Invocation (Lamartine)
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- O toi qui m'apparus dans ce désert du monde,
- Habitante du ciel, passagère en ces lieux !
- O toi qui fis briller dans cette nuit profonde
- Un rayon d'amour à mes yeux ;
- A mes yeux étonnés montre-toi tout entière,
- Dis-moi quel est ton nom, ton pays, ton destin.
- Ton berceau fut-il sur la terre ?
- Ou n'es-tu qu'un souffle divin ?
- Vas-tu revoir demain l'éternelle lumière ?
- Ou dans ce lieu d'exil, de deuil, et de misère,
- Dois-tu poursuivre encor ton pénible chemin ?
- Ah ! quel que soit ton nom, ton destin, ta patrie,
- Ou fille de la terre, ou du divin séjour,
- Ah ! laisse-moi, toute ma vie,
- T'offrir mon culte ou mon amour.
- Si tu dois, comme nous, achever ta carrière,
- Sois mon appui, mon guide, et souffre qu'en tous lieux,
- De tes pas adorés je baise la poussière.
- Mais si tu prends ton vol, et si, loin de nos yeux,
- Sœur des anges, bientôt tu remontes près d'eux,
- Après m'avoir aimé quelques jours sur la terre,
- Souviens-toi de moi dans les cieux.