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de l’état de l’ame après la naissance.
foible, chancelant et borné dans ses commencemens l’empire de l’ame se fortifie, s’affermit et s’étend par degrés. Chaque jour lui soumet de nouveaux sujets : chaque heure, chaque moment sont marqués par de nouveaux mouvemens ou par de nouvelles sensations. La scene, auparavant vuide, se remplit et se diversifie de plus en plus. Déja les sens ouverts aux impressions du dehors transmettent à l’ame des ébranlemens d’où naît une multitude de perceptions et de sensations différentes. Déja le plaisir et la douleur voltigent sous cent formes autour du trône de l’ame. Amie du plaisir l’ame jete sur lui des regards empressés ; elle lui tend les bras ; elle le saisit avec transport ; elle s’efforce de le retenir. Ennemie de la douleur l’ame se trouble et s’aigrit à sa présence ; elle tâche de détourner la vue de dessus le monstre odieux qui l’obsede ; elle s’émeut, elle s’agite avec violence ; elle fait effort pour le repousser. Les perceptions plus nettes, plus distinctes, les sensations plus vives, plus agissantes, les objets plus connus, plus déterminés rendent les volontés plus décidées et plus efficaces.