Jane (Poèmes antiques)

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Alphonse Lemerre, éditeur, s.d. (après 1886 ou 1891) (pp. 296-297).
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Chansons écossaises


______



I


JANE.



          Je pâlis et tombe en langueur :
          Deux beaux yeux m’ont blessé le cœur.

          Rose pourprée et tout humide,
          Ce n’était pas sa lèvre en feu ;
          C’étaient ses yeux d’un si beau bleu
          Sous l’or de sa tresse fluide.

          Je pâlis et tombe en langueur :
          Deux beaux yeux m’ont blessé le cœur.


          Toute mon âme fut ravie !
          Doux étaient son rire et sa voix ;
          Mais ses deux yeux bleus, je le vois,
          Ont pris mes forces et ma vie !

          Je pâlis et tombe en langueur :
          Deux beaux yeux m’ont blessé le cœur.

          Hélas ! la chose est bien certaine :
          Si Jane repousse mon vœu,
          Dans ses deux yeux d’un si beau bleu
          J’aurai puisé ma mort prochaine.

          Je pâlis et tombe en langueur :
          Deux beaux yeux m’ont blessé le cœur.


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