Essai de psychologie/Chapitre 11

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Chapitre 10 Essai de psychologie Chapitre 12


Chapitre 11

comment l’ame apprend à lier ses idées à des caracteres et à former ces caracteres.

ces sons que l’oreille de l’enfant saisit et que sa voix exprime, l’art sait les peindre à ses yeux par le secours de quelques caracteres. La même faculté qui rend l’enfant capable de lier l’idée d’un son à celle d’un objet avec lequel cette idée n’a aucun rapport nécessaire, le met en état de lier de même l’idée d’un caractere ou d’une figure à celle d’un son avec lequel cette idée n’a pas un rapport plus nécessaire ou plus naturel. L’enfant apprend à écrire comme il apprend à parler. La force motrice de l’ame s’exerce sur les fibres musculaires de la main et des doigts comme elle s’exerce sur celles de la voix. C’est par l’exercice réitéré de cette force sur ces organes que l’ame se rend insensiblement maîtresse de tous les mouvemens et de toutes les inflexions dont ils sont susceptibles. Il se forme entre l’oeil et la main une correspondance analogue à celle qui paroît régner entre l’organe de l’ouie et celui de la voix.