Le Portrait d’une enfant
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- Oui, ce front, ce sourire et cette fraîche joue,
- C'est bien l'enfant qui pleure et joue,
- Et qu'un esprit du ciel défend !
- De ses doux traits, ravis à la sainte phalange,
- C'est bien le délicat mélange ;
- Poëte, j'y crois voir un ange,
- Père, j'y trouve mon enfant.
- On devine à ses yeux, pleins d'une pure flamme,
- Qu'au paradis, d'où vient son âme,
- Elle a dit un récent adieu.
- Son regard, rayonnant d'une joie éphémère,
- Semble en suivre encor la chimère,
- Et revoir dans sa douce mère
- L'humble mère de l'Enfant-Dieu !
- On dirait qu'elle écoute un chœur de voix célestes,
- Que, de loin, des vierges modestes
- Elle entend l'appel gracieux ;
- A son joyeux regard, à son naïf sourire,
- On serait tenté de lui dire :
- - Jeune ange, quel fut ton martyre,
- Et quel est ton nom dans les cieux ?
- O toi dont le pinceau me la fit si touchante,
- Tu me la peins, je te la chante !
- Car tes nobles travaux vivront ;
- Une force virile à ta grâce est unie ;
- Tes couleurs sont une harmonie ;
- Et dans ton enfance un génie
- Mit une flamme sur ton front !
- Sans doute quelque fée, à ton berceau venue,
- Des sept couleurs que dans la nue
- Suspend le prisme aérien,
- Des roses de l'aurore humide et matinale,
- Des feux de l'aube boréale,
- Fit une palette idéale
- Pour ton pinceau magicien !