L’Encyclopédie (vol. 1) - ABA

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Sommaire

[modifier] AB,

s. m. onzieme mois de l'année civile des Hébreux, & le cinquieme de leur année ecclésiastique, qui commence au mois de Nisan. Le mot ab répond à la Lune de Juillet, c'est-à-dire à une partie de notre mois du même nom & au commencement d'Août. Il a trente jours. Les Juifs jeûnent le premier jour de ce mois, à cause de la mort d'Aaron, & le neuvieme, parce qu'à pareil jour le Temple de Salomon fut brûlé par les Chaldéens ; & qu'ensuite le second Temple bâti depuis la captivité, fut brûlé par les Romains. Les Juifs croyent que ce fut le même jour que les Envoyés qui avoient parcouru la Terre de Chanaan, étant revenus au camp, engagerent le peuple dans la révolte. Ils jeûnent aussi ce jour-là en mémoire de la défense que leur fit l'Empereur Adrien de demeurer dans la Judée, & de regarder même de loin Jérusalem, pour en déplorer la ruine. Le dix-huitieme jour du même mois, ils jeûnent à cause que la lampe qui étoit dans le Sanctuaire, se trouva éteinte cette nuit, du tems d'Achaz. Diction. de la Bibl. tom. I. pag. 5.

Les Juifs qui étoient attentifs à conserver la mémoire de tout ce qui leur arrivoit, avoient encore un jeûne dont parle le Prophete Zacharie, institué en mémoire & en expiation du murmure des Israélites dans le désert, lorsque Moyse eut envoyé de Cadesbarné des espions dans la Terre promise. Les Juifs disent aussi que dans ce mois les deux Temples ont été ruinés, & que leur grande Synagogue d'Alexandrie fut dispersée. L'on a remarqué que dans ce même mois ils avoient autrefois été chassés de France, d'Angleterre & d'Espagne. (G)

[modifier] AB,

s. m. en Langue Syriaque est le nom du dernier mois de l'Eté. Le premier jour de ce mois est nommé dans leur Calendrier Saum-Miriam, le Jeûne de Notre-Dame ; parce que les Chrétiens d'Orient jeûnoient depuis ce jour jusqu'au quinze du même mois, qu'ils nommoient Fathr-Miriam, la cessation du Jeûne de Notre-Dame. D'Herbelot, Bib. Orientale. (G)

[modifier] AB,

s. m. en hébreu signifie pere ; d'où les Chaldéens & les Syriens ont fait abba, les Grecs abbas, conservé par les Latins, d'où nous avons formé le nom d’Abbé. Saint Marc & Saint Paul ont employé le mot syriaque ou chaldaïque abba, pour signifier Pere, parce qu'il étoit alors commun dans les Synagogues & dans les premieres assemblées des Chrétiens. C'est pourquoi abba Pater dans le 14e chap. de Saint Marc, & dans le 8e de Saint Paul aux Romains, n'est que le même mot expliqué, comme s'ils disoient : abba, c'est-à-dire, mon pere. Car comme le remarque S. Jerôme dans son Commentaire sur le iv chap. de l'Epitre aux Galates, les Apôtres & les Evangélistes ont quelquefois employé dans leurs Ecrits des mots syriaques, qu'ils interprétoient ensuite en Grec, parce qu'ils écrivoient dans cette derniere Langue. Ainsi ils ont dit Bartimée, fils de Timée ; aser, richesses ; où fils de Timée, & richesses, ne sont que la version pure des mots qui les précedent. Le nom d’abba en Syriaque qui signifioit un pere naturel, a été pris ensuite pour signifier un personnage, à qui l'on voueroit le même respect & la même affection qu'à un pere naturel. Les Docteurs Juifs prenoient ce titre par orgueil ; ce qui fait dire à J.C. dans S. Matthieu, ch. 23. N'appellez personne sur la terre votre pere, parce que vous n'avez qu'un pere qui est dans le ciel. Les Chrétiens ont donné communément le nom d’Abbé aux Supérieurs des Monasteres. Voyez Abbé. (G)

[modifier] ABA,

s. ville de la Phocide, bâtie par les Abantes, peuples sortis de Thrace, nommée Aba d'Abas leur Chef, & ruinée, à ce que prétendent quelques-uns, par Xercès.

[modifier] ABACA,

s. Il ne paroît pas qu'on sache bien précisément ce que c'est. On lit dans le Dictionnaire du Commerce, que c'est une sorte de chanvre ou de lin qu'on tire d'une plante des Indes ; qu'il est blanc ou gris ; qu'on le fait roüir, qu'on le bat comme notre chanvre ; qu'on ourdit avec le blanc des toiles très-fines ; & qu'on n'emploie le gris qu'en cordages & cables.

[modifier] ABACH,

s. petite ville d'Allemagne dans la basse Baviere, que quelques Auteurs donnent pour le château d'Abaude. Long. 29. 40. lat. 48. 52.

[modifier] ABACO,

s. m. Quelques anciens Auteurs se servent de ce mot, pour dire l’Arithmétique. Les Italiens s'en servent aussi dans le même sens. Voyez ABAQUE & ARITHMETIQUE. (O)

[modifier] ABACOA,

s. Isle de l'Amérique septentrionale, l'une des Lucayes.

[modifier] ABACOT,

s. m. nom de l'ancienne parure de tête des Rois d'Angleterre ; sa partie supérieure formoit une double couronne. Voyez Dyche.

[modifier] ABADA,

s. m. c'est, dit-on, un animal qui se trouve sur la côte méridionale de Bengale, qui a deux cornes, l'une sur le front, l'autre sur la nuque du cou ; qui est de la grosseur d'un poulain de deux ans, & qui a la queue d'un bœuf, mais un peu moins longue ; le crin & la tête d'un cheval, mais le crin plus épais & plus rude, & la tête plus plate & plus courte ; les piés du cerf, fendus, mais plus gros. On ajoûte que de ces deux cornes, celle du front est longue de trois ou quatre piés, mince, de l'épaisseur de la jambe humaine vers la racine ; qu'elle est aiguë par la pointe, & droite dans la jeunesse de l'animal, mais qu'elle se recourbe en-devant ; & que celle de la nuque du cou est plus courte & plus plate. Les Negres le tuent pour lui enlever ses cornes, qu'ils regardent comme un spécifique, non dans plusieurs maladies, ainsi qu'on lit dans quelques auteurs, mais en général contre les venins & les poisons. Il y auroit de la témérité sur une pareille description à douter que l'abada ne soit un animal réel ; reste à savoir s'il en est fait mention dans quelque Naturaliste moderne, instruit & fidele, ou si par hasard tout ceci ne seroit appuyé que sur le témoignage de quelque voyageur. Voyez Vallisneri, tom. III. pag. 367.

[modifier] ABADDON,

s. m. vient d’abad, perte. C'est le nom que S. Jean donne dans l'apocalypse au roi des sauterelles, à l'ange de l'abysme, à l'ange exterminateur.

[modifier] ABADIR ou ABADDIR,

sub. m. mot composé de deux termes Phéniciens. Il signifie pere magnifique, titre que les Carthaginois donnoient aux Dieux du premier ordre. En Mythologie, abadir est le nom d'une pierre que Cybele ou Ops, femme de Saturne, fit avaler dans des langes à son mari, à la place de l'enfant dont elle étoit accouchée. Ce mot se trouve corrompu dans les gloses d'Isidore, où on lit agadir lapis. Barthius le prenant tel qu'il est dans Isidore, le rapporte ridiculement à la langue Allemande. Bochard a cherché dans la langue Phénicienne l'origine d’abadir, & croit avec vraisemblance qu'il signifie une pierre ronde ; ce qui cadre avec la figure décrite par Damascius. Des anciens ont cru que cette pierre étoit le dieu Terme : d'autres prétendent que ce mot étoit jadis synonyme à Dieu. (G)

[modifier] ABACUZ,

s. m. pris adject. ce sont les biens de ceux qui meurent sans laisser d'héritiers, soit par testament, soit par droit lignager, ou autrement, & dont la succession passoit, à ce que dit Ragueau, selon l'ancienne coûtume de Poitou, au bas justicier de la seigneurie dans laquelle ils étoient décédés. (H)

[modifier] ABAJOUR,

s. m. nom que les Architectes donnent à une espece de fenêtre ou ouverture destinée à éclairer tout étage soûterrain à l'usage des cuisines, offices, caves, &c. On les nomme communément des soûpiraux : elles reçoivent le jour d'enhaut par le moyen de l'embrasement de l'appui qui est en talus ou glacis, avec plus ou moins d'inclinaison, selon que l'épaisseur du mur le peut permettre ; elles sont le plus souvent tenues moins hautes que larges. Leurs formes extérieures n'ayant aucun rapport aux proportions de l'architecture, c'est dans ce seul genre de croisées qu'on peut s'en dispenser, quoique quelques Architectes ayent affecté dans l'ordre attique de faire des croisées barlongues, à l'imitation des abajours ; comme on peut le remarquer au château des Tuileries du côté de la grande cour : mais cet exemple est à éviter, n'étant pas raisonnable d'affecter-là une forme de croisée, pour ainsi dire consacrée aux soûpiraux dans les étages supérieurs.

On appelle aussi fenêtres en abajour, le grand vitrail d'une église, d'un grand sallon ou galerie, lorsqu'on est obligé de pratiquer à cette croisée un glacis à la traverse supérieure ou inférieure de son embrasure, pour raccorder l'inégalité de hauteur qui peut se rencontrer entre la décoration intérieure ou extérieure d'un édifice ; tel qu'on le remarque aux Invalides, au vestibule & à la galerie du château de Clagny. (P)

[modifier] ABAISIR,

s. m. Quelques Alchimistes se sont servis de ce mot pour signifier spodium. V. SPODIUM. (M)

[modifier] ABAISSE,

s. f. c'est le nom que les Pâtissiers donnent à la pâte qu'ils ont étendue sous le rouleau, & dont ils font ensuite le fond d'un pâté, d'une tourte, & autres pieces semblables.

[modifier] ABAISSÉ,

adject. descendu plus bas. Ce terme, suivant Nicod, a pour étymologie βασις, base, fondement.

[modifier] ABAISSÉ en terme de Blason,

se dit du vol ou des aîles des aigles, lorsque le bout de leurs aîles est en en-bas & vers la pointe de l'écu, ou qu'elles sont pliées ; au lieu que leur situation naturelle est d'être ouvertes & déployées, de sorte que les bouts tendent vers les angles ou le chef de l'écu. Voyez VOL.

Le chevron, le pal, la bande, sont aussi dits abaissés, quand la pointe finit au cœur de l'écu ou au-dessous. Voyez CHEVRON, PAL, &c.

On dit aussi qu'une piece est abaissée, lorsqu'elle est au-dessous de sa situation ordinaire. Ainsi les Commandeurs de Malte qui ont des chefs dans leurs armoiries de famille, sont obligés de les abaisser sous celui de la Religion.

