L’Âge d’or (Pottier)
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Au bureau du Comité Pottier, 1908 (pp. 127-128).
L’ÂGE D’OR
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À Adolphe Douai, de Newark.
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- Ô Terre, voici l’âge d’or !
- Sous la bannière cramoisie
- Déroule ton beau Messidor !
- Ô Terre, voici l’âge d’or !
Salut l’Amour ! Salut la Poésie !
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- Voici venir l’âge vermeil,
- Mets, Peau d’Âne transfigurée,
- Ta robe couleur du soleil :
- La Justice a fait son entrée.
- Par l’esclavage abrutissant
- Et par la misère écrasée,
- Tu couchais dans un lit de sang.
- Éveille-toi dans la rosée !
- Voici venir l’âge vermeil,
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- Tu fus l’enfer, le gouffre noir
- Des intérêts et des batailles,
- Le cri navrant du désespoir.
- Sortait du fond de tes entrailles.
- Maintenant, les poumons gonflés,
- Orgue puissant lorsque tu vibres,
- Tu remplis les cieux constellés :
- Du chant des égaux et des libres.
- Tu fus l’enfer, le gouffre noir
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- Que de sève en tes flancs sacrés !
- Un suc de renouveau s’y mêle.
- Pour tes enfants longtemps sevrés
- Reprends le rôle de mamelle.
- Écrasant l’usure et le vol
- Qui grouillaient dans tes fanges noires,
- La science a fait de ton sol
- L'Atelier de toutes les gloires.
- Que de sève en tes flancs sacrés !
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- Ô nations, plus de torpeur,
- Mille réseaux vous ont nouées.
- L’électricité, la vapeur
- Sont vos servantes dévouées.
- L’homme a conquis les hauts sommets,
- Les sables ardents, les banquises,
- La mer et le ciel, désormais,
- Sont des forces qu’il a conquises.
- Ô nations, plus de torpeur,
-
- Races, venez de toutes parts,
- Creusez l’être par la science.
- Individus, cerveaux épars,
- Vous n’êtes qu’une conscience.
- Tous les fléaux vont s’apaiser,
- La nature n’est plus farouche
- Et la vie est un long baiser
- Que l’homme lui prend sur la bouche.
- Races, venez de toutes parts,
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- Ô Terre, voici l’âge d’or !
- Sous la bannière cramoisie
- Déroule ton beau Messidor !
- Ô Terre, voici l’âge d’or !
Salut l’Amour ! Salut la Poésie !
- À bord du transatlantique L'Amérique,
- retour d'exil, septembre 1880.