L’Âme révélée

La bibliothèque libre.
 
Aller à : Navigation, rechercher
Albert LozeauLe Miroir des jours

L’Âme révélée



 

MÉDITER de beaux vers, c’est apprendre son âme,
La strophe est un miroir fidèle où l’on se voit
Dans les traits d’un visage ami, pareil à soi,
Avec la même angoisse aux yeux, la même flamme.

Ce que j’ai de secret, un verbe le proclame ;
Ce que j’ai de confus, un mot l’éclaire en moi ;
Et dans sa vérité mon être s’aperçoit,
Cruel et lamentable, ou doux comme une femme.

Je suis là, par moi-même en face regardé,
D’espérance ou de crainte ou d’amour obsédé,
Libre de l’apparence imposée, ― ô misère ! ―

Vraiment tel que je suis intérieurement,
Triste, inquiet, rêveur, inconstant et sincère,
Mais esclave soumis d’une bouche qui ment !

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils