Le Mannequin/8

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Taille longue (Extrait d'un Catalogue.)

Certes, le goût n'était pas mort, ni la coquetterie. Mais il fal­lait bien rompre ces longs obstacles, les oublier: La chair frémit de cette liberté reconquise, en jouit, en abusa. On vit des femmes notables se promener demi-nues, à peine voilées de gazes légères, mouillées. Les Goncourt ont narré cette folie soudaine. L'amante « circule comme une marchandise gra­cieuse, poursuivant son bonheur, dénouant, renouant sa ceinture ». Elle offre à tout venant ces fruits de plaisir dont elle est pourvue, qu'on y mor­de à bouche pleine. Les baisers déchirent les torturantes robes. Cependant, comme jadis, les yeux caressent la ligne féminine, et la maîtresse aime, en des, bras vainqueurs, à déployer une souple taille.

C'est la région vague qui s'étend des seins aux hanches. Elle a été tour à tour longue, longue, mince, fuselée, ou brusque et basse. Elle a été sous les bras, sur le ventre, quel­quefois plus bas. Le nombril des femmes n'est pas un centre immuable, les seins se dé­placent avec facilité, les hanches sont mobiles. La coquette tente d'imposer des formes agréa­bles, qu'il n'aura pas toujours, à son corps soumis. Triste chair ! sans 1a pérennité du marbre.

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