Discuter:Dictionnaire universel d'histoire et de géographie Bouillet Chassang/transfert Wikipédia-OCR/L
La bibliothèque libre.
Sommaire |
[modifier] L
- L, dans les abréviations, signifiait chez les Romains : Lucius, Lsslius, Lollius, Latinus, Legio,Lex, Libra, Legatus. L. s'emploie aussi souvent, chez les modernes, pour Ludovicus, Louis, Lucien, Léon, etc.
| Lettres | État Wikipédia | État Wikisource | Remarques |
|---|---|---|---|
| /LA | |||
| /LB | |||
| /LC | |||
| /LD | |||
| /LE | |||
| /LF | |||
| /LG | |||
| /LH | |||
| /LI | |||
| /LJ | |||
| /LK | |||
| /LL | |||
| /LM | |||
| /LN | |||
| /LO | |||
| /LP | |||
| /LQ | |||
| /LR | |||
| /LS | |||
| /LT | |||
| /LU | |||
| /LV | |||
| /LW | |||
| /LX | |||
| /LY | |||
| /LZ |
[modifier] LAA
- LAA,v. des États autrichiens (Basse-Autriche), à 42 kil. N. de Korneuburg; 1400 hab. En 1278, Rodolphe de Habsbourg battit Ottokar de Bohême dans la plaine de Marchfeld, voisine de cette ville. Cette bataille dite de Marchfeld, lui valut la possession de l'Autriche et de la Styrie.
- LAACHERSEE, lac des Etats prussiens (Prov. Rhénane), à 23 kil. N. O. de Coblentz, a 3000 m de long sur 2600 de large; c'est le cratère d'un ancien volcan. Ruines d'une abbaye de Bénédictins, fondée en 1093 et où habita, dit-on, le fameux Lancelot du Lac
- LAALAND, lie du Danemark, dans la mer Baltique, entre celles de Falster et Langeland : 58 kil. sur 22 ; 40 000 hab. ; ch.-l., Mariboë. — Jointe à celle de Falster et à quelques autres, cette Ile forme le bailliage de Laaland, qui compte 85000 hab.
- LABADIE (J.), sectaire, né en 1610 à Bourg en Guyenne, m. en 1674 à Altona, avait d'abord été jésuite. Il prétendit avoir des visions, se donna pour un nouveau Jean-Baptiste, chargé d'annoncer la seconde venue du Messie, quitta les Jésuites, se mit à prêcher, et fit bientôt un grand nombre de prosélytes. Après une vie fort aventureuse, il abjura le Catholicisme à Montauban (1650), et fut pendant huit ans pasteur calviniste du temple de cette ville ; puis il passa à Genève, de là àMiddelbourg. Il fut condamné pour hérésie par le synode de Dordrecht et se réfugia à Altona. Jl enseignait que le baptême ne doit être donné qu'à un âge avancé ; mêlant à ses erreurs une grande licence de mœurs, il prétendait que les actions les plus impures peuvent être sanctifiées en les rapportant à Dieu. Il composa un grand nombre d'écrits bizarres : le Héraut du grand roi Jésus, Amst., 1667 , le Chant royal du roi Jésus, le Véritable exorcisme, etc.
- LA BALUE (Jean), cardinal et ministre d'état sous Louis XI, né en 1421 dans le Poitou, d'une famille d'artisans, sut, par son caractère actif et intrigant, capter les bonnes grâces de Louis XI. Il fut fait évêque d'Évreux et d'Angers, aumônier du roi, intendant des finances, et eut pendant plusieurs années toute l'autorité d'un premier ministre. Il fit abolir la Pragmatique-Sanction, malgré l'opposition du Parlement et de l'Université, ce qui lui valut le chapeau de cardinal. Il entretint en outre avec les ducs de Berri et de Bourgogne, ennemis du roi, une correspondance secrète, dans laquelle il leur livrait les secrets de l'état. Ses lettres ayant été interceptées, Louis XI voulut lui faire son procès; mais le pape s'y opposa, alléguant qu'un cardinal ne pouvait être jugé par l'autorité séculière. Louis XI le fit toutefois arrêter (1469), et il le tint, dit-on, pendant 11 ans, enfermé dans une cage de fer, que La Balue lui-même avait inventée. Rendu en 1480 à la liberté, il se retira à Rome, où il fut comblé d'honneurs et fait évêque d'Albano: on osa même l'envoyer en France comme légat à Latere (1484) ; mais il fut si mal accueilli qu'il se vit obligé de retourner en Italie; il y mourut en 1491.
- LABAN, fils de Bathuel et petit-fils de Nachor, était frère de Rébecca et père de Lia et de Rachel. Il donna successivement l'une et l'autre en mariage à Jacob.
- LABARBEN, Barbentum, vge des Bouches-du-Rhône, à 24 kil. N. O. d'Aix; 1625 hab. Ane château fort. Les Romains y eurent de nombreuses villas, sur les bords de la Touloubre. Les Templiers y fondèrent un hospice et une église.
- LABARRAQUE (A. Germain), pK^'aacien, né en 1777, à Oloron (B.-Pyrénées), m. el» Î850, fut dans sa première jeunesse employé dans la pharmacie militaire, s'établit pharmacien dans la capitale en 1805, obtint le prix proposé en 1820 par la Société d'encouragement à celui qui trouverait le moyen d'assainir l'art du boyaudier, découvrit ce moyen dans l'emploi des chlorures de calcium et de sodium (liqueur de Labarraque], livra généreusement sa découverte au public, et en fit lui-même de nombreuses applications , notamment au curage des égouts, à l'assainissement des lieux infects, à l'embaumement des corps, au pansement des plaies, au traitement de maladies réputées contagieuses, typhus, fièvre jaune, choléra, morve, etc. L'Académie des sciences lui décerna un prix Montyon (1823); l'Académie de médecine et la Société de pharmacie l'admirent dans leur sein; il fut en outre décoré et appelé au conseil de salubrité. Labarraque a exposé ses procédés dans l'Art du boyaudier (1822), et dans une brochure sur l'Emploi des chlorures (1823).
- LA BARRE (L. Fr. Joseph de), érudit, né àTournai en 1688, m. en 1738, rédigea le Journal de Verdun depuis 1727, donna une édition estimée du Spicile-gium de D'Achéry, 1723, et publia des Mémoires de Charles VI, 1730. Élu dès 1727 membre de l'Académie des inscriptions, il enrichit les mémoires de cette compagnie de savantes dissertations historiques.
- LABARRE (J. F. LEFEBVRE, chevalier de), jeune étudiant, avait à peine 19 ans lorsqu'E fut condamné, en 1766, par le tribunal d'Abbeville, à être brûlé vil pour avoir mutilé un crucifix. Le parlement de Paris, voulant user d'indulgence, lui accorda d'être décapité avant d'être jeté sur le bûcher; le Dictionnaire philosophique de Voltaire, qu'on regardait comme la source de son impiété, fut brûlé avec son corps
LABARRE (Éloi), architecte, né en 1764àOurscamps H. 64.*
LÀBB — 1014 — LABË
(Oise), mort en 1833, fit, sous Chalgrïn,Ia restauration du Luxembourg, éleva la colonne rostrale de Boulogne, et fut chargé en 1813 de construire la Bourse de Paris. Il fut admis à l'Institut en 1816.
- LABARUM (de l'assyrien labar, victoire), étendard que Constantin et ses successeurs faisaient porter devant eux à la guerre. C'était une lance traversée d'un bâton, duquel tombait un voile de pourpre où était peint le monogramme du Christ, avec sa croix. On dit que Constantin, comb.attant contre Maxence (312), avait vu apparaître dans les airs cet étendard avec ces mots : Hoc signo vinces (tu vaincras par ce drapeau), et que le lendemain il fit faire un étendard pareil, auquel il donna le nom de labarum, d'un mot qui avait été récemment introduit à Rome par les astrologues ehaidéens.
- LA BASSÉE, ch.-l. de c (Nord), à 22 kil. O. de Lille,8795 hab. Industrie variée : amidon, savon noir, huileries, distilleries, teintureries, etc. Canal de 9 kil. entre La Bassée et Bauvin; chemin de fer.
- LA BASTIDE. Ce mot qui, dans le midi de la France, signifie petite maison de campagne,est commun à plusieurs localités, notamment à 3 ch.-l.de canton : La Bastide-Clairence (B-Pyrénées), à 20 k. S. E. de Bayonne ; 1700 hab. ; mines de cuivre et de fer; —LaBaslide-Murat (Lot), àl5 kil. S. E. de Gour-don; 1460 hab.; patrie de Murât, roi de Naples; — LaBastide-de-Sérou (Ariége), à 15 kil. N. O. deFoix, 2710 hab. Forges. Aux env., ruisseaux aurifères.
LABAT(J. B. dit le P.), dominicain, né à Paris en 1663, mort en 1738, fut envoyé par son ordre à la Martinique, en 1693; devint supérieur de la mission des Antilles, et visita toutes ces tlesavecle plus grand soin. Il fut ensuite chargé d'une négociation à Rome (1706). De retour à Paris en 1716, il s'occupa de pu blier ses voyages. On a de lui : Nouveau voyageaux iles de l'Amérique, Paris, 1722;#bt«;eHeTetationde l'Afrique occidentale, d'après les Mémoires de Bruç, 1728; Voyage du chevalier Desmarchaisen Guinée, 1730; Voyage en Espagne et en Italie, 1730; Rela tion historique de l'Ethiopie occidentale, 1732; Mé moires du chevalier d'Arvieux, contenant sesvoyages en Asie, en Syrie, etc., 1735. Quoique prolixe, le P. Labat sait intéresser. La partie de ses voyages consa crée à l'histoire naturelle a peu de valeur., LA BS.TIE-NEUVE OU LA BATIE MONT-SAEÉON, Ch.-I. de c (Hles-Alpes), à 8 kil. E. de Gap ; 855 hab. Ruines romaines. LA BAUME, nom de lieu. V. BAUME et STE-BAUME.
- LA BAUME, famille ancienne de Bresse, a donné plusieurspersonnages distingués.Pierre de La Baume, évêque de Genève en 1523, fut chassé de la ville épiscopale par les Calvinistes en 1535. Son siège fut transféré à Anneci par Paul III, qui fit La Baume cardinal, li mourut archevêque de Besançon en 1544. — Auguste de La Baume, marquis de Montrevel, maréchal de France en 1703, fut envoyé contre les Ca-mïsards, qu'il battiten plusieurs occasions, maissans pouvoir les réduire. Il mourut en 1716 à 70 ans.
LA BAUME (GH1FFET de). V. GRDfEET.
- LABBE (le P.) , savant jésuite, né à Bourges en 1607, mort à Pans en 1667, professa la rhétorique, la philosophie et la théologie dans différents collèges de son ordre ; puis quitta l'enseignement pour se livrer à des travaux historiques. H a laissé 75 ouvrages dont les plus remarquables sont : Prodromus historùe sacrœ, avec un Syllabus pagorum, Paris, 1646 ; Histoire du Berri, 1647 ; le Chronologiste français , abrégé chronologique de l'histoire sacrée et profane, 1666; Concordia chronologica, technica et historica, 1654-70, 5 vol. in-fol. On lui doit encore uns Prosodie grecque, en latin; Nova Bibliolheca manuscriplorum, 1657 : Bibliotheca Bibliothecarum,
1664, et une Collection des Conciles, 18 vol. in-fol., 1672, achevée par le P. Cossart. C'est lui. qui com- mança la collection des historiens byzantins.
- LABBÉ(Charles), jurisconsulte, né àParis en 1582, m. en 1657, était avocat au parlement de Paris. On
a de lui : Observations* in synopsin Basilicorwm, Paris, 1606 ; les XXXVIH et XXXIX" livres des Basiliques, grec-latin, 1609; Glossœ verborum juris, grec-latin, 1679;'et les Coutumes de Paris, 1650.
XABDACUS, fils'deTolydore, roi de Thèbes, fut père de Laïus. Ses descendants. Laïus, Œdipe, Étéo-cle, Polyriîce.Thersandre, etc., sont appelés, de son nom, Labdacides.
- LABÉ (Louise), connue sous le nom de la Belle Cordiire, née à Lyon en 1526, morte en 1566, avait épousé Perrin, marchand cordier fort riche. Ayant reçu une éducation soignée, elle se livra à la littérature et à la poésie. Elle a laissé deslélégies, des sonnets, dont quelques-uns sont pleins de passion, et. le D^batde folie et d'amour, dialogue enprose, d'où La Fontaine a tiré sa fable de l'Amour et la Folie. La 1" édit. des OEuvres de L.Labé parut à. Lyon en, 1555; elles ont été.plusieurs lois publiées depuis, à Lyon en 1824 par Bréghot, avec notice par Cochard, et en 1845, par Boisel, avec notes de Collombet; à Lyon par Scheuring, et à Paris par Aubry (1862).
- LABEATES, peuple de la Dalmatie âne, sur les bords du lac Labeatis. avait pour v. princip. Scodra,
- LA BEAUMELLE (Laurent ANGLIVIEL de), né à Valleraugue (Gard) en 1726, de parents, protestants, fut élevé dans un collège catholique, mais, à peine ' sorti de cette maison, rentra dans le Sein de l'église protestante; alla en Danemark (1747), où il fut d'abord précepteur, puis (1751) professeur de littérature française ; passa ensuite en Prusse, et s'étant arrêté à Berlin, y vit Voltaire, qu'il eut le tort d'attaquer sans motif, mais qui se vengea cruellement. Rentré en France en 1752, laBeaumellè fut deux fois arrêté et mis à la Bastille, par l'influence de son rival, puis exilé (1757). Il revint toutefois à Paris en 1770 et obtint une place à la Bibliothèque royale. Il mourut en 1773. On a" de lui : Mémoires pour servir û l'histoire de Mme de Maintenon, suivis de Lettres de la même (Amst., 1755-56,15 vol. in-12) : il a été accusé d'avoir dérobé ces lettres à St-Cyr ; Mes Pensées, 1751, où'il traite avec une hardiesse inconvenante des questions les plus importantes de la politique dû temps; Notes sur le siècle de LouisXIV, 1753, et lettres à M. de Voltaire, 1761 ; lallentiàae avec dès notes, 1769 (rééditée paï Fréron en 177Ï sous le titre de Commentaires sur la Hemrïade). Dans ce dernier ouvrage, La Beaumellej ne se bornant pas au rôle de critique, eut lapirétention de refaire des tirades et même des chantsentiersdu poëme deJVoltaire. On a publié de lui ea 1856 une Vie de .Maupertuis. M. Mien. "Nicolas a donné une notice sur la Vie et les Écrits de LaBeaumellè, Paris, 1852.
- LABÉDOYEEE (Ch. HUCHET comte de), né à Paris en 1786, avait Servi avec distinctibji sous l'empire et était colonel du 7" de ligne en garnison a Grenoble , lorsque Napoléon revint de l'Ile d'ËIbe en 1815, Il alla au-devant de lui à-Vizille et fut le premier colonel qui se rangea sous ses drapeaux. L'Empereur le nomma en' récompense son aide de camp et bientôt après général de division et pair de France. Après le retour des Bourbons, Labédoyère fut arrêté, jugé sommairement et fusillé (19 août 1815).
- LABÉON, Labeo, surnom commune plusieurs familles romaines, exprimait Un défaut naturel, soit des taches de rousseur {laies, tache), suit des lèvres trop épaisses (labxa, lèvres).
- LABEON (Q. FABIUS), général romain, vainquit An-tiochus, roi de Syrie, l'an 188av. J.-C, et fut nommé consul en 182. Il est surtout connu par un acte de duplicité : ayant obligé Antiochus à céder la moitié de sa flotte, il fit, par une insigne fourberie, couper en deux tous les vaisseaux du roi. Labéon fut l'ami de Térence, et l'aida, dit-on, de. ses conseils. ,
- LABEOK (C. ANTISTIUS), servit sous César dans les Gaules, et n'en prit pas moins part à la conjuration formée contra lui. 11 combattit à Philigpes et se tua après la défaite (42). — Son fils, nommé comme lui, était un habile jurisconsulte, rival d'Ateius Gapito.
LA.BO — 1015 — LABO
Il refusa, selon quelques historiens, la dignité de' consul, qu'Auguste lui offrait. Il reste un seul fragment de lui, dans les Pandectes.
- LA BERGERIE (J. B. ROUGIER de), agronome, né en. 1759 à Bourgueil en Touraine, m. en 1836, a donné, entre autres ouvrages : Hist. de l'agriculture française, 1815; Hist. de l'agriculture des Gaulois, 1829; — des Grecs, 1829; — des Romains, 1834.
- LABÉRIUS (DEC. JUNIHS) , chevalier romain, auteur de^fi'mes, fut contraint par César à paraître sur la scène pour y jouer dans une de ses propres pièces. Il mourut 10 mois après le meurtre de César, l'an 43 av. J.-C. Macrobe nous a conservé le prologue de la pièce qu'il joua devant le dictateur (il y déplore avec dignité son.abaissement). Les fragments^e La-bérius ont été recueillis par H. Etienne, Paris,. 1564, et par L. F. Bêcher, Leips., 1787.
- LABIAU, v. des États prussiens (Prusse), sur la Deine, à 50 kil. N. E. de Kœnigsberg; 3650 b. Un traité y fut conclu en 1656 entre la Suède et l'électeur de Brandebourg : la Suède cédait à l'électeur la Prusse orientale et l'Ermeiand.
- LABICUM ou LAVICUM, v. du Latium, voisine de Rome, entre PrénesteetTuscuium, estauj. Colonna.
- LABIENUS (Tit.), chevalier romain, tribun du peuple l'an 63 av. J.-C, pendant le consulat de Cicéron, servit avec distinction sous César dans les Gaules, mais abandonna ce général dès qu'il eut passé le Ru-bicon, et se rangea du parti de Pompée. Il combattit à Dyrrachium et à Pharsale, suivit Caton en Afrique, puis passa en Espagne auprès des fils de Pompée, et périt à la bataille de Munda (45). — Quintus L., son fils, fut envoyé près d'Orode, roi des Par-thes, pour en obtenir des secours en faveur de Bru-tus, se retira chez ce prince après la bataille de Phi-lippes, et commanda quelque temps les Parthes contre les Romains ; il fut vaincu et pris par Ventidius r lieutenant d'Antoine.
- LA BILLARDIERE (Julien HOUTON de), botaniste, né en 1755 à Alençon, m. en 1834, fut reçu docteur en médecine en 1780 et suivit d'Entrecasteaux dans son expédition à la recherche de La Pérouse. On lui doit : Description des plantes de Syrie} Hist. des plantes de la Nouvelle-Hollande, et de la Nouvelle-Calédonie; Voyage à la recherche de La Pérouse. 11 était de l'Académie des sciences.
- LABLACUE (Louis), célèbre chanteur, né en 1794 à Naples, d'un père français, m. en 1858, débuta en 1812 à Naples, comme buflb, parcourut successivement les villes de Messine, Païenne , Milan (1817), Venise, Turin, Vienne (1824), accueilli partout avec une faveur croissante, et vint enfin se fixera Paris en 1830. Pendant plus de 25 ans il y fut sans rival aux Italiens. Lablache possédait une voix de basse d'une puissance et d'une souplesse merveilleuses. Sa science musicale, son goût parfait et en même temps la rondeur et la bonhomie de son jeu, tout contribuait à en faire un artiste consommé. Les pièces où il a été le plus applaudi sont la Sémiramide, Il Malrimonio segreto, l'Élixir d'Amore, la Ga%za ladra, Ceneren-toïa, I Puritani, Norma, etc.
- LA BLETTERIE (J. Ph. René de), oratorien, né àRennesen 1696, m. à Paris en 1772, enseigna l'histoire ecclésiastique au séminaire de St-Magloire, à Paris, puis fut nommé professeur d'éloquence au collège de France, et admis à l'Académie des Belles-Lettres en 1742. On lui doit : la Vie de l'empereur Julien, 1735 et 1746, ouvrage assez impartial; une Histoire de Jovien, avec la traduction des Césars et du Misopogon de Julien, 1748; des traductions des Annales de Taci te, 17 08, des Mœurs des Germains et de la Vie d'Agricola, 1755, et quelques Dissertations.
- LA BOÉTIE (Etienne de), écrivain du xvr siècle, né en 1530 à Sarlat (Dordogne), se fit remarquer par sa précocité : à seize ans il avait traduit plusieurs ouvrages grecs. Il fut ncmmé conseiller au parlement de Bordeaux dès l'âge de 22 ans. Il mourut }eune, en 1563. Montaigne, dont il avait gagné l'amitié, a fait son éloge dans son chapitre de l'iAmitié {Essais, 1,27), et a publié,.plusieurs de ses écrits (traductionsdes Oficonomiqttes.d'Aristote ,.de la liïes-nagerie de Xénophon, de Divers opuscules de Plu-tarque, des Vers latins et français, etc.). Son ouvraga le plus remarquable, celui qùi.lui valut l'amitié de Montaigne, c'est son Discours sur la servitude volontaire , où il s'élève avec hardiesse contre les abus du pouvoir absolu. Ses OEuvres complètes ont été publiées par L. Feugère, Paris^ 1846.
- LA BORDE (Benjamin de), né en 1734, étaitle 1" valet de chambre et le favori de Louis XV et devint fermier général après la .mort ide ce prince. Il cultiva les beaux-arts et les lettres, mit en musique plusieurs opéras de Quinault.et.de Marmontel-et fit imprimer somptueusement plusieurs ouvrages. On a de lui : Essai sur la musique ancienne et moderne; Voyage pittoresque de la France ; Histoire abrégée de M mer du Sud; Mémoires historiques sur Raoul de Coucy. Il périt en 1794, victime de la Révolution.
- LA BORDE (H. Franc., comte de), général distingué, né àDijonen 1764,m. en 1833, entra au service en 1783, commanda une division au siège de Toulon (1793), où il prit d'assaut sur .les Anglais les deux plus importantes redoutes, fit toutes les campagnes de l'Empire, se distingua surtout, en Portugal, occupa Braga, Oporto, Lisbonne, et futblesséàRoIica; commanda en Russie une division de la jeune garde et fut blessé de nouveau à Dresde. Chargé par Louis XVIII du commandement de la 10' division militaire, il fut un des premiers, après le retour.de l'Ued'Elbe, à reconnaître l'Empereur. Ilavait été fait comte dès 1809; il fut nommé par Napoléon dans les Cent-Jours chambellan et pair de France. Il fut banni.en 1815.
- LABORDE (Alex. L. Joseph, comte de), né à Paris en 1773, m. en 1.842, était.issu .d'une famille du Béarn et avait pour père. J. Joseph de Laborde, riche financier espagnol qui s'établit.en France, où. il fut anobli, et qui périt en 1794 sur l'échafaud révolu* tionnaire. Après avoir passé sa jeunesse: en Autriche. il rentra en France dès 1797,' accompagna en Espagne Lucien Bonaparte, envoyé en amhassade près de Charles IV, visita le pays en amateur éclaire des arts, publia à son retour le Voyage pittoresque, et historique de l'Espagne (1807-1820, 4 vol.. in-fol.), ouvrage magnifique qui absorba, une .grande partie de sa fortune-, fut attaché au Conseil .d'État et-chargé de plusieurs missions, eut part en 1814.à-la.capitulation de Paris comme adjudant-major de la.garde nationale, fut élu député en 1822, défendit.à la tribune les idées libérales, contribua à la révolution de 1830 et fut un instant préfet de la Seine. Attaohé depuis comme aide de. camp à la personne du roi Louis-Philippe, il était en même temps questeur de la Chambre des députés. Alexandre;de Laborde. futi,un des propagateurs de l'enseignement mutuel. IL était depuis 1813 de l'Académie des inscriptions; îLifut élu en 1832 membre de l'Académie des sciences morales. Outre des ouvrages de circonstance, on lui'doit : Itinéraire descriptif de l'Espagne, 1808-et 1827; Voyage pittoresque en Autriche, 1821; les,Monuments de la France classés i.chranologiquement, 1832-36. Son Éloge a été lu à l'Académie des inscriptions par M. Guigniaut (1861).— Sonifils,.'M. Léon de Laborde (1807-1869), s'est fait connaître par d'intéressantes recherches sur l'histoire de l'art, de la gravure, de l'imprimerie, et sur les bibliothèques. Il a publié : les Grandes habitations françaises au xvii" siècle ; Voyages dans l'Arabie Pétrie, ? 1830, — en Asie Mineure et en Syrie, 1837 ; les Ducs de Bourgogne, Études sur les lettres, les arts et l'industrie pendant le XV s., 1849-51 ; la Renaissance des arts à la cour de France, Études sur le xvi" siècle, 1850; Notice des émaux, bijoux, etc., exposés au Louvre, 1853 ; Athènes aux xv°, xvr et xvu' siècles, 1855. Il remplaça son père à la Chambre des députés et à l'Académie des inscriptions.
LABOUAN (c-à-d., en malais, port), îlot de la
LA.BR — 1016 — LABY
mer de Chine, près de la côte N. O. de l'île Bornéo, occupé momentanément par les Anglais en 1775, et définitivement en 1846. Mines de houille.
- LA BOUILLE, bg de la Seine-Inf., à 18 kil. S. O. de Rouen, sur la r. g. de la Seine, au pied d'une montagne; petit port de cabotage; service de bateaux à vapeur pour Rouen; 800 hab. Près de là, ruines d'un château dit de Robert le Diable.
- LABOUR (TERRE DE), en italien Terradi Lavoro, partie de l'ano. Campanie, prov. d'Italie, dans l'anc roy. des Deux-Siciles, au N. O., a pour bornes au N-l'Ahruzze Ult. 2', au N. E. la prov. de Sannio, à l'E. la Principauté Ult., au S. la Principauté Citer, et la prov. de Naples, au S. O. la mer Tyrrhénienne, et au N. O. l'État ecclésiastique; 140 kil. sur 65 ; 600 000 hab. ; ch.-l., Caserte; port princiç., Gaête. Ce pays consiste presque tout entier en plaines fertiles, d'où son nom, qui veut dire Terre labourable ;blé, lin, chanvre; vignes, oliviers, mûriers. — Le nom de Terre de Labour s'appliquait jadis à un territoire beaucoup plus étendu; Naples y était comprise.
- LABOURD (le), Lapurdensis traclus, partie de la Gascogne au S. O., entre la Navarre française, l'Espagne, les Maronnes et l'Atlantique; ch.-î. Bayonne (jadis Lapurdum). Autres places : St-Jean-de-Luz, Andaye, Guiche. Il est compris auj. dans le dép des Basses-Pyrénées, où il forme l'arr. tle Bayonne. Primitivement, le Labourd s'étendait de l'autre côté de la Bidassoa jusqu'à St-Sébastien.
- LABOURDONNAIS (Franc. MAHÉde), né en 1699, à St-Malo, entra fort jeune au service de la Compagnie franc, des Indes, se signala en plusieurs occa-snns, notamment à la prise de Mahê, dont le nom lui fut donné, et devint en 1734 gouverneur général des îles de France et de Bourbon. L'Ile de France était dans un état complet de détresse et d'anarchie: il eut tout à y créer, justice, police, industrie, commerce, et fit bénir son administration. Danslaguerre de 1743, entre la France et l'Angleterre, il alla au secours de Dupleix, gouverneur de l'Inde, menacé dans Pondichéry, assiégea les Anglais dans Madras, et les força à capituler (1746). Aux termes de la capitulation, Madras devait être rendu aux Anglais moyennantunerançon. Le gouverneur Dupleix refusa de ratifier cette convention, et ils'éleva à ce sujet entre La Bourdonnais et lui une collision dont les suites fu-rent fatales pour le premier. Indigné de la mauvaise foi de Dupleix, La Bourdonnais évacua Madras, et retourna en simple particulier à l'île de France, où déjà siégeait un nouveau gouverneur choisi par l'impérieux Dupleix. Rentré en France en 1748 pour répondre aux accusations portées contre lui, il fut jeté à la Bastille et y resta plusieurs années sans pouvoir faire entendre sa justification. Son innocence fu t enfin reconnue, et il fut rendu àlalibertéenl752; mais il-était ruiné. U mourut en 1763 ou 1755, après une douloureuse agonie. Il a laissé des Mémoires où ses malheurs sont fidèlement retracés (1750). L'auteur de Paul et Virginie a rendu à La Bourdonnais une éclatante justice et a immortalisé son nom. Une statue lui a été élevée à Port-Louis (île de France) en 1859. — Son petit-fils, né en 1795, m. à Londres en 1840, s'est fait un nom par son habileté au jeu d'é-cheos. Il a donné un Traité du jeu des échecs (1834), et a fondé le Palamède (1836), revue consacrée spécialement à ce jeu. Il avait publié en 1827 des Mémoires historiques sur son grand-père.
- LABRADOR (Terre de), vaste presqu'îledel'Amérique septentrionale, dans la Nouvelle-Bretagne, est bornée au N. par le détroit d'Hudson, au N. E. par l'Atlantique, au S. E. par le détroit de Belle-Ile, au S. par le Canada, à l'O. par la mer d'Hudson; 1500 kil. sur 1300. Elle dépend du gouvt de Terre-Neuve. Côte3 escarpées, rocailleuses, découpées d'un grand nombre de havres et parsemées d'une multitude d'îlots; au N., la baie d'Ungava forme un vaste enfoncement. L'intérieur est presque tout à fait inconnu et habité par des peuples sauvages fla ulupart
Esquimaux). Les Frères Moraves ont formé sur U côte E. l'établissement de Nain dans le but de civiliser les indigènes. — Le Labrador fut découvert en 1496 par Jean Cabot, qui en prit possession au nom de l'Angleterre; mais Gortereal y abordalepremier en 1501 ; ce dernier, ayant trouvé quelque fertilité sur la cote, la nomma Terra de Laborador (terre de labour), d'où par corruption le nom à& Labrador. Avant eux, le Danois Kolno ou Skolnus, avait touché ces terres, sans le savoir, dès 1478.
- LABRE (Benoît Joseph), saint personnage, né en 1748 à Ammette, près deBéthune, passa toute sa vie dans les mortifications, s'enferma à La Trappe, puis se rendit à Rome où il ne vécut que d'aumônes, qu'il obtenait sans les solliciter. Il mourut à Rome en 1783: On rapporte qu'il s'est fait des miracles sur son tombeau. Il fut béatifié en 1792 et canonisé en 1859.
- LA BRÈDE, ch.-l. de c (Gironde), à 20 kil. S. de Bordeaux; 1600 hab. Château où naquit Montesquieu; acheté en 1839 parle duc d'Orléans.
LABRIT ou LEBRET , la même cpi'Âlbret. T. ce nom.
- LABROSSE (Pierre de), Tourangeau, fut d'abord barbier de S. Louis, et devint ensuite chambellan et favori de Philippe (e Hardi. Craignant que l'ascendant de la reine Marie sur le roi ne lui fît perdre son crédit, il accusa cette princesse d'avoir empoisonné Louis, fils de Philippe, né d'un premier lit. On reconnut bientôt la calomnie, et il fut lui-même accusé de la mort du prince. Il fut arrêté et pendu en 1276.
- LABROSSE (Guy de), botaniste, médecin de Louis XIII, né à Rouen, mort en 1641, eut le premier l'idée de la création du Jardin des Plantes, donna au roi le terrain qui devint le noyau de ce jardin, et fut . nommé lui-même premier intendant de l'établissement (1626). On a de lui : Traité de la peste, 1623 ; De la nature, vertu et utilité des Plantes, et Dessin du Jardin royal de médecine,1640, in-fpl. Il était grand-oncle de Fagon.
- LA BROYE, vge* de France (Pas-de-Calais), près d'Hesdin, et à 28 kil. S, E. de Montreuil; 350 hab. Près de là était le château où se réfugia Philippe* de Valois après la bataille de Crécy, 1346.
- LA BRUGUIËRE, ch.-l. de c (Tarn), à 10 kil. S. E. de Castres; 3550 hab. Gros draps, couvertures de laine; suif, etc.
- LA BRUYERE (Jean de), écrivain français, né en 1645, à Paris (nonàDourdan, comme on l'a dit), m. en 1696, fut trésorierde France àCaen. Chargé, sur la recommandation de Bossuet, d'enseigner l'histoire au petit-fils du grand Çondé, il passa le reste de ses jours auprès de ce prince en qualité d'homme de lettres, avec une pension de mille écus. 11 fut reçu à l'Académie en 1693. Moraliste et observateur" La Bruyère s'attacha, parmi les livres des anciens, aux Caractères de Tnéophraste, qu'il traduisit du grec; mais bientôt il voulut s'exercer lui-même dans ce genre: il publia en 1688,avec la traduction de l'auteur grec, les Caractères ou.les Mœurs de ie siècle, ou-vragedans lequel il_s'élève bien au-dessusde son modèle, soit pour l'exactitude et la variété desportraits, soit pour la perfection du style. Ce livre fut lu avec avidité, non-seulement à cause de son mérite propre, mais parce que la malignité y chercha des allusions auxquelles l'auteur n'avait pas toujours pensé : on voulut mettre des noms au-dessous de eîiaque portrait. Les Caractères ont eu de nombreuses éditions; par ex. celles de Coste, 1740 ; de Beiin de Ballu, 1790; de "Walckenaer, 1845; de M. Hémardinquer, 1849; de Destailleur, 1854; de Servois, 1867; u'Asse-lineau, 1872; de Chassang, 1876. La Bruyère avait composé des Dialogues sur le Quiètismé, mais ceux qui ont été imprimés sous sou nom en 1699 sont en partie apocryphes. V. Fabre a écrit un Éloge de La Bruyère, 1810 ; M. Caboche,une thèse sur cet écrivain; E. Fournier, La Comédie de La Bruyère.
LABYNIT, roi d'Assyrie. T. BALTHAZAR.
- LABYRINTHES. On appelait ainsi chez les anciens des galeries souterraines a ramifications innombra-
LACE — 1017 — LACE
Mes, et plus tard des édifices à l'aide desquels on voulut les imiter. L'antiquité en nomme cinq, savoir: deux en Egypte, dont l'un dans l'île du lac Mœris, dit le Labyrinthe de Mendès, parce qu'on l'attribue à ce prince (il a été retrouvé par MM. îomard et Bertu, et décrit par Letronne et Lepsius) ; et l'autre, dit Labyrinthe des Boute, parce qu'il fut construit vers 660 par douze seigneurs qui régnaient alors sur l'Egypte ; le labyrinthe de Crète, près de Cnosse ou de Gortyne: il était construit dans des carrières et destiné aux sépultures de la famille royale : on l'attribuait à Dédale et on y plaçait le Minotaure (Tournefort etKockerell ont donné la description d'une grotte qu'on croit avoir été l'entrée de ce labyrinthe); le Labyrinthe de Lem-nos, qui semble avoir été une grotte à stalactites, asile mystérieux du culte des Cabires; le Labyrinthe de Clusium, en Italie, qu'on attribuait à Porœna, et ui dut être un de ces hypogées étrusques dont on a écouvert un si grand nombre de nos jours.
- LAC (Cercle du), cercle du grand-duché de Bade, borné auN.O.par celui de la Kinzig, au N. E.parle Wurtemberg, au S. E. par le lac de Constance (qui lui donne son nom), au S. par la Suisse, et à l'O. par le cercle de Treisam-et-Wiesen : 105 kil. sur 35; 200000 hab.; ch.-l., Constance.
- LACAILLE (Nie L. de), astronome, né en 1713 à Rumigny (Ardennes). m. en 1762, s'était d'abord destiné à l'état ecclésiastique. Il se lia avec J. Cassini et Maraldi, et fut dès 1739 employé à la vérification de la méridienne : il réussit à démontrer que les degrés allaient en croissant de l'équateur au pôle. Il fut nommé à 25 ans professeur de mathématiques au collège Mazarin. Lacaille entreprit la vérification des catalogues d'étoiles : après avoir décrit notre ciel avec uneexactitude admirable, il alla en 1750 au cap de Bonne-Espérance pour observer le ciel austral. A son retour, il rédigea ses observations, et se livra à de nouveaux travaux avec une ardeur qui abrégea sa vie. On a de lui: Leçons de Mathématiques,*. 1741;— de Mécanique, 1743; —d'Astronomie, 1746; Eléments d'Optique, 1750; Astronomiœ fundamenla, 1757 ; Tables solaires, 1758; Éphéméridesdepuis 1745; Cœlum australe, 1763, publié par Maraldi. Toutes ses observations offrent une telle précision que les recherches postérieures n'ont fait que les confirmer.
- LA CALPRENÈDE (GautierDE COSTES de), écrivain, né près de Sarlat vers 1610, m. en 1663, servit pendant sa jeunesse, et devint gentilhomme de la chambre du roi. 11 a composé des romans et des tragédies. Ses principaux romans sont : Cassandre, 1642, 10 vol. in-8; Cléopâtre, 1647, 12 vol.; Faramond, 1661, 7 vol. in-8 (inachevé). Ils ne manquent pas d'intérêt, mais sont d'une longueur excessive et d'une afféterie ridicule. Ses tragédies, au nombre de 7, sont toutes (à l'exception du comte d'Essex, 1639) bien inférieures à ses romans. La Calprenède eut beaucoup de vogue de son vivant, maison ne le lit plus depuis longtemps. Il n'est guère connu auj. que par quelques allusions de Boileau et par l'engouement qu'eut pour ses écrits Mme de Sévigné.
- LA CANOURGUE, ch.-l. de c (Lozère), à 15 kil. S. O. de Marvejols ; 1669 hab. Etoffes de coton.
- LA CAPELLE, ch.l. de c (Aisne), à 15 kil. N. de Vervins; 1576 hab. Grains. Prise par les Impériaux en 1536; par Turenne en 1655.
LACAPELLE-MARIVAL, ch.-l. de C (Lot), à 16 Ml. N. O. de Figeac; 1400 hab.
- LACAUNE, ch.-l. de c (Tarn), à 37kil. N. E. de Castres; 3520 hab. Siamoise, basin; bonneterie.
- LACAZE, bg de France (Tarn), à 45 kil. N. E. de Castres; 2304 hab. Basin.
- LACEDÉMON, fils de Jupiter et de Taygète, fut le 5* roi de Sparte, qui prit de lui le nom de Lacédé-mone. On le placé au xvi* siècle av. J.-C.
- LACÉDÉMONE, v. de la Grèce ancienne, la même que Sparte. Le nom de Lacédémoniens s'appliquait plus spécialement aux habitants du territoire de Sparte, et celui de Spartiates auxhabitants de la ville même.
— On nomme auj. Éparchie de Lacidémone une division administrative du royaume de Grèce, qui compte 40 000 hab., et qui a pour cb.-l. Sparte. Elle est formée d'une partie de l'ancienne Laconie.
- LACEDOGNA, Âquilonia, v. d'Italie, dans l'ane. roy. de Naples (Principauté Ultér.), à 24 kil. N. E. de Sant'-Angelo-dei-Lombardi); 600 hab. Évêché. Elle était jadis plus considérable.
- LACÉPÈDE (Etienne DE LA VILLE, comte de), naturaliste, né en 1756 à Agen, d'une famille noble, in. en 1825, s'appliqua de bonne heure aux arts et aux sciences, et se fit connaître avantageusement de Buf-fon dès l'âge de 18 ans en lui adressant d'intéressants mémoires. Venu à Paris en 1776, il hésita un instant entre la musique et les sciences naturelles. Il composa la musique de l'opéra à'Omphale et publia une Poétique de ta musique (1785); mais il céda bientôt aux conseils de Bufibn, qui le fit nommer sous-démonstrateur au Jardin du Roi, le .choisit pour continuer son Histoire naturelle, et lui laissa en mourant son héritage scientifique. Lacépède adopta, mais avec modération, les principes de la Révolution ; il fut député extraordinaire d'Agen à l'Assemblée Constituante, puis député de Paris à la Législative, membre du Conseil des Cinq-Cents, sénateur, et devint en 1803 grand chancelier de la Légion d'Honneur.' Il se montra en toute occasion dévoué à l'empereur Napoléon. Exclu de la Chambre des Pairs à la Restauration, il y fut rappelé en 1819. Il avait été nommé en 1793 professeur d'erpétologie au Muséum, et était membre de l'Institut depuis sa fondation. Ses principaux ouvrages sont : Histoire naturelle des Quadrupèdes ovipares et des Serpents, 2 vol. in-4,1788-89; — des Reptiles, in-4,1789 ;— des Poissons, 5 vol. in-4, 1789-1803 ; — des Cétacés, in-4,1804, ouvrages qui font suite à ceux de Buffon. Le style en est élégant et même pompeux; mais on leur reproche de manquer de rigueur scientifique. Ils ont été réimprimés en 1826 et suiv., 11 vol. in-8, et en 1839, 2 v. gr. in-8, compacts. Lacépède a laissé en outre une volumineuse Histoire de l Europe (Paris, 1828, 18 v. in-8), des Romans, des Mémoires ; mais ces divers ouvrages sont éclipsés par ses traités d'histoire naturelle.
- LA CERDA (Ferdinand, dit de), infant deCastille, né en 1254, fils aîné d'Alphonse X, roi de Castille et de Léon, était gendre de S. Louis. Il fut chargé de la régence pendant que son père faisait valoir ses prétentions à l'Empire. Il mourut avant son père, en 1275 : il laissait des enfants qui furent frustrés du trône par leur oncle Sanche IV. — Alphonse de La Cerda, le Deshérité, fils du préc, fit de vains efforts pour recouvrer le trône de Castille ; il se retira en France (1303), où Charles le Bel lui donna la baronnie de Lunel;il y mourutenl327.—Louis de La Cerda, dit Louis d'Espagne, fils aîné dupréc, reçut en 1341 le titre d'amiral de France : il servit sous Philippe VI de Valois contre les Anglais, auxquels il enleva Gué-rande (1342), et prit parti pour Charles deBlois contre le comte Jean de Montfort. Le pape.lui offrit en 1344, comme dédommagement des Etats dont il avait été frustré, la royauté des îles Fortunées (Canarie); mais il ne prit jamais possession de ce royaume illusoire. — Charles d'Espagne, 2° fils d'Alphonse, fut un des favoris du roi de France Jean le Bon. Il fut nommé connétable en 1350, mais il s'attira la haine du roi de Navarre, Charles le Mauvais, qui le fit assassiner (1354).— Jean d'Espagne, 3* fils du même. fut tué en 1357 par l'ordre de Pierre le Cruel, roi de Castille. — Cette famille s'éteignit au rv* siècle.
- LA CEBDA (J. L. de), jésuite, né à Tolède en 1560, m. en 1643, professa plus de 50 ans la logique, la théologie, la rhétorique et la poésie. On a de lui ua Commentaire sur Virgile; en 2 vol. in-fol.f Madrid et Lyon, 1608-17; une édition de Tertullien avec notes, Paris, 1624-30; une grammaire latine en 5 liv. (De institutione grammatica, 1613, qui pendant longtemps fut classique en Espagne); et des écrits théologiques. —Plusieurs autres écrivains espagnols
LA.GH — 1018 — LkCR
ont porté le même nom. Le plus connu est Melchior de LaCerda, jésuite, né à Cifuentès, m.enl615,qui professa pendant 30 ans à Sévilleet à Cordoue, et publia : À pparalus latini sermonis pertopographiam, chronographiam, prosopographiam, Séville, 1598; Consolalio ad Hispanos, 1621, ouvrage écrit au su-Jet de la destruction de l'invincible Armada, etc.
- LA CERDA (donaBernardaFERREiHAde), dame portugaise, née à Porto en 1S95, morte en1644, était mariée à Fern. Correa de Souza: Elle se distingua par son talent pour la poésie, et fut appelée par Philippe III à la cour d'Espagne, où elle enseigna les lettres latines aux infants. On a d'elle : Ëspana libertada, poëme en vers castillans (Lisb., 1618), des comédies et des poésies diverses.
LACETANI, peuple d'Hispanie. V. IACCETANI.
- LACHABEAUSSIÈRE (POISSON de), auteur dramatique, né en 1752 à Paris, m. en 1820, servit quelque temps.dans l'armée, puis fut nommé, en 1798, administrateur de l'Opéra. Accusé de dilapidation, il réussit à se faire absoudre. On a de lui :-l'/ntri-gante,.m6, comédie en5acteset en vers; Gulistan, opéra-comique (musique de Dalayrac) ; une foule de petites pièces, des poésies diverses et des imitations a'Anacréon, Bion, Moschus, etc., 1803.
- LACHAISE (François d'Ane, dit le Père), jésuite, né en 1624, au château d'Aix en Forez, mort en 1709, étaitpetit-neveu du P. Cotton, confesseur de Henri IV et de Louis XIII. Il professa longtemps la philosophie à Lyon, et devint provincial de son ordre. En 1675, ïjuis XIV le choisit pour confesseur, etil occupa ce poste jusqu'à sa mort, pendant 34ans. Le P. Lachaise se trouva mêlé à toutes les intrigues de la cour. Placé entre Mme de Montespan et Mme de Main-tenon, il prit parti pour cette dernière et favorisa son mariage avec Louis XIV. Dans les querelles religieuses, il eut part, à la révocation de l'édit de Nantes (1685), aux débats sur le quiétisme et à la condamnation de Fénelon, aux poursuites contre les Jansét-nistesj et fut en toute occasion dévoué auxintérêtsde. son ordre. C'était un homme médiocre, mais adroit' et insinuant, qui sut exercer un.grand ascendant sur: la conscience duroi. LeP.Lachaisealaisséun Cowsde philosophie en latin (Peripateticœ philosophie pla-cito), Lyon, 1661. Ilfut membre de l'Académie des-inscriptions. — Louis XIV avait fait bâtir pour son confesseur, àl'E. de Paris, une belle maison de campagne qui fut nommée Mont-Louis; en 1804, l'enclos qui l'entourait fut converti en un cimetière qui porte encore le nom de Père-Lachaise, etqui se trouve aujourd'hui enclavé; dans l'enceinte.de la ville.
- LA CHAISE-DIEU, Casa Dei, ch.-l. de c (Hte.-Loire), à28 kil. E. deBrioude; 1631 hab. Dentelles Une abbaye de Bénédictins y avait été fondée . 1041 par S. Robert d'Aurillac
- LA CHALOTAIS(L. Réhé DE CARADEDC de), procureur général auparlement de Bretagne, néà Rennes en. 1701, fut un ardent adversaire des Jésuites, les
E oursuivit devant le parlement de Bretagne, et pu-lia dès 1761 un Compte rendu des.constitutions des Jésuites, qui leurporta un rude coup. Peu après leur expulsion (1764), le parlement et les Ëtats de Bretagne firent une vive opposition àquelquesédits;bur-saux qui attentaient aux franchises de la. province : on accusa La Chalotais d'être l'instigateur de cette ?opposition; ilfut en conséquence arrêté avec son fils, magistrat comme lui, et enfermé àla citadelle deSt-Malo (1765). Après une longue détention, qui excita une fermentation générale, il fut exilé à Saintes ; il netput retourner à Rennes qu'au bout de 10 ans, à l'avènement de Louis XVI. Il reprit ses fonctions au parlement 4e Rennes, et mourut dans cette ville en Î785.,Outre les Constitutions des Jésuites, on a de lui un,Essai, d'éducation nationale, 1763, et des Mémoires justificatifs, qu'il publia pendant sa dér tention, 1767. Ils sont écrits avec éloquence et offrent un vif intérêt. LA CHAMBRE, ch.-l.de :.(Savoie),arr.deSi-Jean-
derMaurienne ; 900 hab. Église &axw siècle, vieille-tour perchée sur un rocher.
- LA CHAMBRE (Martin COREAU, de), médecin, d*: Louis XIII et de Louis XIV, né au Mans en 1594, m. à Paris en 1669, faisait partie du Conseil privé.et avait une.telle réputation, comme physionomiste que Louis XIV le consultait sur ses,choix. On a de lui l'Art de connaître les hommes, 1659-60; lesjCarao fsres des passions, 1640-62, ouvrage estimé (l'auteur y a inséré-une:Dissertation, sur les animaux) ; Système de l'dme, 1664, qui fut attaqué par Petit,. et divers écrits sur desrquestïons de physique ou de-physiologie. Ilétaît membre de l'Académie .des sciences et de l'Académie française. On trouve .'dans ses ouvrages une grande crédulité : il ajoutait foi aux rêveries de la chiromancie,.de l'astrologie, etc. — Un autre Lachambre, docteur de Sorbonne, 1698r 1753, a écrit sur la théologie et a laissé un Abrégé de philosophie, 1764 (posthume), ouvrage estimé.
- LA CHAPELLE-D'ANGILLON, ch.-l. de e. (Cher), sur la Petite-Saudr.e, à.31 kil. N. de Bourges, 848 h.
- LA CHAPELLE-DE-GOINGHAY, ch.-l. de c. (Saône-et-, Loire), à 10 kil. S. de Hâcon: 1952 hab.
- LA CHAPELLE-EN-VEHCORSI, ch.-l. de.c (DrÔme), à-23 kil. N. de Die; 1250.hab. Commerce de: bois.
- LA CHAPELLE-LA-REINE, ch.-l. de c (Seine-et-Mame),. à 14 kil. S. O. de Fontainebleau, 840 hab.
- LA CHAPELLE-ST-DENIS, anc village du dép. de la-Seine, au N. de Paris, fait auj. partie de la ville de: Paris et est compris dans le xvm»arrondissement.
- LACHAPELLR-SUR-ERDRE, chv-1. decant. (Loire-lnf.). à 9 kil. N. de Nantes; 2200 h.
- LA CHAPELLE (Jean.de), auteur dramatique, né-à Bourges en 1655, m., à Paris en 1723, étaitsecré-taire du.prince dé Conti, et fut ehargépar.LûuisXIV1 d'une mission,en Suissa.Il fit représenter plusieurs: tragédies.médiocres, Zalde, CTéopâtre, ïétéphonte, Ajax, quieureniquelqae sucçèsjfirâce au talent de-l'acteur Baron, et composa divers romans, entre autres les Amours de Catulle, 1680, et les Amours de.. Tibulle, 1723, où il inséra quelques mauvaises traductions des deuXipoëtés. Néanmoins, il remplaça Furetrèretà: l'Académie française;
- LA CHAPELLE {Armand BOISBELEAU de), ministre pro^ testant, né en 1676_àOziUac prèsde JonzacenSain-tonge, mort en 1746, passa sajeunesseen Angleterre, devint en:l726:pasteur'de,l'église(WaIloneà1LaHayer et fut un desrédacteurside la Bibliothèque anglaise: ou Journal littéraire,de la Grande-Bretagne; Amst., 1729 et suiv., 15yol. in-12; et de. la Bibliothèque rai~ sonnée des savants de £'.E«rop,B,.ibîd., 1728-53, 52 v. in-12. Il a.traduitle Baoillardde Steele.
- LACHAPELLE(JHme),sage-femme,néeàParisenl769v nr. en 1822,. était fille.de la.sage-femme en chef de-l'Hôtel-Dieu, Placée, erx,179ï à.latêtede la Maison, d'accouchement (Jiospicei'defaMaternité}, ellefit des cours publics qu» firenLfaire dés progrès à,son art, et foijtna un grand nombre d'élèves distinçuées.*On a d'elle Pratiquedes accouchements, 3 vol. în-ft, .1821-25, publiée parson neveu, le docteur DugèSi
LA CHARCE, famille. 7. LA TOUR DU PUS.
- LA CHARITÉ, ch.-lïeu de c. (Nièvre), à 23k. N.. O. de Nevers, 4610 h. Ancres, acier, fer-blanc,émaux,etc. Place.cédée aux; Calvinistes:en 15.70.— V. CHARITE.
- LACHARTRE, ch.-l.dec. (Sarthe), sur le Loir, à 26 kil. .S. O. .de Saint-Galais; 1580 hab.
- LA CHATEIGNERA1E, ch.4. de c. (Vendée) à 19 Y. N. de Fontenay-Ie-Comie; Ï771 hab.
- LA CHATEIGNERAIE:(François DEVIVONHE, sei-. gneur de),.né,en 152fr, fils d'André de Vivonne, grand sénéchal du Poitou, se battit en duel avec Guy de Chabot, seigneur de Jarnac:(1547). Il succomba par l'effet d'un, coup imprévu que son adversaire, lui porta traîtreusement au jarret, et qui.est depuis passé en. proverbe sous le nom de coup de.Jarnac.
- LA CRÎTRE, ch.-l. d'arr» (Indre), sur l'Indre, non loin de sasource,à34 kil. S. E-. dé Châteaurouxj 4900 h. Trib., collège. Draps,, corroieries, tanneries. Assez d»
LACH — 1019 — LÂ.CO
commerce. — Raoul le Chauve, baron de Château-roux, donna à son fils Ebbe II la seigneurie de La Châtre vers le milieu du xi* siècle : c'est de lui qu'est issue l'antique maison de La Châtre.
- LA CHÂÏRE (Claude, baron de), maréchal de France, né vers 1526, d'une famille noble du Berry, m. en 1614. Nommé par Charles IX gouverneur du Berry, il assiégea à plusieurs reprises'la petite ville de Sancerre, qu'occupaient les Protestants, et ne put la prendre qu'après un blocus de 18 mois, qui y causa une cruelle famine (1575). Il embrassa dans la suite le parti de la Ligue, et fut fait maréchal parle duc de Mayenne. Il ne reconnut Henri IV qu'en 1594, et ne fit la paix qu'en stipulant les conditions les plus avantageuses. Son titre de maréchal lui fut conservé. Il a laissé quelques écrits, entre autres le Siège de Thionville en 1558.—Son fils, Louis de L.,hérita de ses dignités et fut fait maréchal en 1616.
- LA CHATRE-NANÇAY (Edme, comte de), maître delà garde robe du roi, fut nommé en 1643 colonel général des Suisses par la faveur de la reine mère, se distingua à la bataille de Nordlingue où il fut blessé et mourut à Philipsbourg en 1645, des suites de sa blessure. On a de lui de curieux Mémoires sur la minorité de Louis XTY, qui vont jusqu'en 1643.
- LACHAUSSADE, hameau de la Nièvre, cant. de Pougues, à 13 kil. deNevers. Usines de la marine.
- tA CHAUSSÉE (P. Cl. NIVELLE de), auteur dramatique, né à Paris en 1692, m. en 1754, était neveu d'un fermier général, et jouissait d'une aisance qui lui permit de se consacrer aux lettres. Il se fit connaître en 1732 parune ÉpUre à Clio,. d'ans laquelle il combattait Làmotte, qui voulait bannir la versification de la tragédie,, et il,ne commença à travailler pour le théâtre qu'à 40 ans. II y introduisit un genre nouveau, le drame ou comédie larmoyante, et eut en ce genre un grand succès. Ses principales pièces, .toutes en vers, sont : la Fausse antipathie (1734); le Préjugé à la mode (1735)•; l'École des amis (1737) ; Uélanide (1741); Amour pour amour (1742); l'École des mères (1T45), la Gouvernante (1747). On a aussi de lui des Contes assez libres, dans le Recueil dit de ces Messieurs (avec Caylus, Duclos et autres, 1745). Ses œuvres forment 5 vol. in-12, 1762. La Chaussée est, selon Voltaire, un des premiers après ceux qui ont du génie. Il fut de l'Académie française.
- LA CHAUX DEFOND et mieux LA CHAUDE FONT (la fontaine chaude), v. de Suisse (Neufchâtel), à 13 kil. N. O. de Neufchâtel, dans une très-haute vallée du Jura ; 12 000 hab. Horlogerie; dentelles. Patrie des mécaniciens Droz et de Léop. Robert. Eaux thermales.
LACHÉSIS, une des 3 Parques. V. PARQUES.
- LA CHESNAYE (NICOLE de), écrivain du xv° siècle, vivait sous Louis XII. On a de lui la NefdeSanté, avec le gouvernement du corps humain, la condamnation des banquets, à la louange de diète et sobriété, et Traité des passions de l'âme contraires à la santé, Paris, in-4, sans date; réimprimé en 1507 et 1511.
- LA CHESNAYE-DESBOIS (AUBERT de), né dans le Maine en 1699, mortàParis en 1784, dans un hospice de vieillards, était d'abord capucin. Il quitta le cloître, se mit à la solde des abbés Desfontaines et Granet, et fit pour ces deux journalistes des articles littéraires.. On adelui plusieurs Di'cti'onwoires,engénéralmédiocres: Dictionnaire d'Agriculture, 1751; Dict. militaire, 1758; —domestique, 1762; — des mœurs et coutumes deeFrançais,nël ; — de laNoblesse, 1770.Ce dernier, le plus estimé, a été réimprimé par Magny, 1860.
- LA CHÈSE, ch.-l. de c (Côtes du Nord), à 9 kil. S. E. de Loudéac; 420 hab.
- LACHMANN (Charles),,philologue, né à Brunswick en 1793, m. en 1851, professa à l'Université de lœ-nigsberg, puis à celle de Berlin (1816). On a de lui un grand nombre ae travaux estimés,' notamment un traité des chœurs dans la tragédie grecque (enlatin), des éditions, avec notes, de l'Iliade d'Homère, de Lucrèce etde Properce,ainsi que des lnstitutes deGaïus ; un Traité sur l'origine et la signification des Niebe-
lungen et une bonne édition de! ce poème, dés éditions annotées dès chants d?Iwein et de Van d'erVo-gelweid, des Œuvres de Luther, de Eessing, etc.
- LACHMI ou LAKMI , déesse de l'Abondance chez les Hindous, épouse préférée de Vichnou, naquit des flots d'un océan lacté. Le manglier et le lotos lui sont consacrés. On la- représente ordinairement les mamelles chargées de lait, allaitant un enfant, tenant une fleur de lotos ou versant les richesses sur la terre.
- LACINTUS, brigand redoutable, ravageait les côtes de la Grande-Grèce. Il voulut dérober les bœufs d'Hercule, qui revenait d'Espagne, vainqueur de Géryon: le héros le tua, et, en mémoire de sa victoire, bâtit un temple à Junon Lacinienne, dans le golfe de Ta-rente près du cap Lacinium, auj. cap Colonne.
- LA CIOTAT, Citharista, ch.-l. de c (Bouches-du-Rhône), à 23' kil. S. E. de Marseille; 8444 hab. Bien bâtie. Port sur la Méditerranée; fort, avec phare; collège, école de navigation, chantiers de construction. Commerce de vins muscats, fruits secs, huile.
LACKNAU, v. de l'Inde. Y. LUSNOW.
- LA CLAYETTE,ch.-l. de c (Saône-et-Loire), à 18k. S. de Charolles; 1562 hab. Etoffes de coton, tanneries. Patrie du naturaliste Lamétherie.
- LACLOS (P. Ambr. CHODERLOS de), officier d'artillerie, et secrétaire du duc d'Orléans, né à Amiens en 1741, s'était rendu célèbre avant la Révolution par un roman plein d'intérêt, mais immoral, les Liaisons dangereuses (1784). Il fut un des affidés du duc d'Orléans, rédigea le Journal des amis de la Constitution, fit avec Brissot la fameuse pétition qui provoqua le rassemblement du Champ de Mars, et fut nommé en 1792 général de brigade. Jeté en prison à la mort de'son protecteur, il fut rendu à la liberté au 9 thermidor. Il servait avec distinction à l'armée d'Italie comme général d'artillerie, lorsqu'il mourut à Tarente en 1803. Laclos a laissé des Poésies fugitives pleines de grâce. On lui doit aussi des travaux estimés sur le génie militaire et d'utiles expériences sur de nouveaux projectiles.
- LACOBRIGA, v. d'Hispanie (Lusitanie), dans le Cuneus. On en voit les ruines près de Lagos.
- LACOMBE (François), d'Avignon, littérateur, né en 1733, mort vers 17.95 à Montpellier, où il était commissaire de police, a traduit de l'anglais plusieurs bons ouvrages, tels que : Lettres d'Orrery sur Swift, 1753 ; Lettre de Shaftesbury sur Venthousiasme,1762. Il a publié des Lettres choisies de la reine Christine^ 1759, auxquelles il a donné poursuite,, en 1762, des Lettres secrètes de Christine, dont il est le seul auteur.
- LACOMBE (Jacques), de Paris, laborieux compilateur, né en 1724, mort en 1811rfutavocat, puis libraire. On a de lui, entre autres ouvrages, : Abrégé chronologique de l'Histoire ancienne, 1757 ; — de l'Histoire du Nord, 1762; — de l'Histoire d'Espagne et de Portugal, 1759; Précis de l'art dramatique, 1808, en société avec Chamfort ; Dictionnaire portatif des Beaux-Arts,, 1752. Il fut un des plus actifs collaborateurs de l'Encyclopédie méthodique, à laquelle il fournit les Dictionnaires des Arts et Métiers, — des Chasses, — de l'Art oratoire, — des Amusements des Sciences, et travailla longtemps &a Mercure. — Son frère, Lacombe de Prezel, avocat, né à Paris en 1725, a donné : Dictionnaire d'Anecdotes, 1766; — d'Ico-nologie, 1756 ; — de Jurisprudence , 1763 ;. Pensées de Pope, 1766; Portraits historiques, 1768.,
- LA CONDAMINE (Ch. Marie de), voyageur, né à Paris en 1701, mort enl774, cultiva toutes lés sciences et parcourut presque toutes les.parties du monde. Choisi en 1736 avec Bouguer pour aller à l'équateur déterminer la grandeur et la figure de la terre, il parcourut dans ce voyage presque toute l'Amérique du Syd, et ne revint qu'au bout de dix ans, après des fatigues inouïes. Il publia à son retour : Voyage dant l'intérieur de VAmérique méridionale, 1745; La figure de la terre, 1749; Journal du voyage fait par ordre du roi à l'équateur, 1751. On a de lui plusieurs autres ouvrages dont quelques-uns en anglais
S I
LACO — 1020 — LàCR
et en espagnol. 11 a beaucoup écrit en faveur de l'inoculation, et a fait connaître le caoutchouc (1750). Il ' était de l'Académie des sciences, de l'Académie française, de la Société roy. de Londres, etc.
- LACONIE, Laconia, contrée de l'anc Grèce, dans le Péloponèse, à l'angle S. E., entre la mer, l'Arca-die et la Messénie: ch.-l., Sparte. Elle se divisait en 4 territoires : 1° celui de Sparte ou District politique, le long de l'Eurotas et au S. de la ville de Sparte; 2" l'Égiale, le long de la côte E.; 3" le Nome cVAmy-cles, à l'O. et près du District politique; 4° au S. les Périèces (Périoicoi), qui s'étendaient jusque dans la Messénie. La Laconie était très-montueuse peu fertile et très-pauvre; elle était arrosée par l'Eurotas.
- Dans le nouvel État de Grèce le nom de Laconie a été donné : 1" en 1833, à l'un des dix nomes en lesquels la Grèce fut d'abord partagée (ch.-l. Mistra) ; 2" en 1836, à l'un des 24 gouvts qui les remplacèrent; 3° en 1845, à une nomarchie, qui a pour ch.-l. Sparte et qui compte auj. 90 000 hab.
- LACORDAIRË (le P. J. B. Henri), célèbre prédicateur, né en 1802 à Recey-sur-Ource(Côted'Or), mort à Sorèze en 1861, était fils d'un médecin. Après avoit étudié le droit et avoir débuté au barreau de Paris, il embrassa l'état ecclésiastique à 22 ans, entra au séminaire de St-Sulpice, fut ordonné prêtre en 1827, se lia bientôt après avec l'abbé La Mennais, coopéra avec lui à la rédaction de l'Avenir, journal religieux et politique, qui fut désapprouvé par le St-Siége, ouvrit en 1835 à Notre-Dame de Paris des Conférences, d'un genre tout nouveau, qui attirèrent la foule et amenèrent d'éclatantes conversions, surtout parmi les jeunes gens, conçut alorsle projetde restaurer en France l'ordre des Frères prêcheurs, se rendit dans ce but, en 1839, à Rome, au couvent de la Minerve, où il prit l'habit et le nom de S. Dominique, reparut en 1841 à Notre-Dame, où il reprit ses conférences avec un nouveau succès, prêcha avec le même éclat dans plusieurs des grandes villes de France (Lyon, Bordeaux, Toulouse,-Nancy, Metz, Grenoble, etc.), se fit élire en 1848 représentant à l'Assemblée nationale, mais quitta bientôt cette assemblée tumultueuse, où sa voix ne pouvait être entendue, obtint du pape en 1850 que les couvents dominicains de France fussent érigés en une province particulière et en fut nommé provincial, refusa d'être réélu à l'expiration de ses fonctions (1854), et prit alors la direction du collège libre de Sorèze. Il fut admis en 1860 à l'Académie française, en remplacement de Tooqueville. Le P. Laco'rdaire a été un des orateurs les plus brillants du siècle; ses prédications, appropriées au goût et aux besoins de l'époque, produisaient beaucoup d'effet; mais elles se faisaient remarquer plutôt par l'imagination, le mouvement et l'action oratoire que par la rigueur du raisonnement ou l'enchaînement des idées; on l'a surnommé le Romantique de la chaire. En religion, sa pensée fut de réconcilier le catholicisme avec la liberté et le progrès. Outre les Conférences, qui ont été publiées à mesure qu'elles paraissaient, on a de lui une Vie de S. Dominique (1840). où l'exactitude historique n'est pas toujours observée; les Oraisons funèbres de For-bin-Janson, èvèque de Nancy; d'O' Connell et celle ds Drouot, son chef-d'œuvre. Ses OEuvres complètes avaient paru dès 1858, Paris,6v. in-8.—Sonfrèreaîné, Théodore L., né en 1801, professeur à l'Université de Liège, s'est fait avantageusement connaître comme voyageur et comme naturaliste. On estime surtout ses travaux sur l'Entomologie.
- LA COTE ST-ANDRE, ch.-l. de c. (Isère), à 32 k. S. E. de Vienne; 4105 hab. Jadis place forte. Liqueur renommée dite Eau de La Cote.
- LACOUR(dom Didier de), bénédictin, né en 1550 près de Verdun, mort en 1623. entra jeune dans l'abbaye de Saint-Vanne, à Verdun, en fut nommé prieur en 1600, et y introduisit la réforme malgré raille obstacles. Il devint ainsi le fondateur des célèbres congrégations de St-Vanne et de St-Maur.
LA COURTINE, cn.-I.de c (Creuse),à 36 kil. S. E. d'Aubusson ; 1037 hab.
- LACRETELLE (Pierre Louis), ditL. l'aîné, littérateur, né à Metz en 1751, m. en 1824, était avocat au parlement lors de. la Révolution; il en embrassa les doctrines avec modération et siégea à l'Assemblée législative, puis au Corps législatif (1801). Sous l'Empire et la Restauration, il écrivit dans les journaux de l'opposition t notamment dans le Mercure et la minerve. Il avait remplacé La Harpe à l'Académie' française en 1802. On a donné en 1823 et années suiv. une édition de ses œuvres qui se divisent en Éloquence, Philosophie, Théâtre , Portraits, etc. La-creteile a mis en ordre la Logique, la Métaphysique et la Morale dans l'Encyclopédie méthodique.
- LACRETELLE (Charles), dit h jeune, frère du précédent, né à, Metz en 1766, m. 1855, vint jeune à. Paris où il débuta sous le patronage de son frère, rendit compte dans le Journal des Débats des travaux de l'Assemblée nationale, fut proscrit au 13 vendémiaire (an iv), puis arrêté au 18fructidor (an vi), et ne sortit de prison qu'au 18 brumaire ; fut nommé en 1800 membre du bureau de la presse et plus tard censeur; fit paraître depuis 1801 plusieurs ouvrages historiques, remarquables surtout par la netteté et l'élégance du style; fut nommé en 1809 professeur d'histoire à la Faculté de Paris et ne résigna sa chalre qu'en 1853 : son cours, qu'il fit assidûment jusqu'à l'âge le plus avancé, était un des plus suivis. Il avait été admis à l'Académie française en 1813. Adversaire du despotisme impérial, il accueillit avec empressement la Restauration: Louis XVIII l'anoblit. On a de lui : Précis historique de la Révolution française, 1801-1806, 6 vol. in-8(le,Pre*cî> de l'Assemblée Constituante, qui en forme le I" vol.,avaitétérédigépar Rabaut St-Étienne) ; Histoire de France pendant le xviir siècle, 1808, 6 vol., souvent réimprimée : c'est le plus estimé de ses écrits; Histoire de la Révolution française, 1821-1826, 8 vol.; Histoirede France depuis la Restauration, 1829-1835, 4 vol. ; Histoire du Consulat et de l'Empire, 1845-46, ouvrage publié en concurrence avec l'histoire de M. Thiers sur le même sujet, mais qui se ressent de la vieillesse de l'auteur. On lui doit encore une Histoire des Guerres de Religion, 1814-1816, 4 V. in-8.
- LACROIX DU WAINB (Fr. GRDBE de), en latin Cru-cimanus, bibliographe, lié au Mans en 1552, est au-Xeui:oV\meBibliothequêfrancaisè,'Pa,ns, 1584,m-foi., qui contient le catalogue de tous les auteurs qui avaient écrit en français jusqu'à cette époque. Elle a été réimprimée en 1777, Paris, 6 v vol. m-4 (avec le Dictionn. des écrivains franc, de Duverdier et les notes de La Monnoye, Bouhier et Falconet). Lacroix du Maine se proposait de composer sur le même plan un catalogue des ouvrages écrits dans toutes les autres langues; mais il périt en 1562, assassiné par des fanatiques qui le soupçonnaient de calvinisme.
- LACROIX (l'abbé NICOLLE de), géographe, né à Paris en 1704, m. en 1760, se consacra à l'enseignement de la géographie. On a de lui une Géographie moderne, 1747, fréquemment réimprimée et qui est restée longtemps classique. — Il ne faut pas le confondre avec un autre Lacroix, maître de langues et de géographie à Lyon, m. vers 1715, qui a composé une Géographie universelle, 1690, des ouvrages élémentaires, une Morale, 1675, une Poétique, 1675 et 1694.
- LACROIX (J.FrançoisDEGASTRIESde), laborieux compilateur du xvnr» siècle, né à Compiègne, publia sous les titres d'anecdotes anglaises, — italiennes, — arabes, — militaires, etc., 1769 et suiv., de3 recueils qui eurent la vogue. On lui doit aussi des Dictionnaires des Faits et dits mémorables 17158 ; — des Femmes célèbres, 1769; — des Cultes, 1770; —det Saints, 1772, etc., d'un usage fort commode.-
- LACROIX (Silv. Franc.), savant mathématicien, né en 1765, m. en 1843, se fit connaître dès 1787 par un travail sur les assurances maritimes, qui fut couronné par l'Académie des sciences; entra à l'Insti*
LACT — 1021 — LAD!
a ti.tidès sa fondation, enseigna successivement les mathématiques à l'Ecole militaire, à l'École centrale des Quatre-Nations, à l'École polytechnique, à la Faculté des sciences, dont il devint le doyen, enfin au Collège de France (1815). On lui doit un Cours de Mathématiques (arithmétique, algèbre, géométrie, trigonométrie), publié de 1796 à 1801, ouvrage élémentaire, remarquable par la clarté de l'exposition, et dans lequel il introduisit l'usage de la méthode analytique ; un Traité du Calcul différentiel et intégral (1797 et 1810-1819), ouvrage d'un genre plus élevé, qui est le fondement de sa réputation ; un Essai sur l'enseignement des mathématiques, 1805, où l'on remarque la partie qui traite des méthodes. LACROIX (PÉTIS de). V. PÉTIS.
- LACROZE (Mathurin VETSSIERESde), orientaliste, né en 1661, à Nantes, m. en 1739, passa jeune en Amérique, dans le dessein de se livrer au commerce; de retour à Nantes, il étudia la médecine ; mais bientôt, dégoûté de ce nouvel état, il pritl'habit de bénédictin (1682).Son caractère indépendant l'empêchant de se plaire dans un cloître, il s'en échappa, se réfugia à Bâle, et embrassa la religion réformée ; il se fixa enfin à Berlin, où il devint bibliothécaire du roi de Prusse, précepteur de la princesse royale (depuis margravine de Bayreuth),etprofesseurdephilosophie au collège français. Ses principaux ouvrages sont : Yindicise veterum scriptorum contra Harduinum, Rotterdam, 1708; Histoire du Christianisme des Indes, La Haye, 1724; Histoire du Christianisme d'Ethiopie et d'Arménie, 1739; lexicon JEgyptiaco-Latinum, 1775; Thésaurus epistolicus, etc. Il a laissé en manuscrit des Dictionnaires arménien, slave, syriaque, etc.
- LACRUZ (PANTOJA de), peintre espagnol, né à Madrid en 1551, m. en 1610, était peintre de Philippe II, et fat chargé par ce prince de décorer les plafonds de l'Escurial. On estime ses portraits de Charles-Quint, de Philippe II et de Philippe III.
- LACRUZ (Juana Inès de), religieuse et poète espagnole, née en 1614 à Mexico, morte en 1695, s'enferma dans un couvent de Mexico, par1 suite d'un amour malheureux, et y partagea son temps entre les exercices de piété et la poésie. Elle a composé de nombreuses poésies, les unes sacrées, les autres profanes, publiées à Madrid enl670. Après avoir prispour modèles les classiques Garcilaso et Boscan, elle se laissa égarer par l'exemple de Gongora, et sacrifia au mauvais goût. On la surnommait la 10" Muse.
- LACRUZ Y CANO (Ramon de), poète dramatique, né en 1728, à Madrid, m. en 1795. Après avoir été avocat, secrétaire^ professeur, il se fit auteur et se consacra tout entier au théâtre. Il y fit représenter un grand nombre de petites pièces en un acte, dites saynètes, qui eurent beaucoup de succès. Son Théâtre a été publié en 1788, 10 vol. ia-8.
- LACTANCE, Firmianus Lactantius, écrivain chrétien, né Vers 250, probablement en Afrique, étudia à Sicca, en Numidie, où il eut pour maître Arnobe; fut choisi vers 290 par Dioclétien pour enseigner les lettres à Nicomédie; embrassa le Christianisme vers 300, et se voua dès lors à la défense de sa nouvelle religion. Constantin lui confia en 318 l'éducation de son fils Crispus. On croit qu'il mourut à Trêves en 325. Lactance a laissé plusieurs ouvrages, tous en latin: le plus célèbre est son traité des Institutions divines, en 7 livres, où il combat le polythéisme et la philosophie païenne. Ses autres ouvrages traitent de l'OEu-vre de Dieu,del& Colère de Dieu, delà Jfort des persécuteurs: ce dernier, longtemps ignoré, fut retrouvé seulement au xvn" siècle et publié par Baluze en 1679. On lui attribue aussi plusieurs pièces de vers, notamment un petit poème sur le Phénix. Son style, élégant et pur, l'a fait surnommer par S. Jérôme le Cicéron chrétien. Son christianisme passe pour n'être pas toujours exact. La meilleure édit. de ses Œuvres est celle de Rome, 1654-1659, 14 vol in-8. Les Institutions divines ont été traduites par Famé, 1542 et 1746; la ilort des persécuteurs par Maucroix, 1680,
et Basnage, 1687. Pfaff a retrouvé en 1712, à la bibliothèque de Turin, d'importants fragments des/nsti-tutions divines.
- LACUÉE de CESSAC (J. GEHARD, comte de), né près d'Agen, en 1752, m. en 1841, était au service quand la Révolution éclata. Député à l'Assemblée législative, il entra en 1795 au Conseil des Cinq-Cents, fut appelé au Conseil d'État après le 18 brumaire et devint ministre de la guerre en 1807. Il se fit beaucoup d'ennemis en poursuivant les dilapidations. Destitué après la campagne de Russie, il n'en demeura pas moins fidèle à l'Empereur. Il n'eut aucun emploi sous la Restauration, mais il fut appelé à la Chambre des pairs en 1831. On a de lui un Guide des officiers en campagne, 1786 et 1815, et le Dictionnaire d'Art militaire de l'Encyclopédie méthodique.
LACURNE DE STE-PALAYE. V. SAINTE-PALAYE.
[modifier] LAD
- LADA, Ilot situé sur la côte O. de l'Asie-Mineure, en face de Milet. La flotte ionienne y fut vaincue par les Perses en 498 av. J.-C. Cette défaite livra l'Ionie aux Perses. Attale y défit vers 200 av. J.-C. la flotte de Philippe V, roi de Macédoine.
LADAK. V. LÉÏ et THIEET (PETIT-).
- LADEMBOTTRG, v. forte du gr.-duché de Bade, a 10 kil. E. de Manheim, près de la r. dr. du Neckar ; 2000 hab. Brûlée par les Français en 1668 ; prise par Turenne en 1674.
- LADISLAS, nom de plusieurs rois de Hongrie. L. I succéda en 1077 à son frère Geysa, rendit tributaires les Bulgares et les Serviens, réunit la Croatie à ses États (1089), fonda la ville de Grand-Varadin, et mourut en 1095, à 54 ans, lorsqu'il se préparait à aller combattre les infidèles en Palestine. Il fut mis au rang des saints par Célestin III en 1198; on l'hon. le 27 juin. — L. II et III ne régnèrent qu'un instant (1161-62 et 1204-05):ils n'ont rien faitde remarquable. — L. IV, fils d'Etienne, lui succéda en 1272. Il aida l'empereur Rodolphe à détrôner Ottokar, roi de Bohême, et fut néanmoins abandonné par ce prince lorsqu'il eut à se défendre lui-même contre les agressions des CumansetdesTartares. Fait prisonnier par les Cumans en 1290, il fut égorgé dans sa tente, laissant à André III un royaume pauvre et mutilé. — L. V, ou Vladislas, fils de Jagellon, roi de Pologne., succéda à son père en Pologne dès 1434, fut élu roi de Hongrie en 1440, après la mort d'Albert d'Autriche, à l'exclusion du fils de ce prince. Il fut presque aussitôt attaqué par les Turcs: après quelques avantages dus à la valeur de son général, le célèbre Jean Hunyade, il fut défait et tué à la bataille de Varna, en 1444. — Le fils d'Albert d'Autriche et son légitime héritier, qui s'était réfugié en Autriche auprès de l'empereur Frédéric 111, son tuteur, fut rappelé par les Hongrois en 1453, et régna aussi sous le nom de Ladislas V. Sous lui comme sous son prédécesseur, la Hongrie, menacée par les Turcs, dut son salut à JeanHunyade. Cependant, à peine ce héros était-il mort, que Ladislas, jaloux de sa renommée, fit périr son fils aîné. Cette exécution le rendit si odieux à ses sujets qu'il fut contraint de quitter la Hongrie; il alla mourir à Prague (1457) à l'âge de 19 ans. Il eut pour successeur Matthias Corvin, 2* fils de Jean Hunyade. — L. VI ou Vladislas II, fils de Casimir IV, roi de Pologne, fut roi de Bohême (1471), et se fit reconnaître roi de Hongrie (1490), après Matthias Corvin, malgré l'opposition du roi de Pologne, Jean-Albert, son frère. Il confia la défense des frontières à Etienne Zapoly, digne successeur de Hunyade, et ne s'occupa qu'à rendre ses sujets heureux; il m. en 1516.
- LADISLAS ou LANCELOT,roi de Naples, né en 1376, succéda en 1386 à son père Charles III de Duras, sous la régence de sa mère Marguerite. Il eut à défendre sa couronne contre Louis II d'Anjou; ce ne fut qu'en 1399 qu'il se vit seul maître du royaume. Il voulut s'emparer de toute l'Italie, et même enlever la couronne impériale à Wenceslas et à Robert qui se la disputaient : il réussit à prendre Rome et les villes voisines (1408);mais il échoua en Toscane, et fut vaincu en 1411 à Rocca-Secca par Louis IL Il s'était relevé de sa défaite et menaçait encore l'Italie, lorsqu'il mourut à Naples en 1414, des suites de ses débauches. Jeanne II, sa sœur, lui succéda.
LJ.LI — 1022 — L'ATA
- LADJYN (Melik-al-Mansour-Housam-Eddyn), sultan d'Egypte, était un esclave allemand auquel le sultan Kélaoun avaitfait abjurerle Christianisme. Nommé gouverneur du château de Damas, il :se révolta, et se fît proclamer sultan; mais Kalil Aschraf, fils et successeur de Kélaoun, le fit déposer et lesondamna à mort (1290). Le cordon ayant cassé dans les mains de l'exécuteur, le sultan lui fit grâce. Ladjyn assassina dans la nuit même celui auquel il devait la vie. Forcé de fuir après ce meurtre, il reparut pendant la minorité de Naser-Mohammed, renversa le régent Ketboga et se mit à sa place en 1296. Après trois ans de règne, il fut assassiné par les émirs .révoltés (1299).
- LADOGA, lac de la Russie d'Europe, entre les gouvts de St-Pétersbourg, d'Olonetz et le grand-duché de Finlande, a 205 kil. sur 140 (c'est le plus grand de l'Europe). Tempêtes fréquentes, navigation périlleuse. Il communique avec la mer Baltique et avec les lacs Ilmen, Onega et Saïma par la Néva, la Volkhova, la Svir, et la Woxa. — Deux villages de ce nom sont sur ses bords : Nouveau-Ladoga, à 105 k. E. de St-Pétersbourg; 1700 hab.; fondée en 1704;
— Vieux-Ladoga, à 11 kil. S. de la précéd.; 50 maisons. Ce fut le premier séjour de Rurik.
- LADON, auj. le Roufia, riv. du Péloponèse, affluent de l'Àlphée, dans lequel il se jetait un peu au-dessous d'Hérée (frontières de l'Arcadie et de la Tri-phylie). — Selon la Fable, le fleuve Ladon était le père de Daphné et de Syrinx. Ce .fut avec des roseaux de ce fleuve que Pan fit sa flûte à sept tuyaux.
- LADOUCETTE (J. Ch. Franc., baron de), né en 1772 à Nancy, mort en 1848, fut successivement préfet des Htes- Alpes (où il créa la belle route du Mont-Genèvre), de la Roër, de la Moselle, rentra dans la vie privée à la chute de l'Empire, et se livra à son goût pour les lettres et l'archéologie. On lui doit : Archéologie de lions Seleucus (Mont-Saléon, Htes-Alpes), 1806; Voyage entre Meuse et Rhin, 1818; Htstoire et antiquités des Iltes-Alpes, 1830: c'est le meilleur ouvrage qui ait paru sur la statistique de ce pays. Il a aussi composé des Fables en vers (1826), imitées pour la plupart de Lessing et Pfefiel, ainsi que des romans, des nouvelles et des contes.
LADRE, corruption de Laxare. V. ce nom. L'ADVENTUREUX. V. LA MARK.
- LADVOCAT (J. B.), compilateur, né en 1709 à Vaucouleurs, m. à Paris en 1765, fut d'abord curé a Domrémy, puis professeur d'hébreu et bibliothécaire à la Sorbonne. Il est auteur d'un Dictionnaire géographique très-répandu, fait en collaboration avec Vosgien, écrivain moins connu, sous le nom duquel l'ouvrage parut pour la 1" fois à Paris en 1747;; d'un Dictionnaire historique des grands hommes, 1752, souvent réimprimé avec suppléments, d'une Grammaire hébraïque estimée, 1755, etc.
- LAEKEN, faubourg oriental de Bruxelles, où se trouve un château royal avec beau parc, bâti en 1782 sur les plans du duc de Saxe-Teschen.
- LiELIUS(C,) NEPOS, Romain célèbre par ses vertus et par son amitié avec Scipion l'Africain, accompagna ce général en Espagne et en Afrique, eutlaplus grande part à ses succès, prit Carthagène, battit Syphax et le fit prisonnier. Il fut élevé au consulat l'an 190 av. J.-C. Il admit Polybe dans son amitié et luifournitd'uliles renseignements pour son histoire.
— L^ELIOS Nepos (C.), dit le Sage fils du précéd., fut lié étroitement avec le second Africain comme son père avait élé lié avec le premier, l'accompagna au siège de Carlhage, fut à son retour envoyé en Lusitamni où il obtint quelques avantages sur Viriathe, il fut nommé consul l'an 140 av. J. -C. Ami des lettres, il protégea Pacuvius et Térence. Cicérona donné le nom de Lwlius à son dialogue sur l'Amitié, dont ce personnage est en effet le principal interlocuteur.
- LAENNEC (R. Th. H.), médecin, né en 1781 à Quimper, mort en 1856, était médecin en chef de l'hôpital Necker (1816) et professeur au Collège de France. Il s'est occupé avec succès des maladies de poitrine. Il est surtout connu par son Traité de l'Auscultation médiate ou Traité du diagnostic des maladies des poumons & au cœur, Paris, 1819, où il fit connaître le stéthoscope (instrument servant à l'auscultation), MM. Roger et Barth ont perfectionné sa méthode dans leur Traité d'auscultation, et de percussion, 1841 et 1859.
- LiENSBERG (Matthieu), auteur du fameux Almanach de Liège, accompagné de pronosticatîons pour tous les mois de l'année. On croit qu'il était chanoine de St-Barthélemi à Liège, et qu'il vivait vers 1600 ; mais on ne sait rien de certain, sur ce personnage j on ne sait même si c'est un nom réel.ou supposé. Quoi qu'il en soit, l'almanaçh qui porte son nom paraît avoir paru pour la 1» fois vers 1635. Les OÊuwes complètes de Matthieu Laensberg ont été publiées à Middelbourg en 1663, 2 vol. in-fol.
- LAËRTE, roi d'Ithaque et époux d'Anticlée, fut père d'Ulysse. Suivant d'autres, Anliclée aurait cédé aux vœux de Sisyphe peu avant son mariage et Ulysse serait le fruit de ce commerce illégitime. Laïrte éleva toutefois Ulysse comme son fils et lui laissa le-trône.
- LAËRTE. v. forte, sur les confins de la-CiMcie et de la Pamphylie, au bord delà mer,;fut la patrie de l'écrivain Diogène,dit,Za«««(£afirtj'«s), ou àeluêrte.
- LiETUS (0- -iElius), préfet du prétoire sous Commode, fit empoisonner et étrangler, en 192» cet empereur, qui avait résolu sa mort, et lui donna pour successeur Pertinax, qu'il fit massacrer au bout de 3 mois de règne. Il fut.lui-même tué, quelque temps après (193 de J.-G;), par ordre de Didïus ïùlianus, qui venait d'être proclamé empereur.
- L.ŒVINUS (P. Valerius),consul l'an 280\av.J.-C, fit la guerre à Pyrrhus et aux Tàrentins, fut vaincu à Héraclée, parce que ses troupes furent effrayées par les éléphants de Pyrrhus; mais répara, bientôt cet échec et força le roi d'Êpire'à demander la-paix, — M. VaieriusL.t propréteur en 214. commença la guerre de Macédoine,1 prit Oricum, délivra Apollonie assiégée et souleva les Etoliens eontre Philippe. Consul en 210, il acheva de soumettre la Sicile.
- LA FARE (Ch. Aug., marquis de), poëte, et militaire, né en 1644 à Valgorge (Vivarais), m.en 1712. Il servit avec la plus grande distinction, d'abord contre les Turcs dans l'armée autrichienne (1664), puis en Hollande sous Louis XIV (1672) ; mais, ayant indisposé le ministre Louvois, il fut forcé de quitter le service. Il n'est connu auj. que par ses poésies. Ami de l'épicurien Chaulieu, il s'exerça avec succès dans le même genre, que lui; on trouve dans ses vers, faciles et quelquéfois négligés, une aimable gaieté et une douce insouciance. La Fare aima Mme de Câylus et Mme de La Sablière et. en fut aimé :'il leur adressa la plus grande partie de ses poésies. Ses OEuwes poétiques sont jointes à celles de Chaulieu dans l'édition de St-Marc, 1755, in-12. Il a aussi écrit des Mémoires sur Louis XIV, qui ont paru en 1716. —H laissa un fils qui devint maréchal de France.
- LA FARB (Henri, cardinal de), de la même famille que le préc, né en 1752 à Luçon, m. en 1829, était évêque de Nancy en 1789. Député par le clergé aux Etats généraux, il s'opposa à la vente des biens du clergé, et combattit toutes les innovations. Il émigra en 1791, résida en Autriche, où il fut pendant 20 ans chargé de la correspondance des Bourbons, rentra avec eux en 1814, devint aumônier de la duchesse d'Angoulême, puis archevêque de Sens (1821), et cardinal (1823).
- LA FAYE (Ant. de), ministre protestant, né à Châteaudun vers 1540, m. de la peste à Genève en 1615, fut l'ami de Théodore de Bèze, qu'il accompagna au colloque de Montbéliard en 1589, professa la philosophie et la théologie à Genève, et eut part à la traduction française de la Bible. On a aussi de lui des traductions de l'Histoire des Juifs de Josèphe, Genève, 1560; de l'Histoire romaine de Tite-Live, Paris, 1582; Geneva liberata, 1603; De vitaet obitu Begx, 1606 (trad. en fr. en 1610 et 1681).
