Le Secret (Schiller)

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Les Plaintes de Cérès Poésies de Schiller L’Attente


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LE SECRET.

Elle ne pouvait me dire aucun mot, trop de témoins étaient là à nous observer ; je n’ai pu qu’interroger timidement son regard, et j’ai bien compris ce qu’il exprimait. Je viens sous votre ombre paisible, beaux arbres de la forêt ! cacher dans vos frais asiles, cacher aux regards du monde ceux qui s’aiment.

De loin j’entends les rumeurs confuses des travaux du jour, je reconnais le murmure de différentes voix et le bruit du lourd marteau. C’est ainsi que l’homme accomplit avec peine sa rude destinée. Mais le bonheur tombe légèrement du sein des Dieux.

Oh ! les hommes ne savent pas quelle félicité nous donne un amour fidèle ; ils ne savent que troubler la joie, car la joie même ne leur cause aucun ravissement. Dans ce monde, le bonheur n’est pas permis, il faut le poursuivre comme une proie, le saisir à la dérobée avant que le destin contraire nous surprenne. [ page ]Il arrive secrètement d’un pied léger, il aime la nuit et le silence, il fuit en toute hâte les lieux où veille un regard perfide. Onde charmante, forme une ceinture autour de nous, et que tes vagues courroucées défendent l’entrée de ce sanctuaire.


L’ATTENTE.

N’ai-je pas entendu la petite porte s’ouvrir, n’ai-je pas entendu le verrou résonner ? Non, c’est le souffle du vent qui murmure à travers ces peupliers.

Oh ! pare-toi, vert feuillage, tu vas recevoir la grâce et la beauté. Rameaux de ces arbres, formez une retraite ombreuse pour la protéger dans le silence mystérieux de la nuit. Légers zéphyrs ! éveillez-vous, caressez ses joues de roses, quand d’un pied léger elle s’avancera vers les lieux où l’amour l’attend.

Silence ! quel bruit fugitif ai-je entendu dans les broussailles ? Ah ! c’est un oiseau effrayé qui s’est enfui de ces arbustes.

Jour, éteins ton flambeau ; nuit heureuse, reviens

avec ton doux mystère, étends ton voile sur ces
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