Dizain mil huit cent trente

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Léon Vanier, 1884 (p. 16).
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DIZAIN MIL HUIT CENT TRENTE




Je suis né romantique et j’eusse été fatal
En un frac très étroit aux boutons de métal,
Avec ma barbe en pointe et mes cheveux en brosse.
Hablant español, très loyal et très féroce,
L’œil idoine à l’œillade et chargé de défis.
Beautés mises à mal et bourgeois déconfits
Eussent bondé ma vie et soûlé mon cœur d’homme.
Pâle et jaune, d’ailleurs, et taciturne comme
Un infant scrofuleux dans un Escurial…
Et puis j’eusse été si féroce et si loyal !

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