Faust - Les Remparts

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Au Lavoir Faust I - Goethe La Nuit (II)


LES REMPARTS

(Dans un creux du mur, l'image de la Mater dolorosa ; des pots de fleurs devant. )


MARGUERITE (apporte un pot de fleurs nouvelles)

Abaisse, à mère de douleurs! un regard de pitié sur ma peine !

Le glaive dans le cœur, tu contemples avec mille angoisses la mort cruelle de ton fils !

Tes yeux se tournent vers son père; et tes soupirs lui demandent de vous secourir tous les deux !

Qui sentira, qui souffrira le mal qui déchire mon sein?

l'inquiétude de mon pauvre cœur, ce qu'il craint, et ce qu'il espère ? toi seule, hélas ! peux le savoir!

En quelque endroit que j'aille, c'est une amère, hélas!

bien amère douleur que je traîne avec moi !

Je suis à peine seule, que je pleure, je pleure, je pleure! et mon cœur se brise en mon sein !

Ces fleurs sont venues devant! ma croisée ! tous les jours je les arrosais de mes pleurs : ce matin je les ai cueillies pour te les apporter.

Le premier rayon du soleil dans ma chambre me trouve sur mon lit assise, livrée à toute ma douleur!

Secours-moi! sauve-moi de la honte et de la mort!

abaisse, à mère de douleurs! un regard de pitié sur ma peine !

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