Stèles/Les Trois Hymnes Primitifs

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G. Crès, 1922 [quatrième édition] (pp. 15-17).
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LES TROIS HYMNES PRIMITIFS


Les trois hymnes primitifs que les trois Régents avaient nommés : Les Lacs, l’Abîme, Nuées, sont effacés de toutes les mémoires.

Qu’ils soient ainsi recomposés :


LES LACS


Les lacs, dans leurs paumes rondes noient le visage du Ciel :

J’ai tourné la sphère pour observer le Ciel.

Les lacs, frappés d’échos fraternels en nombre douze :

J’ai fondu les douze cloches qui fixent les tons musicaux.

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Lac mouvant, firmament liquide à l’envers, cloche musicale,

Que l’homme recevant mes mesures retentisse à son tour sous le puissant Souverain-Ciel.

Pour cela j’ai nommé l’hymne de mon règne : Les Lacs.


L’ABÎME


Face à face avec la profondeur, l’homme, front penché, se recueille.

Que voit-il au fond du trou caverneux ? La nuit sous la terre, l’Empire d’ombre.


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Moi, courbé sur moi-même et dévisageant mon abîme, — ô moi ! — je frissonne,

Je me sens tomber, je m’éveille et ne veux plus voir que la nuit.


NUÉES


Ce sont les pensées visibles du haut et pur Seigneur-Ciel. Les unes compatissantes, pleines de pluie.

Les autres roulant leurs soucis, leurs justices et leurs courroux sombres.


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Que l’homme recevant mes largesses ou courbé sous mes coups connaisse à travers moi le Fils les desseins du Ciel ancestral.

Pour cela j’ai nommé l’hymne de mon règne : Nuées.

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