François de Boczossel Mongontier, chevalier de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem, commandeur de Saint Paul, maréchal de son ordre, & depuis bailli de Lyon ; d'or au chef échiqueté d'argent & d'azur de deux tires, abaissé sous un autre chef des armoiries de la Religion de Saint Jean de Jérusalem, de gueules à la croix d'argent. (V)

[modifier] ABAISSEMENT,

s. m. (des équations) en Algebre, se dit de la réduction des équations au moindre degré dont elles soient susceptibles. Ainsi l'équation x3 + axx = bx qui paroît du 3e degré, se réduit ou s'abaisse à une équation du 2d degré xx + ax = b, en divisant tous les termes par x. De même l'équation x4 + aaxx = a4, qui paroît du 4e degré, se réduit au 2d, en faisant xx = az ; car elle devient alors aazz + a3z = a4, ou zz + az = aa. Voyez DEGRÉ, EQUATION, RÉDUCTION, &c.

[modifier] ABAISSEMENT du Pole.

Autant on fait de chemin en degrés de latitude, en allant du pole vers l'équateur, autant est grand le nombre de degrés dont le pole s'abaisse, parce qu'il devient continuellement plus proche de l'horison. Voyez ÉLÉVATION du Pole.

[modifier] ABAISSEMENT de l'horison visible,

est la quantité dont l'horison visible est abaissé au-dessous du plan horisontal qui touche la terre. Pour faire entendre en quoi consiste cet abaissement ; soit C le centre de la terre représentée (Fig. 1. Géog.) par le cercle ou globe BEM. Ayant tiré d'un point quelconque A élevé au-dessus de la surface du globe, les tangentes AB, AE, & la ligne AOC, il est évident qu'un spectateur, dont l'œil seroit placé au point A, verroit toute la portion BOE de la terre terminée par les points touchans BE ; de sorte que le plan BE est proprement l'horison du spectateur placé en A. Voyez HORISON.

Ce plan est abaissé de la distance OG, au-dessous du plan horisontal FOD, qui touche la terre en O ; & si la distance AO est assez petite par rapport au rayon de la terre, la ligne OG est presque égale à la ligne AO. Donc, si on a la distance AO, ou l'élévation de l'œil du spectateur, évaluée en piés, on trouvera facilement le sinus verse OG de l'arc OE. Par exemple, soit AO = 5 piés, le sinus verse OG de l'arc OE sera donc de 5 piés, le sinus total ou rayon de la terre étant de 19 000 000 piés en nombres ronds : ainsi on trouvera que l'arc OE est d'environ deux minutes & demie ; par conséquent l'arc BOE sera de cinq minutes : & comme un degré de la terre est de 25 lieues, il s'ensuit que si la terre étoit parfaitement ronde & unie sans aucunes éminences, un homme de taille ordinaire devroit découvrir à la distance d'environ deux lieues autour de lui, ou une lieue à la ronde : à la hauteur de 20 piés, l'œil devroit découvrir à 2 lieues à la ronde ; à la hauteur de 45 piés, 3 lieues, &c.

Les montagnes font quelquefois que l'on découvre plus loin ou plus près que les distances précédentes. Par exemple, la montagne NL (Fig. 1. no 2. Géog.) placée entre A & le point E, fait que le spectateur A ne sauroit voir la partie NE ; & au contraire la montagne PQ, placée au-delà de B, fait que ce même spectateur peut voir les objets terrestres situés audelà de B, & placés sur cette montagne au-dessus du rayon visuel AB.

L’abaissement d'une étoile sous l'horison est mesuré par l'arc de cercle vertical, qui se trouve au-dessous de l'horison, entre cette étoile & l'horison. Voyez ETOILE, VERTICAL. (O)

[modifier] ABAISSEMENT ou ABATEMENT,

sub. m. en terme de Blason, est quelque chose d'ajoûté à l'écu, pour en diminuer la valeur & la dignité, en conséquence d'une action deshonorante ou tache infamante dont est flétrie la personne qui le porte. Voyez ARME.

Les auteurs ne conviennent pas tous qu'il y ait effectivement dans le blason de véritables abattemens. Cependant Leigls & Guillaume les supposant réels, en rapportent plusieurs sortes.

Les abattemens, selon le dernier de ces deux auteurs, se font ou par reversion ou par diminution.

La reversion se fait en tournant l'écu le haut en bas, ou en enfermant dans le premier écusson un second écusson renversé.

La diminution, en dégradant une partie par l'addition d'une tache ou d'une marque de diminution, comme une barre, un point dextre, un point champagne, un point plaine, une pointe senestre, & un I gousset. Voyez chacun de ces mots à son article.

Il faut ajoûter qu'en ce cas ces marques doivent être de couleur brune ou tannée ; autrement, au lieu d'être des marques de diminution, c'en seroit d'honneur. Voyez TANNÉ, BRUN.

L'auteur de la derniere édition de Guillin rejette tout-à-fait ces prétendus abattemens comme des chimeres : il soûtient qu'il n'y en a pas un seul exemple, & qu'une pareille supposition implique contradiction ; que les armes étant des marques de noblesse & d'honneur, insignia nobilitatis & honoris, on n'y sauroit mêler aucune marque infamante, sans qu'elles cessent d'être des armes ; que ce seroit plûtôt des témoignages toujours subsistans du deshonneur de celui qui les porteroit, & que par conséquent on ne demanderoit pas mieux que de supprimer. Il ajoûte que comme l'honneur qu'on tient de ses ancêtres ne peut souffrir aucune diminution, il faut dire la même chose des marques qui servent à en conserver la mémoire ; qu'il les faut laisser sans altération, ou les supprimer tout-à-fait, comme on fait dans le cas du crime de lese-majesté, auquel cas on renverse totalement l'écu pour marque d'une entiere dégradation.

Cependant Colombines & d'autres rapportent quelques exemples contraires à ce sentiment. Mais ces exemples servent seulement de monumens du ressentiment de quelques Princes pour des offenses commises en leur présence, mais ne peuvent pas être tirées à conséquence pour établir un usage ou une pratique constante, & peuvent encore moins autoriser des officiers inférieurs, comme des Hérauts d'armes, à tenir par leurs mains des empreintes de ces armories infamantes.

En un mot les armes étant plutôt les titres de ceux qui n'existent plus que de ceux qui existent, il semble qu'on ne les peut ni diminuer ni abaisser ; ce seroit autant flétrir l'ancêtre que son descendant ; il ne peut donc avoir lieu que par rapport à des armes récemment accordées. S'il arrive que celui qui les a obtenues vive encore, & démente ses premieres actions par celles qui les suivent, l’abaissement se fera par la suppression de quelques caracteres honorans, mais non par l'introduction de signes diffamans. (Y)

[modifier] ABAISSER

[modifier] ABAISSER une équation,

terme d'Algèbre. Voyez ABAISSEMENT.

[modifier] ABAISSER

est aussi un terme de Géométrie. Abaisser une perpendiculaire d'un point donné hors d'une ligne, c'est tirer de ce point une perpendiculaire sur la ligne. Voyez LIGNE & PERPENDICULAIRE. (O)

[modifier] ABAISSER,

c'est couper, tailler une branche près de la tige d'un arbre. Si on abaissoit entierement un étage de branches, cela s'appelleroit alors ravaler. Voyez RAVALER. (K)

[modifier] ABAISSER,

c'est, en terme de Fauconnerie, ôter quelque chose de la portion du manger de l'oiseau, pour le rendre plus léger & plus avide à la proie.

[modifier] ABAISSER,

marque parmi les Pâtissiers, la façon qu'on donne à la pâte avec un rouleau de bois qui l'applatit, & la rend aussi mince que l'on veut, soit qu'on la destine à être le fond d'un pâté, ou le dessus d'une tourte grasse.

[modifier] ABAISSEUR,

s. m. pris adj. n Anatomie, est le nom qu'on a donné à différens muscles, dont l'action consiste à abaisser ou à porter en bas les parties auxquelles ils sont attachés. Voyez MUSCLE.

[modifier] ABAISSEUR de la levre supérieure,

est un muscle qu'on appelle aussi constricteur des aîles du nez ou petit incisif. Voyez INCISIF.

[modifier] ABAISSEUR propre de la levre inférieure

ou le quarré, est un muscle placé entre les abaisseurs communs des levres sur la partie appellée le menton. Voyez MENTON.

[modifier] ABAISSEUR de la mâchoire inférieure.

Voyez DIGASTRIQUE.

[modifier] ABAISSEUR de l'œil,

est un des quatre muscles de l'œil qui le meut en bas. Voyez ŒIL & DROIT.

[modifier] ABAISSEUR des sourcils,

empêche les ordures d'entrer dans l'œil, & lui fournit une défense contre la lumiere trop vive, lorsque par la contraction de ce muscle, les sourcils s'approchent de la paupiere inférieure, & en même tems l'un de l'autre.

[modifier] ABAISSEUR de la paupiere inférieure ;

ils servent à ouvrir l'œil. (L)

[modifier] ABALIENATION,

s. f. dans le droit Romain, signifie une sorte d'aliénation par laquelle les effets qu'on nommoit res mancipi, étoient transférés à des personnes en droit de les acquérir, ou par une formule qu'on appelloit traditio nexu, ou par une renonciation qu'on faisoit en présence de la Cour. Voyez ALIENATION.

Ce mot est composé de ab, & alienare, aliéner. Les effets qu'on nomme ici res mancipi, & qui étoient l'objet de l’abaliénation, étoient les bestiaux, les esclaves, les terres, & autres possessions dans l'enceinte des territoires de l'Italie. Les personnes en droit de les acquérir étoient les citoyens Romains, les Latins, & quelques étrangers à qui on permettoit spécialement ce commerce. La transaction se faisoit, ou avec la cérémonie des poids, & l'argent à la main, ou bien par un désistement en présence d'un Magistrat. (H)

[modifier] ABANA,

riviere de Syrie qui se jette dans la mer de ce nom, après avoir arrosé les murs de Damas du côté du midi, ce qui l'a fait appeller dans l'écriture riviere de Damas.

[modifier] ABANDONNÉ,

adj. en Droit, se dit de biens auxquels le propriétaire a renoncé sciemment & volontairement, & qu'il ne compte plus au nombre de ses effets.

On appelle aussi abandonnées, les terres dont la mer s'est retirée, qu'elle a laissées à sec, & qu'on peut faire valoir.

[modifier] ABANDONNÉ au bras séculier,

c'est-à-dire livré par les Juges ecclésiastiques à la Justice séculiere, pour y être condamné à des peines afflictives que les Tribunaux ecclésiastiques ne sauroient infliger. (H)

[modifier] ABANDONNÉ,

adj. épithete que donnent les chasseurs à un chien courant qui prend les devans d'une meute, & qui s'abandonne sur la bête quand il la rencontre.

[modifier] ABANDONNEMENT,

s. m. en Droit, est le délaissement qu'on fait des biens dont on est possesseur, ou volontairement ou forcément. Si c'est à des créanciers qu'on les abandonne, cet abandonnement se nomme cession : si on les abandonne pour se libérer des charges auxquelles on est assujetti en les possédant, il se nomme déguerpissement. Voyez CESSION & DEGUERPISSEMENT.

L’abandonnement qu'un homme fait de tous ses biens le rend quitte envers ses créanciers, sans qu'ils puissent rien prétendre aux biens qu'il pourroit acquérir dans la suite. (H)

[modifier] ABANDONNER

v. a. en Fauconnerie, c'est laisser l'oiseau libre en campagne, ou pour l'égayer, ou pour le congédier lorsqu'il n'est pas bon.

[modifier] ABANDONNER un cheval,

c'est le faire courir de toute sa vîtesse sans lui tenir la bride. Abandonner les étriers, c'est ôter ses piés de dedans. S’abandonner ou abandonner son cheval après quelqu'un, c'est le poursuivre à course de cheval.

[modifier] ABANGA,

s. m. c'est le nom que les Habitans de l'isle de Saint Thomas donnent au fruit de leur palmier. Ce fruit est de la grosseur d'un citron auquel il ressemble beaucoup d'ailleurs. C. Bauhin dit que les Insulaires en font prendre trois ou quatre pépins par jour à ceux de leurs malades qui ont besoin de pectoraux.

[modifier] ABANO,

s. f. petite Ville d'Italie dans la République de Venise & le Padouan. Long. 29. 40. lat. 45. 20.

[modifier] ABANTÉENS,

s. m. plur. sont les Peuples d'Argos ainsi nommés d’Abas leur roi.

[modifier] ABANTES,

s. m. pl. Peuples de Thrace, qui passerent en Grece, bâtirent Abée que Xercès ruina, & se retirerent delà dans l'Isle de Negrepont, qu'ils nommerent Abantide.

[modifier] ABANTIDE,

s. f. le Négrepont. V. ABANTES.

[modifier] ABAPTISTON,

s. m. c'est le nom que les Anciens donnoient à un instrument de Chirurgie, que les Ecrivains modernes appellent communément trépan. V. TRÉPAN.

[modifier] ABAQUE,

s. m. chez les anciens Mathématiciens signifioit une petite table couverte de poussiere sur laquelle ils traçoient leurs plans & leurs figures, selon le témoignage de Martius Capella, & de Perse. Sat. I. v. 131.

Nec qui abaco numeros & facto in pulvere metas
Scit risisse vafer.

Ce mot semble venir du Phénicien אבק, abak, poussiere ou poudre.

[modifier] ABAQUE,

ou table de Pythagore, abacus Pythagoricus, étoit une table de nombres pour apprendre plus facilement les principes de l'Arithmétique ; cette table fut nommée table de Pythagore, à cause que ce fut lui qui l'inventa.

Il est probable que la table de Pythagore n'étoit autre chose que ce que nous appellons table de multiplication. Voyez TABLE DE PYTHAGORE.

Ludolphe a donné des méthodes pour faire la multiplication sans le secours de l’abaque ou table : mais elles sont trop longues & trop difficiles pour s'en servir dans les opérations ordinaires. Voyez MULTIPLICATION. (O)

[modifier] ABAQUE.

Chez les anciens ce mot signifioit une espece d'armoire ou de buffet destiné à différens usages. Dans un magazin de Négociant il servoit de comptoir ; & dans une salle à manger, il contenoit les amphores & les crateres ; celui-ci étoit ordinairement de marbre, comme il paroît par cet endroit d'Horace :

Et lapis albus
Pocula cum cyatho duo sustinet.

Les Italiens ont nommé ce meuble credenza. Le mot Abaque latinisé est Grec d'origine : Abaque signifie de plus panier, corbeille, chapiteau de colonne, base d'une roche, d'une montagne, le diametre du soleil, &c. Quelques-uns prétendent qu’Abaque est composé d’à privatif & de βάσις, fondement ou base, c'est-à-dire qui est, sans pié-d'estal, attaché contre le mur. Mais Guichard remonte plus haut, il dérive le mot ᾶβαξ de l'Hébreu אבך, extolli, être élevé ; & il suppose qu'il signifioit d'abord une planche ou une tablette, ou quelqu'autre meuble semblable appliqué contre le mur. Tite-Live & Salluste parlant du luxe des Romains, après la conquête de l'Asie, leur reprochent pour ces buffets inconnus à leurs bons ayeux un goût qui alloit jusqu'à en faire fabriquer de bois le plus précieux, qu'on revêtoit de lames d'or.

L’Abaque d'usage pour les comptes & les calculs étoit une espece de quadre long & divisé par plusieurs cordes d'airain paralleles qui enfiloient chacune une égale quantité de petites boules d'ivoire ou de bois mobiles comme des grains de chapelet, par la disposition desquelles, & suivant le rapport que les inférieures avoient avec les supérieures, on distribuoit les nombres en diverses classes, & l'on faisoit toute sorte de calculs. Cette tablette arithmétique à l'usage des Grecs ne fut pas inconnue aux Romains. On la trouve décrite d'après quelques monumens antiques par Fulvius Ursinus & Ciaconius : mais comme l'usage en étoit un peu difficile, celui de compter avec les jettons prévalut. A la Chine & dans quelques cantons de l'Asie, les Négocians comptent encore avec de petites boules d'ivoire ou d'ébene enfilées dans un fil de léton qu'ils portent accroché à leur ceinture. (G)

[modifier] ABAQUE.

Le grand abaque est encore une espece d'auge dont on se sert dans les Mines pour laver l'or.

