Lettre de Saint-Évremond à la duchesse Mazarin (« Les vieillards ne dorment guère… »)

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LXXIX. Billet à la duchesse Mazarin.


À LA MÊME.

Les vieillards ne dorment guère : quand ils vous voient partir à dix heures du soir, ils ne dorment point du tout. La nuit se passe avec des inquiétudes extraordinaires qu’il ne vous soit arrivé quelque désordre. Ne pouvant, et voulant moins me donner de bonnes nuits, je vous demande la grâce de ne m’en donner point de mauvaises ; c’est-à-dire que vous marchiez toujours à la clarté du soleil, sans vous commettre aux voleurs, aux ivrognes, aux insolents. En Italie, Mustapha partageroit le danger avec vous ; en Angleterre, vous êtes seule à courir le risque. Le rétablissement du Chevalier de la triste figure me donne des idées toutes nouvelles : quand je verrai Dulcinée au bas de vos lettres, ce sera bien autre chose.

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