La Charité (Desbordes-Valmore)

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher

Marceline Desbordes-ValmorePoésies

La Charité
Légende


D’une main timide
On sonne au couvent.
Le regard humide,
Les cheveux au vent,

C’est un pauvre frère
Parti le matin
Pour aller refaire
Le pain et le vin.

Mais sa mule alerte
Bondit sans fardeau,
Trouvant le temps beau
Dans la plaine ouverte.

    Lui n’a rapporté
    Que la charité.

L’aube toute en larmes
L’a vu, par hasard,
Sans cris et sans armes
Sauver un vieillard.

Le couvent l’écoute :
« Frère diligent,
Qu’as-tu fait en route
De nos marcs d’argent ? »

Et lui qui succombe
Sous d’humbles douleurs
Dit, baigné de pleurs :
« À vos pieds je tombe.

    « Je n’ai rapporté
    Que la charité.

« J’ai brisé la chaîne
D’un vieillard divin ;
J’ai vaincu la haine
Implorée en vain.

« De ce saint esclave
J’ai sauvé l’enfant…
Que tout mon sang lave
Ce crime fervent ! »

Alors tous ensemble
Chantent à genoux :
« Dieu, conservez-nous
Cet homme qui tremble !

    « Il a rapporté
    Votre charité ! »


Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils