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SANTÉ DES ENFANTS
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PARIS. – TYPOGRAPHIE LAHURE
Rue de Fleurus, 9
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SANTÉ DES ENFANTS
par
Mme LA COMTESSE DE SÉGUR
née rostopchine
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cinquième édition
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PARIS
LIBRAIRIE HACHETTE ET Cie
79, boulevard saint-germain, 79
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1876
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DES ENFANTS
INTRODUCTION
Je n’ai pas la présomption de vouloir faire un livre de médecine ; je désire seulement combler une lacune qui existe dans l’éducation des jeunes personnes, en les faisant participer aux fruits de ma longue expérience et de quelques études sur l’éducation physique des enfants. – Que de fois ai-je vu de pauvres mères pleurer des enfants qu’elles auraient conservés, si elles avaient su prévenir la maladie, ou tout au moins aider aux prescriptions du médecin, par des soins éclairés ! Moi-même j’en ai perdu un par ignorance des symptômes du mal qui me l’a enlevé, et par une alimentation reconnue trop tard détestable. Mes premiers enfants ont fait des maladies graves qui ont nécessité des remèdes douloureux. J’aurais tout évité si j’avais eu les notions d’hygiène et de médecine que j’ai eues plus tard et que je dois à un homme de talent et de conscience. [ 2 ]
Mes filles mariées ont profité de ma tardive expérience et ont préservé leurs enfants des maux dont je n’avais pas su préserver les miens. J’ai pensé qu’en publiant ce petit écrit, je rendrais service à bien des jeunes mères ; j’espère que chacun[1] pourra comprendre et mettre en pratique les moyens très-simples que je recommande pour les maladies et[2] les indispositions les plus communes à l’enfance.
Je commencerai par les causes et les premiers symptômes de ces maladies.
L’absence du médecin, ou quelquefois même l’impossibilité d’en avoir un à la campagne, peuvent donner une utilité réelle à ces conseils dictés par l’expérience.
MALADIES DES ENFANTS
Il y a des maladies qu’on ne peut ni prévoir, ni empêcher, comme les maladies causées par des humeurs héréditaires, les maladies de peau ou épidémiques.
Il y en a qui peuvent être conjurées et prévenues.
Deux causes amènent presque toutes les maladies :
Un[3] refroidissement ;
Une nourriture trop forte ou mauvaise. [ 3 ]
Il faut, pour éviter les refroidissements, couvrir l’enfant, mais non l’étouffer sous une multitude de vêtements ; ne pas assez couvrir est mauvais ; couvrir trop est détestable.
Si l’enfant est en robe (à l’anglaise) dès sa naissance, mettez-lui en été sa chemise, une robe de flanelle, une robe de percale ; en dessous une couche de fil, des bas de laine et des chaussons.
En hiver, ajoutez sur la robe de flanelle une robe de futaine ou finette, un fichu de mousseline autour du cou, et une couche de flanelle sur la couche de fil.
Si l’enfant est à la française (en langes), mettez sur la chemise une brassière de flanelle, une autre en futaine ou en percaline doublée, un fichu de mousseline autour du cou.
Enveloppez-le d’une couche, d’un lange de molleton de laine, d’un autre en molleton de coton.
Ne serrez pas l’enfant.
Laissez-lui les jambes libres.
Relevez le bout du lange sans gêner le mouvement des jambes.
Évitez les épingles ; mettez des cordons aux langes comme aux brassières.
Mettez sur la tête un béguin en toile ou batiste, un bonnet de percale ou jaconas par-dessus.
L’été, ne laissez qu’un seul bonnet sans béguin.
Trop couvrir la tête est mauvais ; il est très-important de couvrir les membres inférieurs, surtout les pieds et les jambes. [ 4 ]
Chez l’enfant, toute la vie se porte vers la tête.
S’il a des humeurs, c’est à la tête qu'elles se portent ; s’il a la fièvre, c’est la tête qui se prend. Dégagez donc toujours la tête et attirez toujours vers les pieds.
Ne tenez pas l’enfant dans une chambre trop chaude ; la chaleur de l’appartement le rend susceptible de refroidissement.
Ayez soin de renouveler l’air de la chambre de l’enfant, au moins deux fois par jour. S’il fait froid, s’il gèle, ouvrez cinq minutes seulement pendant que l’enfant est absent, mais ouvrez tous les jours, matin et soir.
Quand vous promenez l’enfant en hiver, enveloppez-le bien d’un manteau ouaté, couvrez la tête d’un capuchon, préservez le cou et la nuque du froid et du vent.
Sortez l’enfant toutes les fois qu’il fait beau.
Ne le sortez pas quand il fait du brouillard ou un vent fort et froid.
Le brouillard dispose au croup, aux irritations d’entrailles ; le vent froid, aux rhumes, aux maux de gorge.
Défendez à la nourrice de changer l’enfant à l’air en hiver ; le froid qui tombe sur le ventre et les jambes est mauvais. Il vaut mieux que l’enfant reste mouillé pendant une heure que risquer le refroidissement.
Laissez l’enfant circuler dans l’appartement, dans la maison, en l’enveloppant d’un châle ou d’un manteau : il s’habitue ainsi à changer de température et il devient moins sujet à prendre froid, à s’enrhumer. [ 5 ]
Ne permettez pas, je le répète, que la chambre de l’enfant soit trop chauffée.
Dans les premiers mois de la naissance, faites-y entretenir un feu couvert toute la nuit, qui conserve dans la chambre à peu près la même température le jour comme la nuit.
Faites chauffer les couches de l’enfant quand vous le changez.
Qu’il perde cette habitude en prenant des forces ; à trois ou quatre mois il n’est plus nécessaire de chauffer le linge.
En résumé, tenez l’enfant dans une chaleur modérée.
Évitez les grandes transitions de chaud et de frois.
Couvrez-le assez pour qu’il n’ait pas froid.
Habituez-le graduellement à l’air extérieur.
Ne couvrez pas trop la tête.
Couvrez bien les membres extérieurs et le cou.
Quand un enfant crie, la nourrice l’apaise en lui donnant le sein ; ce moyen, employé trop souvent, redouble les cris de l’enfant en lui chargeant l’estomac, ajoutant ainsi une souffrance à celle qui le faisait crier.
Un enfant qui tette toutes les heures ne crie pas dans l’intervalle parce qu’il a faim, mais pour une autre cause qu’il faut rechercher.
Souvent il a des coliques parce qu’il a eu froid ; chauffez une couche ou un morceau de laine et appliquez-le-lui sur le ventre ; s’il s’apaise, c’est que [ 6 ]vous avez trouvé la cause de ses cris ; recommencez le remède si les cris recommencent.
Souvent l’enfant crie parce qu’il est trop serré dans ses vêtements ; examinez si un lange ou un cordon ne le gêne pas. Quand on a la mauvaise habitude de se servir d’épingles, il peut arriver qu’une épingle pique l’enfant ; il faut y regarder.
Sommaire |
[modifier] De la nourriture
Il est non-seulement inutile, mais préjudiciable à la santé de l’enfant, soit de lui donner de la bouillie, soit de la soupe avant quatre ou cinq mois.
Quand on commence à faire manger l’enfant, il faut donner d’abord une demi-tasse à thé, au plus, de bouillie ou soupe ; on augmente au bout d’un mois, et graduellement on arrive, quand l’enfant a un an, à lui faire manger deux ou même trois assiettées de soupe par jour, et des croûtes de pain dans l’intervalle.
Quand un enfant est sevré, donnez-lui trois soupes et trois tasses de lait réparties dans la journée.
Ne donnez jamais à manger la nuit ; au plus à boire de l’eau sucrée, ou de l’eau rougie, ou de l’eau panée, selon les habitudes de l’enfant.
Autant que possible, abstenez-vous de donner la nuit ni à manger ni à boire, à moins que l’enfant ne soit malade.
On croit donner des forces à un enfant en le faisant manger beaucoup, souvent et des choses succulentes ; on se trompe cruellement. Le moindre mal qui en résulte est une fatigue d’estomac qui se fait sentir [ 7 ]plus tard par de fréquentes indigestions, par ce qu'on appelle délicatesse d'estomac.
Souvent les conséquences sont plus graves ; votre enfant a sans cesse le dévoiement ; il est pâle, grognon, c'est un enfant chétif au lieu d'être fort et gros, comme il annonçait devoir l'être en naissant. Il a des humeurs, des croûtes sur la figures, des écoulements d'oreille ; son humeur est triste, il est manussade et désagréable. Pourquoi ? parce qu'il surcharge son estomac, qu'il digère mal et qu'il est dans un état de malaise perpétuel.
Il est aussi dangereux d'alimenter trop fortement un enfant que de le mal nourrir ; il s'ensuit un trouble profond dans les organes de la digestion qui peut amener le rachitisme.
Ne donnez de la viande aux enfants que vers dix-huit mois ou deux ans, quand ils peuvent la mâcher. N'en donner qu'une fois par jour les premiers six mois. Donnez-leur des soupes grasses, des panades, des œufs frais, des pommes de terre, des légumes sains, comme l'entilles, haricots verts, chicorée, épinards, carottes. Pas de choux, de navets, de haricots secs, de pois, qui sont lourds et venteux.
Le laitage est bon pour les enfants, en petite quantité.
La pâtisserie ne vaut rien habituellement on peut en donner par exception, c'est-à-dire une ou deux fois par mois.
Les bonbons de toute espèce sont détestables, surtout entre les repas.
Un enfant de deux ans et au-dessus peut manger sans inconvénient quatre fois par jour ; le matin en se [ 8 ]levant une soupe, soit grasse, soit au lait, soit une panade, selon son goût ; ou bien du café de glands avec du lait, ou bien, s'il le préfère, une bonne tartine de pain et de beurre.
Vers onze heures, une soupe et une côtelette de mouton ou autre viande, coupée bien menu pour suppléer au défaut de mastication de l'enfant.
Si l'enfant le préfère, de la viande suivie d'un plat de légumes. Du pain à volonté.
Les pommes de terre sous la cendre avec un peu de beurre, le riz à la créole (sauté dans du beurre), sont des mets excellents pour les enfants et qu'ils aiment généralement.
Deux plats, à ce second repas, suffisent grandement, surtout si on laisse tout liberté sur la quantité de pain. Le pain sec peut se donner toujours sans inconvénient quand l'enfant n'est pas malade.
Vers deux heures, un repas léger, soit une tasse de lait avec du pain à discrétion, soit du pain et des confitures, soit du pain et des fruits de la saison, en quantité modérée.
Vers six heures, une soupe, un plat de viande, un plat de légumes, du dessert.
Ne laissez pas veiller les enfants ; jusqu'à quatre ou cinq ans, couchez-les à sept heures l'automne et l'hiver ; entre sept et huit en été, selon le plus ou moins de disposition au sommeil.
Donnez très-rarement des choses fortes en vinaigre, des salaisons, de la cochonaille, des épices, du vin pur, du café.
Défendez autant que possible les petites mangeailles entre les repas. C'est difficile à éviter tou [ 9 ]jours, mais que la règle soit de ne manger qu'aux repas.
En résumé, une nourriture simple, suffisante pour contenter l'appétit, et à des heures réglées.
Il vaut mieux prévenir le mal que le guérir.
Les moyens préventifs sont simples, faciles et ne demandent qu'une surveillance maternelle, c'est-à-dire intelligente.
C'est pourquoi je vais, pour différentes indispositions, indiquer les moyens d'arrêter le mal au début.
Il est bien entendu que je ne prétends pas traiter ici des maladies graves pour lesquelles les soins d'un médecin sont indispensables, mais seulement des symptômes qui peuvent les faire redouter.
Chez les enfants, la tête est l'organe le plus constamment menacé.
Quand un enfant a la fièvre, la tête se prend généralement.
On reconnaît que la tête se prend, lorsque l'enfant a le regard lourd, c'est-à-dire quand il tourne péniblement l'œil, qu'il le fait avec effort ;
Quand la pupille est plus dilatée que d'habitude ;
Quand les battements du cœur et la force du pouls sont en désaccord, le cœur battant très-fort et le pouls étant petit quoique vif ;
Quand la tête est chaude ;
Quand l'enfant est disposé à l'assouplissement ;
Quand le visage est rouge et brûlant ; [ 10 ]Quand l'enfant ne s'amuse de rien, s'irrite de tout et n'accepte aucune distraction.
Lorsque tous ou la majorité de ces symtômes sont réunis, vous pouvez craindre que la tête ne s'engage ; alors, si l'enfant a un an et plus, faites-lui prendre un bain de pieds d'eau chaude et de savon (J'indiquerai à la fin comment il faut faire administrer les bains de pieds, les cataplasmes, etc.)
Pendant le bain de pieds, mouillez la tête de l'enfant avec une éponge pleine d'eau fraîche, mais pas trop froide.
Laissez la tête découverte, ou tout au moins, s'il fait froid, ne mettez qu'un petit béguin de batiste ou de toile fine.
Si le bain de pieds ne soulage pas l'enfant, vous mettrez à chaque pied un cataplasme de farine de graine de lin saupoudré de camphre, que vous laisserez une bonne demi-heure.
Vous continuerez à mouiller de temps à autre la tête de l'enfant.
Vous reconnaîtrez qu'il y a du mieux lorsque l'enfant reste éveillé ;
Qu'il accepte la distraction ;
Qu'il est moins rouge ;
Que le regard reprend de la vivacité ;
Que l'œil se meut sans effort pour regarder ce qui se passe autour de lui ;
Que les mouvements de la tête, des mains, sont plus vifs ;
Que le pouls reprend de la force et que les battements du cœur perdent de la leur ;
Que la tête et le front sont moins chauds ; [ 11 ]Alors il ne reste plus qu'à maintenir les pieds chaudes, la tête fraîche.
Il ne faut donner aucune nourriture pendant plusieurs heures jusqu'à ce que la fièvre soit passée, la tête complètement dégagée.
Donner à boire de l'eau panée, soit de l'eau de riz, soit de l'eau de gruau, soit de l'eau pure.
(J'indiquerai la manière de les faire à la fin du livre.)
Achevez de dégager la tête en donnant un demilavement de lait tiède.
Si l'enfant est trop jeune pour prendre des bains de pieds, commencez tout de suite par des cataplasmes et de l'eau fraîche sur la tête et le front.
Pour tenir les pieds chauds après les cataplasmes, enveloppez chaque pied d'une flanelle double, ou dans de la ouate. Quand l'enfant est posé sur son lit, mettez lui aux pieds une bouteille de grès pleine d'eau très-chaude et bien bouchée. Placez-la de manière qu'elle ne touche pas aux pieds de l'enfant, qu'elle pourrait brûler.
Maintenez la chambre dans une bonne température, pas trop chaude ; donnez de l'air s'il ne fait pas froid dehors ; l'air est toujours bon pour les enfants, sutout quand la tête est prise ou menacée.
Soignez le régime pendant quelques jours.
Tenez le ventre libre au moyen de lavements moitié lait et moitié eau.
Donnez à votre enfant une nourriture saine, pas trop abondante ; garantissez-le du froid, surtout aux extrémités et au ventre ; garantissez-le de l'humi [ 12 ]dité aux pieds ; aura un bon estomac et par conséquent de bonnes digestions.
Si toutefois la dentition ou un refroidissement amenait un vomissement et un dérangement d'entrailles, donnez à l'enfant pendant la durée de l'indisposition :
Une nourriture légère, pas de soupes grasses ; des panades, du riz cuit à l'eau et au sel et sauté dans du beurre frais, des tartines de pain et de beurre, du pain sec à volonté et autres mets sains et légers.
Faites boire soit de l'eau de riz, soit de l'eau de gomme, soit de l'eau panée, fraîche et légèrement sucrée ; on peut en donner trois ou quatre verres par jour ; mais si l'enfant n'a pas soif, il ne faut pas le forcer à boire.
Si le dévoiement persiste, prenez un blanc d'œuf cru et aussi frais que possible; mettez-y une grande cuillerée de sirop de gomme ou de sucre râpé, battez-le jusqu'à ce qu'il soit en mousse ; alors, ajoutez un verre d'eau fraîche en continuant de battre et en versant l'eau tout doucement.
Faites-en prendre à l'enfant une cuillerée toutes les heures, en ayant soin de battre chaque fois.
Interrompez quand le dévoiement est arrêté depuis plusieurs heures.
Mettez sur le ventre une feuille de coton cardé que vous ferez tenir en la bâtissant sur un ruban noir autour du corps.
Frictionnez légèrement le ventre avec de l'huile tiédie.
Tenez les pieds bien chauds.
Donnez matin et soir une tasse d'eau de gruau un peu sucrée, chaude ou froide, selon le goût de l'enfant. [ 13 ]
S’il y a des coliques, de fréquentes garde-robes avec peu de matières et des glaires, donnez une cuillère à café d’huile de ricin dans une petite tasse de bouillon ou dans du jus d’orange ; la purgation légère amenée par l’huile de ricin arrêtera l’irritation d’entrailles commençante. Quand le dévoiement est fini, augmentez progressivement la nourriture ; et quand, au bout d’un jour ou deux, vous reviendrez à la viande, commencez par du mouton rôti ou grillé ; une côtelette, une tranche de gigot, du filet de mouton sans graisse est la nourriture la plus légère et la plus saine. Ne donnez du poulet que lorsque les entrailles seront remises ; gardez-vous du veau, c’est la pire des viandes.
S’il y a disposition aux coliques et dérangements d’entrailles, continuez l’eau de gruau pendant dix ou quinze jours.
Le croup véritable est fort rare, tandis que sa première phase ou le faux-croup est malheureusement très-fréquent ; je vais indiquer les moyens de reconnaître et combattre le faux-croup.
Il se manifeste par une toux enrouée qui ressemble au chant d'un jeune coq ou à l’aboiement d’un chien enroué, et par une gène visible dans la respiration.
Des observations faites pendant quinze ans par un médecin plein de talent et de tact médical, le docteur Mazier, de l’Aigle, constatent :
Que le croup ne se déclare jamais que la nuit ;
Que le croup provient d’un courant d’air qui vient [ 14 ]frapper la figure et le cou de l’enfant pendant son sommeil.
Des centaines d’expériences ont confirmé cette observation.
Placez le lit de votre enfant de manière que les portes, en s’ouvrant et en se fermant ne fassent pas soufflet sur lui quand il dort, que les fenêtres soient assez éloignées pour qu’il ne sente pas l’air qui en vient ; placez-le enfin hors de tout filet d’air, et il n’aura jamais le croup. Évitez de mettre le lit de l’enfant contre le mur, car les courants d’air suivent toujours les murs.
Si, malgré ces précautions, l’enfant se réveillait avec une toux croupale, commencez par changer le lit de place ; une crevasse dans le mur, une fente suffisent pour donner le croup.
Ensuite, mettez à la plante des pieds des cataplasmes de farine de lin, saupoudrés d’une bonne pincée de camphre en poudre.
(J’indiquerai plus loin la manière de faire les cataplasmes et de réduire le camphre en poudre.)
Si la toux croupale disparaît et fait place à une toux ordinaire, ne faites plus rien que tenir les pieds chauds au moyen d’une bouteille d’eau bouillante, et faites boire chaud soit de l’eau sucrée, soit de l’eau gommée.
Si au bout d’un quart d’heure la toux persiste ainsi que l’enrouement et surtout la suffocation, délayez un grain d’émétique dans un verre d’eau sucrée tiède, et faites-en prendre à l’enfant deux cuillères à café toutes les cinq minutes jusqu’à ce qu’il vomisse.
Quand il aura vomi deux ou trois fois, si la [ 15 ]respiration devient plus facile, la voix plus claire, la toux plus naturelle comme une simple toux de rhume, laissez l’enfant dormir ; mettez-lui seulement une bouteille d’eau chaude aux pieds, et enveloppez-les de laine ou de ouate après avoir retiré les cataplasmes.
Le lendemain, donnez une nourriture très légère et tenez l’enfant chaudement, mais sans excès, et hors des courants d’air.
Dans les croups les plus violents, l’enfant a grande chance d’être sauvé quand il a vomi.
Pour empêcher une rechute, changez l’enfant de chambre, ou tout au moins changez son lit de place.
Quand une toux croupale prend un enfant de jour, soyez sûr qu’il a avalé quelque chose qui s’est logé dans la cavité du larynx ; j’en ai été témoin plus d’une fois.
Dans ce cas, il faut faire vomir l’enfant avec l’eau émétisée prise d’après l’indication ci-dessus, et si cela ne suffit pas pour amener des vomissements, alternez avec du sirop d’ipécacuanha pris par demi-cuillerée de quart d’heure en quart d’heure ; quand l’enfant vomit, penchez-le vivement en avant pour que le corps étranger sorte plus facilement.
Continuez à faire vomir jusqu’à ce que la toux prenne le caractère d’une toux ordinaire, et que la respiration soit facile.
Attendez-vous à une toux prolongée de quelques jours, à cause de l’irritation causée par le séjour d’un corps étranger dans la cavité du larynx.
Soignez alors l’enfant comme pour un rhume ordinaire. [ 16 ]
C’est une erreur de croire que le dévoiement préserve les enfants des convulsions ; j’ai toujours vu le contraire chez mes enfants ; les convulsions arrivaient à la suite d’un dérangement mal soigné.
J’ai indiqué dans un chapitre précédent les moyens à employer quand la tête de l’enfant commençait à se prendre.
Si on les a négligés ou que malgré ces moyens l’enfant soit pris de convulsions, commencez par lui mettre dans la bouche une petite pincée de sel de cuisine.
Mettez-lui le plus tôt possible les pieds dans un bain d’eau de savon ; réchauffez souvent l’eau et laissez l’enfant les pieds dans le bain pendant vingt minutes. Pendant ce bain, bassinez la tête et le front avec de l’eau fraîche et laissez-la découverte.
Ayez soin de mettre la main jusqu’au poignet dans le bain pour vous assurer qu’il n’est pas trop chaud et ne peut pas brûler les pieds de l’enfant.
Si le bain de pieds et le sel ne suffisent pas, mettez sur les cuisses et le ventre des ventouses sèches. J’indiquerai plus loin le moyen de les appliquer.
Si enfin les convulsions continuent, mettez l’enfant dans un bain tiède d’eau de son ; à défaut de son, de l’amidon ou du lait.
Pendant le bain, humectez la tête d’eau fraîche et mettez à ses pieds une bouteille d’eau très-chaude.
Si enfin les convulsions persistaient encore, faites respirer de l’éther pendant quelques instants. Si ce [ 17 ]moyen ne suffit pas, mettez à chaque cheville interne une petite sangsue que vous laisserez saigner pendant une heure au plus. (J’indiquerai plus loin la manière d’appliquer les sangsues et d’arrêter le sang.)
Les convulsions qui dépendent d’un état inflammatoire du cerveau exigent un traitement médical très énergique.
Elles sont précédées d’un état maladif de la tête avec des symptômes graves et alarmants, et nécessitent les soins d’un médecin.
[modifier] Mal de gorge — Angine couenneuse : symptômes ; moyens curatifs
L’angine couenneuse, qui semble être implantée en France, a des symptômes particuliers qui la font facilement reconnaître.
L’enfant se plaint de mal de gorge, mais pas d’une manière vive.
Le léger mal de gorge s’accompagne d’une altération extraordinaire du visage. La fièvre par sa violence n’est pas en harmonie avec le mal de gorge ; l’haleine est fétide.
La gorge est rouge à l’intérieur à la place des amygdales.
Il y a de l’enflure à l’extérieur.
Si vous laissez marcher le mal, il se forme sur les amygdales, à l’intérieur, une tache blanche semblable à une goutte de lait.
Si l’enfant a moins de deux ou trois ans, le traitement [ 18 ]est difficile et pénible, parce qu’il faut agir par la force.
Si l’enfant a assez d’intelligence pour comprendre ce qu’on lui dit, et assez de docilité pour le faire, on peut avoir l’espérance d’arrêter cette terrible maladie au début.
Voici le traitement :
Tenir l’enfant au lit, les pieds bien chauds.
Faire prendre matin et soir un bain de pieds d’eau de savon, pendant un quart d’heure ; prendre garde que l’enfant n’ait froid pendant le bain.
Recoucher l’enfant dans un lit bassiné et mettre aux pieds une bouteille d’eau chaude.
Faire boire souvent une boisson acidulée ; la plus agréable est la limonade pas trop sucrée et cuite, c’est-à-dire faite avec de l’eau bouillante qu’on jette sur des tranches de citron dont on a enlevé la peau.
Faire gargariser au moins trois fois par jour avec de l’eau fortement vinaigrée ; vous mettez un quart de vinaigre contre trois quarts d’eau.
Les enfants ne pouvant pas conserver longtemps la même gorgée, il faut leur en faire prendre trois ou quatre, qu’ils crachent successivement.
Il est inutile de faire chauffer l’eau ; il vaut même mieux qu’elle soit un peu fraîche.
S’il n’y a pas d’amélioration au bout d’une demi-journée, faites faire de l’eau d’orge, faites aciduler fortement par un pharmacien avec l’acide muriatique et sucrer avec du miel.
Si l’enfant n’aime pas le miel, sucrez avec du sucre, ou pas du tout si l’enfant le préfère.
Il faut tâcher que l’enfant n’avale pas ce gargarisme ; [ 19 ]pourtant, s’il en avalait un peu, il n’y aurait pas de mal sérieux à redouter ; quelques coliques peut-être.
Si l’enfant est trop jeune ou trop indocile pour se gargariser, prenez un petit bâton, comme un crayon ou un pinceau ; fixez au bout un tampon de charpie gros comme une petite noisette, trempez dans le gargarisme et passez dans la gorge de l’enfant, principalement sur les parties malades.
Ayez soin de fixer la charpie de manière qu’elle ne puisse se détacher du bâton, et ne serrez pas le bout ni le milieu, pour qu’elle puisse s’imbiber d’une plus grande quantité de gargarisme.
Recommencez trois fois par jour jusqu’à ce que les symptômes fâcheux soient disparus.
S’il y a déjà une ou plusieurs taches blanches dans la gorge, vous prendrez au lieu du gargarisme du jus de citron, et vous y tremperez votre tampon.
Il faut alors procéder différemment pour bassiner la gorge.
Vous commencez par appuyer un côté du tampon sur la place blanche ; vous tournez le tampon sur l’escarre pour l’enlever et pour bien humecter ensuite la place de l’escarre avec le jus de citron.
Si un caustique plus énergique devient nécessaire, il ne peut être employé que par un médecin.
S’il y a plusieurs taches blanches, vous recommencez pour chacune la même opération, en ayant soin de tremper chaque fois votre tampon dans le jus de citron.
Souvent une seule opération suffit, mais il est plus prudent de la recommencer dix ou douze heures après. [ 20 ]
Pour faire cette opération il faut être quatre ; une personne maintient les mains de l’enfant ; une autre lui maintient la tête ; une troisième cautérise d’une main et de l’autre maintient, avec le manche d’une cuillère la langue de l’enfant ; la quatrième personne tient la bougie pour éclairer la gorge.
Agissez avec promptitude et sans prévenir l’enfant. Ne lui donnez pas le temps de se reconnaître ; plus vous irez vite, mieux l’enfant s’en trouvera.
Que tout soit prêt d’avance.
Tant que l’enfant a le visage altéré, l’haleine fétide, et la fièvre, il faut ne donner aucune nourriture, faire boire souvent et continuer le traitement.
S’il n’y a pas de garde-robe, donnez tous les jours un lavement d’eau et de lait.
Quand tous les mauvais symptômes ont disparu, qu’il ne reste plus que de la fièvre, si l’enfant demande à manger, vous pouvez lui donner du bouillon à l’oseille ou aux herbes, et peu d’heures après, une petite croûte de pain sec.
Pour les tout petits enfants, le traitement est indiqué ; il faut tout faire par la force.
Une chose très utile dans la prévision de l’angine et de tout mal de gorge, c’est d’apprendre aux enfants dès quinze ou dix-huit mois à se gargariser ; ils le feront s’ils vous le voient faire.
J’ai eu récemment encore occasion de bénir l’heureuse prévoyance qui m’avait fait apprendre à mes petits-enfants à se gargariser. Je le faisais devant eux tous les matins, à ma toilette, et ils l’ont fait par imitation ; une de mes petites-filles a été prise d’une angine couenneuse qui a été arrêtée dès son début [ 21 ]par l’habileté de l’enfant à se gargariser et par sa docilité extraordinaire.
Je ne pense pas qu’on puisse prévenir l’angine couenneuse, mais on peut prendre des précautions préservatrices.
Il faut éviter de sortir les enfants par les temps de brouillard, par un vent froid, et par l’humidité du soir.
Il faut couvrir le cou et surtout la nuque.
Il faut éviter le froid et l'humidité aux pieds.
Il faut assez couvrir les enfants pour qu’ils n’aient froid nulle part.
L’angine couenneuse est contagieuse.
Tant que la maladie dure, empêchez que les enfants sains ne soient en contact d’air et d’haleine avec l’enfant malade ; qu’ils couchent, qu’ils jouent dans une autre chambre et qu’ils ne se servent pas des verres ou des cuillères qui ont servi à l’enfant malade.
Il est utile, tant pour l’enfant malade que pour les personnes qui le soignent, de tenir les fenêtres ouvertes le plus possible. Si la saison trop froide ne le permet pas, renouvelez l’air, soit par des portes ouvertes, soit en ouvrant une fenêtre pendant quelques secondes seulement, trois ou quatre fois par jour ; mettez sur la tête et la figure de l’enfant un mouchoir pendant que la fenêtre est ouverte, pour qu’il ne sente pas l’air froid.
[modifier] Mal de gorge commun
Le mal de gorge provient toujours de froid aux pieds ou au cou, principalement à la nuque. [ 22 ]
Quand l’enfant a mal à la gorge sans les symptômes de l’angine couenneuse indiqués dans le chapitre précédent, faites prendre un bain de pieds d’eau de savon, tenez l’enfant chaudement, couvrez le cou, les pieds et les jambes ; faites boire souvent, tiède, n’importe quoi, eau sucrée, eau pure, eau de groseille, de cerise, de gomme ; c’est indifférent.
S’il y a de la fièvre, couchez l’enfant après le bain de pieds, mettez aux pieds une bouteille d’eau chaude.
S’il n’y a pas d’amélioration après douze heures, mettez à la plante des pieds un cataplasme de farine de lin camphré.
Si l’enfant est échauffé, donnez un lavement d’eau tiède et de lait.
Ces moyens suffisent pour faire passer le mal de gorge dans son début.
Si l’enfant est raisonnable, vous hâterez beaucoup la guérison en lui donnant un gargarisme d’eau acidulée de vinaigre.
[modifier] Rhume de cerveau
Le rhume de cerveau vient d’humidité aux pieds, de froid à la nuque, au front.
Il se manifeste par des éternuements ; plus tard le nez coule, le dessous du nez rougit, les yeux pleurent, souvent la fièvre survient.
Pour préserver des rhumes de cerveau, il faut éviter de sortir les enfants par le vent froid, surtout le vent d’est. [ 23 ]
Il faut leur couvrir les pieds, la nuque et la tête, en faisant revenir le bonnet ou le chapeau un peu sur le front.
Malgré ces précautions, on ne préserve pas toujours du rhume de cerveau.
Aussitôt que vous entendez l’enfant éternuer, mettez-lui sur le bas du front touchant aux sourcils, sur les sourcils, sur le nez jusqu’aux narines, dessus et de côté, un corps gras quelconque, soit du cold-cream, soit de l’huile d’amandes douces, soit de l’huile d’olive, soit de la pommade à cheveux, soit même de la chandelle ou du beurre, si vous n’avez pas autre chose.
Remettez le corps gras chaque fois que vous vous apercevez qu’il a été soit essuyé par l’enfant, soit absorbé par la peau.
Lavez bien le lendemain avec de l’eau tiède et du savon, essuyez et recommencez si le rhume de cerveau dure encore.
S’il fait du vent, ne laissez pas l’enfant sortir.
Le meilleur des corps gras pour les rhumes de cerveau est le baume tranquille, mais il a une odeur et une couleur désagréables qui répugnent quelquefois.