[modifier] ABAQUE,

c'est, dit Harris, & disent d'après Harris les auteurs de Trevoux, la partie supérieure ou le couronnement du chapiteau de la colonne. L'abaque est quarré au Toscan, au Dorique, & à l'Ionique antique, & échancré sur ses faces aux chapiteaux Corinthien & Composite. Dans ces deux ordres, ses angles s'appellent cornes, le milieu s'appelle balai, & la courbure s'appelle arc, & a communément une rose au milieu. Les Ouvriers, ajoûtent Mauclerc & Harris, appellent aussi abaque un ornement Gothique avec un filet ou un chapelet de la moitié de la largeur de l'ornement, & l'on nomme ce filet, le filet ou le chapelet de l'abaque. Dans l'ordre Corinthien, l'abaque est la septieme partie du chapiteau. Andrea Palladio nomme abaque la plinthe qui est autour du quart-de-rond appellé échime ; l'abaque se nomme encore tailloir. Scamozzi donne aussi le nom d’abaque à une moulure en creux, qui forme le chapiteau du pié-d'estal de l'ordre Toscan. Voyez HARRIS, premiere & seconde partie.

[modifier] ABARANER,

s. petite Ville dans la grande Arménie. Long. 64. lat. 39. 50.

[modifier] ABAREMO-TEMO,

s. m. arbre qui croît, dit-on, dans les montagnes du Brésil. Ses racines sont d'un rouge foncé, & son écorce est cendrée, amere au goût, & donne une décoction propre à déterger les ulceres invétérés. Sa substance a la même propriété. Il ne reste plus qu'à s'assûrer de l'existence de l'arbre & de ses propriétés. Voilà toûjours son nom.

[modifier] ABARES,

restes de la Nation des Huns qui se répandirent dans la Thuringe sous Sigebert. Voyez la description effrayante qu'en fait le Dictionnaire de Trevoux.

[modifier] ABARIM,

montagne de l'Arabie d'où Moyse vit la terre promise ; elle étoit à l'Orient du Jourdain vis-à-vis Jéricho, dans le pays des Moabites.

[modifier] ABARIME ou ABARIMON,

grande vallée de Scythie au pied du mont Imaüs qui la forme.

[modifier] ABARNAHAS,

terme qu'on trouve dans quelques Alchimistes, & surtout dans le Theatrum chimicum de Servien Zadith. Il ne paroît pas qu'on soit encore bien assûré de l'idée qu'il y attachoit. Chambers dit qu'il entendoit par Abarnahas, la même chose que par plena luna, & par plena luna, la même chose que par magnesia, & par magnesia, la pierre philosophale. Voilà bien des mots pour rien.

[modifier] ABARO,

Bourg ou petite ville de Syrie dans l'Antiliban.

[modifier] ABAS,

s. m. poids en usage en Perse pour peser les perles. Il est de trois grains & demi, un peu moins forts que ceux du poids de marc.

[modifier] ABASCIE,

contrée de la Géorgie dans l'Asie. Long. 56. 60. lat. 43. 45.

[modifier] ABASSE ou ABASCE,

Habitans de l'Abascie. Voyez ABASCIE.

[modifier] ABASTER,

(Métamorph.) l'un des trois chevaux du char de Pluton. C'est le noir. V. METHEUS & NONIUS.

[modifier] ABATAGE,

s. m. on dit dans un chantier & sur un attelier faire un abatage d'une ou plusieurs pierres, lorsque l'on veut les coucher de leur lit sur leurs joints pour en faire les paremens ; ce qui s'exécute, lorsque ces pierres sont d'une moyenne grosseur, avec un boulin & des moilons : mais lorsqu'elles sont d'une certaine étendue, on se sert de leviers, de cordages, & de coins, &c. (P)

[modifier] ABATAGE,

sixieme manœuvre du Faiseur de bas au métier. Elle consiste dans un mouvement assez léger : l'Ouvrier tire à lui horisontalement la barre à poignée ; & par ce mouvement il fait avancer les ventres des platines jusqu'entre les têtes des aiguilles, & même un peu au-delà. Alors l'ouvrage paroît tomber, mais il est toûjours soûtenu par les aiguilles ; la maille est seulement achevée. Voyez la Planche seconde du Faiseur de bas au métier, fig. 2. 5. & 6. Dans la cinquieme manœuvre, la presse est sur les becs des aiguilles, & la soie est amenée sur leurs extrémités, comme on voit dans les fig. 1. 3. 4. mais dans l'abatage la presse est relevée, les ventres B des platines (fig. 2.) ont fait tomber au-delà des têtes des aiguilles la soie qui n'étoit que sur leurs extrémités, comme on voit (fig. 2. 5. 6.) On voit (fig. 2.) les ventres B C des platines avancés entre les têtes des aiguilles. On voit (fig. 5.) l'ouvrage 3. 4. abattu ; & on voit (fig. 6.) l'ouvrage abattu & soûtenu par les aiguilles, avec les mailles formées, 5, 6. Voyez l'article BAS AU MÉTIER.

[modifier] ABATAGE, terme de Charpentier.

Quand on a une piece de bois à lever, on pousse le bout d'un levier sous cette piece, on place un coin à un pié ou environ de ce bout ; on conçoit que plus le coin est voisin du bout du levier qui est sous la piece à lever, plus l'autre extrémité du levier doit être élevée, & que plus cette extrémité est élevée, plus l'effet du levier sera considérable. On attache une corde à cette extrémité élevée du levier ; les ouvriers tirent tous à cette corde : à mesure qu'ils font baisser cette extrémité du levier à laquelle leur force est appliquée, l'extrémité qui est sous la piece s'éleve, & avec elle la piece de bois. Voilà ce qu'on appelle en charpenterie, faire un abatage.

