Les Vies des plus illustres philosophes de l’antiquité/Hérille

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HÉRILLE.

Hérille de Carthage faisait consister dans la science la fin que l’on doit se proposer ; c’est-à-dire, à vivre de telle sorte qu’on rapporte toutes ses actions au dessein de vivre avec science, de crainte qu’on ne s’abrutisse dans l’ignorance. Il définissait la science une capacité d’imagination à recevoir les choses qui sont le sujet de la raison.

Quelquefois il doutait qu’il y eût de fin proprement dite, parce qu’elle change selon les circonstances et les actions ; ce qu’il éclaircissait par la comparaison d’une certaine quantité de metal, qui peut aussi bien servir à faire une statue d’Alexandre qu’une de Socrate. Il disait qu’il y a de la différence entre la fin et ce qui n’est que fin subordonnée ; que tous ceux qui n’ont point la sagesse en partage tendent à la dernière, et que l’autre n’est recherchée que par les seuls sages. Il croyait encore que les choses qui tiennent le milieu entre le vice et la vertu sont indifférentes. Quant à ses ouvrages, il est vrai qu’ils sont fort courts, mais pleins de feu et de force contre Zénon, qu’il prend à tâche de contredire. On raconte qu’étant enfant, il était si chéri des uns et des autres, que Zénon, pour les écarter, fit couper les cheveux à Hérille ; ce qui réussit au gré du philosophe. Ses œuvres sont intitulées : De l’Exercice, Des Passions, De l’Opinion, Le Législateur, L’Accoucheur[1]. Antipheron le Précepteur, le Faiseur de préparations, le Directeur, Mercure, Medée ; dialogues sur des Questions morales.


  1. Dialogues qui portaient ce nom. Nous avons conservé le mot dans la Vie de Platon, en mettant Dialogues mœutiques.
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