanglants, à y comprimer l'insurrection et à reprendre la capitale, et fut aussitôt nommé prince de Varsovie et gouverneur général de la Pologne. Il prit encore part, en 1849, à l'expédition de Hongrie, et, en 1853, à la guerre contre la Turquie; mais, malheureux cette dernière fois, il se vit obligé d'abandonner le siège de Silistrie, après y avoir été blessé. Comme gouverneur de la Pologne, Paskewitch eut à exécuter des ordres rigoureux, mais il sut les tempérer par des actes personnels de bienfaisance. PASQUALIS (Martinez). Y. MARTINEZ. PASQUIER (Etienne), jurisconsulte, né à Paris en 1529, m. en 1615, étudia sous Cujas à Toulouse, sous Marianus Socin à Bologne et fut reçu avocat dès 1549. Resté obscur plusieurs années, il se fit tout à coup une réputation immense en plaidant pour l'Université contre les Jésuites(1654).Quoiqu'il n'eût pu réussir à les faire condamner, il vit dès ce moment les grandes causes affluer dans son cabinet et ne tarda pas à être appelé aux honneurs. Il suivit à Poitiers en 1579 la commission du parlement qui alla y tenir les Grands jours, fut nommé par Henri III avocat général à la Chambre des Comptes (1585), fut député aux États généraux de Blois en 1588, suivit Henri III à Tours, et rentra dans Paris avec Henri IV en 1594. Il se démit de sa charge en 1604, pour se livrer tout entier aux lettres. Ses principaux ouvrages sont ses Recherches sur la France, dont le Ier livre parut en 1560, et qu'il porta dans la suite à 9 livres, et le Pourparler des Princes. On a aussi de lui des Poésies latines et françaises, et 22 livres de lettres, précieuses pour l'histoire du temps. Il avait composé dans sajeunesse des écrits moins graves ou même licencieux, entre autres le Slonophile, Colloque d'amour, etc., qu'il traite lui-même de gaillardises. Une édition de ses OEuvres parut en 1773, en 2 V. in-f., sous la rubrique d'Amsterdam. Il manque à cette édition les Ordonnances d'amour, le Catéchisme des Jésuites et l'Interprétation des Institutes de Justinien, publiée pour la l'° fois en 1847 par Ch. Giraud. M. Feugèreadonné en 1849 ses OEuvres choisies, avec des notes et une Étude sur sa vie et ses outrages. Pasquier a laissé la réputation d'un magistrat intègre, d'un savant aimable, d'un catholique plein de ferveur et en même temps tolérant ; cependant on l'accuse de quelque animosité contre les Jésuites.

  • PASQUIER (Etienne, duc), homme d'Etat, issu de l'illustre famille parlementaire de ce nom, né à Paris en 1767, m. en 1862, était fils d'un conseiller au parlement décapitéen 1794,et fut proscrit lui-même Nommé par Napoléon maître des requêtes, puis con seiller d'État, il fut appelé en 1810àlapréfectureda police et s'occupa activement de la salubrité et de l'embellissement de la capitale. S'étant rallié aux Bourbons en 1814, il fut en 1815 chargé des sceaux par Louis XVIII, devint en 1816 président de la Chambre des Députés et en 1819 ministre des affaires étrangères. Il se vit en 1821 renversé du pouvoir par le ministère Villèle, mais fut en même temps appelé à la Chambre des Pairs, où il combattit les mesures rétrogrades. Après la révolution de 1830, ilfut nommé parLouis-Philippeprésident de laChambre des Pairs; il fut élevé à la dignité de chancelier en 1837 et fait duc en 1844. Dans sa longue carrière, Pasquier se signala constamment par la sagesse de ses vues, la modération de son caractère, l'élégance et la facilité de sa parole. Il fut élu membre de l'Académie française en 1842 et fit paraître la même année le recueil de ses Discours. Il a laissé de volumineux Mémoires, qui n'ont pas encore paru.
  • PASQUIN, nom donné à un torse de statue antique de gladiateur qui se voit encore aujourd'hui à Rome au coin du palais des Orsini près de la place Na-vone et qui était célèbre aux XVH" et XVIII" s. parce que les mécontents y placardaient en secret toutes sortes d'épigrammes et de pamphlets contre le gouvernement papal; les écrits de ce genre ont été ap*-pelés de là Pasquinades. Le nom de Pasquin donné a cette statue n'était autre que celui d'un tailleur facétieux qui demeurait auprès.
  • PASSAGE (Le), v. et port d'Espagne (Guipuzcoa) ; sur le golfe de Gascogne, à 8 kil. E. N. E. de St-Sé-bastien ; 1500 hab. Canal. Construction de vaisseaux. Ce port, d'où sortirent autrefois les plus grandes flottes de l'Espagne, est auj. à demi ensablé.
  • PASSAIS, ch.-l. de cant. (Orne), à 13 kil. S. O. deDomfront; 1819 hab.
  • PASSARGE (la), riv.de la Prusse propre, naîtàèk. O. de Plauzig, et se jette, après un coursde 200 k., dans le Frische-Haff, à 6 kil. au-dessous de Brauns-berg. Le maréchal Ney battit sur ses bords le général prussien Lestocq le 5 février 1807.
  • PASSARO (cap), Pachynum prom., poïnteAS. E de la Sicile, près de laquelle est une petite'île du même nom avec un château fort, servant de prison militaire. L'amiral Byng défit les Espagnols près de ce cap en 1718.
  • PASSAROUANG, v. de l'île de Java, à 670 kil. S. E. de Batavia, est le ch.-l. d'uneprov. hollandaise du même nom. Cette province, baignée par le détroit de Madura et l'Océan Indien, compte 110 000 hab.
  • PASSAROWITZ, Margum. v. de Servie, près de la Morava, à 24 kil. E. de Sémendrie. Il y mt conclu en 1718 un traité entre l'Autriche, Venise et la Porte : la Turquie conservait la Morée, que lui disputait Venise, mais cédait à l'Autriche Belgrade, Te-mesvar, la Valachie jusqu'à l'Aluta, et une partie de la Servie ; Veaise gardait quelques places en Turquie.
  • PASSAU, Patavia en latin moderne, Batava castra ou Bacodurum chez les anciens, v. forte de Bavière, ch.-l. du cercle du Bas-Danube, sur le Danube, à l'endroit où il reçoit l'Ilz etl'Inn, à 225 kil. E. N. E. de Munich ; 12 000 hab. La ville est diviséo en 4 parties (Passau, Ilztadt, Innstadt, Anger). Évêché catholique (jadis souverain). Gymnase, école militaire. Construction de bateaux, porcelaine, creusets renommés, papier, tabac, tréfiîeries, etc. Grand commerce de sel. A Passau fut conclu en 1552 l'acte préliminaire de la paix de religion d'Augsbourg : la liberté était rendue à l'électeur de Saxe et au landgrave de Hesse, prisonniers de Charles-Ouint, et la liberté de culte était accordée aux Luthériens. Cette ville fut brûlée en 1652et souffrit beaucoup des malheurs de la guerre, surtout en 1808 et 1809.
  • PASSAU (Evêché de), ancien Etat d'Empire, dans le cercle de Ba?ière, entre la Bavière, la Bohême et l'Autriche. L'évêché date de 737, époque à laquelle l'archevêquo de Lorch, Vivilon, y vint chercher un refuge; aussi les évêques de Passau prennent-ils lé titre d'Archevêques de Lorch et de Passau; ils obtinrent du pape en 1728 d'être exempts de la suprématie de l'archevêque de Salzbourg. Peu à peu l'é-vêque de Passau acquit la suprématie territoriale, mais son territoire demeura toujours fort petit. Il fut sécularisé en 1803 et donné en 1805 à la Bavière.
PASS	-   — 1440 -	PAST
  • PASSAVANT (J. David), peintre et écrivain, né en 1787 à Francfort, m. en 1861, était issu d'une famille de protestants français. Inspecteur de la galerie de Staêdel dans sa Yille natale, il s'adonna surtout à l'histoire et à la critique de l'art. Outre quelques toiles estimées, on a de lui une excellente monographie de Raphaël , Leips., 1839, trad. en français en 1860, et le Peintre-Graveur, histoire de la gravure sur bois , sur métal et au burin, 1860.
  • PASSEMANT (Claude), mécanicien, né à Paris en 1702, m. en 1769, était d'abord mercier; il abandonna le comptoir pour se vouer à l'astronomie et à la mécanique, imagina une pendule astronomique, un grand miroir ardent, deux globes, l'un terrestre et l'autre céleste, tournant sur eux-mêmes, et indiqua en 1765 les moyens d'amener les vaisseaux à Paris. Louis XV lui donna un logement au Louvre, avec une pension de 1000 fr. On a de lui : Construction êun télescope de réflexion, 1738; Description et usage des télescopes, 1763.
  • PASSERAT (J.),poëte français, néen 1534àTroyes, mort en 1602, étudia le droit sous Cujas, fut, à la mort de Ramus, appelé à la chaire d'éloquence au Collège Royal de France et y obtint un grand succès. Fidèle à la cause royale pendant la Ligue, il fit la plus grande partie des vers (français) qu'on trouve dans la Satire ilénippée. On remarque parmi ses autres poésies françaises la Métamorphose d'un homme en oiseau, chef-d'œuvre d'enjouement et de grâce. Cependant c'est principalement par ses œuvres latines qu'il est acquis du renom : elles consistent surtout en petits poèmes et en poésies fugitives. On a un recueil de ses œuvres poétiques latines, Paris, 1597, sous le titre de Kalendœ januarim, et un autre de ses poésies françaises, 1606. Il a en outre traduit Apollodore en français et laissé des Commentaires sur Catulle, Tibulle et Properce. On a donné sous le nom de Passerat une édition en 8 langues du Dictionnaire de Calepin, Genève, 1609; mais il paraît avoir été complètement étranger à cette publication , qui n'est qu'une spéculation de librairie. De Guerrois a donné sa Vie, Paris, 1856.
  • PASSERI (J. B.), antiquaire, né à Pesaro en 1694, mort en 1780, fut vicaire général de Pesaro, auditeur de la Rote, protonotaire apostolique, antiquaire du grand-duc de Toscane, et forma chez ce seigneur un riche musée. Il a laissé : Lucernx fictilcs mu-sxi Passeri, Pesaro, 1739-51, 3 v. in-f.; Picturx Elruscorum in vasculis, Rome, 1767-75, 3 v. in-f.; Novus thésaurus gemmarum veterum, ibid., 1781-83, 3 v. in-f. — Un autre J. B. Passeri, amateur de de peinture, 1610-I679,a laissé des Vies des peintres, sculpteurs et architectes de Rome de 1641 ô 1673, Rome, 1772, ouvrage, très-exact.
  • PASSERIANO, v. de Vénétie (Udine), à 8 kil. N. E. de Campo-Formio; 4000 h. Elle donnait son nom à un dép. du roy. d'Italie qui avait pour ch.-l. Udine.
  • PASSERON1 (l'abbé 1. C.), poète, né en 1713 à Lantosca (comté de Nice), mort en 1802, suivit à Rome et S Cologne le nonce Lucini, refusa de s'engager dans la carrière des hauts emplois et devint membre de l'Institut de la République cisalpine. Ses poésies, qui appartiennent au genre satirique, sont pleines de verve, de comique et d'originalité surtout son Cicérone, poème famûier en 34 chants (Venise, 1750), où il passe en revue les abus et les ridicules du siècle. Ses Favole esopiane (1786) se distinguent par la naïveté et l'enjouement.
  • PASSIGNANO (Dom. CHESTI, dit EL), peintre, né en 1560 à Passignano, près de Pérouse, m. en 1638, fut élève de Naldini, puis de Zuccaro, et devint directeur de l'Académie de dessin à Florence. Il se distinguait par une rare facilité et par la rapidité de l'exécution: son Martyre de Sta-Reparata fut fait en 8 jours, son S. Jean- Gualbert en 18 heures, et de nuit. On cite parmi ses chefs-d'œuvre sa Présentation de laYierge;leLouvre possède une Invention de Croix de cet artiste; mais la plupart de ses tableaux sont à Florence. Urbain VIII travestissait son nom en Passa-ognuno ' (surpasse-tous).
  • PASSION. On désigne sous ce nom les souffrances qu'endura Jésus pour la rédemption du genre humain, depuis la dernière cène jusqu'au moment de sa mort. On célèbre la commémoration de es grand sacrifice pendant la semaine qui précède Pâques : le 5" dimanche de Carême commence le Temps de la Passion. —On appelle vulgairement Dimanche de la Passion le 2° dimanche avant Pâques.
  • PASSION (Confrèresdela), société qui se forma sous le règne de Charles VI pour jouer des mystères. pièces de théâtre où l'on représentait des sujets de piété, et le plus souvent la Passion de J.-C. Elle s'établit à Paris en 1402 près de l'emplacement de la porte St-Denis, dans le couvent de la Trinité. En 1548, elle acheta le terrain de l'hôtel de Bourgogne et y construisit un nouveau théâtre ; mais, trois ans après, il lui fut défendu d'y jouer des mystères.
  • PASSIONEI (Dom.), cardinal, né en 1682 a Fqs-sombrone, m. en 1761, fut légat à Utrecht (1712), à Bade (1714), nonce en Suisse (1721) et à Vienne (1730), archevêque d'Èphèse in partibus, reçut le chapeau en 1738, devint en 1755 conservateur du Vatican etfutnonïmé associé étranger de l'Académie des inscriptions.il avait formé dans la villa de Fras-cati un riche musée d'antiquités. II eut part à la révision du Liber diurnus pontificum, et forma un grand recueil d'Inscriptions antiques, publié à Lucques, 1765, par Fontanini. On a en outre de lui des lettres et quelques discours, en autres l'Oraison funèbre du prince Eugène, en latin et en italien, 1737.
  • PASSIONISTES (Ordre des). V. PAUL DE LA CROIX.
  • PASSOW (Fréd.). érudit, né en 1786 à Ludwigs-lust (Mecklembourg),.mort en 1833, fut nommé en 1815 professeur de littérature ancienne à l'Université de Breslau, et peu après directeur du séminaire philologique de cette ville. On lui doit des éditions de Longus et autres Erotiques grecs, de Perse, de Musée, de Denys le Périégite, de Sonnus; des Eléments de littérature grecque el latine; mais il est surtout connu par son Dictionnaire grec-allemand. Ce dictionnaire, publié en 1819, ne fut d'atord présenté que comme une nouvelle édition de celui do Schneider; le nom de Passow n'y figura qu'à partir de 1831. C'est va des meilleurs vocabulaires qu'on puisse mettre entre les mains des écoliers.
  • PASSWAN-OGEOU (Osman), né en 1758 à Wid-din, s'enfuit dans les montagnes à la mort de son père, Passwan-Omar-Aga, que le grand vizir avait fait décapiter pour s'emparer de ses richesses, y fit la guerre en partisan, prit "Widdin, se soutint plusieurs années contre toutes les forces envoyées pour l'anéantir, et finit par obtenir, avec son pardon, le sand-jakat de Widdin (1793), qu'il gouverna à peu près en souverain indépendant jusqu'à sa mort, en 1807
  • PASSY, ancbourgdu dép. delà Seine, contigu aux murs de l'anc Paris à l'O., auj. compris dans l'enceinte de la capitale et attenant au bois de Boulogne, est bâti en amphithéâtre, sur lar. dr. delà Seine. Poterie, raffinerie de sucre, produits chimiques, filature de coton (dans un anc couvent de Minimes dits les Bons hommes, quidonnait son nom à la barrière voisine). Puits artésien, eaux ferrugineuses.
  • PASTEURS (Rois). T. HÏCSOS,
  • PASTO, v. delaNouv.-Grenade, ch.-l. de province, sur un plateau très-élevé et au pied d'un volcan, à 730 k. S. S. 0. de Bogota; 8000 h. En partie renversée par un tremblement de terre en 1827.—Laprov, de Pasto, l'une des 4 formées du départ, du Cauca, a 60 000 bab. civilisés, et 70 000 Indiens indépendants. Elle est couverte de soufrières et de volcans.
PAST	— 1441 —	PATA
  • PASTORET, anc. famille de magistrats, s'est distinguée dès. le xiv° s. par sa fidélité pour nos rois. Jean Pastoret, avocat du roi au parlement, fut un de ceux qui, en 1358, contribuèrent le plus, avec Maillard et Charny, à remettre Paris sous l'obéissance du dauphin (depuis Charles V), régent du royaume pendant la captivité du roi Jean. — Un autre Jean P., petit-fils du préc, né en 1328, mort en 1405, fut 1" présidentdu parlement de Paris et membre du conseil de régence pendant la minorité de Charles VI. Peu après l'avénementde ce prince, il se fit religieux dans l'abbaye de St-Victor.
  • PASTORET (Emmanuel, marquis de), issu de la même famille, né à Marseille en 1756, mort à Pans en 1840, était maître des requêtes au moment de la Révolution. Il en embrassa les principes et fut nommé procureur syndic du département de la Seine : il fit en cette qualité rendre le décret qui transformait l'église Ste-Geneviève en Panthéon et composa l'inscription célèbre qui se lit encore sur la frise du fronton : Aux grands hommes la patrie reconnaissante. Élu député de Paris à l'Assemblée législative, il se montra constitutionnel ardent, sans cesser d'être dévoué au roi ; il tint un instant le portefeuille de la justice et de l'intérieur. Poursuivi pour son royalisme, il émigra pendant la Terreur et ne rentra en France qu'en 1795. Élu aussitôt député au Conseil des Cinq-Cents par le dép. du Var, il fut au 18 fructidor porté sur les listes de déportation; il se réfugia en Suisse. De retour en 1800, il obtint en 1804 la chaire de droit naturel et des gens au Collège de France, et devint sénateur en 1809. Sous la Restauration, il fut fait pair de France; il devint président de la Chambre des Pairs en 1820, ministre d'État en 1826 et chancelier de France en 1829. En 1834, il fut choisi par Charles X pour tuteur des enfants du duc de Berry. Le marquis de Pastoret était membre de trois Académies (française, des inscriptions et des sciences morales). <3n lui doit, entre autres écrits : Zoroastre, Confucius et Mahomet, 1787; Moue considéré comme législateur, 1787 ; Traité des lois pénales, 1790-, Hist. générale de la législation des peuples, 1817-37, 11 v. in-8., ouvrage savant, lumineux et bien écrit, dont il s'occupa toute sa vie, et qui cependant ne renferme que les législations anciennes. Dans sa jeunesse, il avait cultivé la poésie : on a de lui une trad. en vers de Tilmlle , 1785. — La marquise de Pastoret, née Piscatory, 1766-1844, se distingua par son esprit, sa beauté et sa charité. On lui doit la 1™ idée des salles^ d'asile et des crèches : elle fonda en 1801 les premiers établissements de ce genre à Paris et les entretint de ses deniers pendant 40 ans. La ville de Paris a placé son buste dans la salle du conseil des hospices. — Leur fils, le marquis Amédée de P., 1791-1857, conseiller d'État et gentilhomme de la Chambre sous la Restauration, se démit de tous ses emplois à la révolution de 1830, et devint, comme son père, un des conseillers intimes du duc de Cham-bord, qui lui confia l'administration de ses biens; mais, après 1848, à la suite de graves dissentiments sur la ligne de conduite à suivre pour le parti royaliste, il rompit avec les Bourbons et accepta de Napoléon III en 1852 un siège au Sénat. Il s'est fait connaître par quelques œuvres poétiques (les Troubadours, poème en 4 chants, 1813, les Normands en Italie, poème, 1818, Élégies, 1824), a donné une Histoire de la chute de l'empire grec, 1829, et a composé quelques romans historiques. Il avait été élu en 1823 membre de l'Académie des beaux-arts.
  • PASTOUREAUX , troupe de pâtres et de vagabonds qui se forma en France en 1250, sous le pré-texte d'aller délivrer S. Louis, prisonnier des Sarrasins , avait à sa tête un certain moine hongrois nommé Job ou Jacob, de l'ord.-e de Cîteaux. Après avoir commis de grands ravages, ils furent tailles en pièces dans le Berry et près de Beaucaire : ils avaient disparu dès 1251. Ennemis des nobles et du clergé, ils dévastaient surtout les châteaux et les églises.
  • PASTRENGO (Guill. de), savant compilateur, né à Pastrengo (Vicentin), au xrve siècle, fut notaire et jugea Vérone, puis chargé (1338) d'une mission près de Benoît XII à Avignon, où il se lia avec Pétrarque. Il a laissé le premier essai d'un Dictionnaire historique, bibliographique et géographique; cet ouvrage, longtemps resté manuscrit à. la bibliothèque de St-Jean et St-Paul à Venise, a été publié en 1547 à Venise par M. A. Biondo, sous le titre de De ori-?ginibus rerum.

[modifier] PAT

  • PATAGONIE, la région la plus méridionale de l'Amérique du Sud, est située au S. du Chili et de la Confédération argentine, et bornée par l'Océan Atlantique à l'E., par le Grand-Océan à l'O., et au S. par le détroit de Magellan,- qui la sépare de la Terre-de-Feu. C'est un pays montueux et très-froid : il est coupé par la chaîne des Andes, arrosé par le Rio-Negro, le Santa-Cruz et le Gallego, remarquable par le volume de ses eaux. Ses habitants sont : au N., les Araucans et les Puelches, au S. les Tehuelhets, plus spécialement connus sous le nom de Patagons; leur taille moyenne dépasse celle des Européens et atteint, dit-on, plus de 2 mètres (de 6 à 7 pieds). Ses côtes, escarpées à l'O. et basses à l'E., ne sont guère fréquentées que par des navires baleiniers. — Ce pays fut découvert en 1519 pour l'Espagne par Magellan, qui en fit une description pompeuse. Le commodore Byron en 1764, le capitaine Wallis en 1766 et d'Or-bigny en 1828 ont donné des renseignements plus exacts. Le gouvt de Buénos-Ayres prétend à la souveraineté de cette contrée, mais jamais peuple européen n'en a réellement pris possession.
  • PATALA, auj. Tattah? anc ville de l'Inde, à la pointe du delta formé par les deux bras principaux de l'Indus. Alexandre l'agrandit, y creusa un port sur l'Indus, et y éleva une citadelle. — Le pays voisin, notamment le delta de l'Indus, se nommait Pata-lène. Il fut soumis par Alexandre.
  • PATANI, v. de la presqu'île de Malacca, capit. d'un petit royaume de même nom, est située dans la partie N. E. de la presqu'île, par 99" 20' long. E., 6° 50' lat. N. Bon port. Commerce assez actif (en poivre, sang-dragon, etc.). Les Anglais y ont eu un comptoir de 1610 à 1623.
  • PATANS, nom donné dans l'Inde pendant le moyen âge aux Afghans. Une dynastie afghane, dite dynastie des Patans, régna sur l'Inde de 1205 à 1398, après s'être établie sur les ruines des Gauri-des. Delhi était sa capitale. Tamerlan là renversa à son tour et établit sur ses ruines la dynastie de Ti-mourides. Bien que musulmans, les Patans montrèrent beaucoup de tolérance pour la religion des Hindous et firent fleurir le commerce et l'agriculture.
  • PATARE, Patara, puis Àrsinoe, auj. Paiera, v. de Lycie, sur la mer, non loin du cap Pataréon, qui séparait la mer de Lycie de celle de Carie, dans lepacha-Iik actuel d'Adana.Ellefut fondée par des Donens-Cré-tois, qui y introduisirent le culte d'Apollon; le dieu y avait un temple et un oracle célèbres, ce qui le fit surnommer Paiareus;il résidait, disait-on,l'hiver à Patare, et l'été à Delphes. Ruines imposantes.
  • PATARINS, sectaires vaudoisqui prétendaient que la prière du Pater suffit pour toute oraison; ils enseignaient aussi que l'homme et le monde étaienf l'oeuvre du démon. Les Patarins furent principalement connus au xnes. en Illyrie, en Bosnie, dans le N. de l'Italie et le S. de la France. Ils furent condamnés en 1179. Leur nom a été quelquefois étendu à tous les Albigeois.
  • PATAVIA, nom latin moderne de PASSATJ.
  • PATAVIUM, Padotie, v. de l'Italie ancienne, chez les Veneli On y parlait un latin peu correct : Tite-Live, qui y était né, fut accusé de patavinite.
  • PATA Y, ch.-l. de c (Loiret), près de lar. g. de'a Loire, à 23 k. N. O. d'Orléans; 1208 h. —Victoire de Dunois et Jeanne d'Arc sur les Anglais, 1429. Combats entre les Prussiens et les Fr., 8 déc 1870.
  • PATCHAKAMAK, le grand dieu des Péruviens, était le soleil considéré comme créateur et conservateur. Il avait des temples immenses et resplendissants d'or, desservis par de nombreux prêtres et par des vierges consacrées au dieu. Son temple principal, situé dans une vallée près de Lima, fut démoli par les soldats de Pizarre en 1533. Les Incas prétendaient descendre de Patchakamak.
PATK  1442 — PÂTB.
  • PATER (J. B.), peintre de genre et de vues, élève de Watteau, né à Valenciennes en 1695, m. à Paris en 1736, peignit dans le goût de son maître : son dessin n'est pas aussi correct, mais son exécution est plus solide. On remarque ses Vues de MarVg.
  • PATERN ou PATERNE (S.), évêque deVannes en 540, mort vers 555, est fêté le 15 avril.
  • PATERNO, Bybla major, v. de Sicile (Catane), à 17 kil. N. O. da i.atane; 12 000 h. Miel renommé chez les anciens ; eaux minérales. Ruines antiques. PATHMOS, auj. Palmosa, île de l'Archipel.la plus septentr. des Sporades, au S. de Samos, vis-à-vis de Muet, a 26 kil. de tour et 4000 h. ; ch.-l.actuel, St-Jean de Pathmos, bourg de 200 maisons, bâti autour du couvent de St-Jean, élevé lui-même, dit-on, sur la grotte où S. Jean écrivit l'Apocalypse. Pathmos était un lieu d'exil sous les Romains : S. Jean y fut relégué et y écrivit l'Apocalypse. On doit à M. V. Guérin une Description de Vile de Pathmos, 1856. PATIN(Gui), médecin, né en 1601, près de Beau-vais,m. en 1672, se fit une grande réputation par ses succès dans son art, mais aussi par sa causticité et par ses manières bizarres. Doyen de la Faculté de Paris, il fit une opposition violente contre l'introduction de l'antimoine et du quinquina. On a de lui un traité de 'a Conservation de la santé, 1632. et un receuil de Lettres familières, publié d'abord a Amsterdam en 1718 et réimprimé à Paris en 1846 par le Dr Réveillé-Parise : ces lettres sont pleines de détails curieux sur les affaires dû temps. Un recueil de ses bons mots a été publié par Bayle, sous le titre de Paliniana, 1703. Il était l'ami du savant Naudê. — Son fils, Ch. Patin, 1633-93, fut aussi médecin, mais se distingua surtout comme antiquaire. Chargé par Colbert de supprimer un libelle licencieux, il en avait distribué, dit-on, quelques exemplaires ; il fut pour ce fait condamné aux galères par contumace. Il quitta la France, voyagea en Allemagne et en Italie, et fut nommé en 1677 professeur de médecine à Padoue. Il a laissé beaucoup d'ouvrages, presque tous sur la numismatique : Familiee romanse exan-tiquis numismatibus, Paris, 1663; Introduction à l'histoire par la connaissance des médailles, Paris, 1665; Tliesaurus numismatum e museo Caroli Pa-tini, Amst., 1672; Suetonius e numismatibus illus-tratus, 1675; Thésaurus numismatum a P. Mauro-ceno collectorum, 1684; Commentarius in monu-mentaantiqua marcellina, 1688.
  • PATKOUL (J. Reinhold de), gentilhomme livonien, né en 1660, servit d'abord comme capitaine dans l'armée suédoise, fit partie d'une députation chargée en 1689 de défendre devant Charles XI les droits de la Livonie, alors soumise à la Suède, et adressa au gouvernement suédois de Riga, au nom des nobles fivoniens, des plaintes énergiques. Ne pouvant arracher son pays a l'oppression, il tenta, a l'avénemeet de Charles XII, de joindre la Livonie à la Russie ou à la Pologne ; mais il échoua et fut condamné à mort. Il s'enfuit en Courlande, et, après avoir erré en différents pays, il entra au service d'Auguste II, électeur de Saxe et roi de Pologne, qui le nomma conseiller intime (1689); puis il passa en Russie. Pierre le Grand l'envoya comme ambassadeur à la cour de Pologne, d'où il s'efforça en vain d'opérer on Livonie une insurrection contre les Suédois. Il finit par s'aliéner le roi Auguste qui, pour se concilier Charles XII le livra à ce prince (1707). Traduit aussitôt devant un conseil de guerre, il fut condamné à être roué et écartelê, et fut exécuté avec d'horribles raffinements de cruauté.
  • PATMOS. F. PATHHOS.
  • PATNA OUPATNAH, v. forte de l'Inde anglaise (Bengale), capit. du Bahar, sur la r. dr. du Gange, par 82° 25' long. E., 25» 37'lat. N.; 312000 h., dont un tiers d'Européens. Très-grande, mais mal bâtie.Beau-coup de temples et de mosquées. Grand commerce en grains, nz, sucre,indigo, opium, salpêtre. —On croit que cette ville, qui est fort ancienne, occupe l'emplacement de l'antique Palibothra. Lès Maho-métans s'en emparèrent auxnr>siècle. Souvent prise et reprise, elle fut tantôt dépendante et tantôt séparée du Bengale ; elle fut prise en 17 63 par les Anglais, qui y possédaient déjà un comptoir depuis 1640.
  • PATOUILLET (L.), Jésuite de Dijon, 1699-1779, écrivit contre les philosophes; ce qui lui valut les sarcasmes de Voltaire. C'est luiqui publia et composa en grande partie les Lettres édifiantes et curieuses. On lui doit aussi une Histoire duPêlagianisme, 1767.
  • PATRAS, J.ro«, puis Pairie, v. et port du roy. de Grèce (Aehaïe), ch.-l. de nome, auN. O., près de l'entrée du golfe de topante, sur l'enfoncement qui prend de là le nom de golfe de Fatras, h 100 k. N. O. de Triplitza; 20 000 h. Archevêché grec. Bon port, abrité de tous les vents, château fort. Patràs fait un commerce considérable de raisins secs dits de Corin-the, de grenades, de citrons et d'oranges. toutes les nations européennes y avaient autrefois des consuls. — Fondée par un des chefs acbiens qui expulsèrent les Ioniens de ce pays, cette ville fut prise parles Pélo-ponésiens, auxquels eEe offrait une place d'armes pour surveiller les côtes opposées de l'Ëtolie, puis occupée au même titre par les rois de Macédoine, successeursd'Alexandre. Sous Auguste, elle reçut les droits de colonie romaine, et s'appela Coïonio Au-gusta Aroë Patrensis. Apres avoir fait partie de l'empire grec, de laprincipauté d'Achaïe et des possessions de Venise, elle fut prise et incendiée par les Turcs en 1770. En 1772, les Russes détruisirent uns escadre turque dans ses parages; cependant elle resta au pouvoir des Ottomans jusqu'en 1828, que les Français s'en rendirent maîtres, et lui rendirent l'indépendance. Elle est auj. le ch.-I. du nome d'Achaïe-et-Êlide et de l'éparchie d'Achaïe proprement dite. ? Elle renfermait jadis un grand nombre de temples, dont il ne reste que quelques ruines. — Le golfe do Fatras met en communication la mer ionienne et le golfe de Lépante (jadis golfe deCorinthe); il a 31 k. de long sur 22 dans sa plus grande largeur.
  • PATRIA (Lac), Linterna palus, lac d'Italie (Terre de Labour), à 23 kil. N. O. de Naples ; 7 kil. sur 3. Aux env., se voit la TillaLiterne, ou se retira Scipion l'Africain exilé et ou ilmourut. Les Vandales détruisirent cette propriété en 455; on y voit "encore les restes du tombeau de Scipion.
  • PATRIARCHES, c.-à-d. Chefs de famille. On désigne spécialement par ce nom les chefs successifs du peuple de Dieu jusqu'à Moïse; ce sont :

Caïnan (jeune) 3201-2841 4963-4033 4833-3921 4729-3824 4639-3729 4569-3674 4504-3542 4348-3478 4277-3408 4090-3313 3908-2958 3408-2808 3306-2868 Adam, 3171-2738 3041-2637 2907-2666 2777-2538 2645-2415 2515-2367 2436-2291 2366-2191 2266-2086 2206-2061 2116-1997 Saleh, Héber, Phaleg, Réu, Saroug, Nachor, Tharé, Abraham, Isaac, Jacob, Juda, Seth, Enos, Caïnan, Malaléel, Jared, Hénoch, Mathusalem, Lamech, Noé, Sem, Arphaxad,

  • On nomme aussi Patriarches certains évêques pu archevêques qui ont le gouvernement imiûédjat d'un diocèse ou d'une grande province archiépiscopale, ou qui ont autorité sur plusieurs métropoles. Dans les 1"* siècles de l'Eglise, on appliquait ce titre aux 5 évêques de Rome. Constanlinoplë, A-lexandrie, Antioche et Jérusalem. L'archevêque de Trêves était jadis qualifié Patriarche des Gaules. — Les Maronites, les Jacobites, les Arméniens, les Nes-toriens, les Grecs, ont aussi des patriarches ; la Russie en a eu deux, un à Moscou (jadis à Novogorod), et un à Kiev. Celui de Moscou était la seconde personne de l'empire et balançait le pouvoir du czar. Pierre le Grand le remplaça par le Saint-Synode.
PATR	— 1443 —	PAD  
  • PATRICE, Patricius, dignité des derniers temps de l'empire romain, fut créée par Constantin vers 315, pour constituer une sorte de noblesse qui pût remplacer les n>ces éteintes des anciens patriciens. Elle ne s'accordait qu'à des personnages qui avaient rempli les premières charges ou rendu d'éminents services, mais elle était toute personnelle et ne conférait aucun pouvoir. Dans la suite, on donna ce titre aux gouverneurs de provinces éloignées, et, lors de l'invasion, l'usage s'établit d'en décorer certains rois barbares: Théodorio le reçut de Zenon, Clovis I d'A-nastase ; le roi burgunde Gundioc l'avait aussi reçu d'Honorius.etses successeurs au trône de Bourgogne en gardèrent le titre comme s'il eût été héréditaire : après la chute de la monarchie burgunde, en 534, les officiers qui gouvernaient ce royaume au nom des princes mérovingiens étaient dits officiellement Patriees de Bourgogne; Charles Martel reçut de l'ombre de sénat qui subsistait à Rome le titre de Patrice de Rome. Quand Charlemagne eut anéanti le royaume des Lombards, le pape Adrien Ier lui donna le titre de patrice, sous lequel il gouverna Rome en souverain avant d'y êtreproclamé empereur. Le titre de Patrice se conserva longtemps pendant le moyen âge en Italie (Y. CRESCENCE) ; mais il finit par disparaître.
  • PATRICE ou PATRICK (S.), apôtre et patron de l'Irlande, né vers 372 ou 387, probablement en Armo-rique, m. en 465 ou, selon qques-uns, en493, fut enlevé fort jeune, sur la côte armoricaine, par le roi d'Irlande O'Neil, réussit à s'échapper et retourna, en Gaule, puis revint en Irlande, vers 432, pour y prêcher la foi et fut le 1" évêque de l'église métropolitaine d'Armagh. Sa légende est semée de fables. Il a laissé lui-même une histoire de sa vie sous le titre de Confession. On a en outre de S. Patrick quelques écrits qui se trouvent dans la Bibliothèque des Pères, et qui ont été imprimés à part à Londres, 1658, et à Dublin, 1835 (par Villeneuve). On le fête le 17 mars. — On a nommé Purgatoire de S. Patrick une caverne d'Irlande (dans une île du lac Deargh, Ultonie) où sont peintes les peines de l'enfer.
  • PATRICIENS, Patricii (de païer,père), nom du 1" ordre de citoyens chez les Romains, s'appliquait à un certain nombre de familles nobles dont les chefs, nommés Patres, furent choisis, dans les premiers temps de Rome, par Romulus et ses successeurs po ur former le sénat; on l'opposait à celui de Plébéiens. Les descendants de ces premiers sénateurs conservaient le nom de Patriciens, même sans être sénateurs. Les Patriciens jouissaient de nombreux privilèges : longtemps ils furent seuls admissibles aux premières magistratures; ils ne se mariaient qu'entre eux. De l'inégalité des deux ordres naquirent des disputes perpétuelles qui ensanglantèrent Rome : elles se terminèrent par la création de magistrats chargés de défendre les intérêts des Plébéiens (V. TRIBUNS), par l'institution des mariages mixtes (entre patriciens et plébéiens), et enfin par l'admission des plébéiens aux emplois jusque-là réservés aux seuls Patriciens (V. CANULEIUS, ICILIUS, STO-*ON, PUBLILIUS PHILON). Malgré l'hostilité des deux ordres, il existait entre eux certains liens : les Patriciens accordaientleur protection à ceux des Plébéiens qui la réclamaient; ceux-ci, que l'on désignait alors sous le nom de clients, devaient à leur tour être toujours prêts à se dévouer pour leurs patrons. — Il y eut à Rome trois créations de Patriciens : la 1™, lors de la fondation de la ville ;*à 2°, lors de l'admission des Sabins de Tatius ; la 3", sous Tulius Hostilius, qui transporta les Albains à Rome. Les Patriciens de 1" et 2' création étaient dits Majorum gentium ; ceux de la 3° Minorum gentium. — Les familles patriciennes s'éteignirent peu à peu, malgré les adoptions; il paraît qu'au in" siècle de l'empire, il n'en existait plus une seule. Constantin les remplaça par l'institution des Patriees. Y. ce mot.
  • PATRICIUS, philosophe. V. PATRIZZI.
  • PATRICK (S.). Y. PATRICE (S.).
  • PATRIMOINE DE ST-PIERRE, anc province des Etats de l'Eglise, entre l'Orviétan au N., l'Ombrie et la Sabine à l'E., la Campagne de Rome au S. E., la mer Tyrrhénienne au S. O. et la Toscane au N. O., avait pour ch.-l. Viterbe. Elle répond à la partie S. de la délégation actuelle de Viterbe, à la délégation de Civita-Vecchia et au N. O. de la comarque de Rome. — Ce pays se composait surtout des biens al-lodiaux de la grande-comtesse de Toscane Mathilde, qui en fit donation au St-Siége en 1077.
  • PATRIZZI (François), philosophe platonicien, à la fois géomètre, historien, militaire, orateur et poète, né en 1529 dans l'Ile de Cherso, m. en 1597, professa la philosophie à Perrare, à Padoue et enfin à Rome. Il est surtout connu par son acharnement contre Aristote. Ses principaux ouvrages sont : Délia Storia dieei dialoghi, Venise, 1560; la Milixiaro-, mana (d'après Polybe, Denys d'Halicarnasse et Tite-. Live), Ferrare, 1583, et dans le Thésaurus de Grae-vius; Paralleli militares, Rome, 1594-95; Procli elementa theologica et physica latine reddita, Fer-rare, 1583; Discussiones peripatetiew, Bâle, 1581. Dans ce dernier ouvrage, il déchire la personne et les écrits d'Aristote, l'accuse de plagiat, d'hérésie, et élève sur les débris de sa philosophie le nouveau platonisme de l'école d'Alexandrie. On doit à Patrizzi une édition avec traduction latine des écrits attribués à Zoroastre, Hermès, Asclépiade, sous le titre de Nova de universis philosophia, Ferrare, 1591.
  • PÂTROCLE, fils du roi de Locride Ménèce, avait été un des prétendants d'Hélène, et fut l'ami d'Achille, qu'il suivit au siège de Troie. Quand Achille, irrité contre Agamemnon, refusa de combattre, Patrocle se rendit au champ de bataille revêtu des armes du héros : ileut quelque succès d'abord, puis il fut bientôt vaincu et tué par Hector. A cette nouvelle, Achille s'arma et vengea dans le sang d'Hector la mort de son ami, auquel il fit ensuite des funérailles magnifiques.
  • PATRON, Patronus, nom donné chez les Romains par les Plébéiens à de puissants Patriciens qu'ils choisissaient pour protecteurs. Y. ci-dessus PATRICIENS et l'art, PATRON dans notre Dict: univ. des Sciences.
  • PATRONA KAXIL, janissaire albanais, né vers 1687, se mit en 1730 à la tête de la fameuse révolte qui renversa Achmet III : le sultan fut déposé et remplacé par Mahmoud I; mais l'insolence de Pa-trona lassa bientôt le nouveau sultan, qui le fit égorger dans la salle du divan.
  • PATRU (Olivier), avocat de Paris, né en 1604, m. en 1681, eutde grands succès au barreau, où il purgea l'éloquence des vices qui la déshonoraient, et fut admis en 1640 à l'Académie française, où il introduisit l'usage des discours de remercîments. Estimé comme grammairien et comme critique, il jouit de l'amitié de Boileau et de Racine. Il a laissé des plaidoyers, des discours, des mémoires, des lettres, etc., dont la meilleure édit. est de 1732, 2 vol. in-4.
  • PATTI.v. de Sicile (Messine), sur la côte N., à6k. O. de Messine; 6500 hab.Èvêché. Riche abbaye fondée par le roi Roger.
  • PAU, Palum, ch.-l. dudêp. des B.-Pyrénées, sur la r. dr. du gave de Pau, sur le Hédaz et l'Ousse, affluents de cette rivière, à 757 k. S. S. O. de Paris; 21140 h. Cour d'appel, trib. de 1™ inst., lycée, école normale, musée, bibliothèque. Société des sciences, lettres et arts; société d'agriculture; dépôt d'étalons. Château où naquit Henri IV, récemment restauré, parc magnifique servant de promenade ; belle place royale avec la statue en marbre de Henri IV; beau théâtre ; chemin de fer. Linge de table, tanneries, tentureries, jambons, ditsde Bayonne; vin de Jurançon. Outre Henri IV, le maréchal Gassion et Bernadotte y sont nés. Pau est une jolie ville, bien bâtie, et qui s'embellit tous les jours ; elle s'élève dans un site admirable: de son parc, on domine de belles et fertiles < allées et l'on aperçoit quelques-uns des sommets les !>lus élevés des Pyrénées, couronnés de neiges éternelles. La salubrité du climat y attire beaucoup de malades, et la beauté de la situation engage beaucoup d'étrangers à y fixer leur résidence.—Pau doit .--on origine au château fort qu'y construisit au x" s. un vicomte de Béarn : trois pieux, en basque pans, nui avaient servi à marquer les limites du terrain destiné à la nouvelle construction, donnèrent leur nom à la ville qui se forma autour du château : les trmnpieux se retrouvent dans les armes de la ville. Au xiv' s., Gaston-Phœbus de Foix fit construire le château actuel, et fit de Pau la capitale du Béarn. Henri IV est le dernier prince béarnais qui l'ait habitée : on y montre encore la carapace de tortuequi lui servit de berceau. Un parlement fut fondé à Pau par I .ouis XIII en 1620. Louis XIV y établit une université.
PAUL	— 14M —	PAUL
  • PAU (Gave de), riv. formée de la réunion des Gaves de Barèges et de Gavarnie, naît au mont Perdu dans le dép. des Htes-Pyrénêes près de Luz-en-Ba-règes, coule au N., puis à l'O. et au N. O., entre dans le dép. des B.-Pyrénées, qu'il sépare de celui des Landes, et se jette dans l'Adour à l'O. de Pey-rehorade, après avoir baigné Lourdes, St-Pé, Nay et Pau, et après un cours de 180 k.
  • PAUCTON (J. P.), mathématicien, né en 1736 dans le Maine, mort en 1798, enseigna les mathématiques à Strasbourg, et devint correspondant de l'Institut. Il a laissé, entre autres ouvrages, une métrologie (ou Traité des mesures, poids; monnaies anciennes et modernes), Paris, 1780, qui est encore fort estimé. Il est un des premiers qui ait tenté d'appliquer l'hélice à la navigation : il inventa dans ce but une machine à ailes qu'il appelait Ptirophore.
  • PAUILLAC, eh.-l. de cant, (Gironde), sur la r. g. de la Gironde, à 17 kil. S. E. de Lesparre et à 42 k. N. O. de Bordeaux; 2700 hab. Port important, qui tï:ît le principal lieu d'embarquement des vins de Médoc. C'est sur le territoire de Pauillac que se trouvent les vignobles renommés de Branne, Château-Laffitte, Château-Latour, etc.
  • PAUL (S.), l'Apôtre des Gentils, né l'an 2 de J.-C, de parents juifs, à Tarse, ville qui jouissait du droit do cité romaine, s'appelait primitivement Saut Ëlevé i'i Jérusalem dans les principes du pharisaïsme, il lut d'abord au nombre des persécuteurs les plus violants du Christianisme, mais, à la suite d'une vision qu'il eut sur le chemin de Damas, il se convertit, reçut le baptême etdevint un des plus ardents apôtres delareligionnouvelle. Ilprêchal'Êvangileaux païens dans l'Asie-Mineure et la péninsule grecque, notamment dansl'Slede Cypre, à Paphos, où il convertit le proconsul Sergius Paulus , dont il porta désormais le nom, en Galatie , à Êphèse, à Philippes, à Thessalonique, à Athènes, où il parla devant l'Aréopage, enfin à Corinthe. De retour à Jérusalem en 58, il y fut assailli par la populace juive qui voulait le tuer, puis fut cité par le grand prêtre devant le tribun Lysias, et emprisonné deux ans à Césarée par Félix, gouverneur de Judée; ayant formé appel à César comme citoyen romain, il fut envoyé à Rome par le nouveau gouverneur Festus, et y fut acquitté. Après » voir prêché la foi dans la ville des Césars, il retourna dans l'Orient pour consolider la première organisa-non de l'Église. Vers 63 ou 64 il revint à Rome, qui déjà comptait des Chrétiens dans le palais même des empereurs et il en augmenta beaucoup le nombre; mais il s'attira par ses réponses hardies l'animadver-s.on de Néron, devant lequel il comparut, et fut mis îi mort, avec S. Pierre, en 66. Ses restes furent enter-vH sur le chemin d'Ostie, puis transportés à Rome dans la crypte de l'église St-Pierre. On célèbre sa fôte lu 29 juin jour de sa mort, et sa conversion le 251 janv. OnadeS. Paul 14 Épitres, adressées aux églises des régions qu'il avait parcourues; la dernière seulement, VÉpilre aux Hébreux, a. été contestée. On lui a aussi attribué, mais sans aucune vraisemblance, quelques autres écrits, entre autres des Lettres à Séhèque. Les Actes des Apôtres sont pour la plus grande partie l'histoire de S. Paul.
  • L'Eglise honore encore : 1° S. Paul l'Anachorète, regardé comme le fondateur de la vie monastique en Orient : à 22 ans, il se retira dans les déserts de la Thébaïde, et, après une vie de prière et de macération , y mourut en 342, âgé de 113 ans (Fête, 15 janvier); — 2° S. Paul de Thessalonique, patriarche de Constantinople en 340, que l'empereur arien Constance fit périr dans une caverne du Taurus, en 350; — 3° S. Paul, pape ; 4° S.Paul, l" évoque de St-Pol-de-Léon, m. vers 570 ;—5°leB. Paul de la Croix, qui suit.
  • PAUL DE LA CROIS (le Bienheureux), fondateur des Passionistes, né en 1694 à Ovada (Gênes), m. à Rome en 1775, forma de bonne heure le dessein d'établir un ordre religieux qui travaillerait au salut des âmes. Pour mieux s'y préparer, il se retira en 1720 dans un ermitage où il se livra aux plus dures mortifications ; il eutbientôt d'assez nombreux disciples, fit approuver son ordre par le pape Benoit XIV en 1741, en fut élu général et fonda 12 maisons en diverses villes d'Italie. H a été béatifié en 1852. Les Passionistes portent un vêtement noir sur lequel sont attachés les insignes delà Passion, ils vont nu-pieds et la tête découverte.
  • PAUL (Ermites de St-}-, ordre établi au xiir" s. et sorti des ermites de St-Jacques, choisit pour patron S. Paul l'Anachorète. Ils soignaient les malades et présidaient aux funérailles. Comme ils portaient l'image d'une tête de mort sur leur scapulairé, on les appelait les Frères de la mort. Avant de se mettre à table, ils baisaient une tête de mort, et en mangeant ils la plaçaient à côté d'eux.Leur ordre, qui fut très-répandu, surtout en Allemagne et en Pologne, ne possède plusauj. qu'une maison, qui est en Portugal.
  • PAUL i (S.), pape, natif de Rome, remplaça en 757 Etienne II, son frère, et régnajusqu'à767. lia laissé 22 lettres. C'est Paul t qui envoya à Pépin le Bref la l™ horloge à roue qu'on ait vue en France.
  • PAUL n, P. Barbo, pape de 1464 à 1471, était Vénitien et neveu d'Eugène IV. Il excommunia le roi de Bohême, George Podiebrad, qui favorisait les Hus-sites, et donna ses Etats à Matthias Corvin, mais il prêcha en vain la croisade contre les Turcs. Il restaura les anciens monuments de Rome.
  • PAUL in, Alexandre Farnèse, pape de 1534 à 1549, était Romain. Il montra beaucoup de fermeté dans ses relations avec Henri VIII, lança contre ce prince, après son schisme, une bulle_ d'excommunication, forma avec Charles-Quint et Venise une ligue contre les Turcs (1538); se porta comme médiateur entre Charles et François I, qui, grâce à lui, conclurent la trêve de Nice (1538), approuva l'Ordre des Jésuites (1540), convo.qua le concile de Trente (1542), et fit reprendre la construction de St-Pierre en la confiant à Michel-Ange (1546). Il est le premier auteur de la fameuse bulle In cœnd Domini (Y. BULLE). Paul III avait été marié avant d'entrer dans l'Eglise, et avait un fils, Pierre Farnèse, qu'il fit duc de Parme, ce qui l'engagea dans des. luttes continuelles avec Charles-Quint, qui prétendait à ce duché. Il a laissé des Lettres à Erasme, à Sadolet, etc.
  • PAUL iv, Jean Pierre Caraffa, pape de 1655 à 1559, était Napolitain et naguit en 1476. Dans le but de détruire en Italie la domination espagnole, ii fit en 1555, avec Henri II, roi de France, un traité pour la conquête du royaume de Naples, et appela le duc de Guise à, cet effet; mais le seul résultat de-cette entreprise fut la dévastation et la perte momentanée d'une partie de ses propres Etats, 1556-57. Avant son avènement, il avait rempli des missions délicates et avait fait établir à Rome un tribunal suprême de l'Inquisition (1542). Il réforma plusieurs abus, et lança 1 anathème contre les hérétiques; mais sa sévérité envers ses administrés et les excès de ses neveux (Y. CARAFFA) irritèrent le peuple, qui, après sa mort, jeta sa statue dans le Tibre. Paul IV avait rédigé la Règle des Théatins, ordre qu'il avait fondé en 1524, et institué la Congrégation de l'Index.
PAUL	— 1445 —	PAUL
  • PAUL v, Camille Borghèse, pape de 1605 à 1621, Romain de naissance, eut avec Venise, au sujet des privilèges du clergé , un différend que le roi de France Henri IV accommoda (1605-1607) ; mit un terme àla querelle des Dominicains et des Jésuites sur la grâce, mais sans se prononcer entre eux, donna la dernière forme à la bulle In cœnâ Domini, dite quelquefois Bulle de Paul F(1610), approuva les Ordres de l'Oratoire, de la Visitation, deSte-Orsule (1611), et canonisa S. Charles Borromée. Rome lui doit l'aqueduc Paola, long de 52 kil.
  • PAUL i, PETROVITCH, empereur de Russie, né en 1754, pendant l'hymen de Pierre III (alors grand-duc) et de Catherine II. Pierre III, qui ne voyait en lui que le fruit de l'adultère, se préparait à le priver de l'hérédité lorsqu'il périt en 1762. Ëcarté du trône et tenu dans l'obscurité et l'inaction tant que vécut sa mère, qui seule avait toute l'autorité, il fut proclamé czar à la mort de Catherine, en 1796. Il prit en tout le contre-pied de ce qu'avait fait cette princesse , destitua ou exUa ceux qui avaient été ses conseillers et ses serviteurs et bouleversa l'empire; il se posa en champion des vieux principes monarchiques, se fit le chef de la 2" coalition contre la France, et se proclama fastueusement grand maître de l'ordre de Malte; puis tout à coup il s'éprit d'admiration pour Bonaparte, fit alliance avec lui, et prépara ainsi les traités de Lunéville et d'Amiens. A l'intérieur, il froissa de plus en plus les grands par son despotisme et ses violences, et fut étranglé par quelques seigneurs, le 23 mars 1801 (V. PAH-LEN). Cet orgueilleux despote exigeait que tous les sujets se prosternassent sur son passage, et, s'ils étaient en voiture, qu'ils descendissent pour lui rendre cette marque de respect ; il punissait sévèrement toute infraction à ces ridicules prescriptions.
  • PAUL, jurisconsulte romain. T. PAULUS.
  • PAUL-ËMILE, général romain. V. EMILE.
  • PAUL DE SAHOSATE, évêque de Samosate, sa patrie, puis patriarche d'Antioche (260), est l'auteur d'une érésie qui niait la Trinité divine et la divinité de J.-C. Il fut combattu par le pape S. Félix, et excommunié au concile d'Antioche (270). Ses partisans sont nommés Paulianistes.
  • PAUL LE SILENTIAIRE , poète grec, ainsi nommé de la charge qu'il exerçait sous Justinien I" (V. SILENTIAIRE), a écrit en vers une Histoire de l'Eglise Ste-Sophie, imprimée avec une traduction et des notes de DucangedansfoB!/xantme,Paris,1670;desi£pi'<)TOm-mes et autres petits poèmes, insérés dans l'Anthologie. Il est le plus distingué des poètes du temps de Justinien ; bien que prolixe, il ne manque ni de grâce, ni de mouvement.
  • PAUL D'ËGINE, médecin grec, natif d'Égine, vivait, à ce qu'on croit, dans le vu* s. de J.-C, et étudia à Alexandrie peu avant la prise de cette ville par Am-rou. Il se distingua surtout dans la chirurgie. On a de lui un Abrégé de la médecine, en 7 livres, qui résume les observations d'Hippocrate, de Celse, de Galien, d'Arétée,en y ajoutant ses observations propres ; le VIe livre, consacré à la chirurgie, est le plus estimé. Son style se distingue par la pureté, la concision et la clarté. Ses OEuvres ont été publiées eu grec à Baie, 1538, par J. Gemusaeus, et en latin à Venise, 1553, à Lyon, 1567, avec des commentaires. Le Vl'livre a été trad. à part en français par P. Tolet, Lyon, 1539. M. R. Briau a publié tout le texte grec en le restituant, avec une trad. française, 1855. PAUL WARNEFRIDE, dit PAUL DIACRE", historien latin, né vers 740 à Cividale (Forum Julii), dans le Frioul, avait été ordonné diacre à Aquilée. Il fut secrétaire du roi lombard Didier, vécut ensuite à la cour de Charlemagne, puis à celle du duc de Bénévent, et se retira au couvent du Mont-Cassin, : où il mourut en 801. On a de lui une Histoire des I Lombards, en 6 livres, une Hist. mêlée, en 24 liv. (en lat., dans le t. I des Rerum italicarum script.) ; une Chronique du Mt-Cassin, 1603, et des Hymnes, entre autres celle Ut queant Iaxis.
  • PAUL (l'abbé) , traducteur, né à St-Chamâs, en 1740, mort à Lyon en 1809, était'jésuite et avait enseigné les lettres dans les divers collèges de son ordre. Il se retira dans sa famille pour se livrer à la traduction des classiques latins. On a de lui un bon Cours de latinité, Lyon, 1807, et des traductions de Velleius Patercuhis, Florus, Justin, Cornélius Népos, Phèdre, Sulpice-Sévère, Éutrope, et de morceaux choisis de Tite-Live.
  • PAUL JOVE. V. JOVE. —PAttLYËRONÈSE. V. VÉRONÊSE.
  • PAULE, v. de Calabre. V. PAOLA.
  • PACLE (Ste),dame romaine, du sang des Scipions et des Gracques, née vers 347, se fit chrétienne. Restée veuve de bonne heure, elle se voua à la vie pénitente dans le couvent de Bethléem, sous la direction de S. Jérôme. Elle devint abbesse de ce couvent. et y mourut en 404. On la fête le 26 janvier.
  • PAULET (le chevalier), instituteur, d'origine irlandaise, fonda en France en 1772 un établissement d'enseignement mutuel pour les fils des militaires morts ou blessés, et obtint par ce nouveau mode de grands succès. Louis XVI dota sa maison d'un fonds dé 36 000 francs, mais la Révolution l'obligea d'abandonner son œuvre. '
  • PAULETTE (Edit de), ordonnance rendue par Henri IV en 1604, dans un moment de pressant besoin d'argent, sur la proposition deCh. Paulet, secrétaire du parlement, accordait aux membres du parlement le droit de transmettre leurs charges à leurs héritiers, àla condition d'une redevance annuelle qui montait au 60e de la valeur présumée de la charge.
  • PAULHAGUET, ch.-l. de c (Haute-Loire), à 14 k. S. E. de Brioude ; 1402 hab.
  • PAULICIENS, hérétiques qui renouvelèrent aux x° et xie s. l'hérésie de Manès, croyaient que le monde actuel avait été créé et était régi par un de leurs deux principes, le mauvais : l'autre devait régir le monde futur, lequel sera parfait. Ils tiraient leur nom d'un de leurs chefs, un certain Paul, né en 844 en Arménie. Chassés de l'empire grec, ils se transportèrent en Arabie, ou ils firent beaucoup de prosélytes.
  • PAULIN (S.), Pontius Meropius Paulinus,èvèque et poète, né à Bordeaux en 353, m. en 431, suivit d'abord le barreau où il se fit remarquer par son éloquence , s'attira la faveur de Gratien qui le fit consul en 378, se fit ordonner prêtre en 393, et devint évêque de Noie en 409. 'On lui a attribué à tort l'invention des cloches, qui étaient connues bien avant lui; tout au plus aurait-il eu l'idée de s'en servir pour annoncer les offices. On le fête le 22 juin. S. Paulin a laissé des Poésies pieuses estimées, des Lettres, des Discours et une Hist. du martyre de S. Genès d'Arles. Ses 0£îwesontétépubl. àParis, 1685, etàVérone, 1736. Rabanis a donnédes Études sur S.Paulin, 1841.
  • PAULIN DE PERIGUEUX, PaulinusPetricordius, poète latin duivs. ,m. vers 478, était fils d'un rhéteur de Périgueux et se convertit au Christianisme. Il mit en vers latins vers 463 la Vie de S. Martin : ce poème, eu 6 livres, offre quelques pages écrites avec élégance et contient de précieux détails sur les moeurs et les usages de l'époque. Publié d'abord en 1585, il a été plusieurs fois réimprimé; la meilleure édition est celle de Corpet, Paris, 1849, avec trad. française, dans la collection Panckoucke.
  • PAULIN DE ST-BARTHELEMY (J. Ph. WERDIN, dit), missionnaire, né à Hof (B.-Autriche), en 1748, s'embarqua en 1774 pour le Malabar, revint en 1790 et mourut en 1806. Il a contribué à faire connaître l'Orient par une foule d'écrits, tels que sa Grammaire sanscrite, en latin, Rome, 179Q, et son Voyage aux Indes orientales (en italien), 1796 (trad. par Marchena, 1808).

