Les Cinquante écus

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H. Fournier, 1839 (1, pp. 323-325).


LES CINQUANTE ÉCUS


Air : Martin est un fort bon garçon


Grâce à Dieu, je suis héritier !

Le métier
De rentier
Me sied et m’enchante.

Travailler serait un abus ;

J’ai cinquante écus,
J’ai cinquante écus,
J’ai cinquante écus de rente.


Mes amis, la terre est à moi.

J’ai de quoi
Vivre en roi
Si l’éclat me tente.

Les honneurs me sont dévolus ;

J’ai cinquante écus,
J’ai cinquante écus,
J’ai cinquante écus de rente.


Pour user des droits d’un richard,

Sans retard
Sur un char
De forme élégante,

Fuyons mes créanciers confus :

J’ai cinquante écus,
J’ai cinquante écus,
J’ai cinquante écus de rente.


Adieu Surène et ses coteaux !

Le bordeaux,
Le mursaulx,
L’aï que l’on chante,

Vont donc enfin m’être connus.

J’ai cinquante écus,
J’ai cinquante écus,
J’ai cinquante écus de rente.


Parez-vous, Lise, mes amours,

Des atours
Que toujours
La richesse invente ;

Le clinquant ne vous convient plus :

J’ai cinquante écus,
J’ai cinquante écus,
J’ai cinquante écus de rente.


Pour mes hôtes vous que je prends,

Amis francs,
Vieux parents,
Sœur jeune et fringante,

Soyez logés, nourris, vêtus ;

J’ai cinquante écus,
J’ai cinquante écus,
J’ai cinquante écus de rente.


Amis, bons vins, loisirs, amours,

Pour huit jours
Des plus courts
Comblez mon attente :

Le fonds suivra les revenus.

J’ai cinquante écus,
J’ai cinquante écus,
J’ai cinquante écus de rente.
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