LAFÀ. — 102& — LÀFE
- LA FAYE (J. Franc, LERIGET de), littérateur, né en 1674 à Vienne, en Dâuphiné, m. en 1731, servit quelque temps dans l'armée, et dans la diplomatie, puis se livra exclusivement aux lettres et aux arts. N'usant d'une grande fortune que pour protéger les gens de lettres, qu'il cultivait lui-même, il mérita que Voltaire dît de lui, quoique avec une grande exagération :
Il a réuni le mérite Et d'Horace et de Pollion. Il composait de jolis vers, faciles et naturels : on remarque surtout son Épîlre sur les avantages de la Rime, contre Lamotte.Il fut admis à l'Académie française en 1730. — Son frère, Élie de La Faye, 1671-1718, servit avec distinction, avança par ses recherches le génie militaire et la mécanique, inventa une Machine à élever les eaux, et fut élu membre de l'Académie des sciences en 1716.
- LA FAYETTE (Gilbert MOTIER de), d'une famille noble d'Auvergne, s'attacha au Dauphin pendant la démence de Charles VI, fut nommé par lui maréchal en 1420, battit les Anglais à Baugé (1421), contribua à délivrer Orléans, et prit une grande part à l'expulsion des ennemis de la France. Il m. en 1462.
- LA FAYETTE (Louise MOTIER de), femme célèbre par son esprit et sa beauté, était fille d'honneur d'Anne d'Autriche. Louis XIII conçut pour elle une vive passion, mais elle sut résister à la séduction et alla en 1637 s'enfermer dans le couvent de la Visitation, où elle prit le nom de sœur Angèliaue. Elle y mourut en 1665. Mme de Genlis en a fait l'héroïne d'un roman intitulé : Mlle de La Fayette.
- LA FAYETTE (Marie Madeleine PIOCHEDELAVERGNE, dame de), femme célèbre par l'amabilité de son caractère, l'enjouement de son esprit et l'amitié qui l'unit à La Rochefoucauld, née au Havre en 1634, du gouverneur de cette ville, épousa en 1655 le comte de La Fayette (frère de Mlle de La Fayette, qui précède), et mourut en 1693. Elle s'est fait un nom par ses romans, qui substituèrent aux faux sentiments et au style ampoulé des pastorales du temps le langage du cœur et de la véritable passion. Les meilleurs sont : Zai.de (1670); la Princesse de Clèves (1678); la Comtesse de Tende; la Comtesse de Montpensier. On lui doit aussi une Histoire d'Henriette d'Angleterre , Amst., 1720 ; des Mémoires historiques, qui se trouvent dans la collection Petitot, et des Lettres, encore inédites. Ses OEuvres, précédées d'une notice par Auger, ont été imprimées avec celles de Mmes de Tencin et de Fontaines, Paris, 1814, 5 vol. in-8. Mme de La Fayette réunissait chez elle l'élite des gens de lettres ; elle eut particulièrement pour amis La Fontaine, Segrais et La Rochefoucauld.
- LA FAYETTE (Gilbert MOTIER, marquis de), né en 1757 à Chavagnac, près Brioude, m. à Paris en 1834, épousa à 10 ans Mlle de Noailles. 11 s'embarqua 4 ans après sur une frégate armée à ses frais,pour aller combattre dans les rangs des Américains insurgés contre la domination anglaise, combattit à Brandy wine et à Montmouth, revint en France en 1779 pour en ramener de nouveaux secours, se distingua à la défense de la Virginie, au siège d'York-Town, et contribua puissamment à fonder la république des États-Unis. Elu en 1787 membre de l'Assemblée des notables, en 1789 député à l'Assemblée nationale, il défendit avec chaleur les idées nouvelles, et proposa le premier de faire une déclaration des droits de l'homme. Le 15 juillet 1789 il lut nommé commandant de la garde nationale . il protégea la famille royale dans les journées des 5 et 6 octobre et dispersa par la force le peuple rassemblé au Champ de Mars (17 juillet 1791) ; en 1792, il commanda avec succès une des armées destinées à repousser l'invasion étrangère;-mâis il perdit bientôt sa popularité et fut mis hors de la-loi après le 20 juin, pour avoir tenté de.faire sortir'le' rôi'de Paris. Il partit alors avec quelques amispour'un.pays neutre (20 août 1792): arrêté.danssa fuite par les Autrichiens, il fut enfermé dans la citadelle d'Qlmtttz, et y resta prisonnier jusqu'en 1797, époque ou un article spécial du traité de Campo-Formio lui rendit la liberté. Il ne prit aucune part aux affaires sous le Consulat et sous l'Empire. Membre de la Chambre des Représentants en 1814, il vota pour la déchéance de l'Empereur. Député sous la Restauration, il fit à la branche aînée des Bourbons une vive opposition, En 1825, il fit un voyage aux Etats-Unis, qui fut pour lui une ovation perpétuelle. Après les journêes de juillet 1830, il fut nommé pour la 2e fois, et par acclamation, chef des gardes nationales : dans ces fonctions, il contribua beaucoup à la'défense'de l'ordre et à l'établissement.'de la nouvelle dynastie. L'avènement de Casimir Périer aux affaires (13 mars 1831) le fit rentrer dans les rangs de l'opposition, avec la quelle il ne cessa plus de voter jusqu'à sa mort. La Fayette a été mêlé aux plus grands événements de son époque;- il a porté partout un patriotisme, un désintéressement, une noblesse d'âme incontestables; mais chez lui les qualités de l'esprit n'étaient pas au niveau de celles du cœur; il manqua plusieurs fois de prévoyance, d'adresse, de décision, et ne sut pas toujours diriger les mouvements populaires ou en assurer les résultats. La Fayette a laissé des Mémoires, qui ont été publiés par sa famille, 1837-1840, 8 vol. in-8. Son nom a été donné à un grand nombre de lieux aux États-Unis ; les principaux sont : Lafayette, dans l'Indiana, sur le "Wa-bash ; 10 000 hab., et Fayetteville, dans la Caroline du Nord; 8000 hab.
- LAFËRE, v. forte de France, ch.il. dec (Aisne), au confl. de la Serre et de l'Oise, "à 24 kil.'N. O. de Laon; 3122 hab. École d*artlllerie (fondée "en 1756), arsenalde construction, salpêtreries, scieries hydrauliques. Commerce de vins, laines, toiles. — Cette v. a soutenu un grand nombre de sièges, notamment en 1550 contre les Espagnols, qui la prirent. Henri IV s'en empara en 1596 et y construisit de nouvelles fortifications, augmentées sous Louis XIII, mais détruites sous Louis XIV,en 1690. Prise et ravagée par ? les alliés (1814), vainement assiégée par les Prussiens (1815),priseparles Allemands (1870).— 'V.'FÈRE.
- LA FERRffiRE (L. Firmin), juriste, né'en 1798 à Jonzac, m. «n 1861, fut successivement avocat à . Bordeaux, professeur de droit à Rennes, inspecteur général des Facultés de droit, conseiller d'État (1849), fut chargé en 1854 d'administrer l'Académie de Toulouse, et fit partie, à partir de 1855, de l'Académie des sciences morales. On lui doit, entre autres publications, une Histoire du-droit civil de'Rome et du Droit français (1846-61), ouvrage fort estimé, malheureusement interrompu par sa mort.
- LA FERTÉ, nom commun à une foule de lieux en France, vient du bas latin firmitas^ forteresse.
- LA'FERTÉ (H. de SENNETERRE ou ST-NECTAIRE, duc de), maréchal de France, né à Paris en 1600, m. en 1681, reçut le bâton de maréchal en 1651, après s'être distingué au siège de La Rochelle (1628), aux batailles d'Avesnes, de Rocroy, de St-Nicolas, où. il défit le comte de Ligneville (1650).Fait prisonnierà Valenciennes en 1656, il fut racheté par le Toi': de-. puis, il prit Montmédy (1657), GraveUnes'(1658), etc. Il ne se reposa qu'à la paix'des Pyrénées (1659).
- LA FERTÉ-ALEPS ou ALA1S, Firmitas Balduîni, puis Adelaîdis, ch.-l. dé cant. (Seine-et-Oise), au confl. de l'Essonne et de la Juisne, à 15 kil. N. E. d'Êtampes; 790 hab. Filatures de coton et de bourre de soie; abeilles; carrières de grès.
- LA FERTÉ-BERNARD, ch.-l. de c (Sarthe),au confl. du Mesme et de l'Huisne, à 31 kil. S. E. de Mamers; 2604 hab. Station. Eglise paroissiale du xiv* siècle; bibliothèque publique. Grande industrie
LAFF — 10
(grosses toiles, calicots, étamines, etc.) ; commerce. A ne forteresse. Patrie du poète Rob. Garnier.
- LA FERTE-FRÊNEL, ch.-l. de c. (Orne), à 45 kil. N. E. d'Argentan; 478 h.
- LAFERTÊ-GAUCHER,ch.-l.dec(Seine-et-Marne), sur le Grand-Morin, à 15 kil. S. E. de Coulommiers ; 2119 hab. Tanneries, mégisseries; commerce de grains. Il s'y livra en 1814 un combat entre les Français et les alliés.
' LA FERTÉ-IMBATJLT (Jacques d'ÉTAMPES, marquis de), maréchal de France, né en 1590. m. en 1668, se distingua au combat des Ponts-de-Cé, en 1620, aux sièges de St-Jean-d'Angély, de Montauban (1621), et surtout au combat de Veillane (1630), où, avec sa seule compagnie, il chargea et tailla en pièces 3000 ennemis; servit dans les campagnes de Flandre,1646 48, et fut fait maréchal en 1651. H avait été quelque temps ambassadeur en Angleterre et rendit de grands services à son pays pendant son séjour à Londres.
- LA FERTË-iHBAULT (la marquise de), fille de la célèbre MmeGeoffrin, se distingua comme sa mère par son esprit, mais fut aussi opposée aux pMlosophes que sa mère leur avait été dévouée. Mariée en 1733 au petit-fils du maréchal de La Ferté, elle resta veuve a 21 ans. Elle fut chargée, sous Mme de Marans gouvernante en titre, d'une partie de l'éducation de Mmes Clotilde et Elisabeth, sœurs de Louis XIV.
- LA FERTE-MACÊ, ch.de c (Orne), à 19 kil. E. de Domfront; 6475 hab. Grande industrie : toiles de coton, rubans de fil, ouvrages de buis, teintureries.
- LA FERTÉ-MILON, v. du dép. de l'Aisne, sur l'Ourcq, à 25 kil. N. O. de Château-Thierry; 2000 hab. Beau château. Patrie de J. Racine.
- LA FERTB-ST-AUBIN, jadis la FERTË-NABERT, Firmitas Naberti, ch.-l. de c (Loiret), sur le Cos-son, à 19 kil. S. d'Orléans; 2203 hab.
LA FERTÉ-SENNETERRE. V. ST-NECTAIRE.
- LA FERTÉ-SOUS-JOUARRE, ch.-l. de c (Seine-et-Marne, à 19 kil E. de Meaux (22 par ch. de fer); 4102 hab. Pierres meulières; filature de laine. Commerce de blé, bois, charbon.
- LA FERTÉ- SCR-AMANCE, ch. -l.de o. (Hte-Marne), à 30 kil. E de Langres; 580 hab. Station.
- LA FERTÉ-SUR-AUBE, F'irmitas adAlbulam, v. de la Hte-Marne, à 32 kil. O. de Chaumont ; 1000 h. Combat entre les Français et les alliés en 1814.
- LA FERTË-SUR-GRO'SNE, v. du dép. de Saône-et-Loire, à 11 kil. S. de Ghâlons; 500 hab. Abbaye célèbre, une des 4 filles de Citeaux. V. CITEAUX.
- LAFERTÉ-VIDA3JDE, ch.-l. de c (Eure-et-Loir), à 36 kil. S. O. de Dreux; 975 hab. Château.
- LA FEUILLADE (Franc. d'AUBUSSON, vicomte de), maréchal de France, issu de la famille du grand maître d'Aubusson, fut un des plus zélés serviteurs de Louis XIV. Il fit avec distinction la campagne de Flandre (1651-54), alla, après la paix des Pyrénées, servir sous Montëcuculii contre les Turcs, avec un corps de volontaires levés à ses frais; accompagna Louis XIV en 1674 dans la conquête de la Franche-Comté; prit Salins(1674), emporta, l'épéeàlamain, le fort St-Etienne qui défendait Besançon, fut fait maréchal en 1675, gouverneur du Dauphinéenl681, etmourut en 1691. Courtisan flatteur, il avait fait ériger à ses frais, en 1686, sur la place des Victoires, à Paris, une magnifique statue de Louis XIV debout, couronné par la Victoire, et tenant à sespieds quatre esclaves enchaînés, qui représentaient autant de nations vaincues; cette statue, détruite en 1792, à été remplacée en 1821 par la statue équestre qu'on voit au. sur la même place, et qui est l'œuvre de Bosio. — Son fils, Louis de La Feuillade, fut aussi maréchal (1724), mais il était loin d'égaler son mérite. Il se laissa battre en Piémont par le prince Eugène.
- LAFFÉMAS (Barthélémy de), valet de chambre de Henri IV et contrôleur général du commerce, né en l.Viô à Beausemblant (Dauphiné), m. vers 1612, s'efforça de ranimer l'agriculture et le commerce. On a de lui : Les Trésors et richesses pour mettre l'État en
24 — LAFL
spCenâeur, Paris, 1598; Remontrances sur Vabusdei cliarlatans, pipeurs et enchanteurs, 1601; Preuve du plant et profit des mûriers, 1603; Lettres de la feu rogne mère comme elle faisûit travailler aux manufactures; Bist. du commerce de France, 1606. — Son fils, Isaac de Laffémas, 1589-1650, ayocatau parlement, conseiller d'Etat et lieutenant civil en 1638, fut tout dévoué au cardinal de Richelieu, ainsi qu'à Mazarin. Il a laissé, comme Laubardemont, une mémoire exécrée.
- L'AFFICHARD (Thomas), auteur médiocre, né en Bretagne ea 1698, m. à Paris en 1753, a donné un grandT nombre de pièces qui furent jouées aux Français, aux Italiens, à l'Opëra-Comique, et dont plusieurs avaient été composées en société avec Panard, d'Orville et Gallet. On en arecueilli quelques-unes sous le titre de Théâtre de l'Affichard, 1746.
- LAFFITTE (Jacques), néen 1767, m. en 1844, était filsd'un pauvre charpentier de Rayonne. Il vint jeune à Paris, entra en qualifé de commis chez le banquier Perregaux, obtint la confiance de son patron, qui se l'associa, augmenta bientôt l'importance de la maison, fut nommé en 1814 gouverneur de la Banque, vint au secours del'État obéré dans les moments difficiles qui suivirent l'invasion, reçut de Napoléon, partant pour l'exil, un dépôt de plusieurs millions, qu'il conserva religieusement, fit partie en 1815 de la Chambre des Représentants,puis de celle des Députés, futréélu en 1817 par tous les collèges de Paris; vota constamment, sous la Restauration, avec l'opposition ; eut la partlaplus active à la révolution de Juillet (1830), et fut le premier à déférer au duc d'Orléans la lieutenance;du royaume, puis la cou-" ronne; accepta, au début de la révolution, le portefeuille des finances, devint président du conseil au 3 novembre 1830, et se montra favorable au Mouvement, mais fut bientôt débordé, et se vit, après le sac de l'archevêché, obligé de se retirer (3.mar&1831). Dès lors, mécontent de la marche dugouvernement, il rentra dans l'opposition pour n'en plus, sortir. J. Laffitte avait éprouvé,, soit pendant son ministère, soit depuis, des pertes immenses qui le forcèrent à liquider sa maison de banque et à vendre son hôtel: une souscription nationale racheta cet hôtel pour le lui conserver. Rendu à la vie privée, il reconstitua sa maison sous ladénomination de Banque sociale, et la vit de nouveau prospérer. Bienfaisant et généreux, J. Laffitte ouvrait sa bourse à toutes les infortunes, aidait l'industrie de ses capitaux, encourageaitles lettres et les arts : aussi jouit-il d'une immense popularité. Une de ses 3 filles épousa le prince de La Mos-kowa. Outre ses Discourset Opinions, ilavaitrédigé desMémoires, qui sont restés inédits, la publication eri ayant été retardée par des contestations judiciaires.
LAFIN. V. BIRON (Ch. de).
- LAFITAU (le Père), jésuite missionnaire, né à Bordeaux, mort en 1740, fut employé pendant plusieurs années dans les missions du Canada, Il a publié : Moeurs des sauvages américains, comparées aux mœurs des premiers temps, 1723; Histoire des découvertes et des conquêtes des Portugais danshNou-veau-Monde, 1733. — Un autre Lafitau, P. Franc., parent du précéd., 1685-1764, fut évêque de Siste-ron. Il a écrit contre les Jansénistes, et publié la Vie de Clément XI, l'Histoire delà constitution Uni-genitus, 1737, Vie etmystères delà.Ste Vierge, 1759.
- LA FLËCHE, Flexia, ch.-l. d'arr. (Sarthe), sur le Loir, à 40 kil. S. E. du Mans; 6490 hab. Beau collège, fondée en 1603 par Henri IV et donné par lui aux Jésuites; ce collège..devint en 1764 une École militaire; le PM/taéeïBî'Kfot'redeSt-Cyr y fut transporté en 1808; le titre de Prytanée, remplacé en 1815 par celui de Collège militaire, a été rétabli en 1853.Toiles, étammes, chapellerie, huile de noix, etc. — La ville tire son nom.u'une flèche qui fut placée au XIIe s. sur la tour de Sf-Tnomas. Patrie de l'astronome Picard, du mécanicien J. Sauveur.
LA FLOTTE, v. du dép. de la Charente-Inl., sur
LAFO — 1025 — LAFO
la côte N. de l'île de Ré; 2600 hab. Rade et port excellents. Distilleries, vinaigres.
- LAFON (Pierre), acteur tragique, né à La Einde en Périgord, en 1773,m.en 1846, s'engagea d'abord dans une troupe ambulante, puis vint à Paris, débuta en 1800 au Théâtre-Français par le rôle d'Achille d'iphigénie en Âulide, où il obtint le succès le plus brillant, et conserva la faveur du public jusqu'au moment où il se retira, en 1829. Lafon était doué d'une taille avantageuse, d'une belle figure, d'un organe sonore, mais il était souvent guindé, et portait à l'excès le sentiment dé la dignité théâtrale.
- LAFONT (Jos. de), auteur dramatique médiocre, né à Paris en 1686, mort en 1725, a donné au Théâtre-Français : DOTae1, ou Jupiter Crispin; le Naufrage, ou la Pompe funèbre de Crispin; l'Amour vengé; les Trois frères rivaux, et a composé plusieurs opéras.
- LA FONTAINE (Jean de), le premier des fabulistes, né en 1621 à Château-Thierry, morten 1S95, était fils d'un maître des eaux et forêts. Son enfance n'eut rien de remarquable, et ce n'est qu'à l'âge de 22 ans qu'il sentit naître en lui le goût de lap'oésie, en entendant lire une ode de Malherbe. Son'père, voulant lui donner un état, se démit de sa vCharge en sa faveur; il le maria en même temps; mais La Fontaine, d'un caractère insouciant, négligeait* sa place et son ménage pour se livrer à son goût pour le plaisir et la poésie. Quelques-uns de ses premiers essais ayant attiré l'attention de la duchesse de Bouillon, qui se trouvait à Château-Thierry, cette dame l'admit près d'elle, l'emmena à Paris et se déclara sa protectrice : elle l'appelait sonFablier. Il eut aussi pour protecteurs le surintendant Fouquet, auquel il resta fidèle dans sa disgrâce; Henriette d'Angleterre, le prince deCondéetleducdeBourgogne; cependant,-il n'obtint jamais la faveur de LouisXIV. Il eut pour amis Racine, Molière, Bernier, et fut admis dans l'intimité de Mme de La Fayette et de Mme de La Sablière. Il vécut vingt ans chez la dernière, dispensé de tous les soucis de la vie matérielle. Après la mort de cette dame, M. d'Hervart vint lui offrir de loger chez lui : <r J'y allais, » répondit le poète avec une touchante bonhomie. Dans ses dernières années, il fut ramené à la religion, qu'il avait fort négligée toute sa vie, et se décida, sur les instances de son confesseur, à supprimer quelques-uns de ses ouvrages encore inédits. Il avait été reçu à l'Académie Française en 1684. La Fontaine débuta par des Contes (16*64); ces petits poèmes, dans lesquels la morale et la décence sont trop souvent offensées, étaient pour la plupart imités de l'Arioste, de Boccace et de Machiavel. Il ne commença à publier ses fables qu'à 47 ans. Ces fables, que'fout le monde sait par cœur, forment 12 livres, dont les 6 premiers parurent en 1668 et les 6 autres de 1678 à 1684. Elles se font toutes remarquer par un ton de naïveté, de bonhomie, et en même temps de finesse qu'on ne trouve nulle autre part, ce qui a valu à leur auteur le surnom d'Inimitable. On a aussi de,lui des élégies, dont une admirable sur la disgrâce de Fouquet; quelques comédies (entre autres l'Eunuque, imité de Térence), deux opéras, trois poèmes mythologiques (Psyché, imitation d'Apulée ; Adonis, Philémon et Baucis) ; des ballades et des rondeaux. Il serait impossible d'é-numérer les éditions qu'on a données des Fables de La Fontaine. Parmi les éditions de ses OEuvres complètes, on estime celle de Walckenaër, avec commentaires, 6 vol. in-8 , 1822 et 1827. Ch. Marty-Laveaux en a donné une nouvelle en 1861, d'après les textes originaux, avec notes et lexique, 4 vol. iu-16. "Walckenaër a publié VHist. de la Vie et des ouvrages de La Fontaine, 1820 et 1824 ; Chamfort et La Harpe son Eloge; M. Taine un Essai sur les Fables de La Fontaine, 1860; et M. Saint-Marc Girar-din : La Fontaine et les fabulistes, 2 vol. in-8, 1867.
- LA FONTAINE (Auguste), romancier allemand, né à Brunswick en 1756, d'une famille de réfugiés français, mort àHalle en 1831, était fils d'un maître de
peinture. Il étudia la théologie àHelmstaedt, devint en 1786 précepteur des enïants d'un général prussien, qui le fit nommer aumônier de régiment; vint en cette qualité avec les Prussiens en Champagne (1792), puis alla se fixer à Halle, où le roi de Prusse lui donna un canonicat et où il se livra tout entier à la littérature. Il est l'un des plus féconds et dés plus aimables romanciers allemands; ses ouvrages offrent une peinture fidèle de la société et une morale pure, ce qui l'a fait surnommer le Berquin de l'Allemagne ; mais on y trouve une marche trop uniforme. Parmi ses romans on remarque : Blanche et Mina, les Systèmes demorale; Raphaël; Charles et Emma, ., - ? •-Emilie; Walther; l'Homme singulier; la Famille de * Haldén; les Tableaux de famille, etc. La plupart de' ces ouvrages ont été imités ou trad. en franc.
- LA FORCE, ch.-I. de'-c. (Dprdogne), à 11 kil. O.-,; de Bergerac; 910 nab. Érigé, en duché-pairie en 1637.
- LA FORCE (Jacques NOMI»AR nE CAUMONT, duc
de), pair et maréchal de France, né en 1558. mort en 1652, était fils de François de Caumont, qui futmas- sacré à la St-Barthélemy, et n'échappa à la mort que par une sorte de miracle. Caché dans sa famille jusqu'au moment où Henri IV se mit à la tête des 5 Protestants, il se rangea alors sous les drapeaux de F ' ce prince, se signala en plusieurs occasions et fut un des premiers à le reconnaître pour souverain. A l'avènement deLouis XlII,il sejoignitaux mécontents, mais bientôt après il rentra engrâce et fut nommé maréchal. Envoyé en Piémont, îî prit Saluées en 1630, défit les Espagnols à Carignan, à Lunéville (1634), enleva La Motte et Spire, et fit prisonnier le général autrichien Colloredo. —Son fils, Armand de La Force., fut aussi maréchal de France, et m. en 1675, à prés de 90 ans. Tous deux ont laissé des Mémoires (pub. eh 1843 par le marquis E. de La Grange, 4 vol. in-8). — Un de leurs ancêtres, né en 1391, mort en Angleterre 1446, a écrit un Voyage à Jérusalem en 1418, publié à Paris en 1858 par le marquis de La Grange. On lui doit aussi des quatrains moraux sous le titre de'Dits et enseignements', publiés par Galy.
- LA FORCE (Charlotte Rose DE CAUMONT de), petite-fille de Jacques de La For'ce^, née en 1650, morte en 1724, a laissé quelques poésies et des romans ingénieux, où l'histoire se trouve mêlée à la fiction: Histoire secrète du duc de Bourgogne , 1694; — de Marie de Bourgogne, 1712; — de Marguerite de Valois, 169G; — de Catherine de Bourbon, duchesse de Bar, avec les intrigues des règnes de Henri Illet de Henri IV,n03;GustaveWasa,U98; les Fées, contes des contes, 1692.
LA FORCE (PIGANIOL de). V. PIGANIOL. LAFORGE, médecin. V. DELAFORGE.
- LAFOSSE (Charles de), peintre, né à Paris en 1640, mort en 1716, eut pour maître Lebrun, alla se perfectionner à Rome et à Venise, et fut reçu à l'Académie de peinture en 1683. Il a peint, à Paris, le dôme des Invalides, ainsi que lès 4 pendentifs du dôme représentant les 4 évangélistes; à Versailles, la voûte de la chapelle du palais, ainsi que les plafonds des salles du Trône et de Diane. Ses plus beaux tableaux sont : le Mariage d'Adam, le Mariage de la Vierge, Moïse sauvé des eaux, l'Enlèvement de Pro-serpine. Son dessin est quelquefois lourd, mais son coloris est brillant et vigoureux.
- LAFOSSE (Ant. D'AUBIGNY de), poète dramatique, neveu du peintre Ch. de Lafosse, né à Paris en 1653, morten 1708, suivit en qualité de secrétaire le jeune marquis de Créqui, qui fut tué à la bataille de Luz-zara (1702), rapporta son cœur à Paris, et fit sur sa mort des vers qui respirent une douleur profonde. 11 fut ensuite attaché au duc d'Aumont, gouverneur du Boulonnais. On a de lui quatre tragédies : Polyxène, Thésée, Corésus et Callirhoé, Manlius Capitolinus; *. cette dernière, imitée de la Conjuration de Venise d'Otway, est la meilleure; layërsification en est pénible, maïs elle offre des beautés mâles. Les OEuvres de Lafosse ont été publiées en 2 v. in-li, 174J.
n. 85
IAGI — 1026 — U.GR
LATOSSE (Et. Guillaume et Philippe), médecins vétérinaires du xviir* siècle, père et fils, ont écrit sur leur art d'utiles ouvrages, notamment : Guide du maréchal, Paris, 1766; Coursd'Hippialrique, 1774; Dictionnaire d'hippialrique, 1785.
- LA FRANÇAISE, ch.-l. de c (Tarn-et-Garonne), à 18 kil. N. O. de Montauban; 3752 hab.
- LAFRESNAYE, ch.-l. de c (Sarthe), à 13 kil. N. O. de Mamers; 1377 hab.
- LA GACILLY, ch.-l. de c. (Morbihan), à 48 kil. N. E. de Vannes, sur l'Aff; 1355 hab.
- LA GALISSONNIERE (le marquis de), lieutenant général des armées navales, né en 1693 àRochefort, fut nommé en 1745 gouverneur général du Canada, et se concilia l'estime et l'affection de tous les habitants de cette contrée. Chargé en 1756 par Louis XV du commandement de l'escadre destinée à agir contre les Anglais dans la Méditerranée, il battit complètement l'amiral Byng devant Minorque; mais la mort l'enleva la même année.
- LA GARDE (Aat. ESCALIN DES AIHARS, baron de), iiit le capitaine Paulin, né d'une famille obscure a La Garde, en Dauphiné, vers 1498, mort en 1578, -ivait été d'abord valet de service dans un régiment. Il s'éleva par sa bonne conduite, son intelligence et son courage jusqu'aux premiers grades, servit avec un égal succès sur terre et sur mer, conclut le traité d'alliance offensive et défensive entre François I et la république de Venise contre Charles-Quint, fut envoyé comme ambassadeur à la cour de Soliman II, s'acquitta de sa mission avec beaucoup d'habileté, et fut à son retour nommé général des galères. Il se signala par sa violence à l'égard des Vaudois de Cabrières et de Mérindol. Pendant les guerres de religion, il combattit à Jarnac et à Moncontour et assista au siège de La Rochelle.
- LA GARDE-ERESNET, bg du dép. duVar, aufond du golfe Grlmaud, à 33 kil. S. O. de Draguignan; 2600 hab. On croit que ce bourg est l'ancien Fraxi-net, que les Sarrasins prirent et fortifièrent au rx° siècle, et d'où ils ravageaient la Provence (889-975).
- LA GARDIE,famille illustre de Suède, originaire de France. Pontus de La Gardie, né en Gascogne, passa au service du Danemark après avoir fait ses premières armes sous nos capitaines les plus renommés. Fait prisonnier en 1565 par les Suédois, il fut bien traité par eux, et resta au service de leur roi Eric XIV, sous lequel il parvint au grade de feld-maréchal. — Son fils, Jacques de La Gardie, 1583-1652, général des Suédois sous Charles IX, soumit une grande partie de l'empire moscovite, enseigna le métier des armes à Gustave-Adolphe, et fut un des tuteurs de la jeune reine Christine. — Magnus Gabriel de La Gardie, fils de Jacques, jouit de la plus grande faveur auprès de Christine. Cette princesse l'aurait même épousé, dit-on, sans l'opposition du chancelier Oxenstiern. Elle le nomma en 1646 son ambassadeur en France, et lui fit épouser a son retour sa cousine Euphrosine, sœur du prince Charles-Gustave (depuis