Le Bon Dieu
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H. Fournier, 1839 (2, pp. 63-65).
LE BON DIEU
Air : Tout le long de la rivière
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- Un jour, le bon Dieu s’éveillant,
- Fut pour nous assez bienveillant.
- Il met le nez à la fenêtre :
- « Leur planète a péri peut-être. »
- Dieu dit, et l’aperçoit bien loin
- Qui tourne dans un petit coin.
- Un jour, le bon Dieu s’éveillant,
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- Si je conçois comment on s’y comporte,
Je veux bien, dit-il, que le diable m’emporte,
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- Je veux bien que le diable m’emporte.
- Je veux bien que le diable m’emporte.
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- Blancs ou noirs, gelés on rôtis,
- Mortels que j’ai faits si petits,
- Dit le bon Dieu d’un air paterne,
- On prétend que je vous gouverne ;
- Mais vous devez voir, Dieu merci,
- Que j’ai des ministres aussi.
- Blancs ou noirs, gelés on rôtis,
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- Si je n’en mets deux ou trois à la porte,
Je veux, mes enfants, que le diable m’emporte,
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- Je veux bien que le diable m’emporte.
- Je veux bien que le diable m’emporte.
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- Pour vivre en paix, vous ai-je en vain
- Donné des filles et du vin ?
- Pour vivre en paix, vous ai-je en vain
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- À ma barbe, quoi ! des pygmées
- M’appelant le Dieu des armées,
- Osent, en invoquant mon nom,
- Vous tirer des coups de canon !
- À ma barbe, quoi ! des pygmées
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- Si j’ai jamais conduit une cohorte,
Je veux, mes enfants, que le diable m’emporte,
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- Je veux bien que le diable m’emporte.
- Je veux bien que le diable m’emporte.
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- Que font ces nains si bien parés,
- Sur des trônes à clous dorés ?
- Le front huilé, l’humeur altière,
- Ces chefs de votre fourmilière
- Disent que j’ai béni leurs droits,
- Et que par ma grâce ils sont rois.
- Que font ces nains si bien parés,
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- Si c’est par moi qu’ils règnent de la sorte,
Je veux, mes enfants, que le diable m’emporte,
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- Je veux bien que le diable m’emporte.
- Je veux bien que le diable m’emporte.
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- Je nourris d’autres nains tout noirs
- Dont mon nez craint les encensoirs.
- Ils font de la vie un carême,
- Et mon nom lancent l’anathème,
- Dans des sermons fort beaux, ma foi,
- Mais qui sont de l’hébreu pour moi.
- Je nourris d’autres nains tout noirs
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- Si je crois rien de ce qu’on y rapporte,
Je veux, mes enfants, que le diable m’emporte,
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- Je veux bien que le diable m’emporte.
- Je veux bien que le diable m’emporte.
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- Enfants, ne m’en veuillez donc plus :
- Les bons cœurs seront mes élus.
- Sans que pour cela je vous noie,
- Faites l’amour, vivez en joie :
- Enfants, ne m’en veuillez donc plus :
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- Narguez vos grands et vos cafards.
- Adieu, car je crains les mouchards.
- Narguez vos grands et vos cafards.
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- À ces gens-là si j’ouvre un jour ma porte,
Je veux, mes enfants, que le diable m’emporte,
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- Je veux bien que le diable m’emporte.