La Maya

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Alphonse Lemerre, éditeur, s.d. (p. 169).



La Maya





Maya ! Maya ! Torrent des mobiles chimères,
Tu fais jaillir du cœur de l’homme universel
Les brèves voluptés et les haines amères,
Le monde obscur des sens et la splendeur du ciel ;
Mais qu’est-ce que le cœur des hommes éphémères,
Ô Maya ! sinon toi, le mirage immortel ?
Les siècles écoulés, les minutes prochaines,
S’abîment dans ton ombre, en un même moment,
Avec nos cris, nos pleurs et le sang de nos veines :
Éclair, rêve sinistre, éternité qui ment,
La Vie antique est faite inépuisablement
Du tourbillon sans fin des apparences vaines.

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