L’Anneau
O toi que j’ai choisi pour ma jeune maîtresse ;
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- O toi qui ceindras son doigt nu,
- O toi qui ceindras son doigt nu,
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Anneau d’or, puisse celle à qui l’amour t’adresse
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- T’accueillir comme un bienvenu ?
- T’accueillir comme un bienvenu ?
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Ne froisse point son doigt délicat ; sois pour elle
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- Ce qu’elle est pour mon cœur épris,
- Ce qu’elle est pour mon cœur épris,
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Une extase, un rayon d’aurore, une parcelle
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- De moi-même, un joyau sans prix.
- De moi-même, un joyau sans prix.
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Alors, sans que son âme austère se courrouce,
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- Je pourrais, métal transporté,
- Je pourrais, métal transporté,
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De désirs tout humains, presser sa lèvre douce,
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- Nid rose où dort la volupté.
- Nid rose où dort la volupté.
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Alors j’effleurerais sa gorge, une merveille
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- Éblouissante de pâleur,
- Éblouissante de pâleur,
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Aux contours si riants et si frais que l’abeille
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- Les prend pour deux pêches en fleur.
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Bien des fois j’ai rêvé des charmes que dérobe
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- Sa pruderie à l’œil du jour ;
- Sa pruderie à l’œil du jour ;
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J’ai maudit bien des fois son corset et sa robe,
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- Ces deux guichetiers de l’amour ;
- Ces deux guichetiers de l’amour ;
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L’anneau qu’on porte au doigt n’éveille point d’alarmes,
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- Pour lui nul temple n’est fermé,
- Pour lui nul temple n’est fermé,
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Il peut voir, à toute heure et sans voile, les charmes
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- Qu’on cache à l’œil du bien-aimé ;
- Qu’on cache à l’œil du bien-aimé ;
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Soit que la vierge, aux pieds de sa couche, abandonne
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- Son long vêtement desserré ;
- Son long vêtement desserré ;
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Soit que dans le bain d’ambre elle joue et frissonne
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- Comme un beau cygne énamouré ;
- Comme un beau cygne énamouré ;
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Soit qu’au premier baiser que l’aube épand sur elle,
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- Entr’ouvrant ses cils demi-clos,
- Entr’ouvrant ses cils demi-clos,
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Elle se lève, aussi nonchalante, aussi belle
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- Qu’Aphrodite sortant des flots…
- Qu’Aphrodite sortant des flots…
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Dans ces heures d’extase, anneau pris de délire,
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- Brisant ma forme d’un moment,
- Brisant ma forme d’un moment,
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Je reprendrais mon corps et ma voix pour lui dire :
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- « Aimons-nous : je suis ton amant ! »
- « Aimons-nous : je suis ton amant ! »
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Mais où s’égare, hélas ! ma pensée en détresse ?…
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- Pars, anneau, gage de ma foi,
- Pars, anneau, gage de ma foi,
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Et va dire tout bas à ma belle maîtresse :
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- « Il languit, il meurt loin de toi ! »
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