[modifier] ABATANT,

s. m. c'est un chassis de croisée, ou un volet ferré par le haut, qui se leve au plancher, en s'ouvrant par le moyen d'une corde passée dans une poulie. On s'en sert dans le haut des fermetures de boutiques : les marchands d'étoffes en font toûjours usage dans leurs magasins ; ils n'ont par ce moyen de jour, que ce qu'il en faut pour faire valoir les couleurs de leurs étoffes, en n'ouvrant l'abatant qu'autant qu'il est à propos. (P)

[modifier] ABATANT, (Métier à faire des bas.)

On donne ce nom aux deux parties (85, 96) (85, 96) semblables & semblablement placées du Bas au métier, planche 6. fig. 2. Il faut y distinguer plusieurs parties ; on voit sur leur face antérieure une piece 94, 94, qu'on appelle garde platine ; sur leur face postérieure une piece 95, 95, qu'on appelle le crochet du dedans de l'abatant : & sous leur partie inférieure une piece 96, 96, qu'on appelle le crochet de dessous des abatans. Il n'y a pas une de ces pieces qui n'ait son usage, relatif à son lieu & à sa configuration. Voyez pour vous en convaincre, l'article BAS AU MÉTIER. L'extrémité supérieure des abatans 85, 85, s'assemble & s'ajuste dans la charniere des épaulieres, comme on voit aisément dans la figure premiere de la même Planche.

[modifier] ABAT CHAUVÉE,

s. f. sorte de laine de qualité subalterne à laquelle on donne ce nom dans l'Angoumois, la Xaintonge, la Marche & le Limosin.

[modifier] ABATÉ ou ABBATÉE,

s. f. on se sert de ce terme pour exprimer le mouvement d'un vaisseau en panne, qui arrive de lui-même jusqu'à un certain point, pour revenir ensuite au vent. Voyez PANNE & ARRIVER. (Z)

[modifier] ABATELEMENT

s. m. terme de commerce usité parmi les François dans les Echelles du Levant. Il signifie une Sentence du Conseil portant interdiction de commerce contre les Marchands & Négocians de la Nation qui désavouent leurs marchés, ou qui refusent de payer leurs dettes. Cette interdiction est si rigide, qu'il n'est pas même permis à ceux contre qui elle est prononcée d'intenter aucune action pour le payement de leurs dettes, jusqu'à ce qu'ils ayent satisfait au Jugement du Conseil, & fait lever l'abatelement en payant & exécutant ce qui y est contenu. Dictionn. du Commerce, tome I. page 548. (G)

[modifier] ABATEMENT,

s. m. état de foiblesse dans lequel se trouvent les personnes qui ont été malades, ou celles qui sont menacées de maladie. Dans les personnes revenues de maladie, l'abatement par lui-même n'annonce aucune suite fâcheuse : mais c'est, selon Hippocrate, un mauvais symptome dans les personnes malades, quand il n'est occasionné par aucune évacuation ; & dans les personnes en santé, quand il ne provient ni d'exercice, ni de chagrin, ni d'aucune autre cause de la même évidence. (N)

[modifier] ABATIS,

s. m. Les Carriers appellent ainsi les pierres qu'ils ont abattues dans une carriere, soit la bonne pour bâtir, ou celle qui est propre à faire du moilon. Ce mot se dit aussi de la démolition & des décombres d'un bâtiment. (P)

[modifier] ABATIS,

c'est dans l'Art Militaire une quantité de grands arbres que l'on abat & que l'on entasse les uns sur les autres pour empêcher l'ennemi de pénétrer dans des retranchemens ou dans quelque autre lieu. On étend ces arbres tout de leur long le pié en dedans ; on les attache ferme les uns contre les autres, & si près, que leurs branches s'entrelassent ou s'embrassent réciproquement.

On se sert de cette espece de retranchement pour boucher des défilés & pour se couvrir dans les passages des rivieres. Il est important d'avoir quelque fortification à la tête du passage, pour qu'il ne soit point insulté par l'ennemi ; il n'y a point d'obstacles plus redoutables à lui opposer que les abatis. On se trouve à couvert de ses coups derriere les branches, & il est impossible aux ennemis de les aborder & de joindre ceux qui les défendent, & qui voyent à travers les branches sans être vûs.

On se sert encore d'abatis pour mettre des postes d'infanterie dans les bois & les villages à l'abri d'être emportés par l'ennemi ; dans les circonvallations & les lignes on s'en sert pour former la partie de ces ouvrages qui occupe les bois & les autres lieux qui fournissent cette fortification. (Q)

[modifier] ABATIS,

se dit de la coupe d'un bois ou d'une forêt, laquelle se doit faire suivant les Ordonnances. Plusieurs observent que l'abatis se fasse en décours de lune, parce que avant ce tems-là, le bois deviendroit vermoulu. C'est l'opinion la plus commune, & elle n'est peut-être pas plus certaine que celle de ne semer qu'en pleine lune & de ne greffer qu'en décours.

[modifier] ABATIS

se dit de l'action d'un chasseur qui tue beaucoup de gibier ; c'est aussi le nom qu'on donne aux petits chemins que les jeunes loups se font en allant & venant au lieu où ils sont nourris ; & quand les vieux loups ont tué des bêtes, on dit, les loups ont fait cette nuit un grand abatis.

[modifier] ABATIS.

