Dithyrambe
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consolation, qui dans sa modestie résignée n’ose se révéler. Je connais sa valeur secrète qu’il ignore lui-même. Je veux venger ce noble cœur. Que la plus belle récompense soit donnée à celui qui souffre. L’amour peut seul cueillir les fleurs de l’amour, et le trésor le plus précieux appartient au cœur qui peut l’apprécier et le rendre. »
Jamais, croyez-moi, jamais les Dieux ne se montrent isolément. À peine suis-je avec Bacchus le joyeux, que voici venir Amour, le riant enfant, et Phébus le superbe. Ils approchent, ils viennent, les êtres célestes. La retraite terrestre est pleine de Dieux.
Dites-moi, comment recevrai-je, moi, enfant de la terre, le chœur céleste ? Accordez-moi, ô Dieux, votre vie éternelle. Quels dons pourrait vous offrir le simple mortel ? Élevez-moi jusqu’à votre Olympe. La joie n’habite qu’auprès du trône de Jupiter. Oh ! donnez-moi la coupe pleine de nectar.
« Héhé ! donne la coupe au poëte, baigne ses yeux de la rosée céleste, afin qu’il ne voie pas le Styx maudit et qu’il croie être un des nôtres. » Elle pétille, elle écume, la boisson divine. Le calme renaît dans l’âme et le regard s’éclaircit.
La brise vivifiante du matin s’élève, à travers les sombres rameaux de sapin apparaît la riante lumière, et des rayons dorés étincellent sur les nuages qui couronnent les montagnes. L’alouette salue avec gaieté, par ses chants mélodieux, le soleil qui sourit et s’enflamme dans les bras de la jeune Aurore.
Salut à toi, lumière ! tes rayons répandent la chaleur sur les coteaux et dans les plaines : les prairies reluisent comme des tapis d’argent, des milliers de soleils étincellent dans les perles de rosée.
Dans une douce fraîcheur commencent les jeux de la nature : les zéphyrs voltigent avec amour autour de la rose, et les campagnes riantes sont inondées
de suaves parfums.