Le Vieux Drapeau (Béranger)
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H. Fournier, 1839 (2, pp. 66-67).
LE VIEUX DRAPEAU
1820
Air : Elle aime à rire, elle aime à boire
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- De mes vieux compagnons de gloire
- Je viens de me voir entouré ;
- Nos souvenirs m’ont enivré,
- Le vin m’a rendu la mémoire.
- Fier de mes exploits et des leurs,
- J’ai mon drapeau dans ma chaumière.
- Quand secoûrai-je la poussière
- Qui ternit ses nobles couleurs ?
- De mes vieux compagnons de gloire
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- Il est caché sous l’humble paille
- Où je dors pauvre et mutilé,
- Lui qui, sûr de vaincre, a volé
- Vingt ans de bataille en bataille !
- Chargé de lauriers et de fleurs,
- Il brilla sur l’Europe entière.
- Quand secoûrai-je la poussière
- Qui ternit ses nobles couleurs ?
- Il est caché sous l’humble paille
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- Ce drapeau payait à la France
- Tout le sang qu’il nous a coûté.
- Sur le sein de la Liberté,
- Nos fils jouaient avec sa lance.
- Ce drapeau payait à la France
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- Qu’il prouve encore aux oppresseurs
- Combien la gloire est roturière.
- Quand secoûrai-je la poussière
- Qui ternit ses nobles couleurs ?
- Qu’il prouve encore aux oppresseurs
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- Son aigle est resté dans la poudre,
- Fatigué de lointains exploits.
- Rendons-lui le coq des Gaulois ;
- Il sut aussi lancer la foudre.
- La France, oubliant ses douleurs,
- Le rebénira, libre et fière.
- Quand secoûrai-je la poussière
- Qui ternit ses nobles couleurs ?
- Son aigle est resté dans la poudre,
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- Las d’errer avec la Victoire,
- Des lois il deviendra l’appui.
- Chaque soldat fut, grâce à lui,
- Citoyen aux bords de la Loire.
- Seul il peut voiler nos malheurs ;
- Déployons-le sur la frontière.
- Quand secoûrai-je la poussière
- Qui ternit ses nobles couleurs ?
- Las d’errer avec la Victoire,
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- Mais il est là, près de mes armes ;
- Un instant, osons l’entrevoir.
- Viens, mon drapeau ! viens, mon espoir !
- C’est à toi d’essuyer mes larmes.
- D’un guerrier qui verse des pleurs,
- Le ciel entendra la prière :
- Oui, je secoûrai la poussière
- Qui ternit tes nobles couleurs.
- Mais il est là, près de mes armes ;
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