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LIII
LE BEAU NAVIRE
Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;
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- Je veux te peindre ta beauté,
- Je veux te peindre ta beauté,
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Où l’enfance s’allie à la maturité.
Quand tu vas balayant l’air de ta jupe large,
Tu fais l’effet d’un beau vaisseau qui prend le large,
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- Chargé de toile, et va roulant
- Chargé de toile, et va roulant
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Suivant un rhythme doux, et paresseux, et lent.
Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
Ta tête se pavane avec d’étranges grâces ;
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- D’un air placide et triomphant
- D’un air placide et triomphant
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Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.
Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;
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- Je veux te peindre ta beauté,
- Je veux te peindre ta beauté,
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Où l’enfance s’allie à la maturité.
Ta gorge qui s’avance et qui pousse la moire,
Ta gorge triomphante est une belle armoire
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- Dont les panneaux bombés et clairs
- Dont les panneaux bombés et clairs
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Comme les boucliers accrochent des éclairs ;
Boucliers provoquants, armés de pointes roses !
Armoire à doux secrets, pleine de bonnes choses,
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- De vins, de parfums, de liqueurs
- De vins, de parfums, de liqueurs
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Qui feraient délirer les cerveaux et les cœurs !
Quand tu vas balayant l’air de ta jupe large,
Tu fais l’effet d’un beau vaisseau qui prend le large,
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- Chargé de toile, et va roulant
- Chargé de toile, et va roulant
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Suivant un rhythme doux, et paresseux, et lent.
Tes nobles jambes, sous les volants qu’elles chassent,
Tourmentent les désirs obscurs et les agacent,
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- Comme deux sorcières qui font
- Comme deux sorcières qui font
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Tourner un philtre noir dans un vase profond.
Tes bras, qui se joueraient des précoces hercules,
Sont des boas luisants les solides émules,
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- Faits pour serrer obstinément,
- Faits pour serrer obstinément,
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Comme pour l’imprimer dans ton cœur, ton amant.
Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
Ta tête se pavane avec d’étranges grâces ;
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- D’un air placide et triomphant
- D’un air placide et triomphant
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Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.