Le Printemps (Scudéry)
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Georges de Scudéry
- Enfin la belle Aurore, a tant versé de pleurs,
- Que l'aimable Printemps nous fait revoir ses charmes ;
- Il peint en sa faveur, les herbes et les fleurs,
- Et tout ce riche Émail, est l'effet de ses larmes.
- Cibèle que l'Hiver accablait de douleurs,
- Et qui souffrait des vents les insolents vacarmes ;
- Mêle parmi ses Tours, les plus vives couleurs,
- Et triomphe à la fin par ces brillantes Armes.
- Les Roses et les Lis, d'un merveilleux éclat,
- Confondent la blancheur, au beau lustre incarnat ;
- La Tulipe changeante, étale sa peinture :
- Le Narcisse agréable, à l'Anémone est joint ;
- Bref, tout se rajeunit ; tout change en la Nature ;
- Mais superbe Philis, mon sort ne change point.