On entend par ce mot la tête, les pattes, les ailerons, le foie, & une partie des entrailles d'une oie, d'un dindon, chapon & autre volaille.

Les Cuisiniers font un grand usage des abatis, & les font servir bouillis, à l'étuvé, en ragoût, en pâté, &c.

[modifier] ABATIS,

lieu où les Bouchers tuent leurs bestiaux. Voyez TUERIE.

[modifier] ABATIS,

dans les tanneries, chamoiseries, &c. On appelle cuirs d'abatis, les cuirs encore en poil, & tels qu'ils viennent de la boucherie.

[modifier] ABATON,

s. m. c'est le nom que donnerent les Rhodiens à un grand édifice qu'ils construisirent pour masquer deux Statues de bronze que la Reine Artemise avoit élevées dans leur ville en mémoire de son triomphe sur eux. Vitruve, Livre II. p. 48. (P)

[modifier] ABATOS,

s. isle d'Egypte dans le Palus de Memphis.

[modifier] ABATTRE,

v. a. Abattre une maison, un mur, un plancher, &c. Voyez Demolir. (P)

[modifier] Abattre,

arriver, dériver, obéir au vent, lorsqu'un vaisseau est sous voile. Ces termes se prennent en différens sens. On dit qu'un vaisseau abat, quand il est détourné de sa route par la force des courans, par les vagues & par les marées.

Faire abattre un vaisseau, c'est le faire obéir au vent lorsqu'il est sous les voiles, ou qu'il présente trop le devant au lieu d'où vient le vent ; ce qui s'exécute par le jeu du gouvernail, dont le mouvement doit être secondé par une façon de porter ou d'orienter les voiles.

On dit que le vaisseau abat, lorsque l'ancre a quitté le fond, & que le vaisseau arrive ou obéit au vent. Voyez Arriver.

Abattre un vaisseau, c'est le mettre sur le côté pour travailler à la carene, ou à quelqu'endroit qu'il faut mettre hors de l'eau, pour qu'on puisse le radouber. Voyez Carene, Radoub. (Z)

[modifier] Abattre un cheval,

c'est le faire tomber sur le côté par le moyen de certains cordages appellés entraves & lacs. On l'abat ordinairement pour lui faire quelque opération de Chirurgie, ou même pour le ferrer lorsqu'il est trop difficile.

Abattre l'eau : c'est essuyer le corps d'un cheval qui vient de sortir de l'eau, ou qui est en sueur ; ce qui se fait par le moyen de la main, ou du couteau de chaleur.

S'abattre, se dit plus communément des chevaux de tirage qui tombent en tirant une voiture. (V)

[modifier] Abattre l'oiseau,

c'est le tenir & le serrer entre deux mains pour lui donner quelques médicamens. On dit, il faut abattre l'oiseau.

[modifier] Abattre,

sixieme manœuvre du Faiseur de bas au métier. Voyez Abatage. Voyez aussi Bas au metiér.

[modifier] Abattre, terme de Chapelier,

c'est applatir sur un bassin chaud le dessus de la forme & les bords d'un chapeau, après lui avoir donné l'apprêt, & l'avoir bien fait sécher ; pour cet effet il faut que le bassin soit couvert de toile & de papier, qu'on arrose avec un goupillon.

[modifier] ABATTRE du bois au trictrac ;

c'est étaler beaucoup de dames de dessus le premier tas, pour faire plus facilement des cases dans le courant du jeu. V. Case.

[modifier] ABATTUE,

s. f. On entend à Moyenvic & dans les autres Salines de Franche-Comté par une abattue, le travail continu d'une poële, depuis le moment où on la met en feu, jusqu'à celui où on la laisse reposer. A Moyenvic chaque abattue est composée de dix-huit tours, & chaque tour de vingt-quatre heures. Mais comme on laisse six jours d'intervalle entre chaque abattue, il ne se fait à Moyenvic qu'environ 20 abattues par an. La poële s'évalue à deux cens quarante muids par abattue. Son produit annuel seroit donc de 4 800 muids, si quelques causes particulieres, qu'on exposera à l'article Saline, ne réduisoient l'abattue d'une poële à 220 muids, & par conséquent son produit annuel à 4 400 muids : surquoi déduisant le déchet à raison de 7 à 8 pour %, on peut assûrer qu'une Saline, telle que celle de Moyenvic, qui travaille à trois poëles bien soutenues, fabriquera par an douze mille trois à quatre cens muids de sel. V. Saline.

[modifier] ABATTURES,

s. f. pl. ce sont les traces & foulures que laisse sur l'herbe, dans les brossailles, ou dans les taillis, la bête fauve en passant : on connoît le cerf par ses abattures.

[modifier] ABAVENTS,

s. m. plur. ce sont de petits auvents au-dehors des tours & clochers dans les tableaux des ouvertures, faits de chassis de charpente, couverts d'ardoise ou de plomb, qui servent à empêcher que le son des cloches ne se dissipe en l'air, & à le renvoyer en bas, dit Vignole après Daviler. Ils garantissent aussi le béfroi de charpente de la pluie qui entreroit par les ouvertures. (P)

[modifier] ABARI,

Abaro, Abarum, s. m. grand arbre d'Ethiopie, qui porte un fruit semblable à la citrouille. Voilà tout ce qu'on en sait, & c'est presqu'en être réduit à un mot. (I)

[modifier] ABAWIWAR,

s. m. Château & contrée de la haute Hongrie.

[modifier] ABAZÉE,

s. f. Voyez Sabasie.

[modifier] ABAYANCE,

s. f. Attente ou espérance, fondée sur un jugement à venir.