Lettres de Jacob Berzelius/Tome 2

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Lettres de Jacob Berzelius
Tome 2 : Correspondance entre Berzelius et Sir Humphry Davy


Table.


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Avant-propos.


La correspondance suivante échangée entre Berzelius et Sir Humphry Davy embrasse la période de 1808 à 1825 et se compose de vingt-trois lettres, dont neuf de Berzelius et quatorze de Davy. Une des lettres de Berzelius est accompagnée en outre d’un appendice assez volumineux, intitulé « Observations faites en parcourant les Éléments de la Philosophie chimique », et contenant une critique détaillée du livre de Davy paru sous ce nom en 1812.

Tout ce que nous publions ici de la main de Berzelius est reproduit d’après les brouillons de ses lettres, trouvés parmi ses manuscrits qui sont conservés à la bibliothèque de l’Académie Royale des Sciences de Suède à Stockholm. Le nombre des lettres manquantes, dont les brouillons n’ont pu être retrouvés, ne semble être que de quatre ou cinq.

Quant aux lettres de Davy, la collection en paraît presque complète. Elles ont été réunies du vivant de Berzelius et reliées par ses soins avec les lettres de Berthollet, de Haüy, de Thénard et d’autres, formant un volume qui porte le titre Brefväxling III (Correspondance III), et qui appartient également à la bibliothèque de l’Académie des Sciences. Sur la feuille de garde qui précède cette partie de la correspondance, Berzelius a de sa propre main caractérisé comme suit son correspondant : « Humphry Davy, Pres. Roy. Soc. Le plus grand chimiste de son siècle. »

Parmi les lettres, une seule, autant que nous sachions, n’est pas inédite ; c’est la première, qui a été reproduite dans le livre Berzelius’ Werden und Wachsen 1779-1821 de H. G. Söderbaum, Leipzig 1899, p. 220 (Monographieen aus der Geschichte der Chemie herausgegeben von G. Kahlbaum, III).

L’examen de la date des lettres révèle que la plupart. c’est à dire sept de Berzelius et neuf de Davy, proviennent des années 1808 à 1813, ce lustre brillant dans les Fastes de la Chimie qui se jalonne par : la décomposition des alcalis, opérée par Davy ; les premières déterminations des poids atoniques de Berzelius ; la publication de la théorie atomique de Dalton ; la découverte de la loi des volumes par Gay-Lussac, tous événements de la plus haute importance pour le développement futur de la chimie.

Les sept lettres restantes datent des années 1821-1825 ; elles sont donc séparées des autres par un intervalle de huit ans, pendant lequel les rapports épistolaires avaient été interrompue.

Berzelius lui-même nous renseigne sur les raisons de cette interruption dans ses notices autobiographiques. C’est sa critique des Elements of chemical Philosophy de Davy qui amena la suspension de l’échange amical de leurs idées scientifiques sous forme de lettres entre ces deux savants d’un esprit et d’un naturel si différents.

Un auteur éminent de nos jours, qui a consacré beaucoup d’attention à la psychologie et à la biologie des naturalistes célèbres, divise, on se le rappelle, les hommes de science en deux catégories principales, les romantiques et les classiques[1]. Davy et Berzelius sont des représentants incomparables de ces deux groupes.

Davy, c’est le type du romantique avec une grande vitesse de réaction mentale, si nous pouvons nous exprimer ainsi, une imagination vive, et un certain mépris prompt et alerte des détails. Berzelius, de son côté, était un classique aussi prononcé, un esprit critique inné, profond, répugnant à toute conclusion précipitée, exigeant de lui-même et d’autrui une exactitude minutieuse jusque dans les détails. Considérées de ce point de vue, ces Observations de Berzelius constituent un document du plus haut intérêt psychologique, éclairant d’une vive lumière le naturel aussi bien du critique que de l’objet de la critique.

Il est bien compréhensible qu’entre des personnes de natures aussi opposées, il ne pouvait guère exister, en dépit de l’estime mutuelle, de rapports d’amitié comparables à ceux qui, à la même époque, se développèrent par ex. entre Berzelius et Berthollet, non pas même après leur rencontre à Londres en 1812. Ce fut au contraire cette rencontre qui, d’après ce qui ressort de l’autobiographie de Berzelius, fut la cause extérieure de la brouille qui, une fois survenue, demeure au fond irréparable. Chose significative : sur le brouillon de ses pages de critique, Berzelius a noté par la suite : « un peu trop dure et d’ailleurs fort mal reçue ».

Une sorte de réconciliation officielle fut certes ménagée, par l’intermédiaire, paraît-il, de Mme de Staël, très liée d’amitié avec lady Davy, réconciliation dont le résultat fut les lettres d’octobre 1813 (N° 15 et 16). Mais à en juger par divers signes, notamment par la nouvelle et longue interruption de la correspondance qui suivit ces quelques lettres, la réconciliation dut être plus apparente que réelle. Et même lorsque, sur le tard, les rapports furent renoués, on sent dans les lettres un certain froid poli que la dernière et brève entrevue de l’été 1824 ne semble pas avoir contribué à dissiper. Aussi, peu de temps après, verra-t-on cesser la correspondance — cette fois définitivement — plusieurs années avant la mort de Davy, arrivée en 1829.




Les chiffres renvoient aux notes après le texte.





1. Davy à Berzelius.
London July 10th 1808.

Sir,

Be pleased to receive my thanks for the interesting letter1 which you were so good as to address to me and for the very important and curious communication by which it was accompanied.

Some months are passed, since I had effected the decomposition of the earths, but it is only within the last fortnight that I have been able to procure their bases in a pure form.

My first methods were by bringing iron wire negatively electrified in contact with the moistened earths. Fusion takes place, and the point of the wire is found to consist of an alloy of iron and basis. Similar effects are produced when mixtures of metallic oxides and earths are exposed in the Voltaic circuit. The common metals and the metallic bases of the earths appear at the same time in combination at the negative surface. — This process answers best with barytes, strontites, and lime, moistened and mixed with red precipitate, or with minium, or oxide of silver. —

In this way I had obtained alloys and amalgams of the bases of alkaline and the common earths ; but in such small quantities that all attempts to separate them by distillation failed.

Since I have been favoured with your papers, I have, however, made new and more successful attempts, and by combining your ingenious mode of operating with those that I before employed, I have succeeded in obtaining sufficient quantities of amalgams for distillation.

At the red heat the quicksilver rises from the amalgams and the bases remain free. The metals of strontites, barytes, and magnesia are all that I have yet experimented upon in this way ; but I doubt not the other earths will afford similar results.

I have been able to obtain the bases of the earths in your method from the neutral salts containing them, as well as from the moistened earths. Thus a globule of quicksilver placed upon moist muriate of barytes soon contains the metal of barytes and so on for the other neutral earthy compound.

I have read two papers2 on the decomposition of the earths and the nature of their bases to the Royal Society ; they are printing, and I shall have the pleasure of transmitting you copies.

Your discovery of the amalgamation of the basis of ammonia has afforded me the highest degree of pleasure. The fact is no less new and unexpected, than extraordinary and important. I have repeated your experiments with entire success : and I find that, by placing the mercury upon moistened carbonate or muriate of ammonia, the result is obtained with great facility.

May not hydrogene and nitrogene be metals in the state of elastic vapeur ? Should this not be the case and your brilliant hypothesis of the composition of metals3 be true, we may hope at some period for a rational Alchemy.

I trust you will pursue these most valuable researches.

It will always afford me the highest satisfaction to communicate with you on these new objects of science.

I consider this letter as addressed in common to you and your worthy follow labourer, Dr Pontin, to whom I must beg you to present my compliments.

I have the honour to be
with the highest respect,
Sir, your obliged and obedient servant
Humphry Davy.

For professor Berzelius.






2. Davy à Berzelius.
5 novembre 1808.

Sir,

Be pleased to accept of my sincere thanks for your very valuable communications4.

I regret very much my ignorance of the language in which they are written, but I am beginning to learn it, and I hope soon to profit by these labours which have led to so great an extension of analytical Chemistry.

I take the liberty of sending you a copy of my paper on the decomposition of the earths. Your most important discovery of the amalgamation of ammonia has been and still is a fruitful source of experiments to me.

I have made a number of experiments on the action of sodium and potassium in bodies not hitherto decompounded and with very extraordinary results.

These experiments seem to prove the existence of oxygene in muriatic, boracic, and fluoric acids and render it probable in hydrogene, nitrogene, the diamond, sulphur, and phosphorus.

You, I doubt not, before this time are acquainted with the capital experiment of Gay-Lussac and Thénard on the production of the metals of potash and soda by chemical means. — I have referred to the process in my paper on the earths and likewise to their experiments on the action of potassium on ammonia, which I have often repeated5, and which turns out a proof of the existence of oxygene in ammonia (if indeed after your experiments any proof could be needed), and which does not at all show the existence of hydrogene in potassium.

I have employed a person to translate your work on Animal chemistry, and I have sent your papers in the journals, which you were so kind as to transmit to me, to the editor of the Philosophical Magazine, begging him to publish them6.

I shall put into the hands of Mr Brandel, secretary to the legation, some chemical memoirs on subjects which I think may interest you, a series of the Journals of the Royal Institution, and a work published many years ago on the combinations of oxygene and nitrogene7, and I shall beg him to transmit them to you, as scon as an opportunity offers.

With the most lively interest in your labours. With respects to Mr Pontin

I have the honour to be, Sir,
With the highest esteem
Your obedient and obliged servant
H. Davy.

November 5. 1808, London.






3. Davy à Berzelius.
March 20, 1809.

Sir,

About four months ago I transmitted to Mr Brandel a parcel containing some papers and journals of which I requested your acceptance ; and at the same time I sent a letter in which I begged you to receive my most grateful thanks for the valuable present of your works. Nearly a third of your 1 volume of Animal chemistry I have had translated, and the rest is in progress. Believe me, I take the greatest interest in this important inquiry which your labours have set in a new and more important light than any which proceeded them.

In the letter to which I allude I gave you an account of some of my later experiments. — I read in the beginning of December my third Bakerian lecture to the Royal Society, in which I have given an account of various experiments which seem to me to prove the decomposition and composition of nitrogen, the boracic and the fluoric acids, and the decomposition of sulphur and phosphorus, which last I regard as triple compound of small quantities of oxygene and hydrogene with bases as yet unknown.

The decomposition of boracic acid and fluoric acid has given to me two new inflammable solids ; which are possessed of some curious properties8.

From nitrogene I have obtained a large quantity of oxygene ; but as yet I have not been able to conclude concerning its basis. It seems resolved into nothing but oxygene and hydrogene ; either some minute quantity of matter has escaped my research, or water and ammonia consist of the same kind of elementary matter ; and consequently oxygene, hydrogene, and nitrogene may be different modifications of the same substance under different electrical states, or in different states of combination with imponderable matter.

I hope in a few days to be able to transmit to you my papers, which are nearly printed. You will find that I long resisted many of the extraordinary conclusions which I have been obliged at last from the multiplicity of facts to adopt. —

I have worked much upon the muriatic acid. In its common gaseous form it contains more than ⅛ of its weight of water. It may be procured dry in combination with phosphorous, phosphoric, and sulphuric acids, and phosphorus and sulphur.

In these compounds it is a nonconductor of electricity, does not redden vegetable blues ; but detonates violently with potassium — whether it is decomposed in the process I have not yet been able to determine.

The diamond I regard as an oxide of the pure carbonaceous element.

I heated the small quantity of cerium9 you had the kindness to send me, with potassium, it was reduced and formed a metallic pulverulent mass, and by its reduction the potassium burnt and became potash.

The boracic acid moistened with water is easily decomposed by a battery of zoo plates.

It will always give me the highest pleasure to hear from you.

I am, Sir, with the greatest respect
Your obediant and obliged servant
H. Davy.







4. Berzelius à Davy.
30 juin 1809.

Monsieur,

Je vous suis infiniment redevable de votre dernière communication. Je l’ai plusieurs fois parcourue avec le plus grand intérêt. L’Académie des Sciences, à qui j’ai remis vos deux traités, m’a chargé de vous en faire ses compliments. J’ai pris la liberté de vous y proposer, et je ne doute pas qu’elle se fera un honneur de vous compter parmi ses membres10.

Vous me permettrez quelques réflexions à l’égard de plusieurs choses discutées dans votre dernier traité11, principalement concernant la décomposition de l’azote. À la suite d’une recherche sur la quantité d’oxygène qui entre dans la composition des alkalis fixes, j’ai fait une tentative de le déterminer dans l’ammoniaque. Mais, ne pouvant rien gagner par des expériences directes, j’ai cru qu’il ne serait pas impossible d’y parvenir indirectement. Dans mes expériences j’ai trouvé que le kali contient 21 pour cent d’oxygène, et le natron 31 ½. En observant qu’il faut une plus grande quantité de kali que de natron pour saturer la même quantité d’un acide p. ex. l’acide muriatique, et en comparant toutes les bases des sels dont la composition m’était connue, et quelques autres, dont je faisais pour le moment l’analyse exacte, je trouvai qu’à mesure que la base contient plus d’oxygène, il en faut moins pour la saturation des acides. D’abord je trouvai que la quantité de kali, de natron, d’oxyde d’argent et de mercure qui neutralise p. ex. 100 p. de l’acide muriatique, contient à peu près 42 ½ p. d’oxygène. Cette uniformité me donna l’espérance de trouver que chaque base qui neutralise 100 p. de l’acide muriatique contient cette même quantité d’oxygène ; mais en étendant la discussion aux oxydes de zinc, de plomb et de cuivre, j’ai trouvé que cela n’était pas ainsi. J’ai donc vérifié seulement ce que j’ai avancé ci-dessus, c’est-à-dire que les bases contiennent plus d’oxygène à mesure qu’elles saturent une plus grande quantité d’un acide. En conséquence de cette règle, le natron contient plus d’oxygène que le kali, et l’ammoniaque doit en contenir plus que le natron, parce que j’ai trouvé que : 100 parties de l’acide muriatique demandent pour être parfaitement neutralisées 198,42 p. de kali, 136,41 p. de natron et 68,63 p. d’ammoniaque. La différence entre 136,41 et 68,63 étant beaucoup plus grande qu’entre 198,42 et 136,41, elle donnerait lieu à la supposition que l’ammoniaque devait contenir une quantité considérablement plus grande que le natron, ce qui devrait incontestablement avoir lieu, si par le degré d’affinité aux acides l’ammoniaque s’approchait autant du natron, que le natron s’approche du kali. — De tout cela il s’ensuit que l’ammoniaque doit contenir plus d’oxygène que le natron, c’est-à-dire plus de 31 ½ pour cent, mais encore il m’a été impossible de déterminer combien il en contient de plus. — Après ce préambule, permettez que j’examine les résultats de vos expériences sur l’action entre le potassium et le gaz ammoniac (p. 17 de votre dernier traité). Dans 205 parties d’ammoniaque 350 p. de potassium se sont converties en kali. Selon mes expériences, ces 350 p. exigent 73 1/2 p. d’oxygène, ce qui suppose que 100 p. d’ammoniaque contiennent à peu près 36 p. d’oxygène, en supposant que l’azote ne soit pas décomposé. Si vous soustrayez des 38,2 p. d’hydrogène la quantité nécessaire pour former de l’eau, l’hydrogène qui reste est à l’azote presque dans les mêmes proportions que 160 : 33. Mais le calcul d’après mon analyse du kali donne dans votre expérience une addition de 12 p., quoiqu’il soit difficile d’établir un jugement sur des parties aussi petites. En méditant tout ceci il m’a paru très vraisemblable que la production d’oxygène et d’hydrogène au dépens de l’azote dans l’expérience citée dépend de ce que, dans l’analyse de l’ammoniaque au moyen de l’électricité, toute la quantité de l’oxygène disparaît en se combinant avec une portion de l’hydrogène pour en former de l’eau, dont la formation cause la décomposition du gaz alkalin. Dans l’expérience avec le potassium ces deux principes restent séparés et font la quantité d’azote relativement petite ; surtout en calculant d’avance que l’ammoniaque ne devait contenir que dix ou douze pour cent d’oxygène. Une grande source d’erreur dans le calcul après l’expérience sur l’ammoniaque faite avec l’électricité, est sans doute que la pesanteur spécifique du gaz hydrogène dans ce degré de pureté nous est parfaitement inconnue. — Ainsi nous avons lieu de craindre que la décomposition de l’azote ne réussisse pas de cette manière-là, quoique j’aie de bonnes raisons pour croire qu’il est composé.

Quant à la décomposition du soufre et du phosphore, il me paraît plus vraisemblable de regarder l’oxygène et l’hydrogène (qui se manifestent soit par l’électricité soit en les faisant passer par des tuyaux rougis au feu) comme un peu d’humidité qui ne peut être complètement dégagée, parce que le soufre et le phosphore se volatilisent à une température qui ne suffit pas pour séparer l’eau de plusieurs autres substances. Je suis d’autant plus porté à croire cela que quantité de gaz hydrogène sulfuré evolvé du soufre est très petite, et ne contient (selon une analyse très exacte que j’ai faite de ce gaz) que 5 2/8 pour cent de l’hydrogène.

Veuillez, Monsieur, regarder ces doutes que je vous ai communiqués comme de simples objections fondées sur mes expériences, et persuadez-vous que mon intention se joint à la vôtre pour découvrir la vérité.

J’ai nouvellement fini une analyse du fer fondu (cast iron). J’ai réussi à trouver un moyen de déterminer avec assez d’exactitude la quantité de charbon qui entre dans sa composition ; j’ai trouvé que le fer fondu ne contient pas d’oxygène, comme on a longtemps supposé ; mais qu’au contraire il contient un peu de la base de magnésie, et une portion assez considérable de la base de la silice. Le charbon s’y trouve, non dans l’état du diamant, mais dans celui du graphite, car brûlé avec du salpêtre, il donne exactement 100 p. l’acide carbonique pour 28 p. de charbon.

La silice consiste en 0,51 de base (Silicium) et 0,49 d’oxygène ou à peu près. Cette grande quantité d’oxygène nous fait voir pourquoi elle ne forme point de sels avec les acides, quoiqu’elle se combine avec les alkalis, les terres et quelques oxydes métalliques.

Dans le cahier de mars 1809 du Philosophical Journal j’ai lu une espèce de critique de mon hygromètre par M. J. Gough12, et je suis ravi de me voir traité presque de la même manière que ce même auteur a traité M. Dalton, pour lequel j’ai une grande vénération. — Quant à cet hygromètre j’ai trouvé que les thermomètres qu’on fait à Copenhague en forme de montres, et que je suppose que vous connaissez, s’appliquent parfaitement bien à l’hygrométrie en les employant selon les mêmes principes que le thermomètre de mercure. —

Par le journal de Nicholson, ainsi que par votre dernier traité, j’ai appris la manière par laquelle vous vous procurez le potassium sans l’intermédiaire de la pile13. Si je ne vous importune point, ayez la bonté de m’en donner une description un peu plus étendue. J’aurais sans doute Page:Berzelius Bref 2.djvu/17 Page:Berzelius Bref 2.djvu/18 Page:Berzelius Bref 2.djvu/19 Page:Berzelius Bref 2.djvu/20 Page:Berzelius Bref 2.djvu/21 Page:Berzelius Bref 2.djvu/22 Page:Berzelius Bref 2.djvu/23 last papers in which you will find some new facts: I think I have been able to prove that the oxymuriatic gas has not been yet been decompounded. — It seems to be a solvent principle analogous to oxygene. The muriatic acid is composed of equal volumes of this gas and hydrogene.

I have discovered a gaseous compound (the existence of which has been long suspected) of oxymuriatic gas and oxygene, two in volume of the first to one of the last25. The metals will not burn in it till it is decomposed. It fulminates without the presence of combustible matter at a very low heat and is resolved into oxygene and oxymuriatic gas. It is rapidly absorbed by water but may be preserved over mercury.

It is not a little curious that the first views of the Atomic Chemistry, which has been so much expanded by Dalton and generally in my opinion after ideas more ingenious than correct, are to be found in a work published in 1789 by William Higgins, « A comparative view of the two theories of chemistry »26.

I shall send you by Dr Hagen, who has been so good as to promise to take charge of this letter, a paper which I have just printed: the Bakerian lecture for 181027. I hope soon to send you a paper read in February before the Royal Society on the new fulminating gas.

Any paper addressed to me « Royal Society » or Royal Institution will reach me.

I feel very much flattered by the honour done to me by the Academy of Stockholm.

I shall have the honour of proposing you as a foreign member of the Royal Society this next week.

I shall always feel honoured by receiving your communications.

I am with much respect
your obliged and obediant
H. Davy.

The new gas I produced by treating hypooxymuriate of potash by very diluted muriatic acid. It must be collected over dry mercury. Its colour is brilliant yellow green.

As I have proposed to call oxymuriatic gas chlorine from χλωρος, I propose to call this gas euchlorine or euchloric gas. Oxymuriatic gas implies a false idea.

It is interesting to find the views of Scheele concerning muriatic acid correct28. The more one studies the works of that great man the more one finds marks of genius and sagacity.


9. Berzelius à Davy.
10 juin 1811.

Monsieur,

Je vous dois bien des remercîments, Monsieur, pour votre dernière lettre du 24 mars, que j’ai reçue il y a environ un mois. — Vous continuez toujours d’enrichir la science de la manière la plus distinguée.

