La Gaudriole

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H. Fournier, 1839 (1, pp. 12-14).


LA GAUDRIOLE


Air : La bonne aventure


Momus a pris pour adjoints
Des rimeurs d’école :
Des chansons en quatre points
Le froid nous désole.
Mirliton s’en est allé.
Ah ! la muse de Collé,
C’est la gaudriole,
Ô gué,
C’est la gaudriole.


Moi, des sujets polissons
Le ton m’affriole.
Minerve dans mes chansons
Fait la cabriole.
De ma grand’mère, après tout,
Tartufes, je tiens le goût
De la gaudriole,
Ô gué,
De la gaudriole.


Elle amusait à dix ans
Son maître d’école.
Des cordeliers gros plaisants
Elle fut l’idole.
Au prêtre qui l’exhortait,
En mourant elle contait
Une gaudriole,
Ô gué,
Une gaudriole.


C’était la régence alors ;
Et, sans hyperbole,
Grâce aux plus drôles de corps,
La France était folle.
Tous les hommes plaisantaient ;
Et les femmes se prêtaient
À la gaudriole,
Ô gué,
À la gaudriole.


On ne rit guère aujourd’hui.
Est-on moins frivole ?
Trop de gloire nous a nui ;
Le plaisir s’envole.
Mais au français attristé
Qui peut rendre la gaîté ?
C’est la gaudriole,
Ô gué,
C’est la gaudriole.


Prudes, qui ne criez plus
Lorsqu’on vous viole,
Pourquoi prendre un air confus
À chaque parole ?
Passez les mots aux rieurs :
Les plus gros sont les meilleurs
Pour la gaudriole,
Ô gué,
Pour la gaudriole.
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