Le Temps de vivre
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- Déjà la vie ardente incline vers le soir,
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- Respire ta jeunesse,
- Le temps est court qui va de la vigne au pressoir,
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- De l'aube au jour qui baisse,
- Garde ton âme ouverte aux parfums d'alentour,
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- Aux mouvements de l'onde,
- Aime l'effort, l'espoir, l'orgueil, aime l'amour,
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- C'est la chose profonde;
- Combien s'en sont allés de tous les cœurs vivants
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- Au séjour solitaire
- Sans avoir bu le miel ni respiré le vent
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- Des matins de la terre,
- Combien s'en sont allés qui ce soir sont pareils
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- Aux racines des ronces,
- Et qui n'ont pas goûté la vie où le soleil
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- Se déploie et s'enfonce.
- Ils n'ont pas répandu les essences et l'or
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- Dont leurs mains étaient pleines,
- Les voici maintenant dans cette ombre où l'on dort
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- Sans rêve et sans haleine ;
- — Toi, vis, sois innombrable à force de désirs
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- De frissons et d'extase,
- Penche sur les chemins où l'homme doit servir
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- Ton âme comme un vase,
- Mêlé aux jeux des jours, presse contre ton sein
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- La vie âpre et farouche ;
- Que la joie et l'amour chantent comme un essaim
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- D'abeilles sur ta bouche.
- Et puis regarde fuir, sans regret ni tourment
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- Les rives infidèles,
- Ayant donné ton cœur et ton consentement
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- À la nuit éternelle.