Madrigal (Ponchon)

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Aux éditions Rieder, 1939 (pp. 68-69).
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MADRIGAL


Comme il faudrait, reine de mes amours,

Un rythme aux précieux contours

Pour célébrer l’originalité

De ta fière beauté,


Je ne saurais, vois-tu, trouver des mots

Qui soient d’assez parfaits émaux

Pour enchâsser dans leurs flancs précieux

La grâce de tes yeux.


La neige auprès de toi semble du lait,

Le lis royal est ton valet,

Le cygne est blanc, mais il faut pour cela

Que tu ne sois pas là.


Il me vient plus de chaleur et d’éclat

De ton visage délicat

Que du soleil qui fait fleurir les fleurs

Aux cent mille couleurs.


Je ne sais pas de son plus étonnant

Que ton parler si doux sonnant

Et les oiseaux qui ravissent les bois

Sont jaloux de ta voix.


Auprès de toi, fleur de ma passion

Toute grâce est illusion

Et le regard d’un Dieu te fanerait

Et te profanerait.
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