Les Fleurs du mal/1861/Le Serpent qui danse
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< Les Fleurs du mal | 1861
Poulet-Malassis et de Broise, 1861 (pp. 64-66).
XXVIII
LE SERPENT QUI DANSE
Que j’aime voir, chère indolente,
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- De ton corps si beau,
- De ton corps si beau,
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Comme une étoffe vacillante,
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- Miroiter la peau !
- Miroiter la peau !
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Sur ta chevelure profonde
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- Aux âcres parfums,
- Aux âcres parfums,
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Mer odorante et vagabonde
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- Aux flots bleus et bruns,
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Comme un navire qui s’éveille
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- Au vent du matin,
- Au vent du matin,
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Mon âme rêveuse appareille
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- Pour un ciel lointain.
- Pour un ciel lointain.
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Tes yeux, où rien ne se révèle
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- De doux ni d’amer,
- De doux ni d’amer,
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Sont deux bijoux froids où se mêle
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- L’or avec le fer.
- L’or avec le fer.
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À te voir marcher en cadence,
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- Belle d’abandon,
- Belle d’abandon,
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On dirait un serpent qui danse
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- Au bout d’un bâton.
- Au bout d’un bâton.
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Sous le fardeau de ta paresse
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- Ta tête d’enfant
- Ta tête d’enfant
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Se balance avec la mollesse
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- D’un jeune éléphant,
- D’un jeune éléphant,
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Et ton corps se penche et s’allonge
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- Comme un fin vaisseau
- Comme un fin vaisseau
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Qui roule bord sur bord et plonge
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- Ses vergues dans l’eau.
- Ses vergues dans l’eau.
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Comme un flot grossi par la fonte
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- Des glaciers grondants,
- Des glaciers grondants,
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Quand l’eau de ta bouche remonte
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- Au bord de tes dents,
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Je crois boire un vin de Bohême,
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- Amer et vainqueur,
- Amer et vainqueur,
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Un ciel liquide qui parsème
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- D’étoiles mon cœur !
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