L’Hyver des Alpes
La bibliothèque libre.
- Ces atomes de feu qui couche la neige brillent,
- Ces estincelles d'or, d'azur et de cristal
- Dont l'hyver, au soleil, d'un lustre oriental
- Pare ses cheveux blancs que les vents esparpillent;
- Ce beau cotton du ciel dequoy les monts s'habillent,
- Ce pavé transparant fait du second metal,
- Et cet air net et sain, propre à l'esprit vital,
- Sont si doux à mes yeux que d'aise ils en petillent.
- Cette saison me plaist, j'en ayme la froideur;
- Sa robbe d'innocence et de pure candeur
- Couvre en quelque façon les crimes de la terre.
- Aussi l'Olympien la void d'un front humain;
- Sa collere l'espargne, et jamais le tonnerre
- Pour desoler ses jours ne partit de sa main.