Le Phénix (Béranger)
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Perrotin, 1866 (pp. 485-486).
LE PHÉNIX
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- Jadis, en des climats lointains,
- Vivait sur de fertiles plages
- Une république de sages
- Heureux des plus obscurs destins.
- Le phénix vint sur l’autre rive.
- Jadis, en des climats lointains,
Vite, à sa cour il les fit appeler.
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- Son héraut criait : — Qu’on me suive !
- Son héraut criait : — Qu’on me suive !
Dépêchez-vous ; l’oiseau peut s’envoler.
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- Partout l’esclave galonné
- Va disant : — Mon maître a des ailes
- À couver vingt peuples fidèles ;
- Venez voir l’oiseau couronné.
- Pas n’est besoin de vous l’apprendre,
- Partout l’esclave galonné
Au bien de tous il aime à s’immoler.
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- S’il meurt, il renaît de sa cendre.
- S’il meurt, il renaît de sa cendre.
Dépêchez-vous ; l’oiseau peut s’envoler.
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- Nul ne bouge. Il ajoute encor :
- — Ne pas le voir serait dommage.
- Rien d’aussi beau que son plumage,
- Son bec de perle et ses pieds d’or.
- Vrai soleil, sa riche couronne,
- Nul ne bouge. Il ajoute encor :
Sur vos moissons daignant étinceler,
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- Les mûrirait, Dieu me pardonne !
- Les mûrirait, Dieu me pardonne !
Dépêchez-vous ; l’oiseau peut s’envoler.
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- Un vieillard enfin lui répond :
- — Cesse, ami, tes vaines fanfares ;
- Nous préférons, nous, vrais barbares,
- À ton oiseau poule qui pond.
- Pourtant il nous plaît fort entendre
- Un vieillard enfin lui répond :
Chanter linots, colombes roucouler.
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- Le chant du phénix est moins tendre :
- Le chant du phénix est moins tendre :
C’est chant royal ; l’oiseau peut s’envoler.
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- Sache qu’en son bûcher fumant
- Nos pères l’ont osé surprendre.
- Qu’ont-ils découvert dans sa cendre ?
- Hélas ! un cœur de diamant.
- Tout être unique en son espèce
- Sache qu’en son bûcher fumant
D’aucun amour n’a pouvoir de brûler.
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- Plaignez les rois, dit la Sagesse.
- Plaignez les rois, dit la Sagesse.
Nous les plaignons ; l’oiseau peut s’envoler.