Les Défauts
L’homme, à soixante ans, calme et grave,
Au coin de son feu devient roi.
Mais, jeune, il vaut mieux, selon moi,
Sous le plaisir vivre en esclave.
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Vous qui sur nous veillez d’en haut, |
bis. |
Oui, si j’ai subi l’exigence
De mes défauts, tyrans nombreux,
Je leur dus bien des jours heureux,
Doux larcins faits à l’indigence.
Vous qui sur nous veillez d’en haut.
Rendez-moi quelque bon défaut.
Dans les jours d’aimables féeries
On monte au ciel des deux côtés.
Nous poussons à bout nos gaietés,
À bout nos tendres rêveries.
Vous qui sur nous veillez d’en haut,
Rendez-moi quelque bon défaut.
Aujourd’hui ma santé me touche.
À table veut-on me fêter,
L’aï ne me fait plus chanter.
Et je lui fais petite bouche.
Vous qui sur nous veillez d’en haut,
Rendez-moi quelque bon défaut.
Je verrais danser vingt grisettes
Sans penser à rien tout un soir ;
Sans même essuyer, pour mieux voir,
Les vieux verres de mes lunettes.
Vous qui sur nous veillez d’en haut,
Rendez-moi quelque bon défaut.
J’ai trop égayé la satire ;
Ce tort, je dois le réparer.
Mais sur ce monde il faut pleurer
Sitôt qu’on n’ose plus en rire.
Vous qui sur nous veillez d’en haut,
Rendez-moi quelque bon défaut.
Perfide erreur de ma jeunesse,
Que, bras ouverts, couronne en main,
La Gloire m’accoste en chemin,
Je lui dirai : Passez, drôlesse !
Vous qui sur nous veillez d’en haut,
Rendez-moi quelque bon défaut.
Hélas ! mes vertus me désolent ;
Mais l’âge, qui les fait fleurir,
M’ôte la force de courir
Après mes défauts qui s’envolent.
Vous qui sur nous veillez d’en haut,
Rendez-moi quelque bon défaut.
bis.