Les Reines de Mabille
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- Pomaré, Maria
- Mogador et Clara,
- Pomaré, Maria
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- À mes yeux enchantés
- À mes yeux enchantés
Apparaissez, belles divinités.
Le samedi, dans le jardin Mabille,
Vous vous livrez à vos joyeux ébats,
C’est là qu’on trouve une gaîté tranquille
Et des vertus qui ne se donnent pas.
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- Le Cerbère crépu
- M’a déjà reconnu,
- Et l’orchestre… bravo !
- Le Cerbère crépu
Est dirigé par monsieur Pilodo.
Voyez là-bas le sémillant Mercure,
Et ses fuseaux qui tricotent gratis,
Représentant le Dieu qui nous récure
Et la maison Giraudeau père et fils.
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- Dans un quadrille à part,
- Voici le grand Chicard,
- Avec grâce étalant
- Dans un quadrille à part,
Un pantalon qui, dimanche, était blanc.
Ton noble front, ô grand roi de l’époque,
Porte le sceau de l’immortalité ;
Mais avec toi, ton ignoble défroque
Veut-elle aller a la postérité ?
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- Dans ton rapide essor,
- Je te suis Mogador,
- Partage mon destin,
- Dans ton rapide essor,
Fille des cieux… et du quartier Latin.
En te faisant si belle d’élégance,
Ton père eût dû songer en même temps
À te doter d’un contrat d’assurance
Contre la grêle… et d’autres accidents.
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- Maria, passe l’eau,
- Laisse-là ton Prado ;
- Prodiges superflus !
- Maria, passe l’eau,
L’étudiant, hélas ! ne donne plus !
Que j’aime autour de ta prunelle r.oire,
Ce cercle bleu, tracé par le bonheur,
Liste d’azur qui garde la mémoire
Des amoureux effacés de ton cœur.
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- Ô grande Pomaré,
- À ton nom révéré,
- Ton peuple transporté
- Ô grande Pomaré,
S’est incliné devant ta majesté !
Ah ! cambre-toi, ma superbe sultane,
Et sous les plis que tu sais ramener,
Fais ressortir ce vigoureux organe
Que la pudeur me défend de nommer.
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- De ton humble sujet,
- Accepte ce bouquet,
- Plus frais que tes appas,
- De ton humble sujet,
Et parfumé… comme tu ne l’es pas.
Je t’aimais mieux, lorsque modeste et bonne
Ô Rosita, tu faisais cent heureux ;
Ta tête alors n’avait pas de couronne,
Mais elle avait encore des cheveux.
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- Ô charmante Clara,
- Professeur de polka,
- J’aime mieux les ébats
- Ô charmante Clara,
Et les leçons que tu n’affiches pas.
Depuis dix ans, comment, sur cette foule,
As-tu gardé ton prestige enchanteur ?
C’est que toujours la fontaine qui coule
De tes attraits entretient la fraîcheur !
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- Coule, coule toujours,
- Fontaine des amours :
- Qui sait si quelque jour
- Coule, coule toujours,
Je n’irai pas y puiser à mon tour ?
Oui, tu vivras autant que la Chaumière,
Oui, sur l’airain ton nom se gravera ;
On a bien fait la fontaine Molière,
Je te promets la fontaine Clara !
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- En voyant ces beaux yeux,
- Ce sourire amoureux,
- Et cette taille-là,
- En voyant ces beaux yeux,
Qui ne dirait : « La reine, la voilà ! »
Ah ! que ne puis-je, en nue folle orgie,
Réunissant vos quatre déités,
Vous décerner, comme à l’Académie,
Des prix Monthyon de toutes qualités.
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- Pomaré, Maria,
- Mogador et Clara,
- Quel superbe festin
- Pomaré, Maria,
Je paierai quand… il n’en coûtera rien.
Pardon, pardon, Louise, ô Balocheuse,
Je t’oubliais, toi, tes trente printemps,
Ton nez hardi, ta bouche aventureuse,
Et tes amis plus nombreux que tes dents.
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- Pince avec agrément
- Ce sublime cancan,
- Dont l’élan infernal
- Pince avec agrément
Fait frissonner jusqu’au municipal !
Va, ne crains rien de l’austère police,
Sache braver la morale en pompon ;
L’étudiant est là, jeune milice,
Qui craint Clichy plus que le violon.
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- Sans reproche et sans peur,
- Viens embrasser l’auteur,
- Et puissent mes couplets
- Sans reproche et sans peur,
Longtemps survivre à tes défunts attraits.