Je vois non sans peine qu’il est si difficile d’avoir une traduction anglaise de mon petit traité sur les proportions déterminées. Il en a été de même à Paris, où l’on a enfin trouvé un traducteur — mais qui n’a encore traduit que la moitié. Vous la verrez bientôt dans les Annales de Chimie qui, comme je suppose, arrivent aussi en Angleterre. Les rédacteurs m’ont annoncé pourtant que le traité sera partagé en 8 cahiers, et ainsi il sera très lentement publié. Les continuations que j’ai faites contiennent, comme je l’espère, des choses bien plus intéressantes encore. Ces continuations sont, d’après ce que je suppose, déjà publiées dans les Annales de Physique de M. Gilbert à Halle. Pour vous les faire connaître, j’ai prié M. Brandel de les traduire en anglais ; il a eu la bonté de s’en charger, mais comme nous ne nous sommes point doutés de l’occasion d’envoi qui se présente actuellement, il ne s’est pas pressé, et il reste encore plus de la moitié à traduire. Je tâcherai cependant de vous exposer quelques-uns des résultats que j’ai obtenus.

Quand deux corps oxydés se trouvent réunis, ils contiennent ou la même quantité d’oxygène, ou bien l’oxygène de l’un est dans une proportion qui [est] une multiplication par un nombre entier de celui de l’autre. Dans les combinaisons neutres, c’est toujours le corps qui dans la pile électrique se rassemble au pôle positif qui contient la plus grande quantité d’oxygène.

D’après ces règles sont composés :

a) les sels. Dans un sel neutre, l’acide contient toujours l’oxygène dans une proportion multiple de celle de la base. Les acides sulfureux, carbonique, phosphorique, arsénique et muriatique en contiennent 2 fois, l’acide sulfurique, l’acide arséniqueux et l’acide oxalique 3 fois, l’acide nitreux 4 fois, l’acide nitrique 6 fois et l’acide oxymuriatique 8 fois autant que la base. Dans les sels à excès de base, l’oxygène de l’acide est quelquefois un multiple de celui de la base, souvent égale partie et souvent même une division de celui de la base. Ainsi dans un sulfate à excès de base, la base est un multiple de celle du sel neutre par 3 ou 6 mais jamais par 2 ou 4. Dans les muriates, au contraire, elle est un multiple par 2 ou 4 mais jamais par 3 ou 6 etc. etc.

b) Les combinaisons de l’eau. La plupart des acides se combinent avec une portion d’eau sans laquelle ils ne peuvent exister en état de liberté, et cette portion d’eau contient une quantité d’oxygène égale à celle qu’on trouve dans les bases salines qu’il faut pour la saturation de ces acides ; l’acide sulfurique, l’acide muriatique et l’acide nitrique en donnent des exemples très connus.

Les alkalis fixes et les terres alkalines se combinent avec une quantité d’eau dont l’oxygène est égal à celui de l’alkali ou de la terre. Les autres terres et la plupart des oxydes métalliques se combinent aussi avec l’eau, mais leur affinité étant très faible, elle lutte sans cesse avec l’expansion de l’eau, et, par conséquent, ces corps sont des substances hygrométriques, qui ne sauront contenir toute la quantité d’eau qu’il faut pour leur saturation que lorsque l’air est à son maximum d’humidité.

Dans les sels, l’eau contient une quantité d’oxygène qui est rarement une division de celle de la base (p. ex. le carbonate de cuivre précipité chaud), souvent égale à celle de la base, p. ex. le muriate, le nitrate et l’oxalate d’ammoniaque ainsi que le tartrate acidulé de potasse, et la plupart des sels contiennent une quantité d’eau dont l’oxygène est un multiple de celui de la base, p. ex. par 2 dans le muriate de baryte, le sulfate de chaux et d’ammoniaque etc. J’ai donné des exemples de presque tous les nombres comme multiplicateurs. — L’eau qui se sépare d’un sel par la décrépitation n’est pas de l’eau de cristallisation. Il y a une grande quantité de sels qui ne contiennent point d’eau de cristallisation, tels sont le sulfate de potasse, le muriate de potasse et de soude, le muriate de plomb etc.

c) Il est très évident que les combinaisons des acides entre eux et des bases entre elles doivent être assujetties aux mêmes lois, c’est-à-dire que les minéraux cristallisés doivent être composés d’après la même règle.

d) Les alliages métalliques qui par quelque phénomène chimique se séparent des mélanges métalliques liquides, sont composés de manière que si on les combine avec l’oxygène, l’oxygène que l’un absorbe sera un multiple, par 1, 2, 3 etc. de celui qui est absorbé par l’autre. —

Par toutes ces circonstances j’ai cru pouvoir établir ce qui suit comme un principe d’après lequel la nature non organique est composée :

Dans tous les corps composés de 2, 3 ou plusieurs substances oxydées, l’oxygène de celui qui en contient la plus petite quantité, se trouve multiplié par un nombre entier dans tous les autres. Et les corps non oxydés se combinent de manière qu’après être oxydés, l’oxygène de l’un est dans le même rapport que ci-dessus à l’oxygène de l’autre. —

Le principe d’après lequel est composée la nature organique n’a rien de commun avec celui de la nature non organique ; je suis pour le moment occupé à en faire des recherches.

Voilà à peu près la série de mes expériences, mais je m’en vais à présent vous exposer quelques épisodes qui ne laissent pas d’intéresser la théorie de la chimie ; c’est-à-dire la composition de l’ammoniaque et celle de l’acide muriatique.

J’ai vu dans vos derniers écrits que vous êtes sur le point d’abandonner l’idée que l’ammoniaque contient de l’oxygène, idée que j’ai tâché d’établir par une quantité de preuves qui ne doivent pas être aisées à réfuter. Dans le cahier de janvier des Annales de Chimie, ou a inséré une lettre adressée par moi à M. Berthollet29, dans laquelle j’ai exposé une partie de mes idées sur cet objet, et comme vous l’avez peut-être déjà lue, ou que vous la lirez bientôt, je ne vous arrêterai pas ici à une exposition de la manière dont j’ai tâché de déterminer la quantité d’oxygène qui se trouve dans l’azote ; je ferai seulement observer que les dernières décimales ont été un peu rectifiées par des expériences plus exactes. — Il y a encore une autre manière de prouver la présence de l’oxygène dans l’azote. Vous avez vu que l’oxygène des acides dans les combinaisons salines doit être un multiple par un nombre entier de celui de la base, et il est évident que l’acide nitrique ne saurait être une exception à la loi générale ; ainsi l’oxygène qui se trouve dans la quantité de la base qui neutralise 100 p. de l’acide nitrique doit s’y trouver multiplié par un nombre entier. Cette quantité d’oxygène est entre 14 1/2 et 14 2/3 ; or, l’acide nitrique, considéré comme composé de 30,5 p. d’azote et de 69,5 p. d’oxygène, ne contient l’oxygène dans aucun multiple de 14 1/2. Mais étant considéré comme composé de 13,2 p. d’ammonium et de 87,8 p. d’oxygène (calculé d’après la composition de l’azote), il contient 6 fois autant d’oxygène que la base. J’ai prouvé cette idée par des analyses exactes du nitrate de baryte, de plomb et d’ammoniaque. Mais elle est prouvée d’une manière encore plus évidente par l’analyse des nitrites, et surtout par la génération du nitrite de plomb à excès de base (la solution jaune qu’on obtient en digérant du plomb dans du nitrate de plomb neutre, et que Proust a considérée comme la preuve d’un degré d’oxydation du plomb inférieur au commun ou au lithargère). Je crois donc que lorsque ces expériences seront un peu plus généralement répandues, les chimistes adopteront mes idées sur cette matière, idées que vous, Monsieur, avez été le premier à établir30.

Vous avez vu d’abord que je n’ai pas pu partager votre opinion sur la nature de l’acide muriatique et de ses différents degrés d’oxydation, et j’ai quelque espoir que vous l’abandonnerez aussi bientôt. Les combinaisons salines de cet acide prouvent qu’il contient de l’oxygène, et il n’est pas bien difficile de déterminer combien il en contient, du moment que nous connaissons deux autres de ses degrés d’oxydation. Mais j’ai trouvé que, le radical de l’acide muriatique devant être soumis à la même loi de progression par rapport à ses différents degrés d’oxydation, un de ces degrés nous manquait. La progression ordinaire de l’oxydation étant 1, 1 1/2, 2 et 4, l’acide muriatique n’en offrait que 1 (acide muriatique), 1 1/2 (a. oxym.) et 4 (a. oxymuriatique) ; en somme le degré 2 manquait dans cette série. J’en fis de vaines recherches, dont j’ai rendu compte dans mon traité sur cette matière. Jugez donc, Monsieur, à quel degré me fut agréable la communication de votre découverte d’un gaz, composé de deux volumes de gaz oxymuriatique et d’un volume de gaz oxygène, c’est-à-dire précisément le degré d’oxydation dont j’avais prévu l’existence par le calcul, mais dont la découverte a manqué à un expérimentateur moins habile que vous. Je m’attends à beaucoup de contradictions dans ces idées de la part des chimistes français, surtout comme j’ai à plusieurs reprises blâmé Messieurs Thénard et Gay-Lussac du peu d’égards qu’ils ont eu dans leurs derniers écrits envers vous et vos mérites distingués31 ; mais je suis sûr que cette confirmation de mes idées, faite par vous, après que mon traité avait déjà quelque temps été à Paris, m’épargnera au moins une partie de la controverse. —

Pardonnez-moi, Monsieur, si je vous importune encore par une demande que je vous ai déjà faite une fois, c’est-à-dire de me faire connaître les idées et le système de M. Dalton. Malgré toutes mes recherches, je n’ai encore pu obtenir d’autre renseignement sur sa doctrine que par un supplément de Murray’s System of Chemistry32, que M. Brandel m’apporta lors de son retour de Londres. L’édition de la Chimie de M. Thomson où il doit être fait mention des idées de M. Dalton, traduite en français par M. Riffault et que j’ai demandée au comte Berthollet, ne m’est pas non plus parvenue. Il y a toute apparence que les idées de M. Dalton, dont j’ai une très haute opinion, contribueront à rectifier les miennes, outre qu’il doit avoir fait beaucoup d’expériences qui m’épargneront la peine de les faire de mon côté.




10. Davy à Berzelius.
[Juillet 1812.]33

Dear Sir,

That which you quote as an argument against my views of chlorine affords confirmation of them. Whatever multiple of oxygene you suppose in chlorine must be supposed in the oxide of lead. In your estimate you give a view which cannot be admitted and which is contrary to all analogy by not dividing the lead between the chlorine and the oxygene and by not considering the substance as a combination of plumbane34 and oxide of lead.

I have written to Mr Hatchett35. I regret that I shall Page:Berzelius Bref 2.djvu/31 Page:Berzelius Bref 2.djvu/32 Page:Berzelius Bref 2.djvu/33 Page:Berzelius Bref 2.djvu/34 Page:Berzelius Bref 2.djvu/35 Page:Berzelius Bref 2.djvu/36 Page:Berzelius Bref 2.djvu/37 Page:Berzelius Bref 2.djvu/38 Page:Berzelius Bref 2.djvu/39 Page:Berzelius Bref 2.djvu/40 Page:Berzelius Bref 2.djvu/41 Page:Berzelius Bref 2.djvu/42 Page:Berzelius Bref 2.djvu/43 Page:Berzelius Bref 2.djvu/44 Page:Berzelius Bref 2.djvu/45 Page:Berzelius Bref 2.djvu/46 Page:Berzelius Bref 2.djvu/47 Page:Berzelius Bref 2.djvu/48 Page:Berzelius Bref 2.djvu/49 Page:Berzelius Bref 2.djvu/50 Page:Berzelius Bref 2.djvu/51 Page:Berzelius Bref 2.djvu/52 Page:Berzelius Bref 2.djvu/53 Page:Berzelius Bref 2.djvu/54 Page:Berzelius Bref 2.djvu/55 Page:Berzelius Bref 2.djvu/56 Page:Berzelius Bref 2.djvu/57 Page:Berzelius Bref 2.djvu/58 Page:Berzelius Bref 2.djvu/59 Page:Berzelius Bref 2.djvu/60 Page:Berzelius Bref 2.djvu/61 Page:Berzelius Bref 2.djvu/62 Page:Berzelius Bref 2.djvu/63 Page:Berzelius Bref 2.djvu/64 Page:Berzelius Bref 2.djvu/65 Page:Berzelius Bref 2.djvu/66 Page:Berzelius Bref 2.djvu/67 Page:Berzelius Bref 2.djvu/68 Page:Berzelius Bref 2.djvu/69 Page:Berzelius Bref 2.djvu/70 Page:Berzelius Bref 2.djvu/71 Page:Berzelius Bref 2.djvu/72 Page:Berzelius Bref 2.djvu/73 Page:Berzelius Bref 2.djvu/74 Page:Berzelius Bref 2.djvu/75

I am, my dear Sir and esteemed friend, with true admiration for your talents

very sincerely yours
H. Davy.






23. Davy à Berzelius.
London. June 27, 1825.

My dear Sir,

I am much obliged to you for the specimens of steel. They are probably the purest combinations of carbon and iron ever made, for charcoal always contains earthy and alkaline matters and sometime manganese.

There is a species of plumbago formed in the cast iron retorts used in the manufacture of gas which probably owes its existence to the same causes as those which produce your combinations. It would be a great matter if means could be devised to prevent this action, as it is the usual cause of the destruction of the retorts and is injurious to them as the sulphur in some coals.

I hope your process will be successful in practice and that it may exalt still further the superiority of our hard ware.

I am, my dear Sir,

very sincerely yours
H. Davy.





Notes.


1. La lettre de Berzelius à laquelle Davy fait allusion, semble perdue. Davy mentionne ailleurs (Philosophical Transactions 1808, p. 339) qu’il l’a reçue au commencement de juin 1808. Elle a donc dû être écrite en mai de cette année. Quant au contenu, on peut conclure, par la réponse de Davy, que c’était un compte rendu de la décomposition par voie électrolytique de la chaux et de la baryte exécutée par Berzelius en collaboration avec Pontin ainsi que de la découverte de l’ammonium de mercure.

2. Insérés dans les Philosophical Transactions 1808, 333-370.

3. Après avoir trouvé que l’ammoniaque, à l’égal des métaux, possède la propriété de s’amalgamer, il émet la supposition que les métaux, ou, comme il s’exprime, les « bases des alkalis, terres et oxydes de métaux » doivent être composés, à l’égal de la « base métallique de l’ammoniaque », de parties constituantes analogues à celles de cette dernière. Voir Economiska Annaler (Annales économiques) publiées par l’Acad. Roy. des Sciences de Suède. Mai 1808, p. 129.

4. Les ouvrages pour lesquels Davy remercie ici sont sans doute les Cours de Chimie animale de Berzelius, dont le premier volume parut en 1806, le second en 1808. Davy a du moins reçu ces deux livres, c’est un fait qui ressort de sa lettre du 20 mars 1809. Peut-être aussi pourrait-il ici être question du « Lärbok i kemi » (Précis de Chimie) tome 1, paru en 1808.

5. Gay-Lussac et Thénard avaient démontré, peu de temps auparavant, la possibilité de préparer les métaux alcalins par la voie chimique en réduisant la potasse par le fer. Ils avaient également trouvé que le potassium, chauffé dans du gaz ammoniac, absorbe ce dernier avec dégagement d’hydrogène, et avaient cru pouvoir en conclure que le potassium métallique fût une combinaison de la potasse avec de l’hydrogène. Annales de Chimie 65 (1808) p. 325 et 66 (1808) p. 205-207. D’ailleurs, Berzelius a donné plus tard un exposé des conflits d’opinions entre d’un côté Davy et d’antre Gay-Lussac et Thenard. Voir les Annales de Gilbert 36 (1810) p. 198-203.

6. Le Philosophical Magazine de Tilloch de cette époque — fin 1808-1809 — ne contient qu’une chose de la main de Berzelius, c’est un article intitulé Proposed Improvement of the Hygrometer, tome 33 (1808), p. 39-42.

7. Ceci a trait sans doute aux « Researches concerning nitrous oxides », parues en 1800.

8. De ces deux nouveaux corps combustibles, l’un était sans doute le bore, tandis que l’autre ne se laisse point identifier. Voir Philosophical Transactions 1809, p. 75-91.

9. Davy entend ici manifestement « oxide of cerium ». Cf ses Elements of chemical Philosophy I, p. 433.

10. Comme on peut le voir par les procès verbaux de l’Académie Royale des Sciences, c’est le 19 avril 1809 que Davy fut proposé comme membre étranger de l’Académie par Edelcrantz et Berzelius. Son élection n’eut cependant lieu que le 4 juillet 1810, sans doute parce que les élections à cette époque avaient lieu plus rarement, souvent avec des intervalles de plusieurs années. Comparer Berzelius, Själfbiografiska anteckningar (Notes autobiographiques) p. 114.

11. Ce dernier traité se rapporte sans doute à la Bakerian Lecture de Davy faite le 15 décembre 1808 et insérée dans les Philosophical Transactions 1809, p. 39—104. Le passage cité par Berzelius sur la composition de l’azote figure à la page 55.

12. John Gough, Remarks on Hygrometry and the Hygrometer of J. Berzelius. Tilloch’s Philosophical Magazine 33 (1809) p. 177-182, où l’hygromètre de Berzelius et les principes sur lesquels il se fonde, sont l’objet d’une critique assez âpre.

13. Davy donne à ce sujet, dans cette même Bakerian Lecture que nous avons mentionnée note 11, les renseignements suivants : « Potash or pearlash is easily decomposed by the combined attractions of charcoal and iron ; but it is not decomposable by charcoal, or, when perfectly dry, by iron alone. » Op. cit. p. 100.

14. Cf. note 5.

15. Davy aurait-il vraiment réussi à isoler l’hydrure de bore ? Cette assertion semble fort sujette à caution, car on sait que l’existence même de cette substance a été mise en doute et niée pendant très longtemps après cette date. Cependant Cl. Winkler a prouvé plus tard que le bore peut en effet se combiner à l’hydrogène en plusieurs proportions, bien qu’on ne soit pas parvenu à isoler ces combinaisons et que le bore amorphe contient toujours de l’hydrure de bore.

16. Le mémoíre de Berzelius sur l’analyse de la silice ne parut qu’en 1810 dans les Traités de Physique, de Chimie et de Minéralogie III. p. 117—128, ainsi qu’en allemand dans les Annales de Gilbert 36, p. 89-102, mais on dirait qu’il en a déjà, par lettre, communiqué à Davy le principal résultat.

17. A new System of chemical Philosophy (vol. I, part 2) de Dalton, qui contient l’application de sa théorie atomique, ne parut qu’en 1810.

18. Il est intéressant de constater que Berzelius, encore à cette époque, n’avait qu’une connaissance imparfaite des idées de Dalton et des expériences sur lesquelles elles se basent.

19. La mention de cet épisode qui manqua coûter la vue à Berzelius, permet de fixer avec certitude la date où cette lettre fut écrite, à l’été 1810. Cf. lettre de Berzelius à W. Hisinger du 23 avril 1810.

20. Une comparaison avec les deux lettres suivantes (N:o 7 et 8) semble indiquer qu’il s’agit ici du livre de Berzelius intitulé « Försök rörande de bestämda proportioner, hvari den oorganiska naturens beståndsdelar finnas förenade » (Essais sur les proportions déterminées dans lesquelles se trouvent réunis les éléments de la nature inorganique), dont le premier tome parut en suédois en 1810 dans les Traités de Physique, de Chimie et de Minéralogie III. Page:Berzelius Bref 2.djvu/80 Page:Berzelius Bref 2.djvu/81 Page:Berzelius Bref 2.djvu/82 Page:Berzelius Bref 2.djvu/83 Page:Berzelius Bref 2.djvu/84 Page:Berzelius Bref 2.djvu/85 Page:Berzelius Bref 2.djvu/86 Page:Berzelius Bref 2.djvu/87

Några försök med uranoxid och dess föreningar (Quelques expériences sur l’oxyde uranique et ses composés) Ibid. p. 154-176.

Undersökning af fluss-spatsyran och dess märkvärdigaste föreningar (Recherches sur l’acide fluorique et ses combinaisons les plus remarquables). Ibid. p. 284-350.

90. Voir R. Philips, Analysis of verdigris. Annals of Philosophy N. S. tome I (1821) p. 417-418 et On the composition of common verdigris, même revue IV (1822) p. 161-165.

91. Le minéral en question, composé selon la formule Pb2Cl2O2. fut connu plus tard sous le nom de mendipite.

92. Voir Annals of Philosophy, N. S. tome V (1823) p. 57-61.

93. Carl Emanuel Brunner, professeur de chimie à l’université de Berne. Sa méthode pour la préparation du potassium métallique était de chauffer du carbonate de potassium ou de la crème de tartre avec du charbon en poudre dans une cornue en fer. Voir Schweigger, Journal für Chemie und Physik 38 (1823) p. 517-523.

94. Richard Phillips était depuis 1821 le rédacteur des Annals of Philosophy.

95. Les deux mémoires de Davy mentionnés ici sont publiés dans les Philosophical Transactions 1824, p. 151-158 et 242-246. Une troisième étude sur le même sujet parut l’année suivante. Op. cit. 1825. p. 328-347.

96. Le manuscrit porte le nom Rimarick, lieu qu’il n’a pas été possible d’identifier, car il ne se retrouve sur aucune des listes de noms de lieux norvégiens que l’auteur de ces notes a pu consulter. On ne trouve point mentionné non plus de port de ce nom ou d’un nom qui y ressemble dans la description de ce voyage de Davy publiée plus tard. (Memoirs of the life of Sir Hnmphry Davy, Bart. by John Davy. London 1836). Il semble donc y avoir une erreur d’orthographe.

97. L’entrevue de Davy et de Berzelius eut lieu à Helsingborg, le 30 juillet 1824. Voir Jac. Berzelius, Själfbiografiska anteckningar (Notices autobiographiques) Stockholm 1901, p. 88.




  1. Voir Wilhelm Ostwald, Grosse Männer, Leipzig 1909.