Le Tombeau de Jean de La Fontaine

La bibliothèque libre.
 
Aller à : Navigation, rechercher
Le Tombeau de Jean de La Fontaine, suivi de Poèmes mesurés
Mercure de France, 1921 (3e éd.) (pp. 5-186).
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/9


L’AUTEUR



L’AUTEUR




La Fontaine reçut du ciel ce nom chantant.
En lui se produisit cette métamorphose
Que d’homme qu’il était, comme Adonis la rose.
Il devint la fontaine au regard transparent.
Mais voici que se tait son flot pur. La colombe
Qui se mirait dedans et qui lui répondait
Fait silence à son tour et je vois son duvet
Sous la flèche neiger tandis qu’elle succombe.




L’HUITRE



L’HUÎTRE




Les gens qui ne sont pas huîtres à l’ordinaire

Ouvrent la bouche pour parler.
Je ne l’ouvre que pour me taire :

Lors on voit la sagesse à mes lèvres perler.




LE CHÊNE



LE CHÊNE




Le doux roseau n’avait à porter que sa tête,

Il était comme toi :

Quand le chef est léger du chaume ou du poète

Léger est son émoi.


Mais chêne d’Abraham autant que de Virgile,

Je gardais dans mon sein,

En étendant sur eux mon ombre comme une île

Et le nid et l’essaim.


Toi qui ne sus jamais quelle charge est au père

Le poids de son amour,

Je succombai sous lui quand je quittai la terre

En cet orageux jour.



LE ROSEAU



LE ROSEAU




J’ai résisté, doux La Fontaine,

Mieux que le chêne.

Mais jamais a-t-on su pourquoi ?

C’était pour toi :


Afin que de moi tu jouasses

Aux heures lasses

Sans avoir avoué jamais

D’où je venais.


Je suis pourtant cette même herbe

Qu’avec superbe

L’arbre, c’est toi qui nous le dis,

Railla jadis.


Mais tu n’as point fini l’histoire :

Quand l’heure noire

Eut jeté seul le chêne à bas,

Tu me coupas.



LE SINGE
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/29 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/30


L’ALOUETTE



L’ALOUETTE




Tu fais de moi dont l’aile est si légère
Qu’elle n’est rien qu’un reflet de lumière,
Tu fais de moi l’image du bon sens.
Je ne sais trop d’où vient ton grain d’encens :
Serait-ce point, ce bon sens, ô poète,
Qui me chassa du nid au bon moment,
Un grain de plomb que tu mis dans ma tête

Gratuitement ?



LA CIGALE



LA CIGALE




De cette goutte d’eau je fais libation
A celui qui nota cette vibration
Qui d’arbre en arbre court au long de l’avenue.
Si j’ai fait mon métier pour mourir toute nue
Je ne fis qu’imiter mon maître et sa chanson.




LES FOURMIS



LES FOURMIS




Tels que de petits pains portons
Nos œufs blancs et mous à tâtons
Dans notre arrière-galerie ;
Ou bien notre race est périe,
Car on dit qu’est mort l’Immortel
Dont la fable fit immortelles
Dessous la calotte du ciel
Les fourmis avec ou sans ailes.




LE RENARD
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/45 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/46 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/47


LES CORBEAUX



LES CORBEAUX




Nous nous éparpillons comme des feuilles noires
Que fait tourner le vent, et nous nous relevons,
Et longtemps nous rasons les cimes des sillons,
Oiseaux dont on a dit qu’ils causent les déboires.
Pourtant n’est-ce pas toi qui fis de l’un de nous
Ce que sans doute sont la plupart d’entre vous ?
Poète trop souvent sensible aux flatteries,
Tu laissas retomber du toit des bergeries
Ce fromage dont un renard s’est régalé.
Mais ne savais-tu point que tu l’avais volé ?




LE BOUC
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/55


LE LOUP



LE LOUP




On comprend, garde forestier,
Gentilhomme à guêtre défaite,
Que toi ni moi ne fassions fête
A Médor, car il est rentier.


