Les Contes de ma mère l’Oye avant Perrault/Riquet à la Houppe

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Riquet à la Houppe


Dans ses Recherches sur les Contes des fées, Collin de Plancy déclare, en abordant Riquet à la Houppe, « qu’il trouve tant de choses à dire sur ce conte qu’il craindrait d’ennuyer par de petits détails. » Et il n’en dit presque rien, sinon que Riquet à la Houppe a inspiré la Belle et la Bête à Mme Leprince de Beaumont. En quoi il se trompe.

La Belle et la Bête a évidemment le même point de départ que l’Alouette qui chante et qui saute, un vieux conte populaire recueilli de nos jours par les frères Grimm, et qui a fourni aussi à Mme d’Aulnoy une partie de son Oiseau bleu.

Le début est absolument le même, avec cette seule différence qu’il exprime en dix lignes ce que Mme Leprince de Beaumont délaye en quatre pages.

Une autre version allemande de cette histoire, peut-être moins primitive, la Branche de noyer, de Bechstein, offre avec le conte français des ressemblances encore plus frappantes. Non-seulement le début, mais le dénoûment du récit est identique. Ici comme là, la beauté et la bonté rompent l’enchantement et métamorphosent la brute en un beau prince qui épouse l’héroïne.

Il est bien probable que Mme Leprince de Beaumont n’a connu de ce conte qu’une version fort incomplète. Elle a remplacé par de jolies scènes de sentiment les incidents merveilleux où elle avait cru voir ce même sentiment représenté sous une forme plastique, et c’est ainsi qu’elle a écrit son chef-d’œuvre, auquel il ne manque que la sobriété et la naïveté pour être un chef-d’œuvre.

La Belle et la Bête n’a qu’un point de contact avec Riquet à la Houppe, C’est l’esprit qui dans le récit de Perrault opère le prodige que Mme Leprince de Beaumont fait accomplir par le cœur.

« — Vous pouvez, dit le héros à la princesse, me rendre le plus aimable des hommes.

— Comment cela se peut-il faire ? répond la princesse qui, peu soucieuse d’épouser un magot, cherche par tous les moyens possibles à éluder sa parole.

— Cela se fera si vous m’aimez assez pour souhaiter que cela soit ; et, afin, madame, que vous n’en doutiez pas, sachez que la même fée qui, au jour de ma naissance, me fit le don de pouvoir rendre spirituelle la personne qu’il me plairait, vous a aussi fait le don de pouvoir rendre beau celui que vous aimerez, et à qui vous voudrez bien faire cette faveur. »

Et la princesse prouve qu’elle est réellement devenue femme d’esprit, en souhaitant la métamorphose qui lui donne pour mari le prince le plus beau et le plus aimable du monde.

Cet incident, comme celui qui l’a changée elle-même, n’arrive malheureusement qu’à la suite d’une conversation très-galante, très-froide et très-longue, où l’auteur déploie infiniment de grâce et d’ingéniosité, mais à laquelle les enfants n’entendent goutte et qui les ennuie profondément.

Dans un article cité plus haut, M. Montaigu estime « qu’on peut prendre Riquet à la Houppe comme le type le plus général et le plus philosophique du merveilleux français. » La philosophie de Riquet à la Houppe n’est, hélas ! que trop apparente ; mais si ce conte représente mieux que tout autre le merveilleux français, il faut en conclure que ce merveilleux est bien pauvre ; car ce qu’on doit surtout lui reprocher, c’est le manque de fantaisie.

Ce récit précieux et alambiqué montre ce que peut son auteur, quand le fond populaire lui fait défaut, et qu’il se trouve réduit à ses propres inventions. Dans son désarroi, il va jusqu’à renier les fées et à donner leur œuvre pour une pure allégorie.

« Quelques-uns assurent, dit-il, que la princesse ayant fait réflexion sur la persévérance de son amant, sur sa discrétion et sur toutes les bonnes qualités de son âme et de son esprit, ne vit plus la difformité de son corps ni la laideur de son visage. »

Riquet à la Houppe n’a pas inspiré la Belle et la Bête, mais l’un et l’autre procèdent de cette idée qui fait le fond d’un grand nombre de traditions : Dès qu’une jeune fille a consenti à embrasser ou à épouser un monstre : crapaud, porc, serpent, celui-ci devient aussitôt un prince éclatant de beauté.

Dans les Contes populaires de la Grande-Bretagne, à la suite du Crapaud, de Chambers, M. Loys Brueyre établit très-bien ce mythe et en cite une foule d’exemples. Du récit de la nourrice Perrault a retenu cette idée et lui a donné le sens philosophique que « dans l’objet aimé tout nous paraît aimable. »

Si l’on en croit M. Gaston Paris, il ne serait pas impossible de trouver dans l’Inde le germe de Riquet à la Houppe. Le savant mythologue cite (Revue critique, juillet 1874, p. 1) un conte extrait du Kandjour et traduit du tibétain en allemand, lequel, selon lui, offre une incontestable parenté avec celui de Perrault.

Ce récit est une forme ancienne de l’histoire de Kouça ou Kusa, qui a fourni le sujet d’un poëme singhalais, publié et traduit en anglais par M. Thomas Steele. J’emprunte quelques détails sur l’œuvre et son auteur à un article de M. Léon Feer, publié dans la même Revue (janvier 1872, p. 3).

Le Kusa-Jâtaka est l’un des 550 récits appelés Jâtaka, relatifs aux existences antérieures de Buddha. Un poëte de la deuxième moitié du xvie siècle, Alagiyavanna Mohottala, secrétaire d’un des principaux chefs du pays, a fait de cette histoire un poëme en langue Elu, c’est-à-dire en ancien singhalais.

Il a suivi de très-près le texte et, selon l’usage indien, il a mis son récit dans la bouche de Buddha, qui sait tout et particulièrement les aventures comme celle-ci, dont il affirme avoir été le héros sous le nom de Kusa.

M. Léon Feer résume en ces termes ce poëme très-remarquable qui, à Ceylan, figure dans le programme des examens pour le service civil :

« Kusa était laid, mais plein de sagesse ; il était fils d’un puissant souverain, et se fiança à une princesse d’une grande beauté, fille d’un roi secondaire. Dès que Prabavati vit son fiancé, elle s’enfuit et retourna chez son père.

« Kusa la suit, s’introduit comme cuisinier dans le palais et s’y distingue par son talent hors ligne. Il se fait reconnaître de la princesse qui le repousse et l’oblige à se retirer. Mais sept rois étant venus, chacun à la tête d’une armée, demander la main de Prabavati, le père de la princesse ne voit pas d’autre expédient pour sortir d’embarras que de la couper en sept morceaux.

« À ce moment, Kusa se présente. Par son génie ou plutôt par sa « voix de lion » (la voix de lion est un des attributs de Buddha), il fait prisonniers les sept prétendants, marie chacun d’eux à une des sœurs de Prabavati et épouse lui-même la princesse qui l’avait dédaigné. » Il importe d’ajouter que, le mariage décidé, la laideur de Kusa s’est changée en beauté.

S’il faut reconnaître dans le Kusa-Jâtaka la légende primitive de Riquet à la Houppe, on doit, avouer également qu’avant d’arriver à sa forme actuelle, elle a subi bien des modifications.

Le récit galant et précieux de Perrault a gardé d’ailleurs quelques autres traces des versions antécédentes. Dans les cuisiniers, marmitons et rôtisseurs qui sortent de terre et dressent en cadence, au son d’une chanson harmonieuse, le festin de noces, il est aisé de reconnaître les gnomes allemands qui dansent au clair de la lune et remplissent de lingots d’or les poches de leurs amis ; les nains qui dans Blanche Neige cherchent de l’airain et de l’or par les montagnes ; les korils bretons qui forcent les gens à danser avec eux et, pour la peine, leur donnent des pièces d’or ; enfin les pygmées de Kovlâd, le dieu des métaux des contes slaves[1].

Le spirituel, avisé et magnifique Riquet est certainement quelque peu cousin de ces nains que l’Edda appelle les « sages habitants des montagnes. » Sa physionomie et son caractère font penser à Oberon, le charmant « petit roy faé » de la légende bretonne de Huon de Bordeaux que, dans le roman d’Isaïe le triste, une fée envieuse condamne à revêtir pour un temps la hideuse forme de Tronc-le-nain.

Il rappelle le nain Elberich de la légende allemande d’Otnit et le fameux nain Alberich qui garde les trésors des Nibelungen, et que Grimm d’ailleurs assimile à Oberon.

Selon lui, la tradition et l’étymologie s’accordent pour faire un seul personnage de l’Allemand Alberich et du Français Alberon, Auberon, Oberon. Il n’y a de différence que dans le suffixe, une différence purement formelle.

Dans un savant article sur Huon de Bordeaux (Revue germanique, tome XVI, 1861, p. 381), M. Gaston Paris cherche à établir « qu’au xiie siècle une tradition populaire, remontant peut-être aux temps mérovingiens et qui s’est maintenue longtemps après, avait conservé le souvenir d’Auberon l’enchanteur, le roi des forêts. »

Il se fonde sur un récit de Hugues de Toul, rapporté par Jacques de Guyse qui, contrairement à l’opinion la plus accréditée, attribue des enfants à Clodion, et qui lui semble offrir avec la légende d’Auberon d’incontestables rapports.

« Albéric, dit Hugues de Toul, le plus jeune des fils de Clodion, eut autant d’habileté et de subtilité que d’audace et de prouesse… Il demeurait la plupart du temps dans les forêts, faisait des sacrifices aux dieux et aux déesses, et renouvela même la secte païenne, espérant que les dieux lui rendraient l’empire…

« Cet Albéric répara l’autel de Minerve sur une montagne que les chrétiens appellent maintenant mont Saint-Aldebert, et qui se nommait alors le mont d’Albéric. Il fonda un autre autel sur une montagne voisine que les chrétiens appellent maintenant en français « la Houppe d’Albermont… »

« Cet Albéric était surnommé malicieusement l’Enchanteur par les partisans de Mérovée ; il demeurait toujours dans les forêts… Il est enseveli dans un endroit où on a transporté de grands arbres : les habitants du pays l’appelaient jadis la Chevelure ou la Houppe d’Albéric… Il maria l’aîné de ses fils, Waubert, à la fille de l’empereur de Constantinople. » (Annales du Hainaut, l. IX, ch. vi, ix.)

Plus loin, M. Gaston Paris ajoute qu’au xviie siècle, Nicolas de Guyse, l’un des collaborateurs du grand ouvrage de Gramaye sur les antiquités belges, donne toujours au roi des Francs orientaux le nom d’Auberon. Nicolas de Guyse raconte de plus qu’à Mons, dont la légende lui attribuait la fondation, une tour en ruines conservait parmi le peuple le nom de tour d’Auberon (turris Auberonii), et, suivant lui, c’est d’Auberon que descendent les Carlovingiens et les Capétiens, les ducs de Lorraine, les comtes de Hainaut et d’autres encore.

Toute cette histoire d’Alberic l’enchanteur n’est évidemment, et tel est l’avis de M. Gaston Paris, qu’un conte des bords du Rhin qui s’est glissé dans les chroniques. C’est ainsi que, nous l’avons vu, Barbe-bleue a servi de matière à la légende de sainte Trophyme, et Peau d’Ane à celle de sainte Dympne, qui, curieuse coïncidence, se dénoue à Anvers, à vingt-cinq lieues de Mons.

Or, dans son étude sur le Petit Poucet, M. Gaston Paris va presque jusqu’à identifier Oberon avec Riquet à la Houppe. N’est-il pas amusant de voir, par cette suite de recherches, de rapprochements et d’inductions, la science arriver, grâce à Nicolas de Guyse, à découvrir, dans Riquet à la Houppe, la souche des plus grandes et des plus illustres maisons qui aient brillé par le monde ?

Le plus étonnant, c’est que M. Paris conclut de cette très-douteuse identité de Riquet avec Oberon que son nom a été, comme celui du Petit Poucet, recueilli sans le conte par Perrault, qui les aurait ensuite « rattachés l’un à l’autre. »

Nous prouverons plus loin qu’il’se trompe pour le Petit Poucet ; mais en admettant même que Riquet ne soit autre qu’Oberon, nous ne voyons pas pourquoi il n’aurait pas pris ce nom de Riquet dans une des versions françaises de la fable, et il nous semble fort naturel de penser que Perrault l’a reçu avec les débris de cette histoire que lui a fournis la mémoire des nourrices.

Le bibliophile Jacob n’est pas loin de supposer que Perrault nomma ainsi son personnage à cause de son débat avec Riquet, le constructeur du canal du Languedoc. Le grand ingénieur avait proposé d’amener à Versailles les eaux de la Seine, mais Perrault déclara l’entreprise impossible et engagea Colbert à faire niveler, avant de commencer les travaux, le terrain que les eaux devaient parcourir. Comme l’expérience donna raison à Perrault, il n’avait, ce semble, aucun motif de tourner son adversaire en ridicule.

M. Lorédan Larchey nous écrit qu’à ses yeux Riquet, comme le Righetto italien, est l’abréviation d’Henriquet. D’un autre côté, au dire de Littré, Riquet, en patois normand, signifie contrefait, bossu. Faut-il voir dans ce mot l’origine du nom, et doit-on croire que le personnage s’est appelé Riquet parce qu’il était bossu ?

Ou vaut-il mieux penser que ce mot de Riquet est, comme celui de Tartufe, un nom propre devenu nom commun ? Si l’étymologie de M. Lorédan Larchey est exacte, et rien ne prouve le contraire, cette opinion parait la plus vraisemblable.

Ce n’est certainement pas le conte de Perrault qui a fourni ce terme au patois normand, car Riquet à la Houppe est le seul de ses contes en prose qui ne soit pas populaire, par la bonne raison que les nourrices seraient incapables de le raconter.

L’opinion qui voit dans Riquet à la Houppe le roi des gnomes ne date pas d’hier. En 1749 a paru un ouvrage en dix-huit volumes qui s’appelle la Bibliothèque des campagnes.

Le tome II contient une nouvelle intitulée Inès de Cordoue, où se trouve un conte de fées qui, sous ce même titre de Riquet à la Houppe[2], a la prétention de refaire le conte de Perrault en le complétant. Nous allons analyser aussi brièvement que possible l’addition de l’écrivain anonyme.

Une fois expiré le délai que Riquet a accordé à la princesse, la terre s’entr’ouvre sous ses pas. Elle descend insensiblement jusqu’à ce qu’elle arrive dans le royaume où Riquet trône au milieu de ses sujets, tous aussi laids et difformes que leur souverain. La princesse se désole. Riquet lui offre de redevenir bête et de retourner chez son père, ou de l’épouser et de régner sur ses gnomes.

— Je possède, lui dit-il, les trésors enfermés dans la terre : vous en serez la maîtresse, et avec de l’or et de l’esprit qui peut être malheureux mérite de l’être.

On l’accable de fêtes, mais rien ne peut vaincre son mortel dégoût. Pour se délivrer d’un prétendant odieux, Mama reprendrait sans peine sa stupidité, si elle n’avait déjà donné son cœur. Elle épouse donc le gnome, et quelque temps après elle gagne un de ses sujets qui porte de ses nouvelles au bel Arada.

Arada vient la rejoindre et lui rend sa gaieté. Elle commet l’imprudence de se parer de ses plus beaux atours. Surpris de ce déploiement de toilette, Riquet ne tarde pas à découvrir qu’un homme est caché dans son palais. Il ne songe point à se défaire de sa femme : il a trouvé une vengeance plus raffinée.

Vous n’avez pas, lui dit-il, observé le traité à la rigueur. Partageons le différend : vous aurez de l’esprit la nuit : je ne veux pas d’une femme stupide mais vous le serez le jour pour qui vous plaira.

Mama accepte, met toutes les nuits sous le nez de son mari une herbe assoupissante et va causer avec son amant. Par malheur, une nuit que le gnome ronfle comme un orgue, un valet croit qu’il se plaint, accourt à son lit, voit le narcotique et l’ôte.

Riquet, réveillé, cherche partout sa femme et la trouve avec Arada. Il ne dit rien, mais d’un coup de sa baguette il donne à son rival une figure en tout pareille à la sienne propre.

Alors Mama ne distingue plus son amant de son époux. « Elle vit deux maris au lieu d’un et ne sut jamais à qui adresser ses plaintes, de peur de prendre l’objet de sa haine pour l’objet de son amour. Mais peut-être qu’elle n’y perdit guère : les amants à la longue deviennent des maris. »

Ce conte, d’ailleurs assez ingénieux, n’a que douze pages, pourtant il paraît long, tant il est verbeux. En transportant l’action sous terre, l’auteur a essayé de la replacer dans son vrai cadre, mais il n’échappe pas à l’influence de son siècle, et il continue Perrault en poussant de plus en plus le récit vers la Philosophie et l’allégorie.

Huit ans après, Mme Leprince de Beaumont refait Riquet à la Houppe dans le Prince spirituel. Son conte, encore moins pittoresque, plus compliqué, plus long, n’est pas moins alambiqué ni plus intéressant. La princesse refuse de donner la beauté au prince qui lui a donné l’esprit.

« Spirituel me plaît tel qu’il est, dit-elle, je ne m’embarrasse guère qu’il soit beau ; il est aimable, cela me suffit. » Cette conclusion philosophique est la meilleure critique de ce conte artificiel.

Enfin, sept ans plus tard, chose curieuse ! le moins naïf de tous les écrivains, Voltaire nous donne dans Ce qui plaît aux dames une sorte de pendant de Riquet à la Houppe, La vieille édentée,

Au teint de suie, à la taille écourtée,
Pliée en deux, s’appuyant d’un bâton,

qui sauve de la mort un jeune chevalier en lui suggérant une réponse très-spirituelle, qui pour la peine exige que le beau chevalier l’épouse, qui, dans les bras de son vaillant époux, se transforme en

Une beauté dont le pinceau d’Apelle
N’aurait jamais imité les appas,


et qui se trouve enfin être la fée Urgèle, n’est pas autre chose qu’une cousine de Riquet à la Houppe, opérant sur elle-même.

Dans cette ingénieuse historiette, déjà traitée par Chaucer[3], il y a encore beaucoup plus d’esprit que de merveilleux ; mais Voltaire, qui est trop malin pour partager l’avis de son siècle sur les contes de fées, termine le sien par ces jolis vers, si souvent cités et qu’on aime à rencontrer sous la plume de l’impitoyable railleur :

O l’heureux temps que celui de ces fables,
Des bons démons, dos esprits familiers,
Des farfadets, aux mortels secourables.
On écoutait tous ces faits admirables.
Dans son château, près d’un large foyer.
Le père et l’onde, et la mère et la fille,
Et les voisins et toute la famille,
Ouvraient l’oreille à monsieur l’aumônier
Qui leur faisait des contes de sorcier.
On a banni les démons et les fées ;
Sous la raison les grâces étouffées
Livrent nos cœurs à l’insipidité ;
Le raisonner tristement s’accrédite ;
On court, hélas ! après la vérité :
Ah ! croyez-moi, l’erreur a son mérite.

  1. i. Voir aussi, dans les Contes allemands du temps passé, la Capote de nain, de L. Bechstein, Hans le mineur, de Ch. Winter, les Légendes de Rübezahl, de Musæus, et les Elfes, de L. Tieck.
  2. i. Dans son recueil de contes romains, the Folk-Lore of Rome, (London, 1874, appendix B.) Busk prétend que ce conte se lit aussi dans un ouvrage intitulé Recueil des Contes de Fées, qui a paru à Genève en 1718. Nous n’avons pu découvrir ce volume.
  3. Conte de la commère de Bath dans les Contes de Cantorbéry