[modifier] Rhume de poitrine ou toux
Les enfants très jeunes ont souvent des toux de dents ; ces toux sont généralement grasses dès le début, ou bien sèches et presque continues.
Pour ce genre de toux, il faut éviter l’air froid, le vent, couvrir un peu plus le cou, le dos, la poitrine et les bras, et donner des choses rafraîchissantes, [ 24 ]comme : raisin, cerises douces, pommes, poires crues, pruneaux, etc.
Le lait d’amandes légèrement sucré réussit quelquefois pour ces toux de dents et d’irritation.
La nourriture doit être, non diminuée, mais soignée ; évitez les choses salées, poivrées, épicées, trop sucrées.
Si la toux persiste, mettez sur le dos et sur la poitrine de la ouate et laissez-la jour et nuit.
Si la toux menace de devenir grave, si la fièvre s’en mêle, et que vous n’ayez pas de médecin :
Prenez quelques feuilles de belladone, mettez-les dans une cuvette, versez dessus de l’eau fraîche et laissez cette cuvette dans la chambre où est l’enfant.
Renouvelez l’infusion matin et soir.
Prenez une cuillère à café de cette infusion ; cinq minutes après qu’elle a été faite, versez cette cuillerée dans un verre d’eau, sucrée ou non, selon le goût de l’enfant, et faites-lui-en prendre une cuillère à café toutes les deux heures.
Cessez aussitôt que la toux diminue.
[modifier] Coqueluche
La coqueluche est une maladie terrible pour les enfants et pour ceux qui les soignent. Elle est contagieuse par l’haleine de l’enfant malade ou par l’application des lèvres sur un verre, une tasse, une cuillère qui auraient servi à l’enfant malade et qui n’auraient pas été lavés. Elle est facile à reconnaître à cause des quintes, avec difficulté de reprendre la respiration, qui en sont le principal symptôme. [ 25 ]Quand on n’arrête pas la coqueluche dès le principe, les quintes se rapprochent et deviennent plus longues, surtout la nuit ; les vomissements surviennent principalement après avoir mangé.
Quand la toux menace de devenir coqueluche, l’enfant tousse plus la nuit que le jour et tousse par quintes.
Voici le traitement que j’ai vu appliquer avec le plus de succès et qui a même quelquefois arrêté la coqueluche dès son début.
Prenez cinq ou six feuilles de belladone, mettez-les dans une cuvette, versez dessus de l’eau fraîche et laissez-la s’évaporer dans la chambre de l’enfant. Renouvelez l’infusion le soir et mettez dans toutes les chambres où l’enfant joue ou se tient une cuvette ou terrine avec une infusion de belladone.
Donnez à l’enfant, le matin à jeun, une once de manne en larmes, délayée dans de la pomme cuite ou dans des pruneaux bien cuits.
Recommencez tous les deux jours.
Si la première dose n’a pas amené une ou deux garde-robes abondantes, recommencez le lendemain et augmentez la dose d'une demi-once.
Si une once et demie n'a pas purgé du tout, donnez deux onces le lendemain et continuez à cette dose tous les deux jours.
Mettez une goutte d’huile de croton tiglium avec trois ou quatre gouttes d’huile d’amandes douces ou d’huile d’olive tiède, et frictionnez légèrement, soir et matin, avec ce mélange, le cou de l’enfant par-devant. [ 26 ]Z5 Le sure nes muurvrs l'l ve sans dire qui chaque friction on fait le même mélange des deux huiles. Si le cou devient rouge ou sensible, changez de plwe, frictionnez au—clessuus ou A côté. Pmmenez l'enfent au grand air tant que vous le pourrez et si le temps le permet; le vent froid sel‘¤.it préjudiciable; faites«le changer d'air si c'est possible; l’nir et le chaugementdair sont de puissants remèdes contre le coqueluche. Donnez ime nourriture légère et un peu moins abondante que d'habitude; évitez les mets salés, poivrés, épices, les patisseries, les bonbons, le café, le vin, enün tout ce qui pourrait exciter la toux. Souvent une cuillerée de cefé noir ou de vin de Malaga empêche le vomissement et diminue la vio- lence des qulnms. Au moyen de ce traitement si simple, j’ai vu plu- sieurs fois la coqueluche arrêtée en vingt-quatre heures et convertie en une toux sans gravité ni durée. Il est vrai que j’e.i commencé le traitement des la première quinte avec euffooatiou. l |¤¤omLl. — Premier: uympbtmea. ~— Mxledin. - Période . dkvnimente. La rougeole est une maladie peu grave si elle est bien soignée, tres·grev¤ si les soins sont donner avec négligence ou inintelligence. Les symptomes précurseurs sont : Rhume de cerveau; Yeux pleurants; Toux; Mal de gorge, quelquefois. [ 27 ]ui smrzi nm nararvrs zi Au bout d'\m jour ou deux, survient la dèvre avec agitation. Après un jour ou deux de fièvre, on commence A apercevoir de légères taches rouges comme des pi· qures de puce sur ls poitrine, les bras, les cuisses; elles gagnent le visage et tout le corps. A mesure que les taches rouges se multiplient, la toux, le rhume, La üèvre diminuent; an bout de deux jours, les rougeurs tendent a eeftacer; dust le moment du danger et des précautions ‘. _ Tant que la fièvre entretient deus le malade une chaleur qui porte à la peau, il n`y a pas à. craindre de voir les rongeurs disparaître subitement. Mais quand le ûèvre est tombée, que les rougeurs tendent naturellement a senîacer, il faut. préserver soigneusement le malade de tout refroidissement, de tout air extérieur, de tout courant d'a.ir. Chacun sait le danger d’une rougeole rentrée. Nous allons indiquer les soins à donner au début et dans le courant de la maladie. Lorsque les symptômes annonws plus haut sont accompagnés de lièvre, on doit toujours se mettre en garde contre une maladie de peau et chercher a hciliter Péruption. Il faut tenir l'eufaut au lit, avec une boule d’eau chaude aux pieds. S`il a mal ii lu tête, mettez aux pieds des cate- plasmes de farine de lin, seupoudrée d'une pincée de oamphre ou de farine de moutarde. ' Lo d-l·¤r¤¤·, dans la rnngsnla, eanuisœ runant dans la wm» pliearinns. xi la du duqmlln il fmt mama la pneumonie au luxinn dxpmitrins, qui au toujour: le rL¤ulw.d'u¤r«froid¤n:cmenu [ 28 ]za La sms ass ms,.m·s Si le eataplasme ne dégage pas la tête, s‘il y a de Vagitation, faites prendre is l'en.fent un bain de pied; d'eau de savon, G'est un excellent moyen de faire paraître les rongeurs et d'atLirer aux pieds, Si les rougeurs sont abondantes a la tête et moins apparentes et nombreuses sur le reste du corps, mettez encore des cataplasmes carnplires aux pieds; Boites, sous la couverture, des frictions aux jambes et aux cuisses avec une brosse en laine a friction- ner, uu, a defaut de cette brasse, avec une dsnelle, Ne couvrez pas la tète et tenez chaudement les pieds et les jambes, Ne donnez pas à manger pendant la lièvre, Don- nez a boire de l'eau de gomme, de Peau pure, de Veau de poulet, selon le gout de l‘enfa.nt, Ne donnez pas a boire chaud, mais seulement dé- gourdi, un pau moins que tiède. Si toutefois l'en!ant préfere boire chaud, il ne faut pas le contrarier; c`est un instinct naturel qu'on — doit écouter. Quand les rougeurs diminuent , que la lièvre tombe, ne changez pas l‘enlant de lit, ne le changez pas de linge, ue le laissez pas decouv·rirjusqu'a ce que les rougeurs soient entièrement effacées. Cut, ie le répète, le moment du danger, celui des plus grandes précauüona, Na tenez pas la chambre trop chauds; la grande chaleur porte a la tète, Ne donnel, dans cette période décroissante, que du bouillon; une petite tasse à la fcis et pas plus souvent que toutes les deux heures, Le bouillon de poule serait meilleur que le bouillon de bœut [ 29 ]LA SANFÈ DEB ENFANTS B Quand les rougeurs sont disparues, vous Pouvez donner des potages, des croûtes de pain ; augmen. (cz de jour en jour jusquà ce que vous atriviez a la cotelette et au gigot. On peut donner de la viande mns jours après la cessation de la nèvre. Vous pou. vez alors chsnger de linge. Il est important, pendant tonte la durée de lamar ladie et de lu. convalescence, de ne laisser dans la chambre qu’un demi-jour qui ne blesse pas les yeux. La rougeole atteint particulièrement les yeux; cest. pourquoi il faut, pendant huit jours au mains, beaucoup les ménager. On ne doit sortir que lorsque les forms sont tout h fait revenues et par un beau temps, trois semaines ou un mois, selon la saison, après Yinvasion dela maladie. ' La scarlatine est de la même ismille que La rou- geole, mais cest une maladie plus grave et qui de- mande les soins les plus minutieux pendant et après. Le symptôme principal de lasoarlstine est un mal de gorge très-violent; il n`y a pas de rhume de een venu bien prononcé, ni de rougeur et de larmole- ment aux yeux. Les taches n’0nt pas de point rouge au milieu; elles setendent et Hnissent par se joindre. Il faut, plus encore que pour la rougeole, attirer aux pieds et dégager la tète. La disposition constante dans cette maladie est la congestion cérébrale. l] [eut donc, des les premiers soupçons dela smrlatine et avant que les rougeurs 'pamissent_ donner des bains de pieds d’esu de savon et mettre des cam- [ 30 ]M La saxrù nas sxaixrs plasmes cemphrés, onmme Best indiqué pour la rougeole. Le scarlatine est plus perdde que la rougeole; elle peut rentrer a toutes les phases de la maladie, et la tète est constamment disposée L s'engeger. Pour éviter les eeeidents qui, dans cette maladie, sont presque immédiatement mortels, il faut veiller a CA que le malade ne se decouvre pas, qu'il ne soit pas dans une chenibre trop chauffée, qn'il ne soit pas démesurément couvert, que la tète soit autant que possible découverteysi l'enfant ala bonne habitude de dormir nu-t ete, laissez la tète nue pendant mute ladurée de la maladie; cest un préjugé ilcheux que celui de presque toutes les mères, nourrices et bonnes, de croire que les enfants doivent avoir la tete tres-couverte. 