Ha ! que j’en voy bien peu songer à ceste mort
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Jean de Sponde
- Ha ! que j'en voy bien peu songer à ceste mort
- Et si chacun la cerche aux dangers de la guerre !
- Tantost dessus la Mer, tantost dessus la Terre,
- Mais las ! dans son oubli tout le monde s'endort.
- De la Mer, on s'attend à ressurgir au Port,
- Sur la Terre, aux effrois dont l'ennemy s'atterre :
- Bref, chacun pense à vivre, et ce vaisseau de verre
- S'estime estre un rocher bien solide et bien fort.
- Je voy ces vermisseaux bastir dedans leurs plaines
- Les monts de leurs desseins, dont les cimes humaines
- Semblent presque esgaler leurs cœurs ambitieux.
- Geants, où poussez-vous ces beaux amas de poudre ?
- Vous les ammoncelez ? Vous les verrez dissoudre :
- Ils montent de la Terre ? Ils tomberont des Cieux.