L’Électricité

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William Wilson

L’Électricité


Aimerions nous vivre à nouveau ?


            Dans une humeur calme et pensive,
Quand la réflexion sur nous agit active,
Que sur nous de la vie est léger le manteau,
Nous nous posons souvent cette question vaine :
“ De nos jours si pouvions rétrograder la chaîne
            Aimerions-nous vivre à nouveau ?

            Une réponse affirmative
De bien peu d’entre nous serait la perspective ;
Car cette vie, bêlas ! est, depuis le berceau
Sujette à tant de maux, de malheurs, de tristesse,
De beaux espoirs déçus, et sans cesse et sans cesse.
            Que peu voudraient vivre à nouveau !

            Car plus notre âme est sensitive,
Oui plus elle a d’émois, oui plus elle est craintive,
Bien que ne soit pas vain des bons cœurs le joyau,
Dans la vie il y a tant de luttes multiples,
Tant de pertes aussi, doubles, quelquefois triples,
            Que peu voudraient vivre à nouveau !

            De la jeunesse la foi vive
De l’été de nos ans s’éteint dans la lessive,
L’espoir qui nous sourit dans le printemps si beau,
Ne prend pas bien longtemps dans nos cœurs domicile,
Et si pour quelques uns le plaisir est facile,
            Que peu voudraient vivre à nouveau !

            Aussi dans cette alternative
À cette question, de manière évasive
Chacun de nous répond, un seul pour te troupeau :
“ Si pouvions conserver l’amour, l’indépendance,
Garder autour de nous nos bons amis d’enfance.
Nous aimerions vivre à nouveau ! ”



L’Électricité.


Nous savons aussi mal ce qu’un enfant aux bras
Peut penser quand il rit, ou qu’il fait des hélas !
Que ce que, dans un temps donné, cette puissance
De l’Électricité, juste à l’état d’enfance,


pourra fournir un jour. — À dada sur l’éclair
De l’orage en fureur, cela voyage en l’air,
À la barbe des cieux, et malgré nous, nous pousse,
Devers le merveilleux par une pente douce.
Mais, tout en nous servant de l’Électricité,
Savons-nous les secrets de son esprit fûté ?
Savons-nous donc pourquoi sous son souffle qui passe
Elle triomphe en plein du temps et de l’espace ?
Ces miracles fameux des vieux temps d’autrefois,
Ne sont, dit entre nous, que miracles bourgeois !
Cette voix qui n’a pas le don de la parole
Emporte les secrets sur son aile qui vole,
Plus que n’en eut jamais un ministre d’État :
Les peuples maintenant, c’est un beau résultat !
Malgré vent et marée, au contact de sa flamme
Échangent librement le baiser de leur âme !
Sous les flots, sans sombrer, sans des chemins frayés,
Et sans qu’il soit besoin d’avoir chats enrayés,
Peuvent causer entre eux l’un et l’autre hémisphère,
Et se communiquer les “ on dit ” de leur sphère.
Le Matériel dit ce que nous croyons voir,
Mais l’Immatériel — ne peut se concevoir !




Fleurs


      Fleurs, douces fleurs vous êtes mes amours,
Et toutes je vous aime en vos charmants atours,
      Vous qui vivez des forêts sous l’ombrage.
Ou qui vous prélassez sous un ciel éclatant ;
      Qui sur le mur contre le temps luttant
Sachant vous cramponner, tenez tête à l’orage :
      Fleurs, douces fleurs, vous êtes mes amours !
Et toutes je vous aime en vos charmants atours !

      Fleurs, douces fleurs, à vous voir je m’enivre,
Et vous êtes pour moi prédicateur ou livre.
      La Primevère est de l’humilité
L’exemple et la leçon ; La simple Violette
      D’un cœur constant me dit la pureté ;
La source de l’espoir est dans la Paquerette.

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