La Ville prise
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- La flamme par ton ordre, ô Roi, luit et dévore.
- De ton peuple en grondant elle étouffe les cris,
- Et, rougissant les toits comme une sombre aurore,
- Semble en son vol joyeux danser sur leurs débris.
- Le meurtre aux mille bras comme un géant se lève ;
- Les palais embrasés se changent en tombeaux ;
- Prêtres, femmes, époux, tout tombe sous le glaive ;
- Autour de la cité s'appellent les corbeaux.
- Les mères ont frémi : les vierges palpitantes,
- O calife ! ont pleuré leurs jeunes ans flétris,
- Et les coursiers fougueux ont traîné hors des tentes
- Leurs corps vivants, de coups et de baisers meurtris.
- Vois d'un vaste linceul la ville enveloppée ;
- Vois ! quand ton bras puissant passe, il faut tout plier,
- Les prêtres qui priaient ont péri par l'épée,
- Jetant leur livre saint comme un vain bouclier.
- Les tout petits enfants, écrasés sous les dalles,
- Ont vécu ; de leur sang le fer s'abreuve encor... -
- Ton peuple baise, ô Roi, la poudre des sandales
- Qu'à ton pied glorieux attache un cercle d'or !