0Mnd ['enfant a des chaume, il vaut iniininxeni. mieux pour lui qu'a un au ou dix- huit mois, selon la saison ou il est né, il prenne Yhabitude de rester nu-tete, le nuit eomme le jour. Ne lui mettez un bonnet que s'il est enrhumé du cerveau, ll Eau! surveiller l’etat de la gorge, qui est toujours menaçant pendant la durée des taches rouges; si vous npercevez des taches blanches ale gorge, suivez le traitement indiqué au chapitre An- gine urmennmsz, pages ls et suivantes Les soins à donner a la oonvalescence de la scar- Latine sont plus longs; il faut surveiller davantage le régime, il faut rester plus longtemps sans sortir, surtout Ylxiver; le moindre refroidissement amène une endure générale une hydropisie accidentelle, qui est quelquefois difficile it combattre, et dautres accidents fort graves, [ 31 ]un semi ou rzmmms ai En hiver, ne sortez Penfant que six semaines apres la En de la scarlatinc. Quant aux boissons , donnez-les tièdes, même chaudes si l`enl`nnt le préfère; vous donnerez les tisanes que vous voudrez, depuis l’eau pure jusqu`a la violette, le ülleul, ln lmurrnche, la mauve, ete. Sil'eni'ant ne tousse pas,vouspouvez sucrer avec du sirop de cerises, d’0rnnge¤, de framboises, de mûres. Si l'eu!snt housse, sucrez avec du sirop de gomme, de capillaire, de iieur d'or¤.nger, cu, à défaut de ces sirops, avec du sucre. Il faut tenir le ventre libre au moyen de lave- ments de lait, d'eau de son ou de tilleul, mais en prenant bien garde aux refroidissemente. Brrnt Vhun lr rrtrnz Vilmu VULAITI les symptômes de ln petite vérole sont les memes que ceux de la petite vèrole volante, mais plus pro- noncés. ' L'c¤fant 2 des vomissements, mal à la tète ; la lièvre suit de pres nes symptômes; la tète s'eng`agt davantage, jusqu`à ce que des boutons semblables à ceux du vaccin commencant a paraître. Ils sont d'n· bord rouges et pointus; le second et le Lroisiàmejour, ils blanchissent et ahplatisseut; le quatrième jour, ils commencent li sécher et a noircix par le milieu; Tescarre se forme et tombe au bout de huit jours. A la période du dessschement survient la déman- genison; pour l'ndoucir, il faut mettre un peu d`huile demandes douces ou même de Yhuile d'ol.i\'e ou de faîne. [ 32 ]az Le sure mas srnvmrs Les soins B donner a le petite vérole sont faciles: Tenir l‘enfant au lit jusqu'à ce que les boutons soient séchés. Faire prendre, avent Vepparition des boutons, des bains de pieds d'eau de savon. Tenir le ventre libre en donnant tous les jours nn lavement moitie lsit, moitié eau, ou bien d'eau de graine de lin ou d'enn de guimsuve, . Ne donner aucune nourriture, jusquà ce quels ilèvre tombe et que Yenfant demande ia manger. Faire boire de lbrsngeade ‘, jusquà ce que les vomissements et le mal de tête soient passés ; slots remplacez Porangeade per de la tisane de ileurs de mauve ou de violettes, on de tilleul. Ayez soin, avan! tout, de ne pas forœr l’en!nnt b boire une boisson qui lui répugne ; vous eugmenteriez le mal de cœur et le mal de tète. Donnez à Yenfant de l`esu pure s'il témoigne le désir d'en sv¤ir_ il faut, pour ces de- tails très-innocents, écouter l‘instinct du mslsde. Tenez les pieds chauds eu moyen d'un cruclmn d’eau chaude. Quand la nevre est tombée, donnez une petite croute de pain, si l'enfent témoigne un vif désir de manger; si la croute passe bien, vous pouvez don- ner, deux ou trois heures après, un bouillon. Si l'en- tant prefere encore des croûtes de pain, vous pouvez lui en donner sans inconvénient. lfenfent peut se lever quend les boutons sont secs • Lnmcilleure lumière de Ain hnngende et I1 l.im¤n1d•. Hut d‘uprim•r Im pau du jun dbrsnge on de eixmn dm: de l’nu mere:. [ 33 ]ui ssarzê nas ilzmmws au et noirs; il peut sortir quand toutes les eecarres sont tombées. La petite vérnle volante est la miniature de la petite vérole; tout est moins grave et les boutons sont moins abondants; le traitement est le meme pour les deux maladies. Iajoutemi, pour terminer, que si la tète reste engagée et trèsdoulnureuse, malgré les bains de pieds et les cataplasmes camphrés, et que les bou- tons ne paraissent pas, il faut mettre une peüte eangsue ll chaque cheville interne et laisser couler le sang pendant une demi-heure. Cette saignée de pieds dégngera la tete et facilitera. la sertie des boumna. · uahcanx nu onriuisx, Cette maladie n'exx est pas une; elle est inc0m» mode à cause de la démangesisen affreuse qu'elle ucmaionne; mais elle nampeche ni de manger ni de jouer, ni de sortir; même en hiver, contmire- ment L toutes les maladies de peau, le froid pro- voque sa sortie; la chaleur diminue plutdt les hentona. Les symptômes annt des boutons comme des pi· qures d'¤rtiea, accompagnées de démangeaisons in- tolérables, surtout la nuit. Habituellement, ces b0u» tons changent de place, tantôt c'est un bris qui en est couvert, un instant après, c'eat une jambe, ou un pied, au le visage. Il n’y s généralement pas de lièvre ; Pappétzit reste bon. Le seul trsitementà. him est de raàalchir en fai- sant boire un ou deux verres parjnnr dbrangeada S [ 34 ]3; LA SA'NTÈ DES ENFANTS ou de limonade, et de s'abstenir de îoute nourriture salée ou excitante. Il faut essayer des bains de feuilles de mauve ou de tilleul; un bain de üngt minutes tous les soirs avant le dernier repas, Si le bain de mauve ou de tilleul ue réussit pas, eünyezan un autre, le lendemain, avec un verre de vinaigre dans la valeur de deux seaux &l’eau. S0u— veut lucidité du vinaigre enleve la demaugeaison. Un remède facile et qui réussit presque toujours, c'est de faire B. l'enInnt une soupe avec dejeimes feuilles d'0rties comme ou fait une soupe aux herbes Ordinaires. On y met ou pain si ou veut. ` On peut recommencer cette soupe aux orties plu- sieurs jours de suite, si elle plaît à Yenfant, J'ai vu l'urticsire ou ortilière venir subitement B le suite d'une frayeur, d'une douleur vive, etc.; un de rues plus jeunes fils, en ramassaut une balle qui avait roulé sous une commode, fut piqué nous l'0n- gle par une guêpe; lu douleur fut ai vive, qn’il tnt sur le point de se trouver mal; quelques instants après ii fut couvert de boutons uriricaires, qui un le dissipèrent qu`nu bout detrois jours. Les croùm et la cete, nu iront, un visage, mnt le 1'ésoïtat d'une humeur héréditaire; on peut les uuu- jurer, les prévenir même eu partie, avec une grande propreté. la tete de Fenfanz, de meme que tout la corps, [ 35 ]1.1. ssxrs urs msuvrs as doit être levés à grande esu et snvonnéu tous les jours. (Test un préjugé de bonne femme, de craindre Vhnmidité L la tète et le savon pour la peau. Levu, savonnez tous les mntlns la tète, le visage, le corps de l‘enfnnt; il s'on trouvera bien et sen moins sujet à s‘enrhumer. Si, mshgré ces soins, Yenfantu des rougeurs, puis des cmûtes sur lu tete, lavez la tète avec de l'eeu de sureau; si les croutes persistent, mettez dessus, pen- dent deux heures, un petit catsplasme; ensuite met- tez un corps gms quelconque, cold- cream, huile d'amandes douces, huiledolivs, nimporte ; le len- demain, levez bien, et si la croute tient encore, rer commencez le catsplnsme et le corps gros; les croû- tas ne turderont pas à tomber, Vous mettrez ensuite de ls poudre, vous continuerez à laver tous les mn- üns et àpoudrer jusqu'31 ce que la rougeur sit dis- PBXU. Qusud il survient des rougeurs au visage, mettez mnt de suite un des corps gras ci-dessus désignés; levez matin et soir avec de l`euu de sureau; quand Le rougeur tend B. s'eEE¤cer, mettez de la poudre mn- tln et soir. Si la croute ss forme malgré ces précautions, met- tez de ls creme fraiche pour ls nuit; levez bien le nmtin et pouzlrez pour ln journée. lmuukmr I>‘nn¤u|s. Le cause en est dans le principe héréditaire, de meme que pour les crohlcs, les snrofules , etc. Le traitement consiste dans ln propreté dabord. lqectu très-dunœment, avec précaution, de 1'esu [ 36 ]55 LA SANTÉ DES ENFANTS d'0rge micllée, tiède, dans Yoreille qui donne do lhumeur; pendant l'injecti0n_ faites incliner la tête de l'enfent du côté ou se fait liniection, pour que l‘eau entraîne toute lhumeur qui s`est amnssée dans l'0reille. Continuez jusquà ce que le dedans de l'0· reiile soi: nettoyé. Ayez min, je .le répète, de ne pus injecter trop fortement; a.l.lez»y avec ménagement ; un jet trop fort pourrait irrite! le tympan et donner des maux d'orei11es. Après Yinjection, quand l'ean est bien écoulée, ei- euyez avec préceuüun l'oi·eille, fuites pencher IA tète du côté opposé Ll'n1·ei1le malade, et versez-y une goutte d'liuîle d'u.mn.ndos douces ou d'0live, tié- nlie dans une cuillère d‘¤.rgent. Prenez garde de trop chantier, le remède seroit pire que le mal. ll faut, sices moyens ne suffisent pas, un traite- ment tonique et n.Dtri-scr0fuleu.x qui doit être dirigé par un médecin. Les enfants sont sujets à Avoir des maux d'0reil- les; ln souülmucc en est trèswive. Quand l'enfnnt se plaint de muldans l’oreille, ver- ¤ez·y une ou deux gouttes: d'huiie de 1is,légèrement tiédie, et mettez du coton par dessus, mais sans le taire entrer dans le tuyau de 1'0reiLle· Mettez un bonnet pour minœnir la ouate et empecher ic con- mct de 1'nir. si là douleur persiste, mms bouillir pendant cinq minutes une tète de pavot dansun verra d’eau; faites re‘x·oidix promptement _ et quand Pinfusion nest [ 37 ]1.4 sawmà ons Exmxrs av plus que tiède, trempeky un morceau de ouate gros comme une petite noisette et mettez-le dans l'¤reille, en faisant pencherle tète du côté opposé, pour que lfenu pénètre bien dans le fond de l'0i·eille. Mettez p¤r·dessus de le ouate seche et maintenez le tout avec un bonnet. Continuez Yusege du bonnet pendent un jour ou deux. lwxcsuuz nm: un mnrruus, mus ns mn n nnnlhl Lls GIIILLIL Les très-jeunes enfants sont sujets aux écorchnres dans les plis du wu, des cuisses, des jurrets, des pieds, des aisselles, Pour les prévenir, il faut laver Venfunt tous les jours, principalement dans tous coe plis, bien essuyer jusquïm fond sans frotter, et puudrer deux fois pu jour eu moins avec de lapoudre de riz ou d'orge; — elle se vend chez mus las pnrfumeurs et les phemxa- eienn. Ouxmt aux plis des cuisses, etc., levez et poudrez toutes les fois que ïeninnt aura seli en couche, et pour le moins trois lois per jour, Lavez et poudrcz deux fois par jour derrière les oreilles, Si, par négligence, 1'enfsnt est coupé, mettez une goutte d’huile demandes douces ou d'ulive; lavez deux fois par jour en laissent couler l'emu sans hot- ter; remettez cheque fois de 1‘hu.ile. Quand \'écorc.l:ure est guérie, mettez de le poudze, Soyez certain que les coupures et écaichures dun [ 38 ]SB LA SANTE DES INFANTS les plis sont dues à le négligence et au défaut de propreté. Un enfant bien soigné ne se ooupem jamais. Si Penfent se fait une brûlure, soit par l'eeu houil- lsnte; soit par le feu, râpez immédiatement du savon blanc de lessive dans un peu d'eau, mèlez bien jus. qu'à ce que le savon soit fondu et qu'il fesse une pete de lépaisseur du céret; appliquez un pequet de C8 SHVDX1 Sllt la bl'ûlI.L\'e; m&l!\t€!l6Z·le EVEC UDG beude de linge; au hout de cinq minutes la douleur disparaître. Préparez-en d'evnuce le qunutité nécessaire pour un ou deux pansements; eu bout de trels ou quatre heures changez le savon; ayez soin de tout préparer devance pour que la brûlure ne reste pask l'a,ir; eus- siiôt qu’elle est È découvert, appliquez vite dessu.! un paquetde savon delayé frais et enveloppes d'un linge. La nuit, ne changez que si Fenfent se plaint. Au bout de deux ou trois jours La brûlure sers guérie; il n'y paraîtra plus; il x1'y u plus qu'u.ne legere rougeur qui eefface peu de jours après. Ge remède est de tous ceux que j’ni lemployés et fait employer; le plus eüiœœ, le plus prompt; le plus Iaeile à appliquer et e trouver, Chacun peut avoir per précaution du savon de ménage; il doit ètre blanc; le sevou marbre est msuveis. Si le brûlure est très-étendue et très—grave, reoou- vrez-ln, à une épaisseur dun demroentimètre, de charbon de buis en poudre; laissez-le sur la brû- lure sans l'enleVer; qwmdil se déplace, remettez de ls pondre de charbon sans enlever ce qui tient; au [ 39 ]bout de deux ou trois jours, la brûlure sera guérie ; sinon, il faut appeler un médecin et employer les remèdes indiqués par lui.
