La Comtesse de Sancerre, ou la Rivalle de sa fille

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LA CONTESSE DE SANCERRE
OU
LA RIVALE DE SA FILLE
ANECDOTE DE LA COUR DE BOURGOGNE


Charles Le Téméraire, duc de Bourgogne, toujours ennemi de Louis XI, toujours occupé de ses projets de vengeance et d'ambition, avait à sa suite presque tous les chevaliers de ses Etats,et tous à ses côtéssur le bord de la Somme, ne s'occupant qu'à vaincre ou qu'a mourirdignes de leur chef, oubliaient sous ses drapeaux les plaisirs de leur patrie.Les Cours étaient triste en Bourgogne, les châteaux déserts; on ne voyait plus briller, dans les magnifiques tournois de Dijon et d'Autun, ces preux chevaliers qui les illustraient jadis, et les belles, abandonnées, négligeaient jusqu'au soin de plaire, dont ils ne pouvaient plus être l'objet; frémissant pour le jour de ces guerriers chéris, ce n'était plus que des soucis et des inquiétudes que l'on voyait sur ces fronts radieux, animés par l'orgueil, quand autrefois, au milieu de l'arène, tant de braves exerçaient pour leur dames, et leur adresse et leur courage.
::En suivant son prince à l'armée, en allant lui prouver son zèle et son attachement, le comte de Sancerre, l'un des meilleurs généraux de Charles, avait recommandé à sa femme de ne rien négliger pour l'éducation de leur fille Amélie, et de laisser croître sans inquiétude la tendre ardeur que cette jeune personne ressentait pour le chatelain de Monrevel qui devait la posséder un jour, et qui l'adorait depuis l'enfance. Monrevel, âgé de vingt quatre ans, et qui avait déjà fait plusieurs campagnes sous les yeux du duc en considération de ce mariage, venait d'obtenir de rester en Bourgogne, et sa jeune âme avait besoin de tout l'amour qui l'enflammait pour ne pas s'irriter des retards que ces arrangements apportaient aux succés de ses armes. Mais Monrevel,