Le Grenier
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H. Fournier, 1839 (2, pp. 253-254).
LE GRENIER
Air du Carnaval de Meissonnier
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- Je viens revoir l’asile où ma jeunesse
- De la misère a subi les leçons.
- J’avais vingt ans, une folle maîtresse,
- De francs amis et l’amour des chansons.
- Bravant le monde et les sots et les sages,
- Sans avenir, riche de mon printemps,
- Leste et joyeux je montais six étages.
- Dans un grenier qu’on est bien à vingt ans !
- Je viens revoir l’asile où ma jeunesse
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- C’est un grenier, point ne veux qu’on l’ignore.
- Là fut mon lit bien chétif et bien dur ;
- Là fut ma table ; et je retrouve encore
- Trois pieds d’un vers charbonnés sur le mur.
- Apparaissez, plaisirs de mon bel âge,
- Que d’un coup d’aile a fustigés le Temps.
- Vingt fois pour vous j’ai mis ma montre en gage.
- Dans un grenier qu’on est bien à vingt ans !
- C’est un grenier, point ne veux qu’on l’ignore.
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- Lisette ici doit surtout apparaître,
- Vive, jolie, avec un frais chapeau :
- Déjà sa main à l’étroite fenêtre
- Suspend son schall en guise de rideau.
- Lisette ici doit surtout apparaître,
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- Sa robe aussi va parer ma couchette ;
- Respecte, Amour, ses plis longs et flottants.
- J’ai su depuis qui payait sa toilette.
- Dans un grenier qu’on est bien à vingt ans !
- Sa robe aussi va parer ma couchette ;
-
- À table un jour, jour de grande richesse,
- De mes amis les voix brillaient en chœur,
- Quand jusqu’ici monte un cri d’allégresse :
- À Marengo Bonaparte est vainqueur !
- Le canon gronde ; un autre chant commence ;
- Nous célébrons tant de faits éclatants.
- Les rois jamais n’envahiront la France.
- Dans un grenier qu’on est bien à vingt ans !
- À table un jour, jour de grande richesse,
-
- Quittons ce toit où ma raison s’enivre.
- Oh ! qu’ils sont loin ces jours si regrettés !
- J’échangerais ce qu’il me reste à vivre
- Contre un des mois qu’ici Dieu m’a comptés.
- Pour rêver gloire, amour, plaisir, folie,
- Pour dépenser sa vie en peu d’instants,
- D’un long espoir pour la voir embellie,
- Dans un grenier qu’on est bien à vingt ans !
- Quittons ce toit où ma raison s’enivre.