Un autre moyen excellent et facile, est l’application de compresses de teinture d’arnica dans de l’eau, à la dose d’une cuillère à café de teinture dans un verre d’eau ; on entretient la compresse mouillée en la bassinant sans l’enlever.
Pour les chutes ou coups reçus en jouant, mettez dans un demi-verre d’eau une petite cuillère à café de teinture d’arnica, faites boire une cuillère à café de ce mélange, et bassinez avec le reste la partie contusionnée trois ou quatre fois par jour, pendant deux ou trois jours.
Quand un enfant s’est coupé ou écorché, prenez un œuf cru, cassez-le en deux ; videz dans une assiette le blanc et le jaune ; détachez de la coquille la pellicule ou peau intérieure qui la tapisse, et posez ces morceaux de peau sur la coupure ou écorchure.
Ne mettez pas les morceaux trop grands ; si l’écorchure ou la coupure est grande, plusieurs petits valent mieux.
Ayez soin d’appliquer sur la peau le côté gluant.
Si c’est une coupure, ayez soin, avant d’appliquer la peau d’œuf, de rapprocher les deux côtés de la coupure pour qu’ils se touchent. [ 40 ]
Maintenez la peau d’œuf avec un linge jusqu’à ce qu’elle soit séchée.
Laissez-la sans y toucher ; si elle s’en va, remettez une peau d’œuf fraîche. Quand l’écorchure ou la coupure est guérie, la peau tombe toute seule. Si c’est le doigt qui est malade, ayez soin qu’il ne soit pas entouré par la peau d’œuf qui, en se séchant, se resserre et occasionne par la pression une douleur très-vive.
Avec ce moyen vous n’aurez jamais d’inflammation ni par conséquent de douleur.
Un autre moyen facile et efficace, c’est du papier Fayard. Vous l’appliquez sur la coupure ou écorchure, et vous le laissez jusqu’à ce qu’il tombe ; il est difficile à enlever. On peut l’ôter avec de l’huile, mais c’est trop long. Il ne tombe naturellement qu’au bout de dix à vingt jours.
Les enfants sont sujets aux saignements de nez ; il ne faut pas s’en inquiéter.
Si pourtant l’hémorragie devenait trop abondante, bassinez le nez, le front, la nuque avec de l’eau froide. En même temps faites lever en l’air le bras du côté opposé à celui de la narine qui donne du sang ; c’est-à-dire, si le saignement de nez vient de la narine gauche, faites lever le bras droit, si c’est de la narine droite, faites lever le bras gauche ; maintenez le bras en l’air quelques secondes.
Le saignement de nez ne tardera pas à s’arrêter.
Si toutefois il continue, mettez dans un verre d’eau froide, sucrée ou non, selon le goût de l’enfant, une [ 41 ]cuillère à café d’eau de Pagliari, faites-en boire quelques gorgées ; recommencez au bout de cinq minutes, si l’hémorragie n’est pas arrêtée.
Il n’est question ici que des inflammations légères, et non d’ophtalmies graves qu’un médecin seul peut traiter.
Si l’enfant a les yeux enflammés, ce qui arrive quelquefois par suite d’un coup d’air, d’une lumière trop vive, etc., prenez un oignon de lis, faites-le cuire dans très peu d’eau ; quand il est refroidi, écrasez-le pour en faire un cataplasme que vous appliquerez sur l’œil malade ; laissez-le douze heures.
L’inflammation sera dissipée, ou si elle ne l’est pas entièrement, recommencez le même remède. Si vous n’avez pas d’oignon de lis, prenez cinq ou six feuilles de laitue crue ; vous écraserez légèrement les côtes des feuilles, vous les coudrez ensemble au moyen de deux trois points et vous les mettrez sur l’œil fermé. Vous fixerez au moyen d’une légère bande de toile.
Vous aurez soin de changer toutes les deux ou trois heures.
Si au bout de douze heures il n’y a pas d’amélioration, faites une application de pomme cuite que vous laisserez cinq à six heures.
Si l’enfant ne supporte pas un corps étranger et un bandeau sur l’œil, bassinez-le toutes les heures avec de l’eau de riz froide, très légère, légèrement acidulée de quelques gouttes de vinaigre ; ou bien avec de l’eau de mélilot. [ 42 ]
La nuit, ne bassinez que lorsque l’enfant est éveillé ; laissez-le dormir : le sommeil est le meilleur des remèdes.
Le travail des dents se fait sentir longtemps avant qu’elles soient percées ; il commence quelquefois à deux mois, le plus souvent à quatre, ou huit, quelquefois plus tard ; il ne faut pas s’inquiéter d’un retard.
Il y a des enfants qui ne percent leurs premières dents qu’à seize ou dix-huit mois, d’autres qui en ont à deux mois. [4]Mon fils aîné a percé sa première dent à quinze mois ; mon plus jeune fils en avait deux à deux mois ; les deux dentitions sont également difficiles.
Il y a trois époques de dentition :
La première, qui est la plus difficile à passer, est terminée généralement à trois ans ; elle se compose de vingt dents.
La seconde commence de quatre à cinq ans et se termine entre huit et neuf ; elle se compose de quatre grosses dents du fond nouvelles et de douze dents de devant remplaçant celles de la première dentition.
La troisième commence de neuf à dix ans et se termine de douze à quatorze ; elle complète les vingt-huit dents, en donnant quatre dents du fond nouvelles et en remplaçant les huit dents de la première dentition, de sorte que les vingt dents de la première dentition se trouvent toutes remplacées.
Pendant ces trois dentitions, les enfants sont sujets à des toux qui souvent sont grasses dès l’origine comme une fin de rhume ; quelquefois elles sont et [ 43 ]restent sèches, fréquentes, convulsives, et disparaissent subitement comme elles sont venues.
Les bains de son ou de tilleul, tièdes, sont toujours très-utiles pendant la dentition.
Le seul remède à faire est de donner soit du raisin dans l’automne, soit des cerises au printemps, soit tous autres fruits de la saison, pour rafraîchir et calmer.
À défaut de fruits, donnez du lait d’amandes léger. Pilez six amandes douces, une amande amère (après les avoir dépouillées de leur peau), et quand c’est bien pilé, versez dessus un verre d’eau chaude ; sucrez avec du sucre ordinaire ; l’enfant peut en boire deux ou trois verres par jour.
Pendant la dentition, les enfants sont sujets à des dérangements d’entrailles. Nous avons dit, dans un chapitre précédent, pages 12 et 13, le régime et le traitement à suivre dans ce cas.
Enfin, la dentition amène mille indispositions, comme vomissements, accès de fièvre, écoulements d’humeurs. Il ne faut pas s’en effrayer, et il faut soigner ces maux passagers, ou les symptômes, d’après les conseils indiqués aux chapitres précédents.
Ne permettez jamais à aucun médecin d’employer cette fatale mode anglaise, d’inciser les gencives de l’enfant comme moyen soi-disant excellent pour faciliter la sortie de la dent. Après l’incision, la gencive se cicatrise, devient plus dure qu’auparavant ; la dent a beaucoup plus de peine à percer cette peau durcie par la cicatrice, et l’enfant est plus exposé soit aux convulsions, soit aux autres maux amenés par la dentition.
Vous lui avez donc infligé une souffrance non- [ 44 ]seulement inutile, mais contraire au but que vous espériez atteindre.
Ne laissez pas non plus calmer l’agitation de l’enfant par l’opium, le sirop de pavot, diacode, et autres narcotiques qui peuvent amener des maladies graves à la tête.
Si l’enfant a de la faiblesse dans les reins, qu’il ne puisse pas se soutenir facilement assis à six ou sept mois, ni debout à onze ou douze mois, frictionnez-lui légèrement les reins et l’épine du dos, matin et soir, avec de l’eau-de-vie. Les frictions avec de l’huile de foie de morue sont encore plus efficaces. Ayez soin de toujours frictionner de haut en bas, de la nuque aux reins. Ce moyen très innocent donne beaucoup de force aux reins et aux jambes. La faiblesse des jambes provient toujours de la faiblesse de l’épine dorsale.
Si l’enfant est empoisonné par du laudanum, il faut d’abord provoquer les vomissements en chatouillant la gorge à l’intérieur avec une barbe de plume ; ensuite faites-lui avaler du café noir par cuillères à café toutes les dix minutes, jusqu’à ce que l’engourdissement soit passé. [ 45 ]
Si l’engourdissement ne cède pas au bout d’une heure, mêlez à chaque cuillère de café une quantité égale de jus de citron ; à défaut de citron, du vinaigre ; vous pouvez sucrer sans inconvénient. Employez aussi les compresses vinaigrées sur les tempes et le front.
C’est le meilleur contre-poison des substances narcotiques.
Si l’enfant est empoisonné par l’une de ces deux substances minérales, donnez-lui, après avoir provoqué les vomissements, et en attendant le médecin, beaucoup d’eau fortement sucrée.
Battez douze blancs d’œufs dans deux litres d’eau, sucrez fortement et faites-en boire une bonne tasse toutes les trois ou quatre minutes, jusqu’à ce que les accidents aient cessé.
Si vous n’avez pas d’œufs, faites de l’eau de savon avec un quart de savon blanc et trois quarts d’eau, sucrez et faites-en boire alternativement avec l’eau sucrée, jusqu’à ce que les coliques, les nausées, etc., aient disparu.
Il faut faire vomir le plus tôt possible. Pour obtenir le vomissement, faites boire de l’eau tiède tant que l’enfant peut en boire ; un demi-verre toutes les cinq minutes, si c’est possible. En même temps, chatouillez l’intérieur de la gorge avec la barbe d’une plume ou d’un pinceau.
Si l’eau tiède n’amène pas de vomissement au bout d’un quart d’heure : [ 46 ]
Prenez une cuillère à café de sel de cuisine, une cuillère à café de farine de moutarde, mêlez dans un verre d’eau tiède et faites-le avaler de gré ou de force.
Quand l’enfant commence à vomir, penchez-le vivement en avant, soutenez sa tête et comprimez légèrement le ventre.
Après le vomissement, faites-lui rincer la bouche et laissez-le reposer.
Si les accidents recommencent, coliques, agitations, hauts-de-cœur, redonnez de l’eau tiède ou du sel avec de la moutarde.
Quand les accidents ont cessé, qu’il ne reste que du brûlement, des coliques légères, du malaise :
Donnez du lait, de l’eau sucrée, de l’eau albuminée[5][6] tant que l’enfant en voudra. S’il désire du café noir, donnez-lui-en ; il se remettra plus promptement.
S’il y a asphyxie par des vapeurs de charbon, portez vite l’enfant à l’air, frottez-le avec du vinaigre ; couvrez la tête de compresses d’eau froide que vous remouillerez sans cesse ; en même temps, entourez les pieds et les jambes de bouteilles d’eau chaude ou de briques chauffées, ou de cendre chaude.
Aussitôt que l’enfant peut avaler, donnez-lui du café pur par cuillères à café ; continuez jusqu’à ce que vous ayez un médecin. [ 47 ]
Si l’enfant est piqué par un cousin ou une guêpe, ou autre bête de ce genre, mettez sur la piqûre une goutte d’alcali volatil. Pour les piqûres de guêpes ou de frelons, recommencez plusieurs fois. Pour les cousins, une ou deux fois suffisent. La démangeaison et l’enflure ne tarderont pas à disparaître.
Un autre moyen très facile et à portée de tout le monde, est de prendre de la terre noire et humide prise à une profondeur d’un pied au moins, et de l’appliquer sur la piqûre après en avoir enlevé le dard de l’insecte.
Un troisième moyen est de mettre sur la piqûre de la craie en poudre ; la douleur disparaît instantanément. De l’eau vinaigrée est bonne aussi, mais moins efficace que l’alcali, la terre et la craie.
Aussitôt qu’une vipère a piqué l’enfant, liez fortement le membre piqué avec un cordon ou un mouchoir au-dessus de la piqûre ; un cordon exerce une compression plus efficace ; portez l’enfant aussi promptement que possible près du ruisseau, du fossé ou de la maison la plus rapprochée, pour laver à grande eau la piqûre, que vous ouvrirez le plus possible; si vous pouvez avoir du sel pour laver avec de l’eau salée, c’est encore mieux ; quand vous aurez bien lavé, versez dans la piqûre et tout autour quelques gouttes d’alcali ; c’est un excellent antidote [ 48 ]contre le venin de la vipère. Vous pouvez recommencer une ou deux fois, si l’enflure ne cède pas à la première application.
Défaites la ligature aussitôt après que la piqûre aura été lavée et cautérisée avec l’alcali.
Tout le monde sait reconnaître les engelures. La partie malade devient rouge, gonflée et cause des démangeaisons insupportables.
Le moyen préservatif est de se garantir du froid, mais comme ce n’est pas toujours possible, il faut s’occuper du moyen curatif. En voici un qui m’a toujours réussi pour mes enfants et petits-enfants.
Faites baigner le membre malade dans un bain d’eau de son qui ne doit être ni trop chaud ni trop froid ; il faut le prolonger pendant vingt minutes, une demi-heure même si on en a le temps et la patience.
Recommencez ces bains pendant trois jours, matin et soir ; l’engelure sera passée.
Il faut, pour que ce moyen si simple soit employé avec succès, ne pas laisser les engelures vieillir ni s’ouvrir ; on doit les prendre au début, de même que tous les maux qui atteignent l’enfance.
Un autre moyen, dont je n’ai pas encore fait usage, mais qui m’a été recommandé par un médecin, est de bassiner l’engelure trois ou quatre fois par jour avec une solution de quelques gouttes d’acide chlorhydrique dans un verre d’eau de fontaine. [ 49 ]
Je ne connais pas de remède certain contre les cors placés au-dehors des doigts de pieds ; mais j’en connais un pour les œils de perdrix, les plus douloureux de tous les cors.
Lorsque l’enfant se plaint de douleur au pied et que rien ne paraît à l’extérieur, ouvrez les doigts et examinez s’il n’y a pas dans l’entre-doigt un cor qui ait laissé sa marque sur le doigt opposé.
Si vous trouvez ce cor et la marque qui en est la conséquence, mettez un linge fin double ou un peu de ouate entre les deux doigts, de manière que le cor porte sur le linge ou la ouate.
Lorsque l’enfant se couche, enlevez le linge, mettez à la place un petit paquet de chandelle molle, demi-fondue, et laissez-la toute la nuit.
Le lendemain, trempez le pied dans de l’eau tiède, enlevez la chandelle et avec la chandelle toutes les petites peaux qui se détachent ; employez pour cela un canif qui ne coupe pas. Quand le pied est essuyé, remettez comme la veille un linge fin double ou de la ouate.
Recommencez pendant un mois ou six semaines, plus même si c’est nécessaire. Ne cessez que lorsque toute trace d’œil de perdrix aura disparu.
Jamais ce moyen n’a manqué son effet. Je l’ai conseillé à des personnes qui souffraient depuis des années d’œils de perdrix ; toutes ont été guéries radicalement ; une d’elles a eu la constance de continuer ce traitement pendant six mois ; sa patience a été couronnée de succès. Il est vrai que dès la [ 50 ]première semaine elle avait été notablement soulagée. Généralement le soulagement se fait sentir dès le second ou le troisième jour.
Il est inutile d’ajouter que l’enfant doit être chaussé large, surtout du bout du pied. Les souliers des enfants doivent toujours être très-carrés du bout, pour ne pas gêner et déformer les doigts.
Quant aux cors ordinnaires, on les fait souvent passer en mettant dessus trois gouttes de teinture d’iode ; on peut recommencer trois ou quatre fois. C’est un moyen innocent, mais qui ne réussit pas toujours.
MANIÈRE DE PRÉPARER ET D’APPLIQUER QUELQUES
Mettez de l’eau au feu dans un pot de terre ; quand l’eau commencera à bouillir ; jetez dedans quelques croûtes de pain ; laissez bouillir dix minutes et passez ensuite dans un linge blanc, en pressant un peu.
Prenez quatre onces environ de mie de pain, mettez-la dans une mousseline claire que vous nouerrez sans serrer du tout ; mettez dans un pot de terre, contenant quatre à cinq verres d’eau ; faites bouillir pendant un bon quart d’heure ; retirez du feu, pressez le sac de mousseline avec une cuillère ; retirez-le, sucrez l’eau panée avec du sucre et mêlez chaque fois que vous en donnez à l’enfant. [ 51 ]
Eau de riz. Prenez une poignée de riz ; versez dessus de l’eau bouillante ; mettez au feu ; aussitôt que l’eau commencera à bouillir, jetez-la en laissant le riz au fond. Versez d’autre eau et faites bouillir pendant un bon quart d’heure. Passez ensuite dans un linge blanc.
Eau d’orge. Même procédé.
Eau de gruau. Même procédé, sauf qu’il ne faut pas jeter la première eau, le gruau n’ayant pas l’âcreté du riz et de l’orge.
Eau de gomme. Mettez deux tiers d’eau froide dans une carafe ; mettez-y ensuite 1 once ou 40 grammes de gomme en morceaux ; secouez bien ; au bout de cinq minutes, l’eau de gomme est faite ; remplacez à mesure l’eau que vous prenez, et secouez chaque fois que vous en remettez et que vous en ôtez ; quand la gomme est presque toute fondue, remettez-en une demi-once et continuez ainsi tant que vous en avez besoin.
Préparez un mouchoir ployé en fichu ; mettez entre deux un morceau de taffetas gommé.
Prenez de la farine de graine de lin ; ayez une casserole ou terrine, de l’eau bouillante et une cuillère en bois.
Versez dans la terrine ou casserole la quantité de farine de graine de lin nécessaire pour vos [ 52 ]cataplasmes. Versez dessus, petit à petit, de l’eau bouillante, en ayant soin de bien mêler ; versez-en jusqu’à ce que vous ayez une bouillie assez épaisse.
Étendez ensuite sur le linge préparé la quantité suffisante pour couvrir la plante des pieds ou les mollets, en ayant soin de ne pas en mettre jusqu’au bord du linge.
Saupoudrez d’une forte pincée de camphre en poudre.
Pour pouvoir piler le camphre, il faut en prendre un morceau gros comme une noisette, verser dessus deux ou trois gouttes d’esprit-de-vin ou d’eau de Cologne ; il s’écrasera ensuite comme du sucre.
Posez sous la plante du pied ou bien sur le mollet ; mais assurez-vous que le cataplasme ne soit pas trop chaud ; appliquez-y à cet effet soit votre joue, soit le revers de la main.
Rebroussez sur le pied la pointe du fichu ; enveloppez avec les deux bouts que vous renouerez à la cheville.
Faites comme le précédent, avec la différence que vous mettez une cuillerée de farine de moutarde contre trois cuillerées de farine de graine de lin, et que vous mêlez le tout ensemble en versant l’eau bouillante.
Les sangsues doivent être sorties de l’eau deux heures avant d’être posées, et mises dans un verre ou une tasse recouverte d’un chiffon de toile bien [ 53 ]attaché autour du verre, pour qu’elles ne puissent pas en sortir.
Le papier ne vaut rien, parce que les sangsues le détrempent et s’échappent.
