Le Creuset

La bibliothèque libre.
 
Aller à : Navigation, rechercher

William Allingham

Le Creuset – The Crucible




Les brebis sur les monts vont broutant la fougère,
Les ruisseaux éveillés font jaser la clairière,
Sois donc le bien venu gentil petit oiseau
Qui vient nous apporter les beaux jours à nouveau.

Avec l’abeille à toi les fraîches matinées,
De l’heure du midi les chaleurs spontanées,
Et le soir en ton nid guidé par le soleil
Va jusqu’au jour suivant goûter un doux sommeil.

Le fleuve, en serpentant, entend ton gai parlage,
Et frémit au contact de ton léger plumage ;
Quand dans l’eau le nuage est sombre et devient mat.
En mirant ta poitrine, il reprend son éclat.

Avec des lacs d’amour l’invisible puissance
Qui te ramène aux lieux où fut ta jeune enfance
Te liera davantage à nous, et dans l’auvent
Tu verras tes petits au berceau bien souvent.

Oh ! ta vie est une hymne à Dieu, gente hirondelle.
À Dieu qui fit pour toi la nature si belle,
Te donnant seulement, telle est sa volonté
Deux saisons pour l’amour, le printemps et l’été.




Le Creuset.


Est-il donc devenu cet homme au vaste orgueil
             Dans sa triste métamorphose,
Si peu, si peu, si peu, qu’il n’est plus qu’une chose,
Qu’une date, qu’un nom plaqués sur un cercueil.

             Ce seul homme aujourd’hui posthume,
             Tout orné de talismans d’or,
             Hier prenait son libre essor
             Dans le duvet et sur la plume.
Il était bien servi, bien choyé ; – chaque jour
C’était à qui cherchait à lui faire la cour ;
             Un mouvement de sa prunelle
Arrêtait le travail, l’activait de plus belle :


             Des bras robustes par milliers
       Pour fabriquer le miel de son aisance
Travaillaient sans relâche, incessants pionniers
             De sa fastueuse existence.
       Autour de lui, le centre du printemps,
             De force tournait tout un monde,
Râpant à son profit, égrénant à la ronde
                                       Le Temps :
Si qu’à force d’adresse, à chaque tour de roue
De ce monde moulin cran par cran, cran par cran,
Il retirait mouture enrichissant la proue
       De son vaisseau, – chaque jour et chaque an.

             Et vous le laissez solitaire
                        Sous une pierre !
             Maintenant que sur le vallon
                        Sanglotte l’aquilon ;
Quand des salons bien chauds vous sourit la pensée,
             Et que de fatigue affaissée
Votre âme vous appelle aux grâces du logis
             Pour vous terrestre Paradis !
             Et vous le laissez solitaire
                               Sous cette pierre.
       Où dénudés, le plumage en lambeaux
             S’assembleront les noirs corbeaux ;
             Où viendra fouetter sur sa tête
                                       La tempête !
                   Où la souris des champs
             Folâtrera dans tous les sens,
             Et de façon fort deshonnête !
Où la neige étendra le froid de son manteau
                               Sur le tombeau :
             Le corbeau noir, la blanche neige
             En effet pourraient-ils savoir
       Que cette pierre est l’abri qui protége
Le sépulcre du mort, et son dernier dortoir ?
             L’ouragan, la pluie et l’orage
             Non plus que la souris sauvage
                                       De leur dédain
Ne l’épargneront pas ce tombeau, c’est certain !


             Mais, dites-vous, sous cette pierre
       Près de la mer tranquille et solitaire
             Ce n’est pas Lui que nous laissons
                        Dans ces bas fonds ;
C’est son corps seulement…..Dans des voiles funèbres
Dûment empaqueté, dûmem cloué, scellé
Où peut-il être mieux que parmi les ténèbres,
Sous le poids d’une pierre, un mort bien emballé ?
             Pour son Âme c’est autre chose,
Son Âme, c’était Lui ; donc sa vie étant close,
Il est, nous dites-vous, en un tout autre lieu
Au loin, là haut, là bas, et sans doute avec Dieu.

Plût au ciel que Nous Tous passagers d’une vie
             Où le Créateur nous convie,
Nous puissions retirer une moralité
De ce fait, à nos yeux devenu vérité,
Que nous fait voir la mort, la mort ce grand chimiste
Qui sait de son scalpel nous extirper le chiste
Des mauvaises humeurs, du terreux, de l’obscur,
Des viles passions, en un mot de l’impur :
             Alors aurait passé sur terre
             Le règne de Robert Macaire,
             Et nous aurions un jour plus pur :
Plût au ciel que Nous Tous passagers d’une vie
             Où le Créateur nous convie,
       Impartiaux, nous puissions plus souvent
             Classer l’homme de son vivant,
Et sans attendre que la mort ce grand chimiste
Ait su de son scalpel en extirper le chiste !




L’Esprit d’Amour..


Dans la brise du soir je me complais et j’erre,
     Je resplendis dans le frais du matin,
Le bleu du ciel d’été, c’est le bleu de ma sphère,
          De ma couronne c’est l’écrin,
          Du ruisseeau le tant doux cantique,
          De la fleur la belle tunique,


Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils