Ma République
La bibliothèque libre.
H. Fournier, 1839 (1, pp. 230-231).
MA RÉPUBLIQUE
Air : Vaudeville de la petite Gouvernante
-
-
-
- J’ai pris goût à la république
- Depuis que j’ai vu tant de rois.
- Je m’en fais une, et je m’applique
- À lui donner de bonnes lois.
- On n’y commerce que pour boire,
- On n’y juge qu’avec gaîté ;
- Ma table est tout son territoire ;
- Sa devise est la liberté.
- J’ai pris goût à la république
-
-
-
-
-
- Amis, prenons tous notre verre :
- Le sénat s’assemble aujourd’hui.
- D’abord, par un arrêt sévère,
- À jamais proscrivons l’ennui.
- Quoi ! proscrire ? Ah ! ce mot doit être
- Inconnu dans notre cité.
- Chez nous l’ennui ne pourra naître :
- Le plaisir suit la liberté.
- Amis, prenons tous notre verre :
-
-
-
-
-
- Du luxe, dont elle est blessée,
- La joie ici défend l’abus ;
- Point d’entraves à la pensée,
- Par ordonnance de Bacchus.
- Du luxe, dont elle est blessée,
-
-
-
-
-
- À son gré que chacun professe
- Le culte de sa déité ;
- Qu’on puisse aller même à la messe :
- Ainsi le veut la liberté.
- À son gré que chacun professe
-
-
-
-
-
- La noblesse est trop abusive :
- Ne parlons point de nos aïeux.
- Point de titre, même au convive
- Qui rit le plus ou boit le mieux.
- Et si quelqu’un, d’humeur traîtresse,
- Aspirait à la royauté,
- Plongeons ce César dans l’ivresse,
- Nous sauverons la liberté.
- La noblesse est trop abusive :
-
-
-
-
-
- Trinquons à notre république,
- Pour voir son destin affermi.
- Mais ce peuple si pacifique
- Déjà redoute un ennemi :
- C’est Lisette qui nous rappelle
- Sous les lois de la volupté.
- Elle veut régner, elle est belle ;
- C’en est fait de la liberté.
- Trinquons à notre république,
-
-