L’Ami Robin

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H. Fournier, 1839 (1, pp. 65-67).


L’AMI ROBIN


Air : À la Monaco


De tout Cythère
Sois le courtier :
On paîra bien ton ministère.
De tout Cythère
Sois le courtier :
Ami Robin, quel bon métier !

Robin connaît toutes nos belles
Et jusqu’où leur prix peut aller.
Messieurs, qui voulez des pucelles,
C’est à Robin qu’il faut parler.

De tout Cythère
Sois le courtier :
On paîra bien ton ministère.
De tout Cythère
Sois le courtier :
Ami Robin, quel bon métier !

Prodiguons l’or, et des maîtresses
De toutes parts vont nous venir :
Car si nous tenions aux comtesses,
Robin pourrait nous en fournir.


De tout Cythère
Sois le courtier :
On paîra bien ton ministère.
De tout Cythère
Sois le courtier :
Ami Robin, quel bon métier !

J’ai connu Robin à l’école :
Ce n’était point un libertin ;
Mais il gagnait mainte pistole
À nous procurer l’Arétin.

De tout Cythère
Sois le courtier :
On paîra bien ton ministère.
De tout Cythère
Sois le courtier :
Ami Robin, quel bon métier !

Quand de prendre femme il eut l’âge,
Il la prit belle exprès pour ça.
Par malheur la sienne était sage ;
Mais aussi Robin divorça.

De tout Cythère
Sois le courtier :
On paîra bien ton ministère.
De tout Cythère
Sois le courtier :
Ami Robin, quel bon métier !

Que le neuf ou le vieux vous tente,

Il sera votre fournisseur :
Robin vend sa nièce et sa tante ;
Il vendrait sa mère et sa sœur.

De tout Cythère
Sois le courtier :
On paîra bien ton ministère.
De tout Cythère
Sois le courtier :
Ami Robin, quel bon métier !

Si je lis bien dans son système,
Vers la cour il marche à grands pas.
Combien de gens qui déja même
Devant Robin ont chapeau bas !

De tout Cythère
Sois le courtier :
On paîra bien ton ministère.
De tout Cythère
Sois le courtier :
Ami Robin, quel bon métier !