Jugement

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Agrippa d'Aubigné Les Tragiques

Livre VII : Jugement
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661 Mais quoi ! c'est trop chanté, il faut tourner les yeux
      Eblouis de rayons dans le chemin des cieux.
      C'est fait, Dieu vient régner, de toute prophétie
      Se voit la période à ce point accomplie.
665 La terre ouvre son sein, du ventre des tombeaux
      Naissent des enterrés les visages nouveaux :
      Du pré, du bois, du champ, presque de toutes places
      Sortent les corps nouveaux et les nouvelles faces.
      Ici les fondements des châteaux réhaussés
670 Par les ressuscitants promptement sont percés ;
      Ici un arbre sent de bras de sa racine
      Grouiller un chef vivant, sortir une poitrine ;
      Là l'eau trouble bouillonne,et puis s'éparpillant
      Sent en soi des cheveux et un chef s'éveillant.
675 Comme un nageur venant du profond de son plonge,
      Tous sortent de la mort comme on sort d'n songe.
      Les corps par les tyrans autrefois déchirés
      Se sont en un moment en leurs corps asserrés,
      Bien qu'un bras ait vogué par la mer écumeuse
680 De l'Afrique brûlée en Tylé froiduleuse.
      Les cendres des brûlés volent de tous parts ;
      Les brins plus tôt unis qu'ils ne furent épars
      Viennent à leur poteau, en cette heureuse place
      Riants au ciel riant d'une agréable audace.

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