Mettez les sangsues sur une serviette ; essuyez-les et mettez-les dans une ventouse ; à défaut de ventouse, dans un verre à liqueur ou autre verre de cristal de cette capacité.
Appliquez immédiatement sur la place où elles doivent mordre.
Si elles ne prennent pas tout de suite, enlevez le verre, frottez légèrement la place où elles doivent prendre avec l’eau sucrée ou du lait également sucré.
Si elles refusent encore de prendre et qu’on puisse avoir une pomme, coupez-la en deux, évidez-la pour en former une tasse, mettez les sangsues dedans ; elles prendront promptement par horreur pour la pomme.
Ayez du sel près de vous et deux cuvettes ; à mesure que les sangsues tombent, mettez-les dans une cuvette et saupoudrez-les de deux ou trois pincées de sel, pour les faire dégorger ; quand elles ont rendu le sang qu’elles ont pris, mettez-les dans une cuvette d’eau fraîche ; au bout de quelques minutes remettez-les dans le bocal où elles ont l’habitude de vivre.
Si les sangsues, après s’être remplies, restent trop longtemps attachées, c’est-à-dire plus de vingt minutes, saupoudrez-les légèrement de sel ; elles tomberont presque immédiatement.
Il faut changer l’eau des sangsues tous les jours ; ne leur donnez pas d’eau de puits ; elles ne tarderaient pas à mourir. [ 54 ]
Quand les ouvertures faites par les sangsues saignent trop longtemps, prenez un petit tampon de ouate, mettez dessus une pincée de poudre de colophane et appliquez le tampon sur les trous qui saignent ; maintenez avec les doigts en appuyant un peu fortement.
Si au bout de cinq minutes le sang est arrêté, levez doucement le doigt, mais sans détacher la ouate, et maintenez-la par une serviette ou un linge quelconque.
Si le sang continue à couler sous le tampon, levez-le, prenez une grosse pincée de poudre et de colophane[7], mettez-la sur la piqûre et posez vivement dessus le bout du doigt ; maintenez-le sans bouger en appuyant un peu pendant cinq minutes ; si le sang ne coule plus, ayez un tampon de ouate recouvert de poudre de colophane, levez doucement le doigt de dessus la piqûre, sans décoller la colophane, et replacez immédiatement le coton, que vous fixerez avec un linge quelconque.
Les chiffons brûlés, les toiles d’araignées, ne valent pas la ouate.
S’il y a plusieurs piqûres qui saignent, vous appliquerez autant de doigts qu’il y a de piqûres, après avoir déposé sur chacune une bonne pincée de poudre de colophane. Si ces moyens sont insuffisants, il faut sans plus tarder appeler un médecin. [ 55 ]
Prenez un seau pour bain de pieds, versez-y de l’eau chaude, prenez un quart de livre ou 125 grammes de savon blanc ; grattez-le avec un couteau jusqu’à ce que tout soit réduit en tout petits morceaux. Faites tomber à mesure dans l’eau chaude, mêlez ensuite avec un bâton. Quand le savon est fondu, remplissez le bain aux deux tiers au plus avec de l’eau froide et chaude ; pour vous assurer que le degré de chaleur est suffisant, plongez-y votre avant-bras ; il faut que vous puissiez l’y maintenir sans être incommodé de la chaleur.
Plongez-y doucement les pieds de l’enfant ; s’il se plaint de la chaleur, ajoutez de l’eau froide, quand même vous trouveriez le bain chaud à point. La peau des enfants, et de certains enfants, est, à cause de son extrême finesse, plus sensible que la nôtre aux influences du chaud et du froid.
Si vous faites crier l’enfant, le sang se portera à la tête, à la gorge, et vous lui ferez plus de mal que de bien avec le bain de pieds que votre obstination aura maintenu trop chaud.
Quand l’enfant a les pieds dans l’eau, couvrez le seau, les jambes et les cuisses avec une serviette, pour maintenir la chaleur.
Réchauffez le bain toutes les deux ou trois minutes, en ayant bien soin de mettre votre main entre les jambes de l’enfant et l’eau que vous versez, afin de ne pas l’échauder. [ 56 ]
Si l’enfant se trouve bien du bain, continuez-le pendant quinze ou vingt minutes au plus.
Ayez deux serviettes chaudes, en coton, pour essuyer les pieds, et enveloppez-les vite de crainte de refroidissement.
Si l’enfant se recouche, mettez d’avance dans son lit une bouteille d’eau bien chaude.
Même procédé, sauf qu’il faut verser 125 grammes ou un quart de livre de farine de moutarde dans l’eau, un instant avant de mettre les pieds de l’enfant dans le bain, et ne pas prolonger le bain au delà de huit ou dix minutes.
Même procédé. Faites fondre deux grosses poignées de sel dans le bain de pieds, cinq minutes avant d’y mettre les pieds de l’enfant, et versez un verre de vinaigre au moment du bain.
Si vous n’avez ni moutarde, ni sel, ni vinaigre, prenez une grosse pelletée de cendre tamisée, mettez-la dans un torchon, nouez, en ne serrant pas la cendre ; mettez dans le bain de pieds, pressez à plusieurs reprises la cendre, pour en extirper tout le sel, et laissez-la dans l’eau pendant la durée du bain.
Prenez une ventouse ; si vous n’avez pas de ventouse, un verre à bordeaux ou à madère, mettez au fond quelques gouttes d’esprit-de-vin, allumez[8] avec [ 57 ]une allumette ou un chiffon de papier ; quand l’esprit-de-vin est enflammé, appliquez immédiatement la ventouse ou le verre sur la partie où vous devez les mettre, et laissez quelques minutes. Ayez soin d’agir promptement, pour ne pas donner aux parois du verre le temps de s’échauffer, ce qui causerait une brûlure au moins inutile.
Quand vous voudrez retirer la ventouse, penchez-la légèrement de côté, appuyez avec votre doigt sur la peau du côté opposé, pour faire entrer l’air dans la ventouse ; elle se détachera immédiatement.
On peut appliquer deux, trois, quatre ventouses à la fois ; mais c’est un peu douloureux à cause de la tension de la peau.
Prenez un cruchon ou une bouteille de grès, remplissez d’eau presque bouillante, bouchez solidement. Ployez une serviette en fichu, roulez-la autour de la bouteille, renouez les deux bouts du fichu de manière à maintenir le bouchon, et mettez dans le lit en ayant soin de ne pas faire toucher aux pieds de l’enfant, de crainte de le brûler.
Renouvelez l’eau chaude toutes les cinq ou six heures.
1. Émétique, en petits paquets d’un grain chacun. (Se garde indéfiniment.)
2. Sirop d’ipécacuaha ; trois onces. (Demande à être gardé dans un endroit frais ; doit se remplacer quand il est fermenté ; on s’aperçoit de la fermentation quand il se forme de la mousse au-dessus et lorsqu’en ouvrant le bouchon il s’échappe une petite vapeur.)[9] [ 58 ]
3. Huile de ricin. (Rancit au bout de quelques mois ; on s’en aperçoit à la couleur jaune et à l’odeur rance.)
Eau de Pagliari pour les hémorragies. (Se garde indéfiniment dans un flacon avec un bouchon de cristal.)
4. Eau de Pagliari pour les hémorragies. (Se garde indéfiniment dans un flacon avec un bouchon de cristal.)
5. Camphre, dans un bocal bien bouché. (Se garde jusqu’à évaporation.)
6. Farine de graine de lin pour cataplasmes. (Rancit au bout d’un an environ.)
7. Graine de lin pour lavements. (Se garde indéfiniment.)
8. Farine de moutarde pour sinapismes. (S’évente si elle n’est pas bien enfermée.)
9. Têtes de pavot, pour cataplasmes ou lavements.[10]
10. Papier Fayard pour les brûlures, écorchures, coupures.
11. Feuilles de belladone.
12. Fleurs de violettes.
13. Fleurs de tilleul.
14. Savon blanc pour bains de pieds et brûlures. (2 livres.)
15. Gruau. (1 livre.)
16. Orge. (1 livre.)
17. Riz. (1 livre.)
18. Gomme. (1/2 livre.)
19. Taffetas gommé. (50 centimètres.)
20. Ouate en feuilles, sans gomme. (12 petites feuilles.)
21. Flanelle.
22. Ventouses. (4.)
23. Cruchon de grès, pour l’eau bouillante.
24. Sangsues. (6.)
25. Teinture d'arnica, pour les chutes et les coups. (2 onces.)
26. Alcali volatil. (Un flacon avec un bouchon de cristal.)
[ 59 ]
| I INTRODUCTION | Page 1 |
| II MALADIES DES ENFANTS | 2 |
| Des deux causes générales des maladies des enfants | 2 |
| Du refroidissement | 3 |
| Des cris des jeunes enfants | 5 |
| De la nourriture | 6 |
| Utilité de la médecine préventive | 9 |
| Disposition des enfants à avoir la tête prise | 9 |
| Délicatesse de l'estomac, des entrailles | 11 |
| Croup | 13 |
| Convulsions | 16 |
| Mal de gorge — Angine couenneuse | 17 |
| Mal de gorge commun | 21 |
| Rhume de cerveau | 22 |
| Rhume de poitrine ou toux | 23 |
| Coqueluche | 24 |
| Rougeole | 26 |
| Scarlatine | 29 |
| Petite vérole et petite vérole volante | 31 |
| Urticaire ou Ortilière | 33 |
| Croûtes au visage | 34 |
| Écoulement d'oreilles | 35 |
| Mal d'oreilles | 36 |
| Écorchures dans les jointures, ect. | 37 |
| Brûlures | 38 |
| Chutes et coups | 39 |
| Coupures et écorchures | 39 |
| Hémorragie nasale | 40 |
| Inflammation des yeux | 41 |
| Dentition | 42 |
[ 60 ]
| Faiblesse des reins | 44 |
| Empoisonnements | 44 |
| Asphyxie par le charbon | 46 |
| Piqûres de cousins, de guêpes ou autres insectes venimeux | 47 |
| Piqûre de vipère | 47 |
| Engelures | 48 |
| Les cors | 49 |
| MANIÈRE DE PRÉPARER ET D’APPLIQUER QUELQUES REMÈDES | 50 |
| Manière de faire de l’eau panée | 50 |
| Manière de faire diverses tisanes : eau de riz, eau d’orge, eau de gruau, eau de gomme | 51 |
| Manière de faire les cataplasmes : cataplasme camphré, cataplasme sinapisé | 51 |
| Manière de poser les sangsues | 52 |
| Manière d’arrêter l’hémorragie des sangsues | 53 |
| Manière de faire prendre les bains de pieds : au savon, à la moutarde, au sel et au vinaigre, à la cendre | 54 |
| Manière de placer les ventouses | 56 |
| Bouteille d’eau bouillante pour les pieds | 57 |
| Remèdes qu’il faut toujours avoir | 57 |

