Les Boxeurs, ou l’Anglomane

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H. Fournier, 1839 (1, pp. 113-114).


LES BOXEURS


OU L’ANGLOMANE


AOÛT 1814


Air : À coups d’pied, à coups d’poing


Quoique leurs chapeaux soient bien laids,
God dam ! moi j’aime les Anglais :
Ils ont un si bon caractère !
Comme ils sont polis ! et surtout
Que leurs plaisirs sont de bon goût !
Non, chez nous, point,
Point de ces coups de poing
Qui font tant d’honneur à l’Angleterre.


Voilà des boxeurs à Paris :
Courons vite ouvrir des paris,
Et même par-devant notaire.
Ils doivent se battre un contre un ;
Pour des Anglais c’est peu commun.
Non, chez nous, point,
Point de ces coups de poing
Qui font tant d’honneur à l’Angleterre.


En scène, d’abord admirons
La grâce de ces deux lurons,
Grâce qui jamais ne s’altère.
De la halle on dirait deux forts :
Peut-être ce sont des milords.
Non, chez nous, point,
Point de ces coups de poing
Qui font tant d’honneur à l’Angleterre.


Çà, mesdames, qu’en pensez-vous ?
C’est à vous de juger les coups.
Quoi ! ce spectacle vous atterre ?
Le sang jaillit… battez des mains.
Dieux ! que les Anglais sont humains !
Non, chez nous, point,
Point de ces coups de poing
Qui font tant d’honneur à l’Angleterre.


Anglais ! il faut vous suivre en tout,
Pour les lois, la mode, et le goût,
Même aussi pour l’art militaire.
Vos diplomates, vos chevaux,
N’ont pas épuisé nos bravos.
Non, chez nous, point,
Point de ces coups de poing
Qui font tant d’honneur à l’Angleterre.
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