PAUS — 1446 — PAYI

  • PAULINE BONAPARTE. V. BONAPARTE..
  • PAULMY (lemarq.de). V. ARGENSON (A.Renéd').
  • PAULTJS (Sergius), proconsul. V. SBRGIUS PAULUS.
  • PAULUS (Julius), jurisconsulte romain du ni" s. de notre ère, né à Padoue selon les uns, àTyr selon d'autres, contemporain et rival de Papinien, fut d'abord avocat. Il jouit de la faveur de Septime Sévère, de Caracalia et d'Alexandre Sévère, fut élevé par ce dernier au consulat et nommé préfet du prétoire après Ulpien. Des nombreux écrits qu'il avait composés, on n'a plus que des fragments cités dans le Digeste, et 5 livres Receptarum sententiarum, qui renferment des éléments de droit romain.
  • PAULUS (Peters), homme d'État hollandais, né en 1754 à Axel, m. en 1796, fut d'abord conseiller et avocat fiscal de l'amirauté delà Meuse, relevala marine de son pays, fut forcé de s'expatrier en 1787 à cause de son opposition au stathoudérat, fut accueilli à la cour de Versailles, rentra en Hollande en 1795, y présida l'assemblée des représentants provisoires, et négocia la paix entre son pays et la France.
  • PAULUS (H. Gottlob), théologien protestant, né en 1761 à Léonberg près de Stuttgart, m. en 1851, enseigna d'abord les langues orientales à l'Université d'Iéna, fut nommé en 1794 professeur de théologie dans la même université, quitta cette chaire en 1803 pour cellede Wurtzbourg, et fut nomméen 1811 professeur d'exégèse et d'histoire ecclésiastique à Hei-delherg. Il est le chef de l'école rationaliste allemande. Ses principaux ouvrages sont: Commentaires philosophiques, critiques et kistoriques sur le Slouveau Testament; la Clef des Psaumes; Tiède Jésus; Manuel exégitique sur les trois premiers évangiles. Paulus fut un des auteurs de la constitution du Wurtemberg de 1814; il rédigea de 1819 à 1829 le Sop/iroraiïon.journal à la fois politique et religieux.
  • PAUSANIAS, général'laeédémonien, fils du roi Cléombrote, gouverna le royaume pendant la jeunesse de Plistarque, fils de Léonidas, et son cousin (480 av. J.-C), eut une grande part à la victoire de Platée (479), ainsi qu'à la délivrance des villes grecques d'Asie, prit Cypre et Byzance, mais ternit sa tloire en formant le dessein d'asservir sa patrie : ans ce but, il écouta les propositions de Xercès, qui lui ofijcait, pour prix d'une trahison, la main de sa fille et la royauté de la Grèce. Dénoncé au sénat de Sparte, il fut rappelé et livré aux éphores, convaincu de trahison et condamné à mort. Il se réfugia dans un temple de Minerve, dont les portes furent aussitôtmurées, et on l'y laissa mourir de faim: sa mère elle-même voulut apporter la première pierre pour sonsupplice (477).—Un autre Pausanias, petit-fils du préc, régna sur Sparte de 409 à 397, et fit quelques expéditions dans l'Attique; mais, n'ayant point réussi au gré des Lacédémoniens, il fut obligé de s'exiler. Il se retira à Tégée, où il mourut.
  • PAUSANIAS, seigneur de la cour de Philippe, roi de Macédoine, n'ayant pu obtenir la punition d'un outrage qu'il avait reçu, se vengea sur le roi lui-même et l'assassina en plein théâtre (336 av. J.-C). Il fut aussitôt pris et tué. On prétend qu'il n'était que l'instrument d'Olymçias, qui venait d'être répudiée.
  • PAUSANIAS , écrivain grec du H* s. de J.-C, né en Phrygie ou en Cappadoce, visita une grande partie du monde connu de son temps et vint vers 170 se fixer à Rome oùil mouruttrès-vieux.Ilcomposa veES l'an 174, sous le titre à'Itinéraire de ta 6Yece, un des ouvrages les plus précieux de l'antiquité pour la topographie, l'histoire delà Grèce primordiale, et la connaissance des pbjetsd'art et des monuments. Cet ouvrage se compose de 10 livres, qui, d'après les pays décrits, sont intitulés- A ttiques, Corinthiques, Laconiques, Messéniques, Ettques (21iv.), Âchdïques,Ar-cadiques, Béotiques et Phociques. 11 est à regretter que le style de l'auteur, par suite d'une imitation maladroite de Thucydide, laissée désirer sous le rapport du naturel et de la clarté. Les meilleures éditions sont celles d'Aide, Venise, 1514, en grec; d'Amaseo, avec trad. latine, Florence, 1551 ; de Factus, Leipsick, 1794-97, 4 vol. in-8, où le texte estrétabli à l'aide des mss.; de Clavier, avec trad. française, Paris, 1814-21; de Dindorf, grec-lat., dans la Biblio-tftèguedeDidot, 1845. Kœnig a donné une dissertation DePausanix /Me et aiictoritate, Berlin, 1832.
  • RAUS1AS, peintre déSicyonëqui florissaitvers 360 av. J.-C,futelèvedePamphyle etacquit unegrande réputation dans la peinture dite encaustique.
  • PAUSIUPPE, mont, de l'Italie mérid., au S. O. de Naples, s'avance dans la mer vis-à-vis de l'île de Ni-sida. Elle est .couverte de vignes et traversés par la route souterraine qui va de Naples à Pouzzoles : ce souterrain, dit la Grotte du Pausilippe, a 720" de long., 20 de haut et7 de large; l'époque à laquelle il fut creusé est très-ancienne. On montre à l'entrée un tombeau qu'on dit être celui de Virgile.
  • PAUVRES DE LYON. F. VAUDOIS.
  • PAUVRES DE LA MÈRE DE DIEU. Y, PIARISTES.
  • PAUW (J. CORNEILLE de), philologue, né àUtrecht, vers 1680, m. vers 1750, était chanoine deÎ5t-Jean; il profita du loisir que lui laissait cette sinécure pour cultiver les lettres. On lui doit des éditionsd'un grand nombre d'auteurs grecs, Eépkestion, Utrecht, 1727; Horapollon, 1727; Anacréon^lZH; QuintusCalaber, 1733 ;AristénètatV139; Eschyle, 1745, etc. Il contestait l'authenticité des poésies d'Anacréon. Il eut de vives querelles avec plusieurs savants, notamment avec d'Orville au sujet d'Aristénôte.— Un autre Corneille de P., d'Amsterdam, 1739-99,était chanoine de Xanten et oncle d'Anacharsis Clootz. Il a publié, en français, des Recherches philosophiques sur les Grecs, —surles Américains, —sur les Egyptiensel les Chinois, ouvrages pleins d'érudition, mais aussi de paradoxes. Ils ont été réunis en, 7 v., Paris, 1785.
  • PAVEE, Ticinutn, Papia au moyen âge, Pavia en ital., v. forte du roy. d'Italie, ciu-1. de province, sur le Tessin, à 31 kil. S. deMlant 26 000 h. Évêché, suffragantde Milan; université célèbre (fondée en 1360), comprenant les facultés de philosophie, de droit et de médecine; collèges Caccia, Bbrromée, Ghislieri; bibliothèque, jardiabotanique, collections anatomique et autres; société savante. Vieux château fort, grand faubourg, pont en marbre, belle place entourée de portiques, vaste cathédrale, où l'on prétend posséder le tombeau de S. Augustin et la lance de Roland; basilique St-Miohel,.de style lombard.su-perbe théâtre, deux belles portes aux deux bouts de la Rue-Neuve, la principale rue de la ville. Fabriques de soieries; riz, vin, lin, fromages. Patrie de Lan-franc, Cardan, etc. Auxenv., beue. Chartreuse. — Pa-vie remonte au tsmps des Gaulois : c'était une des villes des Insubres. Florissante sous les Romains, eEe fut détruite en 476 par Odoacre, mais elle se releva sous les Lombards, qui, à partir de 584, en firent leur capitale. Hunald. ex-duc d'Aquitaine, réfugié chez les Lombards, la défendit héroïquement contre Charle-magne (772 et 773), mais les habitants l'é|orgèrent pour être libres de se rendre :laperte de cette ville mit fin à l'empire lombard. Plus tard. Pavie s'érigea en ré-publiquecomme toutes les grandes cités lombardes : ennemie de Milan, elle fut le plus souvent gibeline. Après la chute des Hohenstaufen, elle eut pour sei-gneursles LanguschuEn 1331, elle fut une des villes qui acceptèrentpour souverain Jean daBohême;. mais dès 1332, elle se donna anxBeccaria, qui bientôt devinrent vassaux des. Visconti deMilan. En 1395, l'empereur Venceslas, en faisantde Milan un duché, érigea Pavie en comté en faveur du fils aîné du duc régnant deMilan. Aprèslamortdu duePhilippe-Mam (1447), Sforce, voulant s'emparer du duché de Milan,, se fit d'abord proclamer comte dePavie.Énl525, François I perdit sous les murs de Pavie une bataille célèbre et y fut fait prisonnier. In 1527,Lautrecpritcette ville et lamit au pillage ; cependant Charles-Quint en resta maître, ainsi que de tout le comté. En 1745, Pavie fut prise parles Espagnols, mais ilsla rendirent bientôt à l'Autriche. Les Français la prirent de nouveau en 1796; sous l'Empire, elle fit partie du roy. d'Italie et fut comprise dans le dép. del'Olona. En 1814, elle fut attribuée à l'Autriche. En 1860, elle fut annexée au royaume de Sardaigne avec le reste de la Lombardie. — La prov. de Pavie, entre celles de Milan et deNo-vare au N., de Crémone et de Plaisance à l'E., de Gênes au S. et d'Alexandrie à l'O., est divisée en 4 ar-rond. (Pavie, Voghera, Mortara et Bobbio), et compte 460 000 hab.
 PAÏS	— 14
  • PAVILLON (Nie), évêque d'Alet, né à Paris en 1597, m. en 1677, prit part aux travaux de S. Vincent de Paul, se distingua comme prédicateur et fut sacré évêque en 1639. Il était janséniste et encourut la disgrâce de Louis XIV pour avoir fait de l'opposition dans l'affaire de la régale. — Son neveu, Etienne P. (1632-1705), avocat général à Metz, membre de l'Académie Française, était un homme d'esprit et de goût. Il a laissé des Poésies dans le genre de Voiture (imprimées à La Haye, 1715 et 1747).
  • PAVILLON (J. Franc, du CHAYRON DU), né en 1730 à Périgueux, m. en 1782, fut major général de l'armée navale sous les ordres du comte d'Orvilliers, commanda avec honneur divers vaisseaux, et périt abord du Triomphant. Il perfectionna les signaux et publia en 1778 une Tactique navale, estimée des marins.
  • PAYIIAY, ch.-l. de c (Seine-Inf.), sur l'Austre-berte, à 22 kil. N. O. de Rouen; 3207 h. Filatures de coton; fabriques de toiles, de papier.
  • PAVIN (lac), lac du dép. du Puy-de-Dôme, formé dans un cratère volcanique du mont Dore, a 2 k. de tour. En s'épanchant, il donne naissance à la Couse.
  • PAWNÉES ou PANIS, nation guerrière de l'Amérique du Nord (Nébraska), sur les rives du Loup, affluent de la Platte, occupe trois grands villages^ mais ne compte plus guère que 6000 individus.Leur divinité principale est la planèto Vénus, qu'ils nomment la grande étoile, et, à laquelle ils ont longtemps sacrifié des victimes humaines.
  • PAX AUGUSTA, auj. Badajog , v. d'Hispanie, sur l'Anas, près des frontières de la Lusitanie. — PAX JULI A , Béja, v. de Lusitanie, chez les Celtici, au S.
  • PAXO, Paxos, la plus petite des îles Ioniennes, à 13 kil. S. E. de Corfou , n'a guère que 9 kil. sur 5; 5000 h.; ch.-l., Porto-Gayo. Figues, olives, etc.
  • PAYENS (HUGUES DES) } fondateur de l'ordre des Templiers, était de la maison des comtes de Champagne. S'étant rendu en Palestine, il établit en 1128, avec huit autres chevaliers, laconfrérie de la milice du Temple, destinée à protéger les pèlerins qui se rendaient à Jérusalem, et fut le l" grand maître de l'ordre. Il mourut en 1136.
  • PAYERNE, en allemand Pelerlingen, v. de Suisse, (Vaud), à 16 k. O. de Fribourg; 2500 h. Ane résidence des rois de Bourgogne. Ane abbaye de Bénédictins, fondée en 921 parla reine Berthe, et supprimée à la Réformation.
  • PAYNE (Thomas). F. PAINE.
  • PAYRAC , ch.-l. de c (Lot) , à 16 k. N. E. de Gourdon; 1320 h. Carrières de chaux hydraulique.
  • PAYSANS (Guerre des). V. RUSTAUDS.
  • PAYS-BAS, en hollandais De Neederlanden (c.-à-d. les pays inférieurs). Ce nom fut donné à l'ensemble des 17 provinces qui, sous Charles-Quint (à partir de 1548), formèrent le cercle de Bourgogne. De ces 17 provinces, 12, les duchés de Limbourg, Luxembourg, Brabant, le comté palatin de Bourgogne ou Franche-Comté, les comtés de Zélande, Hollande, Flandre, Artois, Namur, Hainaut, Anvers, Malines, provenaient de l'héritage du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, bisaïeul de Charles-Quint ; les 5 autres, Utrecht, Gueldre avec Zutphen, Over-Yssel, Frise, Groningue avec Drenthe, furent acquises par Charles-Quint lui-même. Ces provinces, qui avaient d'abord fait partie de l'Empire, passèrent à l'Espagne en 1556. Les 7 provinces du Nord, persécutées pour leur foi, ne tardèrent pas à secouer le joug : elles se rendirent indépendantes de 1566 à 1609, et formèrent la République des Provinces-Unies. Il ne resta donc à l'Espagne què"ïes provinces du Sud, lesquelles furent encore réduites par les conquêtes de Louis XIV, qui acquit l'Artois, partie de la Flandre, du Hainaut et de Namur, et la Fuan-che-Comté.Les8 pays qui restaient à l'Espagne (Flandre allemande , Hainaut, Namur, Brabant mérid., Limbourg, Luxembourg, Anvers, Malines), se nommèrent alors Pays-Bas catholiques ou Pays-Bas espagnols. Par la paix de Rastadt(1714), qui démembrait la succession d'Espagne, ils furent cédés à l'Autriche et prirent dès lors le nom de Pays-Bas autrichiens. L'Autriche les conserva jusqu'à la Révolution : Dumouriez, et plus tard Jourdan,. pénétrèrent alors jusqu'au cœur des Pays-Bas et les soumirent à la France. La paix de Lunéville (1801) confirma ces conquêtes. Les anc' Pays-Bas formèrent 8 dép. français (Lys, Jemmapes, Sambre-et-Meuse, Forêts, Escaut, Dyle,Meuse-Inférieure, Deux-Nèthes). Dans la suite l'adjonction du roy. de Hollande à la France lui donna encore 8 autres dép.: Bouches-de-l'Escaut, Bouches-du-Rhm, Bouches-de-la-Meuse, Zuydersée, Yssel-Supérieur, Bouches-de-l'ïssel, Frise, Ems-Occidental. Repris à la France en 1814, ces 16 dép. formèrent le Roy. des Pays-Bas, donné par les traités de Vienne à Guillaume I, de la famille de Nassau. Mais en 1830,, après une violente lutte,, ce royaume se sépara en deux moitiés à peu près égales, qui formèrent le Roy. de Belgique (au S.), et le Roy. de Hollande (au N.) ; toutefois le roi de Hollande se donne encore le nom de roi des Pays-Bas. La Belgique actuelle représente à peu près iés anc Pays-Bas catholiques, si ce n'est qu'elle a perdu la plus grande partie du Luxembourg et du Limbourg;. ta Hollande représente l'ancienne république des Provinces-Unies. Y. BELGIQUE et HOLLANDE.
 il —	PAZZ
  • PAYS RECONQUIS (le).,On nommait ainsi le pays repris aux Anglais par le duc de Guise en 1558. Il se composait des comtés de Guïnes et d'Oye (canton d'Audruik), dans le gouvt de Picardie.
  • PAYS-D'ÉTATS. 7. GENERALITES.
  • PAYTA , v. et port du Pérou (Livertad), sur une baie de l'Océan Pacifique, à 400 kil. N. O. de Tru-xillo, dans une plaine aride; 1800 h. La chaleur y est ardente et continue. Navigation active. — Brûlée par Anson en 1741, et par lord Cochrane en 1810.
  • PAZ (la), v. de la Bolivie, ch.-l. du dép. de La Paz, près et à l'E. S. E. de Titicaca, à 312 kil. N. N. O. de Chuquisaca, par 16° 29' 57" lat. S. et 70° 29' 25" long. O.; env. 40000 hab. Êvêché. Grand commerce de mate ou thé du Paraguay. Fondée en 1548, & commémoration de la paix qui suivit la défaite de Gonzalo Pizarre. — Le àép. de La Paz est borné au N. et à l'O. par le Pérou, à l'E. par le dép. de Santa-Cruz, au S. par celui d'Oruro, et compte env. 330 000 hab. Riches mines d'or et de cuivre.
  • PAZ (la) D'ATACUCHO, V. du Pérou. V. AYACUCHO.
  • PAZ (la), v. du Mexique (Basse-Californie), sur la côte occid. du golfe de Californie, par 24° 30' lat. N-, 113 long. O., au fond d'une baie, est depuis peu la capit. de l'Etat.
  • PAZZI (les), famille gibeline de Florence, originaire duvai d'Arno, où elle possédait de grands fiefs, et rivale acharnée de celle des Médicis. Comme les Médicis, par l'excès de leur puissance, mettaient en péril la liberté de la république, les Pazzi, affectant un grand zèle pour l'indépendance de leur patrie, résolurent de lui rendre son antique constitution. François Pazzi (neveu de Jacques P., qui était alors chef de cette maison) s'était établi à Rome et y était devenu banquier de Sixte IV : il entra en liaison avec Jérôme Riario, neveu de ce pape, et, de concert avec lui, il ourdit contre Julien et Laurent de Médicis, sous les auspices des cours de Rome et de Naples, la fameuse Conspiration dite des 'Pazzi. Le 26 avril 1478, François Pazzi et Bandini tuèrent Julien de Médicis, dans la cathédrale même de Florence; mais Laurent, son frère, échappa; il garda le pouvoir et punit les conspirateurs : Jacques et François Pazzi furent pendus. Immédiatement après éclatala Guerre des Passï, dans laquelle le pape, Naples et Sienne, attaquèrent Florence au cri de guerre à Médicis, paix à Florence ! (1478-80). L'histoire delà conjuration des Pazzi a été écrite par Politien. Cet évènement a fourni à Alfieri le sujet d'une belle tragédie.

l'EDR — 14 M V

[modifier] PEA

  • PËAN, Psean, un des noms d'Apollon en tant que Dieu du jour et surtout comme médecin, est sans doule le même" que Péon, nom du' médecin des Dieux. — On appelait aussi Pians les hymnes à la gloire du dieu : c'étaient des hymnes joyeux, que l'on chantait après une victoire et quand on avait été délivré d'un fléau quelconque.
  • PEARCE (Zacharie), évêque anglican, né à Londres en 1690, mort doyen de Westminster en 1774, est auteur d'un Essai sur les progrès et l'origine des temples, et de divers ouvrages de théologie, mais est surtout connu comme philologue : on lui doit de bonnes éditions des livres de Cicéron de Oratore, 1716, et de Offkiis, 1745, ainsi que de Lôngin, 1724.
  • PEARSON (John),évêquedeChester,né en 1612, m. en 1686, est auteur d une Exposition de la foi, 1659, d'Annales de la vie el des ouvrages de S. Cy-prien, 1684, d'une Défense de l authenticité des Lettres de S. Ignace, et de plusieurs autres écrits estimés des théologiens anglicans.

[modifier] PEC

  • PECCAIS, bourg et fort de France, dans le dép. du Gard, à 9 k. O. d'Aigues-Mortes, sur le canal de Silvéréal. Vastes salines aux environs.

PÉCHAWER OU PÉCHAOUER. V. PEYCHAWER.

  • PÉCILE (le), du grec poikilos, varié ; célèbre portique d'Athènes, orné de peintures diverses, se composait d'une colonnade qui entourait un espace carré et servait de promenade. On le nommait spécialement le Portique. Y. ce mot.
  • PECHMÉJA (J.),éorivain,né à Villefranche (Rouer-gue) en 1741, m. en 1785, fut professeur àLaFlèche et à Paris. Ami de Raynal, il lui fournit beaucoup de morceaux pour son Histoire des Deux-Indes. Il a publié lui-même quelques écrits, entre autres, Télè-phe, poëme en prose (1784), où il soutient des paradoxes révoltants contre la propriété et la famille.
  • PÉCLET (Eug.), physicien, né en 1793 à Besançon , m. en 1857, fut un des premiers élèves de l'École normale, fut nommé en 1815professeur de physique à Marseille j où il fit des cours d'application pour les ouvriers qui furent très-suivis, fut, avec MM. Dumas et Olivier, un des fondateurs de l'École centrale des Arts et manufactures (1828), et devint en 1840 inspecteur général des études. On lui doit un Traité élémentaire de physique et un Traité de la chaleur considérée dans son application, (1828 et 1860), ouvrage qui fait autorité.
  • PÊCORÔNE (Giovanni Fiorentino, dit IL), conteur florentin du xiv s., était, suivant les uns, notaire, suivant les autres, moine ou même général de l'ordre de St-François. Il se montra guelfe ardent et grand partisan du pape. 11 a laissé des Nouvelles, écrites eu 1378 et très-souvent réimprimées. Elles approchent de celles de Boccace et sont précieuses pour l'h stotre des opinions et des mœurs du temps.
  • PECQ (le), vgedudép. de Seine-et-Oise, sur lar.g. de la Seine, à 1 kil. de St-Germain-en-Laye, au bas de la côte; 1590 hab. Station du chemin de fer. Blanc de plomb, céruse; eau minérale. —C'est là que les Alliés passèrent la Seine le 1" juillet 1815.
  • PECyUET (Jean), anatomiste, né à Dieppe en 1622, m. en 1674, exerçala médecine à Dieppe, puis à Paris, et fut élu membre de l'Académie des sciences en 1666. On lui doit plusieurs découvertes importantes, entre autres celle du canal thoraoque et du réservoir du chyle, dit Réservoir de Pecquet. II a laissé plusieurs écrits, qui ont été réunis en 1 voL in-4, 1654; le principal renferme l'exposé de ses expériences et de ses découvertes.
  • PECQUIGNY, bg de France^V. PICQUIGN*. *
  • PÈDRE (don). V. PIERRE et PEDRO.
  • PEDRO (don), empereur du Brésil né en 1798 au palais de Quêluz, eut pour père le régent de Portugal (depuis Jean VI), qu'il suivit au Brésil en 1807. En 1821, son père, hésitant entre les libéraux et les servilës, lui délégua ses pouvoirs en Portugal; le jeune prince, en acceptant la constitution des cortès, sauva le trône. Jean, rentré dans Lisbonne, laissa à son fils le gouvernement du Brésil : don Pedro y fut proclamé empereur constitutionnel en 1822. La mort de Jean VI, en 1826, lui laissa en outre lasouronne..; de Portugal. Il s'empressa de rétablir dans ce pays ; un régime libéral en donnant la Charte portugaise, * puis il abdiqua en faveur de sa fille .(dona. Maria), laissant la régence ason frère don Miguel, 1827; mais à peine s'était-il éloigné que don Miguel se mitenpos-sessiondu trône. Don Pedro armaaussitôt pour rétablir sa fille, mais il mécontenta ses sujets américains par les efforts dispendieux qu'il fit dans ce but, et finit par être, en 1831,forcéfdequitter le Brésil, où son fils fut proclamé sous le nom de Pedro ou Pierre II. De retour en Europe, il leva des troupes en France, en Angleterre/reconquit âleur tête le Portugal, d'où il chassa don Miguel (1833), remit la couronne sur la tête de sa fille, et restaura le régime constitutionnel. Il mourut peu après, en 1834.— Ilavaitfondé* auBrésil en 1822 VOrdre de don Pedro, qui a pour insigne une étoile à 5 rayons émaiilés de blanc et bordés d'or, ayant au milieu un phénix, et suspendue à un ruban vert moiré, Cetordre estréseryéaux têtes couronnées.
48 — pÉGA

[modifier] PEE

  • PEERLES, v. d'Ecosse, ch.-l. ducomté de ce nom, sur la Tweed, à 35 k. S..d'Edimbourg; 3Q00h. Fabriques de bas et d'étoffes de laine. Ruines.'d'une antique forteresse.—Lecomtêde Peebles, dit aussi de Ttoeeddale, entre ceux d'Edimbourg au N,, de Sel-kirk à l'E., de Dumfries au S. et de Lanarl à l'O., a '46 kil. sur 35 et compte 15 000 hab.
  • PEEL (Sir Robert), homme d'Etat anglais, né en 1788, m. en 1850, était fils d'un riche dateur, que Pitt avait créé baronnet en 1800. Centra ïîa Chambre des Communes en 1809, prit place parmi les tories, fut nommé en 1812 secrétaire au département de l'Irlande, et accepta en 1822 le portefeuille de l'in térieur dans le ministère de lord Liverpool. Conservateur pour tout ce qui touchait au système politique, il se montra libéral en ce qui concernait l'administration : il soutint Vàlien-bill, combattit l'émancipation des catholiques, mais en même temps encouragea l'instruction populaire et réforma la législation criminelle. Il se retira àlamort de Liverpsol (1827), pour rentrer au pouvoir dès l'année suivante avec lord Wellington : il fit abolir les actes vexatoires de corporation et du test, proposa et fit adopter en 1829 le Mil d'émancipation des catholiques, qu'il avait ' longtemps combattu. Remplacé par les wnigs après la révolution de 1830, il combattit de tout son pouvoir la réforme parlementaire, qui n'en fut pasmoins adoptée. Chargé en 1841 de former une nouvelle administration, il devint le ministre dirigeant : il rétablit la bonne harmonie avec la France, et fit adopter malgré son propre parti le rétablissement dé îin-come-tax et la suppression des prohibitions qui pesaient sur les céréales (1848). Peu après il se retira de nouveau par suite du rejet des mesures proposées contre l'Irlande, et devint le chef et le modérateur de l'opposition. Il était sur le point de ressaisir le pouvoir, lorsqu'il périt inopinément, d'unechute de cheval. T. Doubleday a donné la Vie politique de U. Peel, Londres, 1855; M. Guizot a publié en 1857 Sir Robert Peel, étude historique.

[modifier] PEG

  • PÉGASE, cheval ailé, était, selon la Fable, né de Neptune et de Méduse, ou avait été produit par le sang de Méduse lorsque Perséeluieut coupé la tête. Monté sur Pégase, Persée délivra Andromède exposée à un monstre marin; Bellérophon s'en servit pour combattre la Chimère. Pégase est aussi le symbole de l'essor poétique : monté par le poète, il le transporte au sommet de l'Hélicon. D'un coup de pied, il fit jaillir de l'Hélicon la fontaine d'Hippocrène, où les poètes venaient puiser l'inspiration. Jupiter le'plaça parmi les constellations. On croit que Pégase n'était qu'un vaisseau portant à la poupe une figure de cheval.
PE1R	— 1449 —	PELA

  • PEGNITZ, Pegnesus, riv. de Bavière, naît dans le cercle du Ht-Mein; baigne la ville qui porte son nom, puis Nuremberg, et tombe dans la Regnitz, à Furth, après un cours de 100 kil., qui se dirige d'abord au S., puis à l'O. De 1808 à 1810, la Pegnitz donna son ' nom à un cercle auj. compris dans ceux de la Rézat etdu Ht-Mein. —Onnommait Société des Bergers de la Pegnitz une espèce d'Académie fondée à Nuremberg en 1644 pour le développement de la langue et de la littérature allemandes.
  • PÉGU ou PÉGOU, v. de l'Inde au delà du Gange, naguère capitale du roy. de Pégu, sur le Pégu (affluent de l'iraouaddy), à 525 kil. S. d'Amérapoura, par 93° 53' long. E., 17° 40' lat. N. ; env. 8000 h. Fameux temple de Choumadou , pyramide-de plus de 100™ de haut. Pégu avait été rasée de fond en comble par Alompra en 1757; elle fut rebâtie en 1790 et fortifiée ; elle fut prise en 1824 et en 1852 par les Anglais. — Le roy. de Pégu avait pour bornes au N. l'Ara-kan etl'Ava, à l'E. le Martaban, ailleurs le golfe de Bengale : 380 k. sur 300. Il est arrosé par le Pégu et par divers bras de l'iraouaddy qui forment un delta. Bois de tek, riz ; or, rubis, saphir, grenat. Ce roy., qui avait été réuni par Alompraà l'empire birman en 1757, a été en 1853 annexé aux possessions britanniques.
  • PEHLVI (langue), idiome de l'anc.Médie,remplaça le zend env. 250 av. J.-C. et fut lui-même remplacé par le parsi, d'où dérive le persan moderne. Il tenait par la racine de ses mots aux langues sémitiques, et par ses formes grammaticales à la langue persane.
  • PEIGNOT (Et. Gabriel), savant bibliophile, né en 1765 à Arc-en-Barrois, m. en 1849 à Dijon, avait été reçu en 1790 avocat au parlement de Besançon. Il fut successivement commissaire du département de la Hte-Saône, bibliothécaire à Vesoul, où il mit en ordre de riches matériaux provenant de divers monastères, directeur de l'école secondaire de Vesoul, inspecteur de la librairie à Dijon, proviseur du collège de cette ville, et inspecteur de l'Académie. On remarque parmi ses ouvrages: Manuel bibliographique; Dictionnaire raisonné de bibliologie; Curiosités bibliographiques ; Dictionnaire des livres condamnés au feu, supprimés ou censurés; Amusements philologiques ; Répertoire de bibliographies spéciales; Répërtoirebibliographique universel; Traité du choix des litres; Précis historique des pragmatiques, concordats, etc. : Recherches sur les danses des morts et les cartes à jouer ; le Livre des singularités.
  • PEILAU, v. de Prusse (Silésie), près des sources de la Peila, affluent de laWeistritz; 4000 hab. Établissement de frères Moraves. Frédéric y battit les Autrichiens en 1762.
  • PEIPUS ouPEIPOUS (lac), en russe Tchoudskcé-Osero (c.-à-d. lac tchoude), lac de la Russie d'Europe, entre les gouvts de St-Péterbourg, Pskov, Riga, Revel, a 110 k. sur 45. Il reçoit plusieurs riv. et est lié par le Fellinau golfe de Livonie, par la Narova à celui de Finlande. 11 se livra sur ce lac en 1702 un combat naval où les Suédois furent vaincus par les Russes.
  • PEIRESC (Nie Claude FAERI de), savant distingué, né en 1580 à Beaugensier en Provence, m. en 1637, était conseiller au parlement d'Aix. Il voyagea beaucoup dans sa jeunesse, visita l'Italie, la Hollande, l'Angleterre, se lia avec les savants les plus distingués, et étendit ses recherches à presque toutes les Branches de science et d'érudition. Maître d'une grande fortune, il en profitait pour encourager les savants, payait une foule d'agents par lesquels il faisait faire des recherches sur les sciences naturelles, l'histoire, les antiquités : c'est un de ses agents qui découvrit les Marbres de Paras. Il fit lui-même avec Gassendi des observations astronomiques, et forma de riches collectionsde médailles, d'inscriptions et d'objets d'art. C'est lui qui importa en France les chats angoras, lejasmin d'Inde et celui d'Amérique, le Iilas de Perse, le laurier rose, le myrte à fleurs pleines, la nèfle, etc. En correspondance avec tous les savants, il fut justement appelé par Bayle le procureur général de la littérature. Il a laisse un grand nombre de lettres,. dont une partie a été publiée par Boissonade, et-par St-Vincent, 1819; Gassendi a écrit sa Vie, 1641.

[modifier] PEK

  • PÉ-KIANG-HO ou TCHINQ-K1ANG, riv. de Chine (Kouang-Tong), naît à 26 kil. N: E. de Nan-Young-Fou, coule au S., passe à Canton et tombe dans le Si-Kiang au-dessous de cette ville; cours, 450 kil.
  • PÉKIN ou PÉ-KING (c.-à-d. la cour du Nord), ou KING-SSE (la capitale), capit. de l'empire chinois et de la prov. de Pé-tchi-li, dans une vaste plaine , sur le Yu-Ho, affluent du Pey-Ho, à 50 k. S. de la grande muraille, par 114° 7' long. Ë., 39° 54' lat. N.: 36 k. de tour ; 1 600 000 hab. selon les uns, ou même 2000 000 selon d'autres. Une avenue de 6 kil., pavée de grosses. dalles de granit, y conduit du côté de' l'E,., et un arc de triomphe superbe en indique l'entrée. Les rues de Pékin sonrtarges, longues, droites et très-propres; les principales ont 40™ de large ; il en est une de 60™. On y distingue deux vastes parties, la ville tartare ou v. impériale ( King-tching ou Cambalou), et la ville chinoise (Wai-tching) ou vieille ville (Lao-tching); le tout est environné d'une haute muraille. Le King-tching est lui-même formé comme de trois villes renfermées l'une dans l'autre, et ayant chacune son enceinte : la plus intérieure est le Tsu-kin-tching ou Ville sacrée, palais impérial très-vaste, qui a près de 4 k. de tour, muni de murs crénelés et de fossés, formé d'une infinité de cours et de corps de logis divers, parmi lesquels l'appartement de l'empereur et le Taï-ho-tian, où l'empereur reçoit les grands et les ambassadeurs; un immense jardin est annexé à ce palais. Dans la ville intermédiaire du King-tching, dite Bouang-tching ou palais extérieur, se voient des jardins plus grands encore, avec des lacs artificiels, un magnifique temple de Foé, le temple mongol de Souong-tchou-au, les cinq collines artificielles, parmi lesquelles on remarque la.'Montagne resplendissante, puis des palais de mandarins, et un pont de jaspe noir représentant un dragon dont les pieds forment les piles du pont. Le temple du Ciel ou Thian-han, le temple de l'inventeur de l'agriculture , la Sallè-Ronde, le palais de Retraite et de Pénitence , sont les monuments les plus remarquables de Lao.-tching. A Pé-king siègent toutes les administrations supérieures dé l'empire, les grandes cours de justice, le tribunal d'histoire et de littérature, qui examine les lettrés. On y trouve le Collège impérial, l'Observatoire, bâti en 1279, la Bibliothèque impériale, la plus vaste qui soit hors de l'Europe, l'Imprimerie du gouvernement, de riches cabinets d'histoire naturelle. — Les Chinois placent l'origine de Pé-king entre 1200 et 1100 av. notre ère. Gengiskhan s'en empara en 1215; Koublaï-, khan y fit vers 1267 d'importants agrandissements ou même bâtit la ville impériale (le King-tching). En 1644, les Mandchoux s'en emparèrent. En 1662, un tremblement de terre y ensevelit 300 000 personnes; 70 ans plus tard,~ le même phénomène y_ fit périr encore 100 000 hab. En 1860, après la bataille de Palikao, Pékin fut occupée par l'armée anglo-française. Un traité de paix y fut conclu le 26 oct. de la même année. Marco-Polo est le premier Européen qui ait visité cette capitale (au xrn° s.).

[modifier] PEL

  • PELAGE, nommé d'abord en celte Morgan, c.-à-d maritime, hérésiarque, né dans la Grande-Bretagne, était moine. Il vint à Rome vers l'an 400 et s'y lia avec S. Augustin et autres personnages illustres, mais bientôt, égaré par des subtilités métaphysiques, iien vint à formuler sur la grâce et la liberté des doctrines contraires àla foi : il prétendait que l'homme peut, par son seul libre arbitre, s'abstenir du péché, niait la nécessité de la grâce, le péché originel, la damnation des enfants morts sans baptême, et soutenait quelle péché d'Adam n'avait pu être imputé à ses descendants. Les conciles de Carthage, 416 et 417, et d'Antioche, 424, condamnèrent ce système ; le concile œcuménique d'Ëphèse (431) acheva de le terrasser, en dépit des correctifs que Pelage inséra dans ses apologies captieuses. On croit qu'il mourut vers 432. Son hérésie, connue sous le nom de Pélagia-nisme, subsista jusqu'au VIe s. ; elle fut surtout combattue par S. Augustin et S. Jérôme. L'histoire du Pé-lagianistneaété écrite par Vossius,NorisetPatouillet.
 PELA.	— 14

  • PELAGE i, pape, Romain d'origine, régna de 555 à 559. Il fit commencer à Rome l'église de St-PM-lippe et St-Jacques. — n, pape de 578 à 590, né Romain, mais Goth d'origine, tenta sans grand succès d'étouffer en Istrie le schisme des Trois chapitres.
  • PELAGE, roi des Àsturies, était porte-lance du roi Rodrigue à la bat. de Xères (711). Après la perte de cette Bataille et la mort présumée du roi Rodrigue, u se mit à la tête des Chrétiens qui s'étaient réfugiés dans les montagnes de la Cantabrie; il y resta plusieurs années ignoré des vainqueurs, en "sortit brusquement, battit les Maures à Cavadonga (718) et dans plusieurs autres rencontres, prit alors le titre de roi et fonda Oviédo. Pelage est un des héros de l'Espagne. Guiraud a composé une tragédie de Pelage.
  • PÉXAGIANISME. Y. PELAGE.
  • PÉLAGIE (Ste), née dans le v° s., avait été comédienne à Antioche: elle se fit religieuse et se retira sur la montagne des Oliviers à Jérusalem, où elle vécut dans la pénitence. On l'hon. le 8 juin. — Une autre Ste P., aussi d'Antioche, se précipita du haut d'un toit pour sauver sa chasteté,311.Onl'n. Ie9juin.
  • PÉLAGONEG, canton de la Macédoine, auN.; — canton de Thessalie où étaient les villes de Pythium et Dolique. Ces deux cantons tiraient leur nom des Pélasges, leurs anciens habitants, qui s'y étaient maintenus même après l'invasion étrangère.
  • VÉLASGES,Pelasgi, habitants primitifs delà Grèce et de l'Italie, paraissent être venus de l'Orient et appartenir à la race indo-germanique. Arrivés au Danube, les uns franchirent ce fleuve et pénétrèrent dans la péninsule hellénique, les autres remontèrent le long de la Save, qui les conduisit dans l'Italie sep-tent. De là deux branches de Pélasges : l'une orientale, en Grèce; l'autre occidentale, en Italie. On place leur arrivée 2000 ans av. J.-C; mais il est probable qu'il y eut plusieurs émigrations : les Hyantes, les Aones, les Telchines de la Grèce, les Aborigènes et les Sabins de l'Italie n'étaient sans doute que les fractions les plus anciennes de la grande masse pélasgi-que. Les Pélasges orientaux, entrant en Grèce par le Nord, peuplèrent d'abord laThrace et la Macédoine, puis l'Illyrie, l'Épire,la Thessalie, et enfin la Grèce propre et le Péloponèse ; de la Thrace diverses tribus passèrent en Asie-Mineure {Thyni, Mysi, Phryges ou Briges, etc.); lesTroyens étaient Pélasges ainsi que les Méoniens, premiers habitants de la Lydie. Les Pélasges occidentaux ou d'Italie ont eu les noms de Tyrrhènes, de Sicules ou Sicanes, d'Opiques, JSques, Apuli ou Iapyges, enfin da Peligni. Presque partout les Pélasges, au bout d'un certain temps, furent vaincus, chassés ou réduits à un état d'infériorité par des races nouvellement survenues : en Grèce, la race do-rienne déposséda les Pélasges, qui ne conservèrent quel'Arcadie dans le Péloponèse, la Pélasgiotide en Thessalie, la Pélagonie en Macédoine, etl'Ëpire; en Italie, on voit ceux de l'Étrurie dominés par les Ra-sena, refoulés vers les côtes, puis de plus en plus au sud, jusqu'à ce qu'ils passent en Sicile, où ils sont connus sous les noms de Sicules ou Sicanes ; plus tard, les Grecs, en s'établissant dans l'Italie méridionale, qui prit d'eux le nom de Grande-Grèce, leur enlèvent leurs plus belles provinces. Des Pélasges qui survécurent à toutes ces révolutions, les uns formaient une masse d'esclaves ou serfs attachés à la glèbe (comme les Hilotes, les Pénestes, les ïïénes-tes, etc.); les autres se condensaient dans un coin du pays qu'ils avaient jadis possédé en entier (F, *PELAGONIE, PELASGIOTIDE), OU se réfugiaient dans les montagnes d'où ils s'élançaient souvent sur la plaine en pillards (Peligni, Hes'sapiï), etc.); quelques-uns émigraient et cherchaient une nouvelle patrie, surtout dans des îles:ainsi Lemnos,la Samothraco, la Sardaignese remplirent de Pélasges. Les Pélasges étaient fort barbares ; cependant beaucoup de leurs tribus étaient en voie de civilisation lorsque le3 Do-riens et les Rasena les assujettirent. L'agriculture, la métallurgie, l'architecture leur étaient familières : la construction cyclopéenne ou par blocs non équar-ris caractérise l'époque pêbsgique ; il en reste d'énormes et superbes vestiges en Grèce, mais surtout en Etrurie. Leur gouvernement était le plus souvent monarchique' et sacerdotal. Le culte était une espèce da naturalisme qui divinisait les forces de lanature, bienfaisantes ou malfaisantes,et qui seeombmadaris quelques endroits avec des dieux orientaux (Cab|res, Trî-topators et Dioscures) ; leurs autres dieux étaient les Pénates, les Titans et les Géants, Saturne, Vesta, Cérès, Janus, Ogen. Après le triomphe des Doriens, ces dieux furent refoulés au second rang ou devinrent l'objet de mystères : Dddone, Eleusis, la Sàmothrace furent les principaux sanctuaires des Pélasges.
ïO —	PÉL1

  • PÉLASGIOTIDE, contrée de la Thessalie, entre la Perrhébie au N., la Thessaliotide au S., était bornée au N. E. par le Pénée et le mont Olympe. Elle était surtout habitée par des Pélasges.
  • PÉLASGIQUE (golfe), aui. golfe de Yolo, enfoncement formé par là mer Egée au S. E. de là Thessalie, entre la pointe N. de Me d'Eubée, la Phthiotide et la Magnésie.
  • PÉLASGUS, nom de plusieurs rois fabuleux de la vieille Grèce, notamment d'un, roi d'Arcadie, civilisateur de cette région toute pélasgique, et père de Lycaon; et d'un roi d'Argos, appelé aussi Argus, fils et successeur de Phoronée et père de Criasus.
  • PELÉE, fils d'Ëaque,- roi d'Ègine. Ayant tué par mégarde son frère Phoous, il s'expatria et vint à la cour d'Eurytion, roide Phthïotîdë, dont il épousa la fille. Il eut encore le m,alheur de tuer sans le savoir Eurytion à la chasse deCalydon, et il lui fallut subir un nouvel exil. Reçu à Iolcos, il inspira de l'amour à la reine Créthéis, et, comme il dédaigna cet amour coupable, E se vit calomnié par la princesse auprès d'Acaste, son époux. Celui-ci le fit pendre dans un bois ; mais Pelée trouva moyen de rompre ses liens, tua Acaste et sa femme et se fit roi d'Iolcos. Ayant perdu sa première femme, il épousa la nymphe Thé-tis, fille de Nérée, et en eut Achille, qu'il vt avec le plus grand regretpartirpourTroïe. Pendant l'absence a'Achille, il fut détrôné par les fils d'Acaste.
  • PELET (le général J, J.), né à.Toulouse en 1779, m. en 1858, fit avec distinction les campagnes d'Allemagne, de Russie et de France, fut mis ennon-ac-tivité en 1814, fut nommé par Louis-Philippe, en 1830, lieutenant général et directeur du^iépôt delà guerre, et fait pair de France en 1837, après avoir plusieurs années représenté sa ville natale à la Chambre des Députés. Comme directeur du dépôt de la guerre, il fit exécuter la belle Carte topographique de France, ainsi que celles de laMorêe etde l'Algérie. On lui doit des Mémoires sur la guerre de 1809 eu Allemagne, 1824-26, et lapublication des Mémoires militaires relatifs à la succession, d'Espagne sous Louis XIY, 1835-48 (dans les Docum. inéd. de l'hist. de France).
  • PELEW ou PALAO , archipel de l'Océan Pacifique, à l'O. des îles Carolines, par 6° 53'-8° 9' lat. N., et 132" 20' long. E., se compose de 26 lies longues et étroites. Elles sont très-peuplées et fertiles en ignames, cocos, arec, oranges, citrons, bananes, canne à sucre, bois de construction et d'ébénisterie. Les indigènes sont doux, bien faits et assez industrieux. Leur langage dérive du malais. — Visitées par les Espagnols en 1710, ces îles ne furent bien connues qu'à la fin du dernier siècle.
  • PJSLIAS, roi d'Iolcos, issu du commerce de Tyro avecNeptune, fut expose lors de sa naissance et sauvé par des bergers. Quand Créthée, roi d'Iolcos. qui avait épousé Tyro, fut mort, Pélias ravit te trône à Eson, l'héritier légitime et son frère de mère, puis il fit périr la femme et les fils de ce prince, sauf Jason, qui s'enfuit. Plus tard il donna a Jason l'idée de l'expédition des Argonautes, espérant qu'il y périrait. H expia ses crimes par une mort affreuse : ses filles ayant prié Médée ae le rajeunir, elle feignit d'y consentir, leur dit qu'il fallait préalablement que tout le vieux sang sortît des veines de leur père, et les décida ainsi à l'égorger.
PELL	— 1451 —	PELL

  • PÉLIGNIENS, Peligni, anc peuple de l'Italie centrale (Samni um), de race pélasgique, habitait le revers oriental de l'Apennin, à l'E. des Marses, au-dessus du Picénum et près de la mer, et avait pour villes principales Corfaium et Sulmo. Les Péligniens formaient, ai'ec les Vestins, les Marrucins et les Marses, une des deux confédérations samnites. Ils prirent parti pour Rome contre les Latins en 340 av. J.-C, et restèrent neutres dans la lr°guerre des Romains contre les Samnites du Sud, en 326; mais, quand ils virent les Romains menacer l'indépendance de toute l'Italie, ils voulurent secourir leurs compatriotes. Ils furent soumis une lre fois en 305, une 2e en 290, par CuriusDen-tatus, qui ravagea tout leur pays. Ils prirent part à la Guerre sociale, 90, et leur ville de Corfinium fut la métropole de la confédération italienne.
  • PÉLION, Plessidhi et Mavro-Mouni, montagne de Thessalie, dans la presqu'île de Magnésie, au S.; son plus haut sommet a 1670"°. La Fable en fait une des montagnes que les Géants entassèrent pour escalader l'Olympe.
  • PÉLISSANE, bg de France (Bouches-du-Rhône), à 26 kil. O. N. O. d'Aix; 2261 hab.
  • PÉLISSIER (Amable), maréchal de France, né à Maromme (Seine-Infér.) en 1794, mort en mai 1864; sortit de l'école de Saint-Cyr sous-lieutenant d'artillerie en 1815 ;fut admis avec éclat en 1819 au corps royal d'état-major; se distingua dans les expéditions d'Espagne, de Morée, d'Alger, d'Anvers; montra autant d'énergie que de bravoure en Algérie, où il servit de 1839 à 1854, et où il passa par tous les grades; s'y fit particulièrement remarquer par la prise de Laghouat et la soumission de la Kabylie (1852) ; fut appelé en janvier 1855 à commander un corps de l'armée d'Orient au siège de Sébastopol, et, chargé bientôt du commandement en chef, s'empara de la tour Malakoff, et par suite de la ville (8 sept. 1855); fut alors créé marécb. de France et duc de Malakoff, devint vice-président du sénat et membre du consei. privé de l'Empire, puis ambassadeur en Angleterre (1858), grand chancelier de la Légion d'honneur (1859) ; erifm fut promu au gouvernement général de l'Algérie (1860), poste qu'il garda jusqu'à sa mort,
  • PÉLISSON. V. PELLISSON.
  • PELLA, v. de Macédoine, dans l'Ëmathie, sur le Ludias, devint sous Philippe la capitale du royaume, Il en reste quelques ruines près d'Iénidjé-Vardar. dans le pachalik de Salonique. — V. de Palestine! au S. de la Pérée, est auj. El Boudsché.
  • PELLEGRIN (l'abbé), né à Marseille en 1663,m. en [745, fut d'abord moine, puis aumônier de vaisseau, enfin homme de lettres. Il composa des opéras-comiques, des tragédies, des cantiques spirituels, et une trad. en vers des Odes d'Horace.
  • PELLEGRINI (TIBALBO de), peintre et architecte, né en 1527 à Bologne, m. en 1592, résida d'abord à Bo ogne, où il fit plusieurs de ses plus beaux tableaux,' dont les sujets étaient tirés de l'Odyssée; devint ingénieur en chef du duché de Milan et traça le dessin de la façade de la cathédrale de cette'ville; fut appelé en Espagne par Philippe II, y éleva plusieurs beaux édifices, et peignit le cloître et la bibliothèque de l'EscuriaL
  • PEIXEGMNI (Camille), savant italien, né à Canoue en 1598, m. en 1663, est auteur de VHistoria prin-cipum longobardicorum, Naples, 1643.
  • PELLEGRINI (Félix), célèbre chanteur, né à Turin en 1774, m. en 1832, possédait une belle voix de basse. Il entra en 1819 au Théâtre Italien de Paris, où il remplit pendant dix ans les rôles de premier'bouffe.
  • PELLEGRUE, eh.-l. dec(Gironde), à 23 k. N. E. de laRéole; 1678 hab.
  • PELLÈNE, v. forte d'Achaïe, l'une des 12 de la-Confédération achéenne, à l'E., sur les frontières de la Sicyonie, à 60 stades du golfe de Corinthe, sur lequel elle avait un petit port. Elle fut souvent prisa et reprise dans les luttes des ligues achéenne et éto-lienne. Ses ruines se voient près de Zugra.
  • PELLERIN (Jos.), antiquaire, né en 1684 à Marly-le-Roy, m. à Paris en 1782, forma le plus beau cabinet de médailles qu'ait possédé un particulier, et le vendit 300 000 fr. à Louis XVI. Ce cabinet contenait 32500 pièces. Il le fit graver et le publia sous ce titre : Recueils de médailles des rois, peuples et villes, Paris, 1762-78, 10 vol. in-4, avec un savant et judicieux commentaire. Il introduisit la méthode historique dans la classification des médailles.
  • PEIXERIN (le), ch.-l. de c (Loire-Inférieure), sur la r. g. de la Loire, à 27 kilC S. E. de Paimbœuf; 1853 hab. Port où s'arrêtent les navires d'un tonnage-trop fort pour remonter jusqu'à Nantes.
  • PELLETAN(PhU.),chirurgiende Paris, 1747-1829, succéda en 1793 à Desault comme chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu, professa à l'Ecole de Médecine, et se distingua également comme professeur et comme opérateur : il parlait si bien qu'on l'avait surnommé Bouche d'or. Il était membre de l'Institut et de l'Académie de Médecine. Il a publié une Clinique chirurgicale. — Son fils, le Dr PierreP., 1782-1846, professa avec succès la physique médicale à la Faculté de Paris, puis au Conservatoire des Arts de Bruxelles. On a de lui un Traité de Physique générale et médicale, 1824 et 1831, et un Dictionn. de Chimie médicale, 1823. — M.Eugène Pelletan, pubiiciste et l'un des plus brûlante rédacteurs de la Presse et du Siècle, né en 1813, est étranger à cette famille.
  • PELLETIER (Bertrand), pharmacien et chimiste, né à Bayonne en 1761, m. en 1797, devint membre de l'Académie des sciences en 1791, et professa la chimie à l'École polytechnique dès sa fondation. 11 avança surtout la chimie pneumatique, la métallurgie et la chimie appliquée aux arts. On remarque particulièrement ses études sur le phosphore, la stron-tiane,le molybdène, l'or musif, les cendres bleues, lesêthers, les sels de baryte, l'affinage du métal des cloches, la fabrication delà soude, dessavons, le tannage des cuirs, etc. Ses écrits ont été réunisen 1798 sous le titre de Mémoires et Observations deChimie, par le Dr Sédillot, son beau-frère. — Son fils, Joseph P., 1788-1842, professeur à l'École de pharmacie, membre de l'Académie de médecine, puis de l'Académie des sciences, a concouru puissamment aux progrès de la chimie organique : on lui doit, ainsi qu'à J. B. Caventou, la grande découverte du sulfate de quinine, à laquelle l'Académie des sciences décerna en 1827 un prix de 10 000 fr. Il réussit à extraire la strychnine, la bruoine, la vératrine, les-agents les plus énergiques de la matière médicale.
  • PELLEVÉ (Nie. de ), cardinal, né au château de Jouy en 1518, mort en 1594- Il suivit le cardinal de Lorraine au concile de Trente comme député de l'Eglise de France, mais il y parla contre les libertés du clergé français qu'il était chargé de défendre : il reçut du pape en récompense la pourpre romaine (1560), et fut promu en 1592. à l'archevêché de Reims. Il présida les Etats que les Ligueurs tinrent à Paris en 1593; il mourut en apprenant l'entrée sie Henri IV dans Paris. Il est fort maltraité dans la Satire Ménippée.' PEIXICO (Silvio), écrivain.piêmontais, né en 1789 à Saluées, m. en 1854, pass&4 années à Lyon, étudiant la langue et la littérature françaises, fut nommé en 1810 professeur de langue française au collège des Orphelins de Milan, se lia. dans'cette ville avec les principaux représentants de la littérature italienne , particulièrement avec Monti et Foscolo, donna en 1819 la tragédie de Erancesca di Rimini, qui fut accueillie avec enthousiasme ; fonda, avec Sis-raondi, Romagnosi et Manzoni, un journal destiné à répandre les idées libérales, II Conciliatore, qui fut bientôt supprimé par le gouvernement autrichien; se vit, en 1820, lors de l'explosion des révolutions de Nap!°s et de Piémont, arrêté comme suspect et fut condamné à mort en 1822. La peine fut commuée en 16 années de carcere duro, qu'il alla subir au Spielberg : il fut gracié dans la 9° année et reconduit en Piémont. Il araconté ses souffrances avec une simplicité touchante dans un ouvrage qui a joui d'une grande popularité ( Le mie Prigioni (1833), dont on compte en français plus de dix traductions. Depuis sa mise en liberté, ilvécutà Turin dans la retraite, la prière et l'étude. On a de lui 7 tragédies, composées pour la plupart dans sa captivité et qui presque toutes ont eu du succès; 12 Cantiche, petits poèmes narratifs tirés des annales de l'Italie ; un traité estimé de morale chrétienne, les Devoirs de l'homme, et un recueil de Poésies diverses. Comme poète tragique, Silvio Peliico se proposa Alfieri pour modèle; mais il est loin de l'énergie de ce maître ; il brilla piuiôt par la grâce et la douceur que par la force. On a publié après sa mort ses OEuvres posthumes, ses Mémoires et sa Correspondance. M. Ant. de Latour a traduit ses Lettres avec des fragments de ses Mémoires, Paris, 1857.
PÉLO	— 1452 —	PÉLO

  • PELLISSON ou PËLISSON (Paul), né en 1624, à Béziers ou selon quelques-uns à Castres, m. en 1693, fut d'abord avocat à Castres, vint à Paris pour y jouir du commerce des gens de lettres, y acheta une charge de secrétaire du roi, devint en 1657 premier commis de Fouquet, et fut nommé conseiller d'État en 1660. Il partagea la disgrâce de Fouquet et fut incarcéré à la Bastille en 1661, mais il refusa de rien dire contre son ancien protecteur, et s'honora en rédigeant trois Mémoires pour sa défense. Louis XIV, afin de l'empêcher d'écrire davantage, lui fit enlever l'encre et le papier; il y suppléa en faisant un crayon avec le plomb des vitres de sa prison, et en écrivant sur les marges des livres laissés à sa disposition. Il ne sortit de prison qu'au bout de cinq ans. Il rentra depuis en grâce, fut nommé historiographe, avec une pension de 6000 fr., et fut admis à l'Académie française. Né protestant, il abjura, ce qui augmenta encore son crédit. Outre ses jSKmoi'respour Fouquet, gu'on regarde comme le chef-d'œuvre de l'éloquence judiciaire au xvn* s., on lui doit une Hist. de l'Âcad. française depuis son origine jusqu'à 1653 (continuée pard'Olivet). Onu'aquedes fragments d'une Hist. de Louis XIV jusqu'à la paix de Nimègue, qu'il avait entreprise comme historiographe. Il a aussi écrit depuis sa conversion sur des matières théologiques. On doit à M. Marcou une bonne Élude sur Pellisson, 1859.
  • PELLOUTIER (Simon), historien, né à Leipsick en 1694 d'une famille chassée de France par la révocation de l'JËdit de Nantes, m. en 1757, était ministre de l'Eglise française à Berlin, membre de l'Académie et bibliothécaire de cette ville. Il a donné entre autres écrits, une Histoire des Celtes, La Haye, 1740, réimprimée en 1771 avec de grandes augmentations.
  • PÉLOPIDAS, illustre Thébain, ami d'Ëpaminon-das3 était fort riche et très-brave. Banni par les Spartiates qui avaient surpris la Cadmée, il se mita la tête des exilés, et eut la principale part au complot par lequel les Spartiates furent chassés de Thèbes, 379 av. J.-C. Dans la guerre qui en résulta, il sut gagner l'alliance d'Athènes, et eut presque tout l'honneur des succès de Platée, de Tanagre, de Thespies et de Tégyre. Il commandait le bataillon sacré à Leuctres et suivit Épaminondas lors de son expédition dans le Péloponèse (370 et 369). Il fut ensuite envoyé pour secourir les villes thessaliennes contre le tyran Alexandre de Phères (368), puis alla pacifier la Macédoine en la soumettant à l'influence thébaine ; à son retour, ilfutpris enThessalieparletyran Alexandre en 367, mais fut délivré par Epaminondas. Entré pour la 3° fois eu Thessalie en 364, il y périt en poursuivant les fuyards après avoir vaincu à Ôynoscépha-les. Piutarque et Cornélius Népos ont écrit sa Vie.
  • PÉLOPIDES, descendants de Pélops. F. PELOPS.
  • PÉLOPONÈSE, Peloponesus (c.-à-d. îlede Pélops), primitivement Apie, auj. Morte, presqu'île qui termine la Grèce au S., est jointe au continent par l'isthme de Corinthe. On la divise vulgairement en sept parties : l'Achaïe et la Corinthie au N., l'Argo-lide à l'E., la Laconie et la Messénie au S., l'Élide à l'O. et l'Arcadie au centre; mais ces divisions varièrent fréquemment. — Le Péloponèse fut peuplé par les Pélasges, d'où le nom de Pelasgia qu'il porta d'abord. Dans l'origine, on y comptait un grand nombre de petits États indépendants:Sparte, Sioyone, Argos, Corinthe, Mycènes, ïirynthe, Hermione, Epi-daure, Trézène, Çléohes, P ylos, Pise, Tégée, la confédération achéenne, qui comprenait 12 villes, etc. Peu à peu la plupart de ces petits États furent soumis par les États plus puissants, et il se forma quelques puissances prépondérantes, qui finirent par céder la prééminence à Sparte. Parmi les évènements qui peuvent former l'histoire du Péloponèse, on doit remarquer la fondation des royaunies d'Argos par Inaêhusj vers 1986, de Sicyone, vers 1920, de Sparte, vers 1880, de Corinthe, vers 1350; l'arrivée" du Phrygien Pélops, qui règne en Êlide vers 1350 et donne son nom à toute la presqu'île; l'expulsion des Héra-clides vers 1300, leurs diverses tentatives pour rentrer dans le Péloponèse, leur retour définitif, dû à l'aide des Doriens, 1190; l'occupation des principaux trônes du pays par les divers princes de cette famille; les guerres de Messénie (743 et 685) ; l'établissement de la prépondérance des Spartiates dans le Péloponèse, leur rivalité avec les Athéniens, rivalité qui donna naissance à la, guerre du Péloponèse (431-404),, et amena la domination de Sparte ; les guerres de Sparte et de Thèbês (371-363), pendant lesquelles le Péloponèse fut plusieurs fois envahi ; les efforts de la ligue achéenne pour repousser' le joug des Romains, la lutte de cette ligue contre Sparte, enfin la réduction du Péloponèse et du reste de la Grèce en province romaine par Mummius sous le nom û.'A-chaïe (146). Sous l'empire grec, la Péninsule forma, avec l'île de Crète, le thème du Péloponèse, qui avait pour capit. Corinthe. Après la conquête de Constan-tinople par les Latins, les Français eurent pour lot le Péloponèse, alors appelé Mo'rée (1204); puis ce pays passa entre les mains des Vénitiens, qui y formèrent plusieurs établissements. V. MORSE.
  • PELOPONESE (Guerre du), grande guerre que se firent Athènes et Sparte, et à laquelle prirent part tous les peuples de la Grèce; elle dura 57 ans, de 431 à 404 av. J.-G. Les Lacédémoniens avaient pour alliés principaux les Corinthiens, les Stoliens, les Phocidiens, les Locriens, les Béotiens et tous les peuples du Péloponèse, excepté les Achéens et les Argiens; les Athéniens avaient dans leur parti les Acarnaniens, Naupacte, Platée, Corcyre, les villes de Thrace et de Thessalie, la plupart des îles grecques et toutes les côtes de l'Asie et de l'Hellespont, Sparte était surtout forte sur terre, Athènes sur mer.
  • Cette guerre se divise en trois périodes :1a l'%de 431 à 421, est remplie par les ravages successifs de l'Attique et de la Laconie, par des revers et des succès balancés, et par une peste terrible qui désola Athènes et qui enleva Pénclès dès 429 : tine trêve de 50 ans négociée par Nicias termine cette période. La 2° (421-412) est signalée par la désastreuse expédition des Athéniens en Sicile où les Spartiates envoyèrent Gylippe au secours de Syracuse, par l'exil d'Alcibiade, et par une foule de petites hostilités en Grèce. La 3" commence en 412 et a principalement l'Orient pour théâtre : Athènes commet da nouvelles fautes, et exile de nouveau Alcibiade, son meilleur général, qui va se joindre à ses ennemis; le grand roi intervient en faveur de Sparte. Malgré le désastre des Péloponésiens aux îles Arginusês,406, Lysan-dre, amiral Spartiate, après avoir obtenu divers succès, gagne la bataille décisive d'^Egos-Potamos (405) et prend Athènes l'année suivante, après un siège mémorable : ses murailles furent détruites, ses vaisseaux brûlés, et elle perdit ses colonies. — La guerre du Péloponèse eut pour occasion la guerre qui s'était élevée entre Corcyre et Corinthe, sa métropole, guerre dans laquelle Athènes avait pris parti pour Corcyre, et Sparte pour Corinthe; mais elle avait pour véritable cause la rivalité de Sparte et d'Athènes, les deux puissances dominantes de la Grèce. Les résultats de cette guerre furent temporairement avantageux à Sparte, qu'elle éleva au premier rang, dont elle accrut la marine et la puissance continentale ; mais elle fut fatale à la Grèce qu'elle divisa et affaiblit ; déplus, en faisant intervenir l'étranger dans ses querelles, elle détruisit l'esprit national, qui avait jusque là fait sa force, et prépara ainsi son asservissement.
 PEMB	— 1453 —	PÉNÉ

  • PÉLOPS, fils du roi de Lydie Tantale, fut tué, selon la Fable, par son propre père (Y. TANTALE), et et ses membres furent servis aux Dieux dans un repas, un jour qu'ils étaient venus visiter Tantale. Jupiter, reconnaissant aussitôt ce mets horrible, réunit les membres épars du jeune prince (sauf une épaule, qui avait été mangée par Cérès), lui rendit la vie, et remplaça par une épaule d'ivoire celle qui lui manquait. Pélops, plus tard, passa en Élide, obtint par une ruse la main d'Hippodamie, fille d'ŒnomaUs, roi du pays ( V. ŒNOMAUS), et régna après lui sur la plus grande partie de la presqu'île qui a pris son nom. On place son règne vers 1350 av.J.-C. Pélops eut pour fils Atrée, Thyeste, Pitthée, Trœzen, qui sont souvent nommés les Pélopides.
  • PÉLORE (cap), promontoire de la Sicile ancienne, à la pointe N. E., est auj. le cap di Faro. 11 portait le nom d'un pilote d'Ulysse, qui s'y noya.
  • PELTIER (Gabriel), écrivain royaliste, né en 1765 à Gonnor (Maine-et-Loire),rédigea les Actes des Apôtres, pamphlet périodique, qui parut en 1789, et qui était dirigé contre la Révolution. Il s'enfuit à Londres après le 10 août et y écrivit encore contre les divers gouvernements qui se succédèrent jusqu'à la Restauration : ses violentes attaques contre le 1er consul ne furent pas étrangères à la rupture de la paix d'Amiens. Il ne revint en France qu'en 1820 et mourut en 1825, sans avoir rien pu obtenir des Bourbons qu'il avait servis.
  • PÉLUSE , Pelusium, primitivt Avaris, en égyptien Péromi, auj. Tinéh, y. et port del'anc Egypte, au N. E., sur la bouche orient, du Nil, dite bras Pélusiaque, et près de son embouchure, était située nu milieu de lagunes et de marais, d'où son npm qui, dans la langue du pays, veut dire Tille de boue. Il n'en reste que des ruines. L'astronome Ptolémée était rie Péluse. — Cette ville, placée sur la frontière du côté de l'Arabie et de la Syrie, était la clef de l'E-Kypte; elle fut fréquemment exposée aux attaques des conquérants : les Hycsos l'occupèrent longtemps ; l'armée de Sennachérib y fut défaite par Séthos, et celle des Égyptiens par Cambyse en 525 ; elle fut prise par Iphicrate en 374, et par les Perses en 309, par les Romains après la bataille d'Actium, 31 av. J.-C. Eloignée autrefois de la mer de 3 ou 4 kil. seulement, elle en est auj. à 8 kil., par suites des atterrissements du fleuve. Voisine de Port-Saïd, tête du Canal de l'isthme de Suez, elle est appelée à reprendre une grande importance. — Napoléon avait fait Monge comte de Péluse.
  • PELUSIAQUE (bras), bras du Nil, ainsi appelé de la ville de Péluse, voisine de son embouchure, était aussi appelé Bras Bubastique, de la ville de Bubaste qu'il arrosait. Ensablé aujourd'hui, il a fait Place au canal d'Abou-Meneggeh.
  • PÉLUSSIN, ch.-l. de cant. (Loire). à 22 kil. E. de St-Ëtienne; 4039 hab. Fabriques de dropues et d'acide gallique; moulins à soie.
  • PELVI. V. PEHLVI.
  • PELVOUX (mont), mont, dudép. des Htes-Alpes, au N. E. de la Vallouise (canton de l'Argentière), a 3( )35mou même.selon quelques-uns,4115™ de hauteur.

[modifier] PEM

  • PKMBROK.E, v. d'Angleterre, dans le pays de Galles, anc ch.-l. du comté de son nom, au fond de la baie de Milford, et à 325 kil. O. de Londres; 6500 hab. Port de refuge, arsenal de marine; troisi églises, école latine. Ville très-ancienne et jadisforte ;\ sa citadelle, qui avait tenu pour Charles I, fut déman-' telée en 1649 par Cromwell. —Le comté, entre ceux de Cardigan au N. E., de Caermarthen à l'E., le canal de Bristol au S. et celui de St-George au N. O., a 60 kil. sur 44 et compte 90 000 hab. Il a auj. pour ch.-l. Haverfordwest.

[modifier] PEN

  • PENAFIEL , v. d'Espagne (Valladolid), au confluent du Douro et du Duranton, à 50 kil. S. E. de Valladolid; 3300 h. Titre d'un marquisat créé 'par Philippe III pour le duc d'Ossuna.
  • PENAFIEL DE SOUZA , v. du Portugal (Minho), ch.-l. de eomarque, à 40 kil. S. E. de Braga; 2500 hab. Ane évêché, réuni à celui de Porto.
  • PENAFLOR, v. d'Espagne (Andalousie), sur la r. dr. du Guadalquivir, à 60 kil. S. O. de Cordoue; 2200 hab. Antiquités romaines. Patrie du médecin arabe Avenzoar.
  • PENALBA , hg'd'Espagne (Saragosse), à 65 kil. S. E. de Saragosse; 800 hab. L'archiduc Charles y remporta un avantage sur Philippe V en 1710.
  • PENANG. V. PRINCE DE GALLES (Ile du).
  • PÉNATES, dieux domestiques des Romains, que l'on confond communément avec les Lares. Quelques-uns les distinguent et prétendent que les Pénates étaient chargés du soin d'acquérir les richesses et les Lares de les conserver. Du reste, tout ce qui se dit des Lares s'applique aux Pénates. V. LARES.
  • PENDENISSE, Pendenissum, auj. Behesni , v. forte de la Comagène, au S. O. de Samosate, fut assiégée par Cicéron et prise après un siège de 57 jours, l'an 51 av. J.-C.
  • PENDJAB (c-à-d. Pays des cinq rivières), anc prov. du roy. de Lahore, dont il formait la partie S. O., a pour bornes au N. E. le Kouhistan indien, au S. E. l'Hindoustan, auN. O. l'Afghanistan; villes principales : Amretsyr (ch.-l.) etLahore. Les 5 rivières auxquelles le pays doit son nom sont le Djelem, le Tchennab, le Ravéi, le Beyah et le Setledje (outre le Sind, qui les reçoit toutes et qui forme la limite à l'O.). Ce pays a été annexé en 1849 aux possessions anglaises et compris d'abord dans la présidence de Calcutta, dont il formait une province. En 1859. il a été érigé en une présidence spéciale, et on yaajouté la vice-présidence des provinces du Nord-Ouest. Cette nouvelle présidence, presque aussi grande que la France, a une superficie de 485330 kil. carrés, compte 46millionsd'habitantset apour capit. Lahore.
  • PENDJNAD, gros cours d'eau, formé de la réunion des 5 grandes rivières qui arrosent le Pendjab (F. ce nom), se jette dans le Sind ou Indus.
  • PENDRAGON. 7. PENTEYRN.
  • PÉNÉE, Peneus, auj. Salembria, fleuve de Thes-salie, avait sa source au nœud du Pinde et des monts Cambunieris, sur les confins de la Thessalie et de la Macédoine, parcourait dans son cours sinueux une partie de la Thessalie, coulait entre l'Olympe et l'Ossa, arrosant la vallée de Tempe, passait à Tricca, Gomphi, Larisse, Gyrtone, et se jetait dans le. golfe Thermaïque. Il avait pour principal affluent l'Éni-pée. Selon la Fable, le fleuve Pènée était père de Daphné, qui fut changée en laurier, ce qui veut dire que ses bords étaient couverts de lauriers.
  • PENEE , auj. le Gastouni, riv. d'Élide, sortait du mont Êrymanthe, sur les frontières de l'Élide, de l'Achaïe et de l'Arcadie, coulait de l'E. à l'O., recevait à gauche le Ladon, passait par Elis, et se jetait dans le golfe Chélonique, en face de Zacynthe
  • PÉNÉLOPE, femme d'Ulysse, fille d'Icarius, prince Spartiate, et mère de Télémaque, est célèbre par la résistance qu'elle opposa constamment aux demandes de ceux qui prétendaient à sa main pendant l'absence d'Ulysse, absence qui dura 20 ans, et par les stratagèmes à l'aide desquels elle les ajournait indéfiniment. Elle avait promis de faire un choix lorsqu'une toile qu'elle ourdissait serait finie, mais elle défaisait la nuit ce qu'elle avait fait le jour. Une tradition contraire, mais sans autorité, ruait cette persévérante fidélité, et disait qu'Ulysse, outré de ses déportements, la. chassa après son retour
 PENN	— 14J

  • PENESTES, peuple de l'Illyrie mérid., sur les frontières de l'Épire, borné àl'E. p*ar l'Blymiotide. C'était un reste des anciens Pélasges.
  • PÉNISCOLA.v. forte d'Espagne (Valence), à 130 kil.' N. N. E. de Valence, sur un rocher qui forme presqu'île ; 2000 h. Château fort. — Conquise sur les Maures en 1233 parJaymel, roi d'Aragon, qui la céda aux Templiers; à l'extinction de cet ordre, elle passa à celui de Montesa. L'anti-pape Pierre de Luna (Benoit XIII) et son successeur Giles Munoz (Clément VIII) y résidèrent de 1415 à 1424. Les Français, commandés par Suchet, prirent cette ville en Î811 et la gardèrent jusqu'en 1814.
  • PENMARCH, bourg du dép. du Finistère, à 28 k. S, O. de Quimper, à l'extrémité de la pomte qui prend son nom ; 2029 hab. Roches granitiques très-pittoresques ; ruines d'une ville ancienne.
  • PENN (William), législateur de la Pensylvanie, né à Londres en 1644, m. en 1718, était fils de sir W. Penn, amiral anglais, qui rendit de grands services aux Stuarts. Il voyagea en France et dans les Pays-Bas, se fit quaker à son retour, et fut pour ce fait emprisonné en Irlande et chasse par son père du seuil domestique. Il se mit néanmoins à écrire enfaveur de la tolérance etdela libertêde conscience (1668) et à prêcher en faveur de la nouvelle secte, ce qui le fit deux fois enfermer à la Tour de Londres. Ayant hérité d'une créance de 400000 fr. sur la couronne , il reçut en échange la propriété et la souveraineté du pays situé dans l'Amérique du Nord à l'O. de laDelaware. Il y fonda en 1681 la belle colonie qui prit de lui le nom de Pensylvanie. Il y ouvrit un asile à tous les sectaires, fit avec les sauvages des traités qu'il exécuta ponctuellement et qui lui assurèrent leur amitié, abolit l'esclavage, donna aux colons une constitution (qui fut la base de celle des États-Unis), et bâtit Philadelphie. De retour en Angleterre, il obtint la faveur de Jacques II. Mal vu en conséquence du roi Guillaume, il fut dépouillé de son gouvernement ; mais il le recouvra en 1696, et alla passer deux ans en Amérique (1699-1701). Il revint encore une fois en Angleterre afin d'obtenir quelques concessions en faveur du commerce de la nouvelle colonie, et y mourut pendant ce dernier séjour. Penn est cité comme un modèle de sagesse et de philanthropie: Montesquieu le nomme leLycurguemoderne. Ses OEuvres complètes forment 1 vol. in-fol., 1726; sesOEuvres choisies, 4 vol. in-8, 1782. Sa Vie a été écrite par Marsiilac, Paris, 1791. Des Mémoires sur sa vie ont été publ. par Clarkson, Londres, 1813.
  • PENNANT (Thomas) naturaliste anglais, né en 1726 à Downing (Flint), mort en 1798, cultiva la science par goût. On a de lui Zoologie britannique, 1761-68 ; Synopsis des quadrupèdes, 1771-81; Zoologie arctique, 1784-87, trad. par Letourneur sous le titre de le Nord du globe, et d'intéressants voyages dans les différentes parties de la Grande-Bretagne.
  • PENNE, ch.-l. de cant. (Lot-et-Garonne), près de la r. g. du Lot, à 9 kil. E. de Villeneuve-u'Agen ; 3008 h. Ane. château fort, pris par Montlucen 1562.
  • PENNI (Fr.), dit il Faltore (te garçon d'atelier), peintre florentin. 1488-1528, fut d'abord garçon d'atelier de Raphaël. Il se fit remarquer de ce grand artiste, qui lui donna des leçons, le traita comme un fils et l'institua son héritier conjointement avec Jules Romain. Il fonda dans Naples une école qui fut très-fréquentée ; mais sa passion pour le jeu l'empêcha de s'enrichir. On admire surtout sa Ste-Fa-mille, au musée de Vienne. Il était parvenu à imiter si bien la manière d8 Raphaël que dans quelques tableaux il est difficile de ne pas s'y méprendre.
  • PENNINES (Alpes). V. ALPES. — Le nom de Pen-nines, dérive du celtique pen, cime, sommet.
 •4 —	PENT;

  • PENNINUS HONS, nom latin du Grand-St-Bemard.
  • PENON DE...,, V.^ALHUCESIAS, VELEZ, BiC
  • PENRITH, v. d'Angleterre (Gumberland), à 28 k. S. E. de Qarlisle; 6000 hab. Bibliothèque, cabinet d'histoire naturelle. Siège des assises /maison de correction. Ville ancienne, souvent prise et brûlée; ravagée par là pesta en 1597.
  • PENSACOLA, v. des États-Unis (Floride), jadis ch.-l. de l'Etat, à 230 kil. S. 0. de Tallahassee, sur la baie de Pensacola; 2500 h. Port sûr et; commode, qui peut contenir de grands vaisseaux ; chantiers de construction, arsenal pour la marine. — Fondée par les Espagnols en 1696, cédée aux Anglais avec la Floride en 1763, reprise en 1781; occupée parles Américains en 1814 et 1818, cédée définitivement à ceux-ci en 1819, avec le reste de la Floride,
  • PENSIONNAIRE (GRAND-), dit aussi Aisessor juris peritus, titre qu'on donnait en Hollande au pre- , mi er ministre des Etats, chargé de proposer au conseil le sujet des délibérations, de recueillir les suffrages, de recevoir les notes diplomatiques des puissances étrangères, et de surveiller l'administration des finances. Cette charge importante tirait son nom de la pension affectée comme, traitement à celui qui l'occupait. Sa durée était de cinq ans; mais le grand pensionnaire pouvait être réélu. Jean de Witt, mort en 1672, et Heinsius, qui gouverna la Hollande à. la place d'un stathouder (1689-1720), sont les plus célèbres des grands-pensionnaires. Le dernier fut Schim-melpennmck. — Chaque province et même chaque ville de Hollande avait en outre son Pensionnaire.
  • PENSYLVANIE, un des Etats-Unis de l'Amérique du Nord, borné par ceux de New-York au N-, de Virginie et de Maryland au S., d'Ohio à l'O., de New-Jersey àl'E.:448kil. (del'E. àl'O.)sur 240; 2906370 hab. La capitale est Harrisburg, mais Philadelphie (anc ch.-l.) et Pittsburgont bien plus d'importance. La Pensylvanie est traversée par les monta Alle-ghany, arrosée par la Susquehannah, laDelaware et l'Ohio, et sillonnée par de nombreux chemins de fer. Climat tempéré; sol très-fertile : céréales, tabac, vignes et mûriers, dont la culture réussit mieux qu'en aucun autre Etat de l'Union. Vastes forêts, beaux pâturages; élève de bestiaux. Industrie active : toiles, poterie, savon, forges,_ papeterie, verrerie, corderies, chantiers, etc. Houille, fer, cuivre, plomb, émeraudes , etc. — La Pensylvanie était, avant la venue des Européens, habitée par des tribus de la famille lennape, qui sont pour la plupart éteintes aujourd'hui. Ce pays, découvert ou visité par Walter Raleigh, fut. enclavé dans ce qu'on appelait alors, en l'honneur d'Elisabeth, la Virginie, et colonisé avec les côtes voisines sous Jacques!, En 1681, le quaker W. Penn (F. ce nom) le reçut en échange d'une créance de sa famille sur la couronne : il alla s'y établir, d'où, le nom de Pensylvanie (de Penn et du mot latin sylva, forêt, comme qui dirait ForU de Penn), et lui donna une constitution. La Pensylvanie prit une part très-actïve à la guerre de l'indépendance : c'est une des 13 colonies anglo-américaines qui formèrent le noyau de l'Union. Elle adopta en 1787 la constitution des Etats-Unis. Sa constitution propre fut modifiée en 1776,1790 et 1838.
  • PENTAPOLE (du grec pente, cinq, et polis, ville), nom donné par Iesanciensà plusieurs contréesoù se trouvaienteinq viHesprmcipales. On connaît surtout : la Pentapole de Libye, dans la partie N. E, delà Cy-rénaïque : elle comprenait les cinq villes de Cyrêne, Bérénice, Arsinoê, Apollonie et Ptolémaïs;—-hPen-tapole de Palestine, dans le S. de cette contrée : elle était composée de Sodome, Gomorrhe, Adama, Se-boïm et Ségor, situées sur les bords du lao Asphal-tite; les 4 premières furent détruites par le feu du ciel ; — la Pentapole des Philistins, sur la côte S. O. de la Palestine, depuis le torrent de Séhdr jusqu'au fleuve deGabaa, comprenant Gaza, Ascalon, Azoth, Gad et Accaron ; — la Pentapole Dorienne, union des 5 villes doriennes du S. O. de l'Asie-Mineure, Cnide, Cos, Lindos, Jalisos et Camiros, dont les députés se rendaient, pour célébrer des jeux en l'honneur d'Apollon, dans le temple bâti sur le cap Triopion, près de Cnide ; — l&Pentapole d'Italie, dans l'exarchat de Ravenne, formée des villes de Rimini, Pesaro, Fano, Sinigaglia, Ancône : elle fut conquise sur les Lombards par Pépin le Bref, qui la donna aux papes.
PENT — 1455 — PEP1

  • PANTATEUQUE (de pente, cinq, teukhê, choses, livre), nom que l'on donne à cette partie de la Bible qui comprend les 5 livres écrits par Moïse : la Genèse, l'iode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome.
  • PENTATHLE,exerciœagonistique des Grecs, composé de 5 épreuves (pente, athlos) .lalutte, le saut, la course, le disque, le pugilat. V. OLYMPIQUES (Jeux).
  • PENTECÔTE (du grec pentecostè, cinquantième, sous-ent. jour), fête instituée en mémoire de la descente du St-Esprit sur les Apôtres, qui eut lieu 50 jours après la résurrection de J.-C.— Les Juifs avaient antérieurement leur Pentecôte : elle avait été instituée en mémoire de ce que Dieu leur donna sa loi sur le mont Sinaï 50 jours après la sortie d'Egypte.
  • PENTÉLIQUE, mont, de l'Attique, au N. E. d'Athènes, célèbre par ses beaux marbres blancs, tirait son nom d'un bourg de Pentélé situé à ses pieds. C'était un rameau détaché du Parnès, séparant la plaine d'Athènes de celle de Marathon.
  • PENTEYRN, vulgairement Pendragon, nom donné par les anciens Bretons de la Grande-Bretagne au chef général de leurs troupes lorsqu'ils se confédé-raient. Le penteyrn jouissait d'un pouvoir dictatorial. Wortigern, Vortimer, Nazaleod furent penteyrns à l'époque de l'invasion anglo-saxonne.
  • PENTHÉE, Pentheus, fils et successeur durpi de Thèbes Échion, s'étant violemment opposé au culte de Bacchus, périt de la mort la plus déplorable : il fut égorgé et mis en lambeaux pendant les fêtes de Bacchus par sa propre mère Agave et par ses deux tantes, qui, aveuglées par Bacchus, le prirent pour un lion. Il est à croire que Penthée défendit l'introduction de la vigne dans ses Etats, et excita par là quelque sédition furieuse. — V. PANTHEE.
  • PENTIIÉSILÉE,Penthesilea, reine des Amazones, alliée de Priam, vint au secours de Troie dans les dernières années du siège, et périt sous les coups d'Achille qui, en la dépouillant pour prendre ses armes, fut si frappé de sa beauté qu'il la pleura.
  • PENTHIÈVRE, ancien comté de Bretagne, auN.O., répondait à la plus grande partie du dép. des Côtes-du-Nord et comprenait les villes de Lamballe, Guin-gamp, Moncontour, La Roche, Jugon et Loudéac: c'était l'apanage des fils cadets des ducs de Bretagne. Créé en 1034 pour Eudes, 2* fils de Geoffroi, comte de Rennes et duc de Bretagne, il fut réuni au duché en 1272 ; il en fut encore détaché en 1317 pour Guy, 2" fils d'Arthur H. Jeanne, fille de Guy, l'apporta à Charles de Blois, son époux; mais Jean de Montfort la reprit en 1420. Réuni à la couronne de France avec le duché de Bretagne, ce comté fut érigé en duché par Charles IX en 1569 pour Sébastien de Luxembourg, et par Louis XIV en 1697 pour son fils naturel, le comte de Toulouse. Il passa en 1769 dans la maison d'Orléans par le mariage de l'héritière de Pen-thièvre avec le duc de Chartres, depuis duc d'Orléans. Un fils du prince de Joinville, né en 1845, porte encore le titre de duc de Penthièvre.
  • Fort du Morbihan, sur l'isthme de Quiberon, à 7 k. N. de Quiberon. Les émigrés le prirent en 1795, mais il fut presque aussitôt repris par Hoche.
  • PENTHIEVRE (L.J.Marie DE BOURBON, duc de), fils du comte de Toulouse et dernier héritier des fils légitimés de LouisXIV, né à Rambouillet en 1725, m. en 1793, servit sous le maréchal de Noailles, se distingua à Dettingen, à Fontenoy, et garantit la Bretagne d'un débarquement des Anglais. Ayant quitté le service de bonne heure, il se retira dans son château de Rambouillet, puis dans la belle résidence de Sceaux, se livrant aux exercices d'une piété austère et exerçant toutes les vertus. Il eut la douleur de voir mourir son jeune fils, le prince de Lamballe, et de survivre à sa belle-fille, égorgée par les septembriseurs en 1792. Son nom était populaire; aussi ne fut-il pas personnellement atteint par les excès révolutionnaires. Florian, son protégé, lui a dédié ses Fables. La Vie du duc de Penthièvre, par Mme Gué-nard, n'est qu'un roman. Les Mémoires publiés sous son nom par Fortaire en 1808 sont plus exacts.
  • PENZA, v. de la'Russie d'Europe, ch.-l. du gouvt de Penza, au confluent de la Penza et de la Soura, à 1400 kil. S. E. de St-Pétersbourget à 698 de Moscou ; 20 000 hab. Ëv.êché, tribunaux; gymnase, séminaire grec Commerce actif de cuirs et savons; manuf. de verrerie et cristaux. Foire importante.— Le gouvt de Penza, entre ceux de Nijnéi-Novogorod au N., de Saratov au S., de Simbirsk à l'E., de Tam-bov à l'O., a 233 k. (de l'E. à l'O.) sur 226, et compte

I 100000 h. de races diverses, Russes, Tchérémisses, Tchouvaches, Kalmouks, Baskirs, etc. Climat tem péré, sol fertile en grains et lin. Vitriol, fer, soufre.

  • PENZANCE, v. et port d'Angleterre (Cornouailles), sur le bord N. O. de Mountsbay, à 16 k. E. du cap Land's-end et à 100 k. S. O. de Launcestonj 9000 h. Port pour de petits bâtiments; bains de mer. Climat très-doux qui a fait surnommer ce lieu le Montpellier de l'Angleterre. Mines d'étain. Patrie de H. Dayy.

[modifier] PEO

  • PÉON, Pason, médecin des dieux, selon la Fable, 'guérit Mars, blessé par Diomède, et Pluton, blessé par Hercule. Il n'est peut-être autre qu'Apollon envisagé comme dieu de la médecine. V. PEAN.
  • PEONIE, Pasonia, région de la Grèce comprise moitié dans la partie N. O." de la Macédoine, moitié dans la partie S. E. de la Thrace, avait pour bornes . la chaîne des monts Orbélus et Cercinus, laPélago-nie, les Agriani, et était arrosée par l'Axius et le Stry-mon. Ses habitants, de race pélasgique, étaient sauvages, braves et endurcis aux fatigues. Philippe et Alexandre soumirent ce peuple, tout en lui laissant ses rois indigènes. Il suivit dès lors les destinées de la Macédoine. Lors de la division de l'Empire au rve s., la Péonie forma, avec quelques cantons voisins, la Macédoine 2° ou Salutaire.

[modifier] PEP

  • PEPARÈTHE, auj. Piperi, îlot de la mer Egée, sur la côte de Macédoine, auN. E. d'Halonesus.
  • PÉPÉ (Guill.), général napolitain, né en 1782 à Squillace en Calabre, m. en 1855, s'enrôla sous le drapeau républicain lors de la proclamation de la République parthénopéenne par les Français et combattit les troupes royales, puis s'attacha au roi Joseph et à Murât, et se distingua par des 'faits d'armes qui lui valurent le grade de général et le titre de baron. Il seconda en 1820 la révolution qui imposa au roi Ferdinand une constitution, prit en 1821 le commandement de l'armée insurrectionnelle des Abruzzes, mais ne put résister aux troupes autrichiennes et se réfugia en Espagne, puis- en Angleterre.

II reparut en 1848 lors du soulèvement de la Ldmbar- die, et retourna à Londres après le nouveau triomphe des Autrichiens. Il avait fait paraître dès 1822 une Relation des évènements de 1820 et 1821; il a publié en outre en 1846 des Mémoires, écrits en français.

  • PÉPIN DE LANDEN, le Vieux, maire du palais en Austrasie sous Clotaire II, sous Dagobert I et pendant la minorité de Sigebert II, était d'abord chef du pays d'Hasbain, dans la Tongrie. Il fit prononcer en 622 la séparation de l'Austrasie, en fut nommé maire, et s'illustra par ses vertus. Il maria Begga, sa fille, à Ansegise, un des principaux officiers de Sigebert II (union d'où naquit Pépin d'Héristal), et mourut en 639, laissant la mairie à son fils Grimoald. Pépin favorisa la propagation du Christianisme sur les bords du Rhin, seconda énergiquement S. Amand et fut regardé comme saint. L'Église le fête le 21 février.
  • PEPIN D'HËRISTAL , le Gros, fils d'Ansegise et de Begga, et petit-fils de Pépin de Landen par sa mère, fut en 678 nommé avec Martin, son cousin, duc de l'Austrasie, devenue république, eut à lutter contre Ébroïn, maire de Neustrie, qui voulait étendre son pouvoir surl'Austrasie, etfut vaincu àLeucoîao (680). Resté cette même année seul chef par la mort de Martin, il remporta sur Thierry la victoire décisive de Testry (687), et devint dès lors l'arbitre de la Neustrie": il gouverna aussi ce pays avec le titre de maire du palais et y fit rapidement passer sur le trône plusieurs rois enfants, ClovisIII(691),Childebertin (695), DagobertIII (711); il soumit les ducs des Bretons. des Frisons, des Allemands, et obtint quelques avantages sur Eudes, duc d'Aquitaine. Les discordes de ses deux femmes, Plectrude et Alpaïde, et le meurtre de Grimoald, un de ses fils, troublèrent ses derniers jours. Il mourut en 714, laissant le pouvoir à son fils Charles Martel.
PÉP1 — 1456 — PEitC

  • PEPIN LE BREF, roi des Francs, le premier roi de la dynastie carlovingienne, était fils de Charles Martel, et petit-fils du précéd. Il obtint à la mort de son père (741) la Neustrie et la Bourgogne, tandis que Carloman, son frère, avait l'Austrasie et la Souabe, fit cesser l'interrègne qui durait depuis 737 en Neustrie, en couronnant Childéric III en 742, devint, lors de l'abdication de Carloman, en 747, duc d'Austra-sie,au préjudice de ses neveux qu'il fit moines-.puis, en 752, s'appuyant d'une réponse du pape Zacharie, déposa le roi Childéric III, se fit proclamer roi au champ de mai d« Soissons et couronner par S. Bo-niface. Il fit deux expéditions en Italie contre les Lombards (753 et 756), leur enleva l'exarchat, ainsi qûëlâPëhtàpôlè, qù^i donna ali S.-Siêge, et fut sacré de rechef par Etienne II. Il fit une guerre à mort aux Aquitains, guidés successivt par Hunald etparWal-fre, conquit leur pays, ainsi que la Septimanie, et mourut en 768, après avoir partagé ses États entre ses deux fils, Carloman et Charlemagne. Pépin était de petite taille, ce qui lui valut son surnom. Craignant que sa petitesse le livrât aux railleries des guerriers de l'époque, il poussa labravoure jusqu'à la témérité: on raconte qu'un jour il s'élança dans l'arène pour séparer un lion et un taureau qui étaient aux prises.
  • PEPIN, fils aîné de Charlemagne, fut fait roi d'Italie à cinq ans, en 781. 11 se signala, sous les ordres de son père, en combattant les Avares, les atteignit au confluent de la Drave et du Danube, força leur rt'no ou camp principal, et mit fin à leur empire (796). Dans le partage que Charlemagne fit de ses États à Thionvilleen 806, Pépin reçut, outre le titre de roi d'Italie, la Lonibardie, la Bavière, l'Alémanie du S. et tout le pays à l'E. du Rhin-Supérieur, auxquels il joignit la Corse, 806, et les îles Vénitiennes, 810. Ilmourutdès 810, laissant un fils, Bernard, qui lui succéda comme roi d'Italie.
  • PEPIN i, roi d'Aquitaine, 2e fils de Louis le Débonnaire, reçut de lui l'Aquitaine lors du 1" partage (817), prit'part aux deux révoltes de ses frères contre leur père, mais se ligua en 834 avecLouisde Bavière contre Lothaire pour rétablir Louis le Débonnaire et abandonna une partie de ses États en faveur de Charles le Chauve lors du 4° partage. Il mourut en 838 : adonné à l'ivrognerie, il avait abrégé sa vie par ses excès. —Pépin II, fils aîné du préc, devait hériter de l'Aquitaine à la mort de son père. Louis le Débonnaire ayant voulu la donner à Charles, il prit les ar-ines^et engagea une guerre qui se prolongea jusqu'après la mort de Louis le Débonnaire (840). Il s'allia avec Lothaire contre Louis de Bavière et Charles le Chauve, fut vaincu avec lui à Fontenay et se vit, au partage de Verdun (843), dépouillé une 2« fois de l'Aquitaine. 11 s'y maintint néanmoins et, ayant battu les troupes de Charles près d'Angoulême, le força à le reconnaître de nouveau pour roi de ce pays, tS45. Abandonné de ses sujets en 848 à cause de son inaction eu face des Normands, il s'unit à ces pirates et prit Toulouse avec eux, 849; mais, après leur départ, il dut se réfugier chez les Basques, dont le chef Sanche le livra à Charles le Chauve, 852. Enfermé à St-Médard de Soissons, il réussit à s'en échapper, revint en Arcuitaine, 854, s'unit de nouveau aux Normands contre Charles, 856, les aida à prendre Poitiers et plusieurs autres villes, 857, et obligea Charles à lui faire des concessions de territoire. Mais, en assiégeant une dernière fois Toulouse à la tête des Normands, 864, il tomba dans une embuscade: il fut condamné à mort par les grands du royaume, et jeté dans une étroite prison, à Senlîs, où il mourut bientôt (864). Ses alliances avec les Normands, encore païens, l'avaient fait surnommer l'Apostat.
  • PEPLUM, vêtement de femme chez les Grecs ; c'était une espèce de long voile servant de manteau, et attaché sur l'épaule par une agrafe. La statue de Minerve à Athènes était couverte d'un richepeplunt, orné de broderies symboliques, que l'on portait en procession aux fêtes des Panathénées.
  • PEPYS (Samuel), secrétaire de l'amirauté sous Charles II et Jacques II, né en 1631, m. en 1703, avait contribué avec Montaigu (depuis comte de Sandwich) à faire rentrer Charles II en Angleterre. Il résigna ses fonctions à l'avènement de Guillaume d'Orange. Pepys était président de la Société roy. de Londres. Il a laissé des Mémoires qui offrent de précieux renseignements sur la cour des Stuarts et sur les mœurs du temps.

[modifier] PER

  • PÉRA, faubourg de Constantinople. T. ce nom.
  • PER AT.TA, y. d'Espagne (Pampelune), à 45 k. S. de Pampelune,sur lar.g. de l'Arga; 4000Ji. Patrie de S. Joseph de Calasanzio. Vins dits de Ëaneio.
  • PERCEVAL (Spencer), ministre d'État anglais, né à Londres en 1762, était le 2° fils de JohnPerceval, comte d'Egmont et 1« lord de l'amirauté. Admis à la Chambre des Communes ea 1797, il soutint avec talent le ministère, et devint successivt solliciteur, procureur général, chancelier de l'échiquier, en 1807, 1" lord de la trésorerie, en 1809. Il périt en 1812, assassiné dans là Chambre des Communes par un nommé Bellingham, dont il avait, dit-on, refusé d'accueillir les réclamations.
  • PERCHE, Perticum,Perlicensispagus, ancien pays de France, entre la Normandie au N., leMaineàl'O. et au S., l'Orléanais et l'île de France à l'E., était divisé en 4 parties i le Ht-Perche ou Grand-Perche, le Bas-Perche ouPerche-Gouet.IesTerres Françaises, et les Terres démembrées avec le Thimerais.. La 1™ et la 3" partie formaient avec le Maine le grand gouvt de Maine-et-Perche; la 2' faisait partie du grand-gouvt d'Orléanais; la 4°, du grand-gouvt de l'Ile de France. — Le Ht-Perche (auj. dans les déprde l'Orne et d'Eure-et-Loir) avait pour villes principales Corbon et Mortagne, Bellesme, Nogent-le-Rotrou. — Le Bas-Perche (auj. dans le dèp. d'Eure-et-Loir) avait pour ch.-l. Montinirail; autres places, Brou, Alluye, Au-thon. — Les Terres Françaises ne consistaient que dans le ressort de la Tour Grise'de Verneuil et l'abbaye de Tirou. — Le Thimerais (auj. partie du dép. d'Eure-et-Loir) avait pour places principales: Cha-teauneuf, Bressoles, Baroche, Senonohes, Champron.
  • PERCIER (Charles), architecte, membre de l'Institut, né à Paris en 1764, m. en 1840, fut l'ami et le collaborateur dé Fontaine, fut chargé, concurremment avec lui, des travaux de la Malmaison, puis de la restauration du Louvre et des Tuileries, construisit le grand escalier du Musée du Louvre et dirigea, sous Louis-Philippe, les travaux d'architecture dans la plupart des résidences royales. Le caractère dis-tinctif de sontalent est une exquise justesse de goût, secondéeparune très-grande habileté dans le dessin. Il excellait surtout dans les décorations. H a publié avec Fontaine d'importants ouvrages sur son art : Palais, maisons et autres édifices modernes "dessinés àJlome,\Tè8-.Recueildedécoratiowtintirieures,X&Vl.
  • PERCY. ch.-l. de c (Manche), à 26 kil. S. O. de St-Lô; 30Ô3 hab. Berceau de la famille des Percy.
  • PERCY, noble et ancienne famille d'Angleterre, originairede Normandie, apour chef Guillaume Percy qui prit part à l'expédition de Guillaume le Conquérant en Angleterre. — Un autre Ouill. Percy,petit-fils du préc,n'ayant pas d'enfant mâle, maria sa fille à Josselin de Louvain, à condition que ce seigneur prendrait le nom de Percy et s'établirait en Angleterre. — Un descendant de celui-ci, Henri Percy, général d'Edouard III, remporta en 1346 à Nevill's cross une grande victoire sur les Écossais et fit prisonnier leur roi, David Bruce. — Un 2° H. Percy se distingua aussi dans les guerres contre les Écossais, et fut fait comte de Northumberland par Richard II en 1377. Dans la suite, se croyant accusé injustement auprès de ce prince, il prit parti contre lui 'pour le duc de Lancastre (Henri IV), et contribua beaucoup à placer celui-ci sur le trône. Il battitles ËcossaisàHa-lidon en 1402; mais,.l'année suivante, il se brouilla avec le roi Henri IV, et se révolta, ainsi que son fils, H. Percy, surnommé Hotspur (c-à-d. ardent autcom-oat) : le fils fut tué dans la bataille (1403) ; le père se soumit et obtint sa grâce. — Son frère, Thomas P., se révolta à son tour et fut tué en combattant, dans le comté d'York, en 1406.— Son petit-fils, nommé aussi Henri, fut rétabli dans ses honneurs parle roi Henri V. — Un autre de ses descendants, Thomas P., comte de Northumberland, fut accusé sous Elisabeth d'avoir favorisé les projets du duc de Norfolk en faveur de Marie-Stuart, leva l'étendard de la révolte, fut pris les armes à la main et décapité en 1572. — Cette maison s'est éteinte dans les mâles en Angleterre en 1670, dans la personne de Josselin, baron de Percy, qui ne laissa qu'une fille. Les descendants de cette fille furent autorisés à repiendre le nom de Percy. — On assure qu'il existe à la Martinique des descendants mâles directs des Percy, sous le nom de Percin.
PÈRE — 1457 — PERE

  • PERCY (P. François,baron),chirurgien français, né en 1754 à Montagney (Doubs),m. en 1825, fut sous la République chirurgien en chef des arméesde la Moselle, de Sambre-et-Meuse et du Rhin, et fit presque toutes les campagnes de l'Empire. Il introduisit d'heureuses innovations dans le service médical des armées et créa, avec Larrey, les ambulances mobiles. En 1814, il sauva par ses soins plus de 12 000 blessés de l'armée des Alliés. Ajant suivi l'armée française à Waterloo en 1815, il fut destitué par Louis XVIII de toutes ses fonctions : il était alors inspecteur général du service de santé et professeur à la Faculté de médecine. Percy était membre de l'Académie et de l'Institut. On a de lui, entre autres écrits : Manuel du chirurgien d'armée, 1792; Pyroteclm.e chirurgicale ou l'Art d'appliquer le feu en chirurgie, 1794.
  • PERDICCAS, nom de trois rois de Macédoine qui régnèrent : le 1" de 695 à 647 av. J.-C., le 2e de 452 à 429, le 3e de 366 à 360. Perdiccas II prit parti pour Sparte contre Athènes dans la guerre du Péloponèse. Perdiccas III eut à disputer le trône à 1-ausanias et à Ptolémée Aloritès : ill'emporta, avec l'appui d'Iphi-crate, général athénien, sur ses compétiteurs. Il périt dans un combat contre les lllyriens.
  • PERDICCAS, un des généraux d'Alexandre, reçut l'anneau de ce prince mourant, ce qui semblait le désigner pour succéder au roi, fut un des quatre régents nommés après sa mort et fut chargé de faire le partage des provinces. Il ne se réserva aucune province particulière, mais il fit tous ses efforts pour être le seul maître de tout le royaume. Il allait, dans ce but, épouser Cléopâtre, sœur d'Alexandre, quand les autres généraux, Antigone, Cratère, Anti-pater, Ptolémée, craignant son ambition, se réunirent contre lui. Ptolémée, dont il avait envahi les États, lui livra bataille près de Memphis et le défit complètement : Perdiccas fut tué au passage du Nil par quelques-unsde ses officiers révoltés(321 av. J.-C).
  • PERDU (mont), haut sommet des Pyrénées, sur le versant espagnol, à 40 k. N. E. de Jaca, a 3351".
  • PÉRÉE, Perœa, partie de la Palestine, comprenait tout le pays à l'E. du Jourdain, nommé jadis Terre de Galaad, et s'étendait de l'Hiéromax à l'Arabie Déserte. On lesubdivisaiten Abylène,Trachonitide, Itu-rée, Gaulonitide, Décapole, Batanée, Pérée propre, Auranitide, Ammonitide, Moabitide.— La Pérée propre était bornée auN. par l'Hiéromax, au S. par l'Ar-uon, à l'O. par le Jourdain, à l'E. par le désert de Syrie, et avait pour ch.-l. une ville du Telia. — Cette contrée fut nommée PeVe'edu grec pérdn, traverser, parce que, pour y parvenir, on traversait le Jourdain.
  • PÉRÉFIXE (Hardouin de BEAUMONT de), né en 1605, m. en 1870, fut choisi en 1644 pour être précepteur de Louis XIV, devint en 1648 évêque déRhodez, puis confesseur du roi, et fut nommé archevêque de Paris en 1662. Il avait été admis à l'Académie française en 1654. On a de lui la Vie de Henri IV, 1661, ouvrage écrit d'un style simple, et souvent réimprimé; Institutio principis, plan d'éducation pour un prince, et quelques autres écrits.
  • PÉRÉGRINUS, philosophe cynique dun's. denotro ère, né près de Lampsaque, passa sa jeunesse dans la dissipation, puis s'enfuit en Judée où il se fit chrétien, abandonna sa nouvelle religion pour prendre le manteau de philosophe, vint à Rome d'où il se fit chasser pour avoir déclamé contre l'emp. Marc-Aurèle, allaen Grèce où il excita la curiosité générale par ses bizarreries, et se brûla solennellement aux Jeux olympiques par ostentation, l'an 165. Lucien a justement ridiculisé ce faux sage dans La Mort de Pérégrimis.
  • PÉREIASLAVL, v. de la Russie d'Europe (Pultava), près du Dniepr, à 260 k. O.N.O.de Pultava; 10 000 h. Elle eut des souverains particuliers dès 1054, fut souvent ravagée par les Tartares, tomba au pouvoir des Polonais, et finit par retourner à la Russie, par l'effet de l'insurrection des Cosaques, qui la donnèrent au czar Alexis, 1654. —Une autrePéreiasiavI, jadis Mar~ cianopolis,ea Roumélie, estl'anccapit.desBulgares.
  • PEREIRA (D. Nunez Alvarez),premier connétable du Portugal., né en 1360, m. en 1431, était fils d'Alvarez Pereira, prieur de Crato. Bien qu'il eût été écuyer de la reine Éléonore Tellez, il sejeta,en 1383, dans le parti du régent, depuis Jean I : il réduisit pour lui diverses villes de l'Alentéjo et fut en récompense fait connétable. Il commanda une aile à la bataille d'Aljubarrota (1385), contribua à celte victoire qui consolida le trône de Jean I, et rendit beaucoup d'autres services à ce prince. En 1421, il se retira dans un couvent. Oul'asurnommé le Cidportegœis. Unpoëme a été composé à sa louange par Rodr. Lobo, 1785.
  • PEREIRA (Gomez), médecin espagnol, publia en 1554 a Médina un traité médical et philosophique qu'il intitula AntonianaMargarita (du nom de son père4»i-toine et de sa mère Marguerite), et dans lequel il soutenait que les bêtes sont dépures machines: onapré-tendu que Descartes lui avait emprunté ce paradoxe.
  • PEREIRA DE CASTRO (Gabriel), poète portugais, né en 1571, m. en 1632, a composé sur la fondation de Lisbonne une épopée intitulée l'Ulyssea (1636), qui brille surtout par le style.
  • PÉREIRE (Rodrigue), israéliteespagnol, né en 1715 dansl'Estramadure, m. â Paris en 1780, apporta en France, avant l'abbé de l'Epée, une méthode d'enseignement pour les sourds-muets (ia Dactylologie) et qui obtint en 17491e suffrage de l'Acad. des sciences. —Ses petits-fils, MM.Émileet Isaac P.se sontfait un nom dans les affaires et l'industrie, et ont été les promoteurs des principaux chemins de fer français.
  • PÉRÉKOP, le Taphros des Grecs, v. de la Russie d'Europe (Tauride.), ch.-l. de cercle, au fond du golfe de Pérékop et sur l'isthme de même nom, à 124 kil. N. de Simféropol; 1200 hab. Citadelle,_ lacs salés, grand commerce de sel. — Le nom grec de cette ville signifie fossé : il lui fut donné à cause d'un fossé qui dès lors coupait l'isthme d'une mer à l'autre. Le nom russe de Pérékop signifie fossé, retranchement. Les Russes prirent Pérékop sur les Turcs en 1736 et 1771 ; la possession leur en futassurée en 1783.— L'isthme de Pérékop est une étroite langue de terre qui unit ia Crimée au continent par son extrémité N. N. O. !1 est situé entre la Sivache ou mer Putride à l'E. et le golfe de Kerkinit ou de Pérékop à l'O., dans la mer Noire. Sa largeur est de 8 kil. environ. Il est coupé dans toute sa largeur par un fossé à sec garni de redoutes , fossé qui foi me la partie principale des défenses dites Lignes de Pérékop.
PERG	- 1458 -	PERI

  • PÈRES CONSCRITS, Patres Conscrîpti, pour Patres et Conscripti, nom que les Romains donnaient à leurs sénateurs, désignait et les sénateurs primitifs {Patres), créés par Romulus, et ceux qui avaient été ajoutés depuis {conscripti).

PËRES DE LA FOI. V. JESUITES.

  • PEREZ (Ant.), ministre de Philippe II. Chargé de servir l'amourdu roi pour la princesse d'Ëboli, il devint le rival heureux de son maître et fit tuer un cartain Escovédo qui avait découvert l'intrigue et qui pouvait le trahir. Plus tard, le roi, instruit de sa conduite, se contenta de le faire condamner à deux ans de prison et huit ans d'exil. Perez s'échappa, fut repris à Saragosse, s'évada encore, et finit par se réfugier eu France où Henri IV l'accueillit (1591), et où il mourut en 1611. H a laissé de curieux Mémoires et des Lettres, dont le style est plein d'afféterie. M. Mignet a publié un livre intéressant sous le titre d'Antonio Pères et Philippe II, 1845.
  • PEREZ DE MONTALVAN (Juan). Y. MONTALVAH.
  • PERFETTI (Bernardin), improvisateur siennois, né en 1681, m. en 1747, professait le droit à Pise. Il reçut un 1725 à Rome la couronne de poète des mains du pape Benoit XIII. Sentant combien les improvisations perdent à la lecture, il ne voulut jamais reconnaitre ce qu'on publiait de ses poésies. Le recueil le plus complet qui en ait paru est de Florence en 1748.
  • PERGAME, Pergama, citadelle de Troie. Son nom se prend souvent chez les poètes pour Troie même.
  • PERGAME, Perqamus, v. de Hysie, au confluent du Calque et du Cétius, devint au m" s. av. J.-C. lacapit. du royanme dit de Pergame. Elle a donné son nom au parchemin (pergamena eharta), qu'on y préparait et dont ses souverains encouragèrent la fabrication. Sa bibliothèque était rivale de celle d'Alexandrie et comptait 200 000 volumes. Patrie de Galien. — Pergame est encore auj. un centre de population de quelque importance : on y compte env. 5000 maisons.
  • PERGAME (Roy. de), petit Etat fondé en 283 av. J.-C. par Philétère, ne comprit d'abord que quelques cantons de la Mysie et de la Lydie, embrassa ensuite ces deux provinces entières, plus la Phrygie-Helles-pontique et la Grande-Phrygie, et eut pour limite au S. le Taurus. Fidèles alliés des Romains, les rois de Pergame leur durent leurs agrandissements, qui se firent surtout aux dépens du roi de Syrie Antiochus le Grand. Attale III leur légua son royaume en mourant, 132; toutefois ils ne purent en prendre possession qu'après trois ans de guerre contre Aristonic, qui éle-vaitdes prétentions sur le trône. Cet État formalaprov. d'Asie, que grossirent ensuite la Carie, la Lydie, la Pamphylie et laPisidie. Les rois de Pergame sont célèbres par leurs richesses et leur amour pou r les lettres.
  • Souverains de Pergame.

Philétère, gouV, 283 Attale II Philadelphe, 157 Éumènel, l"roi, 263 AttaleIIIPhilométor, 137 Attale I, 241 Aristonic, 132-129 Eumène II, 198

  • PERGE, Perga, auj. Karahissar ,-v. dePamphylie, sur le Cestrus, près de sa source, était célèbre par un temple de Diane. Patrie du géomètre d'Apollonius dit de Perge. Ruines d'un beau théâtre grec.
  • PERGOLA (Ange de la), condottiere du xv" s., était seigneur de la petite ville de Pergola (à 24 k. b. fi. d'Ûrbin). U combattit pour Pise contre Florence en 1405, puis s'attacha au duc de Milan Phi-lippe-Marie Vîsconti, et lui rendit d'éminents services, mais il vit sa troupe presque complètement anéantie par les Vénitiens à Macalo, en 1427, et il mourut lui-même peu après à Bergame.
  • PERGOLÈSE (J. B.), compositeur, né à Iési en 1704, mort dès 1737, reçut les leçons de Durante et se fit remarquer par sa précocité. Il est connu surtout par son opéra de la Serva padrona (la Servante maîtresse], chef-d'œuvre de mélodie, d'esprit et de grâce, qui s été transporté avec succès sur la scène française, et par un Stabat à 2 violons et à 2 voix, resté"célèbre dans la musique d'église.
  • PÉRIANDRE, tyran de Corinthede 621 a 584 av. J.-C, succéda à son père Cypsélus. Il gouverna d'abord avec sagesse et fit fleurir les lettres et les arts; mais ensuite il se rendit odieux par sa défiance, ses vexations et ses cruautés; il réduisit son propre fils Lycophron à fuir Corinthe. II mourut dans un âge très-avancé. Périandr.e ne manquait pas d'instruc'-tion : il mit en vogue quelques maximes qui l'ont fait compter au nombre des Sept Sages.
  • PÉRIBËE, fille d'Alcathoûs, roi de Mëgare, fut condamnée par son père à être noyée dans la mer, parce qu'elle s'était laissé séduire parTélamon, mais elle fut sauvée et conduite à Salamine par le garde chargé de cette commission, et y épousa son amant, dont elle eut Ajax.—Une autre Pêribée, fille d'Hip-ponotts, qui avait été séduite par Mars et condamnée aussi à mourir, épousa Œnée, roi de Calydon, et devint mère de Tydée, père de Diomède.
  • PÉRICLËS, célèbre Athénien, né en 494av. J.-C, était fils de Xanthippe, l'un, des généraux vainqueurs à Mycale, et petit-fils, par sa mère, de Çlisthène, qui avait renversé les. Pisistratides. Il acquit de bonne heure du renom et de la popularité par son éloquence et ses largesses, devint vers 461,le chef du parti démocratique opposé àCimon, réussit à faire bannir ses rivaux, notamment Cimon (460) et Thucydide (444), et resta, à partir de 444, seul maître de la direction des affaires. Il signala son administration par la construction de beaux édifices (le Parthénon, l'OdAm, les Propylées, etc.), par des fêtes somptueuses, par des gratifications distribuées aux citoyens d'Athènes, et par de grands succès au dehors : il soutint en Egypte Inarus contre les Perses, enleva Mégare aux Dorïens, fit restituer aux Phocidiens la présidence des cérémonies de Delphes, prit Samos, comprima une révolte en Eubée, augmenta le nombre des colonies et en conduisit une lui-même dans la Chersonèse, transporta dans Athènes le trésor commun de la Grèce, qui était précédemment à Delphes, et réussit à élever pour un temps la puissance d'Athènes au-dessus de celle de Sparte; mais il indisposa par ses hauteurs et par des contributions onéreuses les peuples qui avaient accepté l'he^e'm.onifi d'Athènes: il sensuivitane rupture avec Sparte et ses alliés, rupture qui donna naissance à la guerre du Péioponèse (431) ; on l'accuse même d'avoir provoqué la lutte en soutenant lesÇorcyréens, révoltés contre leur métropole, Corinthç, alliée de Sparte. Périclès ne put voir que les premiers évènements de cette guerre : il remporta d'abord des avantages , mais à la suite de quelques revers les Athéniens le condamnèrent à l'amende et lui ôtèrent l'autorité (430); ils la lui rendirent au bout de l'année, mais il mourut peu après, de la peste qui désolait Athènes (429). Périclès aimait et favorisait les lettres, les arts et le luxe, qui à partir de son administration prirent leur plus grand essor : aussi nomme-t-on Siècle de Périclès cette époque qui vit fleurir, dans les lettres Sophocle, Euripide, Aristophane , Cratinus, Eupolis ; dans les arts Phidias , Callicrate, Ictinus, Polygnote t Zeuxis,jparrh&sius, etc. OH a dit que l'administration financière de Périclès n'était point irréprochable, et que ce fut pour éviter de rendre ses comptes qu'il fit naître la guerre du Péloponëse. Pressé un jour de justifier l'emploi des deniers publics, il se tira d'affaire en offrant de payer de sa propre fortune tous les monuments qu'il avait fait construire, mais à la condition d'y substituer son nom à celui du peuple athénien. Il ne nous reste aucun monument de l'éloquence de ^Périclès : d'après les témoignages des contemporains, ses discours étaient empreints d'un caractère de majesté , qui ât donner à cet orateur le surnom û'Olym-pien. Périclès eut avec Aspasie une étroite liaison ; il finit même par épouser cette femme célèbre. Plu-tarque a écrit sa fie.
  • PÉRIER (Casimir), homme politique,se à Grenoble en 1777, mort en 1832, avait pour père un riche banquier, Claude Périer, l'un des fondateurs de la Banque de France. D'abord officier du génie, il fonda en 1802 à Paris, avec son frère Ant. Scipion, une des premières maisons de banque de l'Europe et créa de grands établissements industriels. Il débuta comme publiciste en 1816 par une brochure contre les emprunts à l'étranger, fut élu député de Paris en 1817, siégea sans interruption à la Chambre pendant treize ans et prit rang parmi les orateurs les plus éloquents de l'opposition. En juillet 1830, pendant la lutte entre les troupes royales et la population, il tenta, mais en vain, défaire cesser les hostilités. La révolution accomplie, il fut élu président de la Chambre des Députés et montra, dans ce poste difficile, autant de courage que de talent. L'année suivante, à la chute du ministère Laffitte, il fut nommé chef du cabinet, avec le portefeuille de l'intérieur : il déploya dès lors la plus grande fermeté contre les tendances anarchiques, faisant ainsi le sacrifice de sa popularité. En même temps, il proclamait le principe de non-intervention et répondait aux exigences des cours du Xord par la prise d'Anvers et l'occupation d'Ancône; mais il succomba prématurément, épuisé par la fatigue des travaux parlementaires. Un magnifique mausolée, fruit d'une souscription nationale, lui a été élevé au cimetière du Père-Lachaise. Un recueil de ses Opinions et discours a été publié en 1838, avec une notice de M. Ch. Rémusat.
PÉtU	—  1459 —	PÉRI

  • PERIER (Jacques), mécanicien , membre de l'Académie des sciences, né en 1742, mort en 1818, créa la pompe à feu de Chaillot, destinée à alimenter Paris d'eau de Seine, établit des moulins économiques mus par la vapeur, d'immenses ateliers de fabrication d'armes, de canons, de machines à vapeur, inventa des cylindres à papier, des machines à filer le coton, la pompe centrifuge, etc., et rendit ainsi les plus grands services tant à l'État qu'à l'industrie pendant les guerres de la République et de l'Empire. On lui doit un Essai sur les machines à vapeur. «
  • PÉRIERS, ch.-l. de canton (Manche), à 16 kil. N. de Coutances; 2794 hab. Grains, beurre.
  • PÉRIGNON (Dom. Catherine, marq. de), né en 1756 à Grenade (Hte-Garonne), d'une anc famille de robe, m. en 1818, fut député à l'Assemblée législative en 1791, quitta ce poste en 1792 pour prendre du service dans les armées de la République, commanda en chef l'armée des Pyrénées orientales, après Dugommier, en 1794, se signala par les combats de La Jonquière, de St-Sébastien, d'Escola, prit Figuières et Roses, 1795, fut à la suite de ces succès nommé en 1796 ambassadeur en Espagne, et signa à Madrid un traité d'alliance avec cette puissance. Envoyé en 1799 à l'arméed'Italie, il commanda l'aile gauche à la bat. de Novi, y fut blessé et fait prisonnier. A la proclamation de l'Empire (1804), il fut fait sénateur et maréchal ; en 1808, il devint commandant en chef des troupes françaises du roy. de Maples. Il se rallia aux Bourbons en 1814, organisa en 1815 un plan de défense contre Bonaparte dans le Midi, et fut nommé pair et marquis.
  • PÉRIGORD, anc pays de France , dans le N. de la Guyenne, entre l'Angoumois au N., le Qliercy et le Limousin à l'E., l'Agénois au S., et la Saintonge à l'O., avait pour capit. Périgueux, et se divisait en Ilaut-Périgord ou Blanc-Périgord, comprenant Périgueux, Bergerac, Mussidan, Aubeterre; et Bas-Ferigord ou Noir-Périgord, renfermant Sarlat, Cas-tiilon et Terrasson. — Ce pays, jadis habité par les Petrocorii, fut compris sous Honorius dans la 2e Aquitaine. Il eut des comtes dès le x* s. (V. TAIAEÏ-RAND). Éléonore de Guyenne, par son mariage avec Henri II, porta ce comté à l'Angleterre. Plusieurs fuis pris et perdu pendant les guerres avec cette puissance, il ne revint à la France qu'en 1454. Il fut réuni à la couronne par Henri IV, qui le possédait par héritage. C'est auj. le dép.delaDordogne et une partie de celui de Lot-et-Garonne. — Pour les productions du pays, V. ces deux départements.
  • PÉRIGUEUX, Vesunna et Pelrecorii, ch.-l. du dép. de la Dordogne , sur l'Isle, près de son confluent avec la Vézère, à 472 kil. S. S. O. de Paris; 19140 hab. Evêché, suffragant de Bordeaux; trib. de lre inst. et de commerce; lycée, bibliothèque, jardin botanique, école normale primaire; sociétés d'agriculture,-des sciences et des arts; musée d'antiquités et de minéralogie. La ville se divise en 2 parties, la Cité et le Puy-St-Front, qui jusqu'en 1240 formèrent deux villes distinctes. On y remarque la cathédrale de St-Front, imitation de St-Mare de Venise, l'église St-Êtienne, le palais de justice; la tour antique de Vésone ; les promenades, ornées des statues deFénelon, de Montaigne et du maréchal Bugeaud; les arènes, l'hôtel de ville. Coutellerie, distillerie, lainages, volailles fîneset pâtés truffés. Aux env.,pierres àbâtir, pierres lithographiques.Patrie dupoëtelatin Paulin, de Lagrange-Cnancel et de Daumesnil.—Capitale des Petrocorii, Périgueux portait, du temps de César, le nom de Vesunna (d'où celui de Vésone). Elle devint la capitale du Périgordau ixes. Plusieurs fois prise et perdue pendant les guerres avec les Anglais (F.PEKIGORD), cette villeeut.jusqu'àlannduxivs., de sanglants démêlés avec ses comtes pow le maintien de ses libertés municipales, qui lui furent confirmées en 1398 par Charles VI. En 1576 , Périgueux fut une des places de sûreté données aux Calvinistes, qui la conservèrent jusqu'en 1581. Le princede Condé s'en empara pendant la Fronde, en 1651; l'armée royale y rentra dès 1653.
  • PÉRIM, Insula Diodori, île située à l'entrée du. détroit de Bab-el-Mandeb, qu'elle commande, par 40° 54' long. E., 12° 30' lat. N., à 8 kil. O. des côtes d'Arabie ; 12 k. sur 5. Bon port. Occupée en 1857 par les Anglais, qui y ont établi un poste militaire.
  • PÉRINE OU PÉRONNELLE (Ste). V. PÉTRONILLE.
  • PERINODEL YAGA (Pierre BUONACCORSI, dit), peintre florentin, né en 1501, m. en 1547, élève de Ghirlandaio et collaborateur de Raphaël, était le plus grand dessinateur de l'école florentine après Michel-Ange.^ Il exécuta dans les Loges du Vatican, sous la direction de Raphaël, le Passage du Jourdain, la Chute des murs de Jéricho, Josuéarrêtant le soleil, la Nativité, et la Cène. Après la mort de Raphaël, il se rendit à Gênes, où il fonda une école célèbre et où il orna de fresques le palais Doria. De retour à Rome, il y peignit la fameuse Salle royale, qu'il ne put achever. Parmi ses tableaux, on cite : la Naissance d'Ève, S. Jean dans le désert, leCombatd'Ho-ralius Codés, le Combat des Piérides (au musée du Louvre). On reproche à cet artiste une basse jalousie à l'égard du Titien et une grande avidité.
  • PERINTHE ou BERACLËE, auj. Erékli, v. grecque de Thrace, sur la Propontide, près et à l'O. S. O. de Byzance, avait été fondée par les Samiens. Elle fut le séjour d'Alcibiade dans son second exil. Alliée des Athéniens, ellesoutint un long siège contre Philippe, qui la prit enfin l'an 341 av. J.-C.
  • PÉRIPATÉTICIENS, c-à-d. Promeneurs, disciples d'Aristote, ainsi nommés parce qu'ils se réunissaient pour entendre leur maître dans les salles ou promenoirs (peripatoi) du Lycée. Les principaux péripa-patéticiens sont : Tbéophraste, Straton, Lycon, Hié-ronyme de Rhodes, Ariston de Céos, Critolaûs, Dio-dore de Tyr, Andronicus de Rhodes, Démétrius de Phalère, Nicolas de Damas, Ammonius d'Alexandrie, Alexandre d'Aphrodisie, Alexandre d'Eges, Simpli-cius, Claudien Mamert, Boëce, Cassiodore. Au moyen âge, le Pêripatétisme fit le fond de la philosophie scolastique; il domina sans partage jusqu'au xvi" siècle, mais depuis cette époque, il fut sans cesse battu en brèche, notamment par Ramus, Patrizzi, Bacon, Descartes, et par une foule d'autres philosophes.
  • PÉRIS. On nomme ainsi dans la féerie persane des génies femelles qui viennent quelquefois sur terre séduire les hommes; mais plus souvent ce sont des puissances bienfaisantes, qui repoussent les; Dévs
  • PÉfiiSABOUR, v. de Turquie. F. AHBAR.
l'ERM 1460 — PÉRO

  • PERIZONIUS (Jacques), philologue, né en 1651, à Dam (Groningue), m. en 1715, professa l'histoire, l'éloquence et le grec à Delft, à Franeker et à Leyde, On a de lui : Animadversiones historiae, Amst., 1685 (il y traite surtout de l'histoire romaine et élève des doutes sur lespremiers temps de cette histoire), Originesbabylonicss etwgyptiacx, Utrecht,1636; des Comment, historiques sur lexvi's. (enlatin), 1710, des éditions estimées d'Élien, Dictys, Quînte-Curce, Valère-llaxime, ainsi que de la Minerva de Sanchez.
  • PERKIN WAERBEK. dit te faux duc d'Torh ou le faux Richard IV, imposteur, était fils d'un Juif de Tournay, mais naquit à Londres. La duchesse douairière de Bourgogne, Marguerite, sœur d'Edouard IV, imagina de le faire passer pour son neveu, Richard d'York, 2e fils d'Edouard IV, qui avait été assassiné à la Tour en 1483 par Glocester (Richard III), afin de l'opposer à Henri VII, et le reconnut publiquement pour tel en 1490. Il tenta, mais sans succès, un débarquement en Irlande, puis sur la côte de Kent, et se jeta enfin dans les bras du roi d'Ecosse JacquesIV, qui, feignant de croire à tout ce qu'il disait, lui donna en mariage une de ses parentes, et entra en armes avec lui dans le Northumberland (1496) ; mais ils furent repoussés tous deux. En 1498, Perkin débarqua dans la haie de Whitesand et se joignit à des rebelles de Cornouailles; repoussé de nouveau, il s'enfuit, se réfugia dans l'abbaye de Beaulieu, et consentit enfin à se remettre aux mains de Henri VII; ce prince, après l'avoir exposé publiquement, l'enferma a la Tour. Il réussit à s'en échapper; mais, s'étant laissé reprendre, il fut pendu à Tyburn, en 1499.
  • PERKINS (Élie), médecin américain du dernier siècle, m. à New-York en 1799, exerçait d'abord à Plainfield en Pensylvanie. Il fit du Bruit par son tracteur métallique, appareil formé de deux aiguilles coniques de métaux différents qu'on promenait sur les parties malades, et qui, suivant lui, étaient un remède universel. Il appliqua cette méthode avec quelque succès à Philadelphie et elle fut pendant un temps à la mode. Son fils, Benjamin Perkins, apporta les Tracteurs métalliques à Londres en 1798 et y obtint une grande vogue. Les effets obtenus par le perkinisme, analogues a ceux du magnétisme de Mesmer, sont rapportés par les uns à une action électrique, par les autres à l'imagination seule. Le docteur Haygarth, deBath, soutint cette seconde opinion.
  • PERLEEEUG.v.des Etats Prussiens (Brandebourg), ch.-l. de cercle, sur la Stepenitz, à 126kil. N. N. O. de Berlin; 5000 hab. Brasseries, drap, lin.
  • PERM, v. de la Russie d'Europe, ch.-l. du gouvt de Perm, sur la Kima, à 2005 kil. E. de St-Péters-bourg, par58" T lat. N. et 56° 6' long. E.; 12OO0h. Archevêché, trib., gymnases, séminaire. Grand commerce de métaux provenant des mines voisines. —, Perm n'était qu'un bourg avant le xvm° s. ; la découverte faite en 1723 d'une riche mine de cuivre voisine de ce bourg lui donna un rapide accroissement; en 1781, il fut érigé en ville.
  • PERM (gouvt de), partie en Russie d'Europe, partie en Russie d'Asie, est partagé en deux par la chaîne de l'Oural et a pour bornes ies gouvts de Vologda au N. O., de Tobolsk au N. E., de Vlatkaà l'O., d'Oren-bourgauS.; 700k.de l'E. àl'O.sur668; 1800000h. (Permiaks, Mordouins, Tchouvaches, Russes) : ch.-l., Perm. Climat très-froid; sol peu fertile; plusieurs lacs. Moutons de race espagnole, chevaux, rennes, martres, ours ; élève de bestiaux et d'abeilles. Riches et nombreuses mines (or, argent, platine, diamant, fer, plomb, cuivre, sel, marbre).
  • PERftUÏSSE, Pennessus, auj. Panitta, petite riv. de Béotie, prenait sa source vers l'Hélicon et tombait dans le lac Copaïs. Ce fleuve était consacré aux Muses : les poètes puisaient l'inspiration dans ses eaux.
  • PERMIE ou BIARMIE, anc et vaste contrée, située dans le N. E. de la Russie d'Europe, embrassait probablement, outre le gouvt actuel de Perm, ceux de Vologda ef d'Arkhangel. — Un royaume de Permie, État finnois ou tchoude, aurait fleuri, dit-on, entré le temps d'Auguste et l'invasion des Huns. Au moyeu âge, il y eut un roy. de Biarmie qui finît' par être soumis à Novogorod. Ivan IV le subjugua en 1543. Les Permiaks furent convertis à partir de 1375 par S. Etienne de Perm, qui établit le premier siège épi-scopal de ce pays au couventd'Oustvimsk, et qui, pour transcrire les livres évangéliques, inventa un alphabet particulier dit permien.
  • PERNAMBOUC, vulgt Femambouc, v. et port du Brésil, ch.-l. de la prov. de Pernambouc, sur l'Atlantique, à 1910 kil. N, E. de Rio-Janeiro, par 37° 25' long. O., 8" 19' lat. S.; 30000hab. Elle se compose de trois parties, qui sont comme trois villes distinctes : 1° Èecife on le Port (sur une.presqu'île au S. d'Olinde); 2° Son-Antonio, siège du gouvernement (sur une île de la riv. de Capibaribe, joints par un pont au Recife) j 3"Boa-Vi'sto(surle continent). On y fait quelquefois entrer aussi la ville d'Olinde. Ville très-commerçante, surtout le quartier du Recife. Le port, assez bien fortifié du côté de la mer, est le plus fréquenté du Brésil après Rio-Janeiro et Bahia. Chantiers de la marine militaire. — La prov. de P., la plus orientale du Brésil, entre celles de Céara, Parahiba et Rio-Grande au N., de Minas-Geraës au S., de Goyaz à l'O., et l'Atlantique à l'E., a 1300 kil. (du N. E. au S. O.) sur 625, et compte 625 000 hab. On la divise en trois comarques : Recife (ch.-l., Pernambouc), Olinde (ch.-l., Olinde), et Sertao ou le Désert.
  • PERNES . ch.-l. de cant. (Vaucluse), sfjr la Nes-que, à 5 kil. S. de Carpentras; 5278 h. Vins, garance, amandes; magnaneries. Patrie de Fléchier. PERNETTE DU GUIIXET. V. GU1LLET. PERNETY ou PERKETTI (Ant. Jos.), Bénédictin , né à Roanne en 1716, mort en 1801, quitta le cloître, suivit Bougainville comme aumônier dans son voyage de circumnavigation, donna une relation de ce voyage sous le titre d'Histoire d'un voyage aux îles ilalouines en 1763 et 1764, Paris, 1770, puis se retira en Prusse et fut quelque temps bibliothécaire à Berlin. De retour en France en 1783, il s'occupa d'alchimie, crut avoir trouvé la pierre philosophale et fonda à Avignon une~secte qui en 1787 comptait une centaine d'affiliés. Il a traduit plusieurs écrits de Swedenborg et a donné un curieux Dictionnaire mylho-hermétique. — L'abbé Jacques P., son oècle, 1696-1777, a écrit des Lettres philosophiques sûr les physionomies et des Recherches historiques fsur Lyon. PERNETY (Jos. Marie), général d'artiËerie, né à Lyon en 1766, m. en 1856. Chef d'état-major de l'artillerie de la grande armée d'Allemagne en 1805, il se distingua à Ulm, à Austerlitz, à Iéna, fut nommé en 1807 général de division et baron de l'Empire, organisa le passage .du Danube à l'île de- Lobau, et rendit les plus grands services à Wagram. En 1812, à la tête de l'artillerie du 1» corps, il eut tme grande part à la prise de Smolensk, et réussit, pendant la retraite, à ramenEf presque tout son matériel jusqu'à la Bérézina. Appelé sous la Restauration à la direction de l'artillerie au ministère de la guerre, il fut nommé pair en 1835, et sénateur en 1855.
  • PERÎfOV, v. forte et port de la Russie d'Europe, dans l'anc Livonie (Riga), sur la riv. de Pernov, à son embouchure dans la Baltique, à 230 kil. N. de Riga; 120Û0 hab. Citadelle. Lin, chanvre, cuirs, etc. Grand commerce maritime. — Cette ville appartint longtemps aux chevaliers Porte-Glaive; elle fut cédée à la Pologne avec toute la Livonie. Les Russes l'occupèrent une 1" fois de 1575 à 1582; ils la reprirent en 1710 sur les Suédois, qui s'en étaient emparés. Pernov était jadis le siège d'un évêohé, transféré auj. à Œsel.
  • PERO E CASE-VECCHIE, bourg de l'Ile de Corse, ch.-l. de cant., à 29 kil, de Bastia; 663 lîab.
  • PËROIXA, fils de Pacuvius. V. ce nom.
  • PÉRON (François), naturaliste et voyageur, né à Cérilly (Allier), en 1775, m. en 1810, fut .attaché i comme médecin-naturaliste à l'expédition aux Terres australes que commandait Baudin (1800-1804), fit de belles expériences sur la température des couches successives de l'eau des mers, démontra que l'eau de l'Océan est plus froide à mesure qu'on descend aune plus grande profondeur, rapporta plus de 100000 échantillons zoologiques, et écrivit le Voyage aux Terres australes fait pendant les années 1800-04, Paris, 1807-16, 3v. in-4, terminé par Freycinet. On a aussi de lui des Observations sur l'anthropologie.
PERO —  1461  — PERO

  • PÉRONNE, ch.-l. d'arr. (Somme), sur la r. dr. de la Somme, au milieu de marais, à 51 kil. E. d'Amiens; 4445 hab. Place de guerre, trib. de 1" inst., collège. On y remarque le Beffroi (du xiv" s.), le château, l'hôtel de ville, construit sous François I", l'église St-Jeah, commencée sous Louis XII, la salle de spectacle. Toiles, calicots et percales; sucre de betterave, distilleries, tanneries; commerce de bestiaux. Patrie de l'orientaliste Langlès. — Péronne était jadis la capit. du petit pays du Santerre. Les rois Mérovingiens y eurent un palais. A la fin du ix* siècle, la châtellenie de Péronne dépendait du comté de Vermandois; en 923, le comte de Vermandois, Herbert II, y retint prisonnier Charles le Simple, qui y mourut en 929. La ville reçut en 1207 une charte de commune. Péronne est une'des Villes de la Somme qui furent cédées provisoirement au duc de Bourgogne Philippe le Bon par le traité d'Arras (1435), puis cédées à perpétuité à Charles le Téméraire par celui de Conflans (1465). Louis XI, ayant eu l'imprudence de s'y rendre 3 ans après pour une conférence, y fut retenu captif par le duc à la suite de la révolte des Liégeois qu'il avait secrètement excitée, et fut forcé d'y signer le Traité de Péronne, par lequel, confirmant le traité de Conflans, il abandonnait les villes de la Somme, donnait à son frère en apanage la Champagne et la Brie, et s'engageait à suivre le duc à Liège pour châtier les révoltés (1468). LouisXI reprit Péronne à la mort de Charles le Téméraire, 1477. Kn 1536,elle résista victorieusement aux Impériaux, commandés par Henri de Nassau. Cette ville n'a jamais été prise, ce qui l'a fait surnommer Péronne la Pucelle. — En 1576, la noblesse de Picardie sigua à Péronne un traité d'union contre les Protestants, qui fut le commencement de la Ligue.
  • PÉROSÈS ou FIROUZ, roi sassanide de Perse de 457 à 488, était fils de Yezdedjerd II. Il enleva le trône à son frère aîné, Hormouz, et le fitmourir. Il périt dans une bataille après un règne malheureux, qui avait été désolé par la famine et la peste.
  • PÉROTE, v. forte du Mexique (Vera-Cruz), à 40 kil. O. de Jalapa, près du Coffre-de-Pérote, haute mont, de 2474™, dite aussi Nauhcampatepetl.
  • PEROTTI (Nie), savant prélat, né en 1430 à Sasso-Ferrato, m. en 1480, fut nommé dès 1455 archevêque de Manfredonia, puis devint gouverneur de l'Om-brie et de Pérouse. Il sut allierleslettresaux affaires: on a de lui une trad. latine des 5 premiers livres de Polybe, une édition avec Commentaires de Pline le naturaliste, et des notes sur Martial sous le titre de Cornucopia, Venise, 1489. Comme il cite dans ses commentaires quelques-unes des fables de Phèdre, alors inconnues, on a voulu , mais sans aucun fondement , le faire passer pour le véritable auteur de toutes les fables attribuées à l'auteur latin.
  • PÉROU, vaste contrée de l'Amérique du Sud qui s'étendait le long de l'Océan Pacifique, et était comprise presque tout entière entre l'équateur et le tropique du Capricorne, avait pour bornes à l'O. l'Océan Pacifique, au N. le Popayan, à l'E. les déserts inconnus du Brésil et une partie des Cordillières, au S. leTucuman, le Paraguay, le Chili. Ce pays immense, après avoir formé un empire unique sous les Incas, puis une vice-royauté sous les Espagnols, est auj. partagé en deux Etats distincts : le Bas-Pérou ou Pérou proprement dit au N. O., et le Haut-Pérou ou Bolivie au S. E.
  • PEROU (BAS-), république de l'Amérique du Sud, bornée au N. par celle de l'Equateur, au S. et au S. E. par la Bolivie, à l'E. par le Brésil, à l'O. par l'Océan Pacifique, s'étend de 69° à 84° long. O. et de 3° à 22° lat. S.: 2340 k. du N. au S., et 1325 de plus grande largeur; 2 600 000 h., dont env. 600 000 espagnols, 600000 indiens, 600 000 métis et le reste nègres et mulâtres; capitale, Lima. On le divise en 11 dép. : Junin, Livertad, Lima, Aréquipa, Ayacu-cho, Cuzco, Puno, Amazonas, Ancas, Huancavelica, Moquega, et 2 provinces : Callao etPiura. Le catholicisme est la religion du pays; il y a 2 évêchés, Lima, Aréquipa, et 2 universités, Lima, Cuzco.
  • Le Pérou est traversé dans sa partie occid. parles Andes, qui serrent de près la côte sur une longueur-de plus de 2000 kil., formant deux chaînes parallèles, entre lesquelles se trouve une bande de terrain dite la Sierra, aride, nue, élevée généralement de 3400" au-dessus de la mer ou même davantage (on y trouve, entre autres sommets, le Gualatieri,.volcan de 6705» de haut, le Pichu-Pichu, de 5670°); les tremblements de terre sont fréquents dans cette région ; en outre, elle est sujette à d'énormes variations de température. Le climat est au contraire assez égal et tempéré le long de la côte. Sur le versant oriental s'offrent d'abord la Montana, région de forêts et de lacs infestée de reptiles et d'insectes; puis de belles et fertiles plaines, richement arrosées et qui produisent toutes les denrées coloniales, ainsi que des arbres superbes (ébéniers, palmiers, cocotier, pin, aloès, bois de fer, cèdre). On y recueille le sang-dragon, des gommes, des baumes, la casse, le jalap, l'yerva maté, le sucre, le coton, le vin, la muscade, la cannelle, le café, le cacao, le poivre, le piment, legin-gembre, le tabac, etc. On y trouve en abondance la cochenille, le kermès, diverses espèces d'abeilles, et, sur les montagnes, le lama, l'alpaca, la vigogne, le guanaco, le chinchilla ; de superbes oiseaux y abondent, mais aussi un grand nombre d'animaux malfaisants : jaguars, couguars, ours noirs des Andes, caïmans, alligators, etc. Les mines d'or du Bas-Pérou, les plus riches connues, ont une renommée proverbiale ; on y trouve aussi de riches mines d'argent, de mercure , de cuivre, de plomb, etc., mais la plupart abandonnées. L'industrie est peu développée; le commerce, jadis florissant, est fort déchu.
  • Le Pérou, en comprenant à la fois sous ce nom le Bas-Pérou et le Haut-Pérou ou Bolivie, fut habité primitivement par les Quichuas ou Péruviens et quelques autres peuples (Chiquitos, Carapuchos) ; il forma du xn° au xvi" siècle un vaste empire, celui des Incas, qui semble même avoir compris pendant un temps l'état actuel de l'Equateur et partie de la Nouvelle-Grenade, du Venezuela et du Brésil. Leurs édifices, leurs forts, leurs temples, des routes superbes de 1600 à 2000 kil. de long qu'ils avaient tracées à travers les Andes, de nombreux canaux d'irrigation, leurs vases, habits, armes et ornements, leurs institutions politiques et religieuses, témoignent du degré de civilisation où ils étaient parvenus. Leur dieu principal était le Soleil, vénéré sous le nom de Pachakamak ; le roi, dit Inca, prétendait descendre de ce dieu par Mancocapac, le premier législateur du Pérou. Le gouvernement était despotique ; au-dessous des rois étaient des gouverneurs appelés Caciques. Cuzco était la capitale de l'empiré. Les Incas Atahualpa et Huescar, 13e" successeurs de Mancocapac, régnaient sur le Pérou lorsque les Espagnols eurent connaissance du pays. Pizarre et Almagro l'explorèrent et le conquirent de 1526 à 1533 .Hues-car périt en combattant,.Atahualpa fut perfidement mis à mort par les Espagnols. Le Pérou devint alors une grande vice-royauté de leur monarchie, qu'ils divisèrent en trois audiences ( Los Reyes, Quito et Charcas ou la Plata). Ce pays fournit pendant trois siècles à l'Espagne une immense quantité de métaux précieux; mais les Espagnols l'exploitèrent avec una cruauté inouïe : ils y firent périr par l'excès des travaux une immense quantité d'hommes. Les Péruviens se révoltèrent en 1780 et massacrèrent 20 000 hommes à la prise de Sorata; mais ils furent bientôt vaincus et soumis. De toutes les colonies espagnoles de l'Amérique, le Pérou est celle qui arbora la dernière le drapeau de l'indépendance: une armée chilienne , commandée par le général St-Martin et l'amiral Cochrane, s'empara de Lima en 1821 et proclama l'indépendance du Pérou sous la protection de Bolivar. La victoire de ce dernier à Junin (1824) et celle du général Sucre à Àyacucho 11824) consolidèrent la liberté du Pérou; mais bientôt la discorde éclata dans la nouvelle république, et une scission violente sépara le Ht-Pérou, protégé par Bolivar, et qui prit le nom de Bolivie, et le Bas-Pérou, qui conserva l'ancien nom. Les deux républiques eurent de longues querelles entre elles au sujet de leurs [ limitas; en outre, elles ont été longtemps désolées par des dissensions intérieures et de fréquentes révolutions. Le Bas-Pérou est gouverné par un président élu pour 6 ans, et par un sénat et une chambre des députés. Parmi les présidents de cette république, on remarque Gamara, élu en 1830, qui après s'être maintenu onze ans dans la direction des affaires, se vit chassé de Lima en 1841, et le général Santa Cruz, qui se fit élire à sa place, mais abdiqua bientôt (1842).
PERP	- 1462 —	PERR

  • PÉROU (HAUT-). T. BOLIVIE.
  • PÊROUNj dieu du tonnerre chez les Slaves. S. Vladimir détruisit son idole à Kiev au x° s.
  • PÉROUSE, Perugia des Italiens, Perusia des Latins, v. forte du roy. d'Italie, ch.-l. de la prov. de son nom et précédemment de la délégation de Pérouse dans les Etats-Romains, sur une montagne, près du Tibre, à 136 k. N. de Rome; 15 000 hab. Evêché, université, fondée en 1307, réorganisée en 1824; académie des beaux-arts, école de musique, musée d'antiques, bibliothèque. On remarque la cathédrale gothique de St-Laurent, les églises el Jésu, St-Pierre, des Philippins, des Dominicains, ornées de tableaux de Raphaël, du Pérugin, du Guide, etc.,la belle porte de laPiazza Grimana, dite Arc de triomphe d'Auguste, deux amphithéâtres, les salles de spectacle, etc. Étoffes de soie, de laine; liqueurs, chapeaux, eau-de-vie, etc. Vanucci, dit le Pérugin, naquit près de Pérouse. — Jadis une des 12 cités de la confédération étrusque au S. de l'Arno, cette ville s'allia aux Sam-nites contre Rome ; mais fut écrasée aux deux grandes batailles dites de Pérouse (309 et 295 av. J.-C.) et se soumit aux vainqueurs. On nomme Guerre de Pérouse la lutte qu'Octave eut à soutenir, l'an 41 av. J.-C, contre Lucius Antonius, frère de Marc-Antoine le triumvir, et contre Fui vie sa femme : Pérouse subit alors un siège célèbre; Octave vainqueur- fit, dit-on, immoler des prisonniers sur les autels; d'où le mot à'aulels de Pérouse. Cette ville fut au w s. prise par les Goths après un siège de sept ans ; Narsès la reprit, mais elle tomba bientôt après au pouvoir des Lombards. Pépin le Bref la donna aux papes, mais elle fit souvent la guerre à ses nouveaux maîtres et se maintint en quelque sorte en république. Cependant, en 1392, elle se soumit à Boniface IX. Prise en 1416 par le condottiere Forte-Braccio, elle devint le ch.-l. de la principauté que se fit ce guerrier aux dépens du St-Siége. En 1442, elle se soumit de nouveau au pape (sous Eugène IV), mais les deux grandes familles des Oddi et des Baglioni s'y disputèrent encore longtemps le pouvoir, et ce n'est que Léon X qui, après s'êlre emparé de la personne de J. P. Baglione, y établit effectivement l'autorité papale, 1520. Ellefut en 1860 annexée, avec toute l'Ombrie, au royaume d'Italie. —L'anc délégation de Pérouse, auj. une des divisions de l'Ombrie, était bornée au N. par celle d'Drbin et Pesaro, à 1O. par celle de Viterbe, et avait 45 kil. de long sur une largeur égale et 225 000 h. ; villes principales (outre Pérouse) : Foligno, Nocera, Assise, Città di Castello, Città délie Pieve, Todi.
  • PEROUSE (lac de), le lac Trasimène des anciens, à l'O. de Pérouse; il a 28 k. de tour. Y. TRASIMENE.
  • PERPENNA (M.), consul romain en 130 av. J.-C, battit et fit prisonnier Arisfonic, qui disputait aux Romains le royaume de Pergame.
  • PERPENNA (M. Vento), général romain du parti de Marius, était en 79 av. J.-C lieutenant de M. ,/EmiI. Lépidus (père du triumvir). Après la défaite et la mort de celui-ci, il se rendit en Espagne, et joignit ses troupes à celles de Sertorius ; mais bientôt, jaloux de ce général, il le fit assassiner dans un festin. Devenu par ce crime général en chef de l'armée serto-rienne, il ne fit que des fautes : il se laissa prendre dans une embuscade et battre par Pompée, qui le fit mettre à mort, en 72 av. J.-C.
  • PERPÉTUE (Ste), vierge chrétienne, souffrit le martyre à Carthage avec Ste Félicité, en203 ou205. On la fête le 7 mars.
  • PERPIGNAN, Perpennianuiri en latin moderne, v. forte, ch.-l. du dép. des Pyrénées orient., sur la r. dr. du Tet, à 8 k. de la mer et à 849 k. S.:deParis (par Moulins), 882 k. par Toulouse; 23 462. Ëvêché (transféré d'Elue en 1604), trib. de 1** inst. et de commerce, collège, école normale; société d'agriculture, jardin botanique, bibliothèque, cabinet d'histoire naturelle et de physique, pépinière départementale ; bergerie impériale, haras.PÎacede guerre; forte cita-, délie, belle place d'Armes, casernes; belle cathédrale' de S. Jean-Baptiste, chemin de fer. Hôtel de ville ; belles promenades. Draps, couvertures de laine, bouchons, tanneries, distilleries. Grand commerce de vins de Roussillon, d'eaux-de-vie, d'olives, de soie, de laines. Patrie du peintre Rigaud et de dom Brïtu. — On voità4k. de Perpignan les ruines deflusstnOydétruite en 828. Perpignan, qui a remplacé cette ville, fut'la capitale du Roussillon, dont elle suivit le sort; elle appartint successivement aux rois d'Aragon et aux rois de France. Yers 1278, Jayms I", roi de Majorque, y fît élever un château, auj. compris'dans les bâtiments de la citadelle. En 1475, cette ville fut prise après un long siège par les Français ; elle rentra en 1493 sous la domination de l'Espagne; en 1642, Richelieu s'en empara, ainsi que de tout le Roussillon, que le traité des Pyrénées (1659) assura à la France. Assiégée en 1794 par les Espagnols, elle fut défendue par Dugommier. — Perpignan possédait jadis une université, qui y avait été fondée en 1349. '
  • PEKRACHE(Michel),sculpteurdeLyon,1685-1750. embellit sa patrie d'un grand nombre d'ouvrages qui assurèrent sa réputation.— Son fils, sculpteur et architecte, 1726-79, forma le projet d'agrandir Lyon en reculant au S. de la ville le confluent du Rhône et de la Saône afin d'y joindre une île ; on fit dans ce but une chaussée qui porte encore son nom,
  • PERRAULT (Claude), né en 1613 à Paris, m. en 1688, d'abord médecin, ensuite architecte, était fils d'un avocat au parlement. Il conçut le goût de l'architecture en étudiant Yitruvé. Il s'est immortalisé en fournissant les plans du nouveau Louvre, notamment de la magnifique Colonnadeàe cet édifice, composée de colonnes corinthiennes accouplées (1666-70). On lui doit en outre VObservaloire de Paris (1667-72), et plusieurs autres monuments, en-treautresun Arc de triomphe colossal élevéàlaPorte St-Antoine et auj. détruit. Cl. Perrault se distingua à la fois par l'imagination et le goût : son Louvre est remarquable par la beauté des proportions antiques, la pureté des profils, l'élégance des formes et des ornements, la correction des détails et le fini de l'exécution. Il a publié, entre autres ouvrages, une traduction de Titruve, et un traité de VOrdonnance des cinq espèces de colonnes, selon la méthode des anciens. Il était membre de l'Académie des sciences.— Son frère, Charles Perrault (1628-1703), se livrad'a-bord à la poésie etfit beaucoup de vers, surtout dans le genre burlesque, puis entra au barreau où il eut quelque succès, et devint enfin I" commis de la surintendance des bâtiments du roi% Il eut part à la fondation des Académies des inscriptions, des sciences, de peinture, sculpture et architecture, fut lui-même membre de l'Académie française et de celle des inscriptions dès leur fondation et fit transporter au Louvre !e siège de l'Académie Française. Charles P. est auteur de notices sur les hommes illustres du xvii* siècle, 1696-1700 ; mais il est surtout célèbre par ses Contes de fées, publiés sous le titre de Contes de ma mère l Oye ou Histoires du temps passé, 1697, qui sont encore aujourd'hui populaires, et par la part qu'il prit à la querelle des anciens et des modernes. Il s'attira l'inimitié de Boileau, qui devint injuste pour lui et son frère, en soutenant hautement la supériorité des modernes sur les anciens. II a soutenu cette thèse dans son poëme sur le Siècle de Louis le Grand et dans son Parallèle des anciens et des modernes (1688-98), 4 vol. in-12. Outre les ouvrages déjà cités, on a de Charles plusieurs Contes en vers, inférieurs à ses contes en prose (Peau d'Âne, Grisélidis, etc.), un Poème sur la chasse et un Poëme de la peinture. Ses OEuvres choisies ont été publiées par Colin de Plancy (1826) et par P. L. Jacob (1842), avec une Dissertation sur les contes de fées. Ses Contes ont été souvent réédités, récemment par M. Giraud (1865). Il a "laissé des Mémoires (1759).
L'ERS — 1463 — FERS

  • PERRENOT DE GRANVELLE. V. GRANVELLE.
  • PERRECX, ch.-l. de c (Loire), à 5 kil. E. de Roanne ; 2552 bab.
  • PERRUÉBIE, Perrhœbia, contrée de Thessalie, entre l'Olympe et la vallée de Tempe, était d'abord habitée par un peuple d'origine pélasgique, qui en fat expulsé par les Lapithes.
  • PERRIN (Pierre), le créateur de l'opéra français, dit l'abbé Perrin, quoiqu'il n'eût jamais reçu les ordres, né à Lyon vers 1630, m. en 1680, était introducteur des ambassadeurs chez Gaston,duc d'Orléans. 11 composa et fit représenter en 1659, dans une maison particulière, une pastorale en 5 actes et en vers, mise en musique par Cambert, qui est la 1" pièce française qu'on ait chantée. Ce nouveau genre ayant eu un grand succès, il obtint en 1669 des lettres patentes pour l'établissement d'une académie de musique, où l'on chanterait des pièces de théâtre : il installa ses acteurs dans un jeu de paume de la rue Ma-zarine, et y fit jouer en 167 ll'opéra de Fomone. Mais, dès l'année suivante, il se vit forcé, faute de fonds suffisants, d'abandonner l'entreprise et céda son privilège à Lulli. Perrin avait pubûé en 1661 ses OEuvres de poésie. Boileau l'a fort maltraité.
  • PERRIN (Victor), maréchal de France. V. VICTOR.
  • PERRONET (J. Rod), ingénieur, directeur des ponts et chaussées, né à Suresnes en 1708, m. en 1794, fit treize ponts magnifiques, entre autres celui de Neuilly (le premier exemple d'un pont horizontal), et le pont Louis XV à Paris, dirigea les travaux du canal de Bourgogne, donna un plan pour amener à Paris les eaux de l'Yvette, indiqua les moyens à employer pour construire des arches de pierre de 100 et même de 150™ d'ouverture, imagina un grand nombre de machines encore en usage dans les constructions, entre autres la scie à recéper les pieux sous l'eau, un tombereau inversable, une drague pour curer les ports et les rivières, une double pompe à mouvement continu. C'est lui qui organisa l'École des ponts et chaussées, fondée par Trudaine (1747) : il en fut le 1er directeur. Il était membre de l'Acad. des sciences et de l'Académie d'architecture.
  • PERROS-GUIREC, ch.-l. de c (Côtes-du-Nord), à 10 kil. N. de Lannion; 2765 hab. Petit port.
  • PERROT D'ABLANCOURT. 7. ABLANCOORT.

[modifier] PERS

  • PERSAN (DOUBLET de), T. DOUBLET.
  • PERSANS, habitants de la Perse, se dit de préférence quand il s'agit de la Perse moderne.
  • PERSANTE.riv. des États prussiens (Prusse), sort d'un petit lac au N. O. de Neu-Stettin et tombe dans la Baltique, près de Colberg. Cours, 140 kil.
  • PERSE. Ondésigne sous ce nom etla Perse ancienne ou empire des Perses, et la Perse moderne ou Iran.
  • PERSE ANCIENNE, Persia, l'Élam de la Bible, vaste empire de l'Asie, avait pour bornes au N. l'Iaxarte, la mer Caspienne, la chaîne du Caucase et le Pont-Euxin, à /E. le fleuve Tndus, au S. la mer Erythrée, le golfe Persique et l'Arabie, à l'O. le désert deLibye, la Méditerranée, la mer Egée et le Pont-Euxin. Il était divisé par l'Euphrate en deux parties inégales : l'une, à l'O. du fleuve, comprenait la presqu'île de l'Asie-Mineure, la Syrie, la Phénicie et l'Egypte; l'autre à l'E., renfermait les contrées situées entre l'Euphrate et l'Indus. Les villes les plus importantes étaient : Persépoiis, Suse, Ecbatane. Cet empire comprenait, outre la Perse actuelle, les pays qui font partie de la région caucasienne de l'empire russe, quelques portions du Turkestan, une grande partie de la Turquie d'Asie, le Béloutchistan, l'Afghanistan, quelques États de l'Hindoustan et l'Egypte. Cyrus avait divisé ce vaste empire <sn 120 petits gouvernements ; Darius I en 20 grands gouvts ou satrapies :

1 Lydie et Pisidie, 11 Côte S. de la mer Cas- 2 Carie, Lycie et Pam- pienne. phylie, 12 Bactriane. 3Phrygie,Cappadoceet 13 Arménie. Paphlagonie, 14Drangiane, Carmanie 4 Cilicie et Syrie septent, et Gédrosie. 5 Syrie méridionale, 15 Pays des Saces. 6 Egypte, 16 Sogdiane , Arie , Cba- 7 Transoxiane, rasmie et Parthiène. 8Susiane, 17 Colchide. 9 Syrie des rivières, Ba- 18 'Albanie et Ibérie. bylonie et Assyrie, 19 Pont. 10 Médie, 20 Arachosieetlndepers. A ces 20 satrapies, il faut joindre la Perside, ber ceau de la nation, qui formait une division à part, sans porter le titre de satrapie. — Sous les Sassani- des (ou 2e empire persan), la Perse ne comprenait plus l'Asie-Mineure, l'Egypte, la Bactriane, la Sog diane; sa domination futen outre très-limitéeavAN., et l'Arménie était partagée avec l'empire romain. Après la domination arabe, le nom de Perse dispa raît presque pour être remplacé par celui d'Iran.

  • PERSE MODERNE ou IRAN , Etat de l'Asie occidentale, borné au N. par l'empire de Russie (dont il est séparé par l'Araxe), la mer Caspienne et le Turkestan, à l'E. par les roy. de Hérat et de Caboul et la confédération des Béloutchis, au S. par le golfe Persique et le golfe d'Oman, à l'O. par la Turquie d'Asie, s'étend de 42° à 60° long. E., et de 25° à 40° lat. N.; env. 11000 000 d'hab.; capit., Téhéran (jadis Is-pahan). On divise généralement ce royaume en onze provinces :

Provinces. Chefs-lieux. Irak-Adjémi, Téhéran. Tabaristan, Demavend ou Amol. Mazendéran, •> Sari. Ghilan, Redit. Aderbaïdjan, Tauris ou Tébriz. Kourdistan perse, Kirmanchah. Khousistan, Chouster. Fars ou Farsistan, Chiraz. Kerman, Sirdjan ou Kerman. Kouhistan, Cheheristan. Khoraçan occidental, Mesched.

    • La Perse est un vaste plateau entouré de contrées montagneuses; les montagnes sont surtout nombreuses au N. O. Elle ne renferme qu'un très-petit nombre de cours d'eau : dans le bassin du golfe Persique, le Tigre et le Chat-el-Arab ; dans le bassin de la mer Caspienne, l'Araxe, le Kizil-Ozen et l'Abi-Atrek. Le climat est très-varié, chaud en général, brûlant en quelques parties ; tempéré et même froid vers les montagnes. Au N. E. s'étendent deux vastes déserts arides et imprégnés de sel marin, celui de Na-bendjan et celui du Kerman. Dans le reste du pays, la fertilité varie selon que l'eau est rare ou abondante : dans les parties arrosées, le sol produit avec profusion tous les genres de céréales et des fruits exquis (c'est de la Perse que la pêche est originaire). Vins célèbres, jujubes, opium, tabac, rhubarbe, henné, galle, gommes. Gros bétail, beaux chevaux, onagres, dromadaires, .buffle's, moutons à grosse queue, chèvres innombrables; mais aussi beaucoup d'animaux malfaisants : lions, tigres, léopards, panthères, hyènes, ours, etc. Un peu de cuivre, argent, fer, marbre; turquoises, les plus belles du monde (on les tire surtout des mines de Nichapour); sel en quantité, naphte au Nord. Industrie jadis florissante, mais fort déchue : tapis, soieries, châles, maroquins, armes, etc. Ce sont surtout les étrangers qui font le commerce : les Russes par Recht et Astrakhan, les Anglo-Indiens par Bender-Boucher, les Boukhares par Asterabad et le Khoraçan. Les Persans sont braves, déliés, polis et spirituels, mais ils passent pour faux, paresseux ettrès-vicieux; ils sont très-amis du luxe des habits. Ils professent l'Islamisme, mais sont de la secte Chyite (V. ce mot), ce iiui entretient leur haine contre les Turcs, qui sont Sunnites; on y compte aussi depuis peu beaucoup de Sofites. Avant le triomphe de l'Islamisme, la majeure partie de la population professait le Magisme nu religion de Zoroastre; il ne reste plus auj. qu'un petit nombre de sectateurs de cette religion {Y. GUE-BRES). Aux m" et iv° siècles, i! s'y trouvait aussi beaucoup de Chrétiens; mais à partir du V siècle, les rois fie Perse s'attachèrent à les exterminer. Les Chrétiens qui subsistent encore en Perse sont pour la plupart des Nestoriensou des Arméniens schismatiques. L'instruction est très-répandue chez les Persans, mais ils aiment surtout la poésie et les fables : la Perse compte un assez grand nombre de poètes célèbres : Firdouci, Saadi, Djâmi, Hâfiz, Féryd-eddin-Attar, et de grands historiens: Mirkhond, Khondé-mir, etc. La forme de gouvernement est la monarchie absolue et héréditaire. Depuis 1828, le roi reconnaît pour héritier le fils atné de son fils aîné.
PERS — 1464 PERS

    • L'histoire de la Perse ne commence réellement qu'à Cyrus, au vr» s. av. J.-C. Avant cette époque, les annales de la Perse racontent une série d'évènements qui donnent à la nation persane une antiquité exagérée; on y place la dynastie fabuleuse des l'ichdadiens ou Kaiomariens, à laquelle succéda celle des Kaianiens ou Achéménides, d'où sortit Cyrus. Ce qu'il y a de certain, c'est que, pendant les bouleversements des empires d'Assyrie et de Médie, les Perses, restreints alors à la Perside (le Farsistan actuel), se maintinrent indépendants. Le mariage de Mandane, fille d'Astyage, roi des Mèdes, avec Cam-hyse, roi des Perses, qui fut le père de Cyrus, prépara la réunion de la Perside et de la Médie, qui eut ieu après la mort de Cyaxare II (536) ; les victoires de Cyrus et ses conquêtes en Lydie, en Asie-Mineure, en A'ssyrie, créèrent le vaste empire des Perses. De 530 à 330 av. J.-C, cet empire grandit encore, s'augmente de l'Egypte, achève la conquête de l'Asie-Mineure, puis il entre en lutte avec la Grèce. Dans le v* s. av. J.-C, les Guerres médiques (Y. ce mot) commencent à l'ébranler; amolli par le luxe et s'affais-sant sous le poids de sa puissance même, l'empire médo-persan s'épuise à comprimer des révoltes (F. CYRUS le Jeune), et finit par tomber sous les coups d'Alexandre. Après le règne éphémère de ce dernier (330-323), l'empire est démembré pour être partagé entre ses lieutenants; il devient en grande partie la possession des Séleucides. Mais presque aussitôt les rois parthes le leur disputent : profitant des guerres que se faisaient Antiochus Théos et Ptolémée Phila-delphe, Arsace s'empara de la Parthie et y fonda l'empire des Arsacides, 256 av. J.-C. Finalement, après la ruine totale des Séleucides, dont les débris grossirent l'empire romain (64 av. J.-C), l'ancien empire des Achéménides se trouva divisé en provinces romaines (àl'O. de l'Euphrate), royaume des Parthes ondes Arsacides (àl'E.), Arménie (vassale de Rome), et provinces au N. des monts Paropamises (indépendantes ou soumises à des hordes sauvages souvent hostiles aux Romains). — L'an 226 après J.-C commence la dynastie des Sassanides, qui renverse celle des Arsacides, réunit les possessions de l'ancien empire des Perses dans la Haute-Asie, et forme un second empire persan. Les Sassanides portent des coups terribles aux Romains, mais ils sont eux-mêmes renversés par les Arabes (652). Pendant la période du califat (652-1258), l'empire arabe englobe toute la Perse et le nom de Perse disparaît le plus souvent, du moins pendant trois siècles : mais à partir du vm" s., cet empire perd successivement de ses provinces, non-seulement à l'O., maïs aussi à l'E. Les Tahérides, lesSoffaridas, lesSamanides, lesBouides, les Gaznévides créent sur diverses point? du territoire de la Perse, aux dépens des califes, des Etats indépendants ; lesGourides, les Seldjoucides (1037), puis Gen-giskhan (1235), assujettissentles califes à leur tutelle, jusqu'à ce qu'enfinle MongolHoulagou-khan, petit-fils de Gengiskhan, les renverse tout à fait et mette fin au califat (1258). LaPerse ou Iran est alors soumise à des khans mongols issus les uns de Houlagou, les autres de Tamerlan ; pendant le même temps, les Ilkha-niens (1336-1390), les Turcomans du Mouton Noir (1407-1468), et enfin lesTurcomans du Mouton-Blanc (1468-1499) régnent sur divers points de la Perse; mais nulle de ces maisons ne fonde une puissance vraiment durable. En 1499 apparaissent les Sophis : d'abord faibles, ils sont forcés de céder,aux Turcs tout le pays à l'E. du Kerkah; mais, en 1587, Abbas le Grand, l'un d'eux, rétablit la monarchie : il bat les Turcs, leur reprend Tauris, s'empare de la Géorgie et enlève Ormuzaux Portugais. A partir du xvn° s. une série d'invasions et d'usurpations, parmi lesquelles celle des Afghans en 1722 et du fameux Nadir, 1736-47, viennent déchirer la Perse, qui finit parêtredémembrée(1779).Enl794,Aga-Mohâmmed-chah, prince Kadjar, met un terme à l'anarchie, et bientôt son fils Feth-Ali-chah reconstruit dans bipartie occid. de l'ancienne Perse l'empire d'Iran (1797); mais les guerres de ce prince avec la Russie ont encore fait perdre à la Perse une partie de son territoire : par le traité de Tourkmantchaï (1828), elle fut forcée de céder aux Russes les khanats d'Erivan et de Nakhitchevan. Néanmoins la dynastie des Kad-jars réussit à s'affermir sur le trône et c'est elle qui règne encore auj. sur la Perse.
    • Dynasties et souverains de la Perse.

Dynastie fabuleuse. Narsès, 296 Pichdadiens ou Kal'o- HormidasII, 303 mariens. Saporll, * 310 1° Achéménides ou Kaïa- Artaxerce H, 380 SaporHI, 384 Varane IV, 389 Cyrus, av. J.-C, 536 Cambyse. Smerdis le Mage, 530

523 Darius 1, 521 Xerxès I, 485 (Artaban), 472 Artaxerce I, 471 Xerxès II, 424 Sogdien, 424 Darius II, Nothus, 423 Artaxerce II, MnémonAQk Artaxerce III, Ochus ,362 Arses, 338 Darius III, Codoman ,336 2* Rois étrangers. Alexandre le

Grand, 330-323 Intervalle de 323 ay. J.-C. à 226 ap. J .-C, rempli par les dynas- ties des Séleucides et des Arsacides.

3° Sassanides.

Artaxerce, 226 Sapor I, 238 Hormidas I, 271 Varane I, 273 Varane II, 276 1 Varane III, 293 Yezdedgerd I, 399 Varane V, 420 Yezdedgerd II, 440 Hormisdas et Perôsès,457 Balascès, 484 Cabad(dèp. 498-501), 491 Chosroês le Grand, 531 Hormisdas III, 579 Chosroês II, 590 Siroès, 628 Adeser, \ Sarbazas, [629 Tourandokt, reine,; Kochanchdeh, ] Arzoumidokt,reine, ( Chosroês III, \632 Perosès II. 1 Faroukzad, ) Yezdedgerd III, 632-652 4° Califes depuis OChman (652-1258). V. CAMPES. 5° Concurremment avec les califes, maissurquei- ques points seulement : Tahérides, 820-872 Soffarides, 872-902 Samanides, 902-999- Èouides, 932-1056

I'ERS

1465 —

  • FERS

6° Ghaznévides. Djouhaniens et Modhaf- Alp-Tékin, 960 fériens). Sebek-Tékin, 975 Tamerlan, 1360-1405 Mahmoud, 9!l9 12" Turcomans. Maçoud, 1028 ou 1030 DynastieduMoutonNoir. 7° Seldjoucides de Perse. Eskander, 1407-35 Togroul I, 1038 Géangir, 1435-68 Alp-Arslan, 1064 Dyn. du Mouton Blanc. Malek-chah, 1072 Ouzoun-Haçan, 1468 Barkiaroc, 1093 Yékouf, 1478 Mohammed I, 1105 Djoulaver, 1485 Sandjar, \ Baysingir, 1488 Mahmoud I, (me; Roustam, 1490 Macoud, (1UD Ahmed, 1497 Mohammed II, ) 1158 Alvant, 1497 Soliman-chah, 1158 13° Sophis. Arslan-chah, 1161 Ismaïll, 1499 Togroul II, 1175-1194 Thamasp I, 1524 S'Gourides et Khans du IsmaïlII, 1576 Kharitm (1155-1225). Khodavend, 1577 9° Grands-khansmongols. Hamzah, 1585 Gengis-Khan, 1225 IsmaïlIII, 1585 Oktaï, 1229 Abbas Ile Grand, 1587 Kaïouk, 1246 Séfi, 1629 Mangou, 1251 Ab lias II, 1642 10°Khanatmongol Soliman II, 1666 d'Iran. Hussein, 1694-1722 Houlagou, 1259 Mahmoud, 1722 Abaka, 1265 Aschraf, 1725 Ahmed, 1282 Thamasp II, 1729' Argoun, 1284 Abbas III, 1732 Kandjatou, 1290 14° Princes divers. Baïdou, 1294 Nadir-chah, 1736 Casan ou Haçan, 1295 Ali-Kouli-khan, 1747 Aldjaptou, ' 1304 Ibrahim, 1747 Abousaïd, 1317 Ismaïl-chah, 1747 Anarchie (1335-60). Kérim-Wakil, 1761 11° llkhaniens. Guerre civile (1779-94). Hassan-Bouzrouk, 1336 15° Dyn. des Kadjars. Avéis I, 1356 Aga-Mohammed, 1794 Ahmed Gésaïr ou Feth-Ali-chah, 1797 Avéis II, 1381-90 Mohammed-chah, 1834 (Dans le même temps, Nassereddin-chah, 1848

  • PERSE, Aulus Persius Flaccus,satirique latin, né l'an 34 de J.-C, à Volaterrae en Ëtrurie, m. en 62, à peine âgé de 28 ans, était fils d'un chevalier romain et fut de bonne heure amené à Rome où il étudia les lettres sous le grammairien Rhemnius Palémon, et la philosophie sous le stoïcien Cornutus, chez lequel il eut pour condisciple Lucain. Il embrassa le stoïcisme avec ardeur, et se lia avec les hommes les plus vertueux, notamment avec Thraséas. Il légua 100 000 sesterces en mourant à son maître Cornutus. Le poète Caesius Bassus,son ami, édita ses satires après en avoir retranché les passages trop hardis. Les satires de Perse sont au nombre de six et sont précédées d'un court prologue ; elles ne forment pas plus de 600 vers. L'auteur s'y montre ardent ami de la vertu et de la simplicité antique; son style a de la noblesse et de la force, mais il est souvent obscur à force de concision ; on présume qu'il s'y trouve beaucoup d'allusions à Néron. Les deux plus belles sont celles Contre les mauvais auteurs et Contre les vœux insensés des hommes. Les satires de Perse sont ordinairement réunies à celles de Juvénal. Les éditions les plus estimées de Perse seul sont celles de Casau-bon, Paris, 1605, avec un savant commentaire; de Passow, Leips., 1809; d'Achaintre, Paris, 1812 ;d'O-relli, Zurich,1833; d'Otto Iahn, Leips, 1843. Ces satires ont été traduites en prose par Lemonnier,Sélis, Achaintre, Perreau ; elles se trouvent aussi traduites, avec le texte, dans les collections Panckouke et Ni-sard. Elles Ont été mises en vers par MM. Raoul, A. Théry, Fabre, A. Desportes, J. Barbier, Ch. Soul-' lier, J. Lacroix, etc.
  • PERSÉCUTIONS DE L'ÉGLISE. Y. CHRISTIANISME.
  • PERSÉE, héros grec, fils de Danaé et de Jupiter, oui s'était métamorphosé en pluie d'or pour séduire cette princesse. Il fut, par ordre de son aïeul Acrisius, abandonné aux flots avec sa mère, mais le coffre qui les portait vint aborder sur la côte de Sériphe, et Persée trouva un appui dans le roi de cette île, Po-lydecte. Devenu grand, il sauva sa mère de la brutalité de ce prince, vainquit les Gorgones et trancha la tête de Méduse; il vit naître Pégase du sang qu'il venait de verser, prit pour monture ce coursier merveilleux'et délivra avec son secours Andromède, que bientôt après il épousa. S'étant rendu à Larisse pour y prendre part à des jeux publics, il eut le malheur d'y tuer par accident d'un coup de disque Acrisius, son grand-père, sans le connaître (1431 av. J.-C). II succéda à ce prince sur le trône d'Argos,' fonda My-cènesetm. vers 1397.Ilfutpère d'Alcée, deSthénélus et d'Ëlectryon. Persée fut après sa mort placé au ciel, où il forme la constellation qui porte son nom.
  • PERSEE, roi de Macédoine, fils naturel de Philippe V. Eloigné du trône par sa naissance illégitime, il parvint, à force de calomnies, à pousser le roi à faire périr son fils légitime Démétrius, s'assura le trône par ce crime et devint roi après la mort de Philippe, 178 av. J.-C. Ennemi juré des Romains, il cacha longtemps sa haine et ses préparatifs, et fit assassiner le roi de Pergame,Eumène II, qui dénonçait ses projetsà Rome. La guerre ayant enfin éclaté,en 171, il remporta d'abord plusieurs avantages, mais enfin il fut vaincu à Pydna par Paul-Emile, en 168. Il chercha un refuge dans l'île de Samothrace, mais il tomba bientôt aux mains du vainqueur (167), et servit d'ornement à son triomphe. On le jeta dans une prison où il eut à souffrir la faim et où l'on hâta sa mort en le privant de sommeil. Un de ses fils fut réduit à se faire scribe ou greffier.
  • PERSÉPHONE, nom grec de PROSERPINE.
  • PERSÉPOLIS, v. de Perse, capitale de la Perside et plus tard de toute la monarchie médo-persane. sur l'Araxe, près de son confluent avec le Cyrus, entré des hauteurs, à 53 kil. N.E. de la ville actuelle de Chy.-raz, passait pour être la ville la plus riche de l'Asie et était la nécropole des rois de Perse. Elle avait été fondée par Cyrus ou par Cambyse. Elle fut prise par Alexandre en 330 av. J.-C, et livrée au pillage. On dit qu'à la suite d'une orgie, le conquérant, poussé par la courtisane Thaïs, mit le feu au palais pour venger Athènes, qui avait été brûlée par Xercès; mais quelques-uns attribuent l'incendie à un accident purement fortuit. Quoi qu'il en soit, la ville fut loin d'être consumée en entier et elle se releva bientôt. Elle devint, sous le nom d'Istakhar, la résidence des Sassanides, comme le prouvent les inscriptions en pehlvi et en persan que l'on y trouve à côté des inscriptions cunéiformes du premier empire. Elle paraît avoir été détruite du vir ou du vm« s. par les Arabes. Auj. les Persans appellent les ruines de Persépolis Takht-i-Dschemschid (le trône de Dschemschid), ou Tchil-Minar (les 40 colonnes) : on y voit en effet les restes d'un magnifique édifice orné d'un grand nombre de colonnes cannelées en marbre gris, qui n'ont pas. moins de 2" de diamètre et de 24mde hauteur; on y trouve aussi des statues colossales représentant des animaux qui semblent être les gardiens de l'édifice : ils ont des ailes, le corps d'un lion, les pieds d'un cheval, mais une tête d'homme, ornée de la tiare, et une barbe frisée. Ces merveilles d'un art supérieur à celui de l'Egypte ont été signalées par Chardin et les voyageurs postérieurs; elles ont été décrites par E. Flandin dans son Voyage en Perse (1843).
  • PERSERIN ou PRISREND, Theranda ? v. de la Turquie d'Europe (Albanie), ch.-I. de livah, au pied du mont Tchartag, à 80 k. E. de Scutari; 15 500 hab. Ëvêché grec. Manufacture d'armes à feu.
  • PERSIDE,Persis, auj. le .Fars ou Farsistan, région d'Asie, avait pour bornes au N. la Médie, au S. le golfe Persique, à l'O. la Babylonie et la Susiane, à l'E. la Carmame.et avait pour ch.-l. Persépolis, qui devint la capitale de tout l'empire perse. Après avoir formé un petit Etat qui resta longtemps indépendant sous le gouvernement des ancêtres de Cyrus, la Pe