Plus d’une fois, de la souillarde
De quelque Belle-au-bois-dormant,
Devant un feu clair de sarment
Nous vîmes rôtir la poularde.

Ni toi ni moi n’en avions rien :
L’aile était dévolue au prince
Pour qui, dit-on, la fille en pince,
Et la cuisse allait à son chien.

Restait la suprême ressource :
A jeun tous deux, traînant les pieds,
D’aller dessous les noisetiers
Ecouter se plaindre la source.


Tu regardais mon air battu,
Mes dents longues, mon poil minable.
J’étais le sujet de ta fable.
De ma fable ne l’étais-tu ?




L’AGNEAU
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/65 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/66


LA CIGOGNE
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/69 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/70


Lorsque je fais sur la muraille

Gravement
Un très lent
Mouvement.



LA GRENOUILLE
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/75


LE BŒUF
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/79 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/80


LE HÉRON
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/83 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/84


L’AMATEUR DES JARDINS



L’AMATEUR DES JARDINS




Voici des raisins blonds,
De suaves melons,
Des fleurs et des rayons,
Des guêpes, des frelons,
Et de blancs papillons,
Et les verts pavillons

Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/88

Pour écraser la mouche
Qui butine sa bouche,
Comme faisait, dit-on,
Une abeille à Platon.




L’ÉLÉPHANT
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/93 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/94 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/95


LE CHAMEAU



LE CHAMEAU




Je ne puis que penser ainsi que l’éléphant :
La fable où tu me mets en rien ne me rehausse.

De la faune de l’Orient
Tu n’as pas, comme j’ai, la bosse.



LE LION



LE LION




Il te faut de moindres sujets.
Comment aurais-tu su me peindre ?

Passe encor l’éléphant, mais moi, lion, m’atteindra !
Il n’est dans mon désert ni routes ni trajets.




LE COQ
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/107 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/108


LE POISSON
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/111


Un jour que j’explorais le gouffre des sirènes,
L’une d’elles me dit : « Il chante mieux que moi ;
Des chœurs des Immortels il est passé le roi,

Si nous en sommes reines. »



LE GEAI
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/115


LE PAON
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/119


LE CHIEN
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/123 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/124


LE HIBOU
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/127 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/128


LES LAPINS
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/131


L’ANE
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/135 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/136


L’HIRONDELLE
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/139 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/140


LE CERF
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/143


LE CYGNE
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/147 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/148


LE CHAT
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/151 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/152


LE RAT DE VILLE
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/155 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/156


LE MOUCHERON
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/159 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/160


LA CHÈVRE
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/163


Le geste d’une vierge offrant à quelque pâtre,
En se voilant d’un bras les yeux, mon lait d’albâtre,
Ne peuvent égaler la grâce et le doux bruit

De ton vers qui nous fuit.



LE MULET



LE MULET




Si l’on veut savamment dessiner le portrait

D’un animal ou d’un homme,
Il faut y mettre ce trait

Qui distingue chacun, prince ou bête de somme,

Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/168 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/169


LE LIÈVRE
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/173 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/174


LA TORTUE



LA TORTUE




C’est vrai, j’ai peine à bouger
Quand je suis en terre ferme.
Mais qui me verrait nager
Me prendrait-il pour un terme ?




L’ARAIGNÉE
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/181 Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/182


LE MAITRE D’ÉCOLE
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/185

Laisse Jammes t’offrir un rameau de cerises
Lavé par la rosée et séché par les brises,
Mais accepte de moi qu’anime un bel esprit
Cette infusion chaude et ce léger fruit cuit.




PHILOMÈLE
Page:Jammes - Le Tombeau de Jean de La Fontaine, 1921, 3e éd.djvu/189

Mais je ne fais cela qu’avec timidité,
Car Jupin me chargea, le printemps et l’été,
Lorsque la nuit endort tes chants, ô La Fontaine,
De les continuer sous la lune sereine !

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils