L’Âge futur, ou Ce que seront nos enfants
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H. Fournier, 1839 (1, pp. 60-62).
L’ÂGE FUTUR
OU
CE QUE SERONT NOS ENFANTS
1814
Air : Allez-vous-en, gens de la noce
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- Je le dis sans blesser personne,
- Notre âge n’est point l’âge d’or ;
- Mais nos fils, qu’on me le pardonne,
- Vaudront bien moins que nous encor.
- Pour peupler la machine ronde,
- Qu’on est fou de mettre du sien !
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- Ah ! pour un rien,
- Oui, pour un rien,
- Ah ! pour un rien,
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- Nous laisserions finir le monde,
- Si nos femmes le voulaient bien.
- Je le dis sans blesser personne,
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- En joyeux gourmands que nous sommes,
- Nous savons chanter un repas :
- Mais nos fils, pesants gastronomes,
- Boiront et ne chanteront pas.
- D’un sot à face rubiconde
- Ils feront un épicurien.
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- Ah ! pour un rien,
- Oui, pour un rien,
- Ah ! pour un rien,
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- Nous laisserions finir le monde,
- Si nos femmes le voulaient bien.
- En joyeux gourmands que nous sommes,
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- Grâce aux beaux esprits de notre âge,
- L’ennui nous gagne assez souvent ;
- Mais deux instituts, je le gage,
- Lutteront dans l’âge suivant.
- De se recruter à la ronde,
- Tous deux trouveront le moyen.
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- Ah ! pour un rien,
- Oui, pour un rien,
- Ah ! pour un rien,
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- Nous laisserions finir le monde,
- Si nos femmes le voulaient bien.
- Grâce aux beaux esprits de notre âge,
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- Nous aimons bien un peu la guerre,
- Mais sans redouter le repos.
- Nos fils, ne se reposant guère,
- Batailleront à tout propos.
- Seul prix d’une ardeur furibonde,
- Un laurier sera tout leur bien.
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- Ah ! pour un rien,
- Oui, pour un rien,
- Ah ! pour un rien,
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- Nous laisserions finir le monde,
- Si nos femmes le voulaient bien.
- Nous aimons bien un peu la guerre,
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- Nous sommes peu galants sans doute ;
- Mais nos fils, d’excès en excès,
- Égarant l’amour sur sa route,
- Ne lui parleront plus français.
- Ils traduiront, Dieu les confonde !
- L’Art d’aimer en italien.
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- Ah ! pour un rien,
- Oui, pour un rien,
- Ah ! pour un rien,
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- Nous laisserions finir le monde,
- Si nos femmes le voulaient bien.
- Nous sommes peu galants sans doute ;
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- Ainsi, malgré tous nos sophistes,
- Chez nos descendants on aura
- Pour grands hommes des journalistes,
- Pour amusement l’Opéra ;
- Pas une vierge pudibonde ;
- Pas même un aimable vaurien.
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- Ah ! pour un rien,
- Oui, pour un rien,
- Ah ! pour un rien,
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- Nous laisserions finir le monde,
- Si nos femmes le voulaient bien.
- Ainsi, malgré tous nos sophistes,
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- De fleurs, amis, ceignant nos têtes,
- Vainement nous formons des vœux
- Pour que notre culte et nos fêtes
- Soient en honneur chez nos neveux :
- Ce chapitre que Momus fonde
- Chez eux manquera de doyen.
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- Ah ! pour un rien,
- Oui, pour un rien,
- Ah ! pour un rien,
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- Nous laisserions finir le monde,
- Si nos femmes le voulaient bien.
- De fleurs, amis, ceignant nos têtes,
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