LES REMPARTS
(Dans un creux du mur, l'image de la Mater dolorosa ; des pots de fleurs devant. )
MARGUERITE (apporte un pot de fleurs nouvelles)
Abaisse, à mère de douleurs! un regard de pitié sur ma peine !
Le glaive dans le cœur, tu contemples avec mille angoisses la mort cruelle de ton fils !
Tes yeux se tournent vers son père; et tes soupirs lui demandent de vous secourir tous les deux !
Qui sentira, qui souffrira le mal qui déchire mon sein?
l'inquiétude de mon pauvre cœur, ce qu'il craint, et ce qu'il espère ? toi seule, hélas ! peux le savoir!
En quelque endroit que j'aille, c'est une amère, hélas!
bien amère douleur que je traîne avec moi !
Je suis à peine seule, que je pleure, je pleure, je pleure! et mon cœur se brise en mon sein !
Ces fleurs sont venues devant! ma croisée ! tous les jours je les arrosais de mes pleurs : ce matin je les ai cueillies pour te les apporter.
Le premier rayon du soleil dans ma chambre me trouve sur mon lit assise, livrée à toute ma douleur!
Secours-moi! sauve-moi de la honte et de la mort!
abaisse, à mère de douleurs! un regard de pitié sur ma peine !